Randonnée urbaine à thème : le canal Zola


Le canal Zola capte mon attention depuis que j’ai lu les heurs et malheurs de son concepteur François Zola, dans les revues de l’époque ; j’ai tenté d’en retrouver quelques vestiges datant de la moitié du XIXe : travaux entre 1847et 1854 ; merci à André, Anne, Annick, Florence et le groupe facebook Histoire Aix-en-Provence pour leur aide. Et j’en ai profité pour vous montrer d’autres curiosités.

Je suis partie du parking de la mairie annexe Pont de Béraud (bus recommandé, ligne 6 départ Rotonde, arrêt Fontenaille), face au centre commercial Intermarché. Pour les voitures 1h30 gratuite à laquelle vous pouvez ajouter la pause méridienne si vous partez en fin de matinée.

Prendre l’avenue Fontenaille en direction de Vauvenargues ; après le petit centre commercial, l’église Saint-Jean-Marie Vianney, la route passe sous l’aqueduc du Petit Roquefavour, l’autre grand Roquefavour, étant à Ventabren, en cours de réfection.

Ce qui est devenu  la paroisse  St J M Vianney était, jusqu’en 1959, le dancing du Petit Roquefavour alimenté en clients par un car brinquebalant en provenance de la place des Prêcheurs. L’animation en était assurée par l’orchestre Claude Besset tandis que les joyeux fêtards pouvaient se rafraichir au bar sis alors dans les locaux de l’actuelle paroisse. […] En 1982, la chapelle devient paroisse et son premier curé, le Père Laroche, obtient le remplacement du nom St Curé d’Ars par St J M Vianney. Selon paroisses Aix-Arles

  1. Pont-aqueduc du Petit-Roquefavour : 106 avenue Marcel Fontenaille (Jean et Marcel Fontenaille, fusillés par les nazis) ; il a 130 m de long, le dessous des arches sert désormais de lieu de stockage ou de stationnement pour les propriétaires. De la prise d’eau à ce pont, le canal mesure 6km000 environ, en partie souterrain. Les pierres sont de deux couleurs : claires et ocres pour les voûtes. Remonter l’impasse qui longe l’aqueduc jusqu’à sa partie souterraine : vous  verrez l’enfilade des arches, dont certaines, empaquetées, sont en mauvais état ; le canal lui-même n’est pas couvert.
    L’avenue de Fontenaille se prolonge par la route de Vauvenargues : la femme de Zola y a habité quelque temps après la mort de son mari François Zola.

    Revenir sur ses pas jusqu’à la Traverse de Baret que l’on suit en direction de Bibemus (GR de Compostelle rouge/blanc) et qui passe au-dessus de la Torse : elle se mue en ruelle pittoresque coincée entre des murs de pierres.

  2. Le pont-aqueduc de Baret passe au dessus de la rue ; une canalisation récente est posée ; un branchement pour les pompiers utilisait l’eau du canal si nécessaire.

    Demi-tour jusqu’à la Traverse de la Cortesine qui doit son nom au peintre et militaire Albert de Courtois qui avait une vaste propriété au numéro 24.

    La Cortesine : nouvelle voie verte le long du Baret. Un lieu à découvrir avec des champs fleuris qui constituent le parc du Roc Fleuri. Le Baret est une rivière qui traverse le quartier au pied de la colline de Bibémus et se jette dans la Torse au niveau du pont de l’avenue des Ecoles Militaires. Sur les cartes du XVIIIe, la Torse est quelquefois appelée (Grand) Baret.
    Au XVIIIe, ce quartier a été l’objet d’âpres disputes entre les riverains et la mairie à cause de sa source abondante. Pour éviter que son propriétaire, par des travaux nocturnes, ne détourne l’eau à son profit, la ville a finalement construit une solide pyramide au dessus de la citerne, appelée pyramide de Baret (propriété privée).

    A l’endroit des poubelles et du panneau de stationnement interdit, tourner sur la gauche et longer les quelques arches du pont.

