Une ville américaine dans l’Arbois



Pendant longtemps, je n’y ai pas cru à cette ville américaine construite sur le plateau de l’Arbois à la fin de la seconde guerre mondiale ; puis, j’ai cherché, consulté les forums et quelques documents d’archives pour finalement l’admettre… Anne, Claude, Majo et moi partons à la recherche de quelques indices de sa présence dans la zone nord CP1.

Album photo

Un peu d’histoire : au moment du débarquement des alliés en Provence le 15 août 1944, la guerre contre le Japon n’est pas terminée. L’Etat-major des forces alliées envisage de transférer des troupes (excédentaires ou venant des USA et d’Angleterre), de l’Europe vers le pacifique et de rapatrier aux USA les troupes non nécessaires : une opération de redéploiement de grande envergure avec mouvements d’hommes et de matériels. Ce camp de transit n°1 – Calas staging Area – sera installé sur le plateau de l’Arbois :  terrain vaste, à proximité d’un port, d’un réseau routier et ferroviaire, d’un aérodrome capable de faire atterrir des gros avions. Parallèlement un camp de prisonniers de guerre était mis en place au sud de la RD9 sous le nom de Continental Central Prisoner of War Enclosure number 404 (CCPWE 404, capacité 25 000 hommes environ). Le camp ferme officiellement le 23 janvier 1946.
Sur le côté gauche de la photo aérienne de l’IGN en 1949, vous pouvez voir une partie de l’alignement des blocs où étaient installées les tentes de la zone CP1 (nord de la route), et au sud le camp de prisonniers. Côté droit, le bassin du Réaltor.

Nous stationnons face à la DFCI, non loin de l’embranchement qui mène à la SPA sur la petite route D65D. La piste est large et facile, entrecoupée de nombreuses petits chemins.

La piste DFCI passe au dessus du canal puis de la ligne TGV.

Nous arrivons sur ‘la grande route de Tokyo‘, large avenue goudronnée de plus de 3km de long, avec un terre-plein central ; elle suit la ligne à haute tension de 13 000V qui a été prolongée vers le camp pour alimenter les 13 postes de transformation en 115 volts, le standard américain. Le réseau ainsi câblé alimentait en électricité toutes les tentes et les bâtiments. Sur les photos aériennes de l’époque, on reconnait facilement cette route et les tentes installées de chaque côté.

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Pichauris, puits d’Arroumi, château de Ners



Pichauris1, ancien hameau rural rattaché à Allauch est devenu domaine départemental : c’est ma première visite ; j’emmène Claude et Majo.

Ce Parc Départemental a été acquis en 2006. Situé au coeur des Massifs de l’Etoile et du Garlaban, ses 1 368 hectares parcourent le paysage si cher à Pagnol.
Ce Parc présente un double visage, d’un côté marqué par les conséquences de l’incendie de 1997 sur l’Etoile, de l’autre riche d’une garrigue à chênes kermès, à thym et à romarin. Site du Conseil départemental, domaine de Pichauris

L’album photos Pichauris

Nous sommes arrivés tôt et heureusement car à notre retour, les automobilistes se battent pour une place. Avec son environnement sec et caillouteux, des collines et du dénivelé, des pistes mais aussi plein de sentiers alternatifs, cette randonnée n’est pas si facile.

C’est à l’auberge de Pichauris que Joseph, le père de Marcel Pagnol, rêvait de vendre la moitié des grives qu’il avait chassées (Relire Le château de ma mère) ; dans presque chaque livre de Pagnol, on parle de Pichauris et de la chasse dans ses bois ! Yves Robert y a tourné la majeure partie des scènes de La gloire de mon père et le château de ma mère. Sur le cadastre napoléonien, les postes de chasse y figurent clairement ainsi que les fours à chaux, richesse naturelle du domaine.

Le Marquis Pierre d’ALBERTAS, inféodé aux Evêques de Marseille, qui prit définitivement possession des lieux en 1357, et ce pratiquement jusqu’au début du XXè siècle […]. Pendant 2 ans (1791-1793), Pichauris fut rattaché à Peypin car les habitants fréquentaient plus facilement son église. C’est à la suite d’une pétition des habitants que le Domaine retourna dans le giron d’Allauch. Il est a noté que le Four à Chaux et la Plâtrière fonctionnèrent jusqu’en 1930. Selon le bulletin municipal 98 d’Allauch, 2007

Le pays de Pagnol n’est pas aussi sec qu’on le pense puisque nous croisons rapidement le puits de Baptiste Long et le lavoir de la ferme de Pichauris. Triton vert a répertorié 28 sources ou puits dans le massif du Garlaban et ses environs.

Le village de Pichauris se trouve sur la gauche, avec ses trois anciennes bergeries et sa plâtrière au bout du chemin de Regage. C’est dans une de ces maisons abandonnées que fut tournée la scène du film de Pagnol sur la bastide des vacances de Marcel. La vraie Bastide Neuve se trouve à la Treille.

Après un petit bout du GR 2013, nous quittons la grande piste pour un sentier qui sinue dans la garrigue jusqu’à la table d’orientation où un VTTiste, en un saut bien rapide, réussit à identifier Sainte-Victoire, l’Olympe et son curieux bec, les antennes du mont Marseillais à 3 km à vol d’oiseau et la plaine de Pichauris.

