** Confluence Ubaye-Durance vue d’en bas puis d’en haut

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Après un reportage à la télévision sur le lac de Serre-Ponçon dont le niveau n’a jamais été aussi bas, j’accepte l’invitation d’Yves qui me propose de faire le tour du lac et découvrir à pied, si possible, la confluence de la Durance et de l’Ubaye, sous le village de Le Sauze-du-Lac.

l’album photos complet de Serre-Ponçon

Arrêt n°1 Remollon, cascade pétrifiante, pas très grande mais rafraichissante tout de même. Une eau de source chargée de calcaire et de gypse dissous dévale la montagne et vient terminer sa course dans la vallée de la Durance par une chute du haut d’une falaise de tuf, au niveau de la fontaine pétrifiante.

S.P.01 – Autour du Lac : Remollon, la cascade, Ti’Mars…

Arrêt n°2 bassin de compensation, à l’aval du barrage, créé lors de l’extraction des alluvions nécessaires à la construction de la digue de Serre-Ponçon : il joue un rôle régulateur en contenant les déversements importants de l’usine aux heures de pointe. Les turbines de son propre barrage permettent de fournir un appui énergétique ; le bassin de compensation est devenu un lieu d’importants rassemblements d’oiseaux migrateurs d’octobre à avril.

Arrêt n°3, la Bréole, belvédère sur le lac : là où le geocaching joue son rôle, c’est en proposant des caches bien placées comme celle située à Sardanne ; on y accède par un sentier pentu qui mène à un belvédère sur le lac de Serre-Ponçon, bien sécurisé par des barrières en bois ; en chemin, vous aurez une vue sur le village de la Bréole (Altitude : 939 m, 320 habitants) et le clocher carré de l’église Saint-Pierre, surélevé à la fin du XIXe pour exaucer le vœu d’Honoré Charbonnier, bienfaiteur de la commune.
Au loin, à peine visible, Yves m’indique le viaduc de Chanteloube, spectacle bien insolite quand on le voit de près. Enjambant le torrent des Moulettes, il était à destination ferroviaire, mais n’a jamais été utilisé. En effet, la construction de la ligne de chemin de fer Chorges/Barcelonnette, amorcée en 1909, est modifiée en raison du projet Serre-Ponçon puis finalement interrompue en 1935 alors que la plupart des ouvrages d’art sont achevés. Le viaduc de Chanteloube… dans l’eau !

S.P.49 – Autour du Lac : Sardanne Panorama, Ti’Mars…

Arrêt n°4, la Bréole, un tunnel ferroviaire qui n’a jamais servi : une fois garés près du défilé, Yves se rend compte qu’il connait ce tunnel ferroviaire, il y est venu en vélo mais venait de l’autre sens. Les murs qui devaient protéger la ligne sont quasiment neufs, la voie est désormais utilisable par les vélos et les piétons mais attention, pas de panique, le tunnel est sombre et long…

S.P.31 – Autour du Lac : L’Ubaye, Ti’Mars…

Arrêt n°5 cimetière d’Ubaye, il a été patiemment déplacé par les habitants avant l’envahissement du village par les eaux de Serre-Ponçon ; rien de ce qui émerge du lac n’est reconnaissable. C’est le seul village qui n’a pas été reconstruit.

Nous nous arrêtons au port saint-Pierre à Sauze1 du Lac pour le déjeuner. A l’abri du vent sur une table de pique-nique, nous observons le paysage bizarre sous nos yeux : la base nautique est fermée, il n’y a personne ; des collines émergent, les pontons d’amarrage serpentent au sec, l’eau est bien loin du port. Sur les strates en face, se lit le niveau optimal du lac (780m) qui, aujourd’hui, est de plus de 40 m en dessous. Nous espérons donc pouvoir marcher dans le fond du lac si le limon est bien sec. Depuis le 24 mars, les dernières cotes ont encore baissé :

24 mars : 739 environ soit – 41 m sous la cote optimale de la retenue
26 mars : 737,53
27 mars : 736.90
28 mars : 736.76
29 mars : 735.85
30 mars : 735,72
31 mars : 734,98 … et le 11 avril : encore plus bas : 731.33

Arrêt n°6, confluence : c’est maintenant qu’il faut marcher un peu pour rejoindre la confluence des rivières Ubaye et Durance, au pied du village de Sauze-du-Lac ; parcours aventureux dont il faut bien mesurer les risques car ils sont réels. Il commence par un sentier qui monte puis sinue en balcon au-dessus du lac ; cette partie a été aménagée en début d’année 2012 par une brigade ‘Sentier’ et ça se voit.
Quelques mètres en dessous de nous, un petit pont sur lequel devait passer au XIXe siècle un chemin partant du Plan d’Ubaye. Nous atteignons un carrefour ; le sentier en face de nous mène au village du Sauze quelques 200 m plus haut ; nous optons pour celui de Champinas.

L’ANCIENNE ROUTE : Champinas, Mpoup

Il devient de plus en plus sauvage et dégradé ; le haut du pont sous lequel s’écoulait un ruisseau se jetant dans la rivière est abîmé mais solide en-dessous. Il y a de l’eau dans le lac, nous ne sommes pas loin du barrage, mais de plus en plus de terres émergent. Un haut mur de soutènement nous permet de passer avant de croiser un premier éboulis rocheux ; certes, il frôle le vide mais avec prudence, nous passons au dessus. Nous entendons le bruit d’une cascade sans la voir  ; elle s’écoule sous forme de ruisseau dans une petite anse du lac ; rien de prévu pour le traverser à part faire un pas de géant en se reposant sur des mottes de terre durcies. Nous continuons jusqu’à la cache.

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Dernière modification le 12 Avr 2018

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De l’abbaye de Silvacane au château de Janson

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Nous quittons Aix-en-Provence, à trois, avec la pluie à laquelle succéderont rapidement le soleil et un léger vent d’ouest. Le parking de l’abbaye de Silvacane est désert.

Mon album photos

Nous longeons la route sur une voie parallèle puis nous passons d’un trottoir à l’autre jusqu’au centre du village de la Roque d’Anthéron ; Claude levé tôt s’arrête à la boulangerie pendant que je me renseigne sur la possibilité de visiter le parc du château ; une habitante me suggère de revenir pour le Festival international de piano car il ne se visite qu’a cette période ou aux journées du patrimoine. Je me glisse discrètement par une porte cochère entrebâillée pour voir le château de la Roque d’Anthéron qui abrite la clinique de Florans.

