*** Le fort de Buoux

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Depuis le temps que je  vis en région PACA,  que j’entends parler de Buoux, je n’ai jamais visité son fort qui figure pourtant sur la carte IGN et sur tous les guides de la région ; Photo de couverture du livrel’après-midi, j’ai rendez-vous avec Bruno au château de l’Environnement : ce sera donc l’occasion d’y aller le matin. Le château de Buoux de la demeure Renaissance au Château de l’environnement, L. Vermot-Gauchy, P. Prouillac & J. Haye, sous la direction de P. Cohen, Parc naturel régional du Luberon – Edisud, 2008

Toutes les photos du fort de Buoux

saint-symphorien (photo wikipedia)En arrivant d’Aix, vous ne pourrez pas rater le campanile élancé de la chapelle Saint-Symphorien dont les origines pourraient remonter au Xè siècle.  Une inscription lapidaire disparue cite Rostang, Teutbert, Ailald et Pons qui vivaient à cette époque.

J’ai choisi le trajet le plus court, à partir d’un petit parking de 4 places au lieu-dit Chemin-Clos, sur la toute petite route qui traverse le quartier de la Combe et mène aux Seguins, gite connu de tous les randonneurs. Attention ! il est bien difficile de se croiser en voiture.
FalaiseL’ambiance est donnée : nous sommes au fond du vallon de l’Aiguebrun, protégé par une haute muraille de pierre. Impossible de deviner le fort pour l’instant. Aucun téléphone mobile ne passe : prévenez donc vos proches si vous partez seul. Dans cet environnement fermé, un peu d’inquiétude passagère est possible…

Chroniques souterraines, le fort de Buoux et sites voisins, P. Courbon

sentier au départ du parkingL’humidité se ressent dans le vallon : les roches sont humides, parfois recouvertes de mousse ; après un ou deux passages un peu hauts, le sentier étroit rejoint la piste, le GR de pays du Tour des Claparèdes.

baume du fortchaos rocheux en face de l'abriLa montée continue passe devant un abri sous roche d’autant plus impressionnant que l’amas de gros blocs rocheux à gauche de la piste laisse penser qu’ils proviennent du toit écroulé ; il a été découvert lors de la construction de la piste d’accès au fort ; lieu de refuge idéal, sur les parois de la baume du fort existent encore des orifices destinés à recevoir les poutrelles supportant les clayonnages qui permettaient de clore la baume. Prise par le temps, je n’ai pas visité les alentours mais il y a des tombes creusées à même le roc et une cuve vinaire.

Chaos technique, Serge Robert

plan-fort-buouxSurgissant de la végétation, se dresse en un seul bloc un immense socle prédestiné : place forte idéale dominant les environs, la falaise semble inaccessible. chemin d'accès au fortJe m’arrête dans la maison du gardien des lieux ; la visite est payante (5€) et sert au financement des chantiers de sauvegarde ; je n’ai qu’une carte bancaire (non acceptée) et un billet de 5€ tout humide que je lui propose en deux morceaux, c’est le billet qui reste dans mon sac à dos au cas où… Heureusement, le gardien du fort accepte de le recoller ; il me met en garde sur l’humidité ambiante qui rend la pierre glissante, l’absence de protection du fort et l’escalier dérobé déconseillé aux personnes âgées, aux femmes enceintes et aux enfants en bas âge, et les jours de pluie.

Si vous quittez le fort par cet escalier, L’escalier secret, Serge Robert

Fort Buoux vue aérienne IGNLe chemin d’accès au plateau incliné long de 460m et au plus large de 80m, présente une dénivelée de 77m entre son point le plus bas et le plus haut : les constructeurs ont donc rationalisé l’utilisation du sol. Ce chemin utilise utilise une corniche naturelle entaillée par endroits pour faciliter le cheminement pédestre et muletier.
Les numéros entre parenthèses correspondent aux points de repère du plan que le gardien vous remettra.

Non loin du premier bastion médiéval (2), trois habitats rupestres (3) ; puis treize marches larges et surbaissées conduisent à la porte d’accès (5) datant du XIIIè. Sur 3 ha, je découvre alors un ensemble savant et complexe de l’architecture du moyen âge.

Accès à la tranchée défensive tranchée défensiveUne faille naturelle servant de tranchée défensive (7) a été aménagée : des ancrages de poutres pour la couvrir, un escalier taillé dans le roc, à l’extrémité sud ouest un bastion et un corps de garde (10). A l’opposé, une ancienne citerne (8) autrefois couverte récupérait les eaux de ruissellement du plateau.

sentier glissant vers S.-E. de l'aire du fortJe poursuis alors sur le plateau glissant ; à gauche, il devait y avoir des terres cultivables ; en s’approchant des bords du plateau, on comprend la dangerosité du lieu qui s’ouvre sur un grand vide. Le village médiéval (12) qui a son apogée au XIVè, laisse apparaître quelques vestiges d’habitation et six murailles de pierre sèche constituant un système défensif complémentaire (11).

Le fort de Buoux, bob_13

Eglise porte voûtée EgliseLa porte d’origine de l’église du fort (14) à l’ouest a été bouchée ; on y entre maintenant du côté de la citerne qui jouxte l’église. On reconnait l’abside semi-circulaire typique de l’époque romane, l’autel.

Habitation troglodytique avec silo citerne près de l'église citerneQuarante mètres plus loin se trouve un groupe d’habitations dont la maison commune (16) avec une porte en plein cintre ; certaines habitations sont semi-rupestres, d’autres ont leur propre silo (17).

escalier-derobe-photo-P CourbonPassage dérobé (dangereux)On accède à l’escalier dérobé (37), à proximité des habitations, par une poterne (36) ; son état n’incite pas à quitter le fort par là. Il donne accès à un plateau intermédiaire puis, par 62 marches hautes, le bas de la falaise et le vallon du Colombier. Peut-être qu’autrefois, on atteignait le plateau intermédiaire par une échelle.