Cette partie que je vous décris maintenant, peut être évitée pour une randonnée plus courte et plus facile en famille. Au lieu-dit les Grands Chênes, il y avait au début du XIXe l’Entrepôt de bois de Baragne2 (parcelle 97, Pichauris C2, 1824) au croisement du chemin de la Bourdonnière à Pichauris et du chemin des Grands Ubacs ; non loin de là, un four à chaux était bâti près du chemin et adossé à la pente : le four devant être alimenté en permanence pendant la cuisson, il fallait donc que le bois soit disponible et proche, d’où la construction de cet entrepôt qui devait être de dimensions importantes puisque le propriétaire (Barthélémy Jeanne-Rose épouse Camoins en 1824) était imposé sur sa surface, et le volume de baragne devait permettre de cuire au minimum une à deux fournées de calcaire ;  pour calciner 1 m3 de chaux dans un four de 60 à 75 m3, il faut pour un feu de 100 à 150 heures - près de 2 m3 de bois de corde, ou 22 m3 de fagots, ou 30 m3 de fascines de genêt ou de bruyèreFours à chaux dans le Var . La chaux vive était probablement éteinte par de l’eau venant par une canalisation depuis la source proche mentionnée sur la carte. Lire aussi Fours à chaux du vallon de la Panousse.
Merci à UnDeBaumugnes pour son aide sur ce sujet.

Nous prenons la large piste sous les rochers des Grands Ubacs ; le terrain est plutôt agréable et facile mais quelle montée sur 2 km700 pour passer de l’altitude 422 à 631 avec la chaleur qu’il fait en cette fin d’avril ! aussi quand le puits d’Arroumi3 est en vue, je sais que c’est là qu’aura lieu le pique-nique ; la pompe a été bloquée, sans doute réservée à l’usage des bergers ; un cycliste essaie de récupérer un fond d’eau pas très propre qu’il traitera ; un autre groupe de randonneurs s’installe également à côté de nous. C’est LE lieu de rendez-vous incontournable mais sans eau : amenez la vôtre.

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Flânerie moyenâgeuse et moderne échappée sur le GR2013



Un parcours inédit que j’ai voulu contrasté : le GR2013 (balisage rouge-jaune) sur une voie verte – le fameux GR interurbain inventé en 2013 et qui parcourt les Bouches-du-Rhône – , une balade moyenâgeuse à Miramas-le-Vieux (balisage bleu), à nouveau un bout du GR2013 (balisage jaune-rouge) ; seule la liaison (non balisée) entre les deux derniers circuits n’est pas idéale mais il faut l’accepter pour ressentir les contrastes entre l’ancien et la modernité.

L’ensemble des photos

Après un rapide passage au marché de Miramas, je me gare près du centre technique municipal. Cela commence par une voie verte autrefois voie ferrée qui amenait les matières premières de la gare à la Poudrerie nationale. Lire dans ce blog la poudrerie de Saint-Chamas.

Ce site militaire a été ouvert en 1690, voué à la fabrication de la poudre à canon, abandonné en 1974 puis cédé au conservatoire du Littoral en 1974 ; après transformation, les munitions étaient livrées dans les dépôts. Comme le train n’allait pas vite, les ouvriers en profitaient pour s’accrocher au wagon et gagnaient ainsi leur lieu de travail.

habitation trodotydique le long de la voie verteLe balisage du GR2013 m’accompagne. Sur le côté droit, des habitats troglodytiques portent des traces de découpes.
La cité Garouvin construite lors de la première guerre mondiale, est composée de petites maisons bâties sCité Garouvinur le même modèle ; elle accueillait autrefois les ouvriers de la Poudrerie. Même principe que les cités des mines dans le nord de la France.

Route pavéeProlongement du chemin de GarouvinJe passe devant un des portails de la Poudrerie,  fermé à cet endroit, grimpe par un sentier caladé puis sur un chemin bordé d’un mur de pierre sèche qui s’ouvre finalement sur un énorme tapis de cactus ; le village de Miramas le Vieux regorge de tout ce qui fait le charme des villages provençaux : des pierres, des ruelles étroites, des petites places à l’ombre, des points de vue et le glacier Quillé1 dont la renommée dépasse largement le village ; une de ses spécialités : Tendre Passion avec 13 sorbets différents.

Vous prendrez bien une petite glace, cache premium de Myri@m

Chapelle Saint-Julien près du cimetièreAprès la chapelle Saint-Julien, bijou de l’art provençal du XIIè, je déambule au hasard de mon inspiration : au bout de la rude montée vers la porte Notre-Dame, un énorme pin d’Alep multi-centenaire, classé arbre remarquable, ombrage les lieux. La niche de la porte Notre-Dame a perdu la statue de la Vierge : détruite en 1590 remise en état en 1631, réjouissons-nous de pouvoir passer dessous ; à l’intérieur des ruines du château, je découvre une statue de Guy Salomon. Ce château qui défendait le village consiste aujourd’hui en une voûte sur croisée d’ogives, des remparts, un donjon sans toit, et quelques vieilles demeures qui ont vu passer autrefois Charles IX et Catherine de Médicis.
Le plan de Miramas le Vieux pour ne rien oublier.

