Sainte-Baume : le vallon des cèdres sous la neige



La journée a mal commencé : juste avant de partir, le plastique du pare-soleil côté conducteur s’est cassé et cela m’empêchait de voir la route ; me voilà obligée de trouver une solution de fortune ; j’ai oublié mon écharpe alors que la température annoncée oscillait entre 0° et 10° ; Parking de la Pastorale, départ de la randonnéeune fois au parking du centre aéré chemin des braconniers à Plan d’Aups Sainte-Baume, je me suis aperçue que je n’avais pas une goutte d’eau. Je me suis demandée si je n’allais pas faire demi-tour et puis, voyant la neige abondante et vierge sur les branches hautes des cèdres, j’ai décidé de m’abreuver régulièrement avec la neige fraîche (bien qu’elle soit déminéralisées et faible en eau…). Elle sera abondante durant la première partie du parcours, comme vous pouvez le constater sur la galerie ci-dessous.

La grotte BettonDépart sur la piste verte n° 49, dans le prolongement du sentier par lequel on arrive ; je contourne sagement la citerne bien qu’il y ait un raccourci boueux ; je fais un crochet pour aller voir la grotte Betton dont l’accès n’est pas annoncé par un cairn mais dont on trouve facilement le départ 200m après le virage en épingle à cheveux. Les rochers sont particulièrement glissants ; elle est obstruée par un gros rocher ; je n’ai pas essayé d’y pénétrer.
Je reprends la piste du vallon des cèdres qui est de plus en plus enneigée, de plus en plus belle ; au début, elle est encore bien reconnaissable mais plus j’avance, plus elle se dissimule sous la neige et sous les arbres tombés au sol ; il me faut parfois trouver un détour pour retrouver mon chemin plus loin. La neige étant en train de fondre, les cèdres pleuvent des gouttes et je suis aussi mouillée que s’il neigeait vraiment. Les gouttes d’eau font des bruits bizarres, parfois un arbre craque, ou une branche lâche brutalement sa cargaison de neige : seule, je ne suis pas très rassurée. Au pied des rochers couverts de plusieurs centimètres de neige, ça devient vraiment galère. Le sentier a disparu et cette partie est sans doute plus risquée. Je m’enfonce parfois jusqu’à mi-mollets. Le seul moyen d’atteindre la route sans risquer de tomber dans un piège, est de marcher dans les pas des randonneurs qui m’ont précédée. Je continue car je suppose que la route que je dois rejoindre sera plus praticable. Surprise ! elle est enneigée, voire verglacée !
La route qui mène aux antennesJ’atteins les antennes que je contourne par la gauche tout en marchant toujours dans les pas des randonneurs. Manifestement, ils ont hésité car parfois, leurs pas reviennent en arrière. Vu que la première partie du parcours était plutôt galère, je renonce à monter au pic de Bertagne, le point culminant de la chaîne montagneuse.

Sur cette crête, la vue est superbe des deux côtés : la mer, la baie de la Ciotat et ses chantiers navals, de l’autre, la chaîne de la Sainte-Victoire que l’on peut voir dans son intégralité ; devant, la chaîne de la Sainte-Baume, voilée de neige.

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Les fées de l’Huveaune



Elles sont cinq, installées près de la rivière Huveaune, fleuve côtier qui prend sa source dans le massif de la Sainte Baume et se jette dans la Méditerranée à Marseille. J’ai entendu parler d’elles à la télé, dans les journaux et abondamment sur internet. J’ai donc décidé d’aller à la rencontre de trois d’entre elles, persuadée que MP 2013 avait bien fait les choses.

Bien qu’elle ait depuis toujours permis l’implantation de nombreuses activités humaines, de l’agriculture à l’industrie, l’Huveaune est aujourd’hui mal connue et souvent maltraitée. Soucieuse de valoriser ce patrimoine naturel et culturel et de renforcer les liens entre les habitants des quartiers et des communes que traverse le fleuve, l’association Rives et Cultures a passé commande d’une œuvre aux artistes Lucy + Jorge Orta. Extrait du chemin des fées, MP 2013

  • La fée des berges, Manon : Parc de l’Ilot des Berges, 13400 Aubagne (inauguration le 6 avril 2013)
  • La fée du pont, Ubelka : Moulin Saint-Claude, 13390 Auriol (inauguration le 6 avril 2013)
  • La fée de la source, Marie : Les Martelières, 83640 Saint-Zacharie (inauguration le 6 avril 2013)

La fée des berges à Aubagne, Manon, se perche sur son piédestal, dans un nouveau jardin public en plein cœur du quartier des Defensions, au bord de l’Huveaune ; je n’ai pas trouvé de place de stationnement gratuit : le plus facile, c’est soit de traverser Aubagne à pied en suivant le GR 2013 (voir de Carnoux à Gémenos par Aubagne dans ce blog), soit de se garer au parking payant de la vieille ville et longer l’Huveaune à partir de la porte du millénaire. Même si les berges ont été nettoyées, il reste par endroits quelques déchets laissés par des indélicats. Des bancs et chaises longues au soleil, invitent au farniente face à la rivière ; la fée Manon regarde en direction de la ville : il vous faudra donc la contourner pour voir son visage.

