*** La Roche Amère ou le vieux village de la Roque

par nicoulina le décembre 17th, 2009
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Vue aérienne des gradins de la carrière, de la chapelle et des ruines du chateau médiéval – extrait du site de l’IGN www.geoportail.fr –

IMG_0555.jpgIl fait froid ce matin à Villeneuve ; pour nous réchauffer, Ti’Mars… a préparé le café, j’ai préparé le Lusse bröd (pain de Sainte-Lucie), spécialité des pays nordiques finement parfumé au safran (saupoudré de sucre glace, ça c’est une idée à moi !) que l’on mange le jour de la Sainte-Lucie (13 décembre), début de la période des fêtes. J’ai adapté la recette à la machine à pain. Mais si j’en crois mes deux compagnons de route, il n’en est pas moins bon pour autant.

Pâte à pain à mettre dans l’ordre préconisé par la machine ou dans cet ordre :

  • 120ml lait porté à ébullition dans lequel on fait infuser environ 0,5 gramme de stigmates de safran (ou une dosette) hors du feu pendant 15mn
  • 120ml d’eau tiède
  • 50g beurre en pommade
  • lusse_brod_photo_menyse_com.jpg200g farine blanche
  • 2.5g sel
  • 1/2 tasse de raisins secs
  • 75g sucre de canne en poudre
  • 50g d’amandes en poudre
  • 200g farine blanche
  • 1 sachet de levure de boulanger

Garniture :
1 oeuf battu dans du lait

Mettre sur le programme ‘pâte’. Diviser la pâte en 12 parts égales et en faire des boudins. Leur donner différentes formes en S, en étoile (en coupant le boudin en 2), en U renversé. Facultatif : laisser fermenter au chaud pendant 30mn sous un film huilé.  Préchauffer le four à 200°. Badigeonner les gâteaux avec l’oeuf battu dans le lait. Faire cuire 10 à 15mn. Se mangent un peu chauds ou froids saupoudré de sucre glace.

IMG_0548.jpgIMG_0542.jpgNous traversons le village de Villeneuve ou Vilo Novo de la Roco. La tour de l’horloge nous intrigue parce qu’elle ne sert qu’à cela, donner l’heure. On s’attend toujours à ce qu’une tour sert à surveiller. Nous montons jusqu’au point de vue figurant sur la carte. Un peu déçus, nous reconnaissons au loin la montagne de Lure, les Monges, les alpes enneigées. Si la descente repérée par Ti’Mars… à travers bois est raide et caillouteuse, elle a l’avantage d’être rapide.

IMG_0580.jpgIMG_3134r.JPGLIMG_0570.jpge Luberon se termine à Villeneuve, au niveau de la carrière de la Roche-Amère qui exploite des calcaires urgoniens pour le granulat. Au loin la chapelle Notre Dame de la Roque (Notre Dame des Rochas au XVIIIème siècle) n’est qu’un petit point au milieu de la verdure. Quand nous arrivons près de l’accès à la carrière, de grands panneaux nous annoncent une propriété privée  mais c’est le seul accès au castrum, site occupé depuis la plus haute antiquité. Notre Dame de la Roche est perchée au sommet du piton rocheux dominant le confluent du Largue et de la Durance.  Elle fut donnée en 1150 à l’abbaye de Saint-Gilles par l’évêque de Sisteron Pierre de Sabran. L’abside est flanquée au nord des restes d’une absidiole romane curieusement intégrée, soudée dans le nouvel édifice. Au sud, au XVIIème siècle, il y avait un ermitage achevé d’être démoli  en 1972 : il figure sur la carte de Cassini de 1778. La chapelle a été restaurée il y a une trentaine d’années. Jauge Saugnac pour la fissure de la façadeSur la façade, un expert a posé une jauge sur une fissure à lèvres parallèles pour en mesurer l’écartement : les importantes vibrations du sol causées par le travail d’extraction dans la carrière déstabilisent l’édifice. Sur le vernier, je peux lire que l’écartement est de 10.2mm mais en combien de temps, un an, dix ans, trente ?

IMG_3162r.JPGIMG_3159r.JPGancienne archère ?

