Sentier botanique de Rognes


Courte promenade dans le quartier des Garrigues, sur un sentier délaissé par les marcheurs, qui traverse les bois et les vignes dans la campagne rognenque. Nous, André et moi, nous sommes garés en bordure de route mais sans doute se mettre sur le parking officiel (Coordonnées : 43.65929 5.314509) ou près du terrain de sport du collège est plus facile.

La surface des deux premiers panneaux du parcours est craquelée, affadie et donc peu lisible ; deux bancs de bois invitent au repos : trop tôt pour s’asseoir, nous arrivons à une vaste ruine qui m’intrigue depuis longtemps et que j’ai identifiée comme étant la ferme Pataconit grâce au cadastre napoléonien (1836). Lire son histoire complète PATACONIT, UNE BASTIDE OUBLIÉE, Corinne RENAUX DOMENGE, Annales 48, 2024, Amis du Patrimoine de Rognes.
Merci André d’avoir déniché ce précieux document.

Toujours pas trouvé l’origine de ce curieux toponyme (surnom du propriétaire Elzéar RIAS fils d’Antoine, Livre terrier et censier général de la seigneurie du lieu de Rognes, 1770). A la différence de 2015, la ferme est clôturée, abandonnée depuis longtemps : les photos de 2015 (lire 4e rando de la courge) ont été prises alors qu’elle n’était pas encore protégée. En 1836, la maison numéro 1234 du plan (feuille F3 du cadastre napoléonien) appartenant à Sylvi André, est vacante. L’autre maison contigue appartient aux héritiers de Denis RIAS mort en 1817. La propriété est entourée de pâtures, vignes et autres terres. Elle possède un jardin, une écurie, une crotte (cave en sous-sol), un puits, un four (cadastre de 1627).

D’après les annales de l’association Les Amis du patrimoine de Rognes et le manuscrit de l’abbé Joseph Mathieu MARTIN (°1750, +1823), fils de Louis et de Françoise SILVY, les familles RIAS sont présentes à Rognes depuis plusieurs siècles. Certains ont exercé des fonctions communales ou ecclésiastiques : en 1517, Boniffont Rias est membre de la confrérie Saint-Denis ; en 1602 Jean Rias est curé de Rognes (il sera un temps propriétaire de la bastide) ; 1652 Barthélémy Rias est vicaire ; en 1662 Augustin est conseiller de la communauté.

Denis RIAS (°1773, +1817) est le fils aîné de (Jean) Joseph RIAS et Marguerite SAINT-ETIENNE ; ensuite, presque tous ses frères et soeurs sont morts jeunes. Sa cousine germaine Marie Rose Claire RIAS (fille de Jean Nicolas x Rose LAURENT) hérite et habite avec son mari SYLVI André dans la maison contigue à celle de Denis. Quand elle se marie, ses parents sont morts. Pas trouvé d’héritiers masculins. Plusieurs ascendants de Denis RIAS se prénomment Antoine, information que je rapproche de celles données par l’abbé MARTIN qui dit qu’en 1568 Peyron Rias possède une partie des Garrigues […], Antoine en 1589 une bastide (AD 13 133 ECC 13). Cette bastide est donc bien Pataconit.
Plus personne n’y habite en 1859 ; le tremblement de terre de 1909 achève le délabrement de la bastide.
En 1995 la commune s’en porte acquéreur.

Nous arrivons au parking sableux sur lequel est stationné un camping-car. Aucune indication sur les centres d’intérêt numérotés du circuit, ni ici ni sur internet. Des traces de chariot creusés au sol sont peut-être celles du sentier saunier (transport du sel à une époque lointaine) puis un premier modeste pont en pierre sur l’ancien canal du Verdon envahi par la végétation.

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** Le château d’Arnajon


Ce que nous appelons bastide aujourd’hui était autrefois un domaine agricole conséquent, agrandi progressivement à partir de 1662 par achats de terres, vignes et vergers, et géré par un fermier. Vue du chemin, l’architecture de la bastide se reflète dans le bassin du haut ; la visite des jardins est une balade reposante et pleine de surprises si l’on accepte de déambuler dans toutes les allées des terrasses étagées et d’en visiter les recoins.

