Pichauris, puits d’Arroumi, château de Ners

Publié le Catégories ----- * GR 2013, ----- * Marseille et environs 13, 13 Bouches-du-Rhône, Rando sportiveMots-clés , , , , , , , Laisser un commentaire sur Pichauris, puits d’Arroumi, château de Ners
 

Pichauris1, ancien hameau rural rattaché à Allauch est devenu domaine départemental : c’est ma première visite ; j’emmène Claude et Majo.

Ce Parc Départemental a été acquis en 2006. Situé au coeur des Massifs de l’Etoile et du Garlaban, ses 1 368 hectares parcourent le paysage si cher à Pagnol.
Ce Parc présente un double visage, d’un côté marqué par les conséquences de l’incendie de 1997 sur l’Etoile, de l’autre riche d’une garrigue à chênes kermès, à thym et à romarin. Site du Conseil départemental, domaine de Pichauris

L’album photos Pichauris

Nous sommes arrivés tôt et heureusement car à notre retour, les automobilistes se battent pour une place. Avec son environnement sec et caillouteux, des collines et du dénivelé, des pistes mais aussi plein de sentiers alternatifs, cette randonnée n’est pas si facile.

C’est à l’auberge de Pichauris que Joseph, le père de Marcel Pagnol, rêvait de vendre la moitié des grives qu’il avait chassées (Relire Le château de ma mère) ; dans presque chaque livre de Pagnol, on parle de Pichauris et de la chasse dans ses bois ! Yves Robert y a tourné la majeure partie des scènes de La gloire de mon père et le château de ma mère. Sur le cadastre napoléonien, les postes de chasse y figurent clairement ainsi que les fours à chaux, richesse naturelle du domaine.

Le Marquis Pierre d’ALBERTAS, inféodé aux Evêques de Marseille, qui prit définitivement possession des lieux en 1357, et ce pratiquement jusqu’au début du XXè siècle […]. Pendant 2 ans (1791-1793), Pichauris fut rattaché à Peypin car les habitants fréquentaient plus facilement son église. C’est à la suite d’une pétition des habitants que le Domaine retourna dans le giron d’Allauch. Il est a noté que le Four à Chaux et la Plâtrière fonctionnèrent jusqu’en 1930. Selon le bulletin municipal 98 d’Allauch, 2007

Le pays de Pagnol n’est pas aussi sec qu’on le pense puisque nous croisons rapidement le puits de Baptiste Long et le lavoir de la ferme de Pichauris. Triton vert a répertorié 28 sources ou puits dans le massif du Garlaban et ses environs.

Le village de Pichauris se trouve sur la gauche, avec ses trois anciennes bergeries et sa plâtrière au bout du chemin de Regage. C’est dans une de ces maisons abandonnées que fut tournée la scène du film de Pagnol sur la bastide des vacances de Marcel. La vraie Bastide Neuve se trouve à la Treille.

Après un petit bout du GR 2013, nous quittons la grande piste pour un sentier qui sinue dans la garrigue jusqu’à la table d’orientation où un VTTiste, en un saut bien rapide, réussit à identifier Sainte-Victoire, l’Olympe et son curieux bec, les antennes du mont Marseillais à 3 km à vol d’oiseau et la plaine de Pichauris.

Cette partie que je vous décris maintenant, peut être évitée pour une randonnée plus courte et plus facile en famille. Au lieu-dit les Grands Chênes, il y avait au début du XIXe l’Entrepôt de bois de Baragne2 (parcelle 97, Pichauris C2, 1824) au croisement du chemin de la Bourdonnière à Pichauris et du chemin des Grands Ubacs ; non loin de là, un four à chaux était bâti près du chemin et adossé à la pente : le four devant être alimenté en permanence pendant la cuisson, il fallait donc que le bois soit disponible et proche, d’où la construction de cet entrepôt qui devait être de dimensions importantes puisque le propriétaire (Barthélémy Jeanne-Rose épouse Camoins en 1824) était imposé sur sa surface, et le volume de baragne devait permettre de cuire au minimum une à deux fournées de calcaire ;  pour calciner 1 m3 de chaux dans un four de 60 à 75 m3, il faut pour un feu de 100 à 150 heures - près de 2 m3 de bois de corde, ou 22 m3 de fagots, ou 30 m3 de fascines de genêt ou de bruyèreFours à chaux dans le Var . La chaux vive était probablement éteinte par de l’eau venant par une canalisation depuis la source proche mentionnée sur la carte. Lire aussi Fours à chaux du vallon de la Panousse.
Merci à UnDeBaumugnes pour son aide sur ce sujet.

Nous prenons la large piste sous les rochers des Grands Ubacs ; le terrain est plutôt agréable et facile mais quelle montée sur 2 km700 pour passer de l’altitude 422 à 631 avec la chaleur qu’il fait en cette fin d’avril ! aussi quand le puits d’Arroumi3 est en vue, je sais que c’est là qu’aura lieu le pique-nique ; la pompe a été bloquée, sans doute réservée à l’usage des bergers ; un cycliste essaie de récupérer un fond d’eau pas très propre qu’il traitera ; un autre groupe de randonneurs s’installe également à côté de nous. C’est LE lieu de rendez-vous incontournable mais sans eau : amenez la vôtre.

Continuer la lecture de Pichauris, puits d’Arroumi, château de Ners

©copyright randomania.fr

Circuit Pagnol au départ de la Treille

Publié le Catégories ----- * Marseille et environs 13, 13 Bouches-du-Rhône, Rando à thème, Rando sportiveMots-clés , , , , Un commentaire sur Circuit Pagnol au départ de la Treille
 

Ce circuit Pagnol est organisé par l’Amicale des personnels du rectorat. Un peu inquiète de la difficulté, je demande à notre président, Franck, de m’envoyer le tracé que je prépare fidèlement à l’aide de mes outils cartographiques : 14 km avec un cumul de dénivelées de 774 m, sur des sentiers parfois escarpés ou caillouteux, difficulté 3/5 selon la nouvelle cotation de la FFRP (pour personnes ayant de l’entrainement physique moyen) ; je prévois une alternative plus courte. Sur une suggestion de Majo, les Aixois de la communauté d’OVS, plus tout jeunes, décident de se mettre en route plus tôt et d’attendre le reste du groupe à la grotte du Grosibou. Evidemment ça ne se passera pas ainsi…

L’album photos complet

Trouver l’ancien village de La Treille, coincé entre Allauch, Aubagne et Marseille (11e), à l’aide de deux GPS qui indiquent parfois des directions opposées, ne sera pas facile. Et nous n’avons pas de carte routière papier ! la technologie n’est donc pas toujours la meilleure solution…

Origine de La Treille : viendrait du nom d’une famille de Ligurie qui s’y installe avec ses deux enfants Claude et Jean Paul au XVIe. Jean Paul est toujours dans les textes affublé de son surnom : Jean Paul dit la Treille ! selon François Barby, revue Marseille

Quand nous arrivons, tout le monde est déjà là : c’est raté pour prendre de l’avance ! C’est dans ce village que se trouve la maison de vacances de la famille Pagnol.

