Artigues, Mont-Major

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Enveloppée d’une brume d’huile essentielle de thym à Linalol projetée toutes les minutes depuis le port USB de mon micro, j’écris, peu inspirée, en profitant de ses vertus désinfectantes (merci à Clodex, Majolir, Marie-Françoise et Vegalyre). Que puis-je raconter alors que nous n’avons pas trouvé la grotte de Roquerousse et que je n’ai pas rien identifié de l’oppidum ? Mais ce circuit reste l’occasion d’une balade nature avec de nombreux points de vue.

Une fois tout le monde rassemblé à Artigues, le parking est plein ; Artigues est un tout petit village de 240 habitants. ll est temps de trouver l’unique cache près de la fontaine entourée de bancs et d’arbustes taillés en forme d’arche : un endroit idéal l’été. L’église et sa façade toute plate, comme une pièce rapportée, semble bien grande pour un si petit village.

Artigues, tineochris

Photos de Yves, Photos de DanielMes photos
Nous redescendons d’une centaine de mètres de dénivelée par une route étroite en passant devant le lavoir. C’est donc qu’il faudra les remonter en fin de randonnée…
Je reconnais la taille en cordon de Royat de la vigne typique des Coteaux d’Aix ; Artigues fait partie avec Rians des communes du Var autorisées à produire cet AOC.

Nous traversons la route Rians-Esparron et plutôt que de marcher sur la chaussée, certains ont repéré l’ancienne voie de chemin en contre-bas ; nous sommes à 1km300 environ de l’ancienne halte de chemin de fer du Train des Pignes Central-Var. Il fallait plus d’une heure pour relier la gare de Meyrargues à celle d’Artigues là où nous avons mis 35 mn en voiture. Et quand le voyageur était déposé à la station le long de la route, il lui fallait encore remonter jusqu’au centre du village à pied !

Quand nous tournons à gauche vers la Modeste, Yves demande au groupe de se montrer discret pour ne pas gêner ses habitants. Sur le ruisseau de la Plaine, un ancien réservoir de pierre et une fontaine apportaient l’eau aux habitants. La Modeste est une belle maison de maître d’un seul tenant avec la partie habitation (le maître, le fermier et les ouvriers) et la partie activités agricoles (hangar, cochonniers, pigeonnier). D’après Maisons rurales et vie paysanne en Provence, J.-L. Massot, berger-Levrault, 1995

Par un sentier d’exploitation en contre-bas de la maison, nous rejoignons le petit Adret. C’est là que débute la longue montée vers le Mont-Major ; le groupe se disloque, les bavardages s’éteignent. Chemin caillouteux. A mi-distance une courte pause. Je me retourne sur la montagne d’Artigues qui me rappelle un pique-nique mémorable un jour de Nouvel-An, par grand mistral : Majo avait apporté du foie gras, des toasts et du chutney de figues. Oratoires et croix entre Esparron de Pallières et Artigues
Dans le bois de Montmajor, des champs de pierre et le substrat rocheux apparent surprennent dans une partie boisée. Majo repère entre les pierres les premiers et frêles crocus.
Quand nous apercevons au loin une cabane de pierre sèche, sans doute poste d’observation idéal pour les chasseurs, Yves nous invite à chercher la grotte de Rigabe appartenant à la famille Magne ; le groupe se disperse, circule en mode sanglier, avec peine, sous la végétation mais ne trouve rien ; Daniel et Yves élargissent le périmètre tandis que le groupe, sagement, attend le long du sentier. Les spéléos et l’IGN déjà, ne la placent pas au même endroit. Comme elle s’ouvre vers l’ouest et que nous arrivons par l’est, nous ne l’avons pas repérée ; pourtant certains randonneurs l’ont trouvée, aidés sans doute par quelque personne du coin. En arrivant par la Marquise, nous aurions probablement repéré son porche d’entrée un peu sous le plateau. D’après la vidéo qu’on trouve sur internet, on y circule debout assez facilement (on peut se passer des commentaires du vidéaste en coupant le son…)

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Dernière modification le 21 Fév 2018

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Viens, de la falaise de Subarroques à Piéroux par l’ancien GR

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Cette troisième randonnée aurait pu porter le même titre que celle de 2017 de la falaise de Subarroques au Travers de Piéroux mais Yves y a ajouté quelques petites modifications : au sud-ouest une petite boucle supplémentaire vers la cabane en gradins, un sentier rustique au pied du village pour joindre la boucle du nord avec celle du sud, le Piéroux par l’ancien tracé du GR et quelques caches qui méritent le déplacement. J’évoquerai aujourd’hui ce qui change et pour le reste, je vous parlerai plus en images qu’en texte.
Photos de Yves, mes photos

Nous stationnons dans l’allée des platanes près de la boulangerie et d’une supérette qui nous seront bien utiles au retour… la pluie ayant été annoncée, presque tout le monde s’est désisté mais les aixois sont là, un petit groupe au sein duquel les relations sont faciles et amicales.

