Notre Dame de Consolation, variante vers la fabrique de Villemus



Plus de 10 ans après je parcours à nouveau le circuit balisé de Notre Dame de Consolation à Jouques auquel j’ai ajouté deux variantes : au départ un aller-retour vers Notre-Dame de la Roque (le sentier passe dessous), et une petite boucle vers la fabrique de pipes de Villemus. Le ressenti est différent ; ce que j’avais jugé difficile l’est moins avec l’entrainement. Notre-Dame de Consolation à partir du village de Jouques

Nous stationnons près du cimetière de l’église saint Pierre qui a pris la place d’une chapelle du XIe ; de nombreuses tombes ont été retrouvées lors de la restauration en 2000 ; elle est devenue église paroissiale lorsque Notre Dame de la Roque est devenue trop excentrée ; une des chapelles est dédiée à Sainte-Consorce, fille de saint Ser, l’ermite de Puyloubier.
Variante 1 : Pour les amateurs de patrimoine, un petit aller retour sur l’éperon rocheux s’impose : il porte l’ancien castrum fortifié du Moyen-Age et la chapelle Notre Dame de la Roque. Un sentier aux larges pas d’ânes conduit au sommet, en passant devant l’oratoire de Notre dame de la Roque et celui de la Vierge du XVIe tourné vers le village. Un clocher enfermé dans une tour carrée porte la date de 1390.

C’est la plus vieille chapelle de Jouques, confirmée en 1135 par Innocent II. Son clocher date de 1390. Elle offre une vue sur la vallée du Réal et l’atypique Grand Pré dans lequel, au début du XXe, paissaient quelques vaches normandes de la ferme Borghino (Bulletin de liaison n°22, 1er semestre 2019, Les Amis de Jouques). Si vous redescendez vers le village au niveau de la porte, vous pourrez voir sur votre gauche l’ancienne tour de l’horloge construite par la communauté entre 1761 et 1764 et son enfilade d’arcs appartenant à l’ancienne résidence d’été des archevêques d’Aix (XVIe) : c’est Louis de Bretel qui résida surtout à Jouques et fit aménager le château et les jardins ; cette résidene a été rachetée par le sculpteur Antoine Sartorio. Le Portail Supérieur, vestige isolé, appartient à la première enceinte du village médiéval près des quatre maisons de l’enclos Jean Roque.

Un vieux Jouquard nous confirme le bon chemin, ombragé, pour rejoindre le GR9. Il circule le long des cultures en restanque ; les fleurs de printemps bordent le chemin : iris, cistes, et petites pervenches bleues.
Direction le hameau fleuri de Bèdes – dite parfois Toscane provençale ; alors qu’un chien fugueur nous suit sur la route, nous croisons une dame en voiture qui le cherche ; au ton de sa voix, le chien a compris : il fait demi-tour !

Variante 2 : à la sortie du hameau, il faut dévier du sentier balisé pour une route qui mène à la ferme Notre-Dame et sa chapelle privée intégrée ; nous passons devant un lavoir et une fontaine alimentés par un réservoir dont l’eau autrefois était remontée par une éolienne de pompage ; réservée à un usage domestique, elle coule toujours.
Le sentier pavé s’enfonce entre champs et sous-bois puis avant de contourner le champ, la fabrique de Villemus apparaît de l’autre côté, vaste bâtiment à trois étages de 15 m de long qui nous étonne dans ce lieu désormais désert. Nous contournons le champ jusqu’à se trouver devant la façade. Complètement fermée, elle ne peut être visitée. Nous apercevons deux bâtiments différents (d’autres ont été rasés) : l’ancienne ferme et la fabrique. Les rebuts de production autrefois jalonnaient les champs.

La fabrique de Villemus au pied de Vautubière a été créée en 1845 par le député Louis-Auguste Pons, sur le plateau de Bèdes, non loin de la ferme Notre-Dame. L’eau y était amenée par captage d’une source proche au nord ; l’eau de pluie était récupérée dans une citerne de l’entresol de la maison.
Par l’observation des rebuts de production, on sait que la fabrique était polyvalente : vaisselles de tables, poteries culinaires, tomettes estampillées ‘Villemus’ ; des biscuits d’assiettes à marli2 caractéristique des production d’Albisola suppose la présence d’ouvriers italiens. Cette vaisselle a été largement exportée.
Les jouquards connaissent surtout les pipes de six modèles différents : simples, sans décor, ou représentant par exemple un modèle à figure (l’homme de loi) ou d’inspiration coloniale pour l’exportation. Photo ci-contre extrait du document de : Henri Amouric, Lucy Vallauri, La fabrique de Villemus, une usine à la campagne, 2006, pp.230-233, LAMM – Laboratoire d’archéologie médiévale méditerranéenne

