Saint-Laurent du Verdon : de Notre Dame au lac de Montpezat en passant par coteau Chiron

 

Départ de Saint-Laurent du Verdon pour une version conjuguée de deux randonnées du topoguide de la FFR, Gorges, lacs et plateaux du Verdon… à pied : premier circuit Notre-Dame sur Verdon pp. 52-52 et le second coteau Chiron pp. 52-53. J’avais parcouru Coteau Chiron en 2009, gardant le souvenir d’une arrivée au bord du lac dans la glaise collante.  Aujourd’hui le temps caniculaire nous réservera d’autres surprises : température minimale 18°, maximale 36° mais comme Yves a promis un moment de baignade, cela m’a semblé envisageable.

L’album photos

Départ du château ; avec ses quatre tours d’angle et ses deux étages aux fenêtres cintrées, on le date de la fin du XVIIe, ce qui se trouve confirmé par un document rare sur  l’historique de la seigneurie du lieu ; il a appartenu à Claude de Castellane, le second. Tandis que le groupe se prépare, avec quelques geocacheuses, nous débusquons la cache, qui attire la curiosité des voisins.

Saint-Laurent du Verdon (le château), PAPOUNET83

L’eau de la fontaine-lavoir-abreuvoir aménagée en 1647 jaillit à quelques mètres de là, au milieu de la rue qui descend du village ; elle alimente par une vanne le château et les potagers des villageois.
Le mur en retour et l’auvent protègent du vent l’hiver ; les lavandières s’agenouillaient sur les caisses de bois qui les isolaient du sol froid (elles ont été reconstituées à l’identique).

En direction du sud vers le plan Pelissier, après le ravin endigué de la Font de Saint-Pierre, nous atteignons la rustique chapelle Notre-Dame : les seules photos que j’ai pu trouver avant et après la restauration se trouvent sur le site dignois.fr.
Petite découverte des ruines de l’ancienne bastide Bagarris (selon le cadastre napoléonien, 1825) et sa belle voûte. Nous avons tous chaud et la température extérieure continue de grimper.

La chapelle Notre-DameYvesProvence

Au loin le fil du Verdon coule au pied de la colline de Marin Bertoua à Artignosc, côté Var. Le niveau de l’eau est déjà bien bas, alors que nous ne sommes qu’en juin.

Vue sur le Verdon, YvesProvence

Sol caillouteux, garrigue basse qui ne nous protège pas du soleil. Nous longeons la rive droite du Verdon et les gorges dans un parcours sinueux qu’il faut veiller à ne pas quitter. Si le sentier s’approche trop de la falaise, c’est que vous vous êtes trompé.

Belvédère sur le Verdon, YvesProvence

Face à la crique, YvesProvence

Au pont sur le Verdon, Yves me fait remarquer la curieuse forme d’un ancien repère géodésique dont les coordonnées imprécises le plaçaient sur le mauvais côté de la route. La chaleur est telle que les geocacheurs n’ont pas envie de parcourir 100 m de plus pour aller chercher la cache de l’autre côté du pont !

Nous quittons bientôt le premier circuit pour rejoindre le second. Petite discussion en chemin avec un couple de joueurs. Nous nous approchons du plan d’eau d’Artignosc par la route  : je ne vois que trop tard le petit sentier que nous aurions pu emprunter sur notre droite. Pourquoi lac d’Artignosc alors que le plus grand de sa surface se situe sur la commune de Saint-Laurent ?…
Les blés d’or ont souffert de la chaleur et il ne reste que quelques coquelicot flétris.

Le lac d’Artignosc, YvesProvence

Progressivement nous montons sur le coteau Chiron – un nom bien provençal –  par un sentier rocheux, étroit et sec dominant la rivière ; les gorges sont plus hautes que tout à l’heure ; Yves vous propose trois points de vue successifs.

Point de vue sur les gorges 01, YvesProvence

Point de vue sur les gorges 02, YvesProvence

Point de vue sur les gorges 03YvesProvence

Impatients d’arriver au lac de Montpezat, nous frôlons le malaise à chaque arrêt au soleil. La crème solaire ne suffit plus depuis longtemps. La descente vers le lac, hors balisage, est un peu ardue mais elle n’est que sur quelques mètres de dénivelée. Arrivés enfin au niveau du lac, nous nous partageons les rares arbres présents pour la pause méridienne ; certaines vont directement dans l’eau, d’autres entament repos et pique-nique. L’eau est claire – bonne, faut-il le préciser ? – invitation persuasive à la baignade.

