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Beaumont-de-Pertuis par la piste des Eburettes


Pour faire cette boucle, je voulais partir de la vallée, près des ruines de Dorg(u)on, pour que la difficulté de la montée se situe en début de randonnée ; mais il n’y a pas de parking prévu : j’ai donc dû me garer sur le côté de la route, à l’entrée d’un sentier d’exploitation.

La météo ce jour à cet endroit :
Avec le vent et la température ressentie

Les Dorguons, encore habité à l’époque du cadastre napoléonien (section G, 1834) n’est plus qu’une ruine cachée sous la végétation. La piste part à l’assaut de la colline des Eburettes, dominant la vallée de la Durance et le défilé de Mirabeau. D’un point de vue géologique, on voit bien l’anticlinal, comprimé entre les contreforts du Lubéron et ceux du Concors-Sainte-Victoire ; la petite chapelle Sainte-Madeleine, dans laquelle les voyageurs priaient avant de prendre le bac à trailles, est au bord de la Durance ; depuis longtemps ce passage est un couloir de circulation, aujourd’hui y passent l’ancienne nationale 96, l’autoroute A51, la voie ferrée, le canal EDF, les lignes HT. Plusieurs ponts s’y sont succédés dont un pont suspendu classé dont les piliers sont encore en place. Les vignes du château de Clapier, ancien pavillon de chasse de la famille de Riquetti, s’étalent en contre-bas le long de la route.
Du côté de la commune perchée de Mirabeau, je vois le château actuel et ses quatre tours, probablement construit fin xvie siècle ou début xviie siècle pour les Riqueti, dont l’un des plus célèbres représentants est Honoré-Gabriel Riqueti, comte de Mirabeau et figure de la Révolution.

La piste continue de monter ; sur le côté, accrochée à la végétation, une grande toile d’araignée en nappe typique des Agelenidae : ce doit être une ancienne toile car elle est épaisse ; quelques galets sur le sentier rappelle que les torrents d’autrefois ont déposé des matériaux plus ou moins cimentés dans la région.  Presque au sommet, un carrefour de pistes : celle de droite n’apporte rien de plus. Juste avant de rejoindre la route de Mirabeau, un couvre-sol s’orne d’une longue, belle et abondante floraison en panicules solaires, d’un jaune foncé : c’est-le caille-lait jaune.
Pour ne pas marcher sur la route, je marche dans la garrigue sur le côté sans m’enfoncer dans le sous-bois. Je redescends la butte non loin de la piste que je vais emprunter au pied de la Colline Pointue.

Je croise le GR9 venant de Mirabeau puis le chemin menant à la chapelle Sainte-Croix (voir dans ce blog Beaumont de Pertuis : chapelle Sainte-Croix). Je reconnais la borne 22 posée par un artiste de renom Max Sauze, sur son itinéraire poétique œuvre conceptuelle faisant suite aux ‘livres fermés’.

Cette œuvre est un itinéraire poétique qui consiste à occuper l’espace en déposant des bornes le long d’une ligne virtuelle couvrant le territoire français.
Cette ligne virtuelle est un dessin. Ce dessin représente un Homme qui marche en lisant. Son contour détermine un itinéraire de 3500 km. Une borne est déposée tous les 15 km environ. Il y a 250 bornes. Présentation de l’oeuvre conceptuelle est touristique

La borne 22, qui ressemble à un oratoire, est bien intégrée dans le paysage.

Elle a été inaugurée le 1er avril 2000 ; une réplique a été donnée au maire de Farnèse, ville jumelée avec Beaumont-de-Pertuis ; les messages des italiens ont été confiés à des petits tubes de cuivre tandis qu’une bonne quarantaine de livres sont roulés sur la façade.

Le sentier devient route et rejoint le village. Un oratoire, un vrai celui-là, a perdu sa statue ; le village, situé à l’extrême sud-est du département de Vaucluse et du Luberon, apparaît sur son promontoire avec son église millénaire et les toitures rapprochées qui l’entourent.

Le lavoir sous voûte est en eau ; sa rigole maçonnée derrière la paroi de celle-ci, l’alimente. Il est composé de deux bassins ovoïdes et de deux barres d’égouttage. Contrairement à ce que pensent beaucoup de personnes, c’est le bac du fond qui servait au rinçage.
La fontaine moussue est fleurie et les mascarons disparaissent sous la verdure. Dans la chapelle Notre Dame de Beauvoir, chapelle romane de la deuxième moitié du XIe siècle, en 2008, lors d’un chantier de restauration, une fresque est découverte en décollant la couche d’enduit qui recouvrait le mur intérieur de l’abside. La peinture du XIIe siècle représente des scènes de la vie du Christ, notamment son entrée à Jérusalem le jour des rameaux : ce serait la seule fresque d’époque romane connue en Provence.

En passant par la route ou devant la chapelle, on arrive à l’oratoire du Jubilé de Saint-Eucher de 1876. Eucher, évêque de Lyon au Ve siècle, se serait retiré dans une grotte non loin d’ici. Eucher et sa femme Galla ont eu quatre enfants, dont trois furent canonisés : sainte Consorce, sainte Tulle, saint Véran et Salonius. Je n’ai rien trouvé sur ce jubilé : est-il une déclinaison régionale d’un jubilé national  (sacre épiscopal, couronnement pontifical, ordination) comme l’avènement de Pie XII ou la nomination de Louis-Marie Caverot en tant qu’archevêque de Lyon en 1876 ? D’autres communes comme la Brillanne ont érigé un oratoire pour la même année.

Encore 650 m de marche en bordure de route avant d’obliquer au col des Campanettes, sur un chemin ombragé sans circulation automobile publique. Bientôt, sur la gauche, il borde un long et épais mur de galets, assez régulier, qui me semble bâti par l’homme : j’ai pensé à un clapier servant de limite de communes comme au Siou Blanc ou entre La Londe et Bormes dans le Var mais la limite communale n’est pas à cet endroit ; d’après le cadastre, c’est une simple limite de lieu-dit (Escaravillons ?). Est-ce une barrière contre la peste de 1720 : Lorsque la maladie se déclara à Corbières et à Sainte-Tulle, un blocus allant de Manosque à Beaumont-de-Pertuis, gardé par 80 hommes, fut ordonné par le marquis d’Argenson. Site bassesalpes.fr. Comme je n’ai pas pointé le début et la fin de ce mur, je n’en sais pas plus. Avis aux habitants ou historiens !

La piste descend progressivement dans les galets roulant sous les pieds et rejoint la route.

Une randonnée à faire plutôt quand la température n’est pas trop élevée car l’ombre est irrégulière ; en dehors de la portion de GR balisée, de la marche sur route, tous les chemins communaux choisis sont non balisés et peu fréquentés. Et pensez à visiter le village en passant : dans ce cas, et avec le pique-nique, il vous faudra compter une journée.

Image de l’itinéraire 11km900, 3h30 dépl (4h au total), 164m dénivelée (+437, -437).
Télécharger la trace

 

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