Première boucle vers le sud : direction Blaquière, la Chau (pour la partie commune, voir de la falaise de Subarroques au Travers de Piéroux et Viens le circuit des cabanes) ; la pluie tombe faiblement, rien de désagréable.
Quel est donc cet arbuste ornemental qui a pris racine à l’extérieur de la propriété et emmêle ses grosses tiges rouges ?
Un court passage en mode sanglier, qu’Yves connait par coeur, sans grande difficulté, rejoint un chemin rural en contre-bas.

La cabane en ruche d’abeille au beau profil régulier est probablement l’oeuvre d’un professionnel de la pierre sèche ; elle est suivie d’une autre de forme anguleuse en moins bon état. Dans la fiche de la cache, Yves Provence et nicoulina (c’est nous !) sont remerciés pour leur aide à la formation au geocaching, qui a permis au parc du Luberon de poser 40 caches pour ses 40 ans.

[35/40 luberon] Borie des abeilles, petitmome

La brume s’étend au dessus du muret ; les champs de lavande ont pris leur teinte d’hiver. Derrière les ruches une cabane en gradins, plus rare, elle aussi de belle facture. Nous rejoignons le grand clapier à travers la garrigue ; près de la ligne à haute tension, le GPS s’affole.

Viens – le grand clapier de la Chau, brunobobo

Falaise de Subarroques. Les itinéraires de balade dans Viens sont désormais identifiés clairement par des lettres sur fond vert. Longue montée sur le chemin de Barroques qui surplombe une falaise de plus en haute. L’eau a parfois isolé de gros rochers du reste de la falaise mais ça ne fait pas peur à Yves. La fin du sentier se termine sur des strates.

Au lieu-dit la Baume, Majo se pose la même question que la première fois : pourquoi avoir construit un mur de soutènement dans cet espace étroit coincé entre deux reliefs ? qu’y faisait-on ? je n’ai pas trouvé la réponse.

Dès l’arrivée au village caractérisé par d’impressionnants murs de pierre toujours bien construits, nous découvrons la fontaine basse, merveilleusement limpide et dans un cadre enchanteur ; un chien fugueur s’y désaltère ; ce site fait désormais partie d’un itinéraire de découverte ; il a été nettoyé et a fait l’objet d’un relevé d’architecture en 2016.

[40/40 luberon ] La Fontaine Basse, petitmome

Au pied du village ce que je prends pour le château est sans une ancienne maison forte, au pied des remparts. L’église saint-Hilaire en dehors du périmètre fortifié garde quelques traces médiévales comme le clocher et ses baies géminées.
Nous traversons le cimetière le temps de repérer des tombes bizarres et de voir au loin les gorges d’Oppédette.
Une montée rude, un raccourci à vrai dire, rejoint un sentier quasiment abandonné et envahi de végétation qui nous taquine jusqu’aux yeux ; il passe sous le village et joint les deux boucles nord et sud au niveau de la route. Pas super agréable ! mais le lieu de pique-nique, lui, vaut la peine : avec banc, table et point de vue.

Point de vue à 360° par Yves depuis le lieu de pique-nique

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Dernière modification le 25 Fév 2018

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Balade improvisée dans les vignes de la commanderie de Peyrassol

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C‘était un dimanche de novembre, avec Majo et Marie à qui je voulais faire connaitre ce lieu ; personne à l’accueil de la commanderie ; seuls la constellation de trois sphères Univers de Skoda posées sur le talus en pente, puis le  surprenant Cylindre ouvert et aux couleurs, réalisé in situ par Daniel Buren, nous guident vers la cour intérieure. L’entrée est libre et gratuite en ce dimanche hors saison, mais la page visite du site n’en parle pas. Un peu gênées tout de même, nous entrons dans la cour de la propriété ; bientôt un homme circulant dans une voiturette de golf s’arrête près de nous, les sourcils froncés ; sans attendre, je lui demande l’autorisation de circuler dans le domaine : il nous l’accorde – que peut-on refuser à trois grand-mères bien sous tous rapports ? – en précisant de ne pas pénétrer dans la partie privée du domaine, celle où habite le propriétaire.

(un clic ouvre une miniature, un autre clic ouvre la photo en grand dans une nouvelle fenêtre)

Nous déambulons au gré de nos envies, à la recherche d’une soixantaine d’œuvres d’art monumentales ; pour nous, certaines ne sont pas de l’art mais qu’importe ; celles qui sont humoristiques ou figuratives, représentant des animaux, ou celles qui interpellent notre fibre scientifique, auront notre préférence.
Vous pourrez marcher dans les jardins, les bois, au milieu des vignes, sur les terrasses de cultures d’oliviers.

Pour que ce soit différent de ma dernière note présentée sous forme de diaporama Les sculptures monumentales de la Commanderie de Peyrassol, je commenterai quelques sculptures, inspirée pour cela par les critiques de l’application mobile et payante Peyrassol : le jour de notre visite, l’application ne m’a permis de géolocaliser les œuvres…

L’album de novembre 2017

Arche de Noë

Avec les animaux rencontrés dans le parc, je constitue pour vous une arche de Noë. Certains artistes ont beaucoup d’humour. Je ne connais ni le nom ni l’auteur de la vache qui broute dans ce pré ; dans l’espace mitoyen, un cheval de trait, un vrai celui-là, est prêt à tirer la calèche pour une visite du domaine.

