Lardiers, le Chastellard

Publié le Catégories ----- * Forcalquier mont. Lure, 04 Alpes-de-Hte-Provence, Rando familialeMots-clés , , , , , Un commentaire sur Lardiers, le Chastellard
 

Quand c’est Claude qui mène la randonnée, on est sûr qu’il y aura un peu de difficulté et quelques surprises. Majo, Julie, notre guide et moi stationnons à Lardiers, petit village des Alpes de Haute-Provence au pied de la montagne de Lure.
Lardiers : rien à voir avec la mésange charbonnière (provençal lardié) ou le sol brûlé (occitan ardre = brûler) selon la toponymie provençale de B et J.-J. Fénié ; UnDeBaumugnes propose une origine latine (Lardarium = cellier), qui, en vieux français, désignait le garde-manger ; personnellement, je pense plutôt que Lardiers vient de ladrerie, dénomination de léproserie au moyen âge. Créée par les Hospitaliers à l’origine du village, elle est indiquée dans une charte de 1226, puis peut-être, transférée à l’Hospitalet au moment de la construction de la commanderie.
En passant, nous repérons le bistrot de pays qui nous désaltérera au retour : l’après rando est toujours un moment convivial et réparateur. Le soleil printanier et ses premières fleurs sont au rendez-vous.

Lien vers mon album

Album facebook de Jean-Pierre Alpes : Lardiers

Nous démarrons peinardement sur la route sur laquelle nous croisons les organisateurs du prochain trail de Lure qui démarre de Forcalquier, passe par Lardiers, Saint-Etienne-les-Orgues, monte vers Fontienne et les Mourres.

Face au champ de lavande, l’oratoire Saint-Joseph (sans statue de Joseph) marque le croisement de deux routes. A partir de maintenant, nous attaquons la montée, qui sera de moins en moins évidente, un peu sauvage dirons-nous. Claude nous offre les premiers tapis de fleurs jaunes. La montée est continue mais heureusement pour nous pas directement dans la pente.  Nous nous enfonçons maintenant dans un sous-bois ponctué de quelques clairières. Nous longeons la limite entre Ongles et Lardiers. A 850 m d’altitude, le paysage plein sud se découvre : je reconnais bien le pic de Bertagne avec sa face abrupte, la montagne Sainte-Victoire et tous ses baous en dentelle irrégulière.

Là, Claude décide de rejoindre en mode sanglier la combe de Gamby ; chacun choisit le passage qui lui convient dans la végétation basse et dégringole deux ou trois courbes de niveau. Sur quelques mètres seulement, nous marquons notre étonnement : ici et pas ailleurs, quelques plants de narcisses reconnaissables à leur longue tige plane, leur coronule en forme de coupe orangée, leurs fleurs groupées en ombelle penchées en arrière  ; après le sous-bois d’arbres dénudés, nous quittons la piste – dommage –  pour un sous-bois moussu avec le muguet qui n’a pas encore de clochettes. Encore un clapier puis une zone découverte : c’est à partir de là qu’il n’y a plus guère de passage visible ; il faut veiller à maintenir une direction NO-N de 347°. 200 m avant l’arrivée au sommet, c’est la vue sur la vallée du Largue.

Tandis que Claude cherche le fameux mur d’enceinte dont il a gardé le souvenir, je me dirige à la boussole sur le waypoint associé dont il m’a donné les coordonnées ; passage ardu dans les broussailles, et par une pente raide : il est toujours là ! Bien qu’en partie écroulé, on devine encore son épaisseur. Un immense pierrier s’est accumulé à son pied. Les fortifications de l’oppidum des Sogiontiques du Ve avant J.-C. à l’ère chrétienne, étaient constituées de deux voire trois murs d’enceinte en pierre sèche avec en son centre le village indigène.
Après une bonne suée et quelques mètres en mode sanglier nous atteignons fièrement le petit plateau du Castellar de Lardiers, situé à presque 1000 m d’altitude en avant de la montagne de Lure. De gros buissons d’anthyllis rendent le lieu désert plus accueillant.

Après abandon du site, un sanctuaire très fréquenté s’installa sur l’emplacement de l’habitat jusqu’à la fin du IVe siècle. Le sanctuaire est formé de trois carrés concentriques ; celui du centre (cella) de 5 m, les deux plus grands encadrent une galerie couverte (peribole) dont les murs intérieurs étaient couverts d’un enduit polychrome à motifs géométriques. Mais aussi un portique direction nord-sud et des constructions exigues.