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De Bibémus à Bimont



Un classique facile et typique, à partir du plateau de Bibemus, que je parcours avec Tatooine, le chien de ma fille. Depuis Aix-en-Provence, on monte par une petite route, le chemin de Bibémus, qui est aussi le GR653A, chemin de Compostelle. Le parking est presque toujours plein car le lieu attire non seulement les randonneurs mais aussi les joggers, les promeneurs de chiens, les  amateurs de Qi Gong et de yoga, etc.

La piste large passe devant les carrières de Bibémus exploitées pour les monuments aixois jusqu’au XVIIIe siècle (visite sur réservation auprès de l’office du tourisme) ; elles ont fait la renommée du peintre Cézanne qui découvre les lieux à l’abandon : il fait naître entre 1895 et 1904 des œuvres de renommée mondiale, telle Le rocher rouge. Extrait du site cezanne-en-provence.com. Les méthodes d’extraction de la molasse à Bibémus par les Romains sont très inspirées des techniques employées à Carthage à la même époque ; le nom de Bibemus a d’ailleurs une consonance latine.

Le premier sentier sur la droite mène au barrage Zola après une belle descente ; les piliers de chaque côté et le mur de pierre sèche rappellent qu’au début du XIXe, le lieu était privé, cultivé par la famille de Charles Venture du Tholonet (Curieux : il porte l’ancien nom de la montagne et de la chapelle sur Sainte-Victoire…) : vignes, pâture, bâtiment rural figurent sur le cadastre napoléonien.

Je continue vers l’est sur le plateau, sous les pins ; dans les flaques d’eau qu’ont laissé les pluies abondantes d’hier, une auréole jaune-vert fluo s’est déposée comme une dentelle. C’est le pollen de pin. En avril et mai, dans les villes, le pollen des pins prend la forme d’une poussière jaune envahissante : dans les rues, sur les voitures, sur les terrasses, sur les toits et sur le linge étendu dehors !

Variante : sous cette piste large, sur la frontière Aix-Le Tholonet, se cachent quelques grottes qui ont servi de terrain de jeux à bon nombre d’enfants ; ouvertes sur les Infernets et le barrage Zola, elles offrent quelques vues sans obstacle, bien meilleures que depuis la piste. Merci André.

Sur une petite esplanade à découvert, le barrage Zola en contre-bas, apparaît ; les jours de pleine lune, il paraît que le spectacle des reflets de l’astre nocturne sur l’eau vaut le déplacement… Merci Domi pour l’information.

Le plus souvent en sous-bois, le sentier offre néanmoins à l’œil attentif quelques trouées avec vue sur la Sainte-Victoire, aujourd’hui encore dans les nuages. Un arbre déraciné rappelle que le mistral peut être plus fort que la nature. Sur une aire plane près de la falaise, deux cabanes en forme de tipi ont été construites à l’aide de branchages, soigneusement entourées d’un chemin délimité par des cailloux. Elles dominent les Infernets, toponyme que l’on retrouve aussi à Vitrolles et Vauvenargues, et qui désigne un lieu d’accès difficile ou… les enfers.

Aux deux tiers du trajet, une variante s’éloigne en large boucle dans les bois tandis qu’une autre reste sur le bord de la falaise. Je prends la plus proche du bord, que l’on identifie par une petite esplanade de cairns en tout genre construits sans doute par les randonneurs à la manière du rituel des pélerins de Compostelle. De multiples petits sentiers sont possibles et tous mèneront au barrage du Bimont. Le parking est vaste et les touristes nombreux ; on ne peut toujours pas traverser le barrage à pied à cause des travaux mais bientôt, en juin, le passage sera rétabli.