Habitation troglodytique avec silo Ensemble de silosUne aire d’environ 80 m2 concentre 16 silos (19) de dimension différente, taillés en forme de marmite dans le rocher et avec un couvercle.

La forteresse médiévale me laisse admirative : trois fossés, trois remparts vont se succéder sur le plateau. Le premier rempart s’appuie sur le rocher, percé d’archères étroites et allongées ; on y accède par une poterne en plein cintre légèrement décentrée.

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Dernière modification le 22 Avr 2017

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Sentier du Badaïre, parc départemental de l’Arbois

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Mireille m’a passé la fiche éditée par le CG13 « Parc départemental de l’Arbois » au départ du pavillon de la garde à cheval. Entrée du parc (piétons à droite)Ne connaissant que le parcours du GR 2013 qui traverse l’Arbois, je réserve ce circuit pour un jour de temps incertain. C’est aujourd’hui : léger mistral. Le sentier porte désormais un nom : le sentier du Badaïre, celui du promeneur curieux qui musarde. Cette interprétation semble mieux convenir que le sentier du muflier, autre traduction de « Badaïre ».

Les travaux consisteront à créer un parking de 200 places, un accès aux personnes à mobilité réduite, un pavillon d’information, une maquette du parc, et des signalétiques pour les marcheurs et adeptes de la petite reine. Le parking étant fermé par une grande grille, je questionne le garde qui brosse son cheval ; il me dit que je peux stationner devant la grille, le parking n’étant pas encore terminé. balisage du sentierPont de bois au départ du parc Balisé par de solides pierres recouvertes d’une plaque portant le nom du sentier, il passe par un pont de bois au dessus du ruisseau, délaisse sur la droite quelques tables de pique-nique, puis grimpe vers le pont au dessus du TGV : vu le nombre de TGV qui passent, vous avez de fortes chances d’en voir passer au moins un !

En choisissant de rester sur les sentiers aménagés, les paysages évolueront entre roche apparente et pinède luxuriante. Vous pourrez également admirer des végétaux typiques de la Provence, le thym et le romarin qui poussent à foison dans le domaine de l’Arbois.
cuestascanal de MarseillePanneau d'information sur le canal de MarseilleLes abords du large sentier ayant été nettoyés et aplanis, je peux voir une gorge peu profonde et le ruisseau qui y circule ; le canal de Marseille zigzague et s’enfonce sous la terre par une bouche bétonnée ; un panneau d’information nous rappelle les origines de sa bienheureuse construction mise en service en 1849.
A gauche un pylône de télécommunications, en haut de la côte, deux lignes de pylônes à haute tension qui se croisent. Difficile de faire des photos sans qu’un fil électrique ne vienne zébrer le paysage. Mais de chaque côté, des vallons verdoyants larges et prometteurs de fraîcheur.

Passage à guéFerme de la VautubièreObligée de passer à gué un ruisseau habituellement intermittent, je me mouille les pieds avant d’arriver dans le fond du vallon bordé d’un champ cultivé. Le long du sentier en corniche, au loin, la ferme de Vautubière surgit au milieu d’un vallon déserté ; ancienne dépendance du château de la Tour d’Arbois, la plus petite, elle produisait des céréales. Pont de pierre Un rustique pont de pierre traverse le ruisseau puis repart à l’assaut de la colline. Construction de pierre (?)Un peu plus loin, à un carrefour de pistes, je cherche vainement l’usage de cette construction de pierre placée sous un grillage ; une pierre plus petite semble servir de bouchon. Deux pièces de métal recourbées sont fixées en bas de l’une des faces. Qui me dira ce que c’est ?

Sur le plateau les roches sont perforéesRuines de MionLa version longue du sentier du Badaïre m’amène en pleine garrigue sur un sentier beaucoup plus rustique. Depuis les hauteurs du plateau, je mesure l’importance des ruines de la ferme de Mion : nombreux bâtiments dont une bergerie dans le vallon éponyme le long de la rivière.

J’ai choisi d’ajouter une variante vers l’ancien camp de transit américain installé pendant la seconde guerre mondiale sur le plateau de l’Arbois.L'eau envahit le sentierruines de MionLe réservoir du vallon de Mion Je longe donc le ruisseau de Mion qui regorge d’eau, parfois en petites cascades ; le vallon bien frais doit être agréable l’été : un grand réservoir recueille les eaux d’une source captée. Dans le hameau de Mion, les ruines dangereuses sont grillagées mais déjà forcées par des curieux.

bergerie de MyonMyon : Ancien domaine de 200 ha comprenant une maison de maître de deux étages, une remise, trois écuries, un hangar, deux chenils, cinq loges à porc, une source et un grand bassin, et deux bergeries pouvant contenir 1000 moutons. Le domaine ainsi que celui de la Tour d’Arbois et Valloubières ont été mis aux enchères après expropriation en 1898. Informations extraites du Mémorial d’Aix, 1er mai 1898

A la sortie du hameau, la piste grimpe jusque sur les hauteurs du camp (Continental Central Prisoners of War Enclosure – CCPWE404). Qu’en reste-t-il ? deux pylônes électriques, des dalles de béton supportant les baraquements, d’anciennes voies de circulation rectilignes à l’intérieur du camp.

Pylônes au camp américainDalle de béton vestige du camp américainLes prisonniers en transit attendent d’être attribués à un Commando de travail, ou sont des invalides attendant un rapatriement, ou des SS concentrés dans des ‘compounds’1 spéciaux, ou des prisonniers de guerre à disposition de la Sécurité militaire, ou des criminels de guerre. Les prisonniers allemands aidaient à la construction et à l’entretien du camp.

