Crête du Grand Tatet



Je n’ai jamais entendu parler de la crête du Grand Tatet, cette petite colline à Saint-Maime qui barre le Plan des Aires côté Forcalquier. C’est le moment de la découvrir. Nous arrivons sur le parking du parc de l’ancienne gare de Saint-Maime-Dauphin, face au bar des quatre reines mais c’est en bas du chemin des écoles, qu’Yves Provence nous attend.

L’album photos

On a bien du mal à imaginer une gare passant par là maintenant que l’aménagement de l’esplanade est terminé. La gare de la ligne Volx-Cavaillon était aussi une gare d’embranchement de la ligne vers Forcalquier. Elle connaissait un fort trafic au temps de l’exploitation du charbon.  Ainsi en 1923 il y avait 28 départs et arrivées quotidiens […]. Selon Marc-André Dubout

Notre randonnée débute dans le vieux village enroulé autour de son château aux ruelles pentues ; derrière l’église paroissiale Saint-Maxime, les tombes du XIXe sont curieusement incrustées dans le mur.

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Pied d’Aulun et les tulipes d’Hypolite



Le groupe des aixois se retrouve aujourd’hui pour une randonnée au pied du village de caractère de Lurs pour admirer les tulipes précoces qui ont déjà fait l’objet de plusieurs reportages. Elles ne durent qu’un temps, alors j’ai proposé une randonnée incluant cette découverte. Nous stationnons sur le parking au bout du village et déjà, alors que nous enfilons nos chaussures, majolir achète son pain et vegalyre propose d’emblée de prendre un café avant de partir ; notre attroupement incite le bistrotier à ouvrir ; son établissement offre un belvédère sur la vallée de la Durance et les oliviers, sous un ciel tourmenté aujourd’hui ; ce paysage préservé fait l’objet d’une protection de niveau national en tant que site ‘pittoresque’, c’est à dire digne d’être peint.
Quelques minutes plus tard, pleins d’énergie, nous partons pour une visite guidée du cœur du village grâce à deux d’entre nous qui le connaissent déjà : le début du chemin des évêques ponctué de 15 oratoires (1866) – Lurs fut résidence des évêques de Sisteron jusqu’en 1789 – et une partie du chemin des écritures issu d’une proposition des Rencontres Internationales de Lure. En passant devant l’affiche du moulin Masse, Claude nous signale La cascade de Monessargues sur le Lauzon près de Lurs (04) [qui] anime le plus vieux moulin à huile actif du pays depuis 1674. Son occupant refuse l’Appellation d’Origine Contrôlée pour pouvoir garder l’usage de meules en pierre, de scourtins et d’un pressoir à chapelle. Selon Les oliviers de Provence, Claude. Le détour n’est pas prévu aujourd’hui.

L’album photos de Pied d’Aulun

Au sol, le fil d’Arthur : un balisage en grosses lettres incitant à les suivre et formant un mot : BLEU ou ROUGE. C’est vegalyre qui la première a décodé la séquence, terminée par le signe ‘infini’ sur fond sombre.

Au fil des étroites ruelles, nous passons sous les portes du village, notant que la cloche du portail marque toujours les heures ; rehaussé en 1861, il est doté d’une horloge et d’un campanile en forme de cloche.  Sous une arche abritée, le banc des fainéants attendaient les journaliers qui souhaitaient être embauchés pour la journée par les agriculteurs.
L’ancien château épiscopal bâti sur les vestiges d’une forteresse carolingienne, a été maintes fois remanié : il reste près du chemin des évêques la tour ronde du XIIIe qui raccordait le château à son enceinte. Depuis la rue du Barri, la vue s’étend sur les prés où des moutons s’éparpillent donnant l’impression d’un tissu vert à points blancs ; un pigeonnier au pied du village et quelques maisons isolées près desquelles nous passerons au retour.
L’amphithéâtre Marius en plein air (1960), avec ses gradins de pierre, invite au spectacle l’été ; il a été édifié à l’emplacement de ruines ayant appartenu à un certain… Marius.
Dans la sculpture d’Albert Chassagnard, la main de l’artiste en marbre de Carrare, je vois plutôt la petite main protectrice posée sur la tête plutôt que la grande main aux doigts repliés mais l’ensemble donne une impression de sérénité.
La chapelle des Pénitents (XVIIe) a conservé un beau porche avec fronton à volutes.
Nous nous étonnons du nom de baptême de l’église Invention de la Sainte-Croix en raison d’un reliquaire contenant un morceau de la vraie croix ramenée de Terre Sainte par Pierre de Sabran à l’issue d’une croisade.
En 1563, l’évêque de Sisteron, prieur et seigneur du lieu de Lurs, fait exécuter des travaux dans l’église. En 1683 ce n’est plus l’évêque mais la communauté qui prend en charge les travaux. En 1853-1854, ce sont d’importants et surprenants travaux qui vont avoir lieu.

