GR 2013 urbain : Martigues (2ème partie)



Cet article fait suite à la publication du GR 2013 : de Chateauneuf à Martigues (1ère partie), le sentier de grande randonnée inter-urbain balisé à l’occasion de Marseille Provence 2013, capitale européenne de la culture ; le parcours a été réalisé en une seule journée mais je vous le présente en deux articles. Partie avec quelques préjugés à cause de la proximité de l’étang de Berre et des industries chimiques, j’ai finalement été séduite par ce parcours : agréable promenade le long de l’étang (pas de pollution visible), cheminement dans de petites ruelles calmes chaque fois que possible, un site archéologique à ciel ouvert et un final à la chapelle Notre Dame des Marins. Beaucoup de variété dans les paysages, beaucoup de découvertes mais selon moi, ce GR n’a d’intérêt qu’accompagné par des guides connaissant les lieux comme ceux des associations locales de la Fédération Française de Randonnée.

La météo à cet endroit
avec prévisions à 3 jours

Le littoral est un espace industriel gagné sur l’ancien étang de Caronte par remblaiements successifs : des entrepôts et le stockage à sec de bateaux de plaisance occupent les rives Sud du chenal de Caronte. Extrait de la fiche 18 : la chaîne de L’Estaque, la nerthe, la côte Bleue, CG13

A la découverte des belles Martigues, Med &Vero wouhou

Il me faut traverser d’abord l’emblématique pont levant qui laisse enter les bateaux dans le chenal : il  faut attendre une vingtaine de minutes pour que s’opère la manœuvre d’ouverture et de fermeture du pont levant.

[Le pont levant], curiosité touristique pour les uns, fâcheux contretemps pour les autres. Selon Revue reflets n°36

Le pont levant date de  1962, il a remplacé l’ancien pont tournant (1929) dit « le Pont du Roi ». Il relie l’Île et Jonquières. 1 500 ouvertures par an en moyenne. Depuis 1962, trois accidents mortels sont survenus : le dernier […] dans les années 90, a causé la mort d’une dame qui a voulu traverser et enjamber le vide alors même que les barrières piétonnes étaient fermées. Le pontier se plaint des automobilistes qui ne respectent pas le feu rouge, poussent les barrières de sécurité ou lui lance un signe rageur. Deux tiers du trafic concernent les bateaux de plaisance, un tiers les navires marchands, gaziers et chimiquiers, qui livrent la raffinerie de Berre. Revue municipale Reflets n°36

Pour la dixième année, le désormais traditionnel village de Noël de Martigues se réinstalle sur le quai des Anglais. Je me faufile entre les chalets de bois n’ayant pas trop le temps de découvrir les créations des artisans : bijoux, maroquinerie et… stands gastronomiques.

Je longe maintenant l’étang de Berre ; un cygne élégamment virevolte sous mes yeux ; entre espace vert et littoral, la promenade ne s’apparente plus à de l’urbain. Le GR tourne à droite, à gauche, empruntant de petites ruelles calmes, et débouche sur Tholon en travaux.

Quel n’est pas mon étonnement de me trouver face aux fouilles archéologiques de Tholon, indubitablement liées au captage et à l’utilisation de l’eau douce sur le site : long bassin de lavage (1780-1960) et d’évacuation de l’eau de la source de Tholon dont on a retrouvé les citernes, les conduites, le captage, les galeries  ; en contournant le site barré, je découvre des murs antiques, des îlots d’habitations, des voies caladées, en cours de restauration. Dans l’îlot d’habitation ci-contre, de remarquables éléments des parois murales peintes et décorées à la fresque ont été mises au jour. Pour rénover le site, certaines pierres seront remplacées par de la roche du Pont du Gard, les carrières de La Couronne n’étant plus en fonction.

En 1998, le service archéologique de la ville de Martigues a identifié l’agglomération antique, connue par les textes sous le nom de Maritima Avaticorum, occupée entre le 1er siècle av. J.-C. et le Ve siècle apr. J.-C. Il y aurait même dans l’eau, sur près de 1 ha, des vestiges d’aménagements portuaires antiques. Lors du déclin romain et la prise d’Arles (480) Maritima Avaticorum, non fortifiée et exposée dans la plaine, est abandonnée au profit des hauteurs (ancien oppidum de Saint-Blaise par exemple).

De l’église du moyen âge – Sancta Trinitatis de Tullone – il ne reste plus rien mais la citerne de la source de l’Arc pourrait presque fonctionner à nouveau ; une date (1817) et le nom du bâtisseur (B. Courbon) sont gravés dans la pierre sur le côté intérieur d’un mur.

En fonction au moins dès le XVIIIè siècle, elle est composée dedeux réservoirs voûtés en plein cintre, maçonnés en pierre de taille, dont les façades sud et nord apparaissent percées de plusieurs ouverturess, destinées au puisage de l’eau. Jean Chausserie-Laprée

Sur le côté, quelques marches sont encore visibles : l’étage auquel on accédait servait probablement de salle de pompage de l’eau stockée dans les citernes. Une photo extraite du document de Chausserie-Laprée montre le bâtiment surmonté d’un étage en maçonnerie de pierre, lui-même couvert d’une toiture de tuile.

Un peu plus loin, pas moins de cinq bassins contigus de dimensions différentes ont été mis au jour (100 m2 env.) et bâtis à même le terrain naturel de marne : quel intérêt avaient-ils pour la communauté ? Recouverts à l’origine d’un béton de tuileau hydraulique, ils sont caractéristiques des structures antiques destinées à accueillir des liquides : souvenez-vous de l’archéologie de l’aqueduc romain de la Traconnade. Le grand bassin en contre-bas, semble être le réceptacle des quatre autres. Bien qu’il y ait quelques ressemblances avec le vivier romain que j’avais vu à Fréjus, l’architecte de Martigues pense plutôt à une citerne d’eau douce. Entre la fontaine de la source de l’Arc au nord et le lavoir de Tholon au sud, un aqueduc enterré traverse la parcelle.