C’est celle d’Auriol qui m’a donné le plus de mal. Au mois de mai, l’adresse figurant sur tous les sites internet était partout incomplète : moulin Saint-Claude, Auriol ; le centre aéré, le centre culturel, la salle polyvalente s’y trouvent mais pas de plan. Le site MP 2013 pourtant à l’origine du projet, ne donne ni la position sur une carte google map, ni la manière de s’y rendre. Les habitants que j’interroge ne connaissent ni ce moulin, ni la fée (il est vrai qu’elle a été inaugurée il y a peu de temps) ; le site Projets le localise en zone résidentielle, près d’impasses étroites et inaccessibles en voiture. L’erreur ne sera corrigée que bien plus tard. Finalement, en faisant une recherche sur ‘Auriol moulin Saint-Claude’, je tombe sur la Fédération des Bouches-du-Rhône pour la pêche et la protection du milieu aquatique qui, elle, indique que le moulin se trouve sur la RN 560. Même s’il s’agit désormais de la D560, c’est l’information la plus précise que j’ai pu trouver ; cette route nationale, de Saint-Zacharie au pont de Joux, traverse le village ; supposant que le moulin fonctionnait avec l’eau de l’Huveaune, j’ai suivi la route jusqu’à tomber enfin sur le centre culturel du moulin Saint-Claude, précédé d’un grand parking face à la carrière. Après 45mn environ de péripéties diverses, je suis impatiente de découvrir enfin la fée du pont Ubelka.

En celto-ligure, la langue ancienne parlée dans la région, Ubelka, autre nom de l’Huveaune, signifie « la dévastatrice », en référence au caractère tumultueux et imprévisible du fleuve. Ubelka était perçue comme une déesse bienfaisante et nourricière mais aussi capricieuse et redoutable, à l’image de ses crues ravageuses.

Mais le cauchemar n’est pas fini puisque les jardins accueillant Ubelka sont fermés le week-end ! encore une information qui ne figure nulle part ; j’aperçois juste un peu du rouge de son habit. Le lendemain, j’appelle le centre culturel  ;  souhaitant y amener un groupe de geocacheurs, un week-end justement, il me faut demander l’autorisation écrite de la mairie. Une réponse négative m’est apportée par téléphone. Alors que j’exprime mon étonnement devant l’aberration que représente l’inaccessibilité de l’oeuvre dans le cadre de MP 2013, mon interlocutrice du service communication, trouve tout à fait normal que ces jardins privés soient fermés. Question de point de vue ! A deux jours de la rencontre d’Aubagne, quelqu’un s’est finalement proposé pour m’ouvrir la porte des jardins mais ce sera trop tard.

Par chance, j’y suis revenue le jour d’un concert ; Ubelka, la fée du pont était bien là, prête à bondir dans l’Huveaune, et bien protégée par une grille devant le pont. Veut-elle défendre la sérénité des lieux ?

Pour trouver la fée de la source, Marie, rien de tel qu’un passage à l’office du tourisme de Saint-Zacharie qui matérialisera les trajets possibles sur un plan du village.

  • La plus belle façon de la découvrir est de partir du village par la promenade pédestre du centre du village au moulin de la Sambuc en passant d’une  rive à l’autre ;
    le lavoir en bordure de l’Huveaune (et son barrage) vous impressionnera par sa longueur ; puis vous suivrez le GR rouge-blanc qui traverse une zone boisée fort agréable. Au lieu dit la Brise, à la fourche, le chemin de gauche mène directement aux martelières et à un ancien aqueduc qui traversait la rivière. Vous arriverez face à Marie en train de puiser de l’eau mais la rivière vous séparera d’elle ; un décor bucolique qui invite à une petite pause…
  • la seconde façon est de rester sur le GR qui passe au dessus de la rivière. Vous longerez la route vers la  gauche puis vous traverserez le champ en direction de la rivière ; le chemin est visible. Vous arriverez au niveau du panneau d’information consacré à la fée. Malheureusement, quelques moustiques risquent d’abolir votre envie de pique-niquer tout près.
  • la dernière manière, pour les plus pressés, est de vous garer sur le parking de la Foux où stationnent également des ambulances ; sur la D560 à la sortie de la ville, 500m après le nouveau collège, il se situe en face du champ que vous devrez traverser pour rejoindre les bords de l’Huveaune.

Une balade familiale et artistique au cours de laquelle vous pourrez raconter aux enfants la  légende de l’Huveaune alimentée par les larmes de Marie-Madeleine pleurant sur son sort dans la grotte de la Sainte Baume où elle vécut 33 années. Selon wikipedia

la fée Marie à Saint-ZacharieImage de l’itinéraire (la fée de la source Saint-Zacharie) 3km700 A/R, 1h10, dénivelée 12m

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Du charnier de Signes à la grotte du Vieux Mounoï, deux lieux chargés d’histoire



IMG_0133.jpgC‘est d’abord par l’Association de Sauvegarde, d’Etude et de Recherche pour le patrimoine culturel et naturel (ASER Centre Var) et son président Philippe Hameau – spécialiste de la préhistoire – que j’ai entendu parler de la grotte du Vieux-Mounoï  fouillée de 1989 à 1993 sur l’adret de la Sainte-Baume. Après l’avoir retrouvée dans le guide des sites préhistoriques Provence-Alpes-Côte d’Azur, F. Boyer, Mémoires millénaires, 2006, j’ai encore eu plus de détermination à la découvrir. Lors de notre première visite, nous avions questionné quelques habitants de Signes pour savoir s’ils savaient comment la trouver. Tous la connaissaient mais personne n’arrivait à nous expliquer où elle se trouvait. Aucune indication sur place et de nombreux chemins où le risque de se perdre n’est pas nul. Il aura fallu deux essais pour la trouver. Elle est retombée dans l’oubli après des années de surfréquentation qui avaient interrompu les fouilles.

