La chapelle Saint-Pierre-de-Bagnols, coincé dans un vallon des monts de Vaucluse



Petite balade facile et rapide pouvant être un complément à celle de la bergerie de Cabrone, ou à faire le jour où vous êtes aux environs d’Apt. Lieu idéal à Villars pour un pique-nique à l’ombre l’été.

IMG_6845.JPGIMG_6849.JPGNous partons du hameau de Fumeirasse, près du lavoir. Un vieux panneau indique le sentier de la chapelle : ce sera le seul que nous verrons. Ti’Mars… se pose la question de savoir si nous sommes sur le bon chemin. Nous empruntons celui qui monte sur la gauche, longeons quelques champs. Ce n’est qu’une fois à 50m que nous apercevrons la chapelle totalement cachée dans le fond du vallon, au pied d’une falaise impressionnante que surplombe un rocher menaçant. La chapelle Saint-Pierre de Bagnols serait construite à l’emplacement d’un temple dédié à Sylvain et à Jupiter ; sa nef voûtée a été restaurée et agrandie en 1763. Un fragment d’inscription de sa consécration en 1160 a été encastré dans le mur nord de la chapelle.

IMG_6851.JPGIMG_6850.JPGPlus tard encore, en 1160, on trouve confirmée à l’abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon la propriété de la petite église Saint-Pierre-de-Bagnols au Villars. Cette église est bâtie […] sur l’emplacement d’un petit sanctuaire des eaux gallo-romain – et l’on y venait jusqu’au XVIII° siècle implorer la pluie quand sévissait la sécheresse, ce qui témoigne d’une telle pérennité qu’il est bien difficile d’envisager une rupture dans sa fréquentation… Extrait de Une féodalité contrariée, Histoire du Lubéron, Jean Méhu

IMG_6862.JPGDurant des siècles le sanctuaire fut à l’abandon et en ruines. Le culte à Saint-Pierre s’y perpétua près de deux croix de bois. En 1703 des bergers retrouvèrent les traces des anciennes fondations et des sépultures. On reconstruisit la chapelle sur le même plan. Le 22 avril 1893, les paroissiens de Saint-Saturnin, des Grands-Cléments et de Villars touchés par une sécheresse exceptionnelle ont prié ensemble pour obtenir la pluie. Le 9 mai suivant […] les habitants des Grands-Cléments avaient réuni assez de dons pour acheter une cloche et la déposer dans la chapelle. Extrait de Inventaire des sanctuaires

APT_270.jpgUne aire de pique-nique aménagée sera notre lieu de repas. Nous continuons à tester des testrepas lyophilisés de la boutique Fallières nutrition, destinés aux voyageurs et randonneurs. Nous goûtons aujourd’hui le testtaboulé et le testyaourt aux fruits lyophilisés. Ti’Mars… verse de l’eau froide dans le taboulé (4,10€) posé bien à plat sur la table de bois. Au bout du temps annoncé, les grains de taboulé sont toujours aussi durs et la quantité d’eau, difficile à mesurer, semble excessive. En attendant, nous mangeons un sandwich. Au bout de 20mn, le taboulé est à peine prêt. Nous le goûtons quand même ; le verdict est sans appel : insipide. APT_277.jpgSans doute de l’eau chaude aurait-elle accéléré le processus de réhydratation. A choisir, pour un prix inférieur, je vous conseille plutôt d’acheter le taboulé congelé pour 2-3 personnes de chez Picard Surgelés (3.40€), dégelé de la veille. Evidemment, il vous faudra préparer une portion dans un plat adapté : moins pratique et plus lourd que le lyophilisé mais si vous partez pour une seule journée, c’est envisageable. Le dessert de yaourt aux fruits rouges (4.20€) s’avère donc nécessaire : si la consistance n’est pas tout à fait celle du yaourt (c’est plutôt du lait épaissi), la préparation nous satisfait beaucoup plus, bien que les fruits rouges soient rares. Mais vous aurez accumulé des calories pour repartir.

IMG_6866 Ti'Mars... au zoom dans la grotteIMG_6859.JPGLes deux grandes baumes, creusées très haut dans la falaise en face de la chapelle, sont une réelle invitation à la visite pour Ti’mars… qui grimpe jusque là par un raidillon glissant. Après sa redescente, nous continuons quelque temps dans la combe de Saint-Pierre, qui passe entre les ‘portes’ des gorges, telles que surnommées par les anciens.