Je traverse le site désert de l’école de voile de Tholon, école qui en 2010, organisait les championnats du monde de planche à voile. Tiens, le lycée Paul Langevin, établissement scolaire dont le nom m’est très familier (je travaille dans l’éducation nationale) mais que je n’ai jamais visité.

Les sondages exécutés sur le parking du lycée ont permis d’appréhender précisément l’extension du site antique, bordé par une large route périurbaine, […] qui mettait en relation Arles et Marseille par la voie côtière. Jean Chausserie-Laprée

Restitutions et mise en valeur d’habitats : l’exemple de Martigues (Bouches-du-Rhône, France), Jean Chausserie-Laprée, 2008 (?)

Continuer la lecture de GR 2013 urbain : Martigues (2ème partie)

©copyright randomania.fr

Les Tours Gros par l’étang du Pourra



J‘ai choisi Saint-Mitre les Remparts et le Circuit les Tours Gros pour profiter ensuite du week-end photographique 2012, 11è édition ; dans plusieurs lieux publics – hôtel de ville, maison de la jeunesse et du social, restaurant municipal, bibliothèque Vaillant, la Manare -, les clubs photos exposent leur travail ; Audrey Deleuze, l’invitée d’honneur, expose sur le thème de ‘la Sainte-Victoire’ à l’école maternelle Edouard Vaillant ; elle a fourni une partie des photos du diaporama de l’exposition 2012 organisée par l’association des Amis de Sainte-Victoire à Saint-Antonin sur Bayon.

Partie du parking de la Manare, presque plein en milieu de matinée, je traverse le village que je découvre. Les remparts furent construits au début du XVè siècle et existent encore dans leur quasi totalité aujourd’hui. Je découvre le poète Louis Brauquier et même Robert Guidicelli, l’instituteur assassiné à Lyon par la Gestapo le 9 août 1944, soit quelques jours avant le débarquement en Provence. Il avait participé à la libération du premier département français : la Corse.

Un passage piéton permet de passer sous la route sans danger ; au loin la chapelle Saint-Michel sur son promontoire ; le balisage bleu est bien présent mais de petite taille : ouvrez l’oeil ! l’ancien chemin de Fos se prolonge jusqu’à une ruine où il faut obliquer à droite ; le sentier s’approche de l’étang du Pourra, quelques mètres sous le niveau de la mer : parce qu’il est particulièrement boueux, emprunté par les chevaux, je ne peux éviter de marcher dans la gadoue ; mais confiante en mes baskets outdry Columbia (voir le test effectué dans la note Du Caramy à la chapelle Saint-Probace), je n’essaie même pas de l’éviter ; je les lave ensuite dans le ruisseau pour être présentable à l’exposition de cet après-midi. La végétation est si haute que je ne pourrai voir le plan d’eau temporaire du Pourra. Le sentier longe la ligne à haute-tension, les énormes pylônes (les pokémon comme les appelle Lilou, 6 ans) aux boules colorées côtoient également le pipeline Total. Où la nature ? Un ancien sentier abandonné mène à la citerne rouillée des Olivets, un autre matérialisé sur la carte IGN est désormais propriété privée : plus d’accès direct à l’étang.

La montée vers les Tours Gros, à droite juste après les ruines, particulièrement ravinée, traverse un bois ; les VTT descendent à vive allure ; les multiples chemins de traverse peuvent représenter un piège si vous ratez les traces bleues ; de gros rochers curieusement creusés de multiples alvéoles, ont été fouillés par des amateurs de fossiles. D’ici, l’étang du Pourra est bien visible mais je ne repère aucun oiseau. Du plateau, je peux voir le village de Saint-Mitre. Dans la descente, je perds deux fois le balisage, passe dans une décharge peu  avant la route. De l’autre côté de la route, le sentier barré protège une ‘propriété privée’ : la suite du circuit est pourtant là, à nouveau traversée par un bois ; attirée par une affiche placardée contre un arbre, j’imagine qu’un chasseur a dû perdre son chien ; mais non, c’est une annonce pour la vente d’un meuble porte-fusils ! Le souterrain pour les piétons évite la route très fréquentée, passe devant le cimetière puis rejoint le parking.

Petite visite au moulin restauré (il date de 1625) ; quand on regarde la carte de Cassini, on s’aperçoit que ce n’était pas un mais cinq moulins qui existaient à Saint-Mitre. De silo à grains, celui là est redevenu moulin à vent. La bluterie1 était probablement en dessous, c’est pour cela qu’on y monte par des escaliers.

Après un bref pique-nique, je pars voir l’exposition de photos. Parmi les photographes des clubs photos, on reconnait déjà ceux qui savent trouver l’angle, le sujet qui sortent de l’ordinaire ; dans les photos d’Audrey Deleuze, les nuages et le ciel ne sont pas anonymes ; chaque détail prend de l’importance puisqu’il participe au tout. Audrey se lève tôt et passe des heures dans la Sainte-Victoire, belle en toutes saisons sous son objectif ; quant à la photo choisie pour l’affiche, on dirait presque qu’elle est ‘fabriquée’, irréelle, mais non, c’est bien la vraie Sainte-Victoire…

Itinéraire 7km 2h déplacement (2h30 au total) 107m dénivelée

1Bluterie : la bluterie est le réservoir dans lequel tombe la farine après être passée dans la meule.

©copyright randomania.fr

** Le Haut Montsalier, village abandonné



Les villages abandonnés m’attirent, je ne sais trop pourquoi. Quand certains ne retiennent que la beauté du point de vue dominant, quand d’autres cherchent des trésors oubliés par les habitants exilés ou volent même les croix dans le cimetière, moi, je me complais à faire un retour arrière. J’imagine la vie rude d’autrefois à transporter les marchandises avec un âne, à cultiver puis battre le blé ; j’admire le courage de nos ancêtres souvent obligés de travailler dur, juste pour se nourrir. Le livre de Florence Dominique, par ses informations historiques, m’y aide bien d’ailleurs. 25 balades sur les chemins de la pierre sèche, Florence Dominique, le bec en l’air, 2010

La météo à cet endroit
avec prévisions à 3 jours

IMG_0143.JPGNous partons du Plan de Montsalier, où les habitants se sont installés après avoir quitté les hauteurs au début du XXè siècle. Montée régulière dans un sous-bois de chênes. Nous longeons des murs de soutènement faits de grosses pierres arrondies bien disposées. Sous la falaise, les vestiges de murs délimitant l’enceinte du village précèdent le carrefour de chemins de Montsalier à Banon, Redortiers, Revest.