Site sur la commune de Signes, histoire, cartes postales anciennes, actualités,…

IMG_0468.JPGMais d’abord un peu de marche ! Le départ sur la départementale D2 n’est pas difficile à trouver : il se fait au niveau du circuit du Castellet, près du monument qui annonce la nécropole nationale de Signes ou charnier de Signes (c’est cette horrible dénomination qui m’a poussée à rechercher les faits), assez bien signalé. La piste forestière fait de larges virages avant d’arriver sur une aire fermée dans laquelle une quarantaine de tombes de marbre portent les noms et surnoms de jeunes soldats abattus par les allemands en 1944. IMG_0474.JPGUn gamin passe sous l’autel en marchant sur le coffret renfermant les ossements des fusillés (coffret déposé là à la demande de Gaston Defferre, alors maire de Marseille) tandis qu’une adolescente fait part de son étonnement à son père qui lui explique l’évènement : « ah bon ? y’a eu la guerre dans notre pays ? ». Pour moi qui étais enseignante il n’y a pas si longtemps, je pense que l’éducation nationale n’a peut-être pas suffisamment joué son rôle…

IMG_0470.JPGIls veulent sauver de l’oubli le charnier de Signes dans le Var, la Provence, 26 août 2008 (extrait ci-dessous). De tous les patronymes cités à la suite de cet article, je connais celui de Louis Martin Bret qui a donné son nom à un collège de Manosque.

  • 1944. IMG_0469.JPGLes actions des Résistants qui attendent depuis des mois le débarquement des forces alliées se multiplient. Un officier français aurait trahi les 38 martyrs du Charnier de Signes, tous issus du Mouvement uni de la résistance, pour quelques milliers d’anciens francs. Incarcérés aux Baumettes, ils furent interrogés et torturés.
  • Le 18 juillet 1944, un jeune garçon, Joseph Call, dont les parents travaillent dans la forêt, aperçoit un car déposer 29 prisonniers encadrés par les Allemands. IMG_0471.JPGUn bûcheron de Cuges, Maurice Percivalle, passant aussi par là, entend au loin La Marseillaise. Il voit les hommes creuser leurs propres tombes. Le 12 août, neuf autres résistants furent fusillés sur le même site. Mais pourquoi ont-ils été emmenés dans ce vallon ?
  • Raymond Aubrac, alors commissaire de la République de la région – premier signataire de la pétition pour la réhabilitation de la Nécropole de Signes – a fait exhumer les corps. « Certains portaient des marques de strangulation, signes de tortures antérieures  ; des corps ont été recouverts de chaux vive. D’autres ont été enterrés vivants« . Les familles ont dû reconnaître les corps mutilés au Pharo où ils furent transportés avant d’être inhumés à Saint-Pierre au cours d’un hommage républicain ; cinq d’entre eux n’ont jamais été identifiés.

IMG_0423.JPGIMG_1373.JPGPlus nous poursuivons le vallon des Martyrs, plus les chemins se multiplient  sans indication hormis ce panneau tombé à terre et qui confirme que nous sommes sur le lieu-dit du Vieux Mounoï.

IMG_0422.JPGIMG_0109.jpgLe Vieux-Mounoï est le lieu-dit d’une ancienne bergerie et son puits, peut-être Mounoï est-il le nom provençal d’une famille ‘Mounier’. Si vous les trouvez vous saurez que vous êtes sur la bonne voie. Le second indice significatif est l’abri de chasseur à la verticale de la ruine. Quand j’ai enfin découvert la grotte bien cachée derrière la végétation, je peux vous assurer que ce fut une réelle émotion, comme un secret  que des initiés auraient accepté de partager avec moi. Il s’agit d’un aven dont une partie de la voûte s’est effondrée.

Elle a servi de bergerie depuis le néolithique (6000 ans avant J.C.) et de décor au film Manon des Sources en 1986, là où Manon découvre la source qui alimente le village des Bastides Blanches.

IMG_0115.jpgNous observons tous les recoins de cette très vaste grotte. Deux petites lucarnes de lumière s’infiltrent au dessus de nos têtes. Elle a trois niveaux. Côté droit, des arbres tordus de chaque côté de l’éboulis, se sont accrochés à la paroi rocheuse.

salle_du_lac2_photo_actarus83.jpg salle_du_lac_photo_actarus83.jpg

Côté gauche, nous pouvons accéder par un étroit goulet glissant non sans risque, à une salle souterraine. L’intrépide Actarus83, qui a sans doute des notions de spéléogie, l’a visitée pour nous ; la méduse au plafond n’est-elle pas remarquable ? Jean-Jacques Oller a eu la gentillesse de mettre à ma disposition quelques photos de cette grotte souterraine, ou sous forme d’animation :

Au milieu une grande salle avec des aménagements de pierres : c’est là que la scène de Pagnol a été tournée. Voir le reportage fait par Tazbahn pour retrouver les lieux du film sur le site panoramas de cinéma.