D’une manière générale, les prisonniers de guerre disposent de 2 uniformes, deux jeux de sous-vêtements, deux paires de chaussures (travailleurs), ou une paire (non-travailleurs), une capote, une ou deux couvertures.
Les prisonniers de guerre sont parqués à raison de 2000 environ dans chaque ‘compound’1, sous des tentes d’armée américaine du petit modèle. Ils couchent à même le sol.
Dans certains ‘compounds’1, les « Red line2 men » (personnel d’administration), lagerfürher [officier chef de camp de concentration] et adjoints, cuisiniers, [personnels] sanitaires, sont logés dans de petites baraques de bois comprenant quatre lits de bois et de sangles. Baraques étanches et bien construites. Extrait du compte-rendu de la visite du CICR du camp de prisonniers de guerre de l’Axe CCPWE 404

US Camp (Calas) – CCPWE 404, Serge Robert

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Dernière modification le 29 Avr 2016

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Balade autour du MuCEM à Marseille

Format GaleriePublié le Catégories ----- * Marseille et environs 13, 13 Bouches-du-Rhône, BaladeMots-clés , Un commentaire sur Balade autour du MuCEM à Marseille
 

Une balade de 2h avec ma fille Coralie autour du MuCEM, pour le plaisir de découvrir son environnement, mais pas les musées (pour l’instant). Dans l’article du blog de mademoisailescoco Découverte du MuCEM Marseille, vous trouverez des informations pratiques pour vous y rendre.

Le Musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée

Près de 5 000 m2 accueillent les expositions. Le MuCEM propose également un espace enfants pour les 7-12 ans, un auditorium, un café, une librairie-boutique, deux restaurants orchestrés par le chef étoilé Gérald Passédat, un jardin offrant des panoramas sur la ville et la mer. La maîtrise d’oeuvre architecturale a été réalisée par Roland Carta associé à Rudy Ricciotti ; ce dernier est aussi l’architecte du très contesté stadium de Vitrolles, inutilisé depuis des années…

De là [la terrasse], on peut descendre vers le plancher des vaches en empruntant une longue pente régulière dont les segments, façon ziggourat1, défilent derrière les façades. Cette pente crée un volume intermédiaire, […] Tombant du toit sur les deux flancs exposés au soleil, la résille en béton protège le bâtiment. Sur ses deux faces, elle est accrochée au coeur de l’édifice par une multitude de barres d’acier […]. Côté coeur, Ricciotti a élaboré une structure aux allures un peu sauvages de liane, une série de poutres verticales aux formes organiques qui forment la principale armature. Extrait de Le Monde, 4 juin 2013

La passerelle du MuCEM

C’est du béton. […] En réalité […] C’est de la fumée de silice rassemblée avec des fibres. Et là, encore une fois, il y a eu treize ingénieurs pour identifier cette passerelle et six ouvriers pour la réaliser. Les vrais héros sont les ingénieurs quand même. […] parce qu’il faut faire des études d’aéroélasticité, des études en soufflerie, des études de traduction de résultats en soufflerie, des études pour fabriquer le moule, des études pour contrôler la planimétrie… Il y a Airbus Industrie qui a participé au contrôle dimensionnel des voussoirs. Et puis après, des gens qui travaillent la précontrainte, puis des gens qui font des études d’excès, puis des gens qui stabilisent les échafaudages, puis des gens qui font des amortisseurs de masse accordée […] Extrait d’une interview de Ricciotti

Le site officiel du MuCEM. Accès libre et gratuit de 11h à 18h en hiver (nov. à avril) et de 11h à 19h en été (mai à octobre). Nocturne le vendredi jusqu’à 22h.

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Balade en boucle dans la chaîne de Lançon-Provence

Publié le Catégories ----- * Aix et Durance, ----- * GR 2013, 13 Bouches-du-Rhône, Geocaching et jeux, Rando familialeMots-clés , , , Laisser un commentaire sur Balade en boucle dans la chaîne de Lançon-Provence
 

Une balade familiale, un jour de temps incertain, proche d’Aix-en-Provence, pour gens fatigués, pressés ou qui veulent reprendre progressivement le sport après une période d’inactivité forcée. Vous l’aurez compris, je n’ai pas été emballée ; le tracé n’inclut pas la borne romaine de Bidoussane, mais la signale tout de même.

La météo à cet endroit
avec le vent et à 3 jours
  • Balisage d’un vert clair fade correctement posé sauf à l’endroit où il faut contourner par la gauche la propriété privée de Saint-Savournin
  • Le circuit suit le GR 2013 dans sa première partie : le début du parcours mis en ligne sur le site de la FFR est donc erroné Topo Rando Chaine de Lancon.
  • Pratiquement pas d’ombre en chemin (à faire en automne ou au printemps)
  • Proche de l’autoroute : donc le bruit de la circulation est toujours présent.

le parkingLes vignesLe petit parking prévu se trouve à l’entrée du chemin de départ balisé de plusieurs couleurs dont celle du célèbre GR 2013. La presque totalité du parcours s’effectue le long des vignes ou des oliviers.

Dalles de la voie romaineEn tournant sur la voie aurélienne, cette grande voie romaine qui va de l’Italie à la Gaule, avec un peu d’attention, vous reconnaîtrez quelques pierres plates taillées et le milieu de la chaussée qui est un peu bombée. Contrairement à une idée répandue, la surface de la voie romaine est plus souvent constituée de graviers que de dalles, sauf dans les parties à forte circulation, près des agglomérations.

Abri avion ?La borne milliaire de BidoussanneSur la gauche, des murs haut et épais attirent mon attention : serait-ce un des abris pour avion qui subsistent, car les murs n’ont pas de propriété à protéger ici. Selon Michel, la photo de gauche montre l’entrée  arrière (entrée pour les personnels) d’un U constitué de 3 murs pare-éclats et destinés au stationnement des bombardiers allemands du terrain de Salon de Provence pendant la guerre. Je pense que le U photographié est le dernier de l’aire de dispersion  orientale du terrain. En poursuivant d’une bonne centaine de mètres au carrefour où il faut normalement tourner à droite, vous découvrirez, bien cachée sous un chêne vert aux feuilles piquantes, à gauche, la borne milliaire de Bidoussanne. Ne vous laissez pas impressionner par les deux chiens en face qui n’arrêtent pas d’aboyer !