IMG_0145.JPGIMG_0147.JPGDeux des anciens moulins à vent sont des tours rondes – et on comprend mieux un jour de mistral pourquoi il y en avait trois ici ; je suppose que les habitants des villages voisins devaient y amener leurs grains. Le plus éloigné du village, près de la propriété habitée, est déjà plus sophistiquée. En 1829, sur le cadastre napoléonien, deux moulins (le meunier est COMBE Louis, 60 ans) sont signalés le long du chemin des pierres, preuve de l’importance des cultures céréalières. Le linteau de l’un d’eux, lorsqu’il était encore en place, portait la date de 1591. Ils fonctionnaient encore en 1860. Mais le plus ancien existait avant cette date puisque l’abbé Corriol écrit que Vincent Eyroux « le vieulx », marchand de Simiane, le 15 février 1578, achète un moulin à  vent à Montsalier.

IMG_0153.JPGNous prenons au nord le chemin de Redortiers. Champ de pierres ou champ cultivé ?  les feuilles et tiges vert foncé de cette plante sont couvertes d’un léger duvet blanc, et poussent à ras du sol, entre les pierres : serait-ce le concombre d’âne connu sous le nom scientifique d’ecbalie élatère ?

IMG_0155.JPGIMG_0161.JPGAvant le champ en friche, nous cherchons la grande bergerie à trois coupoles bien cachée dans le sous-bois. Chacune des coupoles est montée sur arcs diaphragmes comme celles de la montagne de Lure. Deux enclos, un devant, un derrière, la ceinturent. Quel dommage qu’elle ne soit pas réparée ! sous peu la voûte va s’écrouler.

IMG_0172.JPGIMG_0166.JPGDevant la cabane insérée dans le clapier, nous tombons en admiration sur l’épierrement en tous lieux réalisé par nos ancêtres. D’ailleurs, ici les flancs de collines, les cabanes, les murs, les maisons, les marches, les sols, ne sont que pierres ! au milieu d’un champ, de loin, une élégante cabane de pierres sèches nous invite à la pause : jardin clos, cabane fort joliment assemblée, rustique maison de campagne.

IMG_0174.JPGIMG_0184.JPGNous montons jusqu’au vieux Montsalier perché à plus de 910m d’altitude, par une large voie caladée faite pour le pas des ânes plutôt que pour celui des hommes. Points de vue sur les moulins et la montagne de Lure en toile de fond. L’église Saint-Pierre  est le seul monument restauré au milieu de ruines : hauts pans de murs, vestiges de caves voûtées réservées au bétail : sentiment contradictoire, comme si on voulait maintenir la vie à côté de la mort. Sur la place, la croix de mission rappelle l’époque où l’on tentait de restaurer la foi religieuse dans les villages.

IMG_0185.JPGL’abside est percée d’une fenêtre typique du XIè en meurtrière avec un tout petit linteau échancré. L’église parait curieusement obscure mais il est possible qu’il y ait eu une fenêtre ou deux, dans le mur sud, avant la construction d’un appentis. La Haute-Provence monumentale et artistique, Raymond Collier, Digne, 1986

IMG_0179.JPGExposées au vent, les grandes aires de battage en belvédère au dessus du vallon de la Royère, sont revêtues d’un pavage en calade soigneusement appareillé avec des raidisseurs2. Les aires caladées, c’est-à-dire pavées de pierres, étaient plus coûteuses, mais dégageaient moins de poussière et demandaient moins d’entretien. Les raidisseurs assuraient la cohérence de l’ensemble et sa stabilité. IMG_0182.JPGLes gerbes de blé, disposées verticalement en épis serrés, y étaient séchées au soleil. Les chevaux, guidés par un pautrier3, piétinaient le blé sec de façon circulaire. Puis les hommes frappaient les épis au fléau pour en faire tomber le grain. Tout le système de murs de passage et délimitations a été restauré par l’APARE en 2007 et 2008. Voir cartes postales anciennes et illustrations d’une aire de battage sur le site cugistoria.fr

Continuer la lecture de ** Le Haut Montsalier, village abandonné

©copyright randomania.fr

Le tour des hameaux de Sigonce



20ème fête de la randonnée Forcalquier pays de Lure : IMG_0007.jpgle tour des hameaux de Sigonce, grâce à un charmant guide qui s’était blessé de la veille, a l’intérêt d’allier marche et patrimoine puisque nous commençons par la visite de Sigonce en présence du maire et d’un membre de l’association les Amis de Sigonce qui agit pour la sauvegarde et la mise en valeur du patrimoine de la commune.

Blason D’azur à la lettre S capitale d’argent, surmontée de trois étoiles du même mal ordonnées. Le S ne signifierait pas Sigonce mais Secondus locus, second village apparu à l’emplacement actuel, le premier étant au Chatelard et Aris.

IMG_0110.jpgLa statue de Saint-Claude, saint protecteur de la peste aux pouvoirs miraculeux, a été volée dans sa niche au coin de la  rue en 1972 et remplacée par un petit buste de terre cuite, trop petit pour l’abri qui le protège. Une tentative de vol par les habitants de Lurs s’était soldée par un échec : la statue était devenue si lourde lors de son transport que le butin avait dû être abandonné. D’après Pays de Lure Forcalquier Manosque et de Giono, Ollivier-ElliottEdisud, 2000

Continuer la lecture de Le tour des hameaux de Sigonce

©copyright randomania.fr

* Petit tour des gorges de la Méouge



IMG_0063.jpgBalade courte mais enchanteresse, en limite de Drôme et Alpes-de-Haute-Provence ; pour ceux qui ont peu de temps à consacrer à cette découverte, c’est une vision concentrée des gorges de la Méouge : ses cascades de glace, son pont roman, ses sculptures de pierre, son promontoire au pied du village abandonné de Pomet… et ses truites fario protégées nationalement. Nous avons aimé tous les trois : vous aimerez.