– Vous n’allez pas me dire que vous allez à La Treille ?
– Nous traversons le village, dit mon père, mais nous allons encore plus loin.
– Mais après La Treille il n’y a plus rien !
– Si, dit mon père, il y a Les Bellons. Marcel Pagnol

Nous commençons par le cimetière de la Treille où est enterré Marcel Pagnol, sa fille Estelle et sa mère Augustine morte un 16 juin (1910) comme aujourd’hui ; la tombe se trouve face à l’entrée avec une épitaphe de Virgile : Fontes, amicos, uxorem, dilexit ; dans une autre sépulture Pagnol, sont enterrés son père et la seconde femme de celui-ci Madeleine ; Maurice, le petit Paul, Germaine, René (et sa femme Martine), ses frères et sœur nés du premier mariage de son père avec Augustine ; depuis 2016, sa nièce Andrée, fille de sa sœur Germaine. C’est là dans ce cimetière que sont enterrés également son ami Lili des Bellons (Baptistin David Magnan de son vrai nom), mort pour la France à 21 ans et le maçon Marius Brouquier.

La montée démarre aussitôt, passant devant l’église et la fontaine de Manon, la villa la Pascaline, louée par Pagnol dans laquelle il a écrit les premières pages de ses souvenirs d’enfance.

Ce devait être en janvier 56. Mon frère […] avait […] décidé d’aller, avec sa femme, s’installer pour quelques semaines à La Treille, dans […] la villa rebaptisée aujourd’hui La Pascaline, qu’il avait gardée en location depuis le tournage de Manon des sources. La nuit tombait vite, nous rentrions tôt. Marcel passait une partie de ces longues soirées à écrire. Germaine Gombert

Insensiblement, nous passons dans la commune d’Allauch ; dans la traversée des Bellons, je reconnais la fontaine devant la Bastide neuve où la famille Pagnol passait ses vacances au grand air, pour le bien d’Augustine, la mère de Marcel Pagnol, de santé fragile. S’ouvre alors un paysage de collines typique des films de Pagnol.
Les lieux de tournage des films d’Yves Robert ne sont pas toujours les lieux vécus par Marcel dans son enfance : par exemple, dans le film, la Bastide Neuve est aux Plâtrières à Pichauris.

La maison s’appelait La Bastide Neuve mais elle était Neuve depuis bien longtemps. Pagnol

Sous la Grande Tête Rouge, rouge de la bauxite, un grand abri sous roche sous les deux citernes DFCI. Au croisement marqué Escaoupre1 nous obliquons dans le lit d’un ruisseau à sec, sur de grandes dalles plates parfois creusées de marmites remplies d’eau, parfois circulant dans un étroit passage envahi par la végétation, signe qu’il y a encore de l’eau.

Après un petit arrêt photos – en haut de g. à d. : Marianne, Nathalie, Franck. En bas Maurice, Sylviane, Cédric, Marie-F., Sandrine, Majo, Claude – par un pas un peu haut dans la paroi rocheuse, nous rejoignons le sentier et poursuivons jusqu’au barrage non loin de la source du Chien ; Jean-Luc a pu y voir la cascade en furie. Au loin, Franck nous montre un petit abri sans toit où dans le film, Marcel trouve refuge le jour où…

Soudain, une ombre passa sur le taillis. Je levai la tête, et je vis le condor. […] Je pensai qu’il était venu par curiosité pure […]. Mais je le vis prendre un large virage en passant derrière moi et revenir sur ma droite : je constatai alors avec terreur qu’il décrivait un cercle dontj’étais le centre, et que ce cercle descendait peu à peu vers moi ! Je cherchai des yeux […] un refuge  : ô bonheur ! À vingt mètres sur ma droite, une ogive s’ouvrait dans la paroi rocheuse […] Je marchais tout droit devant moi, à travers les cades et les romarins, les mollets déchirés par les petits kermès […]. L’abri n’était plus qu’à dix pas : hélas, trop tard ! Le meurtrier venait de s’immobiliser […] Soudain, il plongea, à la vitesse d’une pierre qui tombe. Fou de peur, et mes yeux cachés derrière mon bras, je me lançai à plat ventre sous un gros cade, avec un hurlement de désespoir. Au même instant retentit un bruit terrible […] : une compagnie de perdrix s’envolait, épouvantée, à dix mètres devant moi, et je vis remonter l’oiseau de proie : d’un vol ample et puissant, il emportait dans ses serres une perdrix tressaillante […] Pagnol, la gloire de mon père

Au virage vers l’est, commence la plus rude épreuve de notre parcours : 131 m de dénivelée sur une distance horizontale de 401 m, soit une pente de 33%, piste classée de difficulté rouge, voire noire si l’on tient compte de la nature du terrain. Le groupe s’étire ; Franck organise plusieurs pauses à l’ombre. Je m’accroche parfois aux branches, souffle et sue à grosses gouttes, encourage Majo qui maintient l’intensité de l’effort bien qu’elle soit au bord du malaise.

Finalement tout le monde se retrouve au Pas du Loup : crâne, visage, bras ou mollets sont rougis par le soleil qui chauffe à plus de 25° et pas de vent ; pendant la longue pause, je cherche la gravure de berger la plus proche que j’ai repérée il y a deux ans avec Michel ; après 10 mn de recherche, c’est Franck qui l’aperçoit ; quelques gouttes d’eau versées sur le dessin et voilà la gravure qui apparaît en relief comme par magie ; nous n’en retrouverons aucune autre. Pourtant, sur ces dalles plates exposées au soleil, se cachent rosaces, fleurs, et un long serpent. Pour voir toutes les gravures de bergers, lire l’article Sur les traces des derniers bergers du Garlaban. Le petit Paul, frère de Pagnol, dernier chevrier d’Allauch, y aurait gravé un de ces dessins.
Au sud du Pas du Loup, vers les barres de la Garette, eut lieu la scène des Bartavelles de la Gloire de mon père.

Continuer la lecture de Circuit Pagnol au départ de la Treille

©copyright randomania.fr

** De Barjols sur le thème de l’eau, à Pontevès

Publié le Catégories ----- * Provence Verte 83, 83 Var, Geocaching et jeux, Rando à thème, Rando familialeMots-clés , , , , , Laisser un commentaire sur ** De Barjols sur le thème de l’eau, à Pontevès
 

Deux visites ont été nécessaires pour finalement écrire deux articles au lieu d’un sur Barjols (de bar jolium = beau rocher), la Tivoli1 de la Provence ; la première fois c’était avec un groupe autour d’Yves Provence et la communauté OVS, sur les thèmes de la ligne ferroviaire  Central Var et des fontaines. La seconde c’était avec un provençal érudit et curieux pour la découverte du vallon des Carmes, sur un circuit un peu différent (-> article à venir)
La ressemblance entre Barjols et Tivoli, la ville italienne, ne me parait pas évidente, portant sur l’abondance de l’eau et des fontaines ainsi que sur la présence de travertin2.

La ville s’est développée sur plusieurs balcons de travertins étagés. Ils ont été édifiés par les eaux incrustantes du ruisseau des Laus (ou des Écrevisses) et celles du Fauvery (le ruisseau de Pontevès) provenant principalement de l’exsurgence karstique du Pavillon (J. NICOD, 1967). Ces ruisseaux ont joué un grand rôle dans le développement de Barjols : les eaux du Béal faisaient tourner plusieurs moulins et le Fauvery se précipite à partir de cascatelles sous la Chapelle des Carmes en une magnifique cascade où l’encroûtement est encore actif. […] Jean Nicod, Barrages de tufs calcaires et cascades dans le Centre-Var : rapport avec les eaux des sources karstiques, historique et déclin actuel, Physio-Géo [En ligne], Volume 4 | 2010, mis en ligne le 09 mars 2010, URL : http://journals.openedition.org/physio-geo/1100 ; DOI : 10.4000/physio-geo.1100

Photos de Yves Provence, Photos de Catherine Tataka en 2014, Photos de Julie, Photos de Daniel

Le parking de la place le long de l’allée Anatole France est grand ; tandis que certains se préparent j’ai le temps d’aller jusqu’au monument de la résistance de 1851 et la fontaine du Bœuf au bassin hexagonal. Depuis fort longtemps, un bœuf s’y désaltère une dernière fois avant d’être rôti : c’est la fête des Tripettes. Le texte ci-dessous a été extrait presque uniquement de l’excellent site de randonnée de JP randonnée Var qui a indiqué ses sources. Les variantes de cette légende sont nombreuses, j’ai dû en choisir une !

