A partir de la chapelle Saint-Maxime, les plateaux surplombant l’Auvestre



Riez la Romaine nous accueille une seconde fois, un an environ après notre première visite orientée geocaching : ** Riez la romaine. Attention, petite route goudronnée mais étroite pour atteindre le parking de la chapelle Saint-Maxime. Cette fois, plus au nord que la première fois, nous traverserons les plateaux de chaque côté de la rivière Auvestre, ce qui nous fera grimper ou descendre par des routes goudronnées, mieux protégées du vent. Car aujourd’hui le mistral souffle en rafales de 40 km/h mais le ciel est bleu, tel qu’Yves l’aime pour les photos ; c’est bien emmitouflés que les plus courageux, 9 et la chienne de Philippe, quittent le parking près de la chapelle.

Mon album photos

Photos de Yves Provence

La chapelle Saint-Maxime, propriété de la commune, a fait l’objet de restauration en 2003 grâce à la mairie et aux dons récoltés par les sœurs Clarisse qui occupent les lieux ; à l’époque, les tuyaux d’écoulement en cuivre avaient suscité pas mal de discussions ; ils étaient imposés par l’Architecte des bâtiments de France… Sa vaste esplanade est propice à la méditation et aux points de vue sur la plaine. A l’époque de l’établissement de la première carte de France, pour y effectuer des mesures de localisation, le topographe Cassini y avait placé un signal.

Nous descendons jusqu’au village par un sentier de galets en lacets qui arrive au niveau de la tour. Là, par des escaliers, nous rejoignons le centre du village : la vieille porte  Saint Sols, la fontaine Benoite, le lavoir. La route revêtue baptisée voie communale n°9, grimpe sur le plateau que l’IGN appelle plaine. Alors plaine ou plateau ? Selon un cours de géographie de l’école primaire :

Les plaines se trouvent à basse altitude : les rivières coulent en surface et descendent les vallées de l’amont vers l’aval.
Les plateaux sont plats et hauts : les cours d’eau y ont donc creusé des vallées et des canyons.

Mais l’origine est ici provençale : plane en tant que nom, désigne une étendue plate donc un plateau ; celui de Valensole est la plane de Valensole.

Les champs de lavande aux touffes grisâtres courent vers l’horizon ; les antennes radio (dont France Bleu Provence) et télévision apportent une touche de modernité dans la plaine des Tourettes. Etonnant qu’il n’y ait pas de projet éolien sur ce vaste espace… Au carrefour qui mène à l’antenne de téléphonie mobile (640 m) et son point de vue sur la ville, je repère au nord-est les quelques montagnes enneigées : la Tête de Chabrières, le sommet du Couard.

Au bout de la plaine de Meyane, nous redescendons dans la vallée de l’Auvestre par le chemin de Brunet ; après la traversée de la route de Puimoisson, le jardin de la première maison du quartier Saint-Sébastien fête Noël : des paquets cadeaux sont accrochés au grillage. Un peu à l’écart de la voie communale n°17, nom bien peu poétique, un coin abrité du vent nous accueille le temps du pique-nique. Café chaud, rhum arrangé, gâteau, gingembre confit, il y a toujours quelqu’un pour partager des bonnes choses avec le groupe.
Nous poursuivons ensuite le long de la rive gauche de la rivière.

Par le ravin de l’Aubette, boisé, nous remontons sur la plaine de Saint-Maxime. La variante du GR4, grande piste facile, traverse les champs de lavande. Un peu déçue : le fameux GR® 4 à travers le Verdon, de Sainte-Croix-du-Verdon à Castellane, n’est arrivé qu’en 5è position lors du classement du GR préféré des français… mais pas le dernier !
Une seule montagne enneigée au nord c’est l’extrémité de Lure. Un cabanon bien seul témoigne de l’activité humaine. Sur ce plateau immense et désert, pas de lignes à haute tension, pas d’éolienne, pas d’antennes. La piste humide rejoint la chapelle Saint-Maxime que nous atteignons en début d’après-midi : nous avons été plus rapides que d’habitude.

Yves nous offre le thé chaud que nous apprécions particulièrement.

En reprenant la voiture, montée du cimetière mais en descente, nous passons devant une source captée, une des nombreuses mines d’eau dont j’explique le principe dans mon premier article.

Le réseau complexe, aux nombreux bras latéraux de certaines mines surplombant la ville, parait être la marque de mines d’eau médiévales à usage collectif, creusées pour répondre aux besoins d’une collectivité (comme la mine dite du cimetière, fig. 5). D’après L’eau dans les Alpes occidentales à l’époque romaine, H. Aubagnier, P. Borgard, J.-L. Guendon, L. Martin, Les cahiers du CRHIPA n°19, octobre 2010

Image de l’itinéraire 12km450, 3h30 déplacement (5h au total), dénivelée 141m (+319, -319 en cumulé)

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Saint-Laurent du Verdon : de Notre Dame au lac de Montpezat en passant par coteau Chiron



Départ de Saint-Laurent du Verdon pour une version conjuguée de deux randonnées du topoguide de la FFR, Gorges, lacs et plateaux du Verdon… à pied : premier circuit Notre-Dame sur Verdon pp. 52-52 et le second coteau Chiron pp. 52-53. J’avais parcouru Coteau Chiron en 2009, gardant le souvenir d’une arrivée au bord du lac dans la glaise collante.  Aujourd’hui le temps caniculaire nous réservera d’autres surprises : température minimale 18°, maximale 36° mais comme Yves a promis un moment de baignade, cela m’a semblé envisageable.