Accident de chasse, P. Bernier

Nous avons eu envie de le consoler, cet hippopotame blessé, grandeur nature, enroulé dans des bandages ! Il semble faire sa convalescence tranquille à Peyrassol

Grand wapiti, F.-X. Lalanne

Sculpture animalière de bronze, élégante, ce wapiti est réduit à des lignes pures, uniquement pour magnifier le domaine.

Thesis A et Thesis B, Kostis Georgiou

La thesis est un temps frappé de la mesure mais en grec ancien « l’action de poser, de placer ». Disposés de chaque côté du chemin, légers et prégnants, les deux destriers saluent le visiteur qui passe entre eux les deux.

Le Roi des chats, J.-M. Folon

Illustrateur de renom, à partir de 1991, Folon travaille le plâtre, la terre, le marbre ou le bronze. Cet homme à tête de chat qui nous attend est caractéristique du style de Folon. La figure humaine est rassurante mais par ses traits félins, se mâtine de mystère. C’est un roi !

Hedgehog, Kostis Georgiou

Kostis agrandit avec facétie son microcosme peuplé d’êtres et d’animaux étranges commencé en 1970. Sculpture touchante et facétieuse, paradoxe de la nature : ambiguïté de la force du hérisson et de sa fragilité.

Awe, B. Flanagan

Flanagan renouvelle l’art animalier ; depuis 1979, le lièvre est sa figure de prédilection ; l’animal aux cuisses musculeuses et à la cage thoracique puissante nous invite à une danse, au son d’un tambourin.

Maman hippo, P. Berry

Cette sculpture se trouve au bord de la piscine du propriétaire ; vous ne pourrez la voir que si celui-ci ne réside pas chez lui. Frère du comédien Richard Berry, d’abord directeur artistique d’une agence de publicité, P. Berry se fait connaitre pour ses affiches de cinéma et décors de théâtre, entre autre pour sa femme Josiane Balasko dont il divorcera en 1999. Présence surprenante au ras du sol, la ronde maman hippopotame, qui distille bonne humeur et tendresse, m’avait bien fait sourire en 2016.

Grande petite fille, F. Langlade

Trois pièces toute blanches, que l’on dirait fragiles. Le lapin blanc ne vous fait-il pas penser au Pays des Merveilles ? Contradiction dans le titre : Grande petite fille, contradiction dans la figure ronde mais plate en épaisseur, contradiction entre solidité de la résine avec l’apparence fragile du Biscuit de Sèvres. Selon les spécialistes, c’est une figure de style qu’on appelle un oxymore1, ici sur trois plans : verbal, visuel et pictural.

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Les garrigues de Gordes, au pays de la pierre sèche

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Au départ de Saint-Pantaléon, Yves nous emmène sur la commune de Gordes que tout le monde connait pour son village de bories, ensemble de constructions anciennes en pierre sèche, c’est à dire sans liant. Mais aujourd’hui, ce sera une découverte plus secrète, avec tout autant de cabanes en pierre sèche, mais abandonnées le plus souvent sans être interdites d’accès.

Le lien vers l’album

Nous partons de Saint-Pantaléon, la plus petite commune du Vaucluse, 216 habitants sur moins de 1 km2 ; c’est sans doute la raison pour laquelle l’application Google Photo a localisé par erreur son église à Gordes !
L’église romane de Saint-Pantaléon citée depuis le début du XIe siècle, nous attire par sa taille, sa forme singulière (triple absidiole saillante et voûtée) et ses tombes monolithes creusées dans le rocher qui se cachent à l’arrière du monument ; l’inscription funéraire dédiée à Lecto et creusée dans la pierre, pourrait faire remonter le lieu de culte au VIe siècle ou postérieurement. Les tombes rupestres datent du XIe ou du XIIe siècle, et plusieurs d’entre elles, ont la taille de jeunes enfants. En effet l’église Saint-Pantaléon ferait partie des « sanctuaires à répit », dans lesquels des enfants morts-nés reprendraient vie le temps de leur baptême. Eglise et rocher contigu sont classés par arrêté du 13 juin 1907. A l’intérieur un tableau du XVIe représente la décapitation de Saint-Pantaléon.

[Pantaléon de Nicomédie] était médecin à la cour de l’empereur Maximien, et fort apprécié pour ses connaissances et ses talents.
Converti au christianisme, il s’opposa aux prêtres d’Esculape, et soigna les malades au nom du Christ.
Malgré sa popularité auprès des populations, il fut dénoncé. Il échappa à 6 tentatives d’exécution, mais comme il refusait de renier sa foi, il fut torturé longuement et finit décapité.
[…] Il fut canonisé plus tard à Rome avec le nom italien de Pantaleone. Il fut alors déclaré patron des médecins. Pantaléon de Nicolmédie, selon wikipedia.

En route pour les garrigues de Gordes. Nous passons près de la barre rocheuse des Firmins dans laquelle une maison a été construite, partiellement dans la roche. Cachée derrière les arbres, une cabane de pierre sèche en forme de ruche d’abeille, forme symbole du parc du Luberon.