Vous ne reconnaîtrez pas grand chose car les fouilles ont été recouvertes ; vous devinerez sans doute la voie sacrée grâce aux murs qui la bordent.

Dès 1913 H. de Gérin-Ricard signale des milliers de lampes votives dont certaines portent des signatures connues, d’autres rudimentaires indiquant un pélerinage populaire ; A. Grenier considère ce lieu comme  un exemple de culte des sommets.
Suite aux sondages de 1955 à 1967, on sait que c’est un centre religieux important enseveli sous une montagne de pierres de 5 m de haut, un grand marché, un lieu d’assemblées fréquenté de la fin de la Tène au IIIe, détruit vers 260-270 au temps des empereurs romains Galien et Postume.
Sur la voie sacrée montant au sommet  de l’oppidum, bordée de murs en petit appareil, ont été trouvés 10000 anneaux de bronze, 3000 petites plaques percées d’un trou, des monnaies gauloises ou massaliotes des IIe et Ier siècles, des monnaies impériales de Néron à Constantin.
On trouve de nombreuses études sur ces objets, les uns s’étant penchés sur les dépôts métalliques1 (fragments d’armure, passoires, râpes, mais aussi les anneaux de toute taille, fibules, métaux cloués), les autres sur les lampes ou les monnaies. Un projet collectif de recherches devrait synthétiser tout cela et peut-être répondre à quelques questions telles que : quelle divinité était honorée ici ? belado dont le nom a été retrouvé sur un autel de la voie sacrée ?

Le Chastelard du Lardiers : de l’oppidum gaulois au sanctuaire gallo-romain, Objets de cultes gaulois et romains entre Rhône et Alpes, Paris, 2016, B. Girard, Cl. Malagoli, J. Roussel-Ode, L. Roux, N. Rouzeau
La Haute Provence monumentale et artistique, Raymond Collier, Digne, 1987
Carte archéologique de la Gaule CAG, n° 101, p. 238-252

Après avoir imaginé des milliers de pèlerins venus de toute la Gaule, nous nous installons autour de la grosse pierre plate qui nous servira de table de pique-nique.

Télécharger une excellente synthèse sur le Chastelard, Clodex

Nous reprenons notre route vers le pic Bouine et non pas Pébouine comme l’IGN l’écrit aujourd’hui. De bouina, borner en provençal car, si on regarde bien, le flanc ouest de ce pic sert de limite avec la commune de Saumane, et ses flancs nord et est servent de limites avec l’Hospitalet et Lardiers.

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Quinson et les deux sources

Publié le Catégories ----- * Parc Verdon 04, 04 Alpes-de-Hte-Provence, Geocaching et jeux, Rando familialeMots-clés , , , , Laisser un commentaire sur Quinson et les deux sources
 

Quinson, ce sera ma troisième visite ; cette seconde randonnée, 7 ans après celle du vieux village de Quinson par la Quille, se termine de façon identique (mais dans l’autre sens), par une descente ardue qui n’est pas facile surtout en cette saison, mais elle est mieux balisée qu’en 2009. parking du muséeNous stationnons sur le parking du musée de la Préhistoire et attendons la dernière voiture tout en espérant que le brouillard se dissipera.

Les photos de Yves Provence
Mes photos

A l'assaut de la falaisechemin de la falaiseNous allons monter sur le plateau du Meyas par un sentier raide qui affronte la falaise pourtant sans difficulté particulière ; à mi-hauteur, il se faufile dans une faille rocheuse avant de rejoindre la piste. C’est ce tracé que l’on prend lorsqu’on visite la grotte de la Baume Bonne avec un guide.

Quinson depuis le plateau de Meyas depuis le plateau de MeyasSur le plateau, les panneaux explicatifs ne sont pas tous lisibles mais la vue sur le village à un peu moins de 500m d’altitude, vaut le déplacement. On se rend compte de ce que l’on vient de grimper. Yves renonce à descendre au bord du Verdon pour voir la grotte : de toutes façons elle est grillagée et incompréhensible sans les explications des archéologues.

La table d’orientation où se trouve la cache Quinson #1, la table d’orientation de bob_13, n’est plus entretenue.