Via Aurelia #1 : la borne milliaire de Bidoussanne, par liodan13

Batterie de LoyneBatterie de LoyneJe traverse ensuite une zone de vestiges militaires, situés à 4km700 à vol d’oiseau, de l’aérodrome de Salon. Je ne sais pas encore quelle était la fonction de ces bâtiments appartenant sans doute à la batterie de Loyne : ce sont des vues intérieures des encuvements pour canons lourds de Flak  de la batterie du quartier de la Loyne (batterie à 4 canons de 88 mm). Merci Michel (pseudo P38-13) du forum sudwall

La défense des terrains occupés par la Luftwaffe comportait deux ceintures de batteries anti-aériennes : une première composée de batteries de calibres légers et moyens installées aux abords des pistes et des aires de dispersion des appareils […] et une seconde, beaucoup plus éloignée, composée de batteries dites lourdes.
[…]
3/ La batterie de la Loyne, à l’est du terrain[d’aviation], dans un verger d’oliviers ; actuellement il reste 4 encuvements, abris personnels, soutes et un bâtiment qui a pu supporter un projecteur. P38-13 du Forum Sudwall

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Dernière modification le 19 Mai 2014

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Le sommet du Béouveyre par la cheminée rampante

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La cheminée rampante, une idée de Michel qui m’a séduite d’emblée ; toujours à l’affût de curiosités, il m’en a donné les coordonnées géographiques ; j’ai donc élaboré un circuit permettant d’atteindre le sommet du Béouveyre1 en passant par  le sentier noir qui passe par dessus la cheminée. D’après le Topoguide Les calanques… à pied, CDRP 13, FFR, 2007, la randonnée est courte mais sportive avec quelques passages délicats. Comme souvent quand j’inverse le sens de parcours, le balisage sera moins évident à trouver. A noter : une petite erreur dans le GR du guide corrigée dans l’image de l’itinéraire.

La météo à cet endroit
sur 3 jours avec le vent

J’ai bien du mal à trouver une place boulevard du polygone ; 13h c’est sans doute déjà trop tard. Je tâtonne un peu pour trouver le sentier du bois de la Selle (noir) à Saména (du nom de l’usine de soude de Monsieur Saména). Au loin, sur la colline, un long serpent posé sur la colline ondule en bosses irrégulières jusqu’à une énorme cheminée d’évacuation : c’est la cheminée rampante en pierre de l’ancienne usine tartrique de SAS Legré-Mante, longue d’une quarantaine de mètres.

Une fois usiné, l’acide tartrique se présente sous forme de granulés, comme du gros sel ; il est utilisé dans l’acide des comprimés effervescents, dans la vinification de raisins pauvres en cet acide, comme les raisins trop mûrs, l’acide des jus de fruits, des sodas et autres boissons gazeuses, comme stabilisant du goût et de la couleur des produits mis en conserves, dans la métallurgie ; mélangé à d’autres produits pour polir et nettoyer les métaux, chez les cimentiers, l’acide tartrique est un retardateur de la prise des ciments et des plâtres. Selon lakko.fr

L’usine Honoré-François Legré & Cie (1784) est déplacée pour la troisième fois ; elle s’installe à la Madrague de Montredon sur les lieux de l’ancienne usine HILARION ROUX2 (1876-1883) de traitement de plomb argentifère, de zinc et de fabrication de soude ; à partir de 1888, l’usine MANTE-LEGRE et Cie produit de l’acide tartrique, de l’acide sulfurique et de l’acide citrique. Rachetée par Margnat-Tassy en 1979, elle est mise en liquidation judiciaire en juillet 2009. Informations extraites pour partie de marseille forum, Les dynasties marseillaises de la révolution à nos jours, Xavier Daumalin, Laurence Americi, Perrin, 2010

La parcelle contenant l’usine proprement dite est entièrement protégée d’un grillage. Celle que traverse le sentier est occupée par le large et haut carneau3 (on y tient facilement debout, on peut même rejoindre la cheminée verticale) qui concentre les fumées toxiques et restes de la combustion, relié au four d’un côté et à la cheminée verticale de l’autre côté. Les boyaux voûtés qui l’entourent côté usine étaient des chambres de décantation pour certains produits chimiques issus du plomb. Pour l’époque

Un procédé innovant et unique de traitement des pollutions est mis en place avec les installations industrielles. Il s’agit des cheminées rampantes, condensateurs des vapeurs acides […] Extrait du Vol.2, numéro 2 | Mai 2011 : Culture et développement durable: vers quel ordre social ?

Ouverture d'entretienCompte tenu de la pollution généralisée du sol par des métaux (Plomb, Arsenic, Cadmium, Antimoine), il n’est pas prudent de pénétrer dans la cheminée rampante tapissée de dépôts concentrant les métaux lourds, même si les trappes d’accès pour le ramonage et les ouvertures pour récupérer les résidus sont toujours utilisables. Une usine aux installations similaires les mines d’or du Chatelet.

Ce lieu devant servir à construire des habitations avec jardins et potagers, le préfet a ordonné la dépollution du site ; début 2012, il a exigé des prescriptions complémentaires ; la partie de cheminée en amont du canal de Marseille – mémoire de notre patrimoine industriel – ne sera pas détruite.

Plus on monte, plus belles sont les échappées sur la rade de Marseille et la Bonne Mère. Bientôt l’étroit sentier domine un vallon sombre et profond avec, au loin, la Roche Percée. Au détour d’un virage, le sentier est brusquement condamné ; il me faut trouver un autre accès au croisement vers le Béouveyre ; le seul est un pierrier pentu qui me donnera du fil à retordre : je serai obligée de m’accrocher aux maigres arbustes pour ne pas redescendre trop vite ce que j’ai eu tant de mal à monter. Enfin je retrouve le croisement avec le sentier marron.

