Je n’ai rien préparé, persuadée que le sentier Imoucha1, parcourant la ligne de crête de la façade occidentale jusqu’à la croix de Provence, était bien balisé tout le long de bleu. Mais ce n’était pas si évident : certaines traces sont à peine visibles, d’autres sont si éloignées les unes et autres qu’on peut se demander si on est sur le bon chemin. Un descriptif et un plan sont donc bienvenus. Jusqu’au bout, en point de mire, vous apercevrez la croix de Provence.
Vue sur la croix de Provence au fur et à mesure de la randonnée
Au départ du parking du barrage de Bimont, le sentier étroit chemine en sous-bois. A un carrefour de pistes, je ne vois pas le balisage bleu et je continue tout droit, me retrouvant dans une belle pinède clairsemée de l’autre côté de la Sainte-Victoire d’où l’on peut reconnaitre au loin les cheminées de Gardanne. Je décide d’improviser et me retrouve dans le vallon de la Dispute, raide, très raide mais qui rejoint le sentier Imoucha au niveau du début des Costes Chaudes. Là on circule tant bien que mal sur des plis renversés, entre les plis, sur un sentier au balisage bleu zizaguant fraîchement repeint.
Un peu plus loin, on aura une très belle vue sur ces plis serrés. Puis c’est le passage dans un collet et une belle montée : on laisse sur la droite le sentier qui arrive par le pas de l’Escalette puis celui qui arrive par le pas du Moine. La dernière montée n’est pas facile : des gros blocs rocheux, parfois hauts, un balisage à guetter attentivement. Quand j’atteins le croisement avec le sentier des Venturiers (GR9), je sais qu’il n’y a plus que quelques minutes pour atteindre le prieuré situé sur la face nord.
La cache GC198T4 Summer #3b : le prieuré, pélerinage, de nicoulina, n’est plus très loin…
Si cet ancien monastère a conservé sa silhouette d’autrefois, par contre la brèche et la fosse ont vu leur aspect sensiblement modifié. D’abord, par la construction d’un parapet bordant la brèche, rappelant celui qui existait au XVIIè siècle et qui avait disparu. Après complet dégagement de la fosse réalisé en 2008, on peut apercevoir maintenant les marches conduisant de l’esplanade à la grotte située au fond, à une quinzaine de mètres plus bas ainsi que le mur comportant une ouverture à arcade qui soutenait l’ancienne terrasse.
Un escalier avait été construit au XVIIè siècle [...] après son dégagement, il a été protégé par un caillebotis métallique qui en interdit l’accès au public. Extrait du bulletin de l’association des Amis de Sainte-Victoire. Des toilettes dites « à lombricompostage » sont depuis peu à disposition des randonneurs côté nord, en contrebas de la chapelle.
Un joyau sur Sainte-Victoire – heurs et malheurs de son prieuré, J. Cathala, Association Les Amis de Sainte-Victoire, 2011
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Je ferai le retour presque entièrement sur le sentier Imoucha, plus attentive à la géologie du massif : lapiaz (dissolution du calcaire), traces de décompression de la roche formant des fissures entrecroisées, plis renversés et serrés des Costes Chaudes,… je me souviens alors de l’intervention de J.M. Triat le jour de l’assemblée générale de la Sainte-Victoire, où il exposait une nouvelle théorie de la tectonique de la Sainte-Victoire (voir le diaporama Sainte-Victoire, éléments de géologie, Audrey Deleuze avec le concours de J.M. Triat, professeur honoraire de géologie, pour l’association) ; les soulèvements de cette montagne, provoqués par la tectonique Pyrénéo-Provençale, à l’origine de tous nos massifs Provençaux sont orientés Ouest-Est. Mais, alors que les chevauchements de la Nerthe, l’Étoile, l’Aurélien, le Regagnas, l’Olympe et la Sainte Baume sont Sud-Nord, celui de Sainte Victoire est Nord-Sud ! [...] La haute chaîne est « renversée » : au sommet, le massif calcaire est jurassique et repose sur du Crétacé plus récent. Extrait des évènements récents de l’association des Amis de Sainte-Victoire
Selon une étude fondée sur lʼinterférométrie radar de précision (réflecteurs permanents) par satellite, effectuée durant la période 1993-2003 par la société ME2i, lʼextrémité occidentale de Sainte-Victoire a été, durant cette période, en surrection de plus de 7mm/an ! ce qui est confirmé par d’autres chercheurs :
« A lʼest, la morphologie de la Sainte-Victoire est atténuée, alors que, vers lʼouest, [...] elle est celle dʼune montagne jeune, qui sʼapparente aux paysages alpins. Cet aspect inhabituel dans la région et les importantes failles subverticales [...], nous font penser à des mouvements verticaux importants et nous amènent à rejeter lʼinterprétation tectonique qui en a été donnée en 1962 par Corroy et al. [...] De nouvelles observations [...] nʼapportent aucun élément de preuve dʼun chevauchement, mais au contraire nous font penser à un exhaussement, peut-être encore actif, en forme de touche de piano, dont la surface est inclinée vers le nord-est ». Nouvelle interprétation tectonique de la montagne Sainte-Victoire (Provence, France), Jean Ricour, Ion Argyriadis, Raymond Monteau
Parvenue au carrefour où je m’étais trompée à l’aller, je prends le sentier le plus à droite qui descend au bord de l’eau. Un chien s’ébroue joyeusement. J’y fais une courte pause (baignade interdite) avant de remonter jusqu’au barrage de Bimont.
Contemplations verticales, vidéo escalade arête sud, J.Louis, Cyril et Franck (très belles vues)
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1Imoucha du nom de Henri Imoucha, qui créa l’association des Amis de Sainte Victoire, et fut le pionnier de la restauration du Prieuré
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Quel courage de parcourir la Sainte-Victoire en été ; déjà pas facile d’y grimper quand les températures sont plus basses, alors, là!!!