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Les bornes milliaires de Bidoussane et Caseneuve



Il y a longtemps que je cherchais un circuit de rando qui passerait par ces deux bornes milliaires. Compliqué dans une zone urbaine près d’Aix-en-Provence où de nombreuses propriétés privées ont pris possession des chemins. Pour finir, je ne suis pas mécontente de celui que j’ai trouvé mais j’avoue que pour éviter de marcher sur le bord de l’ancienne voie aurélienne (D 17 très passante), j’ai choisi de marcher le long des vignes mais c’est un chemin d’exploitation dans une parcelle privée jusqu’au bord de la route : aujourd’hui le propriétaire avait installé une barrière souple pour en empêcher l’accès…

Le temps qu’il fait aujourd’hui à cet endroit :
Avec le vent et la température ressentie

En passant par les Quatre-Termes, je suis arrivée à Caseneuve, hameau de Lançon, près du château ; pas de parking : je me suis garée le long du champ que l’agriculteur est en train de retourner. La piste se sépare en deux : côté gauche, le sentier part à l’assaut de la colline et rejoint la grande voie de transhumance ; je continue tout droit ; de l’autre côté du champ, côté route, j’aperçois la borne milliaire1 de Caseneuve que j’irai voir au retour.

La Via Aurelia a été initiée à partir de 241 av. J.-C. par le consul Caïus Aurelius Cotta. Elle partait de Rome pour arriver à Luna (Luni). Elle passe par le nord d’Eguilles et se dirige vers Pisavis (Salon-de-Provence) en suivant [presque totalement] le tracé de l’actuelle départementale 17.

Les stations (relais), jalonnant la Via Aurelia dans la partie française, sont au nombre de 15. Elles sont placées tous les 20 à 30 km, ce qui représente une journée de marche. Nous citerons quelques noms […] AQUIS SEXTIS (Aix-en-Provence), PISAVIS (Pélissanne), TERRICIAS (Mouriès), ERNAGINA (St Gabriel), et enfin ARELATO (Arles). Extrait d’une conférence de l’AJA (Association pour les Journées de l’Antiquité), Bruno Tassan

Après la maison, la piste continue sur une DFCI dont la barrière est bien haute ; je passe en dessous, dans le quartier de la Guiramane, probable féminisation du nom de noble Guiraman de Lançon. Les premiers iris jalonnent le chemin.

Après ce paysage de garrigues, la piste passe sous le domaine de Saint-Savournin entouré de vignes. Plutôt que prendre la première route qui le contourne (la deuxième voie est privée), je préfère emprunter un chemin d’exploitation le long des vignes qui, après une large boucle, rejoint la Loyne.

Sur le lieu-dit la Loyne, ce mur haut est-il celui d’un réservoir ? non, derrière il y a des vestiges militaires de la seconde guerre mondiale en face des champs d’oliviers. La batterie de la Loyne, [est situé] à l’est du terrain [d’aviation de Salon] […] ; actuellement il reste 4 encuvements, abris personnels, soutes et un bâtiment qui a pu supporter un projecteur. Forum Sudwall

Autour de la Loyne : batterie Flak, liodan13
1- Autour de la Loyne : Esprit des Bois, liodan13

Plusieurs chemins plus ou moins proches parviennent au croisement avec la voie aurélienne ; sous l’arbre, je fais une pause avant de repartir en direction d’Eguilles. J’ai beau savoir comment les voies étaient construites, je n’ai pas trouvé beaucoup d’indices que ce soit une construction romaine.

Le revêtement était le plus souvent formé de graviers damés parfois assemblés avec de l’argile ou de la chaux. […]. Les pavés, quant à eux, étaient réservés la plupart du temps, aux cités et aux passages difficiles (fortes déclivités, sols marécageux…). Ces voies principales étaient entretenues aux frais de l’État central (Rome) et l’usage en était réservé aux fonctionnaires de passage, au courrier public (CURSUS PUBLICUS), et aux légions romaines. Extrait d’une conférence de l’AJA

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Les collines d’Eguilles : des Ponteils à la plaine



Petite balade pas loin de chez moi idéale pour prendre l’air malgré un temps incertain ou pour promener le chien Tatooine quand j’en ai la charge.

Nous partons près de la déchetterie d’Eguilles (2 places au bord du champ) au pied de la colline des Ponteils1.

La piste DFCI monte doucement, passe devant la bastide de Cartoux, puis va dominer la carrière : points de vue sur l’étang de Berre et la plupart des sommets provençaux : le Pilon du Roy, l’Etoile (SE), la Sainte-Baume, Aurélien et Olympe, la Sainte-Victoire (E) et le Concors.

La longue crête commence par le viaduc des Ponteils1, un des plus longs de la ligne TGV méditerranée, qui décrit une belle et longue courbe de 1 km 700 ; ses piles sont hexagonales et ses voussoirs2 creux et trapézoïdaux.