Image de l’itinéraire 2km A/R dénivelée 65m 1h30

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Circuit Notre Dame d’Astor à Peyrolles



Exemple de balisage bleuAprès plusieurs semaines d’inactivité, c’est ma première sortie : elle a pour but de tester mes ‘nouveaux yeux’ suite à une opération. Il fait froid, le mistral souffle. Le circuit est balisé bleu mais il faut être attentif pour ne pas se perdre. Départ de la chapelle Saint-Sépulcre où le stationnement n’est pas en zone bleue.

IMG_6912.JPGConstruite aux Xe et XIIe s. c’est le monument le plus ancien de Peyrolles. Située sur un promontoire rocheux auquel on accède par des marches de pierre, la chapelle occupe l’emplacement du premier castrum. D’après Mr Duby, historien du moyen âge, il s’agirait d’une chapelle votive, commémorant un retour de croisade. ll existe trois autres exemples en Provence d’architecture semblable, en forme de trèfle à quatre feuilles mais la chapelle du Saint Sépulcre est la plus petite.

Photo estoublonSes absidioles, toutes identiques, ont une couverture de 2,90 m et une profondeur de 1,80 m. On y venait lors de la première communion afin d’aller en procession à l’église paroissiale. La messe y était célébrée le jour de la St Marc. C’est au 17è siècle que le clocheton, sous arcade a été rajouté sur un carré central. Le clocher actuel a été restauré en juillet 1976 suite à la foudre.

La chapelle Saint-Sépulcre

Article de journal paru sur le retable de la mise au tombeau (3 août 2006)

IMG_6917.JPGIMG_6916.jpgNous longeons le canal de Provence puis pénétrons en forêt ; nous marchons de temps en temps sur des blocs calcaires : nous nous perdrons une fois : il y a tant de petits sentiers de droite et de gauche ! Nous traversons le canal au pont Saint-Joseph : quel est ce champignon à lamelles d’au moins 10cm de diamètre, sur le bas côté ? Nous marchons désormais sur la route jusqu’à la chapelle Notre Dame d’Astor, berceau du village du temps des gallo-romains.

IMG_6926.JPGPhoto estoublonUne aire aménagée ajoute de la convivialité à ce lieu un peu triste : l’intérieur est vide, il ne reste plus rien. Le plafond fortement dégradé, devait être recouvert de peintures à l’origine. la chapelle est imposante avec ses contreforts manifestement ajoutés plus tard. Quelques pierres d’origine réemployées dans l’ancien presbytère n’ont pas été recouvertes d’enduit. « La pierre blanche en réemploi est un fragment d’une statue de Pomone, dont la tête, trouvée par Bernard Poyet à cet emplacement, se trouve dans le bureau du maire de Peyrolles ». Le projet territorial du Grand Site Sainte Victoire (2004-2006) y a programmé des travaux prioritaires de consolidation d’urgence.

Photo estoublonIMG_6923.JPGDes fragments de sculpture dont certains en ré-emploi, trois gros blocs de calcaire coquillier présentant des trous de louve permettent d’attester une occupation antique à proximité immédiate de la chapelle. […] La chapelle est datée des XIe s. ou XIIe siècle. grâce au « cintre de la porte d’entrée et par des arcades à baies géminées ».
En 1582, l’église Notre Dame d’Astor dépend de la chapellenie Saint Ambroise, laquelle église est ruinée. [..] La voûte aurait été reconstruite au XVIIe s., et une datation similaire est attribuée au premier état des enduits décorant l’intérieur |…].
IMG_6928.JPGQuatre sondages […] ont livré des sépultures, attestant ainsi l’étendue et la variété des architectures des tombes. Des sépultures construites, anthropomorphes, sont bâties au moyen de moellons et dalles, majoritairement de tuf, disposées verticalement, soigneusement agencées, et fermées à la tête et aux pieds par un moellon disposé transversalement. … daté du XIIe s. ou du XIIIe s.
Sur l’ensemble de l’édifice, la façade occidentale (entrée) est celle qui conserve le plus d’éléments architecturaux rattachables au Moyen Âge. […] Les reconstructions du XVIe-XVIIe s. concernent pour l’essentiel les parties hautes de la chapelle, […] .

Extrait sélectionné du Site de Peyrolles en Provence, patrimoine

IMG_6931.JPGIMG_6933.JPGIMG_6932.JPGNous repartons par le Plan après avoir traversé le petit canal de Peyrolles. La route du Plan est jalonné d’oratoires dont l’oratoire rural du Plan (ou Roy René) couronné d’une corniche et d’une croix. C’est le plus ancien de Provence. Son pilier porte la date de 1481 qui correspond au rattachement de la Provence au royaume de France. Le pilier en pierre de taille est d’origine. Restauré, l’oratoire a été classé en 1935.