Saint-Marcel est né en Avignon au début du Vè siècle. Il fut nommé évêque de Die dans la Drôme en 463. A près de 80 ans, […] se sentant fatigué, [il] s’arrêta au monastère de St Maurice, près de Montmeyan, il y mourut et fut enterré. En 1349, cette abbaye tombant en ruine, St Marcel apparut en songe au seul gardien qui restait et lui demanda de faire transporter son corps dans un endroit plus digne de lui. Barjols et Aups […] revendiquèrent aussitôt les saintes reliques.
Les Tavernais, […] conseillèrent aux Barjolais de s’emparer des reliques sans attendre de savoir qui était le plus près du monastère […].
Le 17 janvier 1350, les Barjolais […] s’emparèrent du corps de Saint Marcel. Le groupe ramenant les reliques rencontra des femmes en train de laver les tripes du bœuf que l’on avait abattu en commémoration de celui qui, un jour, fut trouvé dans l’enceinte de Barjols, alors assiégé, et qui sauva les habitants de la famine. Un cortège se forma, […] et en rentrant dans l’église, […] les Barjolais, ivres de joie, entonnèrent pour la première fois leur refrain entraînant : SANT MACEU SANT MACEU LEIS TRIPETOS VENDRAN LEU.
Depuis ce temps là, chaque année, suivant un rite immuable, se célèbrent les Offices Religieux suivis de la danse des Tripettes […] on lui [le bœuf] met de belles cocardes et on le promène dans le village où il s’abreuve à la Fontaine du Boeuf. […] il est rôti le lendemain sur la place de la Rouguière à l’aide d’un monumental tournebroche. D’après le site de la commune de Barjols
A deux reprises, les reliques ont été volées puis récupérées ; cependant au moment des guerres de religion les reliques tombent entre les mains des huguenots.
[…] une vieille femme vint fort à propos conter qu’elle avait sauvé du feu un doigt de saint Marcel et un morceau de son intestin, une « tripette ». Ces restes précieux furent placés dans un nouveau reliquaire et comme par le passé l’on continua de célébrer la fête traditionnelle.
Un siècle plus tard, le Pape Pie IV [ndlr : XVIe], pour consoler Barjols du tort que lui avaient causé les huguenots, accorda une indulgence plénière à tous ceux qui […] feraient une prière à l’intention du Souverain Pontife. Mais ce pardon ne détourna jamais les Barjolais de faire, le 17 janvier, des processions, des chants, des danses et de tuer le bœuf. Au dix-huitième siècle, Mgr Martin de Bol [ndlr : Dubellay ?], évêque de Fréjus tenta de  supprimer ces réjouissances ; elles reprirent après sa mort. D’après le Bulletin de la Société d’études scientifiques et archéologiques de la ville de Draguignan, Société d’études scientifiques et archéologiques de Draguignan et du Var, Imprimerie de P. Gimbert, Draguignan, 1870
Journal des débats politiques et littéraires, 24 janvier 1913, A. Hallays

La fête de Saint-Marcel restera donc un mélange de fête païenne et de fête chrétienne…
Barjols et le culte de Saint-Marcel, Paul Vaillant, Lorisse 2004

Au sol, de temps en temps, vous remarquerez des pavés marqués des initiales BB comme sur le blason du village créé en 1246 par Raymond Béranger IV : c’est Robert, comte de Provence qui les ajoute en 1322 ; elles signifient ‘Baillage de Barjols’.

Leur importance [baillages et sénéchaussées] est primordiale pendant le XIIIe siècle, où baillis et sénéchaux sont dotés de pouvoirs étendus : armée, justice, administration, perception de l’impôt. Au XIVe siècle s’amorce le déclin : bailliages et sénéchaussées deviennent essentiellement des circonscriptions judiciaires dotées d’un tribunal […] habilité à juger les procès où des nobles sont impliqués. D’après l’Encyclopédie Universalis

A l’entrée du chemin de Saint-Martin on retrouve l’Eau Salée, un ruisseau affluent de l’Argens, que nous avions longé en arrivant. Pourquoi l’Eau Salée ? parce qu’elle est riche en sels minéraux !

Extrait de wikhydro : le bassin versant de l’Argens est marqué par trois particularités géologiques : l’abondance des massifs calcaires fissurés […] ; l’influence du gypse, roche très soluble qui entraîne une forte minéralisation de l’eau. L’Eau Salée, la rivière qui descend de Barjols et rejoint l’Argens à Châteauvert, lui doit son nom ; les travertins […]

Nous commençons par le tunnel de Barjols, en bon état, sur la ligne Central Var longue de deux cent onze kilomètres. Nous y entrons avec une lampe pour trouver la cache. C’était une des trois lignes du réseau Sud-France, repris en 1925 par la société des Chemins de fer de Provence et  fermée au début de l’année 1950. Du temps de la traction à vapeur, un seul train quotidien faisait le trajet complet de Meyrargues à Nice et le trajet durait un peu plus de onze heures.

Train des Pignes Central Var : tunnel de Barjols, Kidoulo

Inaugurée le 28 août 1888, la gare de Barjols est typique des gares de la fin du XIXe. Les installations sont importantes : halle séparée, trois voies reliées par plaque tournante, dépôt pour quatre machines, remise à voitures. En 1930, le débord a été allongé pour permettre le trafic de bauxite. Entre 1942 et 1943, l’ancienne remise à voiture est transformée en logements. Derrière le hangar, on aperçoit le sommet du château d’eau qui alimentait en eau la  locomotive à vapeur.

Train des Pignes Central Var : gare de Barjols, Kidoulo

Pendant presque un kilomètre, nous allons longer la route, passer devant une ancienne borne-fontaine à volant en fonte gravée du nom des Ets Bayard et devant un ancien pressoir à vin ; après deux grands rond-points, nous obliquons sur le chemin de Régusse à droite. Une maxime encadre les volets bleus d’une maison ; l’oratoire de Saint-Expédit sous-titré « Spiritus Ubi vult spirat » [ndlr traduction : l’esprit souffle où il veut] nous interroge car peu de personnes en ont entendu parler. Commandant romain d’Arménie, il s’est converti au christianisme et fut décapité pour cette raison par l’empereur Dioclétien en l’an 303 de l’ère chrétienne. L’historien d’art Louis Réau rapporte que le pape Pie X l’avait rayé, en 1906, de la liste des martyrs. Saint Expédit est vénéré dans certains pays d’Amérique du Sud, dont l’Argentine et le Chili. Il a sa statue dans l’église de Saint-Cannat et celle des Grands-Carmes de Marseille.

Nous retrouverons la route D560, sans pouvoir traverser le ruisseau. Encore un peu de macadam jusqu’au château de Pontevès ; à l’oratoire, nous grimpons jusqu’à la porte dans le rempart pour atteindre l’esplanade en passant devant une tour transformée en pigeonnier.
De là, nous reconnaissons la montagne enneigée et son plateau festonné ; mais comment s’appelle-t-elle donc ? le Mourre de Chanier (1930 m) et à gauche de la faille le Chiran. A nos pieds, de vastes champs et un pigeonnier isolé au milieu d’eux.

