** Le long de l’Arc à Velaux et le four romain


Au départ, l’idée de découvrir le four romain est venue de Georges, un ami baliseur et randonneur ; mais l’endroit était tellement charmant qu’après plusieurs sorties je peux proposer un circuit un peu plus long. La rive gauche du fleuve Arc se trouve sur Velaux, la rive droite sur Coudoux (commune créée le 1er mars 1950 par détachement de la commune de Ventabren) avec la partie des Plaines du Pont anciennement sur Ventrabren ; le stationnement est facile au bord de l’Arc (s’il n’y a pas trop de pêcheurs), chemin du four romain. Juste à gauche, le jardin des Grelinettes, espace vert facteur de biodiversité et de lien social.

Le four de potier romain [four 1 rectangulaire à deux couloirs de chauffe d’après les archéologues ?] est accessible par quelques marches, quelques dizaines de mètres plus loin à droite ; n’ayant aucune notion technique sur le fonctionnement d’un four de potiers, je l’observe et prend quelques photos. C’est Anne qui me fournira un schéma de principe (ci-dessous) et une reconstitution car la chambre de chauffe sous la sole n’est pas visible. D’après la localisation des officines, l’atelier du moulin du Pont se trouve sensiblement au niveau du parking au bord de l’Arc.

La découverte de plusieurs fours et de dépotoirs de cuisson sur la commune au Moulin du Pont montre que l’on n’est pas face à une structure unique […] mais à un véritable ensemble productif.

Conçu pour cuire des séries entières de céramiques ou de matériaux de construction. En partie basse, le foyer reçoit le combustible, généralement du bois ou des sous-produits végétaux. Au-dessus, la chambre de cuisson accueille les objets façonnés en argile. Entre les deux, un système de circulation de la chaleur permet de répartir les gaz brûlants et d’obtenir une température suffisamment stable pour réussir la cuisson. […] [ndlr : voir le site Trimatrici dont est extrait le schéma]

La rivière offre d’abord l’eau indispensable à tout le travail préparatoire : malaxer l’argile, la purifier, l’assouplir, nettoyer les outils, soutenir la vie quotidienne de l’atelier. Mais elle apporte surtout la matière première elle-même. Les vallées alluviales sont des milieux privilégiés pour la présence d’argiles exploitables, issues des dépôts et remaniements successifs des berges. Extrait généré pour Arc Fleuve Vivant, par Stephane Salord

Dans son Rapport de fouilles. campagne 1974, Site 25, Moulin du Pont, Velaux, 13, J.-P. Villa évoque des pilettes1 construites entre deux murs (Merci Anne pour ce rapport dactylographié) : Il s’agit d’un four rectangulaire [four n°3], orienté d’est en ouest. Il comprend deux éléments principaux : à l’est le foyer, à l’ouest à l’intérieur de trois murs une double série de 6 pilettes bordent l’alandier2, prolongement du foyer.

Après quelques heures de recherche, je tombe sur une photo des pilettes prise au cours des fouilles : la structure reposait sur des arcs parallèles laissant de larges espaces de diffusion thermique, plus efficace qu’une sole percée de trous. Note sur le matériel recueilli dans la fouille d’un atelier d’amphores à Velaux (Bouches-du-Rhône), André Tchernia, J-P. Villa, Publications de l’École française de Rome Année 1977 32 pp. 231-239

Des fouilles conduites en 1972 et 1973 par J.-P. Villa et A. Tchernia ont livré une zone de 0,5 ha riche en mobilier (vaisselle et amphores). Elles ont également permis de reconnaître trois fours, distants de 10 mètres les uns des autres.