Pour la partie centrale, deux piles spéciales ont été construites de part et d’autre de la chaussée [ndlr : système d’assemblage qui a permis de ne pas interrompre la circulation de l’autoroute qui passe dessous]. Elles étaient munies d’un dispositif de rotation sur lequel ont été construites deux travées avec des bras symétriques en porte-à-faux orientés parallèlement à la chaussée. Lorsque ces derniers ont été terminés, il a suffi de faire tourner les travées pour les mettre dans l’alignement du reste du tablier et obtenir une poutre centrale de 100 mètres de portée. Cette opération qui a duré 4 heures pour chaque travée était une première mondiale car elle n’avait jamais été utilisée pour riper un poids de 3600 tonnes. Selon l’Inventaire ferroviaire 13114r

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Les fermes et bergeries de l’Arbois



Aujourd’hui c’est moi qui ai préparé un circuit de randonnée qui passe par plusieurs fermes abandonnées de l’Arbois, terrain aride et caillouteux. Nous nous garons sur l’énorme parking du parc départemental, un peu avant  le château de la Tour d’Arbois. La début de l’itinéraire balisé et documenté par des panneaux, empruntera une partie du circuit du badaïre1 avec la ferme de la Vautubière2, passera par la bergerie de Mion, puis sur un parcours non balisé, traversera le camp américain, et rejoindra le domaine de la Bastide Neuve. Pour la dernière partie, André sera le guide…
L’album photos des fermes de l’Arbois

Ça commence fort par une rude montée dans les cailloux ; des petites gorges ont entaillé le plateau ; le canal de Marseille a une particularité qu’explique André : les bassins de Valoubier et la Garenne, le souterrain qui les rejoint (Hendrik Sturm, du bureau des guides du GR2013 raconte dans sa randonnée sauvage sur le plateau de l’Arbois qu’il la emprunté avec un groupe), font partie d’un ensemble de délimonage comme j’avais pu en voir lors de ma balade à Ponserot. Le château de Saint-Estève-Janson. On devine le long des bassins, à intervalles réguliers, de petits ouvrages (vannes) permettant l’écoulement des eaux de vidange dans l’Arc, par un robinet évacuateur.

Les eaux que le canal envoie dans le premier bassin, celui de Valoubier, remontent d’abord pour pénétrer dans le souterrain […] et, de là, dans le bassin de la Garenne rentrent dans le canal après avoir parcouru ce dernier bassin dans toute sa longueur, en se déversant en nappe mince et fort étendue par-dessus la banquette de la levée de la Garenne. Valoubier Garenne. Promenade sur les bords du canal de Marseille, E. de Saintferréol, impr. de Ballivet (Nîmes), 1854

Rapidement vous aurez une vue dominante qui vous permettra de reconnaitre Sainte-Victoire, l’Etoile, le Luberon. Puis vous arriverez à un espace aménagé, sorte d’observatoire sur le paysage environnant : le rocher (construction métaphorique dont le texte explicatif est déjà presque illisible), les lignes de vie (ligne d’horizon, GR2013, ligne TGV), le génie de l’eau (le canal de Marseille), le champ du vallon en direction de la ferme de la Vautubière.

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Le château de Féline



Sur une idée d’André, ce sera une courte balade dans un endroit peu fréquenté près de la Quille, le vieux village abandonné du Puy Sainte-Réparade, près d’Aix-en-Provence.

Depuis le grand parking au sud de la Quille, nous nous dirigeons vers le sud en passant sur la grande aire de battage dont on voit encore les rayons.

Du fait de l’absence de mortier, la calade n’est pas rigide, elle peut se déformer au gré des mouvements du sol ou sous le poids des charges qui y circulent. Pour cette raison, on disposait des raidisseurs, composés de pierres adjacentes, entre deux marches […]. Les raidisseurs permettaient aussi de créer un creux central, qui servait de caniveau ou fil d’eau. Extrait de wikipedia, la calade. Lire aussi cugistoria

La piste qui circule en sous-bois sur la crête est facile.

Dans une trouée d’arbres, la colline qui porte une tour ruinée de l’ancien village du Puy apparaît fièrement depuis sa restauration et sa mise en valeur par le département des Bouches-du-Rhône.