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L’ubac du Grand Cabriès



Qui connait l’ubac du Grand Cabriès du côté du Tholonet ? A partir du parking du Toscan, tout le monde se dirige habituellement vers la Sainte-Victoire mais personne ne se retourne vers cette colline au sud qui se nomme le Grand Cabriès. Ayant un rendez-vous à midi, ce matin tôt je me prépare donc une petite boucle pour le découvrir ; elle part du Tholonet, passe à Beaurecueil en empruntant un petit bout du GR 2013.
Un véhicule passe sur le parking du Toscan où je suis seule à me garer ; il repasse une minute plus tard, quitte à nouveau le secteur et revient ; m’inquiétant de son manège sur un parking connu pour les vols dans les voitures, je le surveille un certain temps avant de me mettre en route.

le canal de ProvencePiste forestière Grand CabrièsJe suis surprise de découvrir un siphon, et un canal qui zigzague parallèlement au sentier sans être signalé sur la carte ; il vient du barrage de Bimont, passe par l’aqueduc de Doudon puis se dirige vers Marseille ; les oiseaux bruyants s’envolent à mon approche, pas de chasseur.

La piste monte jusqu’à un modeste sommet, laissant parfois entrevoir entre les arbres un petit bout de la Sainte-Victoire. Aperçu de la croix entre deux arbres de l'ubac du grand CabrièsLa cheminée de l'usine de GardanneRien de spectaculaire ; une pinède qui ressemble à celle d’en face avec une piste parfois ravinée par les pluies. Je rejoins la route bordée de nombreuses et belles propriétés privées d’où la cheminée de Gardanne émerge fièrement.

Vignes et montagne Sainte-VictoireoratoireAprès la Bouscatière, c’est la voie aurélienne, une longue route fréquentée surtout par les riverains, qui se maintient à une altitude de 210m environ, passe devant des haras à droite : à partir de là, c’est le GR 2013 balisé rouge-jaune ; un GR 2013oratoire à gauche, la rivière de Bayeux, les vignes du château Bonnaud, Champ de vigneset une vue complète sur Sainte-Victoire jusqu’à l’entrée de Beaurecueil. Il est même possible de photographier la montagne en évitant les disgracieuses lignes à haute tension.

Les Costes Chaudes depuis BeaurecueilVue sur la Sainte-Victoire depuis Beaurecueil

A la D58k (carrefour avec la croix et la fontaine), fini la tranquillité : avec le beau temps, les automobilistes sont de sortie et il n’y a pas de trottoir. Je vous suggère de longer le champ de gauche à peu près jusqu’au moulin plutôt que de marcher sur la route.

Chateau Beaurecueil entrée (Google earth)cartes-postales-photos-Le-Chateau-de-Beaurecueil-BEAURECUEIL-13100-13-13012001-maxiAu carrefour suivant sur la droite, le château de Beaurecueil et sa belle terrasse ; j’en avais entendu parler lorsque j’avais lu Une petite commune du pays d’Aix : BeaurecueilJean Ganne, 1999 ; il est désormais un résidence de retraite de l’Office national des Anciens Combattants ; mais que d’histoires il a connu !

On sait que le fief fut racheté en 1548 par Pierre de Cormis, parlementaire aixois. Il avait deux châteaux dont il prit grand soin : celui de Roques-Hautes et celui de Beaurecueil dans lequel, en 1648,  vivaient 14 adultes et 4 enfants ; Beaurecueil avait alors 101 habitants dont la moitié avait signé un bail emphytéotique avec le seigneur pour mettre en valeur des terres incultes. Le plus célèbre emphytéote est sans nul doute l’abbé Aubert qui a réalisé les travaux pharaoniques du prieuré de Sainte-Victoire. Il possédait une maison à Roques-Hautes.

Le château de Beaurecueil est reconstruit par Louis De Cormis en 1654. Vers la fin du XVIIè, le seigneur, militaire, n’est plus présent à Beaurecueil. En 1715, il vend son domaine à Joachim Claude Laugier. En 1777, il vend le domaine à Pierre d’Aillaud de Vitrolles. Puis Gallifet, du Tholonet, récupère à nouveau le domaine. A la révolution, ses biens sont vendus en tant que biens nationaux, le marquis ayant émigré. J.L.M. Arlatan le rachète puis le revend à la fille aînée de Gallifet (racheter le bien de son père, un comble tout de même !) qui le revend à J.M. Vachier en 1849. Le château de Beaurecueil est vendu en 1853 à l’abbé Fissiaux, premier secrétaire général de la congrégation Saint-Pierre es-Liens. Il y installe une colonie agricole pénitentiaire, une ferme modèle qui accueillera jusqu’à 250 détenus. Il a reçu la médaille vermeil pour l’ensemble de ses produits en 1857 au concours agricole.

De l’origine, il ne reste que la première tour datant du xve siècle, un parc ombragé de vieux platanes dont la grille imposante fait face à l’église du village.

Entrée de la ferme de BeaurecueilLa cour de la Ferme de BeaurecueilLa Ferme de Beaurecueil, qui abrite aujourd’hui les salariés du Grand Site Sainte-Victoire, est un bâtiment dont la rénovation a été sélectionnée dans l’appel à projet région PACA « 100 rénovations exemplaires ». Depuis mai 2013, le CPIE du Pays d’Aix (Centre Permanent d’Initiatives pour l’Environnement) et le Syndicat Mixte du Grand Site Sainte-Victoire ont monté un projet d’animation sur les bonnes pratiques de la rénovation énergétique autour de ce bâtiment : « Les rendez-vous de la réhabilitation durable ».

