Les dolmens des Adrets, Brignoles



Samedi, j’ai consacré les journées du patrimoine 2013 à la préhistoire et aux dolmens, constructions funéraires pour enterrer les morts ; dimanche, ce sera un parcours d’art contemporain dans la nature. C’est Philippe Hameau, président de l’ASER Centre Var et maître de conférences au laboratoire d’anthropologie de l’université de Sophia-Antipolis, qui encadre le groupe. J’aime beaucoup ses visites, gratuites et de qualité.

Il nous conduit au départ de la balade par le chemin de Beouvèze. Après le pont, du côté droit, c’est l’accès au plus connu et au seul dolmen fléché parmi les quatre (situés entre 336m et 355m d’altitude sur le Pied de Boeuf) : le dolmen des Adrets I est situé à la limite entre le Val et Brignoles, je l’avais visité en mars 2010 ; à côté de ce monument se trouve une cache, le dolmen des Adrets par Elia’s
C’est le mieux conservé de tous ceux que j’ai pu voir mais il est mal restauré selon P. Hameau. Montée le long du pipe-line, j’avais trouvé que c’était raide mais rapide quand on a peu de temps. Une personne présente aujourd’hui nous apprendra qu’à l’époque de la construction du pipeline, elle était intervenue de justesse avant que les pelleteuses ne détériorent définitivement ce dolmen.

Aujourd’hui, le sentier que nous empruntons en montée est étroit et à peine visible : il a été tracé pour les besoins des fouilles. Deux pas nécessiteront un petit effort supplémentaire et un peu d’aide pour certains ; sur les aiguilles de pin séchées, ça glisse parfois sinon rien de bien difficile. Autant le dire tout de suite : ces dolmens ont été fouillés et vidés de leur contenu archéologique.

A l’époque de la construction de ce dolmen IV (3è millénaire avant J.C.), la zone était déforestée.  On peut supposer que chaque population avait son dolmen. En arrière de celui-ci, plusieurs assises de pierre formaient une sorte de rampe sur laquelle on faisait glisser la dalle de couverture. Travail collectif car la dalle devait peser 3 tonnes environ.

Reynaud évalue à 89 le nombre d’individus inhumés (à noter : déficit d’enfants) avec leur carquois et divers objets : flèches, lames de silex dont certaines ont servi de poignard, objets de parure (en calcaire, coquillages percés, dents animales percées, etc). Les colliers ne sont pas aussi bien ordonnancés qu’aujourd’hui :les perles s’enfilent au fur et à mesure qu’elles sont ‘gagnées’. A été mise au jour une lame de poignard de 17cm de longueur, en silex brun  rubané caractéristique de la région de Forcalquier. Des petits récipients ont été retrouvés dans la chambre sépulcrale. Quelques dents portent les stigmates d’un travail de l’osier.

Le dolmen a été utilisé pendant plusieurs siècles, réutilisé après le néolithique en tant que dépôt de céramique antique, voire poste de chasse. Nous montons encore un peu pour atteindre le dolmen III orienté à l’ouest comme la plupart des dolmens. Découvert en 1962, il est constitué de dalles dressées à l’ouest et à l’est et de murets limitant la chambre sépulcrale au nord et au sud. Il est inclus dans un tumulus de pierraille de 6m de diamètre dont on suppose que de nombreuses pierres ont été prélevées pour la construction d’un mur voisin.

Autour de nous, une forêt dense sans doute appréciée des chasseurs et qui cache bien les quatre dolmens proches l’un de l’autre, preuve de l’importance de l’occupation humaine.

Archéoprovence, les dolmens des Adrets

Les mégalithes du Var avec 27 itinéraires de découverte, H. Barge, E. Mahieu, Actilia Multimédia, 2005
Laissez vous conter la préhistoire en Provence Verte, P. Hameau, Syndicat Mixte du pays de la Provence Verte, 2011
Guide des sites préhistoriques Provence-Alpes-Cote d’Azur, F. Boyer, Mémoires Millénaires, 2006

Sur la demie journée, vous n’aurez aucune difficulté à découvrir les 3 dolmens.

image dolmens tracesImage des itinéraires, celui des dolmens IV et III 1km650 A/R, 40mn déplacement, 2h avec la visite guidée – pour le dolmen I à peu près 40mn déplacement A/R

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*** Cabasse : entre légendes et histoire, entre falaises et sous-bois



Ce circuit est tiré du Rando Malin VarBruno Ribant, Frédéric Boyermémoires millénaires éditions, 2010 ; le guide sous le coude dans la montée vers le pylône et dans les sous-bois en direction de la Gastée, avec la description, et quelques hésitations, j’ai réussi à m’en sortir mais ce n’est pas facile : des indications de distances ou de durées entre deux croisements auraient été bien utiles.