La ruine de Jeanne, dans le quartier de Féline, ayant probablement appartenu au château de Féline, était entourée de pâtures. Etait-ce Jeanne, descendante du premier habitant de Saint-Canadet, Jean Eyguesier, nourriguier aixois ? dans l’acte de partage de ses biens en 1479, Jean mentionne une maison sous le château : ce pourrait être celle-là, plusieurs fois réparée et consolidée au cours des siècles.

Un peu plus loin, sur une éminence peu élevée, nous grimpons par un sentier empierré et dégradé qui dut être le chemin d’accès au château, modeste construction à un seul bâtiment d’après le cadastre napoléonien.
Dans la tourmente entre catholiques et protestants, le château du Puy est plusieurs fois attaqué puis condamné par le Parlement d’Aix en 1596 à être détruit ainsi que celui de Féline.  D’après Colette Dijoux.

Il reste cependant un mur épais aux grands pierres soigneusement assemblées, complètement caché sous les arbres et invisible depuis le sentier.

D’après le site personnel d’Yves Venturini, au XIe siècle on dénombre trois paroisses : Saint-Maurice du Puy, sur les lieux de l’actuelle paroisse de Sainte-Réparade, Saint-André au lieu-dit l’Église Vieille et Saint-Cannat de Félines.
L’abbé Constantin évoque la paroisse Saint-Cannat de Félines presque abandonnée en 1728 mais selon moi c’est une erreur ; le texte en latin des archives de Saint-Sauveur (Monuments inédits sur l’apostolat de sainte Marie-Madeleine, Volume 2, Étienne Michel Faillon) et les Pouillés des provinces d’Aix, Arles et Embrun, Etienne Clouzot, Imprimerie nationale, 1913 considèrent vers 1350 Fellinis et sancti Cannati comme deux ecclesias différentes. S’il y avait bien une église dédiée à Saint-Cannat et appartenant à l’évêché d’Aix, elle devait se trouver ailleurs à Saint-Canadet

Après les guerres de la Ligue, la population se regroupe autour de Saint Pierre de Félines qui deviendra Saint-Pierre Canadet. D’après Statistique du département des Bouches-du-Rhône : avec Atlas …, Volume 2, Christophe de Villeneuve, 1824

Si Féline vous fait penser à un chat, B. et J.-J. Fénié évoquent un atelier de potier (figulina, felina). A vous de choisir !

Et si vous trouvez la balade trop courte, vous pouvez toujours aller à la Quille.

Histoire du Puy, Yves Venturini
Histoire du Puy, site de Michel Dijoux

Image de l’itinéraire 6km580, 2h déplacement avec visite, 131m dénivelée

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Une ville américaine dans l’Arbois



Pendant longtemps, je n’y ai pas cru à cette ville américaine construite sur le plateau de l’Arbois à la fin de la seconde guerre mondiale ; puis, j’ai cherché, consulté les forums et quelques documents d’archives pour finalement l’admettre… Anne, Claude, Majo et moi partons à la recherche de quelques indices de sa présence dans la zone nord CP1.

Album photo

Un peu d’histoire : au moment du débarquement des alliés en Provence le 15 août 1944, la guerre contre le Japon n’est pas terminée. L’Etat-major des forces alliées envisage de transférer des troupes (excédentaires ou venant des USA et d’Angleterre), de l’Europe vers le pacifique et de rapatrier aux USA les troupes non nécessaires : une opération de redéploiement de grande envergure avec mouvements d’hommes et de matériels. Ce camp de transit n°1 – Calas staging Area – sera installé sur le plateau de l’Arbois :  terrain vaste, à proximité d’un port, d’un réseau routier et ferroviaire, d’un aérodrome capable de faire atterrir des gros avions. Parallèlement un camp de prisonniers de guerre était mis en place au sud de la RD9 sous le nom de Continental Central Prisoner of War Enclosure number 404 (CCPWE 404, capacité 25 000 hommes environ). Le camp ferme officiellement le 23 janvier 1946.
Sur le côté gauche de la photo aérienne de l’IGN en 1949, vous pouvez voir une partie de l’alignement des blocs où étaient installées les tentes de la zone CP1 (nord de la route), et au sud le camp de prisonniers. Côté droit, le bassin du Réaltor.

Nous stationnons face à la DFCI, non loin de l’embranchement qui mène à la SPA sur la petite route D65D. La piste est large et facile, entrecoupée de nombreuses petits chemins.

La piste DFCI passe au dessus du canal puis de la ligne TGV.