L’album photos

Départ du château ; avec ses quatre tours d’angle et ses deux étages aux fenêtres cintrées, on le date de la fin du XVIIe, ce qui se trouve confirmé par un document rare sur  l’historique de la seigneurie du lieu ; il a appartenu à Claude de Castellane, le second. Tandis que le groupe se prépare, avec quelques geocacheuses, nous débusquons la cache, qui attire la curiosité des voisins.

Saint-Laurent du Verdon (le château), PAPOUNET83

L’eau de la fontaine-lavoir-abreuvoir aménagée en 1647 jaillit à quelques mètres de là, au milieu de la rue qui descend du village ; elle alimente par une vanne le château et les potagers des villageois.
Le mur en retour et l’auvent protègent du vent l’hiver ; les lavandières s’agenouillaient sur les caisses de bois qui les isolaient du sol froid (elles ont été reconstituées à l’identique).

En direction du sud vers le plan Pelissier, après le ravin endigué de la Font de Saint-Pierre, nous atteignons la rustique chapelle Notre-Dame : les seules photos que j’ai pu trouver avant et après la restauration se trouvent sur le site dignois.fr.
Petite découverte des ruines de l’ancienne bastide Bagarris (selon le cadastre napoléonien, 1825) et sa belle voûte. Nous avons tous chaud et la température extérieure continue de grimper.

La chapelle Notre-DameYvesProvence

Au loin le fil du Verdon coule au pied de la colline de Marin Bertoua à Artignosc, côté Var. Le niveau de l’eau est déjà bien bas, alors que nous ne sommes qu’en juin.

Vue sur le Verdon, YvesProvence

Sol caillouteux, garrigue basse qui ne nous protège pas du soleil. Nous longeons la rive droite du Verdon et les gorges dans un parcours sinueux qu’il faut veiller à ne pas quitter. Si le sentier s’approche trop de la falaise, c’est que vous vous êtes trompé.

Belvédère sur le Verdon, YvesProvence

Face à la crique, YvesProvence

Au pont sur le Verdon, Yves me fait remarquer la curieuse forme d’un ancien repère géodésique dont les coordonnées imprécises le plaçaient sur le mauvais côté de la route. La chaleur est telle que les geocacheurs n’ont pas envie de parcourir 100 m de plus pour aller chercher la cache de l’autre côté du pont !

Nous quittons bientôt le premier circuit pour rejoindre le second. Petite discussion en chemin avec un couple de joueurs. Nous nous approchons du plan d’eau d’Artignosc par la route  : je ne vois que trop tard le petit sentier que nous aurions pu emprunter sur notre droite. Pourquoi lac d’Artignosc alors que le plus grand de sa surface se situe sur la commune de Saint-Laurent ?…
Les blés d’or ont souffert de la chaleur et il ne reste que quelques coquelicot flétris.

Le lac d’Artignosc, YvesProvence

Progressivement nous montons sur le coteau Chiron – un nom bien provençal –  par un sentier rocheux, étroit et sec dominant la rivière ; les gorges sont plus hautes que tout à l’heure ; Yves vous propose trois points de vue successifs.

Point de vue sur les gorges 01, YvesProvence

Point de vue sur les gorges 02, YvesProvence

Point de vue sur les gorges 03YvesProvence

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Esparron de Verdon… autrement



Avec Claude à la manœuvre, on sort forcément des sentiers battus : du hors balisage, des raccourcis dans la garrigue basse où l’on circule à vue assez aisément. Nous sommes trois filles pas très sportives, et notre guide.

Dès le départ, la tour carrée du château d’Esparron émerge du village ; la piste est facile, bordée d’argeiras, à la floraison précoce. Les touffes de lavande grisâtres bien alignées n’ont pas encore pris leur couleur d’été.
Sur le sentier caillouteux, coincées entre les cailloux, de jolies fleurs jaunes parviennent à pousser : du lin jaune reconnaissables à ses fines nervures.

Claude tente une descente vers le ravin d’Albiosc au sud en mode sanglier puis se ravise pour un sentier plus facile… qui nous mène à la propriété privée de la Colle. Face à l’issue incertaine, nous préférons sagement continuer sur la piste balisée et faire un grand détour par l’Est.

Arrivés au camping de la Baume par le petit pont de bois, nous le traversons en suivant le ravin à courte distance. Au fond du terrain, on se trouve un petit coin tranquille dans un champ pour le repas. Claude régale avec sa boisson préférée…

Nous longeons le ruisseau sous les arbres, en petites montées et descentes ; pour raccourcir le trajet, il faut traverser le ruisseau à gué mais il y a pas mal d’eau : soit on traverse à pieds nus, soit on trouve un endroit plus facile. Claude qui a de grandes jambes, se retrouve rapidement sur l’autre rive après avoir vaincu les lianes épineuses ; pour les petites jambes c’est plus problématique. Julie, elle, choisit l’option d’enlever ses chaussures. Puis, à travers champs, au feeling, nous récupérons la piste ; en haut du talus, une croix de bois plantée sur la D82 nous sert de point de repère.