Les objets du moulin du Pont ont une pâte fine, uniforme, de couleur beige clair où des inclusions sont visibles, notamment de petites paillettes de mica. Un soin particulier a été apporté au lissage de la vaisselle ; le comblement du dépotoir fouillé au moulin du Pont était composé pour plus de 75 % d’amphores gauloises d’imitation Dr 2/43 ; deux exemples de Dr 2/4 portaient une estampille SENECA identique sur le col. L’officine de Velaux :a fonctionné du dernier quart du 1er siècle avant notre ère pour s’arrêter dans la deuxième moitié du 1er siècle de notre ère). Les officines de potiers de Velaux (13) : les productions, Emilie Porcher

Nous commençons à longer les berges de l’Arc ; la rivière est étonnamment tranquille ; un pêcheur boudeur ne ramène rien. Nous approchons du seuil du moulin du Pont, un des huit seuils sur l’Arc entre l’étang de Berre et celui de Roquefavour, le plus haut et le plus imposant : hauteur de chute totale est de 6,10 mètres, longueur 79m. Enquête publique relative […] à la demande d’autorisation en vue de procéder à des aménagements pour le rétablissement de la libre circulation de l’anguille européenne sur l’Arc aval.

L’eau dégringole en voile régulier pour le plaisir des yeux. Au fond, le long du mur de béton, nous devinons la prise d’eau reliée au canal de l’ASA de La Fare les Oliviers : la commune possède depuis des siècles un droit d’eau qu’elle partage avec la micro-centrale hydroélectrique du Moulin du Pont ; les habitants de La Fare venaient moudre leur blé dans ce moulin. Ce n’est qu’en 1706 que le seigneur Maynier d’Oppède construit le grand moulin à huile de La Fare qui fonctionne grâce au canal partant du moulin du Pont. Sur le cadastre napoléonien, et sur la carte IGN, on peut suivre le béal du moulin ; encore aujourd’hui nous le repérons dans le paysage, au quartier Saint-Michel par exemple.

La Fare-les-Oliviers, Michel Millet, Félix Laffé, coll. Le temps retrouvé, ed. Equinoxe, 2020

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Les moulins de Régusse


Une courte boucle à faire de bon matin l’été, pour découvrir les deux moulins à vent dont les habitants de Régusse sont si fiers. Je suis partie du camping Les lacs du Verdon mais vous pouvez partir de n’importe quel point du circuit : panneau de la carraire de l’Eouvière (43 .652336, 6.142353), parcours sportif, parking dans le village.

La météo ce jour à regusse/83 :
Avec le vent et la température ressentie

Prête à 6h30, je rejoins le village par les petites routes désertes à cette heure là. Beaucoup de murs en pierre sèche, de grosses pierres calcaires, sombres ; je me demande pourquoi celui-là semble doublé d’un autre mur moins haut formant banquette…

Au croisement avec le chemin de Paouvès, l’oratoire saint-Roch, souvent bâti dans les villages de Provence au moment des épidémies, comme celle de la grande peste de 1720 ; un ancien puits communal maintenant couvert. Dans la rue Pasteur, je vois au loin l’église Saint-Laurent avec son clocher en tuiles vernissées (XVIIe) et le haut campanile construit au XVIIIe s avec sa cloche de 1537 provenant de la chapelle Saint-Jean-Baptiste. De là le parcours sportif circule dans le bois de la chapelle, ancien défends de Régusse servant au gros bétail antérieurement à 1400. Henry Blanc, Le défends de Régusse, 1956 dans Les Paysages forestiers de Haute-Provence et des Alpes Maritimes, Annick Douguedroit, Edisud, 1976

Rue de la paix un puits octogonal porte les armoiries de Régusse qui font penser à celles de la famille Grimaldi de Monaco. Y-a-t-il donc un lien légitime ?

