Sur le chemin de Compostelle entre Eguilles et Pélissanne



Cette rando du [cf-shortcode plugin= »generic » field= »Date_rando »] est un test pour nous les aixois qui randonnons ensemble depuis longtemps ; si les filles veulent parcourir le chemin de Compostelle du côté de Cahors et Rocamadour, il leur faut tester leurs compétences en matière d’endurance ; c’est donc le GR653A entre Eguilles et Pélissanne que j’ai choisi ; j’en ai déjà parcouru plusieurs portions sur Eguilles lors de randonnées en boucle dont celle du circuit qui passe par deux bornes milliaires proches de Aquae Sextiae.
L’organisation est prévue avec deux voitures dont l’une est déposée sur un parking chasseurs près de la borne milliaire de Bidoussanne (Pélissanne). Pour ne pas répéter ce que j’ai déjà écrit, je vous cite les articles correspondant au descriptif des portions de GR déjà effectuées ; le début est marqué par [GR653A] et la fin par [/GR653A].

Nous partons du centre du village d’Eguilles où le GR653A est d’abord bien indiqué puis nous perdons la marque, ce qui n’a pas d’importance tant que nous gardons la direction sud-ouest vers La Bastidasse, Bouillidous. Les routes ne sont généralement pas très fréquentées et sont bordées de belles habitations comme le chemin des sauriers1 que j’ai suivi en partie dans cet article Sur le chemin poissonnier à Eguilles et Coudoux.
Le chemin du Bouillidou suit le ruisseau du même nom, passe devant les arbres en fleur et les troncs noircis par le terrible incendie de 2017 – que je voyais évoluer avec inquiétude depuis ma fenêtre -, l’éolienne de pompage dans une propriété privée ; à la bastide Prêcheur (partie décrite dans l’autre sens dans l’article Les collines d’Eguilles des Ponteils à la plaine), la route se mue en sentier ; au puits, il vire à gauche et part à l’assaut de la colline par un classique chemin pierreux ; nous traversons le pont au dessus des rails de TGV ; le GR suit la voie de chemin de fer mais nous préférons un autre sentier bien visible en face. Il longe sur 200 m la limite entre les communes d’Eguilles et Ventabren. La piste est large, bordée de quelques pins.

La cabane de pierre sèche se trouve près de l’élevage de chèvres, loin de toute autre habitation. Le GR va suivre à  nouveau la frontière entre les communes : de petites bornes la matérialisent. Nous entendons les coups de feu du balltrap Artemis.

Nous arrivons maintenant à une vaste étendue dénudée, tout en longueur : l’empreinte de l’oléoduc de la société SAGESS Société anonyme de Gestion des Stocks de Sécurité (merci André pour l’info en commentaire) déclaré d’utilité publique en 2006, entre Manosque et Fos. La servitude de protection est large de 18 m, sans doute pour permettre l’implantation future de nouveaux pipelines… Pourquoi ce transport d’hydrocarbures, produits dangereux, n’est-il pas signalé clairement sur le terrain ?

Sur des chemins caillouteux et sans ombre, nous nous dirigeons en direction des ruines du Mazet (Lire Les bergeries des terres gastes, les Brulades à Eguilles) d’où nous avons une vue dominante sur Sainte-Victoire. Le classique mûrier trône devant la bâtisse ; le long abreuvoir alimenté par un puits est toujours là. Il y a quelques années, un berger emmenant un millier de moutons en transhumance, y faisait halte : nous avions échangé sur le travail des chiens. Sous les arbres en contre-bas, nous prenons notre déjeuner. Nous sommes presque à la moitié du parcours.

Nous redescendons vers les Quatre-termes, coupons l’ancienne voie de transhumance des troupeaux d’Arles (impossible à reconnaître si on ne la connait pas) puis la D17 très fréquentée ; peu après, le GR de la carte IGN s’interrompt par un énorme bloc rocheux en travers du sentier : son tracé a donc changé. Nous le retrouvons peu avant de traverser la D67E. La piste est facile et un peu ennuyeuse ; Majo commence à avoir mal aux pieds et nous essayons de l’encourager ; au passage, nous observons quelques curieuses toiles d’araignée suspendues aux herbes, une toile caractéristique en nappe et entonnoir. Ces toiles ne sont pas refaites régulièrement mais raccommodées et elles peuvent durer plusieurs années dans les lieux protégés. De la famille des Agelenidae mais en l’absence de photos de l’araignée elle-même, je ne peux en dire plus (agélène ou tégénaire ?). Identification des araignées à toiles irrégulières en PACA

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Les bornes milliaires de Bidoussane et Caseneuve



Il y a longtemps que je cherchais un circuit de rando qui passerait par ces deux bornes milliaires. Compliqué dans une zone urbaine près d’Aix-en-Provence où de nombreuses propriétés privées ont pris possession des chemins. Pour finir, je ne suis pas mécontente de celui que j’ai trouvé mais j’avoue que pour éviter de marcher sur le bord de l’ancienne voie aurélienne (D 17 très passante), j’ai choisi de marcher le long des vignes mais c’est un chemin d’exploitation dans une parcelle privée jusqu’au bord de la route : aujourd’hui le propriétaire avait installé une barrière souple pour en empêcher l’accès…

Le temps qu’il fait aujourd’hui à cet endroit :
Avec le vent et la température ressentie

En passant par les Quatre-Termes, je suis arrivée à Caseneuve, hameau de Lançon, près du château ; pas de parking : je me suis garée le long du champ que l’agriculteur est en train de retourner. La piste se sépare en deux : côté gauche, le sentier part à l’assaut de la colline et rejoint la grande voie de transhumance ; je continue tout droit ; de l’autre côté du champ, côté route, j’aperçois la borne milliaire1 de Caseneuve que j’irai voir au retour.