ChampGR vers VaudaudurdeDemi-tour pour rejoindre l’imprononçable source de Vaudauduerde ; au bout du plateau de Meyas commencent les grandes étendues ; après la traversée de la route de Riez, la piste grimpe sans arrêt en longeant le lit d’un ravin où s’évacuent les eaux de pluie ; sur la droite, quelques marcheurs ont visité les ruines de Durde datant du XVè ou XVIè. C’est ce hameau qui explique sans doute le toponyme Vau dau Duerde, soit la vallée de Duerde (nom d’un propriétaire ?).

Source de vaudauduerdeLe réservoirUn peu plus loin, à la source de Vaudaudurde aménagée, Yves pose une cache. Un abreuvoir à deux bassins creusé dans la masse, un réservoir voûté et un arbre tout courbaturé, voilà le décor champêtre. Sur le cadastre napoléonien, on voit bien que la source est captée à partir d’un petit affluent du côté de la Bourre.

La source de Vaudoudurde, Yves Provence

Les Mongesvers Poiraque entre deux champsNous revenons sur la piste et la montée continue ; au nord le Chiran et la crête enneigée du Mourre de Chanier. La piste de terre humide traverse des champs à perte de vue, entre lavandes et terres fraîchement labourées. A la Vudèle, Yves attend les retardataires pour rejoindre la source de la Poiraque1, dans un creux, complètement cachée par la végétation. Ensemble complet d’utilisation de l’eau : une fontaine à noria à chaîne et piston (fin XIXè), un lavoir, un réservoir qui recueille le surplus d’eau pour l’arrosage. L’ensemble a été restauré en 2012-2013, grâce aux efforts du Parc du Verdon, de la commune et de l’association Quinson histoire et devenir dont le président n’est autre que l’auteur du livre ci-dessous. S’il n’avait fait si froid, c’est là que nous aurions pris notre pique-nique.

Quinson sur Verdon – Découverte d’un village en Haute-Provence, François Warin, Les Alpes de Lumière, 2002

La source de Poiraque, Yves Provence

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Dernière modification le 04 Déc 2016

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De la chapelle Saint-Estève à la chapelle Saint-Pierre à Rians

Publié le Catégories 83 Var, Inédit, Rando familialeMots-clés , , , , Un commentaire sur De la chapelle Saint-Estève à la chapelle Saint-Pierre à Rians
 

J‘étais déjà allée à la chapelle Saint-Pierre située au sommet d’une colline (552 m), en partant du village de Rians à l’est ; cette fois, je pars de la chapelle Saint-Estève située à l’ouest, à la frontière avec Jouques.

chapelle saint-EstèveLe cadre de la chapelle Saint-Estève1 est désormais aménagé pour les pique-niques avec quelques places de parking ; bien avant la christianisation, a été retrouvé puis perdu un autel dédié aux déesses-mères Gerudiatae : Matribus Gerudatiabus, Julia Minia v(otum) s(olvit) l(ibens) m(eritis). D’après le corpus inscriptionum latinarum XII, 505 et Ralph Haeussler, Pouvoir et religion dans un paysage gallo-romain : les cités d’Apt et d’Aix-en Provence. Romanisation et épigraphie, Lattes, 2001. Traversant les frondaisons, les rayons du soleil mettent en valeur la pierre jaune. Intérieur chapelle st estèveEloignée du village, d’architecture romane, avec une nef et une abside semi-circulaire, elle daterait du XIIè siècle ; la porte est couverte d’un larmier mouluré. Il s’agit d’une ancienne possession templière dont on ne sait à qui elle a été attribuée quand les templiers ont été arrêtés. Le notaire Barthélémy de Vaurelhas y était passé en 1308 lorsqu’il faisait l’inventaire des biens de la commanderie d’Aix.

Entrée de la chapelle saint-EstèveC’est ainsi qu’on les [les membres chargés de faire l’inventaire des biens templiers] voit successivement à Saint-Estève du Val de Rians où l’ordre possède une petite exploitation rurale, puis à Rians où, à la suite d’une criée publique, quelques tenanciers font acte de présence.[…] Une fois la dévolution faite, les hospitaliers, […] ont procédé à une fusion des biens du Temple avec les leurs ; […] les granges de la Galinière et de Saint-Étienne du Val de Rians, [sont] absentes du procès-verbal. Dans le premier cas il s’agit sans doute d’un oubli ou de l’utilisation d’une autre désignation […]. Quant à l’autre, certes plus petite [saint-Estève], on ne sait ce qu’il en est advenu. La fin des Templiers en Provence : l’exemple de la viguerie d’Aix, Benoît Bocage, Provence historique, 1999

Les moutons ont trop chaud !Direction la ferme de la Grande Bastide ; les moutons qui ont déjà chaud, se sont regroupés sous les arbres au fond du pré. Je reconnais sur la gauche un pont typique du XIXè appartenant à l’ancien canal du Verdon. Cette route est classée ‘sentier d’exploitation’, voie privée rurale dont l’usage est commun à tous les riverains.