La météo ce jour à le-puy-sainte-reparade/13 :
Avec le vent et la température ressentie

En vidéo de 4 mn, l’essentiel (plein écran bouton en bas à droite de Youtube)

Certes la visite est payante et limitée à certains jours Horaire des jardins – les propriétaires y habitent en permanence – mais c’est une vraie bastide provençale qui s’appelait encore sur la cartographie de 1813, Chateau Castillon du nom d’un de ses premiers propriétaires Jacques Blanc de Boisvert de Castillon, qui avait épousé en 1660 l’arrière-petite-fille du premier propriétaire. Le domaine érigé en arrière-fief, prend le nom d’Arnajon1 en 1732. Ayant peu changé de main, le domaine est resté fidèle à son époque malgré les ajouts et modifications.

Histoire d’Arnajon, site du propriétaire dont sont extraites la plupart des informations

Après mon inscription, je me trouve face au grand bassin et au Mourre Nègre, point culminant du massif du Luberon : point de vue enchanteur. Les deux premières terrasses ont conservé leur concept d’origine avec ses deux colombiers et ses escaliers en fer à cheval. Le bassin servait de réserve d’eau et de vivier, comme à d’Albertas (Bouc-Bel-Air).

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Que d’eau à la source de la ferme de Vautubière !


Tout a commencé de manière inattendue par un échange entre Emmanuel et moi sur Messenger.

mardi 23:13, E. : Si tu veux voir la source de la ferme de Vautubière c’est peut-être le moment
mercredi 9:54, moi : pas assez en forme pour envisager d’y aller.
mercredi 9:55, E. : je te prends une photo si ça coule

[ndlr : Entre temps Anne, qui m’a rapporté quelques kiwis cultivés non loin d’ici, m’annonce qu’elle est partante pour la balade. Beaucoup de pluie ces dernières semaines, donc il y aura sûrement de l’eau].

mercredi 11:59, moi : tu m’as motivée ; je vais essayer d’y aller en début d’après-midi.

[ndlr : mercredi 12:20, E. part en VTT ; il nous rejoindra au parking du Parc départemental de l’Arbois vers 14h.]

Je suis allée à la ferme de la Vautubière au moins trois fois (Les fermes de l’Arbois, les fermes et bergeries de l’Arbois, Sentier du Badaïre) et je n’y ai jamais vu d’eau. La source, difficilement accessible, était toujours à sec. D’un ruisseau intermittent à un ruisseau abondant, c’est presque incroyable et ça vaut le déplacement !

Nous entamons la montée, passons au dessus de la ligne TGV puis d’un des nombreux tunnels du canal de Marseille ; bien avant d’arriver à la ferme, on entend le bruit de l’eau en contre-bas ; un premier passage à gué, une mare bien pleine aménagée pour abreuver le gibier, puis un second passage à gué : plus difficile de ne pas se mouiller les pieds mais des grosses pierres feront l’affaire. Je ne doute plus qu’il y aura beaucoup d’eau à la source.

La ferme de Vautubière était une métaierie1 dépendant du domaine de la Tour d’Arbois ; figurant sur le cadastre napoléonien de 1828, on peut supposer qu’elle date de la fin du XVIIIe, peut-être avant (pas vu de date sur la façade). Sur certains textes anciens, comme dans l’adjudication de 1898, elle est dite Valoubière2: 45 ha au prix 15000 Frs.

J’admire à nouveau le pont de pierre qui traverse le ruisseau, permettant d’atteindre le domaine de la Tour d’Arbois ou rejoindre la grande voie de transhumance sur le plateau du Grand Arbois. Rappelons que plusieurs bergeries proches existaient dès le XVIIIe à Mion, la Garenne et la Bastide Neuve.

Le site de la source est enchanteur : nettoyé, débroussaillé ; son puits contient de l’eau jusqu’au niveau du sol ; un petit abreuvoir y est accolé. Une eau claire sourd des strates rocheuses, s’écoulant abondamment en formant une mare près du pont ; un autre ruisseau intermittent descendant du plateau s’ajoute à l’eau de la source. Je suis tout simplement émerveillée par un spectacle naturel si simple.

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