La météo à cet endroit, aujourd’hui et à 3 jours
avec le vent

IMG_0067.jpgIMG_0046.jpgNous partons du pont roman (balisage du tour de Pays jaune et rouge) qui s’incline doucement vers l’autre rive ; seule la première arche en arc brisé témoigne de la période de sa construction (XIVè ou XVè). Au début du XXè siècle, les crues de la Méouge ont détruit le vieux moulin de Pomet de l’autre côté de la rivière ; il ne reste qu’un pan de mur en ruine et le trou dans lequel s’insérait l’axe de la meule. IMG_0068.jpgLes paysans y venaient moudre le froment, l’épeautre et  le seigle, broyer les noix et les amandes ou battre le chanvre pour le tissage des vêtements.
IMG_0063.jpgIMG_7215.JPGIMG_0070.jpgLe barrage à l’amont a lui aussi cédé ; quelques mètres devant, un arbre planté au milieu de l’eau, on ne sait comment, résiste au courant. Le travail incessant de la rivière a par endroit creusé des marmites de géant ou laissé des sculptures de pierre en forme de champignon. Quelques cascades de glace ont sculpté naturellement de jolies formes qui s’accrochent aux parois rocheuses. Sous le manteau de glace, parfois l’eau s’écoule avec discrétion.

IMG_7229.JPGAprès une première erreur (il ne faut pas monter mais rester légèrement au-dessus de l’eau), nous longeons la rivière. Par endroit le sentier est tellement gelé qu’il constitue un réel danger. Nous préférons éviter ces passages en marchant dans la terre, en faisant des pas de géant ou en cassant la glace pour poser le pied avec plus de sûreté. La saison d’hiver ne se prête pas à une balade tranquille.

Photo empruntée au site de Blanc-BlancIMG_7234.JPGDe magnifiques plissements dignes de cours de géologie (photos de plissements sur l’Espace perso de Blanc-Blanc désormais fermé), sont visibles sur les deux rives ; « Sous l’effet de la poussée pyrénéenne, le feuilleté de roches calcaires qui recouvrait la région s’est lentement déformé en ondulations créant une série de plis […] en gouttière, les synclinaux, orientés essentiellement est-ouest. La Méouge coule dans le fond d’un de ces synclinaux. »

Méouge orientale, site geol-alpes

IMG_0073.jpgIMG_0080.jpgAprès le méandre encaissé que nous contournons (balisage PR jaune), nous arrivons à la passerelle qui enjambe une rivière bien calme. Pourtant elle doit être bien fougueuse parfois pour avoir élargi cette vallée et emporté presque tous les ponts sur la Méouge en 1901.

Vue sur la Méouge et le barrage depuis Banc de BoucVue sur PometAyant réservé notre repas à l’auberge de Méouge (je vous la recommande pour son accueil et sa cuisine de qualité pour un prix modique), dans un Bistrot de Pays à Barret-sur-Méouge, nous abandonnons le circuit prévu pour rentrer rapidement par la route et rejoindre en voiture le rocher de Banc de Bouc, lieu de l’ancien cimetière de Pomet qui domine les gorges. Bien avant que la route des gorges n’existe, au XIVè, sur le chemin de Barret-sur-Méouge,  Guillaume de Mévouillon, seigneur de Val-de-Barret surnommé le Barbe-Bleu provençal, et ses soldats se livraient à des pillages, viols, et séquestrations sur les voyageurs et marchands de passage. Résidant majoritairement au château du Pomet, il fut trainé en justice devant le conseil delphinal de Grenoble sans que sa peine soit connue.

En vidéo les gorges de la Méouge, club alpin du guillestrois, 2014 (circuit complet)

Image de l’itinéraire 2.400km 40mn dépl 50m dénivelée (le vrai circuit par Banc de Bouc 3.600km 1h 120m dénivelée)

Description itinéraire le Banc du Bouc circuit 13 (celui de cet article)
Le Tour des gorges de la Méouge Topoguide Buëch rando 12km

bullet1.gif

Méoujo : du provençal « l’eau qui a la couleur du miel »


©copyright randomania.fr

La boucle des Mariaudis : mieux avec quelques variantes



Une boucle qui figure dans la liste des randonnées proposées par l’office du tourisme de Forcalquier. Je vous la propose avec quelques variantes.

IMG_0318-225x300.jpgNous empruntons le boulevard Latourette pour rejoindre le chemin des Ybourgues et le GR6 (rouge/blanc). Sur l’arête rocheuse, un grand cabanon pointu est construit dans le jardin d’une propriété, ce qui est curieux, cette construction se trouvant habituellement dans la nature. Nous descendons dans le vallon du Viou (balisage jaune), passons le pont, dans un sous-bois, sur une route forestière.

IMG_0328.jpgAu carrefour avec le GR6, je propose à mes acolytes une première variante : descendre jusqu’à la rivière puis rejoindre les Ybourgues, hameau dépendant de Limans (balisage rouge / blanc). La descente caillouteuse est parfois raide : presque 200m de dénivelée ; nous passons devant quelques champs de lavande, quelques bosquets d’arbres avant d’atteindre la Laye et la retenue de la Laye (plus de 2 millions m3, barrage mis en eau 1965) qui a envahi même les champs : les arbres sont au milieu de l’eau.