IMG_0434.JPGIMG_0440.JPGIMG_0441.JPGIMG_0460.JPG

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Les sources pétrifiantes de l’Huveaune



Une randonnée qui commence mal. Mon GPS voiture, que j’utilise pour la première fois en saisie directe des coordonnées, m’amène sur la D80, sur un parking où j’ai rendez-vous mais qui n’existe pas ! Je sors l’extrait de carte IGN que j’ai imprimé, restreint à mon parcours pédestre, il ne comporte pas le numéro des routes ; le bouquet, c’est que le téléphone portable ne capte rien à cet endroit du massif de la Sainte-Baume et je ne peux donc prévenir que je suis perdue. Je roule plusieurs kilomètres dans des virages en épingle à cheveux avant de trouver un espace où passent les ondes. Je laisse un message sur le répondeur : à l’autre bout de la ligne, c’est la même galère. Finalement, c’est avec une heure de retard que nous commencerons la randonnée depuis Nans-les-Pins. La leçon à tirer ? toujours prévoir une solution de secours en cas de défaillance des technologies nouvelles…

La météo aujourd’hui à cet endroit :
Avec la température ressentie

Premiers gours couleur turquoise - février 08Premiers gours aux eaux turquoises - février 08Des couleurs à faire pâlir de jalousie les habitants des lagons  : du turquoise, du vert dans les sous-bois sombres des sources de l’Huveaune, voilà qui est étonnant. Le flash se déclenche sans arrêt et même  en réglage manuel à 800ASA, les photos sont sombres. Sur plusieurs centaines de mètres en remontant vers la source de l’Huveaune,

img_6834r.JPGimg_6830r.JPGGour rempli de feuillesPrès de la source

des vasques remplies d’eau s’étagent en pente douce. L’eau a déposé des couches de calcaire blanc superposées (travertin) ; ce sont des bactéries qui ont accéléré la réaction chimique de précipitation du carbonate de calcium. Si vous revenez les voir en avril, les colonies auront grandi. Nous croisons didrip qui vient de trouver la cache Les sources pétrifiantes, actarus83/Cryx Thypex ; il nous montre la photo qu’il vient de prendre et qui nous évitera de chercher aussi longtemps que lui. Solidarité entre geocacheurs.

« Près de sa source, l’Huveaune est caractérisé par la présence de gours souvent à sec et parfois remplis d’eau. Dans ce cours d’eau, on observe des feuilles, des morceaux de bois et des racines tapissés de calcaire plus ou moins consolidé ; les blocs qui occupent le lit du cours d’eau sont recouverts de calcaire blanc de type travertin1. On observe des couches superposées, enduites d’un tapis gélatineux vert de cyanobactéries2. »  (extrait du site lithothèque – 83 – sources de l’Huveaune, académie d’Aix-Marseille)

Pour résumer, actarus83 écrit : « Vous voilà arrivé au niveau des gours3 pétrifiants de l’Huveaune. Ces vasques résultent de la précipitation du calcaire (CaCO3) présent en très forte concentration dans les eaux de l’Huveaune. Des algues favorisent cette précipitation et donnent de belles touches de bleu ou de vert, sur un fond rosé.  » et d’ajouter dans un autre échange « ce sont ces mêmes algues qui colorent les falaises du Verdon en noir (on dirait de grandes bandes de mazout) ».
 »

« La présence de cyanobactéries dans les eaux de baignade constitue un sujet d’intérêt nouveau de sécurité sanitaire ». Relevé page 17 du rapport du ministère de la santé sur la qualité des eaux de baignade. Sont-ce les mêmes bactéries que celles des sources de l’Huveaune ?

img_6858r.JPGNous traversons la rivière en marchant sur les bords des gours qui, à notre grande surprise, ne sont pas glissants. De toutes façons, quelques centimètres d’eau seulement ne nous font pas peur. Dans le vallon de la Castelette, des témoignages du passage de l’eau rappelle que l’Huveaune prend sa source au dessus de nous, dans la grotte de Castelette, à 590 m d’altitude. Nous y montons par un sentier raide balisé de vert.

StalactitesUne grotte à deux entrées, dont une donnant sur un vallon rocheux et humide parcouru (autrefois ?) par la rivière ; une grande salle qui a servi récemment de salle à manger ; l’exploration à la lampe de poche nous conduit au fond de la grotte où un petit lac souterrain se cache sous  la voûte. Des sculptures, pas encore affinées par l’eau, témoignent du long travail des gouttes suintantes au cours des siècles. La grotte de la Castelette, actarus83/Cryx Thypex
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*** Circuit de la glace dans le Var



Visite guidée de 3 glacières et du musée de la glace à Mazaugues.  J’ai enfin compris comment on fabriquait, stockait, distribuait la glace entre le XVIIè et le XIXè siècle en Provence ! Ada ACOVITSIOTI-HAMEAU de l’ASER, se montre passionnante et incollable sur le sujet. Pas si souvent que dans une de mes balades, la tête et la voiture servent plus que les jambes !