Pour raison esthétique, la voûte de l’église devait être exhaussée ; le conseil de fabrique manquant d’argent s’oriente alors vers une autre solution qu’il pense moins coûteuse en temps et en argent : abaisser le niveau du sol. Joseph Mondet, maçon providentiel, propose de s’en occuper pour un prix modique ; il déblaie toute l’église à 1m30 de profondeur dont une partie de rocher, fournit les carreaux, le sable et la chaux. Il reprend les six piliers et les dix pilastres, s’occupe du dallage, replace les autels, la chaire, les fonds baptismaux qu’on a dû changer de place, ajoute cinq marches à l’entrée et le tout pour 652 Fr ; là où les autres demandaient entre 1500 et 4000 Fr. Et je ne vous parle pas des aléas consécutifs à ces travaux : le retable trop haut, la petite porte de l’église convertie en placard, etc. D’après Le patrimoine religieux de la Haute-Provence : le patrimoine de Lurs, Bulletin de l’association pour l’étude et la sauvegarde du patrimoine religieux n°21, 1998

Quel dommage que certains fils électriques détonnent dans ce décor moyenâgeux si agréable…

Passant devant l’oratoire Sainte-Madeleine, vegalyre nous entraîne sur le chemin des écritures en direction du cimetière : comme nous sommes peu nombreux, on peut déambuler au gré des envies de chacun. Nous passons devant la table de Vox (Conception : Sterenn Bourgeois), classification des caractères en fonction des liens qui les unissent ; elle regroupe neuf familles fondamentales : les humanes, les garaldes, les réales, les didones, les mécanes, les linéales, les incises, les scriptes et les manuaires. Ces familles définissent à leur tour des « types de transition ».

Vox n’était pas seulement typographe mais aussi dessinateur et écrivain : en 1926, il dessine le célèbre logo de la collection de romans policiers Le Masque, les lettrines du Grand Larousse du XXe siècle ; il présente et annote en 1943 la Correspondance de Napoléon, six cents lettres de travail (1806-1810). Selon wikipedia

A l’origine de cette association Les rencontres internationales de Lure en 1952, quatre amis qui se retrouveront chaque été à Lurs : Maximilien Vox, Jean Giono, Jean Garcia et Robert Ranc. Pour découvrir l’écriture latine et la typographie, est créé en 2010, le chemin des écritures composé de cinq installations originales en plein air et en accès libre toute l’année.

La bibliothèque (Conception : Jean-Yves Quellet) regroupe les différents supports de l’écriture : ardoise, plaque de bois, pierre, terre cuite,… Nous n’avons pas le temps de nous attarder sur l’installation qui raconte la naissance de l’écriture. Comme il est impossible de rejoindre le chemin des oliviers à partir du cimetière, nous retournons vers la place au monument aux morts. Télécharger le guide visite.

Les cinq randonneurs présents n’ont pas remarqué les couvertines (Conception : Laurence Durandau et Franck Jalleau), devant la Chancellerie […]. Ce sont des anagrammes de mots courants, qui ont leur signification pour les typographes. Il faudra donc y retourner.

La route des oliviers est en descente raide et sens unique ; veillez à bien rester sur le côté car une voiture qui monte a peu de chance de s’arrêter car elle ne pourra peut-être pas repartir. Au loin, les champs multicolores vont nous servir de repère. Nous pénétrons sur un sentier entre deux champs d’oliviers, traversons la D12 entre l’Hôpital où l’on a trouvé des tuiles romaines, et la Fortune, là où passait la via Domitia autrefois. Au niveau du domaine Hypolite, les voitures se sont arrêtées n’importe où le long de la route.

Sur une pancarte délavée, Luc Boissière, l’horticulteur, demande aux promeneurs de respecter ses cultures ; nous voilà au bord d’un immense champ de tulipes de toutes les couleurs : jaune, rose, trois sortes de rouge, du bicolore, du blanc, et même le violet foncé de la ‘tulipe noire’ (symbole d’un amour intense, mais qui se vit dans la souffrance. L’être aimé peut être loin ou décédé). C’est le même producteur que l’an dernier (voir l’article dans ce blog champ de tulipes) mais les champs ne sont pas au même endroit. Nous décidons d’en faire le tour par le sentier d’exploitation qui l’entoure, boueux par endroit car il a plu abondamment les jours précédents. Les champs ondulent avec grâce pour le plaisir des yeux.
Entretien avec le propriétaire de ‘Haute Provence plein champs’ : il produit en gros des bulbes de tulipes précoces pour la Hollande ; lorsque les fleurs sont arrivées à maturité, elles sont coupées et alimentent le marché des grandes surfaces régionales. Lorsque les feuilles sont sèches, les bulbes sont assez gros pour être récoltés et exportés. Après une année en Haute-Provence, ils peuvent s’acclimater à des régions plus froides que la nôtre.

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Céreste côté campagne par le prieuré médiéval de Carluc



Grâce à Yves voici un itinéraire campagnard pour se rendre au prieuré médiéval de Carluc à Céreste ; ma première visite date de 2006, c’était alors une de mes premières randonnées car facile avec un point d’intérêt remarquable.

Mon album photos

L’album d’Yves Provence

L’album de Céline (cliquer sur l’oeil en haut à droite pour les visualiser)

Nous passons devant la chapelle de Piété (propriété privée) devant laquelle un rosier trémière a été planté. L’IGN s’évertue à appeler romain le pont sur l’Encrême, il ne l’est pas ;  le panneau directionnel de la gare le nomme pont roman, il ne l’est pas davantage ; la commune l’appelle pont de la Baou (1740), c’est mieux.