Nous revenons sur nos pas pour dévaler la rue de la dévalade. Les ânes viennent nous saluer. Dans le jardin du château, les oiseaux chantent à tue-tête ; la longue allée du parc fermé ne laisse rien voir du Petit château renaissance et du Grand château. Nous passons sous le pont-canal EDF aux berges surélevées. Au fond du pré de la Petite Camargue, les chevaux nous observent sans s’approcher. Nous allons suivre ce canal sur des kilomètres, sans difficulté, en évoquant les prochaines randonnées. D’abord route macadamisée puis piste plus ou moins boueuse, à partir de Gontard, les berges se rapprochent de la Durance qui ne ressemble plus à la tumultueuse rivière d’autrefois.

Sur le côté gauche, des vestiges de l’ancien canal de Craponne dont le tracé est encore reproduit sur la carte IGN de 1950 ; sa dernière prise d’eau (xviiie) n’a pas été emportée par la Durance.

Creusé de 1554 à 1559 par Adam de Craponne, il avait sa prise à La Roque d’Anthéron au site de Gontard. C’est l’essai le plus ancien de dérivation des eaux de la Durance vers la Crau ou la mer. […] Jusqu’à la création du Canal EDF, il remplit parfaitement ce rôle, malgré quelques sécheresses difficiles. D’après le livret du patrimoine de l’office du tourisme de Charleval, ou MyProvence

Au panneau d’interdiction posé par l’EDF, le canal alimente une usine EDF. Marie, respectueuse des lois, hésite à passer ; pourtant un passage piéton est aménagé sur le côté du poste EDF, unique moyen de suivre le PR peint de rose et vert délavés. Ensuite nous arrivons au déversoir du bassin de Saint-Christophe.

Son parcours [le canal EDF] chemine ensuite près de Meyrargues, à l’écart de la Durance, puis près du château de Fonscolombe, de Puy-Sainte-Réparade, et du château d’Arnajon. […] Près de Mallemort, une troisième centrale est alimentée par une chute d’eau sur le canal. Selon wikipedia

Petit écart au pont suspendu de Cadenet, enfin ce qu’il en reste, soit les deux piliers, à chaque extrémité. C’est en 1974 qu’il est définitivement déclaré hors d’usage et remplacé par le pont actuel.

Pour franchir la Durance à cette hauteur, un bac est présent depuis le XIè siècle. Comme tous les bacs, leur utilisation est très difficile pendant les hautes eaux, et donc en 1834, le Conseil général de Vaucluse, ainsi que la commune de Cadenet demande en remplacement la construction d’un pont suspendu.
[…] le pont suspendu est ouvert à la circulation en Octobre 1839 moyennant droit de péage. Un règlement de police spécifique réglemente l’usage du pont : Il limitait à 6000 kg le poids maximal des attelages à deux roues, A 8400 kg le poids des attelages à 4 roues […] Les chevaux devaient marcher au pas, les attelages devaient être distants d’au moins 50 m, Les troupeaux de bœufs ou vaches devaient passer par fraction de 10 bêtes, Les hommes de troupe devaient passer sur les flancs en deux rangs, et la cavalerie par pelotons de 20 cavaliers.
Le pont devient propriété des départements des Bouches du Rhône et de Vaucluse en 1883 […]. D’après Base d’ouvrages en service ou construits au XIXème siècle en France

Claude nous rappelle un bout d’histoire de la seconde guerre mondiale : Henri Blanc originaire de Lambesc a saboté le pont de Cadenet, qu’il a rendu inutilisable le jour même du débarquement en Provence. Les ponts suspendus de la Moyenne Durance, site de Claude

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Artigues, Mont-Major

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Enveloppée d’une brume d’huile essentielle de thym à Linalol projetée toutes les minutes depuis le port USB de mon micro, j’écris, peu inspirée, en profitant de ses vertus désinfectantes (merci à Clodex, Majolir, Marie-Françoise et Vegalyre). Que puis-je raconter alors que nous n’avons pas trouvé la grotte de Roquerousse et que je n’ai pas rien identifié de l’oppidum ? Mais ce circuit reste l’occasion d’une balade nature avec de nombreux points de vue.

Une fois tout le monde rassemblé à Artigues, le parking est plein ; Artigues est un tout petit village de 240 habitants. ll est temps de trouver l’unique cache près de la fontaine entourée de bancs et d’arbustes taillés en forme d’arche : un endroit idéal l’été. L’église et sa façade toute plate, comme une pièce rapportée, semble bien grande pour un si petit village.

Artigues, tineochris

Photos de Yves, Photos de DanielMes photos
Nous redescendons d’une centaine de mètres de dénivelée par une route étroite en passant devant le lavoir. C’est donc qu’il faudra les remonter en fin de randonnée…
Je reconnais la taille en cordon de Royat de la vigne typique des Coteaux d’Aix ; Artigues fait partie avec Rians des communes du Var autorisées à produire cet AOC.

Nous traversons la route Rians-Esparron et plutôt que de marcher sur la chaussée, certains ont repéré l’ancienne voie de chemin en contre-bas ; nous sommes à 1km300 environ de l’ancienne halte de chemin de fer du Train des Pignes Central-Var. Il fallait plus d’une heure pour relier la gare de Meyrargues à celle d’Artigues là où nous avons mis 35 mn en voiture. Et quand le voyageur était déposé à la station le long de la route, il lui fallait encore remonter jusqu’au centre du village à pied !

Quand nous tournons à gauche vers la Modeste, Yves demande au groupe de se montrer discret pour ne pas gêner ses habitants. Sur le ruisseau de la Plaine, un ancien réservoir de pierre et une fontaine apportaient l’eau aux habitants. La Modeste est une belle maison de maître d’un seul tenant avec la partie habitation (le maître, le fermier et les ouvriers) et la partie activités agricoles (hangar, cochonniers, pigeonnier). D’après Maisons rurales et vie paysanne en Provence, J.-L. Massot, berger-Levrault, 1995