Entrecasteaux glacière privée

Glacière privée du chateau d’Entrecasteaux construite contre le rempart. La dame de Venel a obtenu en 1648 le privilège de construire des glacières, vendre et débiter la glace dans toute la Provence. Les villageois alimentent la glacière l’hiver par l’eau qui gèle le long de la rivière, et peuvent bénéficier de glace l’été. ———————————–

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Glacière de Cotignac ayant servi à la communauté. Elle a été construite près de la source Saint-Martin en 1701, juste avant que l’homme d’affaires, Louis de Beaumont, n’achète le privilège de glacière à perpétuité. D’où les difficultés des consuls pour obtenir le droit de la faire fonctionner pour le compte de la communauté ; ils ont quand-même pu faire les enchères pour la fourniture de glace dès 1702. En difficulté financière, de Beaumont revend ses droits aux différentes communautés à partir de 1701.   Pour fabriquer la glace, les prairies étaient volontairement inondées. Suite à des malfaçons, des hivers trop doux, ne produisant pas suffisamment de revenus, elle est progressivement abandonnée. Le conseil de Cotignac la met en vente en 1719. ———————————–

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Glacière Pivaut MazauguesGlacière Pivaut ou Gaudin, la dernière glacière construite dans le massif de la Sainte-Baume (fin XIXè siècle), ayant peu servi mais fort bien construite. 25m hauteur, 19,80m de diamètre extérieur, des murs de 2,50m d’épaisseur. Face à elle des bassins de congélation et la rampe de remplissage par laquelle la glace était introduite dans la glacière. Le canal d’évacuation des eaux de fusion, quelques mètres plus bas, est très frais : elle devait être efficace cette glacière. Plusieurs hautes porte-fenêtres permettent de charger et décharger la glace à deux niveaux de remplissage ; d’autres ouvertures pouvaient servir pour l’éclairage de nuit ; ou l’évacuation de la chaleur, le contraire en somme de ce qui se passe dans nos maisons l’hiver…

« à partir de mai, quotidiennement, des blocs de matière première étaient remontés en fin de journée. Ces pains de glace recouverts d’étoffes, de paille et de fougères, étaient alors chargés à dos d’âne ou sur des charrettes. Ils étaient acheminés, la nuit, vers Toulon, Aix ou Marseille. La plupart du temps, les hommes traversaient la Sainte-Baume du nord au sud. Au petit matin, les livreurs arrivaient en ville pour approvisionner les commerçants et les particuliers. » Extrait de Var Matin, 2008 et rapporté dans la mémoire gravée dans la pierre, site maville.com

Impressionnante ! à voir absolument ! les geocacheurs pourront la découvrir sous le numéro GC160VZ et son nom évocateur Bien fraiche ! S.V.P.

Le saviez-vous ?
Lors de l’assemblée générale de l’ASER où nous étions en novembre 2010, j’ai appris qu’il existait autrefois une toute petite commune appelée Meinarguette.

J’ai retrouvé un projet de loi de la chambre des députés en date du 8 juin 1839 tendant à réunir la commune de Meinarguette à la commune de Mazaugues : la commune n’a que 100 habitants et 240 francs de revenus ordinaires. Le conseil municipal de Meinarguette a reconnu la nécessité de cette mesure mais la commune de Mazaugues préférait que Meinarguette soit rattachée à Signes. Elle fut finalement rattachée à Mazaugues en 1839. Extrait des Archives parlementaires, recueil complet des débats législatifs et politiques des Chambres françaises de 1800 à 1860, 2e série, 1800-1860, P. Dupont (Paris), 1862-1912. Histoire de Meynarguette, par l’ASER du centre Var

Découverte des villages de Cotignac et Entrecasteaux, blog de Fouchepate
Le musée de la glace et la glacière Pivaut, blog du Petit Pierrot
Histoire de l’eau à Hyères, avec sources bibliographiques
Evocation de la glacière du Bertagne, à la Sainte-Baume dans une note de ce blog Trois itinéraires pour le pic de Bertagne et celle de Mimet dans les grottes de l’Etoile
Information transmise par Fouchepate dans son commentaire : il existe
« …un téléfilm : la Bastide blanche qui retrace cette époque d’après le roman “La Bastide Blanche” de Jean-Michel THIBAUX, Editions Presse de la Cité »

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Cette note a été aimablement relue par notre guide Ada Hameau que je remercie vivement.

L’artisanat de la glace en Méditerranée occidentale – supplément n°1 au cahier de l’ASER, Ada Acovitsioti-Hameau, 2001 (ré-éd.) – 120 pages

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*** Le parc de Saint-Pons à Gémenos



Le parc de Saint-Pons à Gémenos est un lieu plein de surprises, y compris des mauvaises puisque Souricette24 nous signale dans un commentaire qu’il est interdit aux chiens. Sur le site de la commune de Gémenos, on peut lire :

La réglementation
Il est rappelé aux usagers des parcs et jardins que, pour le confort de tous et le respect des sites, l’accès est interdit aux chiens et aux vélos.
De plus, il est interdit de laisser des détritus et de se baigner dans les fontaines, plans d’eau et cascades. Les jeux de boules ne sont autorisés que sur les espaces prévus à cet effet.