La météo à cet endroit aujourd’hui et à 3 jours
avec le vent

IMG_0333.jpgIMG_0338.jpgLes Ybourgues, petit hameau à grosses maisons qui devient au XIIè siècle un véritable village avec église, château, et même couvent des Bénédictins. Face à la fontaine, le chateau remanié au cours des siècles qui a appartenu aux comtes de Provence puis aux Forbin-Janson seigneurs de Mane. La tour faisant office de colombier avait des archères étroites. A l’opposé, une tourelle rectangulaire. Le logis a plutôt un style post-renaissance mais ne choque pas à côté du style médiéval. Les pierres d’angle porte l’année de leur restauration. Le second niveau sert d’habitation ; côté cour les trois fenêtres à meneau étaient pourvues de coussièges1 latéraux. La forme d’ensemble fait penser à un corps de ferme mais certains indices font penser à des fortifications. Peut-être une ferme fortifiée ? la boucle des pigeonniers de Limans dans ce blog vous permet également d’y passer.

IMG_0343.jpgIMG_0345.jpg

Après avoir dégusté quelques mûres prises sur les branches basses du mûrier au dessus de la route, nous cherchons un endroit pour le pique-nique. Moment convivial de partage de nos provisions. La remontée jusqu’au carrefour sera un peu difficile…

IMG_0360.jpgAu carrefour avec le sentier de Mariaudis, nous continuons sur le GR6 le long d’un vieux mur de pierres sèches. A peine 200m plus loin, estoublon nous propose une seconde variante vers un cabanon pointu. Au carrefour suivant en allant vers Mane, il nous emmène à la recherche d’un grand cabanon pointu (troisième variante) qu’il a aperçu dans le quartier des Eyroussiers, là où nous avions parcouru le sentier des cabanons. Nous y allons à travers bois et garrigues. IMG_0376.jpgIl est particulièrement grand, bien équipé : une banquette, une cheminée et renforcé sur son pourtour extérieur. Devant, c’est une véritable esplanade avec banc de pierre pour les soirées d’été. Cela valait la peine de le chercher.

IMG_0398.jpgNous rejoignons le GR6. Au loin, la colline où trône fièrement la citadelle de Forcalquier : un paysage de carte postale. Lorsqu’il tourne vers la gauche, il devient étroit et pénible.  estoublon propose une quatrième variante : rentrer par le quartier de la Louette et le célèbre viaduc du Viou.

IMG_0384.jpgDans ce quartier, coulait la fontaine de la Louette réputée pour son aptitude à faire cuire des légumes secs.  C’est en passant sous le viaduc du Viou que l’on mesure sa hauteur, sa grandeur même : sous une arcade, une plaque commémore sa construction (de 1882 à 1887).

Continuer la lecture de La boucle des Mariaudis : mieux avec quelques variantes

©copyright randomania.fr

*** Les sources de la Siagnole et l’aqueduc romain de la Roche Taillée



IMG_0005.jpgDépart du village de Mons (803m) par un sentier empierré mais qui descend doucement. Un balisage bien fait, donc pas de risque de se perdre. Un convoi de chenilles processionnaires traverse le sentier.

IMG_4003r.JPG« Au printemps, la colonie, conduite généralement par une femelle, quitte le nid, toujours en procession pour gagner au sol un endroit bien ensoleillé et s’enfouir dans un trou où chacune des chenilles va tisser son cocon pour démarrer son processus de transformation en chrysalide ».

Plus bas, nous passons à côté de belles lignées de restanques, travail d’un artiste, puis suivons la départementale 56 que nous avions parcourue sous la neige en janvier dernier. C’était le jour de la fameuse alerte orange dans le Var.

La météo à cet endroit aujourd’hui et à 3 jours
avec la vitesse du vent

IMG_3525r.JPGIMG_3514r.JPGPar le sentier juste après le pont, nous rejoignons les anciens moulins communaux de Mons, moulin à huile avec son immense roue à aubes, moulons à foulon1 et blé. En remontant la rive droite, nous pouvons voir les installations de l’autre côté. On entend désormais une turbine moderne. IMG_0072.jpgEt si l’on continue jusqu’au barrage des moulins, c’est un impressionnant tonnerre que l’on entend ! l’eau tombe en hautes cascades sur la largeur de la rivière, formant un nuage de gouttelettes en suspension dans l’air. Les abords sont glissants et dangereux mais le spectacle magique. Dans les sous-bois, un drôle de champignon gélatineux à volutes oranges accroche notre regard et s’accroche à un arbre mort dans un sous-bois. Une trémelle mésentérique ?

IMG_3516r.JPGIMG_3522r.JPG[…] les monsois restent très attachés à leurs moulins, pour preuve les véhémentes protestations du conseil municipal de Mons à propos du projet du canal Jourdan en 1847. Ils ont réussi à maintenir un droit d’eau d’un débit minimum de 100 litres par seconde au niveau des moulins communaux. « Les paysans, au début du XXe siècle, venaient « faire moudre » leur blé pour fabriquer eux-mêmes leur pain. L’hiver, ils apportaient leur récolte d’olives au moulin à huile. Cette huile servait à la cuisine, mais aussi à l’éclairage, l’électricité n’étant pas encore amenée dans les campagnes. Les routes n’étaient pas aménagées et c’est, à dos de mulet, par les chemins rocailleux, que les paysans se rendaient aux moulins ». La séparation des peaux et noyaux des olives est obtenue par décantation dans une succession de bassins :

  • les résidus sont revendus pour la fabrication du savon Palmolive … à l’huile d’olive,
  • les noyaux sont toujours recherchés pour l’industrie cosmétique ou la fabrication d’abrasifs, de pâte à polir les verres de lunettes (établissements Charles Bardon au Muy).

Les moulins de la Siagnole, site wikipedia

IMG_0033.jpgIMG_0041.jpgDemi-tour pour emprunter désormais le  GR qui surplombe légèrement la Siagnole. Après une marche le long du canal, nous arrivons à un premier captage moderne, celui de la source Jourdan. En poursuivant notre chemin, nous passons devant une guérite abandonnée avec barrière : elle devait autrefois contrôler l’accès à la source de Neissoun et aux installations de captage.  Après une petite escalade, nous accédons sans trop de difficulté à la grotte de Neissoun barrée d’une grille de métal : elle ne recrache pas d’eau aujourd’hui mais l’eau coule quand même de tous côtés, surgissant même parfois tel un petit geyser (photo de droite). Nul doute qu’après de fortes pluies, les sources vauclusiennes doivent sortir de toutes les grottes et fissures de manière spectaculaire.