Par un sentier d’exploitation en contre-bas de la maison, nous rejoignons le petit Adret. C’est là que débute la longue montée vers le Mont-Major ; le groupe se disloque, les bavardages s’éteignent. Chemin caillouteux. A mi-distance une courte pause. Je me retourne sur la montagne d’Artigues qui me rappelle un pique-nique mémorable un jour de Nouvel-An, par grand mistral : Majo avait apporté du foie gras, des toasts et du chutney de figues. Oratoires et croix entre Esparron de Pallières et Artigues
Dans le bois de Montmajor, des champs de pierre et le substrat rocheux apparent surprennent dans une partie boisée. Majo repère entre les pierres les premiers et frêles crocus.
Quand nous apercevons au loin une cabane de pierre sèche, sans doute poste d’observation idéal pour les chasseurs, Yves nous invite à chercher la grotte de Rigabe appartenant à la famille Magne ; le groupe se disperse, circule en mode sanglier, avec peine, sous la végétation mais ne trouve rien ; Daniel et Yves élargissent le périmètre tandis que le groupe, sagement, attend le long du sentier. Les spéléos et l’IGN déjà, ne la placent pas au même endroit. Comme elle s’ouvre vers l’ouest et que nous arrivons par l’est, nous ne l’avons pas repérée ; pourtant certains randonneurs l’ont trouvée, aidés sans doute par quelque personne du coin. En arrivant par la Marquise, nous aurions probablement repéré son porche d’entrée un peu sous le plateau. D’après la vidéo qu’on trouve sur internet, on y circule debout assez facilement (on peut se passer des commentaires du vidéaste en coupant le son…)

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Dernière modification le 21 Fév 2018

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Viens, de la falaise de Subarroques à Piéroux par l’ancien GR

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Cette troisième randonnée aurait pu porter le même titre que celle de 2017 de la falaise de Subarroques au Travers de Piéroux mais Yves y a ajouté quelques petites modifications : au sud-ouest une petite boucle supplémentaire vers la cabane en gradins, un sentier rustique au pied du village pour joindre la boucle du nord avec celle du sud, le Piéroux par l’ancien tracé du GR et quelques caches qui méritent le déplacement. J’évoquerai aujourd’hui ce qui change et pour le reste, je vous parlerai plus en images qu’en texte.
Photos de Yves, mes photos

Nous stationnons dans l’allée des platanes près de la boulangerie et d’une supérette qui nous seront bien utiles au retour… la pluie ayant été annoncée, presque tout le monde s’est désisté mais les aixois sont là, un petit groupe au sein duquel les relations sont faciles et amicales.

Première boucle vers le sud : direction Blaquière, la Chau (pour la partie commune, voir de la falaise de Subarroques au Travers de Piéroux et Viens le circuit des cabanes) ; la pluie tombe faiblement, rien de désagréable.
Quel est donc cet arbuste ornemental qui a pris racine à l’extérieur de la propriété et emmêle ses grosses tiges rouges ?
Un court passage en mode sanglier, qu’Yves connait par coeur, sans grande difficulté, rejoint un chemin rural en contre-bas.

La cabane en ruche d’abeille au beau profil régulier est probablement l’oeuvre d’un professionnel de la pierre sèche ; elle est suivie d’une autre de forme anguleuse en moins bon état. Dans la fiche de la cache, Yves Provence et nicoulina (c’est nous !) sont remerciés pour leur aide à la formation au geocaching, qui a permis au parc du Luberon de poser 40 caches pour ses 40 ans.

[35/40 luberon] Borie des abeilles, petitmome

La brume s’étend au dessus du muret ; les champs de lavande ont pris leur teinte d’hiver. Derrière les ruches une cabane en gradins, plus rare, elle aussi de belle facture. Nous rejoignons le grand clapier à travers la garrigue ; près de la ligne à haute tension, le GPS s’affole.

Viens – le grand clapier de la Chau, brunobobo

Falaise de Subarroques. Les itinéraires de balade dans Viens sont désormais identifiés clairement par des lettres sur fond vert. Longue montée sur le chemin de Barroques qui surplombe une falaise de plus en haute. L’eau a parfois isolé de gros rochers du reste de la falaise mais ça ne fait pas peur à Yves. La fin du sentier se termine sur des strates.

Au lieu-dit la Baume, Majo se pose la même question que la première fois : pourquoi avoir construit un mur de soutènement dans cet espace étroit coincé entre deux reliefs ? qu’y faisait-on ? je n’ai pas trouvé la réponse.

Dès l’arrivée au village caractérisé par d’impressionnants murs de pierre toujours bien construits, nous découvrons la fontaine basse, merveilleusement limpide et dans un cadre enchanteur ; un chien fugueur s’y désaltère ; ce site fait désormais partie d’un itinéraire de découverte ; il a été nettoyé et a fait l’objet d’un relevé d’architecture en 2016.

[40/40 luberon ] La Fontaine Basse, petitmome

Au pied du village ce que je prends pour le château est sans une ancienne maison forte, au pied des remparts. L’église saint-Hilaire en dehors du périmètre fortifié garde quelques traces médiévales comme le clocher et ses baies géminées.
Nous traversons le cimetière le temps de repérer des tombes bizarres et de voir au loin les gorges d’Oppédette.
Une montée rude, un raccourci à vrai dire, rejoint un sentier quasiment abandonné et envahi de végétation qui nous taquine jusqu’aux yeux ; il passe sous le village et joint les deux boucles nord et sud au niveau de la route. Pas super agréable ! mais le lieu de pique-nique, lui, vaut la peine : avec banc, table et point de vue.

Point de vue à 360° par Yves depuis le lieu de pique-nique

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Dernière modification le 25 Fév 2018

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Vinon sur Verdon, les chemins de l’eau

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Arrivés tôt sur la place du marché, pas de marché le samedi nous a assuré Daniel, nous attendons le groupe avec Yves Provence, sous les platanes plantés par la ville d’Arles ; sous ces arbres, autrefois les troupeaux transhumant venaient boire à la fontaine du Cours. Ebranlée par le bombardement de Vinon en août 1944, démolie juste après la guerre, elle est reconstruite, puis rénovée dans les années 1970/1980. Selon Eligune, les fontaines

Les photos de Vinon

En passant devant la boulangerie en bas de la grande rue, Daniel m’indique que c’était l’ancien moulin à farine mû par l’eau du Verdon ; autrefois il ne fonctionnait pas le samedi pour permettre l’arrosage. Il pouvait moudre une charge de farine en deux heures (120 kg).
Le campanile ou tour de l’horloge servait bien plus au XVIIIe que maintenant que tout le monde possède un téléphone portable.

La construction du clocher de Vinon […] débute en 1781 sous le consulat de Maximin Guis […]. En 1784 le Conseil de la commune commandite maître Pérard, horloger à Aix-en-Provence. […] Parallèlement, un bail au maître serrurier Jacques Fosse de la Verdière est établi le 14 août 1785 pour la construction du campanile.
Le 23 octobre 1785, Vinon achète une cloche d’occasion à l’église Saint-Zacharie de Marseille.