A côté le restaurant la table de Beaurecueil : la fille de René Bergès, l’illustre chef triplement étoilé du Relais Sainte Victoire, s’est mariée à un cuisinier, Ronan Duffait. […] Sa fille et son gendre poursuivent la saga dans cette ancienne ferme du 19è siècle rénovée.

A nouveau je retrouve les dangers de la D46 qui rejoint la route du Tholonet ; c’est cette dernière qui me fera le plus peur car, à part marcher dans le fossé, il n’y a ni trottoir ni espace piéton le long de la route Cézanne toujours fréquentée par beau temps ; pour ceux qui ont le temps, mieux vaut emprunter le sentier de randonnée dans le vallon du Marbre démarrant au parking de l’Aurigon.

Les terres rouges du ToscanPeu avant de retrouver le parking du Toscan, j’observe les ondulations grassouillettes des argiles rouges caractéristiques de cette partie de la montagne Sainte-Victoire. Les élèves de l’école de Beaurecueil écrivent :

Il y a 160 millions d’années, notre région était couverte par une mer profonde et froide. Au fond, de la boue s’est déposée. Elle s’est transformée en roche dure et rouge : la marne.

Une balade familiale avec plus de routes bitumées que de pistes et sentiers : mieux vaut le savoir.
ubac gd cabries_trace_panoImage de l’itinéraire 8km180, 2h15 au total, 2h déplacement, dénivelée 100m (+264 -264)

càbri : chèvre ; cabrié : chevrier

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Balade en boucle dans la chaîne de Lançon-Provence



Une balade familiale, un jour de temps incertain, proche d’Aix-en-Provence, pour gens fatigués, pressés ou qui veulent reprendre progressivement le sport après une période d’inactivité forcée. Vous l’aurez compris, je n’ai pas été emballée ; le tracé n’inclut pas la borne romaine de Bidoussane, mais la signale tout de même.

La météo à cet endroit
avec le vent et à 3 jours
  • Balisage d’un vert clair fade correctement posé sauf à l’endroit où il faut contourner par la gauche la propriété privée de Saint-Savournin
  • Le circuit suit le GR 2013 dans sa première partie : le début du parcours mis en ligne sur le site de la FFR est donc erroné Topo Rando Chaine de Lancon.
  • Pratiquement pas d’ombre en chemin (à faire en automne ou au printemps)
  • Proche de l’autoroute : donc le bruit de la circulation est toujours présent.

le parkingLes vignesLe petit parking prévu se trouve à l’entrée du chemin de départ balisé de plusieurs couleurs dont celle du célèbre GR 2013. La presque totalité du parcours s’effectue le long des vignes ou des oliviers.

Dalles de la voie romaineEn tournant sur la voie aurélienne, cette grande voie romaine qui va de l’Italie à la Gaule, avec un peu d’attention, vous reconnaîtrez quelques pierres plates taillées et le milieu de la chaussée qui est un peu bombée. Contrairement à une idée répandue, la surface de la voie romaine est plus souvent constituée de graviers que de dalles, sauf dans les parties à forte circulation, près des agglomérations.

Abri avion ?La borne milliaire de BidoussanneSur la gauche, des murs haut et épais attirent mon attention : serait-ce un des abris pour avion qui subsistent, car les murs n’ont pas de propriété à protéger ici. Selon Michel, la photo de gauche montre l’entrée  arrière (entrée pour les personnels) d’un U constitué de 3 murs pare-éclats et destinés au stationnement des bombardiers allemands du terrain de Salon de Provence pendant la guerre. Je pense que le U photographié est le dernier de l’aire de dispersion  orientale du terrain. En poursuivant d’une bonne centaine de mètres au carrefour où il faut normalement tourner à droite, vous découvrirez, bien cachée sous un chêne vert aux feuilles piquantes, à gauche, la borne milliaire de Bidoussanne. Ne vous laissez pas impressionner par les deux chiens en face qui n’arrêtent pas d’aboyer !

Via Aurelia #1 : la borne milliaire de Bidoussanne, par liodan13

Batterie de LoyneBatterie de LoyneJe traverse ensuite une zone de vestiges militaires, situés à 4km700 à vol d’oiseau, de l’aérodrome de Salon. Je ne sais pas encore quelle était la fonction de ces bâtiments appartenant sans doute à la batterie de Loyne : ce sont des vues intérieures des encuvements pour canons lourds de Flak  de la batterie du quartier de la Loyne (batterie à 4 canons de 88 mm). Merci Michel (pseudo P38-13) du forum sudwall

La défense des terrains occupés par la Luftwaffe comportait deux ceintures de batteries anti-aériennes : une première composée de batteries de calibres légers et moyens installées aux abords des pistes et des aires de dispersion des appareils […] et une seconde, beaucoup plus éloignée, composée de batteries dites lourdes.
[…]
3/ La batterie de la Loyne, à l’est du terrain[d’aviation], dans un verger d’oliviers ; actuellement il reste 4 encuvements, abris personnels, soutes et un bâtiment qui a pu supporter un projecteur. P38-13 du Forum Sudwall

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La Candolle par le GR 2013



Autrefois le parcours passait par le monument romain, le Pennelus, en haut de l’escalier qui débute près de l’église de la Penne sur Huveaune, dont la construction remonterait à la fin du Ier siècle av. J.-C. Le Pennelus a été inscrit le 12 juillet 1886 à l’inventaire des Monuments historiques de France. Notice Patrimages. Le sentier désormais inclus dans une propriété privée, est piétiné désormais par un troupeau de chèvres du Rove.