Le pont de la Baou, alterch

Nous passons devant un énorme réservoir puis devant des bâtiments dont la construction est « signée » (toit en triangle, fenêtres entourées de briques rouges, un étage) : nous reconnaissons l’ancienne gare de Céreste, située sur la ligne Cavaillon-Saint-Maime. Côté Vaucluse, l’emprise de la ligne est en partie réutilisée par la véloroute du Calavon. Le projet est, à terme, de relier Avignon à Volx. Sur une carte postale ancienne datant de 1920 le train à vapeur arrive sur Céreste par la vallée de l’Encrême, à un endroit encaissé  : elle est sous-titrée le derrunaou ; selon UnDeBaumugnes, cela viendrait du verbe derruna qui veut dire s’écrouler, s’ébouler, rouler.

La section entre Apt et Saint-Maime – Dauphin, est concédée à titre définitif à la compagnie du PLM […] le 26 mai 1883. […] La ligne et l’embranchement, tous deux à voie unique, sont mis en service le . La ligne comporte quinze ouvrages d’art dans son trajet en Vaucluse, et dix-sept dans les Basses-Alpes. Selon wikipedia Ligne de Cavaillon à Saint-Maime

Quand je vous disais que la balade était campagnarde : au loin un troupeau de moutons, au bord du chemin un cheval dans un pré s’approche de nous espérant obtenir quelques caresses ou friandises. La piste de terre est encombrée de cailloux mais rien de difficile. Des champs à perte de vue avant d’arriver à l’ensemble architectural du prieuré de Carluc situé dans un vallon humide. Il a été l’objet de nombreuses recherches et… interrogations. Carluc est une étape sur la voie Domitia romaine signalée sur l’itinéraire d’Antonin, et étape sur le chemin de Compostelle  : cela nous sera rappelé par la coquille dessinée sur les panneaux directionnels.

Quand nous arrivons sur le site, le premier monument que nous découvrons est la chapelle Notre-Dame dont l’abside polygonale prend appui sur les fondations de l’abside romane primitive, semi-circulaire à l’intérieur et pentagonale à l’extérieur. C’est une forme assez rare en Basse-Provence. Ensuite une galerie à fonction funéraire avec des sarcophages de pierre de chaque côté ; à la fin de celle-ci un hypogée, espace rupestre funéraire supposé dédié à des personnalités, une salle couverte d’une coupole [chapelle Saint-Jean Baptiste ?], un appentis couvrant un espace ayant servi de carrière de pierres, une petite cellule creusée dans le rocher et une construction interprétée comme une chapelle [Saint-Pierre ?] qui aurait englobé une cellule rupestre. Dans un rayon de 200 m les tombes foisonnent autour de l’hypogée. Soyons honnête, j’identifie bien mieux le début de la visite que la fin.
Si l’on admet qu’un sanctuaire plus ancien a précédé le prieuré, la source près de la crypte pourrait évoquer une divinité aquatique ou une eau miraculeuse. Selon La Haute Provence monumentale et artistique, R. Collier, Digne, 1987

Vermot-Gauchy L, Le prieuré Saint-Pierre de Carluc, organisation monumentale et administration d’un relais de l’Abbaye de Montmajour en Haute-Provence du XIe siècle au XVe siècle, 2007, master 2, UNSA, sous la direction de Dominique Garcia
Boekholt C., Du nouveau à CarlucARCHIPAL, 61, 2007, pp.55-62

Au pied de l’ensemble architectural, un panneau d’information propose un hypothèse de restitution des lieux faite par J.M. Gassend de l’IRAA/CNRS. L’importance incontestable de Carluc par les dimensions du site, est confirmée par ses liens avec la célèbre abbaye de Montmajour et la quinzaine de prieurés ruraux sous son obédience.

Archinric, scribe de Montmajour dès 973-975, en devint l’abbé en 999 ; […] C’est probablement vers 1010 que l’abbé quitta Montmajour pour se réfugier à Carluc, bien que la nature et la motivation principale de ce retrait ne soient pas connues.

Le prieuré de Carluc, Serge Robert

Au sud de Carluc un lieu-dit Saint-Pierre, à 600 m à vol d’oiseau, a été fouillé en 2011 : on y trouve un bâtiment ayant servi de chapelle ; des tombes en bâtières, dont la datation est traditionnellement située dans les périodes hautes, autour des Ve-VIIe s., des tombes rupestres, des tombes en coffrage de pierres avec ou sans couverture de dalles et des tombes en pleine terre, attribuables aux Xe-XIIIe s. J’ai immédiatement pensé qu’il pouvait faire partie du site de Carluc mais selon la DRAC les hypothèses sur les liens avec le monastère de Carluc, où les textes mentionnent également une chapelle Saint-Pierre, ne peuvent pas à l’heure actuelle être confirmées ou infirmées. En tous cas, ces deux lieux ont la même fonction funéraire…

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Le Trou du Loup par la chapelle Saint-Brice et la fosse aux loups



Cette fois c’est Yves qui conduit la randonnée ; partiellement sur les mêmes chemins que ceux que j’avais parcourus en 2014 Le Trou du Loup, elle a cependant plusieurs atouts supplémentaires : la chapelle Saint-Brice, le vrai trou du loup et un groupe très sympa pour partager nos bons plans !