Dans le jardin d’une maison de la rue du puits, des boucs grimpent sur le muret et quémande quelque nourriture. Nous grimpons encore dans la montée de l’église qui passe devant l’imposante façade de Saint-Sauveur, ancienne église du château des Hospitaliers ; le presbytère à sa droite est si différent que l’on a du mal à y voir un ensemble architectural. C’est que l’église a été reconstruite au XIXe et plus récemment suite à un incendie.
De là haut, la vue sur la plaine, le Hameau, la forêt domaniale au nord de Vinon ; à gauche, la passerelle piétonne sur le Verdon, toute blanche, de 165 tonnes et 81 mètres de long, installée en novembre 2015 et qui constitue une alternative au pont sur le Verdon ; elle a coûté 1,5 M là où un vrai pont aurait coûté 10 fois plus. Les automobilistes auraient sans doute préféré un second vrai pont…

Dans le quartier de Vière, deuxième village après celui de la colline Saint-Pierre détruit, le panneau n°16 tente de nous faire imaginer la citadelle et le château des Hospitaliers grâce à quelques bouts de vieux murs restés après sa destruction programmée par le Parlement d’Aix en 1596.

Vinon sur Verdon, ZoZo78

Guerre de religion. Le parlement de Provence est scindé en deux : les ligueurs catholiques d’Aix, emmenés par le comte de Carcès, qui ne reconnaissent pas Henri de Navarre, et les royalistes avec la Valette qui installent leur QG à Riez. En 1591, La Valette voulant éviter que la ville d’Aix soit ravitaillée en blé par la Haute-Provence, fait fortifier le village de Vinon et barre les routes ; quelques années plus tard, le parlement d’Aix prend sa revanche en faisant détruire la forteresse de Vinon.

Autrefois premier bâtiment visible sur la route de Ginasservis, la Chapelle Saint-Nom de Jésus, entourée d’habitations, a bonne mine de l’extérieur ; elle ne sert plus qu’à l’occasion de la fête du saint nom de Jésus le 14 janvier. En 1789 le sieur Etienne Sias est tenu de payer 24 livres pour les tambourins et fifres qui sont venus pour la fête du Saint-Nom de Jésus.

La montée va commencer sur le chemin de Savéou, un chemin de galets typique de la zone Verdon-Durance ; à mi-chemin, un tronc d’arbre porte deux galets en forme de cœur. La première borne domaniale, la plus au nord, marque le début de la forêt de Vinon (nord et sud : 238 ha sur 4 cantons) représentée par un trait vert épais sur la carte IGN ; ces bornes vont se succéder autour des deux cantons, dont celui de l’Homme Mort où se pratiquent les activités cynégétiques et les sports nature ; j’apprends ce jour là que le dispositif homme mort est un système permettant le déclenchement automatique d’une alerte en cas d’absence de mouvements de la part d’une personne considérée comme « isolée ». Beaucoup de lieux portent ce nom ; il n’y a pas pu avoir un homme retrouvé mort à chaque fois. André suggère un orme mort, transcription mal comprise du géographe ?…
Une cabane de chasse est à peine masquée par deux arbres. De là haut, on mesure l’importance du projet ITER à Cadarache par les nombreuses grues et les imposants bâtiments.

ITER (de l’anglais : International Thermonuclear Experimental Reactor, signifiant en français : « réacteur thermonucléaire expérimental international ») est un projet de réacteur de recherche civil à fusion nucléaire […]. Le projet de recherche s’inscrit dans une démarche à long terme visant à l’industrialisation de la fusion nucléaire. Cette démarche prévoit de construire un second réacteur de recherche, DEMO, plus proche d’un réacteur de production, avant la phase industrielle. Le projet associe trente-cinq pays : ceux de l’Union européenne ainsi que l’Inde, le Japon, la Chine, la Russie, la Corée du Sud, les États-Unis et la Suisse.
[…] le budget du projet [est] passé de 5 à 19 milliards d’euros. D’après wikipedia, ITER

Descente dans les galets roulants. Je crois que je préfère la montée… Borne domaniale 37 puis en bas, après avoir suivi la route en file indienne, en plein virage, nous voilà obligés de traverser la route D554 : prudence ! Daniel est prêt à régler la circulation. En contre-bas, la vallée du ruisseau de Boutre et ses champs cultivés que nous longerons tout à l’heure. Au fond la ligne du Luberon.

Ça y est, nous sommes en bas, une seule maison : celle de Margin de l’autre côté du ruisseau. Un renard mort sur le bord du chemin. Enfin le pique-nique au soleil, sur le bord du chemin qui mène sur l’autre rive. A peine avons-nous terminé de déguster le rhum arrangé d’Yves que le temps fraîchit, le vent se lève annonciateur de la pluie promise par Météo France.

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Dernière modification le 08 Fév 2018

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Flassans sur Issole dans les vignes en automne

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11 novembre avec Marie-Françoise aujourd’hui ; nous allons à Flassans sur Issole, en Provence Verte ; j’ai conçu un parcours qui mélange des portions de trois circuits habituellement proposés par l’office du tourisme : le château des Pontevès, le bois de Defens, la voie romaine. Nous nous garons sur le parking d’où partent la plupart des randonnées, en passant sous le pont d’autoroute face au parking des Grands Prés.

L’album photo de Flassans dans les vignes

Le plus difficile c’est maintenant ; nous montons par la voie caladée jusqu’aux ruines du château des Pontevès ; c’est probablement l’ancien chemin qui menait à la chapelle ; le vieil oratoire dédié à Saint-Antoine a perdu la statue de sa niche ; dans le nord de la France, invoqué quand on a perdu quelque chose, combien de fois ai-je entendu Saint Antoine de Padoue, faites-moi retrouver ce que j’ai perdu !

L’idée d’invoquer saint Antoine pour retrouver les objets perdus vient du fait qu’un voleur (qui deviendra un pieux novice) lui aurait dérobé ses commentaires sur les Psaumes et se serait ensuite senti obligé de les lui rendre.  Selon Saint-Antoine de Padoue, wikipedia

Patron des marins, des naufragés et des prisonniers, protecteur des amoureux au Portugal, il est protecteur des trufficulteurs à Flassans !

Etagés sur plusieurs niveaux : les ruines du Vieux Flassans abandonné vers le XVe, les remparts puis le château fièrement restauré par l’association de Sauvegarde du château des Pontevès. La petite chapelle Saint-Antoine, construite à l’extérieur des remparts, est désormais consacrée à Saint-Joseph (?) et contient les outils nécessaires aux travaux d’entretien.