plan_castrum_villeneuve.jpgIMG_0597.jpgEn grimpant jusqu’au sommet, nous longeons l’ancienne enceinte avant d’atteindre les vestiges de la forteresse du Moyen-Age. Le donjon, construit sur le rocher, est de taille impressionnante : nous dominons la vallée et le village de Volx. Une archère a été dégagée. Aux alentours se trouvait l’ancien village de la communauté de la Roque de Volx, abandonné pour difficulté d’accès, en 1443, au profit du nouveau village. IMG_0604.jpgDe nombreux tas de pierre en témoignent. La translation s’est effectuée à la suite d’un accord entre la communauté et les seigneurs de Brancas de l’ancien village de La Roque. La Haute-Provence monumentale et artistique, R. Collier, Imprimerie Louis Jean, Digne, 1986
Translation de la communauté de la Roque de Volx au lieu actuel de Villeneuve, Loth, Léon de, Annales de Haute-Provence, tome XXII, société scientifique et littéraire des Alpes de Haute-Provence, 1928 – 1929
Le site a été fouillé en premier lieu par Pierre Martel, fondateur de Alpes de Lumière, à partir des années 1950 (plan du chateau extrait de cet article) La carrière de la Roche AmèreP. Martel, Associations et Environnement en Haute-Provence, Les Alpes de Lumière, n°74/75, 1981. ll incite ceux qui voulent sauver le site à se regrouper en association de défense Les Amis de Villeneuve en 1980. Celle-ci fait officiellement des fouilles sous l’égide de la DRAC en 1981, 1982 et 1983 et crée le musée archéologique en 1985. Un lieu riche d’histoire qui risque de disparaitre complètement.

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Les gorges d’Oppedette

par nicoulina le juillet 1st, 2008
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img_8359r.jpgimg_8385r.jpgLongue et sinueuse cette route qui mène au village perché d’Oppedette1 ! je croise des noms évocateurs tels que Siminane-Rotonde, Banon et son fameux fromage de chèvre emballé dans une feuille de chataignier, Reillanne ou l’abbaye de Valsaintes. On est proche du Vaucluse ; on est dans le Luberon. 


Les Villes

img_8352r.jpgimg_8356r.jpgA ne pas faire un jour de grosse chaleur ! la presque totalité du parcours se fait sur un sentier dominant les gorges, alternant passages en sous-bois et passages découverts. Sur certaines parties du parcours, il faut marcher sur des lapiaz, un peu comme un fakir sur des aiguilles. Au passage dans le premier sous-bois, c’est un véritable tintamarre (fichier son au format .wma) : les oiseaux piaillent de tous côtés et le cri des nicheurs dans les gorges me revient un écho. Cette première partie jusqu’au pont traversant les gorges est agréable et variée.
http://www.reillanne-en-luberon.com.fr/oppedette.htm

geopark du Luberon

img_8379r-150x150.jpgimg_8380r.jpgLes gorges creusées par la rivière du Calavon forment le défilé d’Oppédette, large de 1 m au passage le plus étroit. Les parois de calcaire [...] présentent plusieurs exemples de grottes, ponts naturels et avens. N’ayant vu des ponts naturels qu’à Minerve (Hérault), je suis surprise d’en deviner quelques uns depuis le sentier.  « Le Calavon prend sa source dans les Alpes-de-Haute-Provence, traverse les gorges d’Oppedette, traverse Apt et va se jeter dans la Durance vers Cavaillon. [...] Elle porte deux noms : d’abord celui de Calavon, puis celui de Coulon à partir du village des Beaumette.. Le changement de nom se fait à l’ancienne limite entre les tribus gauloises des Albiques (Apt) et des Cavares (Cavaillon). » Extrait de wikipedia.

La localité apparaît pour la première fois dans les chartes au XIIIème siècle ; elle est inhabitée dès le siècle suivant. Les protestants se rassemblaient pour leur culte dans les gorges proches du village.

img_8364r.jpgimg_8378r.jpgAprès le pont, je suis de l’autre côté des gorges ; le parcours est plus difficile : tout en montées et descentes, avec des lapiaz ou des rochers, frôlant parfois le ravin ; je passe à côté d’un aven accessible par un escalier métallique : tentant d’y descendre mais je suis seule et mon topo-guide le déconseille. Je poursuis sur deux passages avec rampe métallique pour ne pas tomber. Les cairns sont bien reconnaissables : ventrus ou comme celui à droite, dominé par un personnage. Clin d’oeil des baliseurs ? Quand je parviens au point de vue, je domine les gorges. Certes mieux vaut ne pas avoir le vertige. Impossible de décrire les sensations ressenties, sauf peut-être en regardant cette vidéo à 360° du site Vaucluse visites virtuelles. Aucune photo ne restituera le spectacle.

img_8373r.jpgimg_8374r.jpgLa dernière partie devient pénible : le balisage est absent ou peu visible, je ne trouve pas l’accès vers le village ; grâce à la route que j’avais préparée sur le GPS, je sais que je me suis trompée ; je reviens en arrière par deux fois avant de trouver l’étroit passage qui descend entre la falaise et une lame de rocher, après la longue dalle de calcaire. Devant moi, un couple d’allemands aura les mêmes difficultés. Non loin de la rivière, c’est la même galère : je cherche le sentier. Quand enfin j’arrive au bord de l’eau, le couple se repose ; j’en profite pour me rafraichir. Mes déboires ne sont pas finis : sur la IMG_8405r.JPGdernière partie du  parcours, je ne retrouve pas le sentier longeant les gorges et rejoignant le parking ; je suis obligée de revenir par la route, sous le soleil. Les allemands auront les mêmes difficultés que moi ! Au final, j’aurai mis presque 1h30 de plus que le temps annoncé !

