Château Saint-Sauveur, Rocbaron


Un castrum et un oppidum, de quoi ravir mon compagnon de route ; certes c’est un peu loin mais les documents sont prometteurs. Le coeur du village est petit ; pas de problème de stationnement même à côté de l’église, et de l’école où les élèves qui ne voient pas beaucoup de monde, nous interpellent à l’heure de la récréation.

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Le chemin Saint-Sauveur monte raide dès le départ, d’abord sur route revêtue puis sur un sentier caillouteux, comme si des milliers de pierre avaient dévalé la pente. Au col, au bord du chemin et au pied du rocher supportant le château médiéval, nous tombons sur les vestiges de l’église Saint-Sauveur, de taille impressionnante ; les murs hauts et épais sont relativement en bon état ; l’abside et la toiture ont totalement disparu. Cette église (1735) construite sur une ancienne chapelle romane, est consacrée à Saint-Sauveur comme dans les communes voisines (Tourves, Carnoules, Draguignan,…)

Mais il faut continuer la montée en sous-bois jusqu’au château qui apparait bientôt derrière les arbres ; au détour d’un virage, la tour bâtie sur le rocher, ne perd pourtant pas l’équilibre ; le sentier contourne ce piton ; la progression est plus difficile, à cause de la végétation puis d’un pierrier en bas de l’accès ; nous entrons enfin dans la forteresse sans avoir identifié les pierres chausse-trappes1 dont parle un quotidien du Var au début du XXe siècle.

Comme je le fais souvent, j’ai cherché sur le cadastre napoléonien où se trouvaient la vieille église et le castrum ; les plans aux archives du Var n’étant pas orientés, ni téléchargeables, ni zoomables, c’est finalement grâce à la forme des parcelles inchangées jusqu’à aujourd’hui, que j’ai pu les situer ; ils se trouvent sur la section D2 Vallon de Limbaud, parcelles 304 pour l’église vieille appartenant à la commune et 302b (dénommé masure ?) appartenant au ménager Jaume Joseph : le castrum n’est donc pas identifié comme tel, sans doute de peu d’intérêt pour l’époque ; l’IGN l’a enfin considéré comme patrimoine, lui superposant une étoile. La parcelle 306 ou la 228 sont des patecq2, terme du droit coutumer provençal.

Pas besoin de se poser trop de questions : malgré son âge (Roca Barone, 11e siècle) nous reconnaissons bien une forteresse militaire avec sa tour ancrée sur le rocher côté droit, un pan de mur polygonal à double parement percé de meurtrières côté gauche prolongé d’un mur d’enceinte, une petite cour entre les deux, la falaise à pic et son fossé au nord qui protégeait le castrum. Côté ouest, plus de trace visible du village déserté depuis 1471, repeuplé au 16e siècle dans la plaine, à l’emplacement du village actuel.

Le château, abandonné, fut utilisé comme carrière de pierre pour la construction d’un nouveau corps de logis à Forcalqueiret en 1417. A vue (photo ci-dessous) ce château communique avec celui de Forcalqueiret qui faisait partie de la même seigneurie, appartenant à la même famille des Reforciat, seigneurs de Marseille.

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Deuxième rapport intercalaire : IIe partie. Découvertes nouvelles et figurations inédites d’enceintes pré- et protohistoriques du Var, par le Ct Laflotte, Toulon, 1923

Le village déclaré désert en 1471, est repeuplé au 16e siècle, mais les nouveaux habitants s’établissent dans la plaine, en contrebas du site médiéval à l’emplacement du village actuel.

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Sentier de découverte, Chateauneuf-les-Martigues


Sur une idée d’André, nous nous garons à Chateauneuf-les-Martigues, non loin de l’autoroute A55 coincé entre la ville et la chaîne de la Nerthe, à deux pas du musée et de la Vierge Noire (couleur de bronze, 1868). Temps gris. Nous disposons d’un plan schématique, de dépliants qui donnent tous les mêmes informations, et d’un balisage jaune que nous ne repérerons pas beaucoup. Par la rue du Vieux Moulin, nous passons sous les ponts de la double voie.