Nous visitons le château dont les parties principales sont désormais expliquées par des panneaux : le four à pain sans cheminée, l’entrée nord qui fut murée par les bergers à l’époque de l’abandon des lieux, la tour de guet devenue donjon et sa citerne semi-enterrée, l’autre tour de guet de l’enceinte Est qui porte fièrement depuis le début du XXe le drapeau occitan que l’on peut voir de loin. Le grand et moderne réservoir détonne un peu si près de ce château en cours de restauration mais j’ai  bien l’impression qu’il va être recouvert de pierres pour moins choquer.

Après presque le tour complet du château, nous passons devant la chapelle Notre Dame de Consolation, plusieurs fois restaurées (la première date de 1559) avant de descendre par le chemin de la chapelle, plutôt route que chemin. Nous montons l’avenue du général de Gaulle puis le chemin macadamisé du Defens qui se prolonge bientôt en véritable chemin.

Dès que nous sommes dans la nature, un arbuste au feuillage rouge anime les bois, sans que nous parvenions à l’identifier. La piste est large et légèrement caillouteuse ; un peu inquiètes après avoir entendu quelques coups de feu, nous interrogeons deux chasseurs pour savoir si nous courons des risques : aucun, affirment-ils en souriant, les chiens chassent le renard ; évidemment, ce n’est pas le but recherché ! Peu avant les lignes à haute tension, en pleine garrigue, des buis taillés : peut-être était-ce autrefois l’entrée principale du domaine viticole de Pique-Roque ? Un cairn pointu signale un virage en courbe et en pente : caillouteux donc un peu casse-cou.

A la limite des deux communes de Flassans et Cabasse, nous partons sur la gauche vers le grand Candumy ; bien que la route soit calme, il est probable que vous préférerez marcher le long du champ à gauche ; cette route suit le probable tracé d’une ancienne voie romaine, la via Aurelia.

Surprise : les premiers champs de vignes aux feuilles rouges puis ce bel arbre qui se cambre comme une danseuse. Après le club du setter anglais, la proximité de l’autoroute A8 apporte son lot de bruit de circulation automobile. Le pont sur l’Issole n’est pas romain, un peu comme à Céreste où le pont de la Baou est encore écrit ‘pont romain’ par l’IGN alors qu’il date du XVIIIe.
La 33e borne milliaire romaine a été trouvée en réemploi, non loin de là, au Grand Camdumy à Cabasse.

La borne milliaire datant de NERON (58 après J.C.) a été retrouvée sur le domaine et se situe actuellement dans notre caveau de dégustation. Une traduction du texte en latin est disponible. Situé sur la VIA AURELIA , le domaine de Campdumy («champs des vendanges» en vieux provençal), dispose d’un riche passé historique , dont témoignent certains vestiges romains : La borne milliaire datant de NERON (58 après J.C.) a été retrouvée sur le domaine et se situe actuellement dans notre caveau de dégustation. Une traduction du texte en latin est disponible. Domaine Gavoty

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A partir de la chapelle Saint-Maxime, les plateaux surplombant l’Auvestre

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Riez la Romaine nous accueille une seconde fois, un an environ après notre première visite orientée geocaching : ** Riez la romaine. Attention, petite route goudronnée mais étroite pour atteindre le parking de la chapelle Saint-Maxime. Cette fois, plus au nord que la première fois, nous traverserons les plateaux de chaque côté de la rivière Auvestre, ce qui nous fera grimper ou descendre par des routes goudronnées, mieux protégées du vent. Car aujourd’hui le mistral souffle en rafales de 40 km/h mais le ciel est bleu, tel qu’Yves l’aime pour les photos ; c’est bien emmitouflés que les plus courageux, 9 et la chienne de Philippe, quittent le parking près de la chapelle.

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Photos de Yves Provence

La chapelle Saint-Maxime, propriété de la commune, a fait l’objet de restauration en 2003 grâce à la mairie et aux dons récoltés par les sœurs Clarisse qui occupent les lieux ; à l’époque, les tuyaux d’écoulement en cuivre avaient suscité pas mal de discussions ; ils étaient imposés par l’Architecte des bâtiments de France… Sa vaste esplanade est propice à la méditation et aux points de vue sur la plaine. A l’époque de l’établissement de la première carte de France, pour y effectuer des mesures de localisation, le topographe Cassini y avait placé un signal.

Nous descendons jusqu’au village par un sentier de galets en lacets qui arrive au niveau de la tour. Là, par des escaliers, nous rejoignons le centre du village : la vieille porte  Saint Sols, la fontaine Benoite, le lavoir. La route revêtue baptisée voie communale n°9, grimpe sur le plateau que l’IGN appelle plaine. Alors plaine ou plateau ? Selon un cours de géographie de l’école primaire :

Les plaines se trouvent à basse altitude : les rivières coulent en surface et descendent les vallées de l’amont vers l’aval.
Les plateaux sont plats et hauts : les cours d’eau y ont donc creusé des vallées et des canyons.

Mais l’origine est ici provençale : plane en tant que nom, désigne une étendue plate donc un plateau ; celui de Valensole est la plane de Valensole.

Les champs de lavande aux touffes grisâtres courent vers l’horizon ; les antennes radio (dont France Bleu Provence) et télévision apportent une touche de modernité dans la plaine des Tourettes. Etonnant qu’il n’y ait pas de projet éolien sur ce vaste espace… Au carrefour qui mène à l’antenne de téléphonie mobile (640 m) et son point de vue sur la ville, je repère au nord-est les quelques montagnes enneigées : la Tête de Chabrières, le sommet du Couard.

Au bout de la plaine de Meyane, nous redescendons dans la vallée de l’Auvestre par le chemin de Brunet ; après la traversée de la route de Puimoisson, le jardin de la première maison du quartier Saint-Sébastien fête Noël : des paquets cadeaux sont accrochés au grillage. Un peu à l’écart de la voie communale n°17, nom bien peu poétique, un coin abrité du vent nous accueille le temps du pique-nique. Café chaud, rhum arrangé, gâteau, gingembre confit, il y a toujours quelqu’un pour partager des bonnes choses avec le groupe.
Nous poursuivons ensuite le long de la rive gauche de la rivière.