Oratoire saint-FiacreL’oratoire Saint-Fiacre est placé à l’entrée du chemin qui mène à cette ferme de la Grande Bastide ; gravées sous la statue, les dates probables de sa mort et de son décès : 610-670. Dans le premier temps de sa fondation, Fiacre accueille les pèlerins de passage ; durant la seconde étape, Faron accorde à Fiacre la quantité de terre et de bois qu’il sera capable de délimiter, tout autour de sa maison, par un fossé creusé de sa propre main en une journée de travail. Le saint se met en prière, puis marche en traînant derrière lui son bâton qui creuse le sol d’un sillon large et profond tandis que s’abattent de part et d’autre les arbres qu’il touche. C’est le patron des jardiniers, guérisseur des hémorroïdes, chancres et cancers. D’après Fiacre (saint) wikipedia

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Les Caisses de JeanJean, Mouriès

Publié le Catégories ----- * Alpilles 13, 13 Bouches-du-Rhône, Rando familialeMots-clés , , , Laisser un commentaire sur Les Caisses de JeanJean, Mouriès
 

Inspirée de la randonnée 34 publiée dans le topo-guide Les Bouches-du-Rhône à pied, FFR, FFR, 2002, elle s’est transformée, grâce à Majo qui a l’art de débusquer ce que je ne vois pas, en véritable découverte d’un oppidum bien caché !

Nous avons stationné sur un des parkings aménagés par le CG13, au croisement de la D24 (qui traverse les Alpilles du nord au sud) et de la D24A. Le panneau d’information sur la nouvelle réglementation 2016 d’accès aux massifs forestiers a été mis à jour : il est désormais possible de randonner toute la journée en niveau orange et rouge.

Champ d'oliviersonopordonLa balade commence tranquillement le long des champs d’oliviers. Majo m’offre pour la photo quelques fragiles œillets sauvages qui n’arrêtent pas de bouger avec le vent. Quand elle a eu écrasé le globe rouge de l’ail sauvage, elle en a convenu : ça sens l’ail ! et ce que Mireille croit être un chardon laiteux pourrait-il être un onopordon d’Illyrie avec des ailes en forme d’épine sur sa tige épaisse ?

canal des BauxLe canal des Baux que nous allons suivre très régulièrement, coule abondamment ; nous sommes dans la période de plus fort débit pour l’irrigation. Son parcours, d’une longueur de 53 kms [ndlr : 7 siphons, 3 superbes aqueducs, 7 tunnels dont celui des clapiers], danse dans les Alpilles, tantôt au cœur, tantôt à ses pieds. Sans lui, il est probable que les agriculteurs auraient été ruinés, la sécheresse ayant sévi pendant plusieurs années. Il a fêté ses 100 ans en 2014 ; ce canal prend sa source à Eyguières, via le canal Boisgelin Craponne alimenté lui-même par les eaux de la Durance, et la transporte jusqu’à Fontvieille. Il peut servir aussi aux pompiers en cas d’incendie.

[22 juin 1873] C’est donc poussés par une impérieuse nécessité que les populations (+/- 12000 habitants), […] de leur initiative privée, se sont formés le 8 juin courant en association syndicale libre comprenant 760 adhérents qui ont engagé 1430 hectares à l’arrosage, 4000 hectares pourront être arrosés par la suite… Historique du canal

Nous abordons maintenant la longue partie sur la route de Servanes2, passant devant le château qui se cache au bout d’une longue allée. Nous délaissons le GR653A pour continuer sur la variante du Cagalou. Strates qui émergentAu carrefour avec le sentier rural, nous sommes attirées par un haut mur de pierre, tout seul sur le talus à côté de quelques arbres, comme planté là par l’homme ; mais non, ce sont trois strates redressées mises à nu sans doute par l’érosion.