Circuit des oratoires

Je n’ai pas été convaincue de l’intérêt de ce circuit, trouvé  sur internet. Pourquoi nous avoir emmenés en forêt pour arriver en bordure de route ? La chapelle d’Astor est vide et aucun panneau sur place ne nous donne d’informations sur son historique. Un simple aller-retour à la chapelle d’Astor par la route du Plan peut constituer une agréable balade dominicale.

Image de l’itinéraire 11.200km 125m dénivelée 2h45 dépl.

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J’adresse mes remerciements à Alain Balalas pour la relecture et la correction de cette note.
Il est auteur de plusieurs livres De Peyrolles en Provence à Jouques, coll. Mémoire en images, A.Sutton, 2000
Peyrolles ; Glossaire et lexique local à L’usage des anciens et des nouveaux Peyrollais, Le Livre d’Histoire, 2006 et d’articles dans la presse locale.

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Briançon : du parc de la Schappe au pont d’Asfeld par les gorges de la Durance



Le plan du parc de la schappeUne balade courte mais fort intéressante dans le parc de la Schappe, au départ de l’ancienne usine  du travail de la soie, dans le quartier Sainte-Catherine ; on nomme ‘schappe’ le produit que l’on obtient après travail des déchets de la soie, des cocons troués ou tachés. Au début du XIXè ce sont les détenus de la maison d’arrêt d’Embrun qui font le travail de peignage de la soie. La maison Mathieu est fondée d’abord à Saint-Véran puis à Briançon en 1842 pour se rapprocher des voies de communication. En 1847, les frères Chancel s’associent à l’entreprise. C’est une usine de peignage et non de filature ; elle déménage en 1863 dans le grand bâtiment à l’entrée du parc : 5 étages, 125m de long, jusqu’à 1400 ouvriers en 1870. Vers 1930, les pays fournisseurs traitent eux-même leurs déchets ; l’usine ferme en 1933. En souterrain, on trouve un canal de fuite et une conduite qui amène l’eau jusqu’à l’usine.

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Briançon ville d’art et d’histoire, document pdf 2010 par l’office du tourisme

L’industrie française des déchets de soie sur Persée

IMG_5771.JPGIMG_0596.jpgLe sentier de découverte passe un  peu en hauteur dans un sous-bois puis redescend le long de la Durance par plusieurs variantes. L’eau restituée par l’usine hydroélectrique de la Roche Percée (1920) était partiellement canalisée par un ouvrage à ciel ouvert, puis par une conduite et une galerie jusqu’à une chambre de mise en charge alimentant la petite centrale du Peignage. Une passe à poissons, rénovée en 1988, permet le transit de la faune aquatique.
La micro centrale de la Schappe

IMG_0611.jpgIMG_0616.jpgIMG_5783.JPGNous passons sous les installations du parc Grimp’in Forest très fréquenté. Quelques téméraires arrivent sur notre rive par une tyrolienne ; au delà du parc, progressivement, nous entrons dans les gorges de la Durance de plus en plus étroites et resserrées. Sur l’autre rive, des piquets métalliques régulièrement espacés dans la paroi rocheuse supportaient autrefois une passerelle qui traversait la Durance au niveau du pont. Une ancienne borne militaire matérialise encore la zone d’entrée dans le fort des Têtes.

IMG_0612.jpgNous sommes bientôt en vue du vieux pont d’Asfeld que nous avons vu d’en haut la veille, en parcourant le vieux Briançon. Il permet la liaison entre la ville et le Fort des Têtes. Nous essayons en vain de trouver un sentier qui nous ramènerait sur le pont mais cela nous semble impossible.

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En 1700 Vauban avait déjà pensé à un pont permettant de franchir les gorges de la Durance, dans son esprit cet ouvrage de communication devait être composé de deux arches.
Lorsque le projet fut entrepris trente ans plus tard (1730-1731), les ingénieurs en charge de sa construction décidèrent d’une arche unique de 55 mètres sous clef pour relier les 40 mètres séparant les deux rives.
Le rude hiver qui sévissait à cette époque obligea à une certaine diligence dans sa réalisation, toute la maçonnerie fut ainsi terminée en moins de quatre mois (Avril-Août 1730), malgré cette rapidité d’exécution aucun accident ne fut à déplorer durant toute la construction de cette oeuvre audacieuse.

Les enfants trouveront dans ce parc de quoi jouer dans l’aire de jeux ou dans les arbres ; des deux côtés de la rive de la Durance, vous pourrez découvrir les jardins botaniques ; les curieux glaneront quelques renseignements sur le patrimoine industriel préservé.

Voir le plan du parc au début de cette note : 2h A/R minimum

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