Par le ravin de l’Aubette, boisé, nous remontons sur la plaine de Saint-Maxime. La variante du GR4, grande piste facile, traverse les champs de lavande. Un peu déçue : le fameux GR® 4 à travers le Verdon, de Sainte-Croix-du-Verdon à Castellane, n’est arrivé qu’en 5è position lors du classement du GR préféré des français… mais pas le dernier !
Une seule montagne enneigée au nord c’est l’extrémité de Lure. Un cabanon bien seul témoigne de l’activité humaine. Sur ce plateau immense et désert, pas de lignes à haute tension, pas d’éolienne, pas d’antennes. La piste humide rejoint la chapelle Saint-Maxime que nous atteignons en début d’après-midi : nous avons été plus rapides que d’habitude.

Yves nous offre le thé chaud que nous apprécions particulièrement.

En reprenant la voiture, montée du cimetière mais en descente, nous passons devant une source captée, une des nombreuses mines d’eau dont j’explique le principe dans mon premier article.

Le réseau complexe, aux nombreux bras latéraux de certaines mines surplombant la ville, parait être la marque de mines d’eau médiévales à usage collectif, creusées pour répondre aux besoins d’une collectivité (comme la mine dite du cimetière, fig. 5). D’après L’eau dans les Alpes occidentales à l’époque romaine, H. Aubagnier, P. Borgard, J.-L. Guendon, L. Martin, Les cahiers du CRHIPA n°19, octobre 2010

Image de l’itinéraire 12km450, 3h30 déplacement (5h au total), dénivelée 141m (+319, -319 en cumulé)

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** Train des Merveilles Rétro : visite de Tende et balade de l’Aigle

Publié le Catégories 06 Alpes-Maritimes, Balade, En voiture ou en train ou en bateau, et à piedMots-clés , Laisser un commentaire sur ** Train des Merveilles Rétro : visite de Tende et balade de l’Aigle
 

Le train des Merveilles Rétro nous a déposés à Tende vers 12h30  : lire Train des Merveilles rétro 1  et Train des Merveilles rétro 2. Cette ville de 2164 habitants en 2014 (seulement 12 h au km2) n’est française que depuis 70 ans et ça se sent ! Je passe à l’office du tourisme pour établir un programme mi-culturel mi-sportif : visite de Tende, tout en montées et descentes, promenade jusqu’à l’Aigle.

Tende et ses merveilles, Chroniques méditerranéennes, vidéo FR3 Méditerranée

Le plan que m’a donné l’office du tourisme n’est pas clair, n’est pas orienté avec le nord vers le haut comme j’en ai l’habitude ; il manque presque tous les escaliers et la même rue qui se prolonge peut changer de nom ou faire une boucle. La carte IGN ci-contre est plus précise avec une dizaine de fontaines figurant sous forme de ronds bleus. Néanmoins, comme je n’ai que le dépliant, je vais tenter de repérer les centres d’intérêt numérotés dans l’ordre du plan.

Visite de Tende

1 – Place de la mairie  la mairie est installée dans la Villa Alpina construite à la fin du siècle dernier  par un passionné de peintures rupestres ; le monument aux morts rappelle que les tendasques étaient italiens jusqu’en 1947

2 – Maison Chianea : une des premières maisons construites vers 1620 par la famille Chianea en dehors de la ville fortifiée. L’entrée est surmontée d’un linteau sculpté

3 – Porte d’Italie ou du Piémont et chapelle de l’Annonciade : une porte en arc brisé qui donne accès à la partie médiévale de la ville ; c’est par là que passaient les muletiers et les marchands qui se rendaient dans le Piémont.

chapelle Annonciade photo site par-monts-et-par-vaux.euLa chapelle de l’Annonciade accolée au rempart est un petit édifice composé d’une salle couverte d’une voûte d’arêtes bombée, et d’un toit de lauzes en appentis. Décor peint à fresque de la fin du gothique (vers 1480-1485) , illustrant pour l’essentiel un cycle marial (Visitation, Nativité, Adoration des mages, Fuite en Egypte, Massacre des Innocents…). Le décor est sans doute dû à Giovanni Baleison, peintre originaire de Demonte en Piémont. Selon le ministère de la culture

4 – Rue de France : en raison de l’affluence des muletiers, elle devient sens unique au XVIIe ; de nombreuses maisons sont sculptées d’armoiries ou de sentences. Plusieurs montées portant le même nom – Béatrice Lascaris (née au XIVè) – j’avoue que c’est perturbant pour s’orienter.

La plupart des linteaux gravés se trouvent côté impair de la rue c’est-à-dire qu’ils appartiennent à des maisons donnant sur la vallée, donc plus riches que celles donnant sur la rue et adossées à la colline. Au numéro 131, inscription « IHS » gothique avec fioritures et gland à la partie inférieure et  écus à tête de cheval, forme typiquement italienne. Site archeo-alpi-maritimi.com

Placés ainsi au-dessus des portes, [les sigles] devaient éloigner le diable et les mauvais esprits. Comme le monogramme du Christ IHS ou JHS (de Iesus Hominum Salvator). Tous les linteaux de Tende et la Brigue

5 – Place du Traou : sur la place du Traou les comtes de Tende rendaient la justice. On y trouve une plaque en l’honneur du colonel Maurice Guido, pilote de chasse, intervenu en Russie pendant la seconde guerre mondiale. Sur le mur peint en jaune et rose, la fontaine du Traou à trois robinets annonce sa date de création : 1870.

6 – Place du Ponte ou place de la sectionTB

Construite sur le riou, l’ancienne place du Ponte servait de place du marché. L’ilôt où se situe la fontaine ayant été détruit pendant la 2e guerre, il n’y a plus la galerie de circulation sous les maisons.

Un linteau en schiste noir au n° 1 de la place de la Section TB porte les initiales IHS ; ce serait l’ancienne maison des Lascaris.

Je m’aventure dans la ruelle du Rio Supérieur et descend au bord de l’eau ; et là, surprise, une petite cascade inattendue tout près des maisons.

7 – Collégiale Notre Dame de l’Assomption : absolument gigantesque, surprenante, dans un style qui m’est étranger. Le portail en pierre verte de Tende est achevé en 1562 ; les colonnes à l’antique sont de la Renaissance. On reconnait bien les 12 apôtres sur la frise du linteau.
Les autels latéraux appartiennent aux confréries ; la chapelle de gauche abrite l’entrée du tombeau de certains comtes de Lascaris. Au tympan, les donateurs agenouillés assistent à l’Assomption de la Vierge.
Plusieurs périodes artistiques cohabitent…

8 – Chapelle de l’Annonciation appartenant aux Pénitents Blancs : les Pénitents Blancs y avaient comme mission de donner les soins aux malades en fin de vie.