Itinéraire 6.800km, 4h15 avec arrêt pique-nique et rivière, dénivelée 111m

Pour les amateurs de pierre, a été découvert dans les argiles rouges de l’éocène supérieur, un gisement à célestine, représentatif d’un faciès marin.

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1Oppedette : viendrait d’oppidum signifiant village fortifié


L’abbaye de Carluc

par nicoulina le mars 26th, 2006
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medium_img_0429.jpgCéreste est un petit village à la limite du Vaucluse. Les plus anciens éléments de patrimoine conservés se trouvent à Carluc (de kar=calcaire et locus=lieu) où je me rends, profitant d’un déplacement professionnel non loin de là . Après la traversée du pont roman (et non romain comme l’indiquent les cartes), je prends le GR4 qui n’est pas difficile, sur une chaussée défoncée, dans un paysage dégagé, en montée douce jusqu’au prieuré, et dessert quelques propriétés. Seule la dernière partie est en sous-bois. On peut donc s’y rendre en voiture également, si on ne craint pas pour ses amortisseurs.

* La météo aujourd’hui à cet endroit :
Direction du vent et température ressentie

Dès l’arrivée, je sens l’humidité des lieux : un étang, un ruisseau, une prairie, des arbres et des pierres couverts de mousse. J’embrasse d’abord du regard l’ensemble du site qui ne ressemble à aucun autre de ma connaissance. C’est l’église Notre Dame que je vois en premier, construite en pierre de taille à joints fins et qui imite à échelle réduite les grands édifices de son temps. Les oiseaux dans les feuilles d’acanthe de la petite colonne sur le côté sont d’une finesse étonnante pour un travail si petit dans la pierre.

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L’abside pentagonale parait de la première moitié du XIIème siècle ; elle possède 3 fenêtres à l’instar des églises monastiques majeures. Deux sveltes colonnettes ornent les retours des murs de la nef. La contradiction viendrait plutôt de la voûte avec ses six nervures rayonnantes qui ne sont pas de la même époque, sans doute reconstruite. medium_img_0396.jpgmedium_img_0393.jpg

Dépendant de l’abbaye de Montamajour (* Voir la note sur Montmajour dans ce blog) depuis le début du XIIème siècle, elle avait elle-même une douzaine de prieurés sous son obédience. Elle prospère grâce aux largesses de la haute artistocratie locale, en particulier à la famille de Reillanne dont était issu l’archevêque d’Arles : Raimbaud. Une seule église sur les trois reste debout. Les fouilles entreprises vers 1960 ont démontré l’existence d’une nécropole datant des premiers chrétiens.2 Elle constituait un lieu de pèlerinage où les premiers chrétiens cherchaient le repos près de saints martyrs locaux.

D’où probablement des tombes anthropomorphes d’enfants (taillées dans le roc ayant la forme du corps humain). img_4141r.JPGComme à Montmajour, un cloitre reliait entre elles les trois chapelles du monastère, et recouvrait la nécropole. L’emprunter donne l’impression de traverser un cimetière profané. Une partie du site est creusée dans le roc. Quel travail cela a dû représenter !

C’est un lieu particulier, dans le calme et la verdure, incontestablement proprice à la réflexion et au repos.

Visites guidées du Prieuré de Carluc à CERESTE – HAUTE-PROVENCE
du 01/03/2007 au 31/12/2007
Descriptif : Découverte du Prieuré roman de Carluc, ouverture de la chapelle et commentaires autour des tombes anthropomorphes et des aménagements rupestres.
Horaires : Lundi à 16h30 , le mercredi et le samedi à 10h00
ATTENTION: l’inscription est obligatoire par téléphone au 04.92.79.09.84 ou à l’Office de Tourisme de Céreste. Contact : Office De Tourisme – Cereste – Tél : 0492790984 – Email : otcereste@club-internet.fr - Site internet : www.cereste.fr

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* Je vous propose un itinéraire de 1h50 environ, 6km600

* Un itinéraire plus long pour se rendre à Carluc par Les Gays Randonneurs de Provence

Blog de slca04 avec de belles et grandes photos

img_0063r.JPGSuite à une deuxième visite en juin 2007, Ti’Mars… a pu faire des photos de l’intérieur de la chapelle.

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1Eglises et chapelles romanes de Provence, Andréas Hartmann-Virnich, Les éditions du huitième jour, 2001

2Les fouilles de 1960 à l’abbaye de Carluc, Bulletin de la société scientifique et littéraire des basses Alpes, t.XXXVI, n°227-228