Mes photos de la randonnée

Les photos de Yves, notre guide

Après une montée tranquille, nous arrivons en face de la chapelle Saint-Brice, de dimensions modestes, dédiée à un saint qui, aux IVè et Vè siècles, fut un disciple de saint Martin auquel il  succéda comme évêque de Tours. Du XIIe au XVe siècle, l’abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon possédait déjà l’église paroissiale Saint-Brice, un prieuré situé sur la colline, et l’église Saint-Martin au Picarlet ; elle en percevait les revenus. L’autel a été repeint. La statue placée au-dessus de l’autel est dédiée à Notre Dame de la Salette connue pour ses récits d’apparitions.
Quant à la cache, une des quarante posées par le parc du Luberon, elle devient évidente… si on y arrive par le bon côté.

23/40 luberon chapelle Saint-Brice, Corbeleaux

Nous poursuivons par le sentier de découverte les chemins de l’olivier, illustré de panneaux d’information ; la piste du trou du Loup circule entre les massifs boisés et parfois nous remarquons certaines zones dans lesquelles la végétation n’a pas tout à fait repoussé comme avant l’incendie de 2002. Après une courte pause, on quitte la piste balisée pour rejoindre le point culminant de la randonnée.

Le cairn  04 ancré sur la crête des Vierards par le club de rando local de Sainte-Tulle a peu de chance de s’écrouler : il est bâti autour d’un poteau de bois qui lui donne l’allure d’une cheminée. A travers la végétation basse, ici et là quelques totems en bois contemplent le paysage côté nord, avec Pierrevert et Sainte-Tulle dans la vallée.
L’association a aussi participé à la réhabilitation de l’espace incendié qui a traumatisé les habitants. Le plasticien Jacques Le Tixier a réalisé une oeuvre « Et la colline reverdira ». J’ai bien l’impression que des 92 totems de bois taillés à la tronçonneuse symbolisant des couples, des familles amenées à disparaître un jour, il n’en reste plus beaucoup.

Le 24 juillet 2002, le feu parcourt 620 ha sur les communes de Pierrevert, Sainte-Tulle et Corbières : cet incendie est le premier dans le département qui ait touché sévèrement des quartiers bâtis. Observatoire régional des risques

Cairn sud 04 – Et la colline reverdira, YvesProvence

Nous allons entamer une descente encore facile sur des galets roulant. Une construction de pierre sèche non loin de la crête où se trouve la limite entre les deux communes, m’intrigue. Sa forme n’est pas celle d’une cabane de pierre sèche : allongée, rectangulaire avec une ouverture sur le côté, elle me fait penser à un petit parc ou abri à moutons – quelques jas sont signalés sur le cadastre napoléonien – ou un corps de garde tel que construit en 1720 pour empêcher les intrusions de potentiels malades de la peste.

Lorsque la maladie se déclare à Corbières et à Sainte Tulle, un blocus allant de Manosque à Beaumont de Pertuis, gardé par 80 hommes, fut ordonné par le marquis d’Argenson. La peste de 1720 emporta 131 personnes sur les 400 habitants présents. À la fin de l’épidémie, tous les effets et les meubles des défunts furent brûlés au centre du village. Depuis, un feu est allumé du 24 décembre au 1er janvier sur la place du village pour commémorer cette épidémie. Selon le site de la commune de Corbières. D’après Histoire géographie statistiques du département des Basses-Alpes, J.-M. Féraud, Digne, Vial, 1867 et le site BassesAlpes

De temps à autre, des arbres morts étendent leurs maigres bras dans tous les sens ; certains y verront la désolation, d’autres une oeuvre d’art. J’appréhende tellement la descente plus ou moins périlleuse sur des galets que je me mets à la queue pour affronter, à mon rythme, les risques de chute. Nous suivons un ruisseau à sec sur des formations gréseuses et marno-calcaires, alternance de couleurs grisâtre et blanche.

Yves s’écarte de la piste pour nous mener au trou du loup, le vrai comme il aime à dire, un vrai piège à loup quelquefois appelé louvière, tel qu’en fabriquaient nos ancêtres des campagnes, proches des forêts. Il n’en reste plus beaucoup mais les noms de lieux en gardent le souvenir. Sans doute placé sur le parcours des loups venant s’abreuver au ruisseau – c’est le cas ici même s’il est à sec aujourd’hui – il doit être suffisamment profond pour que le loup ne puisse remonter ; cette fosse qui s’est comblée progressivement de terre, ne fait plus que 2.50 m de profondeur mais constitue quand même un risque pour ceux qui courraient un peu trop vite. Au fond du trou, une ouverture a été pratiquée pour permettre à ceux qui y tomberaient par mégarde, de s’échapper.