Nous arrivons sur ‘la grande route de Tokyo‘, large avenue goudronnée de plus de 3km de long, avec un terre-plein central ; elle suit la ligne à haute tension de 13 000V qui a été prolongée vers le camp pour alimenter les 13 postes de transformation en 115 volts, le standard américain. Le réseau ainsi câblé alimentait en électricité toutes les tentes et les bâtiments. Sur les photos aériennes de l’époque, on reconnait facilement cette route et les tentes installées de chaque côté.

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Les bergeries des terres gastes, les Brulades à Eguilles



En ce début juin, j’organise pour un groupe d’aixois, une randonnée près de chez moi. Nous stationnons sous le pont TGV le long de l’ancienne voie aurélienne. Le spectacle des champs de coquelicots met déjà de bonne humeur.

Le sentier du Mazet à Saint-Cannat, qui démarre à la piste DFCI à côté du pont, passe d’abord en sous-bois puis grimpe au Mazet par une piste caillouteuse ; de là haut, on peut voir la Sainte-Victoire au loin. Il figure sur le cadastre napoléonien de 1827 mais pas sur la carte de Cassini : la bastide du Mazet a donc été construite fin XVIIIe-début XIXe. Quatre chemins, venant des quatre points cardinaux, )y aboutissent.
Sur internet, le Mazet est parfois décrit comme lieu de regroupement de la grande transhumance et haut lieu de la Résistance : qui pourrait m’en dire plus  ? (merci André pour l’envoi de ce premier document)

Depuis le XVe siècle, les nourriguiers1 utilisaient les pâturages de la commune situés dans les terres gastes2 de l’ouest d’Eguilles ; en 1717, treize bergers y travaillent pour des propriétaires de troupeaux ; mais en 1832 le nouveau code forestier interdit le pâturage ; le maire se bat pour rétablir le droit de pacage et d’affouage ; finalement, par des ordonnances successives, les habitants d’Eguilles sont autorisés à refaire pacager les bêtes à laine, 2000 environ en 1882, en payant une taxe de 60 centimes par tête (prix de 1836) mais la commune se plaint régulièrement des dégâts causés par les troupeaux transhumants qui mangent tout sur leur passage et envahissent les champs.
Eguilles, images et histoires : d’Aculeus à Eguilles, l’histoire du village et de ses habitants, S. Bergaglio, Editions des lilas, 2014

Nous visitons le Mazet, profitons des mûres sur le grand mûrier près de la bâtisse ; les crochets pour attacher les chevaux sont toujours scellés au mur ; l’abreuvoir près du puits sert encore aux troupeaux de passage ; j’y ai rencontré à ses abords, en mai 2016, un millier de moutons fraîchement tondus, guidés à la voix par un vieux berger et bien gardés par les chiens. Un spectacle unique ! Continuer la lecture de Les bergeries des terres gastes, les Brulades à Eguilles

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Le barrage Zola en VTT électrique



Une boucle classique et très connue issue du topoguide Les Bouches-du-Rhône à pied, FFR, FFR, 2002 et 2005 et que je vais faire en VTT à assistance électrique ; ce n’est pas mon activité sportive préférée mais aujourd’hui je suis accompagnée de ma fille et de Mattis, 17 ans, qui ont très envie d’essayer.

Les deux gars de la station Bee’s sainte-Victoire sud choisissent puis règlent nos vélos en fonction de notre taille et de notre expérience, n’hésitant pas à changer la selle ; puis c’est l’explication des différents modes de réglage de l’assistance électrique : un mode permet même de marcher à côté de son vélo ! Pour une première fois vu que je n’ai jamais utilisé de vitesses et connais encore moins les réglages du vélo électrique (de ‘éco’ à ‘sportif’), ils me conseillent de rouler sur route ; j’opte cependant pour le barrage Zola malgré le passage difficile où le porter du vélo sera nécessaire : je veux montrer la Sainte-victoire à Mattis  ; c’est un des premiers circuits que j’ai parcouru à pied quand j’ai commencé la rando, il y a un peu plus de 10 ans déjà… (lire dans ce blog Chasse au trésor high-tech au barrage Zola ou barrage Zola). Mattis portera le petit sac à dos de premier dépannage. Contrairement à ce qui m’avait été annoncé par téléphone, on ne nous remet pas de roadbook : heureusement que nous sommes du coin…