A l’intérieur, […] au centre un tableau représentant l’Annonciation et, de part et d’autre, des tableaux sur le Massacre des Innocents et l’Ascension du Seigneur sont de style baroque. L’autel en bois polychrome occupe la totalité du mur de chevet et date et date de 1672. de 1704.
La chapelle conserve un orgue classé en 1971 à titre d’objet par les monuments historiques. Le buffet est celui de l’ancien orgue datant de 1672.

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Le Trou du Loup par la chapelle Saint-Brice et la fosse aux loups

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Cette fois c’est Yves qui conduit la randonnée ; partiellement sur les mêmes chemins que ceux que j’avais parcourus en 2014 Le Trou du Loup, elle a cependant plusieurs atouts supplémentaires : la chapelle Saint-Brice, le vrai trou du loup et un groupe très sympa pour partager nos bons plans !

Mes photos de la randonnée

Les photos de Yves, notre guide

Après une montée tranquille, nous arrivons en face de la chapelle Saint-Brice, de dimensions modestes, dédiée à un saint qui, aux IVè et Vè siècles, fut un disciple de saint Martin auquel il  succéda comme évêque de Tours. Du XIIe au XVe siècle, l’abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon possédait déjà l’église paroissiale Saint-Brice, un prieuré situé sur la colline, et l’église Saint-Martin au Picarlet ; elle en percevait les revenus. L’autel a été repeint. La statue placée au-dessus de l’autel est dédiée à Notre Dame de la Salette connue pour ses récits d’apparitions.
Quant à la cache, une des quarante posées par le parc du Luberon, elle devient évidente… si on y arrive par le bon côté.

23/40 luberon chapelle Saint-Brice, Corbeleaux

Nous poursuivons par le sentier de découverte les chemins de l’olivier, illustré de panneaux d’information ; la piste du trou du Loup circule entre les massifs boisés et parfois nous remarquons certaines zones dans lesquelles la végétation n’a pas tout à fait repoussé comme avant l’incendie de 2002. Après une courte pause, on quitte la piste balisée pour rejoindre le point culminant de la randonnée.

Le cairn  04 ancré sur la crête des Vierards par le club de rando local de Sainte-Tulle a peu de chance de s’écrouler : il est bâti autour d’un poteau de bois qui lui donne l’allure d’une cheminée. A travers la végétation basse, ici et là quelques totems en bois contemplent le paysage côté nord, avec Pierrevert et Sainte-Tulle dans la vallée.
L’association a aussi participé à la réhabilitation de l’espace incendié qui a traumatisé les habitants. Le plasticien Jacques Le Tixier a réalisé une oeuvre « Et la colline reverdira ». J’ai bien l’impression que des 92 totems de bois taillés à la tronçonneuse symbolisant des couples, des familles amenées à disparaître un jour, il n’en reste plus beaucoup.

Le 24 juillet 2002, le feu parcourt 620 ha sur les communes de Pierrevert, Sainte-Tulle et Corbières : cet incendie est le premier dans le département qui ait touché sévèrement des quartiers bâtis. Observatoire régional des risques

Cairn sud 04 – Et la colline reverdira, YvesProvence

Nous allons entamer une descente encore facile sur des galets roulant. Une construction de pierre sèche non loin de la crête où se trouve la limite entre les deux communes, m’intrigue. Sa forme n’est pas celle d’une cabane de pierre sèche : allongée, rectangulaire avec une ouverture sur le côté, elle me fait penser à un petit parc ou abri à moutons – quelques jas sont signalés sur le cadastre napoléonien – ou un corps de garde tel que construit en 1720 pour empêcher les intrusions de potentiels malades de la peste.

Lorsque la maladie se déclare à Corbières et à Sainte Tulle, un blocus allant de Manosque à Beaumont de Pertuis, gardé par 80 hommes, fut ordonné par le marquis d’Argenson. La peste de 1720 emporta 131 personnes sur les 400 habitants présents. À la fin de l’épidémie, tous les effets et les meubles des défunts furent brûlés au centre du village. Depuis, un feu est allumé du 24 décembre au 1er janvier sur la place du village pour commémorer cette épidémie. Selon le site de la commune de Corbières. D’après Histoire géographie statistiques du département des Basses-Alpes, J.-M. Féraud, Digne, Vial, 1867 et le site BassesAlpes

De temps à autre, des arbres morts étendent leurs maigres bras dans tous les sens ; certains y verront la désolation, d’autres une oeuvre d’art. J’appréhende tellement la descente plus ou moins périlleuse sur des galets que je me mets à la queue pour affronter, à mon rythme, les risques de chute. Nous suivons un ruisseau à sec sur des formations gréseuses et marno-calcaires, alternance de couleurs grisâtre et blanche.

Yves s’écarte de la piste pour nous mener au trou du loup, le vrai comme il aime à dire, un vrai piège à loup quelquefois appelé louvière, tel qu’en fabriquaient nos ancêtres des campagnes, proches des forêts. Il n’en reste plus beaucoup mais les noms de lieux en gardent le souvenir. Sans doute placé sur le parcours des loups venant s’abreuver au ruisseau – c’est le cas ici même s’il est à sec aujourd’hui – il doit être suffisamment profond pour que le loup ne puisse remonter ; cette fosse qui s’est comblée progressivement de terre, ne fait plus que 2.50 m de profondeur mais constitue quand même un risque pour ceux qui courraient un peu trop vite. Au fond du trou, une ouverture a été pratiquée pour permettre à ceux qui y tomberaient par mégarde, de s’échapper.

On bâtissait des fosses profondes (4 m) car le loup est capable de faire un saut de 2 m sans prendre son élan ; il était aménagé en entonnoir renversé c’est à dire évasé vers le fond et non vers le haut pour empêcher l’animal de remonter en prenant appui sur les bords. A l’intérieur des pièges (piques, collet, etc). Au dessus une couverture de feuillages. Pour attirer le loup vers la fosse, on pouvait garnir la fosse d’un cadavre de mouton ou même d’une jeune brebis vivante dont les cris attiraient le loup. D’après pièges et fosses à loup, generationsrurale.be

Comment prendre le loup avec une fosse

Mode d’emploi du piège à loup, XVIIIe-XIXe : Louis LigerLa Nouvelle maison rustique ou économie générale de tous les biens de campagne […], 11° édition, 2 volumes, Paris, 1790
M. Vérardi, Manuel du destructeur des animaux nuisibles ou l’art de prendre et détruire tous les animaux nuisibles à l’agriculture, au jardinage, à l’économie domestique, à la conservation des chasses, 1823

Les fosses aux loups avaient des variantes régionales : en Auvergne par exemple, on bâtissait des fosses en pierre de lave ; dans les Alpes, on plantait un arbre à blesser (pointe de mélèze sec avec rameaux taillés en pointe acérée) ; une spirale de sang de brebis pouvait mener au trou ; là où l’on ne pouvait creuser, le piège prenait la forme d’une double palissade circulaire l’une au centre de l’autre, avec une porte ouverte mais amovible ; quand le loup en avait fait le tour entre les deux palissades, il poussait la porte et la refermait lui-même (voir maquette jointe du site generationsrurales.be). A Saint-Martin Vésubie, on peut encore voir une fosse à loup dont l’ouverture est garnie d’un bord de pierres surélevé.