Au dire des gens du pays et même de plusieurs écrivains, ce monument appelé Pennelle est un tombeau élevé à la mémoire d’un général romain, mort pendant le siège de Marseille par Jules César. Extrait de Répertoire des travaux de la Société de statistique de Marseille…, Société de statistique de Marseille, Éditeur : [s.n.?] (Marseille, puis : Valence), 1872.

Elle aurait servi ensuite de vigie, de fortification militaire. Sa fonction n’est pas clairement connue. Pour certains il s’agirait d’un ancien tombeau, pour d’autres un monument érigé pour célébrer une bataille romaine ou un mausolée. La cuve anépigraphe du mausolée de la Penelle a été transportée au prieuré Saint-Jean de Garguier. Gallia, 1964, vol. 22.

Je passe sous l’aqueduc de la Candolle, un des nombreux édifices du canal de Marseille. Il se compose de seize arches, mesure 122 mètres de long et jusqu’à 12 mètres de haut. Il a été construit à La Penne-sur-Huveaune en 1866 et sa mise en eau eut lieu en 1873 ; il conduisait l’eau de la Durance sur les terres agricoles de la Commune.  L’aqueduc de la Candolle, d’après l’office du tourisme.

Départ sur une piste forestière large et facile puis le sentier s’échappe sur la gauche, étroit et pierreux. Quand le tracé jaune se sépare en deux, un Y peint sur la roche invite à accéder par la droite à un spectaculaire surplomb au-dessus du vallon des Escourtines. Mais moi je vais à gauche vers la Candolle, croisant alors le GR 2013.

Pendant toute la montée, les bruits de la ville et de la vallée m’accompagnent : peut-être est-ce tout simplement parce que le sommet de la Candolle n’est pas très élevé (404m). Le sentier grimpe et vire sur les cailloux ou entre les rochers de calcaire blanc. Dépassée par un animateur qui prépare une grande randonnée pour ses adhérents, je m’aperçois qu’il a la même bible que moi : le GR 2013 Marseille-Provence, sentier métropolitain autour de la mer de Berre et du massif de l’Etoile, Cercle des marcheurs, excursionnistes marseillais, comité départemental de la randonnée pédestre des Bouches-du-Rhône, Editions Wildproject et FFR, 2013 ; nous discutons de son projet : aller de la gare de Saint-Marcel à la gare d’Aubagne par le GR 2013 puis revenir en train sur Marseille. Cela lui permettra de faire ses 21 km dans la journée. Sous la barre calcaire, le sentier se rétrécit, passe en corniche, puis semble s’interrompre sans que je trouve de traces à suivre. J’escalade les rochers (que faire d’autre ?) puis cherche vainement le GR 2013 ; intuitivement, je passe là où ça me semble le plus facile et le retrouve jusqu’au plateau près du sommet. Curieux de trouver là un endroit presque plat avec quelques arbres, un petit aiguier et la possibilité d’escalader la Candolle moyennant quelques mètres de dénivelée supplémentaire. Pause repas avant la redescente.

Descriptif de la randonnée par Loulou la Cigale

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Source de l’Infernet par le GR 2013



Lors d’un reportage sur le GR 2013 en début d’année, j’avais été surprise de découvrir ce charmant petit coin, près de la ville : une source abondante se déversant en cascade, près de petites gorges d’un beau ton rose soutenu ; j’avais du mal à croire qu’il était en région PACA. Je me suis donc inventée une petite boucle passant sur le GR 2013 avec retour par un autre sentier (je n’aime pas faire un aller et un retour identiques).

Départ sur le parking du ball-trap et du club d’aéro-modélisme, près de la gare TGV. Pas évident à trouver la route qui y mène ; il faut emprunter le rond-point de la gare et avant l’entrée du parking P12, tourner en épingle à cheveux sur la droite ; les voitures qui ne veulent pas payer le parking de la gare, stationnent le long de cette route et obstruent la visibilité.

Les maquettes d’avion tournoient au-dessus de ma tête dans un vrombissement presque aussi fort que celui d’un véritable avion. Il ne faut surtout pas entrer sur leur terrain dont l’accès est interdit : à cet endroit, le GR s’infléchit sur la droite pour rejoindre une ancienne route macadamisée fortement dégradée. Puis elle descend ; sur la gauche, un tas d’ordure barre le passage : c’est là que passe le GR.

J’aperçois des caravanes de nomades installées près du stadium, parallélépipède de béton qui aurait dû servir de salle de spectacles ;  il a été cédé à la communauté du pays d’Aix ; même si on a du mal à le croire, c’est l’œuvre d’un architecte de renommée internationale Ruddy Riccciotti. Le blog de Didier Hacquart.

Bien que je n’en ai jamais vues, en vrai, je sais que les grosses bosses lie-de-vin, desséchées, irrégulières, séparées par des rigoles de plusieurs dizaines de centimètres de hauteur, sont les tristement célèbres ‘boues rouges‘, résidus polluants du traitement de la bauxite, bien visibles de l’autoroute A7 et du train. C’est l’usine Alusuisse des Aygalades (Marseille) qui les a entassées ici à partir de 1950.

