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Les fermes de l’Arbois


Randonnée des Fermes et bergeries de l’Arbois déjà parcourue en 2018 ; aujourd’hui Yves Provence, fidèle guide et compagnon de route, m’emmène pour une initiative environnementale (C.I.T.O. : Cache In Trash Out) visant à enlever les boîtes des caches désactivées du geocacheur rabatau ; le début du circuit est inspiré de la Randonnée sauvage sur le plateau de l’Arbois-2 organisée par le bureau des guides GR2013.

La météo ce jour à cet endroit :
Avec le vent et la température ressentie

Sur les traces de l’artiste marcheur, nous passons sous la ligne TGV grâce à un tunnel en béton qui permet l’écoulement des eaux. Après une petite échelle verticale pour descendre, puis deux autres en montée, nous quittons les murs chargés de graffitis pour retrouver le lit du ruisseau de Vautubière, humide et glissant, qui se jette dans le Grand Torrent. A éviter un jour de pluie.

A partir du pont portant le canal construit en remblai, les curieux trouveront sûrement le moyen de rejoindre les berges du canal une dizaine de mètres plus haut. En se positionnant à ras du sol, à l’entrée du premier tunnel du canal et en regardant vers le nord-est, on peut découvrir une succession de trois tunnels creusés dans la roche, parfaitement alignés et comme imbriqués l’un dans l’autre : Sautadou (n°3 sur la carte), Siméon (le plus petit, 23m50, n°2 sur la carte) et Valloubier (n°1 sur la carte) ; on aperçoit alors la lumière qui pointe à l’autre extrémité ; les indications ont été laissées par l’ingénieur en 1854, page 104 du livre Promenade sur les bords du canal de Marseille, E. de Saintferréol (agent-voyer du Gard), impr. de Ballivet (Nîmes), 1854.

Un long mur percé d’ouvertures délimite le bassin de délimonage de Valubière : nous marchons dedans, c’est sans doute pour cela que la végétation ne ressemble pas à celle que nous côtoyons habituellement. Au bout de celui-ci, à peu au niveau du pont, le souterrain qui le relie au bassin de la GarenneAndré s’est rendu en suivant le bord du canal à partir du pont TGV, mais ce sera une autre balade.
Valoubier/Garenne sur le site consacré au canal de Marseille

Ces réservoirs [Garenne et Valubière] sont mis en communication au moyen d’un souterrain[…]. Les eaux que le canal envoie dans le premier bassin, celui de Valoubier, remontent d’abord pour pénétrer dans le souterrain […] et, de là, dans le bassin de la Garenne et rentrent dans le canal après avoir parcouru ce dernier bassin dans toute sa longueur […].
On peut vider et nettoyer chacun de ces deux bassins au moyen de robinets vannes de 0 m 60 cm de diamètre, que l’on ouvre à de fréquents intervalles, pour ne pas les laisser encombrer de limon. Promenade sur les bords du canal de Marseille, E. de Saintferréol (agent-voyer du Gard), impr. de Ballivet (Nîmes), 1854

Nous remontons le vallon, parfois coupé de restanques1, jusqu’à la ferme de la Vautubière située sous une ligne à haute tension ; fermées par un portail, les ruines sont cependant accessibles à pied ; l’escalier qui descend jusqu’à la source est envahie par la végétation, nous n’irons pas jusqu’à elle.
L’exploitation est entourée de champs entretenus par les chasseurs pour nourrir le gibier ou l’abreuver. Trois sociétés de chasse se partagent le plateau. Randonnée sauvage sur le plateau de l’Arbois-2, le bureau des guides GR2013

Après avoir admiré le pont de pierre, nous montons sur le plateau par le classique sentier du badaïre pour redescendre vers le hameau de Mion, situé dans un vallon verdoyant.

Le parking des chasseurs est bien identifié ; la source ne coule plus, le bassin est vide ; des vestiges d’aqueduc sont mis à nu : un ruisseau aurait-il été canalisé pour alimenter le hameau en eau ?

La ferme de Mion, en ruines, se dégrade de plus en plus ; réputée pour sa chasse, elle a été mise en vente en 1898. Le grillage éventré tente les curieux que nous sommes : nous repérons le four à pain, les écuries, la cuisine autrefois peinte en bleu ; comme pour la Bastide Neuve non loin de là, les américains du Calas Staging Area installés fin 1944 sur le plateau (lire : Une ville américaine dans l’Arbois), y ont laissé quelques graffitis que je n’ai pas retrouvés, mais qu’Emmanuel (un grand merci à lui) a photographiés dont l’un daté du 26/08/1945, signé de Miller, Pennsylvania.

Derrière la maison de maître à deux étages, les larges restanques1 au sens premier du terme, barrent le vallon de Mion. En face, deux bergeries côte à côte (1000 moutons au début du XXe) de l’époque des grands troupeaux pâturant dans l’Arbois.

En 1861, le sieur Callier, métayer de Mion, constatant quelques dégâts sur son troupeau, trouva le repaire d’un loup ; son chien tua plusieurs louveteaux ; il en ramena un à la sous-préfecture pour toucher la prime de 6fr par louveteau. Un franc de 1860 équivaut à 2€ euros de 2006 et 4.68€ de 2020 : il  toucha donc l’équivalent d’un pouvoir d’achat de 28 € de 2020. De nos jours, l’indemnisation dépend si le préjudice est direct (victime directe du loup, avec valorisation de la prime pour le bio ou circuit court, 200€) ou indirect (avortement, perte de lactation dû au stress, 140€). Le Constitutionnel, 18 juin 1861

Le retour dans le vallon est fort agréable été comme hiver. Aux abords du château de la Tour d’Arbois, nous longeons la ligne TGV en contre-bas avec obligation de remonter par une pente raide jusqu’à la piste et les antennes.
Au loin l’immense parking et sa route en tortillons : nous nous demandons pourquoi il a été conçu si grand et généralement peu fréquenté…

Image de l’itinéraire 10km900, 5h dont 1h pause, 106m dénivelée (+292, -292)

1restanque : désigne au sens premier du terme, un mur de retenue en pierres sèches, parementé sur les deux côtés, barrant le lit d’un torrent intermittent

©copyright randomania.fr

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