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Dernière modification le 13 Jan 2017

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** Le tour de l’île Sainte-Marguerite

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IMG_8271-384x198.jpgIMG_8749.JPGL‘île Sainte-Marguerite un jour de beau temps, ça ressemble à un coin de paradis ; l’île Sainte-Marguerite un jour de très grosse pluie, ça donne envie de fuir (photo de droite au moment de l’embarquement). En un mois, j’aurais connu les deux situations extrêmes. Le parking du port vous coûtera 20€ pour la journée ; pour avoir un billet à tarif réduit, prenez le en ligne chez Trans Côte d’Azur et présentez le justificatif papier à l’embarquement.

La météo à cet endroit
avec prévisions à 3 jours

Partie en mai pour tester une série de caches posées par aero30 à l’occasion d’une grande chasse aux trésors high tech (geocaching), je débarque sur l’île ravie avant même d’y avoir mis le pied. Le tour de l’île ne présente aucune difficulté : ce ne sont que paysages enchanteurs alternant avec des témoins de notre histoire, sans dénivelée.

Petite visite dans l’ordre du tracé.

Ile Sainte-Marguerite 1 tour Sainte Anne par aero30

Premier vestige visible près du débarcadère : il ne reste que la base de la tour.

Ile Sainte-Marguerite 3 tour Batéguier par aero30

IMG_8278.jpgAvec un couple de promeneurs, nous essayons de l’atteindre sans succès : la végétation est trop dense et hostile. Construite sous François 1er, restaurée par le sieur de Bellon, elle faisait partie d’un ensemble de guets. Les espagnols, lorsqu’ils ont occupé l’île, l’ont renforcé d’un fortin. L’étang du Batéguier alimenté par un puits artésien dont l’eau douce se mélange à l’eau de mer, a failli être en 1842 à proximité d’un établissement piscicole, mais les Cannois, toujours attachés à leurs droits d’usage, s’y sont opposés.

IMG_8279.jpg

IMG_8285.jpgIle Sainte-Marguerite 2 Etang et blockhaus par aero30

Un des quatre blockhaus construits par les Allemands sur l’île à la fin de la seconde guerre mondiale. Mais jamais équipé de canon.

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Ile Sainte-Marguerite 4 pointe du Dragon par aero30

C’est surtout le four à boulets installé à ce point stratégique en 1793, qui mérite la visite. On tirait au canon des boulets rougis dans le feu d’un four. Avec la batterie des Braves Gens sur l’autre île Saint-Honnorat, la batterie du Dragon prenait sous un feu croisé les navires tentant de pénétrer dans le Frioul, passage entre les deux îles de Lérins (plateau du milieu aujourd’hui). Un second blockhaus jamais armé de taille impressionnante.

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Dernière modification le 09 Juil 2017

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Le sentier du littoral de la plage de la Favière à Bormes aux caps Bénat et Blanc

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IMG_6100.JPGIMG_0193.jpgCourt week-end au Lavandou (grâce à Elisabeth et Guy que je remercie au passage), commune indépendante de Bormes les Mimosas depuis 1913 seulement. Le vent souffle fort mais bien moins froid qu’à Aix. Inspirés par une randonnée conseillée par le geocacheur Elia’s, nous partons sur le sentier du littoral. L’accès étant interdit aux véhicules autres que ceux des résidents du domaine privé du Cap Bénat, ce parcours a son départ au parking de la Favière (PR jaune) à Bormes. Après un début sur le sable parsemé de petits galets colorés – orangé strié de veines blanches, blanc translucide, noir aux paillettes argentées -, c’est la marche entre les rochers bétonnés, sur une passerelle de métal ou sur des rochers au plissé serré.

La météo à cet endroit aujourd’hui et à 3 jours
avec le vent

Montage géologie BormesParfois des veines blanches ont été emprisonnées dans la roche brune, parfois ce sont des taches bleu-vert (serpentine ?) qui teintent la roche. Nous sommes dans la Provence cristalline où le métamorphisme1 a joué un rôle à différents degrés, comme ces gneiss migmatitiques, étirés et aplatis comme s’ils avaient été passés dans un laminoir. Nous longeons les propriétés privées : le camping coupé par des accès aménagés réservés aux campeurs puis le domaine privé du cap Bénat qui semble interminable.

wikipedia, le massif des Maures

IMG_0208.jpgLorsque nous arrivons à l’endroit interdit d’accès par un arrêté municipal depuis février 2010, des barrières ont été placées par le service technique de la mairie. Nous hésitons un instant. Les planches de la passerelle écroulée ne sont plus maintenues que du côté gauche, gondolent et s’affaissent dangereusement. Faut-il passer en dessous ?  Ti’Mars… observe et m’assure qu’en marchant de chaque côté de la barre métallique à laquelle les planches sont encore maintenues, il n’y a pas de danger. Il passe en premier. J’hésite. Je me lance. A mi-distance, le pied droit a une fâcheuse tendance à pencher du mauvais côté, j’accélère tout en restant prudemment au dessus de la barre. D’autres promeneurs préfèreront passer par en bas avec un peu d’escalade. C’est peut-être mieux…

IMG_0215.jpgIMG_6129.JPGPlusieurs pointes vont se succéder : pointe de la Rispointe de l’Esquillette avec sa cache GC1PPD5 Bouarmo 1 : pointe de l’Esquillette, Elia’s ; pointe du Pinet et sa cache GC1PPD7 Bouarmo 2 : la pointe du Pinet, Elia’s ; pointe du Cristau ; et enfin le cap Bénat et le cap Blanc uniquement accessibles à pied par le sentier du littoral.