Le trou du loup (le vrai), YvesProvence

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Dernière modification le 16 Nov 2017

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Sentier du petit patrimoine rural du Paty

Publié le Catégories ----- * Ventoux 84, 84 VaucluseMots-clés , , , , , , Laisser un commentaire sur Sentier du petit patrimoine rural du Paty
 

Après la visite du manoir hanté de la Pré Fantasti (esperit fantasti en provençal), j’enchaîne avec le sentier du petit patrimoine rural du Paty1 ; la voiture reste garée au parking du Lauron.
Jusqu’au début du XXè, les collines étaient cultivées ou réservées aux troupeaux. C’est à la recherche de ces témoignages que nous partons.

L’ensemble des photos

Le début et la fin de la boucle se rejoignent près d’un mur de soutènement en pierre sèche ; au carrefour vers la première variante, je tombe sur un petit ouvrage en pierre sèche qui ressemble aux guérites ayant servi d’abri aux sentinelles en faction le long du mur de la peste ; puis une belle cabane en pierre sèche située près d’un ancien parc à moutons devant laquelle on devine un jardin ; un grand pierrier témoigne sans doute d’une ancienne construction aujourd’hui écroulée.

Le sentier va maintenant monter dans les bois ; je ne repérerai pas la totalité des curiosités annoncées sur le panneau mais n’y pense plus dès que je suis en vue du lac du Paty.
Espérant pouvoir m’approcher du bord, je descends dans une pente un peu raide mais surprise, un grillage ferme l’accès au barrage. Je remonte, doublée bientôt par un chien fougueux qui rejoint son maître. Sur l’autre rive, trois personnes installées pour une partie de pêche. A l’une des extrémités du lac, la fameuse écluse conçue par le père jésuite Morand pour alimenter les quatre moulins de Caromb, le plus haut ouvrage maçonné de France à l’époque (1773), aussi lourd que la tour Eiffel. Les pierres de taille n’en sont que l’habillage : l’intérieur est en terre et tout-venant, construit comme une restanque ; l’eau entrait dans le mur pour s’écouler ensuite à travers le plafond crépiné de la galerie du bas. Le lac de Paty n’est désormais utilisé que pour les loisirs et la pêche.
En 1999, le service municipal du barrage est créé et assure l’entretien régulier de cette construction particulière, encore unique en France.

Les archives municipales précisent qu’en juin 1762, on décide de faire dresser un devis pour établir cette écluse au Paty, qui retiendrait toutes les eaux de source. […] Le vice-légat, pour l’exécution d’un tel ouvrage, accordera son autorisation à la condition que le père Morand, ingénieur expérimenté, soit l’auteur du projet.
En octobre 1762 […] : Le projet du père Morand prévoyait trois vannes mobiles superposées pour la distribution de l’eau en été, et celle du fond, la plus basse, pour effectuer les vidanges et faire évacuer les boues.
En août 1763, on va poser des affiches dans les villes du Comtat pour la mise aux enchères de l’écluse. On nomme un inspecteur des travaux, payé trente sols par jour.
[…] On fait élever un jas sur la montagne du Paty et on fait mettre aux enchères, à concurrence de cinquante livres, la construction d’un four au-devant du jas.
Les travaux durent deux ans (de 1764 à 1766). En juillet 1764, le travail de l’écluse a commencé et il y a aussitôt contestation avec l’entrepreneur sur la solidité des pierres de taille des revêtements intérieurs et extérieurs. […]
En novembre 1766, l’entrepreneur de l’écluse du Paty réclame une augmentation pour agrandir une guérite et réparer des dégâts causés par les eaux. L’écluse du Paty a été mal construite (juin 1767) et l’eau se perd dans les jointures et fentes de la muraille : le retard de sa construction cause un grand préjudice.
La dépense prévue au devis initial était de 36000 livres, elle atteignit alors le double, soit 60000 francs.
En juin 1768, la communauté intente un procès à l’entrepreneur de l’écluse pour malfaçon des travaux. On décide de surélever l’écluse du Paty, le 19 mars 1769.
En janvier 1772, un chaudronnier spécialiste […] place une «palette» ou «soupape» que l’on peut ouvrir ou fermer aisément par serrure. [..;]
En mai 1773, les consuls vont sur les lieux de l’écluse pour surveiller et hâter les travaux de surélévation du massif, pour alimenter les moulins. […]
En septembre 1784, des vandales forcent la serrure ou palette de l’écluse et l’eau se répand au préjudice de la ville. Le mois suivant, on constate un fort envasement de l’écluse, car on a négligé de réserver un puits (“coup perdu”) à la base de l’ouvrage et l’eau a fortement diminué. […] On dépense 1000 livres à cet indispensable ouvrage.
On élèvera une statue à la mémoire du père Morand. Extrait de l’histoire de Caromb par J. Gallian

Autour du Paty 2 : la grimpette, ilagaris

Pratiquement arrivée au sommet de la randonnée, un paysage noir, tristement consumé par le feu, s’étale devant moi ; les branches noircies et dénudées sont telles des bras maigres qui appelleraient au secours, les arbres sont déracinés. L’incendie n’est pas vieux ; en effet, c’est en août 2016 qu’il s’est déclaré. Dans quelques années, une autre formation végétale constituée de chênes kermès, d’arbustes aux feuilles persistantes et ou coriaces viendra remplacer la forêt primitive de chênes verts dégradée par des incendies.

Le panache de fumée est visible depuis tout le Comtat venaissin. Sept aéronefs (Canadair, Tracker et Dash) sont à pied d’oeuvre dans les airs pour aider le travail des pompiers au sol, déployés en grand nombre et venus de tout le département. Près de 10 hectares sont déjà partis en fumée. La Provence, 27/08/2016

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Dernière modification le 09 Oct 2017

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