Le Thor et la colline de Thouzon

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Yves et moi avons débuté la découverte par le village du Thor, ville d’eau – au bord de la Sorgue – et de patrimoine. Curieuse origine que celle de l’église Notre Dame du Lac ! elle aurait été bâtie à l’endroit où un taureau se prosternait et se mettait à genoux toutes les fois qu’on le menait à un petit lac qu’il y avait ici autrefois. On trouva dans l’eau une statue de la Très Sainte Vierge et l’église fut bâtie à cet endroit.
‎LEFEVRE-PONTALIS Eugène‎, Notre Dame du Thor, ‎Congrès Archéologique de France, LXXVI e Session, tenue à AVIGNON 1909
Eglise romane d’art provençal achevée au XIIè, son architecte est inconnu. Elle possède les premières croisées d’ogives gothiques de la région ; le porche est doté d’un cadran solaire en 1641 : un pigeon s’est blotti dans le trou de son ancien gnomon. L’entrée principale se trouve sur le côté, face à la croix de mission en fer forgé érigée une première fois en 1743, détruite à la révolution, rétablie en 1809. Au début du moyen-âge, elle était dotée d’une horloge publique : au son de la cloche, étaient convoquées les séances du conseil de ville. Prisonnière des hauts remparts jusqu’en 1833, elle se trouve aujourd’hui au bord de la Sorgue.

L’église du Thor ne bouge plus, force de pierre. […] Elle encorne le ciel en même temps qu’elle s’enfonce dans un lit de cailloux vers le ventre de la terre. Sur le pont du Thor j’ai senti parfois le goût vert et fugitif d’un bonheur immérité. Ciel et terre étaient alors réconciliés. Albert Camus, Henriette Grindat [photographie], la postérité du soleil, Gallimard, 2009

La Sorgue 4, Notre Dame du lac, jeancaching84

Près de la passerelle de la Garancine, une roue à aubes tourne encore. La récolte des racines de la garance, cultivée dans les marais du Trentin au nord ouest du Thor, se faisait en septembre, trois ans après la plantation. Séchées au soleil, ses racines étaient écrasées par une meule, ici celle de la fabrique de la famille Poussel, une des sept fabriques du Thor. A l’arrivée du colorant artificiel, la teinture de garance donnant une variété de rouges, a disparu (selon le panneau d’information sur place). C’était la teinture des pantalons et képis d’uniformes de l’infanterie de l’armée française jusqu’au début de la Première Guerre mondiale. Selon wikipedia

Passerelle de la garancine, jeancaching84

Nous pique-niquons dans le jardin des Estourans, au pied du château d’eau-pigeonnier traversé par un bras de la Sorgue. Encore de l’eau !

Jardin des Estouransjeancaching84

Nous prenons notre café face à la porte de l’horloge. Nous l’observons, nous posant la question de l’endroit où se trouve l’escalier intérieur pour atteindre le mécanisme. Jean-Félix Devaux, engagé volontaire thorois de la Grande Armée rase totalement l’ancienne porte dont l’ouverture, pas assez large, ne permet pas le passage des voitures. Cette tour-porche se termine sur un couronnement de corbeaux en machicoulis. En 1847, la porte de Douzabas est terminée. En 1927, pour la sécurité des piétons, on ouvre d’abord un et plus tard deux passages de chaque côté de la porte. En 1958, le vieux mécanisme à balancier est abandonné au profit d’une distribution d’heure électrique. D’après le site de la commune

Les remparts existaient déjà lors du partage de la Provence en 1125 ; dotés jusqu’au XVIè de trois pont-levis, un à chaque porte, ils affichent des dimensions remarquables : 1200 m de long, 6 à 8 m de haut et 1.25 m d’épaisseur. Les maisons y sont adossées, collées, des portes de garage modernes y ont parfois été percées. Dommage ! D’autres curiosités sont à voir dans le centre ancien.

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Dernière modification le 15 Mar 2017

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Les chemins de la pierre sèche de la Roque sur Pernes à Saint-Gens

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Saint-Gens, j’y suis déjà allée au départ du Beaucet, circuit décrit dans la note ***Le Beaucet, Venasque, sur les chemins de la pierre sèche et dans le livre 25 balades sur les chemins de la pierre sèche, Florence Dominiquele bec en l’air, 2009. Une partie du parcours à Barbarenque et Saint-Gens est commune aux deux randonnées.