IMG_0204.jpgIMG_6115.JPGAu sol la figue marine aux feuilles charnues rampe en étalant ses grandes fleurs aux pétales roses.  Un arbre semble se tordre de douleur, sans doute à cause du vent et des conditions difficiles dans lesquelles il se maintient en vie. A travers l’eau si claire, les rochers dessinent de drôles de formes.

IMG_6158.JPGIMG_0234.jpgLe sentier est de plus en plus escarpé, de moins en moins entretenu. De gros clous, vestiges d’anciennes marches de bois, dépassent dangereusement du sentier. Nous passons parfois sur une bande de terre étroite et instable. La dénivelée augmente en positif comme en négatif. Quand nous arrivons sur la pointe du Cap Blanc, il n’y a personne en vue. Les strates des rochers de la pointe sont fortement inclinées et les rochers aigus comme de grosses aiguilles. Derrière nous, le phare blanc et rouge fraîchement repeint, passe la tête au dessus du fort.

IMG_0247.jpgIMG_0250.jpgAu niveau de la route, en avant du fort, le toit d’une construction ressemblant à un petit blockhaus, me fait penser à un poste de guet. Le fort totalement entouré d’un fossé, porte sur sa façade les traces d’une attaque armée. Dans son environnement désormais calme et serein, il a aujourd’hui un air coquet, avec ses créneaux et pierres d’angle contrastées, ses murs en bon état ; nous ne trouvons pas la porte d’entrée. Ce n’est qu’après en avoir fait totalement le tour, et à force de chercher sous les arbres et la végétation que nous devinons enfin la porte d’entrée accessible par une passerelle métallique au niveau du premier étage. Grossièrement carré, il doit mesurer une quinzaine de mètres de côté de quoi abriter 20 hommes et 4 canons. Selon Luc Malchair, spécialiste de l’index des fortifications françaises, – et que je remercie pour la relecture de cette note –, ce serait une tour crénelée modèle 1846 résultant d’une

« standardisation des réduits destinés à la défense des côtes, voulue par la Commission de défense des Côtes en 1841 », « …elles [les tours Mle 1846] comprenaient deux niveaux de locaux d’habitation plus un sous-sol pour les citernes, plus une plate-forme sommitale pour installer l’artillerie […] ».

Prochain complément d’information lors d’une seconde visite à partir du fort de Brégançon. Index de la fortification française, 1874-1914, Marco Frijns, Luc Malchair, Jean-Jacques Moulins, Jean Puelinckx, auto-édition, 832p., 2008
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Dernière modification le 16 Juin 2016

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La calanque de Marseilleveyre

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contre jour sur les îlesbatterie Estéou de Bouqueimg_0064r-300x224.jpg

img_0065r-224x300.jpgimg_0045r-224x300.jpgimg_0051r-224x300.jpgimg_0069r-224x300.jpgimg_0072r-224x300.jpg

Facile d’accès, point de ralliement de nombreux marseillais, même l’hiver par grand vent comme aujourd’hui 27 décembre, la calanque de Marseilleveyre est accessible par le sentier de la douane depuis la calanque de Callelongue. C’est aussi la fin de la route. Au large, l’île Maîre est suivie de ses deux enfants : les deux pharillons. Avec un peu d’attention, vous devriez pouvoir retrouver à Callelongue ou au cap Croisette quelques vestiges du téléscaphe de Callelongue (large roue).

Cabine du télescapheUne curieuse invention (1967) : le téléphérique sous-marin entre Callelongue et le cap Croisette

Images d’archives télévisées sur le télescaphe, ORTF, Les coulisses de l’exploit, août 1969

(Image empruntée au site du Vieux-Marseille)

En quelques petites descentes et montées sur les pierres patinées, nous contournons le rocher des Goudes ; après quelques coups d’oeil sur les îles aux formes si caractéristiques, nous découvrons l’ancienne batterie de l’Estéou1 de Bocque (quel drôle de nom pour cette batterie napoléonnienne !) déclassée depuis 1871 avec son vaste mur en forme d’arc de cercle ; sans doute est ce là l’origine du surnom moderne de ‘Théâtre’ que l’on voit sur la carte des calanques.

En consultant le cadastre napoléonien de la ville de Marseille de 1820 (25ème section, Z7), je m’aperçois que les noms donnés aux lieux n’ont rien à voir avec ceux d’aujourd’hui ; les calanques n’étaient probabalement fréquentés que par ceux en charge de la protection de nos côtes : le sentier de la douane s’appelait le chemin de la batterie de Marseille Veire ; la calanque de Marseilleveyre s’appelait la calanque de la batterie de Marseille Veire ; selon moi, la batterie s’appelait plutôt Estéou de Bouque2 (et non de Bocque) ce qui signifierait Ecueil de l’embouchure vu que son but était d’empêcher les corsaires de débarquer à l’embouchure de la Calanque Longue. Les majuscules n’auraient d’autre justification que de désigner un nom de lieu.

Cadastre napoléonien 1820 - section 25 - Z7

Batterie Est de Marseilleveyre du site Index de la Fortification française 1874-1914

Le 4 janvier 1794, Bonaparte écrit au ministre de la guerre sur les fortins de Marseille : « Toutes les batteries circonvoisines qui défendent la rade sont dans un état ridicule. L’ignorance absolue de tous les principes a présidé à leur traçé. Elles ne sont pas en état de soutenir une bordée » et « Le 7 janvier 1794, Napoléon Buonaparte, général de brigade d’artillerie, se vit confier par le Comité de Salut public le commandement en chef de l’artillerie de l’armée d’Italie, ainsi que de l’armement des côtes de la Méditerranée […] Au cours des mois de janvier et de février 1794, […] il fit avec sa famille plusieurs déplacements pour déterminer la position des diverses batteries à établir pour la défense du littoral méditerranéen ». La Batterie de Cap Croisette, en 1811, est en mauvais état, une nouvelle batterie des Croisettes est décrétée par Napoléon […] elle croise le feu […] à l’Est avec la batterie de la Mounine pour empêcher le refuge ordinaire des corsaires ennemis à l’anse de Callelongue à 800 mètres à l’est. Extrait de Marseille-forum