Piste le long du GaudreFenouil sauvageLa piste suit le Gaudre de Malaga ; Majo me montre le fenouil sauvage que j’ai bien envie de goûter ; la racine semble profondément enfoncée dans la terre et je n’arriverai pas à la déterrer sans les outils appropriés. Celui-là n’a pas de bulbe mais on consomme ses feuilles et ses tiges anisées : à l’intérieur d’un poisson grillé par exemple. Une imposante construction sur le Gaudre nous fait penser que Ancien réservoir sur le Gaudre (?)le ruisseau alimentait un grand réservoir avant de continuer son chemin. Le bleu du ciel, les arêtes découpées de la montagne, le vert des oliviers, le jaune des argeiras constituent le paysage typique des Alpilles. Nous aimons.

Paysage typique des Alpilles

Au niveau de Cagalou, un ancien puits puis la belle propriété d’Entremonts. Nous envisageons de nous rendre à l’oppidum des caisses de JeanJean, sans savoir si ce sera indiqué mais il y a une étoile sur la carte : ça vaut donc le coup d’essayer.

balisage zone d'escaladeAprès un rapide coup d’œil à la carte IGN, sur la droite du chemin de Cagalou, deux hommes descendent d’un chemin non balisé ; ça pourrait être celui-là ; nous suivons les icônes bleues représentant un escaladeur mais bientôt ce sentier nous éloigne : nous sommes sur les Petites Caisses où se trouvait autrefois un faubourg allongé de l’oppidum ; après un demi-tour de quelques dizaines de mètres, Majo décide de rejoindre le bon chemin par un raccourci glissant et en pente.

Les Caisses de JeanJean, quel drôle de nom ! attesté en 1791 par le « cadastre » de l’Assemblée constituante, il ne désigne que les terres du piémont méridional, limitées au sud par le « vieux chemin de Maussane à Eyguières » et à l’est par celui de Cagalou. Jehan fils de Jehan [JeanJean], est le premier propriétaire connu de cette partie de Mouriès ; quant à l’origine toponymique de ‘Caisses’, certains pensent à une origine pré-celtique (cal, car, cr = pierre), à moins qu’il ne s’agisse du provençal cais (pluriel caisses), la mâchoire, par analogie avec la forme du lieu, et les dents par analogie aux barres rocheuses découpées qui se font face comme les dents d’une mâchoire. la mâchoire (photo-aerienne-5 GAM)les dents (photo-aerienne-2 GAM)Les photos aériennes d’Alain Laforest du GAM pourraient vous convaincre de cette ressemblance… Des Caisses, il y en a plusieurs : les Petites Caisses et les Caisses de Servane2 sur le piémont sud des Caisses de JeanJean.

Vue sur Sainte-VictoireBorne 10 du parcours d'interprétationAprès un coup d’œil sur Sainte-Victoire au loin, et la tour des Opies, nous entrons par la partie haute de l’oppidum (l’acropole) et découvrons la borne 10 du sentier de découverte (à télécharger) établi par les élèves de SEGPA du collège René Cassin de Tarascon et les écoles de Mouriès, avec l’aide de l’association « Chemin Faisan » et le PNR des Alpilles. Puis nous entrons par ce qui fut la ‘porte‘ de l’oppidum (photo Mireille Laforest) ; Espace entre les deux barres rocheusescaisses-7-10-12-5 porte en cours de fouilles Mireille Laforest GAMquelle surprise ! une vaste prairie dans un espace plutôt plat coincé entre deux barres rocheuses et qu’il est impossible de deviner quand on est à ses pieds.

La zone archéologique comprend un habitat de hauteur, l’oppidum des Caisses, et en contrebas, du côté sud, le site de Tericiae, dans la plaine. Le site est connu depuis le début du XIXe siècle. […] Chacune des deux extrémités de cet espace est constituée d’un rempart, de telle sorte que le village, protégé par ces deux murs, se trouve dans une position quasi imprenable.

Les archéologues ont identifié cinq périodes d’occupation, entre le 8e-7è siècle avant J.-C. et  le 3e siècle après J.-C. où il est définitivement abandonné soit presque 1000 ans d’occupation.
stele CAI.85.02 fragment de futAu cours de ces périodes, les pierres ont été réemployées, comme par exemple les stèles gravées du rempart R1 réutilisées en boutisses1 dans les remparts plus tardifs. Schéma extrait de l’article  de Marcadal Yves, Paillet Jean-Louis, « Blocs architecturaux de tradition hellénistique de l’oppidum des Caisses de Jean-Jean (Mouriès, Bouches-du-Rhône) », Revue archéologique 1/2011 (n° 51) , p. 27-62 ; URL : www.cairn.info/revue-archeologique-2011-1-page-27.htm
DOI : 10.3917/arch.111.0027.