1233 : premiers aménagements avec des bâtiments en forme de U. Les quatre tours du château ne sont pas toutes en bon état, pas toutes de la même époque ; il reste quelques bouts de murs médiévaux, notamment au nord sous lesquels se trouve la cache. Avec la construction d’un jeu de paume, d’une salle de billard, le château prend une fonction d’agrément. Quand Pierre Maurel rachète le château à François de Pontevès, il réutilise les matériaux pour construire un bâtiment de 50 pièces sur 3 étages. Vices de constructions, difficultés de succession et la Révolution ont eu raison de ce vieux château que l’association Alpes de Lumière a mis en valeur grâce à un chantier de jeunes. D’après les panneaux sur place

LE CHATEAU DE PONTEVES, PAPOUNET83

Chateau de Pontevès photo à  360°, Yves Provence

Nous traversons la cour et sortons par une autre porte puis une belle calade. Près du lavoir couvert nous trouvons une table pour le pique-nique ; tandis que je sers l’apéritif, un blanc moelleux pas trop sucré, Majo n’arrête pas de trifouiller dans son sac sans trouver ce qu’elle cherche. À ma grande surprise, elle finit par extirper un bloc de foie gras portant une bougie ; un chaleureux et tonitruant Bon anniversaire ! accompagne la remise des cadeaux : une thermos pour le café chaud, une clé USB qui diffuse un léger nuage parfumé quand je travaille sur mon micro. Un moment organisé par Majo et qui m’a fait oublier que j’avais un an de plus.

Nous repartons vers la Croix du Castellas qui, comme celle de Sainte-Victoire, remplace une première croix en bois installée dans les années 1768-1790 ; celle d’aujourd’hui date de 1964 et remplace une croix en fer de  1915. On fit appel à un artificier pour creuser dans la roche un trou d’une profondeur supérieure à 1 m ; la Croix fut assemblée sur place. A l’intérieur du socle en ciment, un manuscrit enfermé dans un tube en verre indique la date et le nom des constructeurs. Selon L’histoire de la croix du Castellas, Eugène Tanniou
A cet endroit, le 19 août 1944, la résistance barjolaise et le 179e régiment d’infanterie américain (45e division de la 7e armée) libèrent le village de Barjols.
La croix du Castellas, désormais doublée d’une antenne de téléphonie, offre un point de vue étendu sur Barjols ; je ne sais s’il y a eu un château mais ce fut sans doute un habitat perché et isolé comme l’indique la racine castra. Le décor de la table d’orientation en céramique et son support en maçonnerie sont signés de noms italiens : Nironi, Vilanova, Delpiano, Lorenzi, Pigliapochi. Ils sont sans doute issus de familles d’émigrés italiens bien intégrés, et très nombreux au début du XXe : en 1915, 115 italiens sur 150 ouvriers, travaillaient aux tanneries de Barjols. Des temps de paix aux temps de guerre : les parcours des travailleurs étrangers de l’Est et du Sud-Est de la France (1871-1918)Stéphane Kronenberger, thèse de doctorat, 20 mars 2014 Université de Nice Sophia-Antipolis

LA CROIX DU CASTELLAS, PAPOUNET83

Nous quittons la route pour un sentier étroit, humide, en descente avec quelques passages où on dérape dans la terre fine mais aussi quelques marches de bois ; nous descendons dans le vallon ombragé des Carmes, espace classé Natura 2000 : la première découverte est un ensemble troglodytique dont la grotte aux coquillages, fermée parce que ce n’est pas une période de vacances scolaires (article à paraître). Me dirigeant au bruit de l’eau derrière la grotte de l’ermite, je découvre le Fauvery, houleux, bruyant, qui a emporté et délaissé des troncs d’arbres en route. La grotte est occupée par des jeunes qui n’ont pas envie d’être dérangés. Nous ne verrons que le balcon de la cellule.

Continuer la lecture de ** De Barjols sur le thème de l’eau, à Pontevès

©copyright randomania.fr

 
Dernière modification le 09 Juin 2018

Retour en haut de page

Roumavàgi au prieuré de Sainte-Victoire à partir du parking des Amandiers

Publié le Catégories ----- * Sainte-Victoire 13, 13 Bouches-du-Rhône, Geocaching et jeux, Rando sportiveMots-clés , , , , Laisser un commentaire sur Roumavàgi au prieuré de Sainte-Victoire à partir du parking des Amandiers
 

Grand jour au Prieuré de Sainte-Victoire : c’est l’inauguration des nouveaux vitraux de la chapelle et le traditionnel pèlerinage (roumavàgi en provençal) qui se perpétue le dimanche le plus proche du 24 avril, sur la montagne Sainte-Victoire.
# Liste de tous les parcours menant au Prieuré dans ce blog
Je me suis garée sur le parking des Amandiers, 3 km après le hameau des Bonfillons, pour laisser libres les places du parking des Venturiers. Partie vers 8h, je découvre le sentier qui va rejoindre le GR9 ; Philippe l’a balisé de ruban rouge et blanc, et apposé quelques pancartes là où le doute s’impose.
Ce sentier passe au pied des coteaux du Tounin d’Arles (cadastre napoléonien, E2, 1829), un bien drôle de toponyme qui m’évoque un nom propre (diminutif provençal d’Antoine ?), ou un oronyme signifiant hauteur (selon UnDeBaumugnes), mais en tous cas lié à la grande transhumance des troupeaux d’Arles ; la carraire arlésienne passait au nord de la route d’Aix à Vauvenargues à moins d’un kilomètre à vol d’oiseau ; la carraire des Nègres (sans doute Négrel) arrivait au pied de cette colline, en venant de Beaurecueil et celle de Trotobas la poursuivait vers le nord jusqu’à la carraire d’Arles.
D’après le cadastre napoléonien de Vauvenargues, c’est donc bien sur les pas des bergers que je commence la randonnée. Le parking des Amandiers était-il un lieu de repos avant la rude montée sur le plateau ? Je serais prête à parier que la plus grosse pierre couchée au sol qui matérialise l’entrée du parking est une ancienne borne de transhumance : si je trouve la seconde, puisqu’elles étaient plantées par paire, j’en aurai la preuve définitive…

Avant de tourner à gauche pour longer la rivière, si la curiosité vous pousse à faire un saut jusqu’à l’extrémité orientale du barrage de Bimont actuellement à sec (2017-2019), passez le gué, probablement à pieds mouillés après les pluies ; vous découvrirez habituellement sous l’eau, un ancien pont de pierre sur la Cause, rivière qui coule sous vos yeux comme avant le barrage ; le petit chemin passant sur le pont rejoignait les Nègres (aujourd’hui les Sages) au Tounin d’Arles. Spectacle curieux que ces ilôts verdoyants qui côtoient des espaces caillouteux et secs et sur lesquels gisent des objets insolites ou des vestiges de murs de soutènement.

Le sentier longe les champs, passe dans un agréable sous-bois, traverse la rivière de la Cause sur un passage aménagé de pierres plates émergentes. Les enfants Alibert, qui vivaient ici au XIXe, étaient tous des bergers, filles ou garçons, sauf le père qui était agriculteur ; ne vous étonnez pas d’y retrouver encore des troupeaux de moutons.

Plus loin, un second gué rejoint le parking des Cabassols mais il ne faut pas le prendre mais monter vers l’est jusqu’à la jonction avec le GR9.