Concept original pour la mise en valeur du patrimoine, dans le tunnel du double pont de l’A55, quelques illustrations, un panneau d’information sur Joseph Repelin, celui qui a découvert l’habitat préhistorique de la Font-aux-Pigeons et des empreintes de main couleur ocre, celles de la civilisation actuelle de Chateauneuf-les-Martigues.

Deux illustrations (4x3m et 2x3m) issues de la bande dessinée Le Grand Abri – La vie d’un clan il y a 9000 ans en Basse-Provence –, Toomaï Boucherat, Priscille Mahieu, Carole Cheval, Atilia Multimedia, 2015 ont été reproduites en 6 jours par Fabienne Rebua et Nelly Andreo. Vivre 167, nov. déc. 2018

Nous sommes presque immédiatement accueillis par des chèvres divagantes qui grimpent sur les rochers avec une aisance que je leur envie. Ceux qui circulent dans le coin, ne seront pas étonnés : ces troupeaux trop nombreux errent le long de la D9 et de l’autoroute A55, entraînant des accidents, ravageant des terrains viticoles et engloutissant systématiquement les jeunes pousses d’arbres empêchant le reboisement du massif. En 2021, plus de 1000 chèvres. Un berger de Mouriès a ainsi récupéré les 63 premières chèvres capturées. Publication officielle de Chateauneuf, août 2021

Juste après le pont, les hautes falaises donnent l’impression d’entrer dans une zone minérale hostile, géologiquement pas toute jeune. A droite, le célèbre Abri de la Font-aux-Pigeons ; le surplomb joue le rôle d’abri contre les vents froids du nord, un des plus anciens sites préhistoriques du pourtour de l’étang de Berre (de 6500 à 2500 avant J.-C.) que l’on ne visite qu’avec un guide. Il a fait l’objet de fouilles archéologiques effectuées par Max Escalon de Fonton et Jean Courtin. Ces derniers ont mis au jour une civilisation particulière du Mésolithique : le Castelnovien. Cette période se caractérise par un réchauffement climatique qui va totalement bouleverser le paysage.

En face, nous débouchons sur un petit cirque à gauche du réservoir d’eau, trace d’une ancienne cascade selon les géologues. Nous allons poursuivre jusqu’à la grotte ; avant de partir, j’ai lu la feuille imprimée du parcours géologique que m’a envoyée André : il était écrit de longer le grillage qui protège le site mais André, persuadé d’avoir repéré le sentier en face, grimpe sur les rochers, parfois glissants ; finalement nous sommes contraints de redescendre de quelques mètres sur un terrain bien incommode…

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** Le château d’Arnajon


Ce que nous appelons bastide aujourd’hui était autrefois un domaine agricole conséquent, agrandi progressivement à partir de 1662 par achats de terres, vignes et vergers, et géré par un fermier. Vue du chemin, l’architecture de la bastide se reflète dans le bassin du haut ; la visite des jardins est une balade reposante et pleine de surprises si l’on accepte de déambuler dans toutes les allées des terrasses étagées et d’en visiter les recoins.

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En vidéo de 4 mn, l’essentiel (plein écran bouton en bas à droite de Youtube)

Certes la visite est payante et limitée à certains jours Horaire des jardins – les propriétaires y habitent en permanence – mais c’est une vraie bastide provençale qui s’appelait encore sur la cartographie de 1813, Chateau Castillon du nom d’un de ses premiers propriétaires Jacques Blanc de Boisvert de Castillon, qui avait épousé en 1660 l’arrière-petite-fille du premier propriétaire. Le domaine érigé en arrière-fief, prend le nom d’Arnajon1 en 1732. Ayant peu changé de main, le domaine est resté fidèle à son époque malgré les ajouts et modifications.

Histoire d’Arnajon, site du propriétaire dont sont extraites la plupart des informations

Après mon inscription, je me trouve face au grand bassin et au Mourre Nègre, point culminant du massif du Luberon : point de vue enchanteur. Les deux premières terrasses ont conservé leur concept d’origine avec ses deux colombiers et ses escaliers en fer à cheval. Le bassin servait de réserve d’eau et de vivier, comme à d’Albertas (Bouc-Bel-Air).

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