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** Riez la romaine



Riez la romaine, c’est évident qu’une rando à cet endroit ne pouvait que m’intéresser après la passion éprouvée il y a quelques années pour l’aqueduc de la Traconnade et celui du Gier. Grâce à Yves Provence qui y organise une rando avec promesse d’un aqueduc romain, je me rends pour la première fois à Riez. Il fait froid sur le grand parking le long de l’Auvestre, entre le chemin du relais et la rue du faubourg Saint-Sébastien mais les efforts qu’exigent les courtes montées vont nous réchauffer rapidement…

La ville de Riez n’est plus aujourd’hui qu’un chef-lieu de canton de moins de deux mille habitants. Elle fut pourtant, à l’époque romaine, l’une des métropoles de la province Narbonnaise [Colonia Julia Augusta Apollinaris Reiorum, fondée par l’empereur Auguste]. A son apogée, dans le courant du IIe siècle, l’agglomération […] possédait une importante parure monumentale. A la fin de l’Antiquité, elle devint le siège d’un évêché. Elle conservera cette fonction jusqu’à la Révolution […]. Infos patrimoine PACA

En déambulant dans le centre ville, nous passons sous la porte Saint-Sols, devant laquelle trône la fontaine Benoîte, attestée depuis le XVè mais celle-ci date de 1819. Elle servait à tous les habitants, à l’intérieur et à l’extérieur de la ville et même à la monture des voyageurs. Quelques années plus tard, c’est le lavoir qui a été construit ; c’est dans la rivière le Colostre que les lavandières rinçaient leur linge.

Nous poursuivons la montée à la tour de l’Horloge par un long escalier. Au pied de la tour, on se rend mieux compte de sa hauteur impressionnante et de ses défauts de construction : le mur côté rue n’est pas à la verticale jusqu’en bas. Un des derniers vestige des remparts qui protégeaient le village, il abrite une horlogerie vieille de plusieurs siècles, probablement du xvie siècle, et qu’aujourd’hui encore les employés communaux remontent chaque samedi matin.

Riez – La tour de l’Horloge, lapinblanc

La montée continue sur le sentier des oliviers, bordé de panneaux d’information sur l’histoire de cette culture. Enfin nous arrivons au sommet de la colline Saint-Maxime où l’occupation urbaine s’est déplacée entre le IVe et le Ve siècle. La ville romaine avait à gérer des crues très violentes ; l’étude des épaisses couches de galets alluviaux qui recouvrent les niveaux abandonnés de la ville romaine montre que ce repli s’est effectivement produit au moment où les conditions de l’écoulement se sont fortement détériorées. D’après une Etude de géomorphologie.
Du haut de la colline, Claude me montre les colonnes romaines isolées dans le pré mais qui autrefois se trouvaient au milieu d’un complexe romain important.

Saint-Maxime a été évêque de Riez ; Riez, siège d’une évêché, voilà qui peut paraître étonnant quand on la regarde aujourd’hui. Cette chapelle Saint-Maxime, mi-lieu de culte, mi-habitation, construite de 1653 à 1655 en souvenir de la basilique carolingienne détruite en 1596, renferme un chœur bâti sur d’anciennes colonnes antiques. Depuis 1975, les sœurs Clarisse s’y sont établies.

Sur le GR4, des champs à perte de vue, des bouquets de lavande bien taillés sur fond de montagnes au nord-est ; tandis que les geocacheurs sont partis en chasse, je détaille le cabanon des champs, véritable petite maison construite avec des galets ; elle abrite les outils des ouvriers. Nous traversons le plateau puis descendons le chemin de Bontarru sur une bonne centaine de mètres de dénivelée.

Le plateau de Bontaru, julitch

Le château de Campagne (2e moitié 17e siècle ; 18e siècle) dont on remarque les toits de faïences colorées – plutôt caractéristiques de la Bourgogne -, domine la vallée du Colostre. Avec son bâtiment rectangulaire pris entre deux corps, flanqué de deux tours rondes, c’était au XVIIIè l’agréable résidence de Pierre Clérissy, seigneur de Saint-Martin d’Alignosc (anciennement saint-Martin de Rimat) où il possédait également un château. Les Clérissy sont connus pour  être à l’origine  de la production  de  faïence  à  Moustiers  et  à  Marseille. Le portrait de Pierre 1er serait toujours au château. Histoire des faïences à Moustiers.
Certains éléments de ce château sont protégés : les deux escaliers, le salon et son décor, les façades et toitures de l’ensemble des bâtiments de ferme, le pigeonnier, etc. En 1452, la commune de Riez a passé un accord avec le propriétaire Florent II de Castellane pour alimenter la fontaine de la Colonne par un aqueduc en rive gauche du Colostre, à partir des eaux de ce château.

Le pigeonnier situé de l’autre côté de la route a été restauré avec une (fausse) génoise à trois rangs ; les carreaux vernissés ne sont pas là pour la décoration mais pour empêcher les prédateurs tels que les rats, de grimper et pénétrer dans le pigeonnier. Les pigeonniers provençaux, Clodex

Riez – le pigeonnier du château de Campagne, lapinblanc

Après être descendus, il nous faut remonter doucement, sur un sentier parallèle à la route, traverser la route de Riez pour se retrouver au sud : Yves a prévu de rejoindre la piste balisée de Peyronnet. Mais c’était sans connaître les propriétés privées bien protégées par un grillage. Au pied du terrain de motocross, nous sommes contraints de remonter brutalement la piste forestière horriblement raide et caillouteuse ; dur, dur ! au sommet, nous enjambons la barrière souple qui est au sol pour nous retrouver dans la plaine de Milharas. On se croit sauvé mais le plateau n’est que champs protégés. Au loin, le centre émetteur de Roumoules qui diffuse sur grandes ondes le programme de Radio Monte-Carlo (RMC) et sur ondes moyennes les programmes religieux de Trans World Radio (TWR). Ses trois pylônes alignés constituent l’antenne principale qui rayonne vers Brest.