Ce petit parcours bien agréable n’enlève rien à la difficulté du tracé : vous retrouverez la montée raide et régulière, les parties bétonnées parfois entrecoupées de chemin de terre ; je croise le groupe des chanteurs qui va participer à la messe au Prieuré puis une dame en difficulté qui marche bien lentement mais sûrement. A la cote 710, je pars discrètement faire la maintenance de ma geocache ; je retire le logbook « all-weather writing paper » pour y lire les commentaires tout à fait lisibles malgré les intempéries qu’il a forcément subies : un anglais, des hollandais, un allemand, des autrichiens, un suisse, un tchèque,… et des français de tous horizons, sont passés par là. Presque tous écrivent qu’ils sont contents d’y faire une pause avant le dernier effort vers le Prieuré. Ci-contre un extrait de ce carnet de passage.

Summer #3a : le prieuré, la pause, nicoulina

Dernière partie, dans un sous-bois dans lequel vous apercevrez une stèle portant le nom de Lou ; puis la partie rocheuse, tout en virages aigus, zigzags, avec quelques pièges tant les roches sont hautes ou patinées ; je croise en cours de route un ami qui descend du Prieuré ; à peine le temps d’évoquer la Favouillane, dernière grande bergerie de Camargue, que je repars vers le Prieuré où l’inauguration a lieu dans une demie-heure.
Tous les Amis de Sainte-Victoire (AdSV) portent un brassard fluo les identifiant ; les bénévoles, trop nombreux pour être tous cités ici, connaissent la tache qu’ils ont à faire et, vu leur sourire, je pense qu’ils sont fiers de ce moment qui concrétise leur travail acharné durant plusieurs années.

Vous visiteurs, le temps d’une prière ou d’un échange avec un Ami de l’association, vous découvrirez les nouveaux vitraux de la chapelle et le cloître reconstruit.

Les vitraux ont été conçus par le maître verrier Gérard Tessier, fabriqués par les Passeurs de lumière de Massalia Vitrail, installés par les bénévoles de l’association. Une vidéo des Amis de Sainte-Victoire, des vitraux pour la chapelle, résume les différentes étapes de cette magnifique réalisation. A l’élégante montagne aux couleurs froides près de l’entrée, succède celle aux couleurs chaudes dans le fond de la chapelle.

Continuer la lecture de Roumavàgi au prieuré de Sainte-Victoire à partir du parking des Amandiers

©copyright randomania.fr

 
Dernière modification le 20 Mai 2018

Retour en haut de page

Balade improvisée dans les vignes de la commanderie de Peyrassol

Publié le Catégories ----- * Provence Verte 83, 83 Var, Inédit, Rando à thème, Rando familialeMots-clés , ,
 

C‘était un dimanche de novembre, avec Majo et Marie à qui je voulais faire connaitre ce lieu ; personne à l’accueil de la commanderie ; seuls la constellation de trois sphères Univers de Skoda posées sur le talus en pente, puis le  surprenant Cylindre ouvert et aux couleurs, réalisé in situ par Daniel Buren, nous guident vers la cour intérieure. L’entrée est libre et gratuite en ce dimanche hors saison, mais la page visite du site n’en parle pas. Un peu gênées tout de même, nous entrons dans la cour de la propriété ; bientôt un homme circulant dans une voiturette de golf s’arrête près de nous, les sourcils froncés ; sans attendre, je lui demande l’autorisation de circuler dans le domaine : il nous l’accorde – que peut-on refuser à trois grand-mères bien sous tous rapports ? – en précisant de ne pas pénétrer dans la partie privée du domaine, celle où habite le propriétaire.

(un clic ouvre une miniature, un autre clic ouvre la photo en grand dans une nouvelle fenêtre)

Nous déambulons au gré de nos envies, à la recherche d’une soixantaine d’œuvres d’art monumentales ; pour nous, certaines ne sont pas de l’art mais qu’importe ; celles qui sont humoristiques ou figuratives, représentant des animaux, ou celles qui interpellent notre fibre scientifique, auront notre préférence.
Vous pourrez marcher dans les jardins, les bois, au milieu des vignes, sur les terrasses de cultures d’oliviers.

Pour que ce soit différent de ma dernière note présentée sous forme de diaporama Les sculptures monumentales de la Commanderie de Peyrassol, je commenterai quelques sculptures, inspirée pour cela par les critiques de l’application mobile et payante Peyrassol : le jour de notre visite, l’application ne m’a permis de géolocaliser les œuvres…

L’album de novembre 2017

Arche de Noë

Avec les animaux rencontrés dans le parc, je constitue pour vous une arche de Noë. Certains artistes ont beaucoup d’humour. Je ne connais ni le nom ni l’auteur de la vache qui broute dans ce pré ; dans l’espace mitoyen, un cheval de trait, un vrai celui-là, est prêt à tirer la calèche pour une visite du domaine.

Accident de chasse, P. Bernier

Nous avons eu envie de le consoler, cet hippopotame blessé, grandeur nature, enroulé dans des bandages ! Il semble faire sa convalescence tranquille à Peyrassol

Grand wapiti, F.-X. Lalanne

Sculpture animalière de bronze, élégante, ce wapiti est réduit à des lignes pures, uniquement pour magnifier le domaine.

Thesis A et Thesis B, Kostis Georgiou

La thesis est un temps frappé de la mesure mais en grec ancien « l’action de poser, de placer ». Disposés de chaque côté du chemin, légers et prégnants, les deux destriers saluent le visiteur qui passe entre eux les deux.

Le Roi des chats, J.-M. Folon

Illustrateur de renom, à partir de 1991, Folon travaille le plâtre, la terre, le marbre ou le bronze. Cet homme à tête de chat qui nous attend est caractéristique du style de Folon. La figure humaine est rassurante mais par ses traits félins, se mâtine de mystère. C’est un roi !

Hedgehog, Kostis Georgiou

Kostis agrandit avec facétie son microcosme peuplé d’êtres et d’animaux étranges commencé en 1970. Sculpture touchante et facétieuse, paradoxe de la nature : ambiguïté de la force du hérisson et de sa fragilité.

Awe, B. Flanagan

Flanagan renouvelle l’art animalier ; depuis 1979, le lièvre est sa figure de prédilection ; l’animal aux cuisses musculeuses et à la cage thoracique puissante nous invite à une danse, au son d’un tambourin.

Maman hippo, P. Berry

Cette sculpture se trouve au bord de la piscine du propriétaire ; vous ne pourrez la voir que si celui-ci ne réside pas chez lui. Frère du comédien Richard Berry, d’abord directeur artistique d’une agence de publicité, P. Berry se fait connaitre pour ses affiches de cinéma et décors de théâtre, entre autre pour sa femme Josiane Balasko dont il divorcera en 1999. Présence surprenante au ras du sol, la ronde maman hippopotame, qui distille bonne humeur et tendresse, m’avait bien fait sourire en 2016.

Grande petite fille, F. Langlade

Trois pièces toute blanches, que l’on dirait fragiles. Le lapin blanc ne vous fait-il pas penser au Pays des Merveilles ? Contradiction dans le titre : Grande petite fille, contradiction dans la figure ronde mais plate en épaisseur, contradiction entre solidité de la résine avec l’apparence fragile du Biscuit de Sèvres. Selon les spécialistes, c’est une figure de style qu’on appelle un oxymore1, ici sur trois plans : verbal, visuel et pictural.

Continuer la lecture de Balade improvisée dans les vignes de la commanderie de Peyrassol

©copyright randomania.fr

Le vieux Redortiers par les Sartrons

Publié le Catégories ----- * Forcalquier mont. Lure, 04 Alpes-de-Hte-Provence, Geocaching et jeux, Rando familialeMots-clés , , , , Laisser un commentaire sur Le vieux Redortiers par les Sartrons
 

Troisième visite au vieux Redortiers avec Yves Provence  et un groupe de la communauté d’OVS ; elle est identique à celle du 11/11/2016 avec un écart vers les Sartrons. Se reporter aux précédents articles pour une description détaillée : je me contente aujourd’hui de photos et anecdotes nouvelles.