  3. C’est l’aqueduc d’irrigation du canal Zola, en fonctionnement jusqu’en 1960, qui passe sous la rivière par un siphon (ici la sortie) ; traverser à gué le Baret et monter la ruelle étroite en face. Quelques mètres plus loin à droite, au niveau de la première maison, le siphon d’entrée que l’on reconnait au sol à la dalle de couverture, la vanne de métal rouillé (devenue accès à une propriété privée) et derrière le mur la tête maçonnée du siphon ; continuer jusque dans le sous-bois.
  4. Le sentier coupe le canal Zola qui alimentait la ville en eau potable – 150 m séparent les deux canaux – complètement envahi par la végétation mais dont on peut reconnaitre les parois maçonnées à droite quand on est dans le bois ; au sortir du bois, redescendre dans la prairie en recoupant le canal Zola. Descendre dans la prairie fleurie : le sentier recoupe le canal d’irrigation sur un tout petit pont.
    Facultatif : avant le petit pont, longer le canal dans la prairie à gauche du sentier (fossé de plus en plus profond), en direction de la maison, jusqu’au puits d’entretien et revenir ; après le pont, longer le canal en direction des habitations. Le canal d’irrigation se trouvait derrière le mur composite.

    La maçonnerie de ce mur nécessite deux ou plusieurs matériaux de nature et formats différents. Le chaînage intermédiaire est composé de grosses pierres verticales. Les buts visés sont une meilleure solidité avec une meilleure résistance aux intempéries tout en faisant des économies. Il a aussi une fonction esthétique.

    Tourner à droite le long du grillage (panneau non officiel) pour sortir du parc et rejoindre l’avenue des Ecoles Militaires par les résidences.
    Continuer l’avenue en direction du Tholonet et monter le raide chemin du Marbre Noir jusqu’en haut.

  5. Au bout de l’impasse, le pont-aqueduc du Marbre Noir du canal Zola est encore en place, avec probablement un repère géodésique incrusté sur un de ses piliers.
    Il y a bien eu au XIXe une carrière de marbre noir  de 600 ha ; en mai 1846, une société d’exploitation est créée ; les actionnaires peuvent se faire rembourser leurs actions en marbre, pierre, chaux. La Presse, 21 janvier 1851, rappelle la découverte de M. Michel et l’étude technique de M. Tournadre (l’homme du canal du Verdon) qui évoque la roche d’un beau noir et sans fissures, capable de concurrencer les marbres belges. La ville utilise ces marbres pour la fabrication de carrelage, tablettes et cheminées. Mais l’exploitation reste artisanale, sans doute à cause de la pente du chemin qui gêne le transport par camion.
    Demi-tour jusqu’au boulevard. Soit variante facultative décrite en fin de page vers le Tholonet (+3km), soit remonter vers le rond-point de la piscine, tourner à gauche, rejoindre le cimetière Saint-Pierre.
  6. Dans l’allée centrale, au niveau de deux boules de pierre, face à l’allée, la tombe de François et Emilie Zola.
    J.-P. Cassely rappelle qu’Emile Zola n’est pas dans cette tombe mais au cimetière de Montmartre sous un buste du sculpteur Solari. A l’origine, la tombe des parents d’Emile est une simple dalle horizontale marquée ‘François Zola (1797-1847) Emilie Françoise Zola (1819-1880) née Aubert‘. Emile Zola ajoute ultérieurement le retable sur lequel on lit « A mon père, à ma mère ». Il ajoute une croix grecque de pierre avec une armature destinée à recevoir les couronnes, et une croix latine en haut.  l’Autorité, 5 juin 1908
    Intermède nature ! Revenir jusqu’au rond-point, redescendre l’avenue des Ecoles Militaires jusqu’à l’entrée du bois de la Cortesine, peu après l’avenue Villemus et le pont sur la Torse ; agréable balade le long du Baret ; par un détour sur la gauche en passant au dessus d’un pont de bois : la source d’eau tiède Villemus.
    Grand Baret Cortesine, CIQ Cézanne Torse
    Passer à gué le ruisseau avec un peu d’eau tout de même. Quitter le sentier à la Traverse de la Cortesine : une propriété en état de péril et son portail laissent entrevoir ce qui fut une belle et grande propriété.
    Rejoindre le centre ville par la traverse de la Cortesine ; passer devant une maison avec cadran solaire au numéro 13, traverser la Torse sur le GR653 Compostelle balisé rouge/blanc.
    Immédiatement après le pont, suivre la berge à droite et par un aller-retour facultatif (+220m) découvrir le lavoir Saint-Thomas de Villeneuve (prudence : état d’abandon).
    Le lavoir saint-Thomas, site CIQ Pont-de-Béraud
    Le lavoir de Saint-Thomas : l’Institut Saint-Thomas est une institution de jeunes filles fondé en 1787 ; il existait probablement un couvent des Recollets, avant l’installation des sœurs. L’ancien étendoir est une prairie en pente douce. Le saint de la niche a disparu, les murs sont taggués. En octobre 2003, la mairie a fait établir un projet de restauration et d’aménagement de cet lavoir.