On bâtissait des fosses profondes (4 m) car le loup est capable de faire un saut de 2 m sans prendre son élan ; il était aménagé en entonnoir renversé c’est à dire évasé vers le fond et non vers le haut pour empêcher l’animal de remonter en prenant appui sur les bords. A l’intérieur des pièges (piques, collet, etc). Au dessus une couverture de feuillages. Pour attirer le loup vers la fosse, on pouvait garnir la fosse d’un cadavre de mouton ou même d’une jeune brebis vivante dont les cris attiraient le loup. D’après pièges et fosses à loup, generationsrurale.be

Comment prendre le loup avec une fosse

Mode d’emploi du piège à loup, XVIIIe-XIXe : Louis LigerLa Nouvelle maison rustique ou économie générale de tous les biens de campagne […], 11° édition, 2 volumes, Paris, 1790
M. Vérardi, Manuel du destructeur des animaux nuisibles ou l’art de prendre et détruire tous les animaux nuisibles à l’agriculture, au jardinage, à l’économie domestique, à la conservation des chasses, 1823

Les fosses aux loups avaient des variantes régionales : en Auvergne par exemple, on bâtissait des fosses en pierre de lave ; dans les Alpes, on plantait un arbre à blesser (pointe de mélèze sec avec rameaux taillés en pointe acérée) ; une spirale de sang de brebis pouvait mener au trou ; là où l’on ne pouvait creuser, le piège prenait la forme d’une double palissade circulaire l’une au centre de l’autre, avec une porte ouverte mais amovible ; quand le loup en avait fait le tour entre les deux palissades, il poussait la porte et la refermait lui-même (voir maquette jointe du site generationsrurales.be). A Saint-Martin Vésubie, on peut encore voir une fosse à loup dont l’ouverture est garnie d’un bord de pierres surélevé.

Le trou du loup (le vrai), YvesProvence

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Le chemin de l’eau de Gaude



Départ sur le tout nouveau parking près de Géométhane qui s’agrandit, rendant impossible l’accès à la mine de Gaude dont Claude m’a parlé.

La mine de Gaude, Clodex
Site photographique et documentaire, mine de Gaude

Elle est citée dans le livre de Bagnis que j’ai lu lorsque j’ai parcouru le circuit des puits de mine à Gréasque.

L’ensemble des photos (version courte), les photos de Yves (version longue)

Elle appartient au bassin de Manosque dont les grès calcaires et friables du miocène renfermaient plus de 30 veines [p. 804]. 7 concessions. Le charbon était d’un noir brillant peu cendreux mais quelque peu sulfureux ; malheureusement il s’effritait au contact de l’air et ne supportait pas le stockage. D’après Des compagnies minières… aux Houillères de Provence, Gilbert Bagnis, Presses du service d’arts graphiques gardannais, 1980

Je démarre donc la randonnée sur les traces de l’aqueduc de Gaude ; sa source, inaccessible, est désormais en amont de l’usine Geométhane. Il va falloir ouvrir les yeux car le canal est à peine visible, se présentant comme un caniveau à section rectangulaire couvert de pierres plates. De temps à autre de vieilles bornes, éloignées de 150 à 200m, repèrent son tracé. Quelques ouvertures béantes dans le canal qui n’est plus entretenu, laissent place à des terriers.

Les consuls de Manosque envisagèrent d’amener en ville des eaux du vallon de Gaude, dès 1445. Le prix-fait (devis) de [janvier] 1451 ne fut suivi de travaux qu’après 1491. Ce retard était dû aux contributions extraordinaires pour les troupes royales, que le roi René prélevait sur les communautés pour guerroyer en Italie.
Les eaux de la source de Gaude n’alimenteront la ville qu’en 1497. Selon le comité du patrimoine manosquin

Le chemin passe dans les bois, ondulant en longues bosses ; il longe un champ d’oliviers ; au niveau du clos de Portalès, je passe près d’une propriété privée bien gardée par un chien genre doberman en liberté ; je le sens derrière moi, à quelques mètres et ne suis pas rassurée ; j’accélère, mais il me suivra sur plusieurs centaines de mètres.

Sur le chemin des 4 pans1, des jalons de grès blond local matérialisent le chemin ; une borne un peu moins usée par les intempéries, laisse deviner une paume de main, symbole de Manosque. La plus ancienne représentation de ce blason date de 1559.

Ecartelé d’azur et de gueules, à quatre mains appaumées d’argent, deux dextres, posées une dans chacun des quartiers, les pouces affrontés. Devise Omnia in manu dei sunt [toutes choses sont entre les mains de Dieu]. […] La proximité entre le terme latin manus (la main) et le nom de la ville au Moyen âge, Manuesca, est l’hypothèse la plus souvent envisagée pour expliquer l’utilisation de ces mains. Et pourquoi quatre ? Peut-être est-ce une allusion aux quatre quartiers du centre ancien (Palais, Martels, Payans et Hébréards) ou aux quatre portes de la ville (Saunerie, Soubeyran, Aubette et Guilhempierre). Bulletin municipal de la commune de Manosque

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De la cabane en pain de sucre à Montaigu



La voiture est pleine aujourd’hui pour une randonnée proposée par Yves Provence : de l’unique cabane de pierre sèche à Manosque au castra de Montaigu. Nous avons rendez-vous sur le parking de la piscine de la Rochette. Autres points de repères : le cimetière et le crématorium !