Un mur de soutènement gondole sous la pression de la terre qui gonfle. Une borne composée de pierres empilées devait situer l’entrée d’une maison aujourd’hui disparue : peut-être un des piliers du portail ?

Dans le clos de Denante, on trouve un vaste ensemble de constructions de pierre sèche. La famille Denante, originaire de Gordes, est éparpillée sur tout son territoire. Elle comptait aussi bien des personnes comme François de Nantes de la noblesse du Comtat venaissin que des cultivateurs. Sur plus de 12 ha, au début du XIXe, poussaient ici vergers et vignes, d’où l’abondance de cabanes servant de remises à outils ou d’abris. Il y en a tant que nous avons cru à un véritable hameau !
Un apié (pour abriter des ruches) dans un mur exposé au sud puis une ancienne bastide cossue (XVIIe ?) avec ses encadrements de portes et fenêtres en pierre de taille ; les fenêtres du 1er étage ont été bouchées sans doute à la révolution. On pénétrait dans la propriété par un portail qui annonçait déjà le standing du lieu. Mais où se trouvaient les cuves vinaires, compléments des cultures de vigne ? peut-être dans le sous-sol de cette vieille maison ?

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Crête de Lure, jas de Mathieu

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Claude nous emmène sur sa montagne préférée : la montagne de Lure si belle et tranquille, et pourtant si méconnue. La crête ondule constamment, engendrant des cumuls de dénivelée qui peuvent devenir conséquents.

Les photos de la crête de Lure et du jas de Mathieu

La météo aujourd’hui à cet endroit
Avec la température ressentie

Pour marcher sur le toit du monde (expression de Giono), nous partons du pas de la Graille1 (1597 m), à l’est du sommet de Lure ; c’est un col qui permet de passer d’un versant à l’autre : côté nord vers Noyers sur Jabron et son ambiance alpine, côté sud vers Saint-Etienne les Orgues et la Durance.

Les belles tulipes australes aux couleurs jaune et orangé, sont plus rares que les tulipes sauvages de couleur unie ; les narcisses et l’orchis complètent le tableau printanier. Au loin, nous voyons le sentier sinuer et monter avec quelques rares arbres. Au niveau du croisement avec le sentier qui mène au cairn 2000 – que nous irons voir tout à l’heure – plusieurs lignes de collines se succèdent ; dans le bois de la Fayée2, on ne voit que la piste qui mène dans la vallée du Jabron ; au loin, je reconnais le pic de Bure et sa surface plane enneigée.

La tulipe australe, […] d’une vingtaine de centimètres de haut, et ne diffère extérieurement de sa cousine que par la présence de sépales rouges autour des pétales, qui donnent à la fleur un aspect « flammé » du plus bel effet, un peu comme sur certaines grosses tulipes vendues dans le commerce. Site antiopa

Après le pas de la croix, nous entrons dans une zone boisée de sapins ; l’extrémité du feuillage des arbres est de couleur jaune : sont-ils malades ?
Du pas de Jean Richaud, on peut accéder à Valbelle côté nord et à Châteauneuf Val Saint-Donat côté sud. Je me suis demandée qui était ce Jean Richaud ; un érudit du XIXe ? le notaire royal de Manosque ? ou simplement un berger de Valbelle qui a ouvert le passage pour relier les pâturages de Lure à son jas côté nord ? les Richaud sont si nombreux qu’un hameau porte leur nom !
Un fraisier sauvage se cache dans les herbes. Au loin, côté Sisteron, on dirait qu’une montagne a été fracturée en quatre morceaux en son centre ; après de longues recherches cartographiques je pense qu’il s’agit de la montagne de la Baume et des rochers Saint-Michel.

Dans une clairière ensoleillée, je repère une borne de transhumance à sa dimension et son chapeau de peinture rouge, telle que celle trouvée à la Gueide à Eguilles : c’est sans doute le balisage d’une voie de transhumance menant au jas en contre-bas.
Le cirque de Valbelle, vaste cuvette rocheuse, dresse sa façade de pierre verticale : impressionnante ! D’un point de vue géologique, c’est un anticlinal, pli d’une couche géologique en forme de dôme.

[…] l’anticlinal de Valbelle est un pli assez ample […], dont la voûte comme l’axe plongent vers l’est.
On assiste là à la terminaison par amortissement du mouvement chevauchant par lequel les chaînons des Baronnies méridionales ont été entraînés sous ceux de la Provence septentrionale. D’après geol-alp

Je me retourne : le sommet de Lure semble bien loin avec ses relais émetteurs du monde moderne ; parfois appelé signal de Lure, il rappelle qu’il fut l’un des points géodésiques ayant servi à établir pour la première fois la carte du Royaume de France.