Source romaine de la Sagniole (photos, schémas, explications)

 

IMG_0259.jpgIMG_0061.jpgLe captage romain a disparu sous les installations actuelles. Le canal, recouvert de dalles de calcaires (1m de large, 50cm de profondeur) remplacées aujourd’hui par des dalles en béton, court en sous-bois rive gauche interdite au public ; 160m plus loin, il traversait ensuite la rivière sur un pont aqueduc à une seule arche dont nous avons retrouvé quelques morceaux de maçonnerie sur la rive droite (mais l’imposante culée amont se trouve rive gauche), sans savoir à ce moment là qu’ils avaient appartenu à un pont romain ; les Romains utilisaient une technique de régulation de débit (déversoir) en cas de mise en charge exceptionnelle de la source vauclusienne. La surveillance se faisait par des regards tous les 270 pieds romains (80m env.) pour assurer nettoyage et réparations (beaucoup de dépôts calcaires dans un environnement karstique !).

Voir le tracé sur le site Pays du Var Est avec le tracé reconstitué par tronçons.

Continuer la lecture de *** Les sources de la Siagnole et l’aqueduc romain de la Roche Taillée

©copyright randomania.fr

*** Les menhirs Lambert en passant par le moulin du Collet



img_0244.jpgchataignier_tete_crocodile.jpg

 

Le décor de notre week-end : Collobrières1, la forêt des Maures et le gite de l’Aurier labellisé « accueil paysan », complètement perdu au coeur de la forêt, auquel on accède par la longue piste des Condamines qui se perd dans le fin fond du vallon de l’Aurier. D’immenses forêts de chataigniers, des arbres aux formes torturées qui nous montrent des visages à faire peur. Le silence, le noir total à la nuit tombée, de l’eau captée à la source, de l’électricité fabriquée, un confort simple mais un accueil chaleureux. Personne ne pouvant nous joindre par téléphone, forcément on oublie les soucis de la ville !

Collobrières par le Petit Pierrot, le maquis des Maures par le Petit Pierrot

La météo aujourd’hui à cet endroit :
Avec la température ressentie

IMG_0168r.jpgimg_0167.jpgNous avons laissé notre voiture près du pont vieux qui enjambe le Réal Collobrier. « Il permettait l’accès au vieux village ainsi qu’au château et servit à protéger la population des épidémies de peste en interdisant l’accès au village. On montait alors des barricades en bois ou en pierre pour barrer l’entrée et un garde surveillait le tout. » Extrait du Petit Pierrot. Une petite source coule toujours près du Pont Vieux ; autrefois, elle a été captée et aménagée avec un petit bassin et un lavoir. En 1993, le lavoir a été supprimé ; si vous regardez de près le bassin qui demeure, vous verrez qu’un des bords est complètement usé par par les aiguisages successifs de outils de paysans.

img_0170.jpgimg_0172.jpgComme toujours dans le Var, les sentiers sont bien balisés et les points de référence marqués avec les coordonnées géographique en latitude et longitude. L’ancienne église paroissiale Saint-Pons (XIIIème remaniée au XVIème siècle), sur la gauche, marque l’approche du début de la randonnée sur le GR90. Ah ! quelle dévotion à la fin du XIXème siècle ! En cas de sècheresse, on faisait une procession solennelle et on invoquait Saint-Pons. Si la sècheresse durait malgré les prières, on portait la statue dans le quartier près de la rivière et on le trempait trois fois dans l’eau pour lui exprimer le désir d’avoir de la pluie et le mécontement qu’on avait contre lui !
Superstitions et survivances étudiées au point de vue de leur origine et de leurs transformations, Béranger-Féraud, Laurent Jean-Baptiste, P., Ernest Leroux, Paris, 1896  

« A partir de 1860, l’église Saint-Pons est trop petite pour accueillir un nombre de paroissiens croissant mais elle est surtout en très mauvais état et difficile d’accès au sommet du village. En 1870, on décide de construire une nouvelle église à l’emplacement de la chapelle Saint-Jean et du cimetière. […]. La construction de cette église de style néogothique dure 20 ans. Ses 29 vitraux sont réalisés par le peintre verrier avignonais Gulbert ». Extrait du blog du Petit Pierrot sur Collobrières

img_0175.jpgIMG_0489.JPGDans une charte de 1288, Guilhem de Fos, co-seigneur de Collobrières depuis que son père avait cédé Hyères au comte de Provence en échange de Bormes, la Môle, Collobrières,… avait octroyé le droit d’aller moudre dans un autre moulin en cas de panne de celui du seigneur. L’accès aux ruines du moulin du Collet (XVIème) et à la cache posée par fafalemarin68 le moulin de Collobrières, est facile à repérer. Il n’en reste pas grand chose à part une portion de tour sans toiture et les marches d’escalier qui menaient à l’étage. C’était le seul moulin à vent de Collobrières à part celui de la chartreuse de la Verne.  Comme partout en Provence, il était composé d’une tour ronde à un étage, coiffée d’une chapelle en bois mobile afin que les antennes puissent prendre le vent et, par les engrenages, faire tourner les meules qui écrasaient le grain. Il remplaçait les moulins à eau pendant la sécheresse. Celui-là a fonctionné jusqu’au XIXème siècle.

img_0180.jpgIMG_0495.JPGAprès le moulin, le sentier se perd dans la forêt. des collines partout, de la verdure partout ! Certains chênes-lièges ont perdu leur écorce. Bien adapté pour eux, le sol de roches schisteuses et le climat chaud et sec. C’est un enfant du pays, Aumeran qui alla chercher en Espagne le secret de la transformation du liège en bouchon. En 1850, on comptait 17 bouchonneries. Son écorce épaisse le protège, sa capacité à produire des rejets à la souche facilite le reboisement. Les meilleurs bouchons se fabriquent dans l’écorce des chênes femelles que l’on ‘démascle’ dès qu’il atteint 10 à 15cm de diamètre. Une douzaine d’années plus tard, la nouvelle écorce pourra être récupérée. Malgré la modernité que je renie pas, je suis de celles qui préfèrent un bouchon de liège sur une bouteille de vin. Le liège revient doucement à la mode, mais cette fois comme isolant thermique ou élément de décoration.

img_0182.jpg
img_0185.jpg
img_0186.jpg
img_0193.jpg
 

 

 

La boucle qui mène aux menhirs de la ferme Lambert, j’en rêve depuis longtemps. Cette période de l’histoire me fascine, sans trop savoir pourquoi : vous trouverez un tag Mégalithes dans le nuage de tags, si le sujet vous intéresse. Pour rejoindre les deux menhirs isolés dans une immense prairie, il faut passer par dessus le grillage grâce à un petit banc de bois.