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Revest des Brousses, oppidum Saint-Pierre et Majargues

Publié le Catégories ----- * Parc Luberon 04, 04 Alpes-de-Hte-Provence, Geocaching et jeux, Rando familialeMots-clés , , , , Laisser un commentaire sur Revest des Brousses, oppidum Saint-Pierre et Majargues
 

Paysage typiqueNous retournons à l’oppidum Saint-Pierre et au lieu-dit les Pierres Percées mais en partant du village du Revest1 des Brousses au lieu de Limans (Limans, les Ybourgues et l’oppidum Saint-Pierre). Mêmes paysages : sentier caillouteux, collines ravinées et sous-bois clairsemés.

Le villagecroix au carrefour du chemin Saint-JeanAu premier carrefour, celui de la croix de bois, Yves s’est discrètement absenté pour son travail de geocacheur-poseur. Sur le chemin de Saint-Jean, je regarde en arrière le village concentré autour de son église.

Oppidum Saint-Pierre : la croix de Saint-Jean, Yves Provence

Sur la carte IGN le quartier se nomme Fautriers, du nom d’une ancienne famille de Revest-des-Brousses ayant possédé une grande propriété à cet endroit ; connue depuis le XVIè siècle au moins, cette famille y a toujours des descendants.

Oppidum de Saint-Pierre, l’entre-deux, Yves Provence

pierre percéeC’est là que nous tournons à gauche pour rejoindre le lieu-dit Pierres Percées : je ne suis pas encore certaine de l’origine de ses trous, parfois de part en part, dont la direction ne correspond pas toujours au sens d’écoulement des eaux. Le parc du Luberon contacté par mail, confirme seulement l’environnement karstique ; mais en surface, à l’air libre, c’est la première fois que je vois une telle quantité de pierres percées. Ces morceaux de roches proviennent de calcaires compacts fins et durs. L’eau acide va ronger la roche pour la transformer en véritable gruyère. Je suppose que les eaux de surface ne s’infiltrant pas sur une couche imperméable ont tout loisir d’agir sur la roche calcaire.

Oppidum de Saint-Pierre : les Pierres Percées, Yves Provence

champ de lavandeRuine d'un mur d'oppidumAu champ de lavande, le chemin de Majargues nous mène à l’oppidum dont nous approfondissons la visite : il y a vraiment beaucoup de murs écroulés et des pierres partout que nous devons parfois escalader.

Oppidum de Saint-Pierre, Yves Provence

Borne IGN non recenséevue aerienne st pierrePrès du lieu du pique-nique, nous retrouvons la fameuse borne géodésique que l’IGN n’a pas recensée dans sa base de données géodésie ; j’aurai l’explication en contactant un administrateur du site : il s’agit probablement d’une borne posée par les élèves de l’IGN lors de leur stage de formation à Forcalquier.

Oppidum de Saint-Pierre : la borne IGN perdue, Yves Provence

Cabane de pierre sèche au sommet de la colline St-PierreToit de la cabane de pierre sèchePierre percée posée sur le murA quelques mètres, la belle cabane de pierre sèche est entourée d’un modeste jardin ; sur le muret trône une énorme pierre percée ; derrière, se trouve l’ancien village de Majargues dont il ne reste que des ruines de maisons, un lieu pour les chasseurs de pièces et autres objets abandonnés. Ruine de maison MajarguesCependant, sous la végétation, nous repérons une ancienne cave (?) mais pas de trace de l’église Saint-Pierre qui constituait au Moyen Âge, un des trois pôles religieux de ce secteur le long de la Laye, aux côtés de l’église du village actuel de Limans et de l’église Saint-Vincent, située en plaine et désormais disparue.