Elle s’avéra 20% plus petite qu’imaginé. Louis XlV aurait dit avec humour à Cassini qui venait de la mesurer : Je vous ai subventionné et vous avez plus réduit mon territoire que l’ensemble des guerres de conquête de mes ennemis.
Les ingénieurs envoyés par Cassini lll et lV vinrent dessiner depuis le sommet de la montagne de Lure des éléments de la première carte de France voulue par Louis XV et achevée sous la Révolution. Selon moimessouliers.free.fr, Claude

Le sentier qui menait au jas de Mathieu n’est plus visible mais nous avons ses coordonnées ; nous suivons tant bien que mal Claude qui sinue entre les arbres avec agilité. Bientôt un repère orange scotché sur un arbre matérialise enfin un chemin envahi par les herbes et couverts de pierres plates ; c’est celui que nous cherchions.

Le jas de Mathieu est en bon état et toujours occasionnellement habité : on y trouve un toit, un puits et un évier, et même un lit ! nous nous installons pour le pique-nique.
Ce coin de la montagne de Lure garde en mémoire l’importance du pastoralisme grâce aux nombreux jas et cabanes de pierre sèche : jas d’Aubert, jas de Siran, de Nordon, jas des glacières, borie de Mathieu,…
Je pars en quête de l’écharpe que Marie-Françoise a perdue en cours de route, pas très loin, elle en est sûre. Le tracé de l’aller enregistré sur mon GPS me permet de faire en sens inverse notre parcours : ainsi, je la retrouve sans difficulté. Mais rappelez-vous que sans repères, cela peut être difficile !

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Dernière modification le 08 Nov 2017

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Esparron de Verdon… autrement

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Avec Claude à la manœuvre, on sort forcément des sentiers battus : du hors balisage, des raccourcis dans la garrigue basse où l’on circule à vue assez aisément. Nous sommes trois filles pas très sportives, et notre guide.

Dès le départ, la tour carrée du château d’Esparron émerge du village ; la piste est facile, bordée d’argeiras, à la floraison précoce. Les touffes de lavande grisâtres bien alignées n’ont pas encore pris leur couleur d’été.
Sur le sentier caillouteux, coincées entre les cailloux, de jolies fleurs jaunes parviennent à pousser : du lin jaune reconnaissables à ses fines nervures.

Claude tente une descente vers le ravin d’Albiosc au sud en mode sanglier puis se ravise pour un sentier plus facile… qui nous mène à la propriété privée de la Colle. Face à l’issue incertaine, nous préférons sagement continuer sur la piste balisée et faire un grand détour par l’Est.

Arrivés au camping de la Baume par le petit pont de bois, nous le traversons en suivant le ravin à courte distance. Au fond du terrain, on se trouve un petit coin tranquille dans un champ pour le repas. Claude régale avec sa boisson préférée…

Nous longeons le ruisseau sous les arbres, en petites montées et descentes ; pour raccourcir le trajet, il faut traverser le ruisseau à gué mais il y a pas mal d’eau : soit on traverse à pieds nus, soit on trouve un endroit plus facile. Claude qui a de grandes jambes, se retrouve rapidement sur l’autre rive après avoir vaincu les lianes épineuses ; pour les petites jambes c’est plus problématique. Julie, elle, choisit l’option d’enlever ses chaussures. Puis, à travers champs, au feeling, nous récupérons la piste ; en haut du talus, une croix de bois plantée sur la D82 nous sert de point de repère.

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*** Le Contadour sur les pas de Giono et du film Crésus

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L‘idée de cette randonnée est venue d’une discussion avec Claude qui conteste la photo que j’ai mise dans un ancien article Les bergeries du Contadour censée illustrer le lieu de tournage du film Crésus.  J’ai regardé le film, observé attentivement le plan où l’on voit la bergerie de Jules et celle de Fine : j’ai conclu qu’il avait raison.
La deuxième étape, c’était de trouver quelqu’un qui connaissait bien Giono et avait visité les lieux de tournage ; j’ai donc contacté Michèle,  une passionnée qui alimente son blog Promenades en Provence dans l’univers de Jean Giono  : je n’ai aucun doute sur le fait que, si quelqu’un SAIT, c’est elle. Après quelques échanges épistolaires puis téléphoniques, fort sympathiques et détaillés, je situe avec précision la bergerie du film, l’école des Sartrons et même le Crédit Foncier des Alpes ! Lire son article sur Crésus ; je promets de lui ramener une photo de la bergerie de Fine et du jas de Bouscarle. La date fixée sera plutôt à partir d’avril car la neige peut être tardive sur la montagne de Lure.

Les photos de la randonnée

J’élabore donc un circuit inédit : je retrouve trace d’un sentier communal dont je ne connais pas l’état mais qui nous ramènera au hameau des Martins. La seule interrogation se trouve au niveau du chemin qui passe devant la Grange de la Roche.

Avant de poursuivre, geocacheurs, arrêtez-vous à l’entrée du Contadour, près de la chapelle.

Bienvenue au Contadour, YvesProvence

Nous stationnons après l’oratoire, au hameau des Martins, avant le gite de la Tinette devant lequel nous ne pouvons plus stationner. Nous retrouvons Yves Provence qui a publié la randonnée sur le site communautaire d’OVS.

Tout commence par une belle piste ombragée de pins qui sinue bientôt le long des champs de lavandes puis dans le vallon de Font-Brune. Au loin, Claude reconnait déjà la bergerie de Jules, non loin de la piste, au pied d’une petite élévation.