Pendant près de 70 ans, on a fabriqué de l’alumine à Gardanne, et pendant 70 ans on a rejeté les boues rouges. Chaque tonne d’alumine produit au moins une tonne de boues rouges. En 1906, on construit un transporteur aérien de 3km vers le vallon d’Encorse à Bouc Bel Air. Cela a duré 60 ans. A partir de 1960, les zones de stockage de boues rouges sont saturées. Une étude préconise le rejet en mer du côté de Cassis par un sea-line, 47km de long, entre Gardanne et Cassis puis prolongé jusque dans la fosse de Cassidaigne [ndlr : il est visible sur des dizaines de kilomètres entre Gardanne et Aubagne sous la forme d’un tuyau vert le long de l’ancienne ligne de chemin de fer de Valdonne]. Péchiney dépose un dossier d’intérêt public en 1963.
L’opposition au projet se manifeste si fort que Péchiney est obligé de faire appel à un service de communication pour convaincre l’opinion publique : on ne parle plus de boues rouges mais de limons ferriques, on présente une maquette, les ouvriers de Gardanne en parlent. La requête d’annulation de la déclaration d’utilité publique (déposée par le maire de Cassis) est rejetée en 1968.
Suite à la conférence de Barcelone, la décision d’arrêter le déversement des boues rouges dans la Méditerranée, a été prise pour 2015. Cela est rendu possible grâce au minerai de Guinée plus riche en alumine (et produisant moins de résidus) et à l’amélioration des procédés techniques dans l’attaque de l’alumine et des filtres.
D’après l’institut pour l’histoire de l’aluminium, 2010

Toxique ou pas ? deux points de vue article de sciences et avenir, 2010… et celui du GIP des calanques

Le sentier de fine terre parfois glissante contourne l’énorme tas de boues rouges puis sinue dans les bois. Les sentiers sont nombreux mais le GR est assez bien marqué. Je passe à gué sur des ruisseaux bien secs puis descend jusque dans les gorges roses. Moyennant un petit détour, leur côté insolite apparaît (photo de droite).

Les parois des gorges de CabrièsA partir de là, il faut bien suivre le GR qui surplombe ensuite les gorges avant de descendre par un passage rocheux dans le fond, près de la Cadière qui court en cascade. Drôle de spectacle que ces calcaires roses mamelonnés, alignés, datant de -61 à -55 millions d’années, argileux ou rouges ou silicifiés, quelquefois avec des marbrures.

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Les fées de l’Huveaune



Elles sont cinq, installées près de la rivière Huveaune, fleuve côtier qui prend sa source dans le massif de la Sainte Baume et se jette dans la Méditerranée à Marseille. J’ai entendu parler d’elles à la télé, dans les journaux et abondamment sur internet. J’ai donc décidé d’aller à la rencontre de trois d’entre elles, persuadée que MP 2013 avait bien fait les choses.

Bien qu’elle ait depuis toujours permis l’implantation de nombreuses activités humaines, de l’agriculture à l’industrie, l’Huveaune est aujourd’hui mal connue et souvent maltraitée. Soucieuse de valoriser ce patrimoine naturel et culturel et de renforcer les liens entre les habitants des quartiers et des communes que traverse le fleuve, l’association Rives et Cultures a passé commande d’une œuvre aux artistes Lucy + Jorge Orta. Extrait du chemin des fées, MP 2013

  • La fée des berges, Manon : Parc de l’Ilot des Berges, 13400 Aubagne (inauguration le 6 avril 2013)
  • La fée du pont, Ubelka : Moulin Saint-Claude, 13390 Auriol (inauguration le 6 avril 2013)
  • La fée de la source, Marie : Les Martelières, 83640 Saint-Zacharie (inauguration le 6 avril 2013)

La fée des berges à Aubagne, Manon, se perche sur son piédestal, dans un nouveau jardin public en plein cœur du quartier des Defensions, au bord de l’Huveaune ; je n’ai pas trouvé de place de stationnement gratuit : le plus facile, c’est soit de traverser Aubagne à pied en suivant le GR 2013 (voir de Carnoux à Gémenos par Aubagne dans ce blog), soit de se garer au parking payant de la vieille ville et longer l’Huveaune à partir de la porte du millénaire. Même si les berges ont été nettoyées, il reste par endroits quelques déchets laissés par des indélicats. Des bancs et chaises longues au soleil, invitent au farniente face à la rivière ; la fée Manon regarde en direction de la ville : il vous faudra donc la contourner pour voir son visage.

C’est celle d’Auriol qui m’a donné le plus de mal. Au mois de mai, l’adresse figurant sur tous les sites internet était partout incomplète : moulin Saint-Claude, Auriol ; le centre aéré, le centre culturel, la salle polyvalente s’y trouvent mais pas de plan. Le site MP 2013 pourtant à l’origine du projet, ne donne ni la position sur une carte google map, ni la manière de s’y rendre. Les habitants que j’interroge ne connaissent ni ce moulin, ni la fée (il est vrai qu’elle a été inaugurée il y a peu de temps) ; le site Projets le localise en zone résidentielle, près d’impasses étroites et inaccessibles en voiture. L’erreur ne sera corrigée que bien plus tard. Finalement, en faisant une recherche sur ‘Auriol moulin Saint-Claude’, je tombe sur la Fédération des Bouches-du-Rhône pour la pêche et la protection du milieu aquatique qui, elle, indique que le moulin se trouve sur la RN 560. Même s’il s’agit désormais de la D560, c’est l’information la plus précise que j’ai pu trouver ; cette route nationale, de Saint-Zacharie au pont de Joux, traverse le village ; supposant que le moulin fonctionnait avec l’eau de l’Huveaune, j’ai suivi la route jusqu’à tomber enfin sur le centre culturel du moulin Saint-Claude, précédé d’un grand parking face à la carrière. Après 45mn environ de péripéties diverses, je suis impatiente de découvrir enfin la fée du pont Ubelka.