  • La première balade Du Contadour au vieux Redortiers (04/03/2012), vous parle de l’histoire du village et fait référence à la vie de Giono au Contadour ; elle est extraite du livre 25 balades sur les chemins de la pierre sèche, Florence Dominique, Le Bec en l’air, 2008, pages 130-139. Difficile d’un point de vue orientation à partir des Graves.
  • La seconde avec Yves Provence le 11 novembre 2016, Le Vieux Redortiers, sur un circuit de geocaching sur le thème de Giono.

Les photos de Yves Provence

Mes photos

Sur le parking face à la mairie, la fête se prépare : nous sommes priés d’aller nous garer un peu plus loin. Tandis que certains enfilent leurs chaussures, je parcours l’article de la Provence consacré au geocaching, rubrique insolite, avec une belle photo de Yves Provence.

Nous passons devant le moulin de Jean Giono, son enclos et le mur à arcades qui abritait des ruches. Sur une ancienne photo en noir & blanc, on le voit avec son âne Cornélia en train de tirer une charrette remplie de pierres.

Qui a repéré au carrefour vers les Graves, le panneau Chemin de la Résistance ? c’est Yves !

Le maquis des Graves est l’un des premiers des Basses-Alpes créé sur l’initiative de Martin-Bret, afin de cacher des réfractaires au STO. Dès 1943, un groupe s’installe à côté de la ferme de Giono [je pense qu’à cette date il n’y habite plus]. Fin 1944, le maquis, trop important, est dispersé. L’un va s’installer à l’Héritier, l’autre aux Fraches où un terrain de parachutage sera homologué par la résistance ; le seul parachutage effectif est tombé dans le vallon de la Riaille mais a été récupéré. D’après Les chemins de la liberté sur les pas des résistants de Haute-Provence, ADRI/AMRID, ADRI, 2004

La maison des Graves, la seconde bâtisse ayant accueilli les contadouriens lorsque le moulin est devenu trop étroit, a bien changé depuis 2012 (voir l’article de 2012). Cette ferme des Graves, achetée en tontine, est donc revenue au dernier survivant, Daniel May dont la fille en est aujourd’hui propriétaire.
La piste longe la route le long des champs : champs de sauge et de lavandin courent en ondulant vers le Ventoux coiffé de son bonnet blanc si caractéristique : il n’est qu’à 25 km de nous à vol d’oiseau.

Nous rejoignons la route à la Boutonnelle. Il va bien falloir marcher sur l’asphalte sur 1,800 km. Enfin, nous descendons dans le vallon de la Baume ; c’est là que je délaisse le groupe pour un aller-retour de 900m jusqu’à l’école des Sartrons évoqué dans le film de Jean Giono Crésus en 1960 (lire dans ce blog Le Contadour sur les pas de Giono et du film Crésus). Le berger Jules trouve un jour, au détour d’un sentier, un conteneur d’aviation qu’il perce avec son fusil ; cela laisse apparaître près de deux mètres cubes de billets de banque qu’il a bien du mal à compter tellement le nombre comporte de zéros. Il cherche de l’aide chez son ancienne institutrice Delphine à l’école des Sartrons.

– [Jules] Mademoiselle Delphine, ça serait au sujet du zéro […] comment ça se multiplie ?
– [Delphine] s’il n’y a que des zéros ce n’est pas un nombre […] On met un 1 devant, idiot ! […]
– [Jules] Moi j’étais venu pour vous parler d’un chiffre avec 30 zéros
– [Delphine] 30 zéros ? tu fais de l’astronomie ? Trente zéros dans le ciel, ça se prononce mais sur la terre, ça se prononce pas !

Extrait vidéo du film Crésus : Jules à l’école des Sartrons

Véritable école de Redortiers, loin de tout, construite selon les règles du XIXe, avec son mur protecteur, sa cour, le préau et les portes de bois des WC à la turque. La femme de Giono y a enseigné et y a vécu en 1915 alors qu’elle n’avait que 18 ans.

D’un pas rapide, je rejoins le groupe au lavoir envahi de moucherons maintenus sur place par la chaleur plutôt rare en octobre à cet endroit. La toiture restaurée a conservé sa forme décentrée d’origine. Nous montons dans le vieux village, montée rude à l’approche de midi ; n’hésitez pas à grignoter une barre de céréales avant de vous y attaquer ! Là haut, une borne d’incendie a été installée au carrefour des deux voies d’accès, bien après la désertion du village : les habitants n’ont jamais eu l’eau courante à Redortiers.

Continuer la lecture de Le vieux Redortiers par les Sartrons

©copyright randomania.fr

 
Dernière modification le 17 Déc 2017

Retour en haut de page

De Joucas à Murs

Publié le Catégories ----- * Luberon 84, ----- * Monts de Vaucluse 84, 84 Vaucluse, Geocaching et jeux, Rando familialeMots-clés , , Laisser un commentaire sur De Joucas à Murs
 

Le joli village de Joucas1, naturellement défendue par des reliefs abrupts, nous souhaite la bienvenue avec les sculptures de Mieke Heybroek et Ulysse Plaud ; sur le parking artistique en bas du village, nous regardons dans les yeux la Furie du Mistral et les deux personnages discutant sur la terrasse devant la maison aux volets bleus.

Dans ce cadre se dressent leurs sculptures monumentales d’hommes en bois et pierres sculptées à quatre mains, car ces artistes ont renoncé au « Moi ». […] Ici à Joucas elles sont dans les calades qui mènent vers le jardin ombragé de leur atelier, elles vous attendent pour vous communiquer l’étincelle de vie que ces artistes souhaitent transmettre. Site de la commune de Joucas

Nous montons la calade, bordée de maisons de pierre, en passant devant la contemplation noire, le classique mais moderne lavoir, sous un curieux ponceau (pountis en provençal) au-dessus de la ruelle. Voilà le premier panneau directionnel la Basse Auvières, avec un s à auvière… un spécialiste de la toponymie (Pégorier, IGN) évoque des prés marécageux ou, en Provence, des graviers (auve). Si les deux propositions me laissent dubitative, André en précise une troisième : les lais pierreux d’une rivière, partie faite de graviers que la rivière a laissé à découvert.

La série de 10 caches se déroulent à l’inverse du placement des caches mais cela n’a pas d’importance. Nous avons particulièrement apprécié la #3 et la #6.

Joucas #10, la cache finaleJoel2684

Joucas #9, sur le chemin du retour, Joel2684

A partir de maintenant, le sentier du GR de pays Tour des Monts de Vaucluse, ne sera que cailloux et garrigue, avec de temps en temps des îlots de feuillus ; pas de difficulté particulière même s’il n’est pas toujours agréable de marcher sur ce sol sec. Une première borne limite les communes de Gordes et Joucas, il y en aura d’autres.

Joucas #8, les deux bornesJoel2684

Joucas #7Joel2684

Tiens une croix de Lorraine dessinée sur un petit panneau planté sur un arbre : le sentier du maquis de Gordes. L’itinéraire est signalé aux principaux carrefours par des flèches avec une croix de Lorraine de couleur marron. Afin de transmettre la mémoire de ce que fut la Résistance à Gordes lors de la deuxième guerre mondiale, l’association cantonale des « Cadets de la Résistance » a balisé et enrichi de panneaux d’information deux « sentiers de mémoire » autour de Gordes.