L’histoire : Jules, modeste berger de Haute-Provence, a pour voisine Fine ; lorsque Jules met la lampe à la fenêtre de sa maison et qu’elle l’aperçoit depuis chez elle, elle sait qu’elle peut le rejoindre. Un jour, au détour d’un sentier, il trouve un conteneur d’aviation qui contient près de deux mètres cubes de billets de banque. Ne sachant qu’en faire, il offre aux habitants du village un grand banquet qui attire aussitôt les convoitises et les jalousies de chacun des convives. Plus tard, Jules reçoit la visite de deux policiers qui lui expliquent, en raflant les dernières liasses, que ces faux billets étaient en réalité un piège de l’occupant voulant ruiner à la libération l’économie nationale. Le village retrouve sa quiétude.

Nous nous approchons, nous visitons : dans une plaque de ciment collée sur la pierre du mur de la vieille bergerie Moutte de Tinette, est gravé ‘Crésus’ avec la date du film 1962. Pas de doute possible. De grosses poutres de bois soutiennent la toiture de tôle ; les murs de pierre sèche témoignent de la construction à l’ancienne ; une auge est posée devant le bâtiment ; la citerne est protégée.

Depuis la bergerie de Jules (1296 m d’altitude), il me semble difficile de voir le jas des Agneaux, la soi-disant bergerie de Fine comme l’affirment beaucoup de sites internet touristiques. Située au nord, sous la crête (1366 m d’altitude), à plus d’un km à vol d’oiseau, comment pourrait-elle figurer dans le même plan que celle du héros (photo ci-contre en noir et blanc) ? Je suppose donc que certains se sont basés uniquement sur les dialogues du film ! Sur le terrain, elle se situe à 150 m seulement : c’est la magie du cinéma !

Jules : tu es déjà là ?
Fine : Tu as mis la lampe…
Jules : une minute, un kilomètre ! tu fais du soixante à l’heure, maintenant ?

Enigme soumise à votre sagacité : qui pourrait me dire, à partir de la photo aérienne des lieux de tournage prise par l’IGN le 27/06/1948, ce que pourraient être les faisceaux qui émergent de la bergerie de Fine ?…

Cette ancienne bergerie Martin du Trait (nom figurant sur le cadastre napoléonien) n’a plus que les murs et certaines pièces sont écroulées. Le bâtiment en ruine devant et à angle droit, n’existait pas. L’ouverture béante surmontée d’un linteau de bois devait être l’emplacement de la porte : c’est le seul élément commun aux deux photos. L’intérieur est jonché de câbles noirs. A l’arrière, une dalle bétonnée devait servir à recueillir les eaux de pluie. Au sol, entre les deux jas, un vaste cercle de pierres blanches (est-ce que ce sont bien des pierres, je ne suis pas allée voir de près…) irrégulières m’interroge, comme un cercle magique, mais apparemment je suis la seule à me poser des questions… Rond de sorcière ? Cercle de protection pour les praticiens de la magie ? Matérialisation d’une rave party ?

3-1 Hommage à Jean Giono Crésus, YvesProvence

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Dernière modification le 08 Oct 2017

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Sentier du petit patrimoine rural du Paty

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Après la visite du manoir hanté de la Pré Fantasti (esperit fantasti en provençal), j’enchaîne avec le sentier du petit patrimoine rural du Paty1 ; la voiture reste garée au parking du Lauron.
Jusqu’au début du XXè, les collines étaient cultivées ou réservées aux troupeaux. C’est à la recherche de ces témoignages que nous partons.

L’ensemble des photos

Le début et la fin de la boucle se rejoignent près d’un mur de soutènement en pierre sèche ; au carrefour vers la première variante, je tombe sur un petit ouvrage en pierre sèche qui ressemble aux guérites ayant servi d’abri aux sentinelles en faction le long du mur de la peste ; puis une belle cabane en pierre sèche située près d’un ancien parc à moutons devant laquelle on devine un jardin ; un grand pierrier témoigne sans doute d’une ancienne construction aujourd’hui écroulée.

Le sentier va maintenant monter dans les bois ; je ne repérerai pas la totalité des curiosités annoncées sur le panneau mais n’y pense plus dès que je suis en vue du lac du Paty.
Espérant pouvoir m’approcher du bord, je descends dans une pente un peu raide mais surprise, un grillage ferme l’accès au barrage. Je remonte, doublée bientôt par un chien fougueux qui rejoint son maître. Sur l’autre rive, trois personnes installées pour une partie de pêche. A l’une des extrémités du lac, la fameuse écluse conçue par le père jésuite Morand pour alimenter les quatre moulins de Caromb, le plus haut ouvrage maçonné de France à l’époque (1773), aussi lourd que la tour Eiffel. Les pierres de taille n’en sont que l’habillage : l’intérieur est en terre et tout-venant, construit comme une restanque ; l’eau entrait dans le mur pour s’écouler ensuite à travers le plafond crépiné de la galerie du bas. Le lac de Paty n’est désormais utilisé que pour les loisirs et la pêche.
En 1999, le service municipal du barrage est créé et assure l’entretien régulier de cette construction particulière, encore unique en France.