En celto-ligure, la langue ancienne parlée dans la région, Ubelka, autre nom de l’Huveaune, signifie « la dévastatrice », en référence au caractère tumultueux et imprévisible du fleuve. Ubelka était perçue comme une déesse bienfaisante et nourricière mais aussi capricieuse et redoutable, à l’image de ses crues ravageuses.

Mais le cauchemar n’est pas fini puisque les jardins accueillant Ubelka sont fermés le week-end ! encore une information qui ne figure nulle part ; j’aperçois juste un peu du rouge de son habit. Le lendemain, j’appelle le centre culturel  ;  souhaitant y amener un groupe de geocacheurs, un week-end justement, il me faut demander l’autorisation écrite de la mairie. Une réponse négative m’est apportée par téléphone. Alors que j’exprime mon étonnement devant l’aberration que représente l’inaccessibilité de l’oeuvre dans le cadre de MP 2013, mon interlocutrice du service communication, trouve tout à fait normal que ces jardins privés soient fermés. Question de point de vue ! A deux jours de la rencontre d’Aubagne, quelqu’un s’est finalement proposé pour m’ouvrir la porte des jardins mais ce sera trop tard.

Par chance, j’y suis revenue le jour d’un concert ; Ubelka, la fée du pont était bien là, prête à bondir dans l’Huveaune, et bien protégée par une grille devant le pont. Veut-elle défendre la sérénité des lieux ?

Pour trouver la fée de la source, Marie, rien de tel qu’un passage à l’office du tourisme de Saint-Zacharie qui matérialisera les trajets possibles sur un plan du village.

  • La plus belle façon de la découvrir est de partir du village par la promenade pédestre du centre du village au moulin de la Sambuc en passant d’une  rive à l’autre ;
    le lavoir en bordure de l’Huveaune (et son barrage) vous impressionnera par sa longueur ; puis vous suivrez le GR rouge-blanc qui traverse une zone boisée fort agréable. Au lieu dit la Brise, à la fourche, le chemin de gauche mène directement aux martelières et à un ancien aqueduc qui traversait la rivière. Vous arriverez face à Marie en train de puiser de l’eau mais la rivière vous séparera d’elle ; un décor bucolique qui invite à une petite pause…
  • la seconde façon est de rester sur le GR qui passe au dessus de la rivière. Vous longerez la route vers la  gauche puis vous traverserez le champ en direction de la rivière ; le chemin est visible. Vous arriverez au niveau du panneau d’information consacré à la fée. Malheureusement, quelques moustiques risquent d’abolir votre envie de pique-niquer tout près.
  • la dernière manière, pour les plus pressés, est de vous garer sur le parking de la Foux où stationnent également des ambulances ; sur la D560 à la sortie de la ville, 500m après le nouveau collège, il se situe en face du champ que vous devrez traverser pour rejoindre les bords de l’Huveaune.

Une balade familiale et artistique au cours de laquelle vous pourrez raconter aux enfants la  légende de l’Huveaune alimentée par les larmes de Marie-Madeleine pleurant sur son sort dans la grotte de la Sainte Baume où elle vécut 33 années. Selon wikipedia

la fée Marie à Saint-ZacharieImage de l’itinéraire (la fée de la source Saint-Zacharie) 3km700 A/R, 1h10, dénivelée 12m

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GR 2013 d’Aix Jas de Bouffan aux Milles



Note : Les photos ont été recadrées mais non retouchées.

Comment redécouvrir l’environnement dans lequel on vit tous les jours ? en l’observant à pied, sur le GR 2013, du quartier du Jas de Bouffan aux Milles. C’est au départ du Bois de l’Aune que j’ai eu le plus de mal à repérer le GR (en bas de la résidence les Dahlias, arrêt de bus n°2 et non n°3, traverser la route et tourner à droite) ; le guide m’a été indispensable. GR 2013 Marseille-Provence, sentier métropolitain autour de la mer de Berre et du massif de l’Etoile, Cercle des marcheurs, excursionnistes marseillais, comité départemental de la randonnée pédestre des Bouches-du-Rhône, Editions Wildproject et FFR, 2013. Une portion du GR est particulièrement dangereuse sur la route D18 très  fréquentée, sans trottoir ; impossible de se mettre à l’abri des voitures sauf à descendre dans le fossé à chacun de leur passage.

En passant aux Milles, j’ai découvert un imposant bâtiment près de l’Arc : le lavoir des grands-mères époque où la bugade1 se faisait à la main. Les lavandières posaient le linge sur le rebord en pente et le tapait avec un battoir en bois. C’était l’occasion pour les femmes de discuter et se raconter les potins du village.

Camp des MillesMoyennant un petit détour, je me suis trouvée face à ce tristement célèbre camp d’internement et de déportation, le seul grand camp français encore intact et accessible au public, un lieu-témoin de la déportation des enfants juifs. Malheureusement, en ce premier mai, il était fermé à la visite. Prévoir environ 3h pour une visite complète.