Zigzaguant dans la plaine, longeant les clôtures, nous ne sommes bientôt qu’à 300m de la piste mais plus de sentier ! Yves alors décide de s’en approcher en mode sanglier, à travers un bois un peu dense et des arbustes épineux ; les premiers arrivés se moquent gentiment des derniers qui doivent fournir un dernier effort pour sortir du bois. Ouf ! nous sommes maintenant en bordure d’un champ immense que nous couperons jusqu’à la piste. Cette partie dans la plaine n’est donc pas garantie 100% espace public… – je vous propose un circuit de contournement sur la carte – mais que de sérénité dans cette nature immense, déserte et calme !

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Quinson et les deux sources



Quinson, ce sera ma troisième visite ; cette seconde randonnée, 7 ans après celle du vieux village de Quinson par la Quille, se termine de façon identique (mais dans l’autre sens), par une descente ardue qui n’est pas facile surtout en cette saison, mais elle est mieux balisée qu’en 2009. parking du muséeNous stationnons sur le parking du musée de la Préhistoire et attendons la dernière voiture tout en espérant que le brouillard se dissipera.

Les photos de Yves Provence
Mes photos

A l'assaut de la falaisechemin de la falaiseNous allons monter sur le plateau du Meyas par un sentier raide qui affronte la falaise pourtant sans difficulté particulière ; à mi-hauteur, il se faufile dans une faille rocheuse avant de rejoindre la piste. C’est ce tracé que l’on prend lorsqu’on visite la grotte de la Baume Bonne avec un guide.

Quinson depuis le plateau de Meyas depuis le plateau de MeyasSur le plateau, les panneaux explicatifs ne sont pas tous lisibles mais la vue sur le village à un peu moins de 500m d’altitude, vaut le déplacement. On se rend compte de ce que l’on vient de grimper. Yves renonce à descendre au bord du Verdon pour voir la grotte : de toutes façons elle est grillagée et incompréhensible sans les explications des archéologues.

La table d’orientation où se trouve la cache Quinson #1, la table d’orientation de bob_13, n’est plus entretenue.

ChampGR vers VaudaudurdeDemi-tour pour rejoindre l’imprononçable source de Vaudauduerde ; au bout du plateau de Meyas commencent les grandes étendues ; après la traversée de la route de Riez, la piste grimpe sans arrêt en longeant le lit d’un ravin où s’évacuent les eaux de pluie ; sur la droite, quelques marcheurs ont visité les ruines de Durde datant du XVè ou XVIè. C’est ce hameau qui explique sans doute le toponyme Vau dau Duerde, soit la vallée de Duerde (nom d’un propriétaire ?).

Source de vaudauduerdeLe réservoirUn peu plus loin, à la source de Vaudaudurde aménagée, Yves pose une cache. Un abreuvoir à deux bassins creusé dans la masse, un réservoir voûté et un arbre tout courbaturé, voilà le décor champêtre. Sur le cadastre napoléonien, on voit bien que la source est captée à partir d’un petit affluent du côté de la Bourre.

La source de Vaudoudurde, Yves Provence

Les Mongesvers Poiraque entre deux champsNous revenons sur la piste et la montée continue ; au nord le Chiran et la crête enneigée du Mourre de Chanier. La piste de terre humide traverse des champs à perte de vue, entre lavandes et terres fraîchement labourées. A la Vudèle, Yves attend les retardataires pour rejoindre la source de la Poiraque1, dans un creux, complètement cachée par la végétation. Ensemble complet d’utilisation de l’eau : une fontaine à noria à chaîne et piston (fin XIXè), un lavoir, un réservoir qui recueille le surplus d’eau pour l’arrosage. L’ensemble a été restauré en 2012-2013, grâce aux efforts du Parc du Verdon, de la commune et de l’association Quinson histoire et devenir dont le président n’est autre que l’auteur du livre ci-dessous. S’il n’avait fait si froid, c’est là que nous aurions pris notre pique-nique.

Quinson sur Verdon – Découverte d’un village en Haute-Provence, François Warin, Les Alpes de Lumière, 2002

La source de Poiraque, Yves Provence

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* Rando et rand’eau dans le Colostre



Une idée d’Yves Provence, particulièrement originale et appréciable avec l’arrivée des grosses chaleurs de l’été : une randonnée sur terre le matin, un pique-nique au bord du Verdon à midi, et une remontée de la rivière Colostre l’après-midi… tant que les forces le permettent. Une randonnée aquatique donc.

J’avais emprunté avec un réel plaisir une partie du sentier de randonnée il y a quelques mois en y incluant la visite du village de Saint-Martin de Bromes. Le long du Colostre

Nous ne sommes que 9 au départ mais c’est un groupe de randonneurs qui, pour la plupart, se sont déjà croisés sur d’autres chemins. Nous partons du parking devant la mairie, traversons le pont sur le Colostre puis grimpons jusqu’à dominer la rivière de quelques mètres ; passerelleune ancienne barrière électrifiée abandonnée devait autrefois empêcher l’accès à ce sentier rocheux, pas si facile que cela ; puis nous cheminons en lisière de champ plus ou moins à l’abandon ; la première passerelle donne accès à des champs de l’autre côté du Colostre : il ne faut pas l’emprunter. La fragile porte du domaine de Payanet est ouverte : nous la laissons ainsi. Après la deuxième porte, nous retrouvons le Colostre.