Janvier 2013 : Catherine nous signale dans un commentaire les travaux de réhabilitation des moulins et autres et surtout PLEIN d’INTERDICTIONS comme celle de PIQUE-NIQUER.

La météo aujourd’hui à cet endroit :
Avec la température ressentie

img_2415.JPGimg_2411.JPGPrès du Fauge qui coule toute l’année, à l’entrée de la Vallée de Saint-Pons je trouve la première église paroissiale du vieux Gémenos, la chapelle Saint-Martin le Vieux, chapelle romano-gothique datant du Xlllème siècle et ancienne paroisse de Gémenos. Une jeune femme, guide de randonnée à la main, cherche le fameux platane aux 7 troncs : il pousse dans le lit de la rivière et nous admirons toutes les deux sa ténacité à vivre en pareilles conditions. En prime, un parc avec quelques daims et un sentier botanique autour de la chapelle !
img_2430.JPGimg_2445.JPGEn suivant toujours le cours du Fauge, sous des arbres séculaires qui gardent ces lieux frais, même en plein été, je passe devant les ruines du foulon et sa cascade ; puis à la cascade moussue du « moulin de Cuges » – beaucoup plus spectaclaire en d’autres saisons. Si vous regardez la carte de la vallée, vous vous apercevrez que plusieurs noms de lieux sont encore les témoins de petites industries développées par le marquis d’Albertas au XVIIIè siècle : la blanchisserie, le foulon1, la glacière, le moulin,… En tournant dans l’étroit sentier à droite après celui-ci, au milieu de toutes ces essences forestières (hêtres, charmes, tilleuls, houx, chênes verts, pins, érables,…), je découvre l’abbaye cistercienne, cachée par la verdure et que l’on ne voit qu’à la dernière minute.
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« En 1205 eut lieu la construction de l’abbaye de Saint-Pons. Le projet initial, trop ambitieux, ne put aboutir. La fondatrice, Dame Garcende, y établit une communauté religieuse de femmes… cette communauté est élevée au rang d’Abbaye et intégrée à l’ordre de Cîteaux. » Elle est fille du Thoronet, une des soeurs provençales avec les Abbayes de Silvacane et Sénanque [ndlr : les abbayes de Cîteaux sont toutes des abbayes unies par un pacte d’amitié, d’où le terme de filles ou soeurs]. « Grâce au travail des abbesses et au moyen de l’énergie hydraulique abondante en ce lieu, le site de Saint-Pons devint la première zone industrielle de Gémenos. » (Extrait du site Généprovence : ne manquez pas en fin de page la légende du couvent de Gémenos)

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Deux grandes clairières, véritables aires de jeux pour les enfants, sont situées de part et d’autre de l’abbaye. Continuer la lecture de *** Le parc de Saint-Pons à Gémenos

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Le pic de Bertagne, trois itinéraires



img_2627.JPGpic-bertagne-1900.pngN‘en déplaise aux amoureux de la Sainte-Victoire, le pic des mouches (1011m) n’est pas le point culminant du département des Bouches-du-Rhône. Pour atteindre le pic de Bertagne, dans le massif de la Sainte-Baume, j’ai emprunté trois sentiers différents, à trois moments différents. Le point de passage obligé côté nord est le monument en l’honneur des Excursionnistes Marseillais : ces conquerrants de la Provence nous ont laissé quelques photos du début du siècle ; la tenue des femmes de l’époque me fait sourire.

Attard-Maraninchi Marie-Françoise, Les photographies des Excursionnistes marseillais, témoignage d’une «conquête» de la Provence (1897-1914), Imageson.org, 17 juillet 2006

Télécharger les itinéraires vers le pic de Bertagne (1042m)

img_2658.JPGLa première fois, à partir du Cros, côté Plan d’Aups : chemin alternativement en sous-bois et dégagé. J’ai pu me régaler de mûres sauvages, peu caloriques, délicieuses (de la famille des fruits rouges et de la framboise, mais si ses petits grains sont violacés), et admiré le globe fleuri du thym. Le pic de Bertagne montre sa face calcaire verticale et inaccessible. Il faut d’abord passer le vallon du chemin de fer1 puis partir à l’assaut du pic de Bertagne en suivant les marques rouges. Mieux vaut ne pas y aller par temps de mistral ! un coup de vent lors d’un passage rocheux à grande enjambée, sur le sentier étroit et vous vous retrouvez quelques mètres plus bas.

img_3049.JPGimg_3048.JPGLa seconde fois par la grande baume sur la D2 : le sentier passe sous une grotte large et longue qui, à la tombée de la nuit, rend la traversée impressionnante. Des fouilles récentes prouvent qu’elle était habitée à l’âge du néolithique. Des randonneurs, lampe torche à la main, visite les recoins de la grotte.
img_3054.JPGJe descends jusqu’à la plus importante glacière (XVI ou XVIIIème siècle ?) de la région, construite sur un petit plateau sur lequel déjeunent de nombreux randonneurs. 17m de hauteur, 10m de diamètre. Une résurgence du Fauge alimentait des bassins aériens qui gelaient en hiver. On découpait alors la glace en gros blocs qu’on déposait dans le puits sur un lit de paille, jusqu’à l’été suivant ; on les remontait alors en charrette à dos de mulets, la nuit pour limiter la fonte des blocs. Enveloppés dans de la toile de jute, on les transportait  jusqu’à Marseille, Toulon ou Aix. Continuer la lecture de Le pic de Bertagne, trois itinéraires