Chemin de la paroisse puis première montée continue et caillouteuse, plus fatigante qu’à pied ; Coralie a déposé son vélo au sol, le moteur ne se rallume pas ; j’appelle le gars de la station Bee’s du Tholonet ; après un échange dans un premier temps discordant, on finit par se comprendre, trouver l’interrupteur et repartir ; en mode sportif (puissance maximale) pour redémarrer dans une pente, le vélo dérape sur les cailloux : il faut descendre d’un cran le niveau d’assistance ; c’est dans la descente de 600 m de long que la plupart redoute, que je me sens finalement particulièrement à l’aise. En bas, à l’ancienne maison du gardien du barrage, nous nous arrêtons pour photographier le barrage Zola datant du XIXe. Des tables invitent le promeneur à se reposer.

D’une hauteur de 36 mètres, il est maçonné et a une capacité de 200 000 m3. Situé dans les gorges de l’Infernet en aval du barrage de Bimont, il a été conçu par l’ingénieur François Zola, père du célèbre écrivain Emile Zola.
C’est l’un des premiers « barrages voûtes » au monde : la poussée de l’eau est reportée sur les flancs de la vallée au moyen d’un mur de béton arqué horizontalement, et parfois verticalement.
Mis en service en 1854, il a été exploité jusqu’en 1877 pour amener l’eau jusqu’à la ville d’Aix-en-Provence. Il est aujourd’hui géré par la Société du Canal de Provence. D’après les Amis de Sainte-Victoire

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Sur les traces de l’ancien canal du Verdon, circuit du Collet Blanc



Variante du circuit du Collet Blanc, fiche n°7 du Topoguide Les Bouches-du-Rhône à pied, FFR, FFR, 2002 et 2005, elle permet de marcher dans l’ancien canal du Verdon, restée propriété de l’état ; à la fin du circuit, non citée dans le guide, vous testerez l’impressionnante voix emprisonnée du tunnel menant à la galerie souterraine de Saint-Hippolyte.

L’album photo

Avec un petit groupe d’aixois habitués à marcher ensemble, et Tatooine, le chien de ma fille récemment adopté, je reviens sur les traces de ce canal découvert la première fois fin 2005 (Lire Sur les traces des vestiges du canal du Verdon) et dont les berges sont de plus en plus dégradées. Pourtant, il a toujours la faveur des VTTistes et de quelques promeneurs du dimanche.

Le temps qu’il fait aujourd’hui à cet endroit :
Direction du vent et température ressentie

Le parking des Cigalons, chemin de la Campane, au plus près de la ligne ferroviaire, est déjà plein ce matin à 9h30. La période de chasse a débuté.

Campagne venelloise 8, team marcouille 13

Nous prenons le sentier à droite du parking. Sous le premier pont, juste après, nous repérons derrière nous le passage piétiné par les randonneurs qui montent dans le canal  ; attention de ne pas se tromper de sens ! C’est là que commence la variante du circuit, un peu plus longue que la version initiale ; en larges zigzags successifs, le canal garde une altitude à peu près constante ; sur notre gauche, à une bonne cinquantaine de mètres seulement, nous apercevons le canal qui forme une boucle dans lequel nous marcherons tout à l’heure.
D’abord dans le fond du canal lui-même, nous grimpons ensuite sur la berge côté gauche ; il faut passer sur un pont un peu haut et étroit qui enjambe un vallon : gare à ceux qui ont le vertige ! l’autre option consiste à redescendre dans le canal un peu avant.

Depuis Quinson, il [le canal du Verdon] apportait les eaux du Verdon jusqu’à Aix, traversant les massifs sur plus de 80 km en irriguant les terres agricoles.
Construit entre 1857 et 1875 par l’ingénieur Tournadre, c’est le premier grand ouvrage hydraulique dans le massif de Concors depuis les Romains, dont l’aqueduc de Traconnade acheminait les eaux de Jouques vers Aquae Sextiae, aujourd’hui Aix en Provence. Canal du Verdon, grand Site Ste-Victoire.
Cet ouvrage a été désaffecté en 1970 au profit du Canal de Provence.

Je suis étonnée de trouver parfois des parois lisses en béton, restées en bon état, presque à la verticale ou fortement inclinées ; la nature et la consistance des parois, leur inclinaison, la largeur du fond, peuvent limiter la vitesse maximale admissible à proximité de celles- ci. On se sert de ces paramètres pour accélérer ou ralentir la vitesse de l’eau.

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