Les passages ombragés alternent avec des passages au soleil ; deux descentes raides et glissantes dans une terre fine nous ralentissent : l’une des deux est accompagnée d’une bienheureuse main courante mais pour l’autre, rien. Une deuxième passerelle de bois, posée sur des rails métalliques, traverse le Colostre, sans doute pour permettre aux propriétaires de la rive gauche d’accéder à leurs cultures.

Nous passons sous le canal de Pontoise qui débouche à la confluence du Colostre avec le Verdon. Il a dû bénéficier de quelques réparations car il fuit moins que la dernière fois.

Le canal de Pontoise (photo Yves Provence)Le canal d’arrosage de Pontoise est dû au marseillais Félix Gueyraud, héritier en 1840 du domaine de Pontoise ; par décret impérial en 1869, le canal est décrété d’utilité publique ; plus tard, un canal de secours dérivé du Verdon, vient compléter l’alimentation en eau du canal de Pontoise.

Nous cherchons un peu d’ombre au bord du Verdon mais il n’y en a quasiment bas ; seul un petit bosquet peut nous accueillir au bord de l’eau pour le pique-nique.

L’après-midi, nous repartons le long du Colostre ; très vite les premiers courageux se jettent à l’eau et commencent la remontée de la rivière ; je me poste quelques centaines de mètres plus loin pour immortaliser leur exploit sur une courte vidéo ; au bout de 10 mn, ne les voyant pas arriver, je fais demi-tour ; quatre d’entre eux, trouvant trop difficile l’épreuve physique, sortent de l’eau.

Le Colostre est un affluent du Verdon de 36 km de long, de régime typiquement méditerranéen ; entre Saint-Martin de Brômes et Riez, c’est une des seules zones de reproduction de la truite fario. Le castor y est recensé. D’après remise en eau des méandres du Colostre

Encouragée par Claude, je me mets à l’eau sans difficulté, une paire de vieilles baskets au pied en guise de chaussures d’eau (chaussures pour marche dans l’eau et sur les rochers, pas type MEDUSE, dit Yves) ; j’ai emballé du linge sec et mes papiers dans un sac poubelle, mis mon téléphone dans une boîte hermétique transparente (moins de 7€ dans les magasins de sport) que j’accroche à mon cou. L’eau est fraîche et agréable ; rapidement il faut vaincre quelques obstacles comme des ronces qui envahissent la rivière au niveau des yeux  ou des bras ; armé de son sécateur, Yves ouvre la route laissant glisser la liane au fil de l’eau ; de temps en temps, nous sommes surpris par des trous d’eau jusqu’à la taille ou enjambons un tronc, passons des seuils dans lesquels le courant tente de nous entraîner. Un bâton de randonnée s’avère une aide précieuse pour résister au courant. Dans les passages de faible profondeur, la mousse nous alerte sur des passages glissants.  Mais rien de dangereux avec un peu d’attention. Ce parcours dans une rivière sauvage et méconnue est un régal, même si j’en sors avec quelques griffes  ; nous ne croiserons que deux groupes de randonneurs mais il n’y a que nous dans l’eau !
Les photos de la rand’eau

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*** Les gorges de Saint-Pierre



Pour visiter ces gorges, il a fallu partir tôt, très tôt ; mais Yves en a tellement parlé avec enthousiasme que j’ai estimé qu’elles en valaient la peine : rendez-vous est pris avec Michel à 6h50 sur le parking du Pont de l’Arc. Le VerdonNous sommes arrivés bien à l’heure, vers 9h15, près du pont sur le Verdon à Beauvezer. Le Touring Club de France, dans son bulletin de mars 1919, recommandait déjà la visite des gorges de Saint-Pierre !

Les gorges de Saint-Pierre site de Yves Provence, avec un superbe diaporama
Les gorges de Saint-Pierre, site de Yves Provence, version courte de cette randonnée 2015
Mes photos

panoramique vertical entrée des gorges

Beauvezer est la seule commune du Haut-Verdon qui a connu un essor formidable avec les draperies, tradition issue du Moyen-Age. En 1857 : les fabriques des Basses-Alpes occupent 400 ouvriers dont 145 à Beauvezer (Engelfred de Blieux & Cie, Giraud, Roux, Trotabas frères) ; en 1879 il n’y a plus que 45 ouvriers dans 5 fabriques. Des Alpes françaises : étude géographique, Germaine Veyret-VernerArthaud, 1948

Comme souvent dans les villages reculés, les légendes vont bon train comme celle des revenants ou des feux du Roufleiran. Pour une petite frayeur, rendez-vous au quartier Rioufleiran au nord de Beauvezer…

A Villars-Colmars et à Beauvezer, on se souviendra longtemps encore, et non sans quelque frisson, des Revenants ou des Feux du Roufleiran. Vers l’an 1780, dit la tradition, des feux extraordinaires se montraient entre le vallon de Notre-Dame et le vallon du Roufleiran ; ils effrayaient les gens de la région qui n’osaient plus s’aventurer dans ce quartier sinistre. Un prêtre de Beauvezer, plus courageux, voulut aller se rendre compte du phénomène. A son retour, il était en proie à la plus vive émotion, sa figure était bouleversée ; mais il fut impossible de lui faire raconter ce qu’il avait vu; il avait juré, disait-il, de ne jamais le révéler.
[…] plusieurs […] entendirent sortir de ces flammes, qui paraissaient douées d’intelligence, des voix menaçantes leur rappelant des devoirs volontairement méconnus, des messes, par exemple, que l’on négligeait de faire célébrer…