Petite aide pour pas trop hautA peu près face au crématorium, nous allons prendre un sentier prometteur qui bientôt se transformera en cauchemar : raviné, abîmé, raide, obligeant de monter haut la jambe ou de se hisser, il nécessitera la main secourable de Philippe.  En 10 minutes, seulement 30 m de dénivelée dans les jambes. Le mont d'OrParvenus au carrefour avec le sentier qui mène à droite aux Péroulets, nous faisons une pause pour reprendre notre souffle ou photographier le mont d’Or. La montée n’est pas finie…

La cabane des EspelsNous continuons dans un sous-bois ; la tour réapparaît entre deux arbres. Plus tranquillement désormais, nous parvenons à la cabane en pain de sucre des Espels1 que j’avais découverte en 2013 alors qu’elle ne figurait pas encore sur les dépliants touristiques. La cave pour la conservation des aliments, construite dans le talus n’est pas ouverte mais en s’y approchant, on y sent bien la fraîcheur. La cabane comportait un deuxième niveau qui n’a pas été restitué. Un placard avait même été ménagé dans l’épaisseur du mur. Comble du luxe pour un abri temporaire, une cheminée permettait de cuire les aliments et se chauffer.
1900 carte comité patrimoine manosquin situation-cabane-espels-1950Sur la carte IGN de 1950, la cabane y figure encore, bordée de multiples petits points représentant sans doute des plantations. Aujourd’hui, elle est précédée d’un jardinet avec un olivier. Elle est originale de par sa forme, ses pierres massives et non plates comme à Mane, et son liant à la chaux.
Comité du patrimoine manosquin.

Le bori pain de sucre des Espels, hash04

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Revest des Brousses, oppidum Saint-Pierre et Majargues



Paysage typiqueNous retournons à l’oppidum Saint-Pierre et au lieu-dit les Pierres Percées mais en partant du village du Revest1 des Brousses au lieu de Limans (Limans, les Ybourgues et l’oppidum Saint-Pierre). Mêmes paysages : sentier caillouteux, collines ravinées et sous-bois clairsemés.

Le villagecroix au carrefour du chemin Saint-JeanAu premier carrefour, celui de la croix de bois, Yves s’est discrètement absenté pour son travail de geocacheur-poseur. Sur le chemin de Saint-Jean, je regarde en arrière le village concentré autour de son église.

Oppidum Saint-Pierre : la croix de Saint-Jean, Yves Provence

Sur la carte IGN le quartier se nomme Fautriers, du nom d’une ancienne famille de Revest-des-Brousses ayant possédé une grande propriété à cet endroit ; connue depuis le XVIè siècle au moins, cette famille y a toujours des descendants.

Oppidum de Saint-Pierre, l’entre-deux, Yves Provence

pierre percéeC’est là que nous tournons à gauche pour rejoindre le lieu-dit Pierres Percées : je ne suis pas encore certaine de l’origine de ses trous, parfois de part en part, dont la direction ne correspond pas toujours au sens d’écoulement des eaux. Le parc du Luberon contacté par mail, confirme seulement l’environnement karstique ; mais en surface, à l’air libre, c’est la première fois que je vois une telle quantité de pierres percées. Ces morceaux de roches proviennent de calcaires compacts fins et durs. L’eau acide va ronger la roche pour la transformer en véritable gruyère. Je suppose que les eaux de surface ne s’infiltrant pas sur une couche imperméable ont tout loisir d’agir sur la roche calcaire.

Oppidum de Saint-Pierre : les Pierres Percées, Yves Provence

champ de lavandeRuine d'un mur d'oppidumAu champ de lavande, le chemin de Majargues nous mène à l’oppidum dont nous approfondissons la visite : il y a vraiment beaucoup de murs écroulés et des pierres partout que nous devons parfois escalader.

Oppidum de Saint-Pierre, Yves Provence

Borne IGN non recenséevue aerienne st pierrePrès du lieu du pique-nique, nous retrouvons la fameuse borne géodésique que l’IGN n’a pas recensée dans sa base de données géodésie ; j’aurai l’explication en contactant un administrateur du site : il s’agit probablement d’une borne posée par les élèves de l’IGN lors de leur stage de formation à Forcalquier.

Oppidum de Saint-Pierre : la borne IGN perdue, Yves Provence

Cabane de pierre sèche au sommet de la colline St-PierreToit de la cabane de pierre sèchePierre percée posée sur le murA quelques mètres, la belle cabane de pierre sèche est entourée d’un modeste jardin ; sur le muret trône une énorme pierre percée ; derrière, se trouve l’ancien village de Majargues dont il ne reste que des ruines de maisons, un lieu pour les chasseurs de pièces et autres objets abandonnés. Ruine de maison MajarguesCependant, sous la végétation, nous repérons une ancienne cave (?) mais pas de trace de l’église Saint-Pierre qui constituait au Moyen Âge, un des trois pôles religieux de ce secteur le long de la Laye, aux côtés de l’église du village actuel de Limans et de l’église Saint-Vincent, située en plaine et désormais disparue.

L’église de Majargues apparut encore à l’époque moderne, attestant au moins de sa longévité. […].
En revanche, l’éminence de Majargues abrita sans doute une fortification médiévale associée à un sanctuaire. Espace religieux et espace politique en pays provençal au Moyen Age (IXe-XIIIe siècles). L’exemple de Forcalquier et de sa région, Mariacristina Varano, Archeologie et Prehistoire. Universite de Provence – Aix-Marseille I, 2011

Vue sur Lure, Yves Provence

LureVéhicule abandonné...Après le pique-nique, nous reprenons notre chemin par Vironges sans oublier de nous arrêter pour le point de vue sur la montagne de Lure. Rencontre avec les champs de lavande, la retenue de la Laye qui brille au soleil, puis, plus incongrue, avec un vieux véhicule abandonné et rouillé.