Après l’étroite calanque de la Mounine, un mouchoir de poche qu’il faut conquérir l’été en arrivant tôt, c’est celle de Marseilleveyre dominée par quelques cabanons vides en cette saison. L’horizon est barré par l’ïle de Jarre, celle où avaient lieu les quarantaines, et Riou au large de laquelle le Lightning F-5B de Saint-Exupéry a été retrouvé en 2003 par des plongeurs audacieux et tenaces (Saint-Exupéry, suite et fin, article de L’express du 21 juin 2004). Après la cache de rabatau Balade dans Marseille – la calanque du Belge, prétexte à cette promenade, nous rejoignons la guinguette du belge (son léger accent en témoigne) dans la calanque de Marseilleveyre ouverte tous les jours de l’année ; une dizaine de chats abandonnés par les vacanciers et adoptés par le propriétaire, s’installent au chaud sur et sous les tables ; la terrasse est prête à accueillir les nombreux clients que nous croiserons sur le chemin de notre retour : ce midi, ce sera pâtes et côtes de porc !

img_0080r.jpgAu retour, nous empruntons la variante à points noirs vers le col du sémaphore. Dominant à la fois Riou et le Frioul, les farots de Marseille sont les ancêtres des sémaphores construits pour avertir Marseille de l’arrivée de navires ennemis. Celui qui domine Callelongue daterait de 1791 ; c’était un poste de guet chargé de surveiller les approches maritimes ; le Génie de Napoléon III revoit le système défensif à partir de 1864 qui se composera, entre autres, des sémaphores de la Ciotat et de Callelongue (source Stokofish : forum-Marseille) : il signalera par signaux optiques toute activité ennemie ; de par sa position stratégique, il a été occupé par les allemands pendant la seconde guerre mondiale. Il est aujourd’hui désaffecté. Après une longue descente dans les graviers, nous atteignons la calanque de Callelongue dont les parkings sont maintenant pleins.

Itinéraire Callelongue – Marseilleveyre – 5.100km – 2h10 de déplacement – dénivelée 88m

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1Estèou : selon Marius Autran Récif, écueil, roche voisine des côtes ; selon le dictionnaire de la Provence et du Comtat Venaissin de Claude François Achard, 1785, rocher contre lequel les vaisseaux vont échouer.

2bouque : selon le même dictionnaire, de l’ancien provençal boùque qui voudrait dire bouche, ouverture, embouchure

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* Cap Morgiou

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Dès l’entrée dans le chemin de Morgiou, nous croisons des chasseurs. Au vu des traces de terre abondamment labourée, les sangliers ne sont pas loin. Mieux vaut sans doute les sangliers que la fameuse panthère noire de 2004 qui avait obligé la fermeture des calanques et la réquisition de l’armée ! N’empêche que nous avons cru en voir une, nous aussi, dans les carrières de Beaulieu au nord de Montpellier. Avis aux amateurs de sensations qui voudraient aller vérifier.

img_9581r.jpgDes touffes de globulaires bleus apportent une nuance printanière à cette randonnée d’automne. Après le chemin des crêtes de Morgiou, c’est la descente jusqu’au col du Renard qui est particulièrement difficile et risquée : un pierrier glissant de façon continue. Nous remontons ensuite jusqu’au fortin dont la longue muraille traverse presque totalement le cap dans sa largeur.

img_9578r.jpgimg_9585r.jpgimg_9591r.jpgCe fortin, construit en 1614, aurait été utilisé par les anglais appelés par la contre-révolution royaliste de 1793. En longeant le rempart construit directement sur le rocher, on s’aperçoit que l’enceinte devait veiller sur l’entrée des ennemis par la mer et leur accostage à partir de la calanque de Morgiou. A l’abri du vent derrière le mur de la batterie Est, un groupe de randonneurs déjeunent tout en discutant avec bonne humeur. Après la découverte de la cache Cap Morgiou : face à la mer de Bestioles, nous déjeunons plus loin, derrière un vestige de mur, près d’un énorme trou désormais comblé par des pierres : peut-être la carrière qui servit à construire le fort ?

Batteries du cap Morgiou

Calanque de Morgiou, histoire du fortin

grotte_cosquer_coupe.jpgA nos pieds, la calanque de la Triperie (mais pourquoi ce nom ? il semble avoir été donné récemment, peut-être par les militaires qui ont établi les cartes), bien à l’abri du vent, est étrangement calme et arrondie. L’entrée d’une vaste grotte sous-marine apparait dans la falaise verticale. reconstitution_cap_morgiou.jpgPlus à gauche, dans la pointe de la Voile, la célèbre grotte Cosquer s’ouvre sous 37 m d’eau. Henri Cosquer y découvre, en juillet 1991, des traces de mains, des peintures et des gravures. La datation au carbone 14 permet de faire remonter l’occupation de la grotte par l’homme entre 18500 et 27000 ans avant JC. » Elle est désormais murée pour être protégée. A gauche une tentative de reconstitution à l’époque où elle n’était pas envahie par la mer. La grotte Cosquer, site du ministère de la Culture