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La grotte naturelle de Marie-Madeleine



C’était au mois de mai 2004, deux ans après la réouverture au public de la Grotte de la Sainte-Baume1 et du pèlerinage, à l’occasion d’un regroupement professionnel pas comme les autres. La préparation avait été claire : « Vous êtes dans une forêt séculaire, où vécurent des druides2 ; vous emprunterez le chemin des rois comme Marie de Médicis ou le chemin du Canapé si vous vous êtes pressé ; vous visiterez la grotte de Marie-Madeleine, qui a débarqué sur nos côtes aux Saintes-Maries de la Mer. Croyant ou pas, vous marchez dans un lieu sacré. »
* Je vous propose l’itinéraire de 2h A/R par le chemin du Canapé (GR9) réalisé à partir de CartoExplorer
* Je vous propose un autre itinéraire dans ce massif, 3h30 A/R réalisé à partir de CartoExploreur (voir dans ce blog l’article sur la croix des Béguines)

La météo de ce jour à cet endroit :
(attention l’hiver, micro-climat, neige et givre possibles)
La direction du vent et le calcul de la température ressentie

medium_0006.jpgEté comme hiver, ce haut lieu de pélerinage est toujours très fréquenté. Un petit couvent de quatre frères dominicains est désormais chargé de l’accueil des pèlerins. Parmi les grands pèlerins de notre temps, comment ne pas évoquer Charles de Foucauld, les pélerins du lundi de Pentecôte, ceux de la fête de sainte Marie-Madeleine (22 juillet) qui se rendent en procession à la messe de minuit à la Grotte, les Compagnons ?

Cette forêt celtique de quelques milliers d’années, est unique en France, les chênes et les hêtres ont plusieurs siècles d’existence, de nombreuses associations végétales sont uniques en Provence ; medium_0004.jpgsi vous venez en juin-juillet, cherchez la racine d’or (lys martagon), si rare et si belle ! Ifs, hêtres, houx, essences peu méridionales, ont élu domicile ici. Parce qu’elle est exposée au nord, à l’abri d’une haute falaise, l’humidité, la fraicheur, les mousses et les champignons dominent. J’emprunte le chemin du Canapé, à droite, moins fréquenté que le chemin des Roys, mais plus abrupt. Des marches de pierre favorisent la marche dans un sous-bois sombre ; les arbres sont tellement hauts que la lumière du soleil ne parvient que rarement jusqu’au sol. Mais quand elle passe, c’est un ravissement de points lumineux ! Si je délaisse le chemin des Roys – emprunté par Saint-Louis, le pape Clément V, Philippe VI Valois, Charles IV de Luxembourg, le roi René, Catherine de Médicis, Charles IX, etc – c’est qu’il est trop fréquenté. A la croisée des chemins, un vieil oratoire : c’est Monseigneur Jean Ferrier, archevêque d’Arles qui a fait ériger les oratoires du Chemin des Roys vers 1516.

Le père Vayssière, gardien du sanctuaire au début de notre siècle, a fait construire les 150 marches en mémoire aux 150 Ave du Rosaire ; je les monte en comptant les stations jusqu’à la 13ème pour mesurer ma progression ! Cette Pietà, sur le parvis de la Grotte, impressionnante par sa taille, est une oeuvre de la juive convertie Marthe Spitzer (1932). D’abord exposée devant l’église Ste-Madeleine à Paris, elle arrive par train jusqu’à Saint-Zacharie où un attelage de chevaux l’amène jusqu’en bas de l’escalier. Là avec rouleaux, madriers et palans, elle est hissée jusqu’à la grotte.

0020.3.jpg* Le site officiel de la grotte Sainte Madeleine (histoire des trois Maries, pélerinage, les Dominicains)

Le compagnon Pierre Petit réalise les vitraux de la Grotte. Marie-Madeleine était la patronne du Compagnonnage ; dès que le Tour de France est ouvert au jeune Aspirant Compagnon du Devoir, il porte sa couleur, le blason de son métier et l’emblème de Marie-Madeleine reconnaissant le Christ ressuscité.
* Voir l’article sur les Compagnons du devoir (commune d’Aups)* L’Association les Compagnons du Devoir, ses buts
Rodolphe  Giuglardo présente le travail de la pierre à la Ste-Baume : l’obélisque des Compagnons placé en 2011

De là haut, le paysage s’étage sur 3 niveaux de montagnes : les monts Aurélien, la Sainte-Victoire, le mont Ventoux.

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Le compagnon réalise les vitraux de la Grotte. Marie-Madeleine était la patronne du Compagnonnage ; dès que le Tour de France est ouvert au jeune Aspirant Compagnon du Devoir, il porte sa couleur, le blason de son métier et l’emblème de Marie-Madeleine reconnaissant le Christ ressuscité.

De là haut, le paysage s’étage sur 3 niveaux de montagnes : les monts Aurélien, la Sainte-Victoire, le mont Ventoux.