A. RICHAUD, Annales des Basses-Alpes : bulletin de la Société scientifique et littéraire des Basses-Alpes, Société scientifique et littéraire des Alpes-de-Haute-Provence, Vial impr. libr. (Digne), 1907
Nous rejoignons le hameau de Villars-Heyssier (écrit Reyssier sur le cadastre napoléonien) : la dernière partie de la route est plutôt dégradée avec de grosses bosses que les voitures basses auront du mal à passer. Un petit parking nous y attend peu après le village.

essai reconstitution tracé carraireC’est au Plan de Villars Heyssier qu’aboutissait la célèbre carraire des troupeaux transhumants d’Arles ; les pâturages y étaient loués aux propriétaires de troupeaux ; de là, les moutons se séparaient pour rejoindre leur pâturage respectif. Quelques parties de GR l’utilisent encore mais aucune ne va directement au Laupon comme les moutons autrefois.
Alphonse, berger transhumant du Haut-Verdon

Les gorges

Cirque rocheuxCascadeNous prenons le sentier des gorges creusées par un affluent du Verdon, le Ravin de Saint-Pierre ; le torrent a mis à nu des matériaux fortement plissés. Les hauts sommets périphériques forment des montagnes aux formes douces et érodées. C’est là que le spectacle commence, par un sentier aérien ; au premier pont de bois, une cascade dégringole sur des marches de pierre ; nous sommes alors enfermés dans un cirque rocheux aux nombreuses couches feuilletées.

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** Le long du Colostre, de Gréoux à Saint-Martin de Brômes



Une randonnée particulièrement agréable, au bord de l’eau, dans un environnement peu fréquenté même aux beaux jours. C’est Yves Provence qui m’en a donné envie.

Le VerdonOn part du parking des Thermes de Gréoux ; pendant un long moment, on se balade le long du Verdon bien plus calme qu’autrefois ; s’il y a pas mal de monde jusqu’au croisement avec le chemin de la Haute-Palud, au delà il n’y a plus personne et on comprend pourquoi si on s’aventure au delà de la dernière propriété : le sentier a disparu, la végétation est impénétrable : sur une pente raide, on ne peut remonter sur la route qu’en s’accrochant aux arbres en espérant ne pas retomber  ; contentez-vous donc de rejoindre la route de Riez bien sagement à ce carrefour.

Le pont-canal : il fuit !Là où le Colostre se jette dans le Verdon, vous tournez à gauche ; vous serez sans doute mouillé en passant sous le pont-canal qui fuit quelque peu (canal qui relie la station d’épuration au barrage de Gréoux ?) ; l’ancien et long canal du moulin de Gréoux – moulin encore visible non loin des Thermes – longeait la rivière sur l’autre rive ; il puisait son eau dans le Colostre au nord de Saint-Martin ; il mesure donc 7 km de long. Pourquoi avoir cherché l’eau si loin ?
Vous suivez la rivière qui serpente dans un canyon ‘relativement’ profond ; la ripisylve est très dense, Une dalle rocheuse ensoleilléeBarre rocheuse dans les gorgeslarge et fermée, l’ensoleillement au sol est faible : l’été, elle accorde donc sa fraîcheur généreusement. De temps à temps, une grande dalle rocheuse ensoleillée offre la possibilité d’un bain de soleil ou d’un pique-nique. Seuls un homme et son chien méditent face à la rivière. Le parcours tout en ondulations, est agréable, reposant. Parfois une falaise rocheuse rappelle que nous sommes dans des gorges. Une montée de terre fine glisse sous les pas mais Le chien monte la gardedes algues rouges, des cyanobactéries ?elle ne dure pas longtemps. Dans un lacet de la rivière, un vieil arbre a été transformé en chien hideux par un artiste productif. Dans un autre lacet, des algues rouges filamenteuses flottent et collent à la rive. Sont-elles dues à la mauvaise qualité de l’eau ? je n’en ai vu qu’à cet endroit.

Les eaux du Colostre de qualité moyenne sont chargées en éléments eutrophisants azotés et en bactéries. Le Colostre est un affluent de première importance avec de fortes potentialités biologiques, des zones de fraie très intéressantes. […]
[…] il ne possède plus qu’une seule espèce de poissons (S. trutta) sur six décrites dans la littérature d’archives. Pour l’écrevisse, un dernier fragment de populations indigène (A. pallipes) est retranché au niveau des sources. La partie aval du bassin versant se fait en outre envahir par l’écrevisse signal (P. leniusculus). Diagnostic écologique du Colostre… Etude Teleos, 2012

Une main courante bien utile pour grimper sans glisserPassez la porte et refermez-là bienBienheureuse main courante qui permet de monter sans se casser la figure ! puis c’est une barrière de bois, et des grillages qui ferment la propriété du centre équestre Payanet jusqu’aux rochers en hauteur. Ne sachant si c’était une propriété privée ou s’il existait un droit de passage, j’ai fait demi-tour. J’aurais bien tenté de passer sur l’autre rive par la passerelle de Ancienne passerelle en mauvais étatbois quelques centaines de mètres en aval mais à la regarder de près, avec une traverse de bois en moins et les autres pourries, j’ai renoncé ; quant à la traversée à gué, le courant et la profondeur m’en ont dissuadée. Je sais que Yves Provence a prolongé au delà du portail, et même en option dans l’eau sur plus de 2km : je vous invite donc à ouvrir la porte et longer la rive jusqu’à Saint-Martin de Bromes.

La boucle que j’aurais dû faire : aller par les collines, retour par la rivière.