Le propriétaire du terrain au début du XXème siècle a redressé lui-même le second à grands frais et grosses machines. Ces deux monolithes, taillés dans le gneiss micacé tout proche (on a retrouvé des excavations de la taille des menhirs), mesurent respectivement 3,15m et 2,82m de haut. On les attribue à une période comprise entre la fin du néolithique et la fin de l’âge de Bronze (environ 2500 à 2000 ans avant J.-C., Homo Sapiens). Pourquoi nos ancêtres les construisaient-ils ? Comme on n’y a pas trouvé d’objets ou d’ossements enfouis, on ne sait pas trop à quoi ils servaient : culte d’une divinité, démonstration de pouvoir d’un groupe d’individus sur un territoire, pierre destinée à reconnaitre un espace sacré ? 

Continuer la lecture de *** Les menhirs Lambert en passant par le moulin du Collet

©copyright randomania.fr

Ganagobie



Voilà une randonnée riche de découvertes qui m’incitera à re-découvrir les Alpes de Haute Provence où j’ai vécu plusieurs années. Classée facile (7km, 3h, dénivelée 316m – départ pont Bernard, arrivée au parking visiteurs), la randonnée à Ganagobie1 a été organisée lors de la fête régionale de la randonnée 2008 à Volonne. Notre guide en profite pour nous présenter un petit bout du GR 653D réhabilité par les baliseurs, et qui était autrefois le chemin de St-Jacques et de Rome :

http://www.compostelle-paca-corse.info/Region/inaugurationgr65.html

img_8181.gifimg_8191r.JPGAprès une petite halte au minuscule village de Ganagobie, nous entamons la montée vers le plateau. Petit crochet vers la maison écologique qui tourne sur son socle grâce à des roulements à billes (plus de 1000 billes !), et qui ressemble plutôt à une soucoupe. La sphère est le volume qui a le moins de surface de contact entre l’intérieur et l’extérieur, d’où moins de pertes énergétiques l’hiver, et moins d’apport de chaleur l’été.  img_8187r.JPGEn orientant les parties vitrées et les panneaux solaires face au soleil durant toute la journée, on récupère un maximum d’énergie. Et inversement, en positionnant automatiquement la face non vitrée vers le soleil, créant une sorte de bouclier thermique, la fraîcheur est maintenue dans le dôme. « Les grosses gaines d’aluminium qui partent du sommet serviront l’hiver à aspirer l’air chaud qui s’accumulera au sommet de la voûte pour le réinjecter en bas du dôme. L’été, en inversant le flux, elles permettront d’injecter de l’air frais au sommet pour provoquer un brassage de l’air interne. » Du liège expansé sert d’isolant au sol et sur les murs. Toute la périphérie, considérée comme non habitable, peut être utilisée comme rangements. Grâce aux matériaux dont elle est composée et surtout à son système de rotation automatisé, c’est une maison particulièrement écologique. Sa structure en bois lui permet de parfaitement s’intégrer dans la nature. Et elle résisterait même aux séismes ! Guillaume a construit sa soucoupe dans les oliviers : les étapes de construction

La météo aujourd’hui à cet endroit
Avec la température ressentie

Sous les rochers, nous découvrons des grottes, des sources, une citerne, et un ancien lavoir taillé dans la pierre. Nous passons devant le cimetière des moines, où de sobres croix sont rigoureusement alignées. Les moines bénédictins de l’abbaye de Hautecombe (Haute-Savoie) ont rejoint la communauté de Ganagobie depuis 1992. Leur abbaye, qui est en cours de restauration pour plusieurs années, accueillera des retraitants. « Gaston Dominici, sur la fin de sa vie, devint l’ami d’un moine bénédictin du monastère de Ganagobie lequel reçut sa confession qu’il ne trahit jamais. Gaston Dominici décéda en 1965, sans qu’on sache jamais son degré d’implication dans le triple meurtre de la famille Drummond. » (extrait du site wikipedia)

Site officiel de l’abbaye notre dame de Ganagobie

Les horaires des messes à notre dame de Ganagobie

Le portail de l’église romane attire mon attention tant les sculptures de pierre sont réalistes jusque dans le détail. Le Christ est entouré des 4 évangélistes.  D’une main, il bénit, de l’autre il tient la bible. Les animaux sont les symboles des évangélistes. Ce serait l’oeuvre d’un seul artisan au XIIème siècle. Si on entre dans l’église, par un escalier latéral, on accède à une tribune élevée où se trouve l’autel de saint Transi ; c’est là que les paysans apportaient les enfants mal en point et imploraient le saint sauveur d’enfants (voir le document du site Balades pour la tête et les jambes). Tout le monde s’accorde pour dire que c’est une des plus belles oeuvres romanes de Haute-Provence. Après une période de richesse aux XIIème et XIIIème siècle grâce aux donations des comtes de Forcalquier, d’affaiblissement puis de renouveau, de saccages et destruction, elle renait après la seconde guerre mondiale.

img_8204r.JPGimg_8208r.JPGimg_8209r.JPGimg_8210r.JPGimg_8207r.JPG

En bordure de falaise où nous marchons sur des dalles calcaires qui montent et descendent sans arrêt, de nombreux sentiers offrent de courtes mais intéressantes promenades : côté ouest, la carrière de meules2 nous laissera tous perplexes. Pratiquement personne ne savait que cela avait existé. Les meules sont taillées sur place et notre guide ne sait pas comment elles étaient décollées du sol. Un petit tour sur internet au Laboratoire de Recherche Historique Rhône-Alpes, et quelques indications aimablement fournies par Alain Belmont (promis, si en chassant le trésor je découvre une carrière inédite, je vous la signale…), vont me permettre de décoder le site :

  • La période d’exploitation attestée : Moyen Age – Epoque Moderne ;
  • Type de meules produites : meules monolithes à grain ;
  • Production : 80 meules ;
  • Aire de diffusion de la production : régionale.