Pourtant c’est un Grimaud qui est seigneur de Régusse vers 1615 ; Charles Grimaud est le premier à se réclamer d’une filiation avec les Grimaldi (de Monaco) ; les généalogistes (baron de Roure, Monique Cubells) n’ont pu établir ce lien : les Grimaud sont une famille de marins et de commerçants. Sa fille Françoise épouse en 1646 Honoré de Grimaldi (de Monaco) : dans leur contrat tout le monde s’appelle Grimaldi et les notaires par la suite garderont cette dénomination. Charles est conseiller au Parlement de Provence (1633) puis président à mortier (1643) : nul n’ose contester. Au XVIIIe les Grimaud de Régusse sont définitivement désignés du nom de Grimaldi… Mémoires de Charles de Grimaldi, Charles de Grimaldi marquis de Régusse, ‎Monique Cubells, Presses universitaires de Bordeaux, 2008

Je traverse le village par une ruelle étroite et montante ; dans la descente sur l’ancienne route de Régusse à Barjols (D560), les deux moulins à blé parfaitement alignés semblent ne faire qu’un sur la butte, entourée de champs. Les aires de battage se trouvaient au pied des moulins. C’est en 1565, dans l’acte d’évaluation des terres de la Seigneurie demandé par Antoine d’Albert, que l’on trouve la mention d’un moulin [en ruine] à Régusse. M. Marcel JEAN, Moulins de Provence, bulletin n°7 du 1991 à lire sur Les Amis des moulins de Régusse, l’histoire. Mais pas de date de construction des moulins d’origine : le plus vieux avant 1500 (?), l’autre 20 m plus loin sur une voûte en remblai, existait au XVIIe. Je doute que sa position fut plus favorable par rapport au vent…

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De l’Arc au moulin sur la crête de Campbernard


Deuxième randonnée sur Rousset pour voir de près le moulin que nous avions aperçu d’en bas dans Rousset de la colline de Campbernard à la rivière de l’Arc ; le plan IGN mentionne en pointillés un sentier qui part de la crête de Campbernard et rejoint celui qui sinue entre le bas de la colline et les vignes. Il n’est pas balisé bien sûr mais ça se tente pour faire une boucle. Départ du parking de la promenade de Manéou à la Cairanne.

La météo ce jour à rousset/13 :
Avec le vent et la température ressentie

Cette fois, j’ai longé l’Arc dans le sens amont-aval ; le premier gué de pas japonais m’a impressionnée moins que la première fois ; certes il faut faire de longues enjambées mais aidée du bâton de randonnée, ce n’est pas difficile ; en courant, avec un bon sens de l’équilibre, c’est sans doute plutôt pour les sportifs.

Plus de pollen blanc cette fois. Une eau encore abondante près d’un banc, puis dans une trouée d’arbres, le moulin à vent de Rousset sur la colline de Camp-Bernard. Un autre gué détérioré permet de passer sur l’autre rive.

Avant de rejoindre la route, je passe près des pontons réservés aux pêcheurs, où a eu lieu le 23 mai dernier le concours de pêche organisé par l’AAPPMA (fédération d’Associations Agréées de Pêche et de Protection du Milieu Aquatique) Rousset-Fuveau.

La route du bassin (station d’épuration ?) circule entre les champs ; un cabanon garde encore son attrait grâce à sa terrasse mais l’intérieur commence à se dégrader. Un moulin à eau aurait-il été construit sur la rivière l’Aigue-Vive comme l’indique la carte IGN de 1950 ? J’en doute car je n’en trouve pas trace sur le cadastre napoléonien.

Au bout d’un virage serré, je rejoins la route de la sablière (D56C) et remonte jusqu’au village ; en passant devant la mairie et le marché, j’atteins la rue du Barry, juste au-dessus de l’avenue Paul-Marie Couton, qui évoque les remparts de l’ancien château. A gauche, un pigeonnier en pied ; au fur et à mesure de la montée, les quartiers résidentiels récents s’accumulent. Incroyable progression du nombre d’habitants dans ce bourg (700 habitants en 1906. 100 ans après 2600, 5400 en 2023) dont le coeur est coincé entre deux grosses artères de circulation la D7, ancienne et célèbre route nationale 7, et l’autoroute A8.

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