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Valensole : des Chabrands au vallon du Fer



Départ : les explications du guideIMG_0035Après plusieurs semaines d’interruption, je retrouve le groupe constitué autour de YvesProvence. Le co-voiturage a bien fonctionné : cinq filles partent ensemble d’Aix-en-Provence. Nous stationnons devant la chapelle Sainte Madeleine de Villedieu qui, sous le crépissage actuel récent, pourrait bien être du XIè siècle donc d’art roman.

Chapelle Sainte-Madeleine de Villedieu : […] abside voûté en cul de four, mur sud creusé de deux petites baies en plein cintre, le pignon occcidental est percé d’une minuscule baie romane. Raymond Collier, la Haute Provence monumentale et artistique, Digne, 1986

La chapelle Sainte-Madeleine, YvesProvence

Bien situé sur une voie de passage le long de la Durance, le hameau de Ville Dieu possédait un relais de chevaux au XVIIè siècle, une écurie quasiment sans ouverture, avec une porte cochère ; reconnaîtrais-je ce bâtiment aujourd’hui ?

Piste qui longe un champTout au long du parcours, vous marcherez sur des galets, des petits, des gros, des cassés, libres ou soudés avec d’autres roches : c’est le conglomérat de Valensole. Après avoir contourné le champ près de la chapelle, nous retrouvons une piste en montée la plus dure du parcours, alors que nous sommes à peine échauffés. Nous prenons le chemin des Chabrands ;  soudain un cri ressemblant à un cri d’effroi : « Venez m’aider ! » ; je pense au  malaise de l’un d’entre nous et redescends rapidement le chemin jusqu’à l’énorme flaque d’eau qui nous avait obligés à faire un contournement au travers d’un sous-bois inhospitalier ; rien de grave, c’est juste qu’une vilaine branche a arraché le nouveau GPS d’Yves ! Les recherches en groupe ont porté leurs fruits : il a été retrouvé !

Plume, le chien de berger de Pissaro, fait sans arrêt des allers et retours du début de la file au dernier comme si elle voulait rassembler le troupeau de randonneurs ! Nous avions prévu de visiter les ruines de Clarency mais un panneau bien clair prévient qu’il s’agit d’une propriété privée ; après une courte hésitation, notre guide décide d’éviter cette partie de la balade.

Une piste dans une chênaieA vocation agricole, le terroir que nous traversons était primitivement axé sur la culture de céréales, de la vigne, sur l’élevage ovin. Nous allons très vite en trouver des traces : de grands champs prennent la relève des chênaies. Avec les amandes et la lavande, Valensole a toujours été un village relativement important. J’en ai trouvé une preuve curieuse dans le recrutement des instituteurs au XVIIè.

Le système des examens se présentait sous une forme spéciale, la « dispute des écoles ». A Valensole la dispute était fort à l’honneur : longtemps à l’avance on la publiait par affiches, d’Embrun jusqu’à Marseille. Les candidats qui venaient du Languedoc et d’Auvergne, […] prononçaient les auteurs ; le plus éloquent se voyait choisi. P. Dauthuile,…, L’École primaire dans les Basses-Alpes depuis la Révolution jusqu’à nos jours, Imprimerie Vial, 1900

Chenilles du pinConglomérat (photo wikipedia Toony)Majo et moi observons le 4è stade larvaire d’une colonie de chenilles processionnaires du pin formant un nid d’hiver volumineux côté sud puis de gros blocs fortement cimentés entre eux et comprimés : c’est ce qu’on appelle le poudingue, résultat de millions d’années d’érosion. La hauteur de ces dépôts varie entre 800 mètres et 1400 mètres. Sous le poids de cette masse de matériaux, l’écorce terrestre s’enfonce, ce qui provoque des mouvements en bordure du dépôt. Définition du poudingue sur le site geowiki

La Roche Amère, la montagne de LurePique-nique au point le plus haut où se dévoile un superbe point de vue sur fond de montagnes enneigées : la Roche Amère, énorme carrière en forme de triangle irrégulier portant le village primitif de Villeneuve et la chapelle Notre Dame de la Roque. Une randonnée*** que je vous recommande. Comme à l’accoutumée, les provisions se partagent (compote de bananes au rhum, calissons, café, brownies, etc), ainsi que les bons plans. Deux quads viennent perturber la tranquillité de ce moment.

La FaisanderieNous reprenons la balade en longeant le rebord du plateau avec en contre-bas la départementale 6 ; petites montées et descentes se succèdent ; sur la gauche, un sentier mène au jas de Mélanie que nous délaissons pour rejoindre la Faisanderie du Petits Puits ; cette immense propriété cultive des céréales et secondairement élève des faisans pour la chasse ; nous contournons la faisanderie, protégée par de grands filets sous lequel il n’y a aucun oiseau pour l’instant. La descente raide le long du grillage n’est pas facile et certaines ont trouvé plus commode d’emprunter le sentier, tout simplement. Nous sommes rattrapés par le jeune fils du propriétaire qui se demande ce que peut faire un groupe de 20 personnes sur sa propriété. Surprise ! cet ancien élève reconnait son prof. en la personne d’un randonneur du groupe ! après quelques minutes d’échanges, il nous accompagne sur son sentier privé qui mène au vallon du Fer.