Dans ce bâtiment furent internées entre 1939 et 1942, plus de 10 000 personnes dans des conditions de plus en plus dures. Réfugiée en France, la plupart fuyait le totalitarisme, le fanatisme et les persécutions en Europe.
L’histoire du Camp des Milles témoigne de l’engrenage des intolérances successives, xénophobe, idéologique et antisémite qui conduisit à la déportation de plus de 2 000 hommes, femmes et enfants juifs depuis le Camp des Milles vers le Camp d’extermination d’Auschwitz, via Drancy et Rivesaltes.
Ils faisaient partie des 10000 Juifs de la zone dite « libre », qui, avant même l’occupation de cette zone, ont été livrés aux nazis par le gouvernement de Vichy, puis assassinés dans le cadre de la « Solution finale ».
Face au racisme, à la lâcheté et à l’indifférence, des résistants aux Milles comme ailleurs sauvèrent l’honneur de la France et de l’humanité. Extrait du site campdesmilles.org

Au bout de la rue Albert Decanis, faut-il traverser la voie ferrée et poursuivre sur le chemin des déportés, ou bien tourner à gauche avant la voie ferrée ? dans les deux cas, il y a une erreur dans le guide ; de toutes façons je pense que les deux options mènent au même endroit.

Image de l’itinéraire Aix ouest (rotonde Bois de l’Aune) aux Milles (route d’Apt) : à partir de là, le GR continue vers l’Arbois, je vous en ai parlé dans l’article GR 2013 en avant-première dans le Petit-Arbois.
9km780, 2h déplacement à vitesse moyenne rapide (2h35 au total), 106m dénivelée

1bugade : terme provençal désignant la lessive

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GR 2013 : de Rognac au château de la Tour d’Arbois



Fête régionale de la randonnée 2013 par un temps maussade qui commence et finit avec la pluie. Des cars emportent les randonneurs au point de départ d’un des parcours linéaires ; pour moi, ce sera Rognac. Pas de visite guidée, seulement quelques précisions au sujet des endroits où le GR risque de ne pas être évident à trouver : quelques rubans jaunes et rouges jalonneront alors le sentier.

— Lien vers l’album complet GR 2013 Rognac Château de la Tour d’Arbois —

Le groupe de 14 constitué des membres de l’association de Fos… et moi, chemine rapidement, s’arrête peu pour observer ou faire des photos. Nous n’aurons aucune information sur les zones traversées. La montée par le chemin de Saragousse nous amène au point culminant du plateau de Vitrolles (271 m).

Dans l’ordre du parcours :

  • les cuestas et l’érosion du calcaire
  • le plateau de Vitrolles : La falaise du plateau de Vitrolles et ses nombreux panoramas sur la ville et sur le pourtour de l’étang de Berre dont les installations pétrochimiques de l’étang de Berre.

    C’est un plateau calcaire au relief tourmenté, dominé par une végétation de type méditerranéen mais présentant une diversité remarquable de milieux : garrigue, maquis, taillis de Chênes verts, pelouse à brachypode, zones cultivées (oliveraies, vignes, cultures céréalières extensives), falaises, cours d’eau, ripisylve, roselières et réservoir d’eau douce. Extrait du site Natura 2000

  • le radar visible de la presque totalité du plateau qui sert au contrôle aérien de la zone d’atterrissage de l’aéroport de Marseille-Provence
  • la carrière de Val d’Ambla : le calcaire marbrier de Vitrolles est unique de par sa couleur rouge étrusque ; sont extraits gravier et pierres à bâtir pour l’industrie du bâtiment, distribués aux quatre coins de la France, dont une grosse partie pour la ville rose, Toulouse.
  • le curieux rocher de Vitrolles (lou Roucas) isolé au milieu des habitations et sa chapelle Notre Dame de Vie. Accessible par un escalier taillé dans la roche calcaire, cette modeste construction fût bâtie dès le début de la période romane, autour de l’an mil et traduit les influences des églises de Catalogne, elles-mêmes teintées d’inspiration arabe.
  • Un refuge pour la nature : le panneau d’informations n’est plus lisible ; Site d’importance majeure pour la conservation de l’Aigle de Bonelli (1 couple), site d’importance internationale (réservoir du Réaltor) pour l’hivernage des oiseaux d’eau ; une partie du site est classé Natura 2000 ; les papillons y sont régulièrement inventoriés.
  • Nous croisons un camion de pompiers ; aucun risque d’incendie pourtant aujourd’hui ; leur présence s’explique par l’Ecole Nationale Supérieure des Officiers de Sapeurs-Pompier sur le plateau de l’Arbois (23 hectares recréant l’intégralité de la chaîne d’intervention).
  • les Collets Rouges et son air de far west avec ses petites collines rouge foncé.
    Quand Luc Besson a découvert le Plateau vitrollais, il a jeté son dévolu sur ce terrain-là pour en faire la scène inaugurale de sa nouvelle série « No Limit » (TF1).

    Durant deux jours, les terres des Collets Rouges ont pris des allures de camp de guerre au Mali. Là où, dans une sorte de flash-back, on retrouve Vincent Liberati, alias Vincent Elbaz, un agent secret, traquer un chef rebelle malien, tout en ayant une vie de père de famille divorcé des plus compliquées. « Les conditions de tournage sont parfaites, c’est très exotique, ça donne l’impression d’être ailleurs », confie, tout sourire, l’acteur La Provence, 18 mai 2012

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