Ferme des Hautes PlainesAu niveau du domaine des Hautes-Plaines, Yves coupe à travers champs pour retrouver un carrefour de pistes qui me rappelle un lieu que j’ai déjà vu en 2012, lors d’une randonnée à thème sur la résistance : sur les traces de René Char. Yves auréoléDu point de vue dominant la vallée, je me rappelle bien qu’à l’ouest, sur la commune de Simiane-la-Rotonde, un avion anglais avait pris feu en mai 1944 : ses débris s’y trouvent toujours (pour s’y rendre : le crash de l’avion anglais). J’immortalise Yves, tout auréolé de branches, tel le phénix des accompagnateurs.

Point de vue depuis les Hautes-Plaines

Qui s’est aperçu que nous n’étions pas loin d’une cache ?

Laissant le groupe se reposer, nous rejoignons rapidement la crête de Jacques, posée par Whitedogs qui souhaitait que nous admirions le point de vue.

Revest-des-Brousses, village pauvre des Basses-Alpes, a ouvert très tôt sa première école (1601) ; sans doute ses habitants souhaitaient-ils à leurs enfants une vie moins difficile que la leur, eux qui étaient obligés d’émigrer durant plusieurs semaines, à Marseille, Aix ou leurs environs, le temps des moissons, pour gagner leur vie.

Le ViguierPigeonnier du ViguierRetour par le même chemin mais arrêt au lieu dit le Viguier ; la toponymie nous aide : c’est sans doute dans cette maison qu’habitait le juge qui rendait la justice au nom des comtes, puis du roi. En bien mauvais état, mais je peux identifier un  pigeonnier. Selon le site genobco. Pierre de Mathieu du Revest, seigneur de Le Revest des Brousses vers 1450-1531, marié avec Dauphine de Vachères du Revest vers 1450, était viguier. La famille Mathieu est toujours représentée au village.

Coup d’oeil sur le château de Pontevès avant de rejoindre le parking.

oppidum majargues_traceImage de l’itinéraire 13km940, 405m dénivelée (+560, -560), 2h30 déplacement (6h au total)

1Revest : versant d’une montagne privée de soleil

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Limans, les Ybourgues et l’oppidum Saint-Pierre



Limans est un petit village des Alpes de Haute Provence agréable à découvrir et connu surtout pour ses nombreux pigeonniers. Pigeonnier de la terre du curé MartinUne rue du villageNous nous garons devant le plus ancien, le pigeonnier de la Terre du Curé Martin : 1553, 15m de haut, 4 niveaux, avec un escalier extérieur permettant d’atteindre le second niveau sans couper la voûte en berceau.

Après la lecture du panneau d’information du parc du Luberon, nous quittons Limans par le GR6 au sud. D’autres pigeonniers en pied sont construits au milieu des champs.

Le sentier circule dans les champs puis monte doucement les dominant bientôt ; à l’approche des Ybourgues, sur le sentier des Vignes, nous saluons les ânes de Provence. Le détour vers le logis seigneurial des  Ybourgues est incontournable ; rétablissons d’abord la vérité sur une confusion fréquente : Limans ne serait pas une commanderie ; la plupart des historiens spécialistes des Templiers en conviennent aujourd’hui, c’est une confusion avec Limaye où Yves nous a emmené en 2015 (Grambois, regarde-moi-venir).
Les Templiers en Provence – Formation des Commanderies et répartition géographique de leurs biens, J.-A. Durbec, Provence historique vol.9, no 35, 1959.
Sur les traces des templiers des Alpes-de- Haute-Provence, Bernard Falque de Bezaure, Mallemoisson (Alpes-de-Haute-Provence) : Editions de Provence, 1996 : c’est l’auteur qui milite pour Limans en tant que commanderie.

Comme les restaurations de cette grande bastide tendent à masquer certaines informations nécessaires à la compréhension du bâtiment, il a été décidé de réaliser une étude monumentale avec l’accord des propriétaires.

La maison est un grand édifice à trois corps de bâtiment qui s’inscrivent dans un carré de 25 m de côté environ, avec trois périodes de construction ; appartiendrait au premier état (XIVe siècle vraisemblablement) le corps central orienté, terminé à l’ouest par une tour transformée ultérieurement en pigeonnier […].  Le dispositif d’échafaudage est encore bien visible avec des trous de boulins maçonnés, disposés régulièrement sur les façades plutôt austères : seule la façade sud est largement ouverte sur l’extérieur par trois grandes fenêtres à meneau ; avec le percement de longues archères sur les faces ouest et nord de la tour, la fonction originale de la bâtisse est incertaine : résidence seigneuriale, édifice à vocation agricole, ou château défensif ?
L’évêque de Sisteron récupère l’église des Ybourgues et l’hôpital de Lurs par échange avec le monastère de Cruis à la fin du XIIIè. Quelques dizaines d’années plus tard, l’évêché récupère la totalité du castrum des Ybourgues. Peut-être cet évêque a-t-il voulu consolider sa présence par une résidence d’été à la hauteur de son prestige ?

Limans, hameau des Ybourgues, C. Michel d’Annoville, DRAC, 2000
Espace religieux et espace politique en pays provençal au Moyen Age (IXe-XIIIe siècles). L’exemple de Forcalquier et de sa région, Mariacristina Varano, Laboratoire d’archéologie médiévale méditerranéenne, 2012
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De Céreste à Montjustin par les crêtes, version 2016



Je réitère avec Yves Provence la randonnée que j’avais faite en 2010 De Céreste à Montjustin par les crêtes et la plaine ; pour ne pas répéter ce que j’avais écrit à l’époque, une ancre (un lien) vous renverra directement au point concerné de l’article de 2010 ; en fermant la fenêtre, vous reviendrez à cette note dans laquelle je n’évoquerai que ce qui est nouveau.