Les archives municipales précisent qu’en juin 1762, on décide de faire dresser un devis pour établir cette écluse au Paty, qui retiendrait toutes les eaux de source. […] Le vice-légat, pour l’exécution d’un tel ouvrage, accordera son autorisation à la condition que le père Morand, ingénieur expérimenté, soit l’auteur du projet.
En octobre 1762 […] : Le projet du père Morand prévoyait trois vannes mobiles superposées pour la distribution de l’eau en été, et celle du fond, la plus basse, pour effectuer les vidanges et faire évacuer les boues.
En août 1763, on va poser des affiches dans les villes du Comtat pour la mise aux enchères de l’écluse. On nomme un inspecteur des travaux, payé trente sols par jour.
[…] On fait élever un jas sur la montagne du Paty et on fait mettre aux enchères, à concurrence de cinquante livres, la construction d’un four au-devant du jas.
Les travaux durent deux ans (de 1764 à 1766). En juillet 1764, le travail de l’écluse a commencé et il y a aussitôt contestation avec l’entrepreneur sur la solidité des pierres de taille des revêtements intérieurs et extérieurs. […]
En novembre 1766, l’entrepreneur de l’écluse du Paty réclame une augmentation pour agrandir une guérite et réparer des dégâts causés par les eaux. L’écluse du Paty a été mal construite (juin 1767) et l’eau se perd dans les jointures et fentes de la muraille : le retard de sa construction cause un grand préjudice.
La dépense prévue au devis initial était de 36000 livres, elle atteignit alors le double, soit 60000 francs.
En juin 1768, la communauté intente un procès à l’entrepreneur de l’écluse pour malfaçon des travaux. On décide de surélever l’écluse du Paty, le 19 mars 1769.
En janvier 1772, un chaudronnier spécialiste […] place une «palette» ou «soupape» que l’on peut ouvrir ou fermer aisément par serrure. [..;]
En mai 1773, les consuls vont sur les lieux de l’écluse pour surveiller et hâter les travaux de surélévation du massif, pour alimenter les moulins. […]
En septembre 1784, des vandales forcent la serrure ou palette de l’écluse et l’eau se répand au préjudice de la ville. Le mois suivant, on constate un fort envasement de l’écluse, car on a négligé de réserver un puits (“coup perdu”) à la base de l’ouvrage et l’eau a fortement diminué. […] On dépense 1000 livres à cet indispensable ouvrage.
On élèvera une statue à la mémoire du père Morand. Extrait de l’histoire de Caromb par J. Gallian

Autour du Paty 2 : la grimpette, ilagaris

Pratiquement arrivée au sommet de la randonnée, un paysage noir, tristement consumé par le feu, s’étale devant moi ; les branches noircies et dénudées sont telles des bras maigres qui appelleraient au secours, les arbres sont déracinés. L’incendie n’est pas vieux ; en effet, c’est en août 2016 qu’il s’est déclaré. Dans quelques années, une autre formation végétale constituée de chênes kermès, d’arbustes aux feuilles persistantes et ou coriaces viendra remplacer la forêt primitive de chênes verts dégradée par des incendies.

Le panache de fumée est visible depuis tout le Comtat venaissin. Sept aéronefs (Canadair, Tracker et Dash) sont à pied d’oeuvre dans les airs pour aider le travail des pompiers au sol, déployés en grand nombre et venus de tout le département. Près de 10 hectares sont déjà partis en fumée. La Provence, 27/08/2016

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Dernière modification le 09 Oct 2017

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La maison hantée de la Pré Fantasti

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Quel randonneur curieux n’aurait pas envie de se rendre jusqu’au manoir de la Pré Fantasti1 réputé pour être une maison hantée ? en déplacement dans le Vaucluse pour la préparation de l’Aperocache Provence 10 ans (3 et 4 juin 2017, rencontre organisée par l’association des Geocacheurs de Provence et de Partout), j’en ai profité pour faire cette courte balade que j’ai complétée ultérieurement par un circuit vers le lac du Paty, constituant ainsi une vraie randonnée autour du patrimoine.

Je stationne sur le parking du lac du Paty, déserté sans doute à cause du mistral. Le sentier est balisé. Je passe d’abord à la figuerie où était plantée la figue longue noire [violet foncé] de Caromb : deux récoltes par an, la seconde donnant des fruits plus petits. Comme pour la truffe, la figue a sa confrérie  : la confrérie de la figue longue noire de Caromb créée en 2008 : c’est cette association qui entretient la figuerie du Paty, verger conservatoire pédagogique avec 35 variétés de figues différentes.

Un cairn puis les traces d’une ancienne carrière, empreinte économique du XIXe ; c’est un calcaire coquillier de bonne qualité, de couleur blanche ou jaune, assez imperméable : sans doute cela explique-t-il qu’il ait servi à la construction et la réparation de quelques fontaines de Pernes [fontaine du Cormoran par exemple], du couvent des dominicains à Carpentras. Le front rocheux donne l’impression d’étages de pierre.