    Au pont, continuer le chemin du lavoir du Grand-Mère

    Si on tourne à droite après le pont, on passe entre la Torse et la nouvelle avenue Saint-Thomas de Villeneuve. Vue sur le lavoir Saint-Thomas en contre-bas : escalier à double révolution et splendide platane, portail fermé et oratoire disparu.

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La Thomassine sur les chemins de la Résistance


La Thomassine, Manosque : j’y suis allée plusieurs fois mais il y a toujours quelque chose à apprendre. Plus possible de se garer sur le parking de la maison de la biodiversité fermée, je me gare donc sur le côté : heureusement, il n’y a personne d’autre.

La météo ce jour à cet endroit :
Avec le vent et la température ressentie

Lors de mes premiers pas, je suis accueillie par le bruit d’un vieux klaxon enroué, genre trompette à air ; pas de véhicule des années 30 donc il s’agit bien d’un oiseau. Le geai des chênes peut-être.

Ses vocalisations consistent surtout en cris rauques, traînés, enroués, chuintants, voire soufflés, et il est aussi capable de pots-pourris variés, surtout lors des rassemblements printaniers. La femelle émet alors des sons rythmiques et cliquetants, qui rappellent les castagnettes. Dans le secteur du nid, l’oiseau fredonne un babil très doux, riche en sons modulés. Comme d’autres corvidés, le geai est doué pour les imitations. Il reproduit les cris de quantité d’autres oiseaux, et certains bruits de machines et de klaxons de voiture figurent même à son répertoire ! Encyclopédie Larousse

Les bizarreries continuent : quel est cet animal qui siffle comme une marmotte ?  ce n’est pas les Hautes-Alpes, serait-ce encore un autre animal imitateur ?

Première partie dans le domaine de la Thomassine dont je vous ai déjà parlé : l’âne a trop chaud, la mine d’eau ici cache son secret. Jusqu’à la citerne enterrée, le sentier est bien repéré. Ensuite c’est à vue qu’il faut se diriger dans la prairie en forte pente, direction N.-E 30° car il n’y a guère de repère visuel. Si l’aventure ne vous tente pas, l’option est de continuer la piste forestière qui décrit une large boucle vers l’ouest et passe à côté de la ruine des Tours.

La montée dans la prairie est plutôt raide ; sur la gauche, des ruines, vestiges d’un bâtiment à plusieurs étages, ont la forme élancée de tours entourées de pins : la bâtisse Les Tours (cadastre napoléonien section B 1ère feuille) a servi d’abri pour les maquisards. Dans l’écorce d’un arbre, une toile d’araignée en tube avec la particularité d’une collerette bien visible entourant le trou, pas très fréquent : une segestria ?

Je quitte la partie à découvert pour entrer en sous-bois ; quelques modestes cairns de pierre, peu de temps avant de rejoindre le chemin de Saint-Martin-les-Eaux (St-Martin Renacus autrefois) à Manosque, jalonnent la fin de ce parcours hors piste. Je retrouve la piste LUB V12. Une soixantaine de mètres plus loin, un sentier balisé – Résistance Pellegrin 300m Comité du Patrimoine manosquin – mène à la ferme Pellegrin.