Une faisanderie est un terrain ou un domaine où sont élevés des faisans pour la chasse à tir. Par extension, il peut s’agir d’une volière ou d’un pavillon où sont engraissés des faisans d’élevage pour la table. La reproduction expliquée sur le site de la faisanderie de Veyret

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Du Verdon à l’ancienne draille des troupeaux



Pour ‘inventer’ cette randonnée, j’avais plusieurs contraintes : peu de dénivelée et une descente en pente douce pour ménager mes adducteurs, aller à contre-courant des vacanciers de retour de vacances. J’ai donc décidé de remonter vers les Alpes de Haute-Provence, tenter de longer le Verdon de Vinon-sur-Verdon à Gréoux-les-Bains et retourner par la draille1 des troupeaux de la Crau. Le problème c’était qu’aucun sentier continu ne reliait Vinon à Gréoux sur la carte IGN.
Je me suis garée sur le parking du centre commercial mais j’aurais pu me garer sur le parking du Verdon en bas de l’impasse de la scierie.

le VerdonLe long du Verdon à VinonTout a bien commencé : la promenade le long de la rivière est pendant longtemps praticable ; balade ombragée au bord de l’eau, une rivière assez calme avec quelques aménagements hydrauliques ; plus je m’avance, moins elle ressemble à une promenade touristique ; je dois par deux fois traverser à gué : une première fois sur une maigre branche d’arbre, une seconde fois sur Premier passage à guédeuxième passage à gué sur un chenal du VerdonRochers écroulés un vieux pneu immergé mais rien de vraiment critique. J’entre alors dans une zone peu fréquentée qui donne parfois l’impression qu’un cataclysme est passé par là : des rochers écroulés, des arbres tombés. J’arrive finalement au bout d’un sentier qui frôle dangereusement le vide au dessus de la rivière puis se termine dans un recoin sauvage et ombragé qui ferait sûrement le plaisir des pêcheurs de truites ; demi-tour pour prendre un sentier qui remonte vers la route en évitant judicieusement la propriété privée.

La route est fort fréquentée et c’est une partie qui m’inquiète un peu. Je redescends vers le Verdon par un sentier bien visible qui débouche dans un champ de maïs que je contourne puis, ravie, retrouve le Verdon… jusqu’au panneau ‘propriété privée, domaine des Iscles’ (ils auraient pu le mettre avant, leur panneau d’interdiction !). Demi-tour. Impossible de continuer jusqu’à Gréoux en longeant le Verdon.

Domaine de Lineau (aqueduc derrière les arbres)Ne voulant pas me payer la route sans aménagement piéton, je décide donc de rejoindre le domaine de Lineau – autrefois un château et une ferme – et emprunte une toute nouvelle voie forestière que je devrai terminer à vue (direction Est) à travers bois et broussailles : elle rejoint l’autre piste forestière de Lineau (que vous pouvez emprunter également juste avant le portail du château), et ses traditionnels galets. Depuis la butte, sous la ligne à haute tension, se profile le village de Gréoux. La drailleLa piste croise ensuite la draille des troupeaux d’Arles, le sentier emprunté autrefois par les moutons de la région d’Arles pour rejoindre les Alpes, notamment l’Embrunais et l’Ubaye, une belle draille bien large, bien différente de celle que j’avais empruntée à Eguilles.

Les drailles étaient bornées de pierres plantées par couples, de part et d’autre, tous les quatre ou cinq cent mètres, des tas de pierres délimitant le tracé afin que les troupeaux puissent également les emprunter de nuit. Ces routes étaient des voies publiques donc inaliénables. Elles étaient entretenues à l’aide des redevances versées aux communes par […] les propriétaires [capitalistes] des troupeaux arlésiens.
Au fil des siècles, ces routes pastorales furent difficiles à maintenir contre les empiétements de plus en plus grands des riverains, qui en contestaient notamment la largeur, et l’envie croissante des communes de les récupérer. […] Cela donna lieu à de multiples affrontements, que des réglementations ponctuelles ne parvenaient pas à éviter. […] Les transhumants, lassés d’une lutte sans fin et sans résultat, abandonnèrent dans le courant du XIXe siècle ces routes traditionnelles pour emprunter celles de la vallée. Extrait du site la routo
Jusqu’aux années 50, l’organisation des alpages était fort différente de l’organisation actuelle. Le bayle, chef des bergers, était accompagné de plusieurs bergers.
Le bayle […] « gardait » ses montagnes et en assurait la gestion quelle que soit la provenance des bêtes. […]. Cette pratique du couple bayle-bergers a peu à peu disparu, à la fois pour des raisons économiques mais aussi pour des raisons techniques : l’évolution des systèmes et des techniques d’élevage a conduit à une simplification des modes de conduite des troupeaux et des alpages, […] Association d’anthropologie méditerranéenne

Un peu de conifères le long de la drailleDans un « mémoire de la route de l’abeillier2 qui va dépaitre pendant l’été à la montagne de Larche et celle de Josiers […], en l’année 1752, parti le 14 juin de la même année, composée de 10402 bêtes, on passe par Salon Meyrargues, [ndlr : Vinon], Gréoux, Digne, Seyne, Barcelonnette, ou on arrive le 28 juin. Dépense 974 livres 87 deniers, 8 sols.
Il fallait donc 2 semaines de marche à pied pour rejoindre le nord des Alpes de Haute-Provence depuis Arles.

BorneBorne 50 de transhumance ?Le long de cette importante draille des troupeaux, il y a plusieurs bornes portant des numéros ; elles délimitent la voie de transhumance mais ne sont pas des bornes de transhumance. le poteau de TelleLe poteau de Telle, au bout du plateau de Valensole, est un carrefour pour les troupeaux transhumants. Une carraire permettait alors de descendre droit sur la Bégude puis Estoublon.
Statut juridique d’une carraire, OFME

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