Les champs GR4 quartier Cluchon et TulargueReillanne au loinLe tracé par le GR4, bien balisé, va nous mener à Montjustin. Yves nous montre Reillanne au loin côté nord ; au tiers de la montée, nous grimpons sur le talus pour dominer, depuis la crête, les grands domaines de la vallée d’Aiguebelle : Ragoni, la Renardière. Tandis que le groupe admire le point de vue, Yves place une nouvelle cache.

La crête de Montjustin, YvesProvence

L'Ecole Buissonière : le café de pays, installé dans l'ancienne école du village.A l’entrée de Montjustin, un panneau attire notre attention : on y parle d’école buissonnière mais nous ne comprendrons que plus tard de quoi il s’agit.
Un puits est situé au bord de la route qui monte au centre du village. De plan carré, il portait une pompe à roue en fer située devant la maison de Lucien Jacques, peintre, poète, écrivain, graveur d’art et grand ami de Jean Giono.
Pierre Citron, Renaissance du village de Montjustin de 1945 à la fin des années soixante, petite Capitale, 2003

Nous montons sur les remparts par des marches de pierre puis visitons le village un peu au hasard des ruelles que l’on confond souvent avec des propriétés privées, rarement closes. Devant la mairie, le maire a convoqué les habitants, les pompiers et les gendarmes, pour présenter ses voeux ; l’Ecole Buissonnière est juste à côté.

Pour redonner vie à leur petite commune (50 habitants dont 15 résidents à l’année), les habitants de Montjustin ont créé une association culturelle et artistique qui anime le lieu et attire la population des environs pour des rencontres festives et conviviales.
Après avoir fondé, en 2008, l’association Montjustin à dos d’éléphant […], ils ont créé L’Ecole Buissonnière, un café-restaurant associatif à vocation culturelle.

Après deux ans et demi d’activité, L’Ecole Buissonnière compte trois salariés, qui habitent le village, et 250 adhérents parmi lesquels une vingtaine de bénévoles actifs. D’après la vie.fr

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Du moulin de Montfuron à Villemus en passant par la Colle



Jour de mistral ; avec une température à 0° et des rafales de vent violentes, c’est comme s’il faisait – 7° à Montfuron, Mons Furnorum = montagne des fours [à gypse] selon l’abbé Féraud, historien des Basses-Alpes ; après avoir enfilé gants, bonnet, écharpe, nous attendons dans la voiture le reste du groupe ; même Majo qui n’a jamais froid habituellement, est couverte de la tête aux pieds.

En route vers le moulinLe moulin de Montfuron et ses ailesNous partons vers le moulin à vent de Montfuron (671m), admirablement restauré, l’un des trois moulins de Montfuron avec le moulin à eau de la Dame (privé, alimenté par une source sulfureuse) et le moulin à gypse de Pierre Arnoux qui était encore meunier à l’âge de 70 ans. Datant de 1640, il peut encore fonctionner, pour le plaisir, notamment pour la fête du moulin, le premier week-end d’août.
La porte du moulin de Montfuronmoulin 1930 Montfuron AD04Il est resté en possession de la famille seigneuriale jusqu’en 1793, date de vente des biens nationaux pris aux émigrés. Le meunier était logé par son maître dans une petite maison donnant sur la place publique du village. L’expert désigné dresse l’état des lieux :

la bâtisse est abîmée, les roues ruinées, les murs endommagés par les eaux de pluie et le moulin n’est plus à même de moudre de blé depuis plusieurs années. Selon le site personnel sur Montfuron

Aurait-il été abandonné après la mort accidentelle du meunier Louis Moutte en 1746 ?
Propriété de la commune depuis 1969, ce moulin a conservé une partie de sa mécanique en bois d’origine. La charpente en pin massif peut se déplacer manuellement par rotation sur des galets à l‘aide d’un levier métallique qui permet d’orienter les ailes du moulin face au vent soufflant. Selon Informations de la Fondation du Patrimoine
Le point de vue de là haut est gigantesque. Comme à Valensole, j’identifie à coup sûr le Chiran et le Mourre de Chanier.

Le moulin de Montfuron, YvesProvence

Ruine du château de MontfuronVue panoramique depuis la table d'orientationNous nous dirigeons au cœur du village où une ruine semble défier les ravages du temps ; ce sont les vestiges d’une bastide dominant le village, construite dans les années 1550 par Jean de Garnier, Seigneur de Thorenc et Montfuron. rose des vents photo internetSur l’esplanade, une rose avec 32 vents mais seuls 8 vents sont importants dont le Mistral, le Marin, la Tramontane, le Sirocco,…. une table d’orientation qui détaille tous les sommets, pour une fois assez précisément dessinés pour permettre l’identification.

Montfuron : les vents de Provence, bob_13/YvesProvence

Une rue de MontfuronAprès nous circulons dans les ruelles du village et ses maisons de pierre. Au croisement avec la route vers la Garenne, vous pouvez continuer le GR4 pour une variante vers la chapelle.

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