 

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Après la descente, beaucoup plus rapide, le groupe s’arrête dans le café tout proche de l’hostellerie et nous dégustons une bière bien fraîche, juste récompense de nos efforts.
Dans ce lieu mythique, on peut aller aussi au « Paradis » en passant par le « sentier merveilleux », de quoi donner envie de revenir…

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1Baume : du provençal « baumo », surplomb rocheux, abri sous roche (grotte)
2Les druides étaient les chefs religieux des populations celtiques qui, avant la conquête romaine, occupaient la Gaule et la Grande-Bretagne. Ils représentaient une classe sacerdotale chargée de la célébration du culte, de l’éducation de la jeunesse et des décisions de justice. Leur doctrine se fondait sur la transmigration des âmes. La récolte du gui de chêne, plante sacrée, est l’une des coutumes druidiques les mieux connues

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De la neige à la croix des Béguines



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Ce matin, 22 janvier, je suis bien surprise de voir de la neige sur le massif de la Sainte Baume : la météo n’annonçait rien de tel ; quelques kilomètres avant Plan d’Aups, aucune trace de neige. J’apprendrai un peu plus tard, par un habitant du village voisin, que la neige recouvre souvent les sommets à cette époque de l’année et que jamais aucune météo nationale ne l’annonce.

* La météo de ce jour à cet endroit :
La direction du vent et le calcul de la température ressentie

Depuis le parking, j’aperçois la chapelle du Saint Pilon, à 1000m d’altitude, juste au-dessus de la grotte de Sainte Marie Madeleine : c’est là que j’irai par le GR9 qui, sur une petite partie, s’appelle le chemin des Pèlerins. Aux quatre chemins, un oratoire (1516) restauré par les Amis des Oratoires, représente « Madeleine avec deux anges qui se montrent à elle ». Je monte vers le col du Saint-Pilon par un chemin de plus en plus enneigé. Je passe devant la chapelle des Parisiens, humide, au toit de planches de bois moussues (construite vers 1630 par le conseiller de Louis XIII) et deux oratoires. Les pierres glissantes ne freinent pas les randonneurs du dimanche qui sont étonnamment nombreux, surtout en ce début d’après-midi. medium_img_0019.jpgDe là haut, la vue est saisissante sur la falaise verticale. Croix des Beguines par JeffPour me rendre à la croix des Béguines, point culminant de la Sainte-Baume, je dois suivre la crête depuis laquelle, malgré le temps couvert, je peux voir les Alpes, la Sainte-Victoire, la montagne de Lure, la mer… Le sentier n’est pas évident à trouver : heureusement, quelques cairns bien placés m’indiquent le changement brusque de direction du GR9. Du côté sud d’abord, ensoleillé, après le bau des oiseaux (beaucoup d’oiseaux nichés dans les creux de rochers se sont envolés à mon approche), je passe au côté nord, où le vent froid soufflant en rafales, n’a pas fait fondre la neige. Le chemin est étroit et glissant. Je pense alors à l’époque où, institutrice, j’essayais d’expliquer à mes élèves, la différence entre les deux versants d’une montagne. En quelques minutes, ici la démonstration aurait été faite ! * Je vous propose l’itinéraire de 3h30 A/R sur carte IGN réalisé à partir de CartoExplorer
* Voir aussi dans ce blog la randonnée à la grotte par le chemin du Canapé
* Description de la randonnée de Fontfrège au St Pilon (6h), photos, topologiemedium_img_0025.3.jpgmedium_img_0026.jpg
A 1118m d’altitude, sur un rocher consacré également à l’escalade, la croix des Béguines se détache sur le fond bleu.

* Site Info climat, photos extraites du forum
* Description de l’itinéraire par Alain
* Photos du site Provence Balades

Au retour, par le GR98 bien mal balisé, je m’arrête à la chapelle du Saint-Pilon d’où je devine ma voiture garée au parking de l’hostellerie, désormais bien remplie. C’est là que les anges, sept fois par jour, élevaient Marie-Madeleine de la grotte au sommet de la montagne, pour qu’elle y prie. On y construisit d’abord un pilon pour marquer cet emplacement, puis une chapelle. * La chapelle du Saint Pilon du site Chapelles et églises rurales en Provence. Depuis le début du culte de Madeleine, au moyen âge, on dit que le pèlerinage rend les femmes fécondes et assure le mariage aux jeunes filles. Ce lieu de pélerinage attire beaucoup de monde, été comme hiver. Je m’y asseois le temps de manger un petit quelque chose avant la descente. De ce côté de la crête, il y a du soleil et quelques oiseaux sautillent sur les rochers à quelques pas de moi. Le temps de saisir l’appareil photo, et l’un deux accepte de poser 5 secondes pour la vidéo. La descente est plus difficile parce que les pierres sont glissantes ; je croise quelques enfants enthousiastes, loin devant leurs parents, pressés d’arriver au sommet. En traversant la forêt aux multiples couleurs d’automne, je m’arrête, j’écoute le concert pianissimo que m’offrent les oiseaux. Avec uniquement la bande son, je pourrais vous faire croire que nous sommes au début du printemps. C’est parce que je suis capable de m’étonner devant de petites choses que la nature m’apaise et me réjouit à chaque randonnée.« Celui qui sait regarder une pierre est heureux sur tous les chemins »

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