« A l’ouest du plateau et au nord de l’allée de Forcalquier, les dalles de molasse à éléments grossiers ont été entamées sur 3 aires distinctes. Les plus petites regroupent 6 et 12 alvéoles d’extraction, la plus grande une soixantaine. L’extraction s’est faite sur le plan horizontal et sur deux à trois niveaux superposés, à l’aide de fossés annulaires à profil en U. Les ébauches abandonnées mesurent 1,20 m de diamètre pour 20 à 40 cm d’épaisseur, les alvéoles d’extraction 1,50 à 1,80 m de diamètre. » Auteur de la fiche : Alain Belmont.

Atlas des meulières de France et d’Europe

Continuer la lecture de Ganagobie

©copyright randomania.fr

Le moulin Bonnet à Boulbon



img_5752r.JPGDépart depuis un petit parking coincé entre le chateau – appartenant depuis Napoléon à la famille Bonaparte – et une muraille de vieilles roches en couches ratatinées. Le sentier grimpe de façon continue puis arrive en haut de la colline où le moulin montre fièrement ses ailes de bois restaurées. Il ne fonctionne pas en ce dimanche.img_6219r.JPGimg_6222r.JPG Le moulin Bonnet de Boulbon a été restauré en 2003. Sa charpente, ses ailes, son mécanisme ont été reconstruits d’après des plans d’origine par « les charpentiers du haut Var » (entreprise de M. Aujogues au Muys). Un bel ouvrage de notre patrimoine qui héberge occasionnellement des meuniers bénévoles amateurs1 et produit de la farine non commercialisée quand la météo est favorable, c’est à dire quand il y a beaucoup de mistral.

p1150897-300x225.jpgp1260570-300x225.jpgp1260500.jpg

Photos fournies par l’Association

Les conditions de circulation dans les Bouches-du-Rhône ou  en appelant le 0 811 20 13 13 la veille pour le lendemain.

« Lorsque le moulin tourne, on doit absolument l’alimenter en grains qui servent de « lubrifiant » entre les deux meules. Par voie de conséquence, on obtient de la farine, fine si le vent est fort et plus grossière si le vent est moins fort car on ne peut serrer les meules sans blocage. Ce n’est pas notre souci car notre seul but est de le faire tourner ! » me confie M. Betton, président de l’association des « Amis du Vieux Boulbon ».

Sa girouette porte les armoiries du village « de img_6234r.JPGgueules à un lion d’argent » que l’on retouve aussi sur la clé de voûte de l’église Sainte-Anne. Le moulin de Boulbon est le seul moulin des Bouches-du-Rhône à pouvoir fonctionner. cassini_boulbon.jpegComme souvent quand il s’agit de petit patrimoine, c’est une association « les Amis du vieux Boulbon » qui le gère à la demande de la mairie qui en est propriétaire. La date admise de sa construction est 1776 ; pourtant, lors de la restauration, la meule tournante a été img_6224r.JPG déplacée et une date gravée a alors été visible : 1748. Sur la carte de Cassini de cette époque, je compte au moins 4 moulins (qui appartenaient aux moines de l’abbaye de Saint-Victor) dont le moulin brûlé ; peut-être la meule vient-elle de celui-ci ? l’évènement a dû une laisser une trace indélébile dans les esprits puisqu’un quartier de Boulbon porte encore le nom de « moulin brûlé » !
Nous descendons jusqu’à la table d’orientation, bien colorée, conçue par les enfants de l’école primaire des Saules ; nous dominons le village de Boulbon et comprenons mieux en quoi ce chateau est plutôt une forteresse. De l’autre côté, la vallée du Rhône et sa haute cheminée rayée blanche et rouge.img_6275.JPGAu retour, nous passons au pied du château littéralement incrusté dans le rocher. Avec quels moyens techniques les hommes ont-ils pu le construire au XIIème siècle ? Nous terminons par la visite du village moyenâgeux, en circulant à l’intérieur de la deuxième ligne de remparts « la muraille du fort » ; à chaque tournant qui nous cache l’espace au delà, on se demande si on ne tombera pas sur une impasse. Mais non, nous tombons bientôt sur la rue de l’andrône2 des remparts qui permet de rejoindre la première ligne de remparts en contre-bas.

Site de la commune

Le moulin Bonnet, du site Moulins de France

Circuit moulin Bonnet – chapelle St-Marcellin – village – chateau (retour possible par la chapelle Saint-Marcellin moins de 3km A/R – dénivelée 84m)

blsqr05.gif

1Je remercie Michel Betton, président de l’association « Les Amis du Vieux Boulbon », qui m’a signalé les informations erronées de cette note. Il me communique également les conditions de visite : le moulin est ouvert les deuxième et quatrième samedi et dimanche du mois (l’après midi) à partir des journée du patrimoine jusqu’à fin juin.

Adresse : Place Victor Barberin, 13150 Boulbon
Téléphone (mairie) : 04 90 43 95 47 – cotisation 5€/an en 2008

2Androne : Entre deux maisons est intercalée un androne (ou entremis), un espace de 25 à 40cm de large destiné à éviter la propagation des incendies et à faciliter l’écoulement de l’eau.

Provence des moulins à vent, Jean-Marie Homet, Edisud, 1984

bullet1.gif

Merci Bong13 pour la montagnette 2 : Boulbon : promenade à faire des enfants, un samedi après-midi quand le moulin est ouvert.

©copyright randomania.fr