La météo à cet endroit
avec prévisions à 3 jours

Partie d’un parking non loin de l’église, je suis montée sur route bitumée pendant un certain temps puis progressivement par le chemin des résistants et des parachutages. Piste DFCI M132 le Défens. La piste « le pylône » mène à une antenne que l’on voit de loin.  Un monument marqué de l’Association Nationale des Combattants Volontaires de la Résistance précède de quelques mètres celle-ci : ce plateau servit de lieu de parachutage durant la seconde guerre mondiale.

Le problème crucial à résoudre est celui de l’armement du maquis. Il faut prévoir des parachutages d’armes et de munitions […]. Pour ce faire, on a créé à Londres la S.A.P. (Section Atterrissage et Parachutage) dont la responsabilité pour le Var est confiée au Commandant Berthe. Le sud du département étant trop surveillé par les allemands, les parachutages ne seront possibles que dans le centre et dans le nord. […]. Dans la nuit du 27 au 28 mai, quinze conteneurs et dix paquets sont largués sur le plateau du Défends près de Cabasse. L’équipe de Vins récupère armes, munitions et matériel divers et le transporte […] dans la grotte de la Baume de Savoye. Extrait du site officiel de la commune de Vins sur Caramy (la rivière s’écrit parfois Carami)

Avant de quitter les lieux, n’oubliez pas Belvédère, par papounet83 : d’un côté, un ciel festonné en dégradés de gris, de l’autre, une vue sur la falaise de Cabasse que j’atteindrai un peu plus tard.

La piste continue le long de la crête en s’en éloignant plus ou moins jusqu’à la citerne, là où serait l’oppidum de Castéou Sarrin.

Oppidum de Cabasse papounet83

Je quitte la crête et pénètre en forêt. Après un bout de piste bien rouge, ressemblant étrangement à la latérite des pays tropicaux (Si vous en êtes là, c’est que vous avez raté comme moi, le cairn et la piste de droite 250m après la citerne), la piste forestière devient plus classique. Des coups de feu retentissent ;n’ayant pas mon gilet fluo,  j’appréhende de devoir emprunter une piste à sangliers.  Je marche longtemps avant de trouver le petit cairn qui balise l’étroit sentier en direction de Combecave. Là, je ne suis pas rassurée : les chasseurs ne sont pas loin. On dirait que le sentier a été retourné, fouillé tant les pierres se dressent, indisciplinées, au milieu du sentier.

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Le vallon de la Gaillarde aux Issambres



Beau temps en ce 30 octobre. J’ai décidé de partir aux Issambres pour le vallon de la Gaillarde et son dolmen, puis au vivier romain. La randonnée peut être conçue en deux boucles dont le point central est le parking du vallon de la Gaillarde, peu avant le cimetière, au niveau de la station d’épuration, ou en une seule boucle.

La météo à cet endroit
avec prévisions à 3 jours

Des chasseurs sont rassemblés près du cimetière. Je monte dans le vallon, accompagné de quelques courageux vttistes qui me saluent. Le long de la piste, de nombreux arbousiers offrent leurs fruits rouges à la tentation. Fruits oranges en octobre, rouges en novembre, ils sont des deux couleurs et parent la nature de jolies couleurs ; c’est sans doute pour cela qu’il est cultivé dans les jardins. J’en déguste un, puis deux, il y en a autant que souhaité, je peux donc choisir les plus beaux. La peau est granuleuse mais la chair douce. Les fruits mettant un an pour arriver à maturité, il n’est pas rare de voir le même rameau porter les fleurs de l’année et les fruits mûrs nés des fleurs de l’année précédente. J’en ai ramené une bonne quantité chez moi pour le lendemain mais leur stockage au frais a changé leur goût. C’est cueillis et dégustés dans la nature qu’ils sont les meilleurs. Un des rares fruits comestibles en fin d’année, avec les champignons et les chataignes.

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