Mes photos

Aujourd’hui, ce sera un PR au départ du village haut perché de la Roque sur Pernes, balisé jaune sur la presque totalité. Majo et moi montons par la rue du Barri, une calade avec pavement central qui mène au château dont on ne connaît pas le premier propriétaire. Daté du XIe, annexé aux états pontificaux au XIIIè, il est reconstruit au XVIè, racheté par la famille de Centenier en 1741, finalement vendu aux habitants au XXè. Le clocher de l’église saint-Pierre saint-Paul joue à cache-cache avec nous. Nous sortons du village par le nord, quittons bientôt la route de Saumane pour un agréable chemin communal dallé de façon naturelle le chemin Jean de Rebous.

Le nom de la Roque apparut pour la première fois dans les écrits en 1113 ; lorsqu’en 1274 tout le Comtat fut cédé à la papauté, le territoire de la Roque fut inféodé à divers seigneurs, la plupart italiens : Spifame, (Boniface II) de Peruzzi, originaire de Florence, des Séguinsde Serres, des Galléan de Gadagne, des Centenier en 1741, issus d’une famille palatine, des Blanc-de-Brantes en 1772.

La commune a adopté les armoiries des Seguins ; Sébastien de Seguin qui surnomme La Roque sur Pernes, la Roque des Seguins, est un comte Palatin (1574), vice-recteur du Comtat (1590), qui reçoit du Pape la terre de La Roque pour laquelle il rend hommage devant François de Castellane, Charles de Pernes et François de Lopes, Seigneur de Montmirail, le 16/3/1576. Contesté pour cette donation, il est enfin pourvu de cet Office après la mort de Raimond Meillores, en 1590. D’après des Seguins, Jean Gallian

La légende raconte qu’une Dame Seguin, pour venger l’assassinat de son époux, attendit que ses 7 enfants soient devenus grands, les poussa à tuer toute la famille des assassins, puis se réfugia en Provence. Cette dame est représentée par la huppe et les 7 étoiles sont ses 7 enfants. Rapporté par Jean Gallian

Le chemin de la Roque à Saint-Gens passe sous les rochers de Fraischamps, appelés autrefois Barrièro. Le petit vallon de Frais Champ, circule au pied d’une colline dont les pentes raides sont abondamment couvertes de banquettes de pierres ou murs de soutènement encore en bon état, traces d’une lutte constante contre la pente. Nous sommes émerveillés par le travail laborieux que cela a dû représenter. Probablement dûs aux travaux de défrichement du XIXè bien avant que ne s’installent les banatais.
« Une main d’oeuvre inégalable, au service d’une volonté de fer » écrit Edouard Delebecque, ancien maire de la Roque sur Pernes, qui réussit à les [les banatais] faire venir dans son village menacé de désertification. Entre 1950 et 1999, 420000 déplacés ont quitté la Roumanie dont une communauté de lorrains partis coloniser le Banat au XVIIIè et rapatriés dans les années 1950 à la Roque sur Pernes.
Leur histoire est résumée par le collègue Alphonse Silve à Monteux.

Au XVIIIè siècle, des Alsaciens Lorrains partirent coloniser les terres fertiles du Banat empêchant ainsi les Turcs de prendre le contrôle de cette région. Au congrès de Versailles, le Banat fut divisé entre la Roumanie, la Hongrie et la Serbie. En 1939 la guerre éclata et le Banat fut envahi par les allemands. Les Alsaciens Lorrains, qui parlaient un dialecte germanique, furent considérés comme allemands et enrôlés dans la Wermacht (armée de terre allemande). A la fin de la guerre, les russes envahirent le Banat. Tito devint président de la Yougoslavie en tant que dictateur communiste et enferma les Alsaciens Lorrains, qu’il croyait allemands dans des camps d’extermination en Autriche […] Il y eut dès lors beaucoup d’exodes aux Etats-Unis mais aussi en France […]. Un groupe de Banatais reconstruisit le village en ruine de la Roque sur Pernes […]

Visibles mais peu nombreux… Les circulations migratoires roumaines, Coll., Les Editions de la Maison des Sciences de l’Homme, 2003

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Dernière modification le 03 Mar 2017

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