A l’entrée du chemin le panneau d’information délavé et presque illisible, qui m’avait tant impressionnée en 2009 (Lire Les sentiers de Bellevue) : j’entre dans la zone de stockage souterrain d’hydrocarbures liquides et gazeux ; si j’entends un sifflement de réacteur d’avion, je dois m’éloigner le plus vite possible. Au nord, les deux bassins de rétention contenant la saumure nécessaire aux mouvements de stockage et de déstockage des hydrocarbures.
Explication dans Saint-Martin Les Eaux.

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Digne-les-Bains, les trois chapelles, par le Bourg et la Prévôté


Combien de fois ai-je parcouru la colline en passant par les trois chapelles : 1985, 2011, 2020, et j’en oublie ! Yves a préparé un circuit au départ du parking saint Jean Chrysostome. En face, un immeuble rénové pour des logement sociaux, aux fenêtres toutes identiques. Quand il me décrit les petits appartements situés de part et d’autre d’un long couloir, je comprends qu’il s’agit probablement de l’ancien petit séminaire (Ecole libre de l’Immaculée Conception) : les élèves allaient prier, avant leurs examens, à la chapelle Notre-Dame-de-Lourdes dans la colline juste au-dessus de leur école. Le grand séminaire est devenu collège Gassendi.

Il faut citer également le nom de Mgr Marie-Dominique Sibour (1792-1857) […] Il fonda le Petit Séminaire et la Maîtrise Épiscopale. Histoire du diocèse

L’importance religieuse de la ville autrefois est donc incontestable ; Monseigneur de Miollis (l’évêque des pauvres), évêque de Digne de 1805 à 1838, a été rendu célèbre par Victor Hugo dans Les Misérables sous les traits de Monseigneur Myriel qui vient en aide à Jean Valjean.
Mes photos (les deux premières : 1985), les photos de Yves, les photos de Daniel

La météo ce jour à cet endroit :
Avec le vent et la température ressentie

Nous passons devant la cathédrale Notre Dame du Bourg (XIe) connue pour sa crypte. Inutilisée pendant un certain temps, elle a souffert des pillages et dégradations. Les fouilles récentes de la cathédrale et de la nécropole ont prouvé que ce quartier est bien le quartier primitif de la ville.

Les premières découvertes révéleront entre autres la présence d’un lieu de culte de grande ampleur avec les traces de ses aménagements liturgiques dont l’utilisation a perduré du Ve siècle au XIe siècle. […] Ce qui est spectaculaire ici c’est que les traces des constructions s’échelonnent sur près de quinze siècles et que le fort exhaussement des sols qui s’est produit au fil du temps parfois jusqu’à six mètres de haut a permis une remarquable conservation des vestiges. Site de Digne-les-Bains tourisme

Les fouilles de l’ancienne cathédrale de Digne : état des questions, Démians d’Archimbaud Gabrielle,Comptes rendus des séances de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Année 2001

Nous entamons la partie la moins agréable puisque nous allons suivre la route D900 jusqu’au camping en longeant le cimetière ; au loin, dans la verdure, la chapelle Notre Dame de Lourdes en bordure de ravin, nous fait excellente impression.
Beaucoup de tombes sont recouvertes d’un toit métallique courbée couvrant la croix. Beaucoup doutent de ce rôle protecteur. Simple ornement alors ?

Nous prenons une piste sur la gauche qui va monter en douceur jusqu’à la première chapelle Saint-Vincent, ce que nous apprécions. La piste devient sans doute chemin d’exploitation interdit aux véhicules, passe devant la ferme de la Prévôté ; en larges virages, dominant le ravin de Saint-Claude, la piste aboutit à la chapelle où nous découvrons avec surprise, en nous retournant, que c’était un sentier privé… je suppose qu’à pied le propriétaire tolère le passage puisqu’il ne nous a pas informé en bas.

Pour en savoir plus sur l’histoire des trois chapelles : Les trois chapelles sur le mont Calvaire

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