Le lac de Montpezat, YvesProvence

Les demoiselles au corps annelé de bleu métallisé et noir forment un bouquet sur les herbes hydrophites. Leurs ailes transparentes portent une petite marque noire (pérostigma). Pour identifier avec précision l’espèce, il faut regarder de près les segments de l’abdomen (couleur et forme des taches, bandes transversales sur le thorax), les taches derrière les yeux. Vous comprendrez que je n’ai pas pu faire de photos de cet agrion sous toutes ses coutures. Entre l’agrion jouvencelle ou l’agrion de Mercure (la marque noire du deuxième segment ressemble au trident de Mercure), j’ai opté pour le second parce que c’est une espèce qui affectionne les eaux non polluées, plus méditerranéenne que les autres, et qu’elle est signalée par ici. Espèce d’eau courante, elle colonise les eaux claires permanentes, bien oxygénées, ensoleillées et bien végétalisées. Le développement larvaire comprend 12 à 13 mues et, habituellement dure une vingtaine de mois (l’espèce passant deux hivers au stade larvaire). Selon l’inpn.

Les cours d’eau abritent trois espèces remarquables, l’Agrion de Mercure (Coenagrion mercuriale), espèce protégée d’odonate, d’affinité plutôt méridionale, assez localisée, qui se rencontre dans les cours d’eau ensoleillés à courant plus ou moins vif dans lesquels sa larve se développe, le Sympétrum du Piémont […] et l’Ecrevisse à pieds blancs […]. Selon l’inventaire des zones naturelles d’intérêt écologique, faunistique et floristique de la zone du plateau de Valensole incluant Saint-Laurent.

Du simple bain de pied au bain complet en maillot, tous les randonneurs ont profité de l’eau et se sont longuement attardés. Quand il a fallu repartir, la chaleur n’avait pas baissé mais nous étions requinqués. Nous remontons le coteau jusqu’au croisement des deux circuits et à la ruine des Angles, autrefois ensemble de deux bâtiments dont un plus important en forme de U.

Ruines des Angles, YvesProvence

Là nous quittons le PR officiel en longeant un champ où la marche n’est pas toujours facile dans un fossé caillouteux.
Nous retrouvons une belle piste, celle de la randonnée Notre Dame, entre une lisière d’arbres et un champ puis dans une modeste forêt. Yves nous a promis une curiosité, nous l’attendons.

Non loin des ruines de Serre, un haut poteau de bois blasonné d’une fleur de lys, surmonté d’une girouette, porte plus d’une trentaine de panneaux directionnels : sur deux panneaux centraux l’un au dessous de l’autre, on peut déchiffrer : Un peu de culture, au milieu d’un champ ; sur les autres, par exemple : Pékin 8327km (plausible puisque Marseille-Pékin = 8478 km), Saint-Laurent du Verdon altitude 468,62 m, Marrakech 1878 km (plausible puisque Marseille-Marrakech = 1751 km), Berlin 1222km (alors là, on ne va pas directement de Saint-Laurent à Berlin mais on passe par Marseille !).

Ecrasés de soleil, les champs de lavande et de blé courent vers le ciel bleu. Belles couleurs contrastées et typiques de notre région. Sur le portail de bois, une pancarte “lavande en danger” ; quel est donc ce danger ? Fréquence Mistral du 16 juillet 2015 nous l’explique :

Cette coopérative [Albiosc] rassemble 8 exploitants-lavandiculteurs, pour une surface globale d’environ 170 ha sur les communes de Saint-Laurent-du-Verdon, Esparron-de-Verdon, Montagnac et Quinson. […] L’occasion d’évoquer avec lui [Jacques Espitalier, le président de la coopérative qui est également maire de Quinson et vice-président du Parc Naturel Régional du Verdon] les menaces graves qui pèsent sur la culture et l’exploitation du lavandin : le dépérissement des plants causé par la Cicadelle, un insecte ravageur  et les nouvelles règles européennes en cours de discussion à Bruxelles. Parmi celles-ci, un projet de réglementation voulant établir l’essence de lavande comme produit toxique ou allergisant,  et  un autre projet, à l’instigation des grands groupes chimiques, conduirait à classifier l’essence de lavandin  parmi les produits chimiques, puisqu’il s’agit d’un produit transformé !

Nous arrivons au village côté pigeonnier.

Une belle randonnée, assez peu connue des amateurs du Verdon, accessible aux familles, qui inclut la visite des basses gorges du Verdon, la baignade dans un lac tranquille avec une eau de bonne qualité et une série de caches pour parfaire la visite. A ne pas faire par 35° à l’ombre !

Image de l’itinéraire 11km275, 3h15 déplacement (6h20 avec baignade et pique-nique) dénivelée 83m (+265, -265)

Télécharger la trace au format .gpx

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Dernière modification le 30 Sep 2018

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