La Via Aurelia a été initiée à partir de 241 av. J.-C. par le consul Caïus Aurelius Cotta. Elle partait de Rome pour arriver à Luna (Luni). Elle passe par le nord d’Eguilles et se dirige vers Pisavis (Salon-de-Provence) en suivant [presque totalement] le tracé de l’actuelle départementale 17.

Les stations (relais), jalonnant la Via Aurelia dans la partie française, sont au nombre de 15. Elles sont placées tous les 20 à 30 km, ce qui représente une journée de marche. Nous citerons quelques noms […] AQUIS SEXTIS (Aix-en-Provence), PISAVIS (Pélissanne), TERRICIAS (Mouriès), ERNAGINA (St Gabriel), et enfin ARELATO (Arles). Extrait d’une conférence de l’AJA (Association pour les Journées de l’Antiquité), Bruno Tassan

Après la maison, la piste continue sur une DFCI dont la barrière est bien haute ; je passe en dessous, dans le quartier de la Guiramane, probable féminisation du nom de noble Guiraman de Lançon. Les premiers iris jalonnent le chemin.

Après ce paysage de garrigues, la piste passe sous le domaine de Saint-Savournin entouré de vignes. Plutôt que prendre la première route qui le contourne (la deuxième voie est privée), je préfère emprunter un chemin d’exploitation le long des vignes qui, après une large boucle, rejoint la Loyne.

Sur le lieu-dit la Loyne, ce mur haut est-il celui d’un réservoir ? non, derrière il y a des vestiges militaires de la seconde guerre mondiale en face des champs d’oliviers. La batterie de la Loyne, [est situé] à l’est du terrain [d’aviation de Salon] […] ; actuellement il reste 4 encuvements, abris personnels, soutes et un bâtiment qui a pu supporter un projecteur. Forum Sudwall

Autour de la Loyne : batterie Flak, liodan13
1- Autour de la Loyne : Esprit des Bois, liodan13

Plusieurs chemins plus ou moins proches parviennent au croisement avec la voie aurélienne ; sous l’arbre, je fais une pause avant de repartir en direction d’Eguilles. J’ai beau savoir comment les voies étaient construites, je n’ai pas trouvé beaucoup d’indices que ce soit une construction romaine.

Le revêtement était le plus souvent formé de graviers damés parfois assemblés avec de l’argile ou de la chaux. […]. Les pavés, quant à eux, étaient réservés la plupart du temps, aux cités et aux passages difficiles (fortes déclivités, sols marécageux…). Ces voies principales étaient entretenues aux frais de l’État central (Rome) et l’usage en était réservé aux fonctionnaires de passage, au courrier public (CURSUS PUBLICUS), et aux légions romaines. Extrait d’une conférence de l’AJA

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De Barbentane à l’abbaye de Frigolet



Le groupe des cinq aixois habitués à randonner ensemble, se retrouve pour une randonnée à l’abbaye Saint-Michel de Frigolet, randonnée souhaitée par Marie et Majo. Etant déjà partie de Graveson et de Boulbon, j’ai choisi aujourd’hui de partir de Barbentane.

L’album photos Barbentane-Frigolet

Nous stationnons face au moulin de Bretoule : Majo en a entendu parler et ce sera notre première visite. Nous avons d’abord circulé autour du moulin, le dernier encore intact, restauré par M. Chaix. Son dernier occupant, Claude Berlanguier étant bègue (provençal bret, breto : qui bégaie), le moulin prit le nom de Bretoule. Ce sobriquet a perduré dans la famille jusqu’à son arrière-petit-fils… Il a été construit en 1774 (la date est inscrite sur le linteau de la porte d’entrée du moulin) par Louis Berlandier et Pierre Deurrieu
Il a fonctionné 70 ans. Vous y verrez encore un puits carré, des meules , et les restes d’un ancien moulin situé en léger surplomb de Bretoule. D’après Histoire de Barbentane, Robert Jarno, père Henri Linsolas, les Presses du castellum, 1981 (épuisé, existe en version numérique)

C'[Claude Berlandier] était un homme curieux. Il se rendait souvent dans la plaine et, quand il pouvait attraper une couleuvre, il se régalait du rôti qu’il en faisait sur un feu de bois.
Il avait de faibles ressources. Il avait déclaré qu’il se supprimerait quand il n’aurait plus que deux sous pour prendre un café.
Un matin, ne le voyant pas comme à l’accoutumée, ses amis avisèrent la Mairie. Les gardes-champêtres se rendirent alors au moulin, et virent Claude Berlandier se balançant au bout d’une corde. Il s’était pendu.
[ndlr : 
Dans sa poche il ne restait plus qu’un sou !]
Ainsi disparaissait le 25-08-1898 le dernier des Bretoule.
D’après René Jarno et Henri Linsolas, anecdote rapportée dans Barbentane, nos moulins

Pour rejoindre la rue du Séquier, nous passons dans un petit sous-bois qui évite de marcher sur la route ; en haut du talus, une croix pattée blanche, aux flèches triangulaires, sans inscription et qui ressemble à la croix occitane : que marque-t-elle ? des croix, il y en a plein à Barbentane ; sur le site personnel Lagramillère, aucune ne ressemble à celle là.

La vieille et haute tour Anglica (28 m de haut, 10 m de côté, 140 marches), derrière le mur d’enceinte, arbore fièrement ses mâchicoulis et son blason tout en hauteur. Bâtie en seulement deux ans (1364/1365) par le maître d’œuvre Sicard de Fraximo, elle a été financée par Anglic de Grimoard, seigneur majeur de Barbentane et frère du pape Urbain V.
Nous descendons au bord de la rue du Séquier avec au loin, la porte sud de la ville.

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