Au loin le haut manoir hanté surgit, annoncé par quelques pierres posées au sol, gravées ou sculptées en relief (« NI » comme Barberini ?, « AU », « P »). Construite entre les XIVè et XVè par le maître-carrier du lieu, elle est habitée ensuite par les frères Barberini, d’une famille noble originaire de Florence. Ses fenêtres à meneaux se détachent bien sur les murs dorés ; un jardin en terrasse fait face au porche en encorbellement soutenu par un pilastre monolithe. A l’intérieur, on devine l’escalier à vis qui menait à la chapelle privée à l’étage.

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Dernière modification le 25 Mai 2017

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Les chemins de la pierre sèche de la Roque sur Pernes à Saint-Gens

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Saint-Gens, j’y suis déjà allée au départ du Beaucet, circuit décrit dans la note ***Le Beaucet, Venasque, sur les chemins de la pierre sèche et dans le livre 25 balades sur les chemins de la pierre sèche, Florence Dominiquele bec en l’air, 2009. Une partie du parcours à Barbarenque et Saint-Gens est commune aux deux randonnées.

Mes photos

Aujourd’hui, ce sera un PR au départ du village haut perché de la Roque sur Pernes, balisé jaune sur la presque totalité. Majo et moi montons par la rue du Barri, une calade avec pavement central qui mène au château dont on ne connaît pas le premier propriétaire. Daté du XIe, annexé aux états pontificaux au XIIIè, il est reconstruit au XVIè, racheté par la famille de Centenier en 1741, finalement vendu aux habitants au XXè. Le clocher de l’église saint-Pierre saint-Paul joue à cache-cache avec nous. Nous sortons du village par le nord, quittons bientôt la route de Saumane pour un agréable chemin communal dallé de façon naturelle le chemin Jean de Rebous.

Le nom de la Roque apparut pour la première fois dans les écrits en 1113 ; lorsqu’en 1274 tout le Comtat fut cédé à la papauté, le territoire de la Roque fut inféodé à divers seigneurs, la plupart italiens : Spifame, (Boniface II) de Peruzzi, originaire de Florence, des Séguinsde Serres, des Galléan de Gadagne, des Centenier en 1741, issus d’une famille palatine, des Blanc-de-Brantes en 1772.

La commune a adopté les armoiries des Seguins ; Sébastien de Seguin qui surnomme La Roque sur Pernes, la Roque des Seguins, est un comte Palatin (1574), vice-recteur du Comtat (1590), qui reçoit du Pape la terre de La Roque pour laquelle il rend hommage devant François de Castellane, Charles de Pernes et François de Lopes, Seigneur de Montmirail, le 16/3/1576. Contesté pour cette donation, il est enfin pourvu de cet Office après la mort de Raimond Meillores, en 1590. D’après des Seguins, Jean Gallian

La légende raconte qu’une Dame Seguin, pour venger l’assassinat de son époux, attendit que ses 7 enfants soient devenus grands, les poussa à tuer toute la famille des assassins, puis se réfugia en Provence. Cette dame est représentée par la huppe et les 7 étoiles sont ses 7 enfants. Rapporté par Jean Gallian

Le chemin de la Roque à Saint-Gens passe sous les rochers de Fraischamps, appelés autrefois Barrièro. Le petit vallon de Frais Champ, circule au pied d’une colline dont les pentes raides sont abondamment couvertes de banquettes de pierres ou murs de soutènement encore en bon état, traces d’une lutte constante contre la pente. Nous sommes émerveillés par le travail laborieux que cela a dû représenter. Probablement dûs aux travaux de défrichement du XIXè bien avant que ne s’installent les banatais.
« Une main d’oeuvre inégalable, au service d’une volonté de fer » écrit Edouard Delebecque, ancien maire de la Roque sur Pernes, qui réussit à les [les banatais] faire venir dans son village menacé de désertification. Entre 1950 et 1999, 420000 déplacés ont quitté la Roumanie dont une communauté de lorrains partis coloniser le Banat au XVIIIè et rapatriés dans les années 1950 à la Roque sur Pernes.
Leur histoire est résumée par le collègue Alphonse Silve à Monteux.

Au XVIIIè siècle, des Alsaciens Lorrains partirent coloniser les terres fertiles du Banat empêchant ainsi les Turcs de prendre le contrôle de cette région. Au congrès de Versailles, le Banat fut divisé entre la Roumanie, la Hongrie et la Serbie. En 1939 la guerre éclata et le Banat fut envahi par les allemands. Les Alsaciens Lorrains, qui parlaient un dialecte germanique, furent considérés comme allemands et enrôlés dans la Wermacht (armée de terre allemande). A la fin de la guerre, les russes envahirent le Banat. Tito devint président de la Yougoslavie en tant que dictateur communiste et enferma les Alsaciens Lorrains, qu’il croyait allemands dans des camps d’extermination en Autriche […] Il y eut dès lors beaucoup d’exodes aux Etats-Unis mais aussi en France […]. Un groupe de Banatais reconstruisit le village en ruine de la Roque sur Pernes […]

Visibles mais peu nombreux… Les circulations migratoires roumaines, Coll., Les Editions de la Maison des Sciences de l’Homme, 2003

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Dernière modification le 03 Mar 2017

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