img_9601r.jpgimg_9603r.jpgimg_9615r.jpgimg_9620r.jpg

cap_morgiou_1.jpgJe pousse jusqu’au cap Morgiou, étroit et descendant jusqu’à 20m au-dessus de l’eau : à 2m des bords de la falaise, la sensation est grisante (1ère photo de gauche dans la série). Vu d’avion et inversé nord-sud, ne trouvez-vous pas qu’il a la forme d’un hyppocampe… ou d’un pélican ?
C’est l’heure de la descente vers la calanque de Morgiou et ses cabanons, presque tous construits en dur désormais, avec des installations sanitaires qui n’ont plus rien de rustiques. Nous reconnaissons sans difficulté, le torpilleur, îlot rocheux de la calanque de Sugiton ressemblant  à un navire de guerre (3ème photo de la série). Autrefois la pêche au thon se pratiquait à l’aide d’installations semi fixes, les madragues. Pour la madrague de Morgiou (1622-1853), voir la partie histoire des calanques sur le site du groupement d’intérêt public des calanques. En 1622, […], Louis XIII âgé de 21 ans, au cours de son passage à Marseille s’est vu offrir un divertissement organisé par la Prud’hommie des Pêcheurs de Marseille. Le jeu consistait à emprisonner des thons dans des seinches d’où ils ne pouvaient s’échapper. Cette pêche se pratiquait également sur la côte bleue ; elle a été interdite parce qu’elle n’était pas sélective. La calanque de Morgiou.

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L’ancien projecteur du cap Sicié

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img_9362r.jpgPas de chance ! aujourd’hui, interdiction de circuler dans le Var ! les barrières nous empêchent de poursuivre en direction de Notre Dame du Mai. C’est donc à pied que nous rejoignons la piste de Roumagnan puis l’ancien sémaphore du Cap Sicié. De là, atteindre le cap Sicié n’est pas simple. Bien que balisé, le sentier est dangereux, sinuant dans les pierriers et les écailles de schiste. J’ai l’impression de marcher sur des débris d’ardoise, comme ceux que j’obtenais quand je cassais celle que j’avais dans mon cartable malmené. Peu fréquenté, ce sentier nous laisse souvent perplexes sur le passage à emprunter. La fin du parcours est plus facile, sur des marches de briques qui devaient permettre autrefois de rejoindre le site militaire. Plusieurs bâtiments en ruine témoignent de ce que fut le poste photoélectrique.

img_9347r.jpg« Sicié (poste photoélectrique du cap), 189? ou 190?. Au besoin, la batterie de Peyras se devait de pouvoir intervenir la nuit. Pour cela, il lui fallait voir. Malgré l’étroitesse de son arête, de par sa position à la pointe sud-est de la péninsule de Six-Fours, le cap Sicié se prêtait le mieux à l’installation d’un poste photoélectrique qui éclairerait le champ de tir de cette batterie. L’usine électrique et ses citernes seront bâties à proximité […] à environ 50 m d’altitude. […] Si l’on passe sur la droite de ce corps de garde, tout en suivant la saignée dans le roc où passaient les conduites électriques, […] on arrive devant un petit édifice surmonté d’un lanterneau. Il s’agit du puits d’un monte-charge. Circulaire, celui-ci s’est vu accoler un second puits, plus étroit, dans lequel un escalier métallique, à vis, a été installé. […] Au bas du puits, on trouve l’abri de jour du projecteur et, en avant de ce dernier, l’abri de combat. » Luc Malchair et Jean Puelinckx, grands spécialistes de fortifications du site Index des fortifications françaises 1874-1914

Si j’étais venue en bateau jusqu’au ponton construit par la marine, j’aurais sans doute pu voir ce qu’était un abri de jour et un abri de combat, vocabulaire uniquement utilisé pour les projecteurs. En attendant, voici une Photo d’un abri de jour et abri de combat, en Bretagne (inventaire général du patrimoine culturel région Bretagne). Ces projecteurs de côte étaient alimentés par une génératrice dont le moteur était refroidi par l’eau de mer des citernes – l’eau de mer étant pompée et rejetée en permanence –, plus tard remplacés par des moteurs diesel inventés en 1897 par l’ingénieur allemand Rudolf Diesel. Le site ressemble fortement à celui d’Escampo Barriou, sur la presqu’île de Giens.

img_9353r-224x300.jpgimg_9354r.jpgimg_9355r.jpgimg_9359r.jpgimg_9364r.jpg

Le puits du monte-charge n’est plus protégé : un enfant imprudent peut facilement tomber quelques mètres plus bas. En s’y penchant prudemment, on peut apercevoir l’orifice côté mer où se trouvait le projecteur. Il manque les premières marches de l’escalier qui permet de monter sur le poste d’observation. L’escalier-rampe est fortement dégradé. Les autres vestiges sont sans doute moins dangereux à visiter.

Comme beaucoup de lieux sur la côte varoise (voir le blockhaus au Pradet sur la plage de Monaco, dans la note du Pradet au Pin de Galles), ce site a été réutilisé par les allemands durant la seconde guerre mondiale en 1945.

img_9373r.jpgEn remontant le sentier, je ramasse quelques morceaux de tuile rouge gravée ; je reconstitue le puzzle et trouve le fabricant. Il s’agit d’une des tuileries de Saint-Henry, à l’Estaque.

« Le paysage actuel ne révèle pas que l’Estaque a été un très grand producteur de tuiles et briques exportées dans le monde entier jusque dans les années 1950. A l’est de l’Estaque, l’immense carrière d’argile de Saint-Henry, longtemps laissée comme une plaie béante à ciel ouvert, a été reconvertie en un grand complexe commercial : « Grand Littoral ». […] La tuilerie sise à Saint-Henry, ex-Société des Tuileries de Marseille et de la Méditerranée, passée sous le contrôle de Saint-Gobain en 1989, est la seule à être en activité de nos jours ». L’Estaque au XIXème et XXème siècle.

« En 1859 il y avait neuf grandes tuileries à Marseille. Une des caractéristiques de ces usines, sortie du monde de Zola, est l’emploi de salariés issus de l’immigration (notamment italienne), payés aux plus bas salaires, l’emploi des femmes et des enfants de moins de 11 ans, à l’exemple de l’usine Arnaud ». La maison de la Mémoire vivante de Marseille, un grand siècle industriel Continuer la lecture de L’ancien projecteur du cap Sicié

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