Joucas #6, au gré du vent, Joel2684

Un peu plus loin, une modeste borne n°30 remplace sans doute la borne des 3 évêchés d’autrefois, qui marquait le point de jonction de trois communes, et de trois diocèses aujourd’hui disparus : Cavaillon (Gordes), Carpentras (Murs) et Apt (Joucas).

Du milieu du VIe siècle jusqu’au XIIe siècle. l’évêque de Carpentras résida à Vénasque ; […] Dans les limites de l’actuel archidiocèse d’Avignon sont compris en totalité les anciens diocèses de Carpentras, de Cavaillon et d’Orange, la plus grande partie de ceux d’Apt, de Vaison et de Saint-Paul-les-Trois-Châteaux, et quelques paroisses de ceux de Sisteron et de Gap. Archives historiques diocèse Avignon

Nous continuons sur la piste du bois d’Audibert que nous quittons pour un petit sentier qui descend en se rapprochant de la rivière près de laquelle le moulin des étangs nous apparait partiellement restauré. Non loin d’ici, une randonnée classique mais sportive dans les gorges de la Véroncle parcourt le patrimoine industriel des moulins à farine dès le XVIè.

Un cheval se laisse approcher par certains et pas par d’autres… La station de pompage nous reçoit le temps du pique-nique, avec la traditionnelle convivialité autour de notre guide Yves Provence.

Nous reprenons le PR14 vers Murs [prononcer le « s » final] ; c’est un arbre remarquable, majestueux, qui en marque l’entrée ; avec ses longues branches penchées au-dessus de la route, ce chêne vénérable plusieurs fois centenaires, attire instinctivement les promeneurs ; un cercle de volontaires, bras tendus, enlacent son tronc de 6.80 m de circonférence : c’est devenu un rituel.

L’arbre peut agir sur votre état de santé, sur votre état de bien être, il vous aide à retrouver le calme, un état de joie ou de sérénité.

Continuer la lecture de De Joucas à Murs

©copyright randomania.fr

 
Dernière modification le 12 Avr 2017

Retour en haut de page

Le vieux Redortiers

Publié le Catégories ----- * Forcalquier mont. Lure, 04 Alpes-de-Hte-Provence, Geocaching et jeux, Rando familialeMots-clés , , , , , , Laisser un commentaire sur Le vieux Redortiers
 

Voici une seconde version de ma visite au vieux Redortiers, autrefois dernier village au sud du Dauphiné.

Anecdote : un certain Bouscarle, vers les années 1950, en abattant un hêtre mort, retrouva en son cœur une croix enserrée dans le fil du bois. Il y vit une manifestation surnaturelle ; ce n’était que la marque de la frontière entre le Dauphiné et la Provence datant de 1630…)

La première randonnée, Du Contadour au vieux Redortiers, pays de Giono, passait aux Graves, second lieu d’accueil des amis de Giono, mais sans GPS, l’itinéraire – vert sur la carte en bas de page – est difficile à trouver.

Si jamais vous passez par chez moi […] je vous montrerai un spectacle étrange : une région de collines et de plateaux où dorment sept à huit petits villages absolument déserts. L’herbe pousse dans les ruelles, les toitures s’enfoncent, les orties fourrent les fenêtres basses. Un grand silence les enferme […] tous les habitants de ces villages ont été mangés par Marseille. Lettre de Giono à Lucien Jacques, 1922

Les photos de Yves Provence

Promenade en Provence, dans l’univers de Jean Giono, site de Michèle Reymes qui connait tout de Giono, sa biographie, ses livres, ses films,…

Un peu de neige au ContadourIl fait très froid ce matin, le mistral balaie le plateau en rafales et quelques tas de neige nous rappellent que la température est proche de 0° et celle ressentie proche de -5°. Pour les canadiens, cela correspond à un refroidissement éolien de -7, sans risque pour la santé. Alors, allons-y ! Les marcheurs, à part Majo qui a toujours chaud, se sont chaudement habillés d’un coupe-vent, d’une écharpe et de gants.

Le moulin de Giono vers 1935Le mur en arcades du moulin de GionoNous passons devant le moulin de Giono qui a conservé son mur à arcades,  avec en arrière-plan un plateau de Contadour désormais reboisé.

2-1 Hommage à Jean Giono (le moulin), Gandalf13 adoptée par YvesProvence

Nous ne sommes partis qu’après avoir acheté tous ensemble une maison, une citerne et un hectare de terre autour. Là est désormais notre habitation d’espoir. Jean Giono, préface, Les vraies richesses

A travers champs, nous rejoignons un sentier d’exploitation nommé Oreille et Père-Grand sur google map, de l’autre côté de la D5, sans même remarquer que nous sommes à quelques pas de la maison des Graves qui accueillit les Contadouriens quand le moulin devint trop petit. C’est près de la propriété du pacifiste Giono que le résistant Martin Bret cacha les réfractaires au STO dès février 1943. Fin 1944, ils sont une cinquantaine bientôt dispersés aux Fraches et à l’Héritier. ADRI/AMRID, les chemins de la Liberté sur les pas des résistants de Haute-Provence, Gallimard, 2004
Si vous avez l’impression que le sentier se perd, rappelez-vous qu’il longe la route.

sauge sclarée ?Nous côtoyons des champs de sauge sclarée mais personne dans le groupe ne peut le confirmer ; c’est une plante aromatique dont on extrait une huile essentielle reconnue pour ses vertus analgésique, anti-inflammatoire, antioxydante, antimicrobienne et riche en oméga 3.  En cuisine on peut la mettre dans la soupe. Plantes aromatiques

Vue sur les montagnes au S.-OPuis ce sont les champs de lavande à perte de vue avec côté sud-ouest le signal de Saint-Pierre et peut-être même le Mourre-Nègre du Grand Luberon. Le sentier descend jusqu’à la distillerie de lavande de la Boutonnelle, maison d’hôtes où l’on vend également de la crème de marrons. Nous cheminons sur la route très tranquille jusqu’à la cache d’où nous apercevons les ruines du vieux village de Redortiers.

2-2 Hommage à Jean Giono (Vue sur Redortiers), Gandalf13 adoptée par YvesProvence

Vue sur le vieux RedortiersNous quittons la route par la gauche et en une large boucle en descente retrouvons le GR de pays dans le vallon de la Baume. Variante : rejoindre les Sartrons, l’école de Redortiers, complètement isolée où la femme de Giono enseigna quelque temps en 1918 ; une des scènes de Crésus est filmée dans cette école, celle où Jules redescend voir son ancienne institutrice :

mademoiselle Delphine, ça serait au sujet du zéro. […] Comment ça se multiplie ? […]

le lavoir et ses fontainesLe lavoir à la toiture asymétriqueNous remontons le vallon sur une piste empruntée deux fois par le même 4×4, jusqu’au lavoir-fontaine si différent des autres, avec sa voûte asymétrique et ses deux espaces séparés par un bas muret de pierres ; sur le côté gauche, l’abreuvoir pour les chevaux, les moutons transhumants qui s’acheminaient vers les pelouses des Fraches et de Carlet ; au fond de cet édifice ponctué de touffes de fougères capillaires, plusieurs fontaines pour remplir jarres et bonbonnes, et une ouverture carrée taillée dans le rocher d’où rien ne coule ; à quoi servait-elle ? en marchant jusque là sur les pierres humides, je découvre une canalisation orientée est-ouest abritée dans une galerie derrière le mur du fond du lavoir ; selon moi, il alimentait le lavoir à partir de l’eau du vallon de Brenc2 désormais à sec, venant des Roustourons (encore visible sur la carte IGN de 1950). Aujourd’hui seule l’abondante Riaille3 alimente la fontaine. Sur le côté droit, le lavoir avec ses pierres à lavoir inclinées vers le second bassin. Voûte asymétrique pour le style ou erreur de construction ?…

2-3 Hommage à Giono (le lavoir), Gandalf13 adoptée par YvesProvence

Continuer la lecture de Le vieux Redortiers

©copyright randomania.fr

 
Dernière modification le 16 Déc 2017

Retour en haut de page

*** Les sculptures monumentales de la Commanderie de Peyrassol

Publié le Catégories ----- * Provence Verte 83, 83 Var, Balade, Rando à thème, Rando familialeMots-clés , , , Laisser un commentaire sur *** Les sculptures monumentales de la Commanderie de Peyrassol
 

Pour terminer une journée de randonnée à Flassans sur Issole, je vous propose une promenade dans les vignes à la recherche d’une soixantaine de sculptures monumentales d’artistes contemporains de renom. A pied, la visite était gratuite, désormais en 2017 la visite libre coûte 8€ / personne, remboursable dès 80€ d’achat en boutique ; en voiturette de golf, sur réservation, ajouter 15€ pour 1h30.

Continuer la lecture de *** Les sculptures monumentales de la Commanderie de Peyrassol

©copyright randomania.fr

 
Dernière modification le 16 Nov 2017

Retour en haut de page

*** Sur les traces des derniers bergers du Garlaban

Publié le Catégories ----- * Marseille et environs 13, 13 Bouches-du-Rhône, Geocaching et jeux, Rando sportiveMots-clés , , , 2 commentaires sur *** Sur les traces des derniers bergers du Garlaban
 

Aujourd’hui, invitée par Michel, grand sportif volontiers partageur, je rejoins Gréasque dès 7h30 du matin ; je ne le connais que par mail et site interposés. Pierre, ancien professeur d’histoire, a soigneusement déplié un vieil article de journal et ses notes personnelles sur les gravures des anciens bergers du Garlaban ; Jean-Claude, jeune retraité, se joint à nous. Nous voilà partis par une route tortueuse qui passe devant le domaine départemental de Pichauris, puis atteint Allauch et le parking près du cimetière, un peu après le centre équestre. Un grand chien gris décide de nous accompagner.

Le circuit des gravures décrit par Michel sur son site persoREMY, avec photos et trace téléchargeable

Balisage sur marbre poliLa montée est tout de suite raide sur le bitume ; nous passons sous les pins, dans une zone ombragée bordée de villas résidentielles ; au carrefour de pistes, nous repérons celle de Peynaou par laquelle nous reviendrons. Après la barrière fermée, nous sommes sur la piste DFCI ; sur le rocher de marbre bien poli, les indications concernant le balisage sont bien lisibles ; Mine de bauxite de Cante-Perdrixce qui me frappe ce sont ces zones de terre rouge qui contiennent de la bauxite exploitée autrefois à deux endroits : en contrebas du col de Cante-Perdrix et à la Tête Rouge où l’on peut découvrir l’entrée d’une mine, son chariot rouillé et ses rails tordus, son labyrinthe de galeries ; Michel & Bernadette ont eu la bonne idée d’y placer une cache La mine secrète mais ce n’est pas l’objet de notre randonnée du jour.

Les collines de Pagnol 2.1 : Cante-Perdrix, Ti’Mars… adoptée par PAPOUNET83

Ces gisements de petite taille ont été exploités par la méthode chambres et piliers dans des galeries peu profondes. Ils ont été rapidement épuisés. Extrait de la lithothèque

L’environnement, c’est celui des films de Pagnol, de Marcel et Lili des Bellons, environnement de grottes, de garrigue rase, aujourd’hui déserté ; mais les restanques à l’abandon, les ruines de jas témoignent bien de l’exploitation du XIXe. Dans la Statistique du département des Bouches-du-Rhône, avec Atlas, publiée d’après le vœu du conseil général du Département, tome II, Christophe de Villeneuve, 1824 avait noté qu’on trouve pourtant au haut de la chaîne des plateaux boisés avec des sources appelées ‘Barquious’1, qui sont des espèces de creux toujours remplis, à fleur de terre, d’une eau fraîche qui sert à abreuver les troupeaux.

Garlaban, c’est une énorme tour de roches bleues, plantée au bord du Plan de l’Aigle, cet immense plateau rocheux qui domine la verte vallée de l’Huveaune. Un immense paysage en demi-cercle montait devant moi jusqu’au ciel : de noires pinèdes, séparées par des vallons, allaient mourir comme des vagues au pied de trois sommets rocheux… Marcel Pagnol, La gloire de mon père, 1957

Dalle du soldatAu nord, Michel me montre l’aire de la Moure, rocher proéminent rouge du retardant déchargé par les canadairs en exercice. Du Pas de dei menoun2, Marseille parait tout esquiché. Là mes guides cherchent les premières gravures : ... DE MENOUNcelle du lieu-dit, bien lisible en majuscules d’imprimerie, et à côté la dalle du soldat. Les dessins ne sont plus très visibles sur la dalle calcaire mais Michel a prévu un vaporisateur d’eau qui accentue durant quelques dizaines de seconde, le contraste du trait. Dalle du soldatgravures garlabanUne coiffe militaire, sorte de bicorne surmonté d’un plumet, apparaît : s’il s’agit bien de cela, l’inscription fort dégradée, daterait d’avant 1806 puisque cette coiffe a été remplacée à cette date par le shako. La femme de profil est tout aussi difficile à identifier. Heureusement le découvreur Jean-Luc Grasset en a fait le relevé il y a une trentaine d’années. Sa première communication officielle date de 1990 dans le bilan scientifique régional de la région PACA. A cette date, l’auteur s’interroge sur la motivation profonde qui a conduit probablement des bergers mystiques et solitaires à graver profondément ainsi une partie de leur vie intérieure.

Les collines de Pagnol 2.2 : seuil des bartavelles, Ti’Mars… adoptée par PAPOUNET83

Abri de berger en pierre sècheGrotte du BergerNous reprenons la piste que nous quittons rapidement pour rejoindre 30 m plus haut un large abri sous roche aménagé : une cabane de pierre sèche, des murs bâtis pour se protéger du froid, voilà la baume du berger.

photo barrage les cahiers du sudvasque d'eau près de la source du ChienNous entamons la descente vers le fond de vallon sur un sentier pierreux ; un petit barrage retient l’eau d’un vallon aujourd’hui à sec ; incroyable mais Jean-Luc des Cahiers du Sud a réussi à photographier ce barrage à un moment où l’eau jaillit en cascade (Lire Rando Garlaban) et la grotte de l’Etoile qui recrache une eau abondante ; dans le fond du vallon des Escaouprés3, sous de larges dalles de calcaire sourdent parfois de minces filets d’eau, sources miraculeuses dans ce désert aride l’été. Non loin de là se trouve une petite vasque remplie d’eau de pluie.

Les collines de Pagnol 2.3 : la source du chien, Ti’Mars… adoptée par PAPOUNET83

Nous découvrons : deux ostensoirs, pièces d’orfèvrerie souvent en forme de soleil, reposant sur un pied, destinée à recevoir une hostie consacrée, et une rosace avec une technique de piquetage : ce sont deux œuvres de qualité réalisées avec de bons outils et une technique maîtrisée.

Continuer la lecture de *** Sur les traces des derniers bergers du Garlaban

©copyright randomania.fr

 
Dernière modification le 14 Juin 2018

Retour en haut de page