L’église de Majargues apparut encore à l’époque moderne, attestant au moins de sa longévité. […].
En revanche, l’éminence de Majargues abrita sans doute une fortification médiévale associée à un sanctuaire. Espace religieux et espace politique en pays provençal au Moyen Age (IXe-XIIIe siècles). L’exemple de Forcalquier et de sa région, Mariacristina Varano, Archeologie et Prehistoire. Universite de Provence – Aix-Marseille I, 2011

Vue sur Lure, Yves Provence

LureVéhicule abandonné...Après le pique-nique, nous reprenons notre chemin par Vironges sans oublier de nous arrêter pour le point de vue sur la montagne de Lure. Rencontre avec les champs de lavande, la retenue de la Laye qui brille au soleil, puis, plus incongrue, avec un vieux véhicule abandonné et rouillé.

Ferme des Hautes PlainesAu niveau du domaine des Hautes-Plaines, Yves coupe à travers champs pour retrouver un carrefour de pistes qui me rappelle un lieu que j’ai déjà vu en 2012, lors d’une randonnée à thème sur la résistance : sur les traces de René Char. Yves auréoléDu point de vue dominant la vallée, je me rappelle bien qu’à l’ouest, sur la commune de Simiane-la-Rotonde, un avion anglais avait pris feu en mai 1944 : ses débris s’y trouvent toujours (pour s’y rendre : le crash de l’avion anglais). J’immortalise Yves, tout auréolé de branches, tel le phénix des accompagnateurs.

Point de vue depuis les Hautes-Plaines

Qui s’est aperçu que nous n’étions pas loin d’une cache ?

Laissant le groupe se reposer, nous rejoignons rapidement la crête de Jacques, posée par Whitedogs qui souhaitait que nous admirions le point de vue.

Revest-des-Brousses, village pauvre des Basses-Alpes, a ouvert très tôt sa première école (1601) ; sans doute ses habitants souhaitaient-ils à leurs enfants une vie moins difficile que la leur, eux qui étaient obligés d’émigrer durant plusieurs semaines, à Marseille, Aix ou leurs environs, le temps des moissons, pour gagner leur vie.

Le ViguierPigeonnier du ViguierRetour par le même chemin mais arrêt au lieu dit le Viguier ; la toponymie nous aide : c’est sans doute dans cette maison qu’habitait le juge qui rendait la justice au nom des comtes, puis du roi. En bien mauvais état, mais je peux identifier un  pigeonnier. Selon le site genobco. Pierre de Mathieu du Revest, seigneur de Le Revest des Brousses vers 1450-1531, marié avec Dauphine de Vachères du Revest vers 1450, était viguier. La famille Mathieu est toujours représentée au village.

Coup d’oeil sur le château de Pontevès avant de rejoindre le parking.

oppidum majargues_traceImage de l’itinéraire 13km940, 405m dénivelée (+560, -560), 2h30 déplacement (6h au total)

1Revest : versant d’une montagne privée de soleil

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Dernière modification le 18 Mai 2016

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Limans, les Ybourgues et l’oppidum Saint-Pierre

Publié le Catégories ----- * Forcalquier mont. Lure, ----- * Parc Luberon 04, 04 Alpes-de-Hte-Provence, Geocaching et jeuxMots-clés , , , Un commentaire sur Limans, les Ybourgues et l’oppidum Saint-Pierre
 

Limans est un petit village des Alpes de Haute Provence agréable à découvrir et connu surtout pour ses nombreux pigeonniers. Pigeonnier de la terre du curé MartinUne rue du villageNous nous garons devant le plus ancien, le pigeonnier de la Terre du Curé Martin : 1553, 15m de haut, 4 niveaux, avec un escalier extérieur permettant d’atteindre le second niveau sans couper la voûte en berceau.

Après la lecture du panneau d’information du parc du Luberon, nous quittons Limans par le GR6 au sud. D’autres pigeonniers en pied sont construits au milieu des champs.

Le sentier circule dans les champs puis monte doucement les dominant bientôt ; à l’approche des Ybourgues, sur le sentier des Vignes, nous saluons les ânes de Provence. Le détour vers le logis seigneurial des  Ybourgues est incontournable ; rétablissons d’abord la vérité sur une confusion fréquente : Limans ne serait pas une commanderie ; la plupart des historiens spécialistes des Templiers en conviennent aujourd’hui, c’est une confusion avec Limaye où Yves nous a emmené en 2015 (Grambois, regarde-moi-venir).
Les Templiers en Provence – Formation des Commanderies et répartition géographique de leurs biens, J.-A. Durbec, Provence historique vol.9, no 35, 1959.
Sur les traces des templiers des Alpes-de- Haute-Provence, Bernard Falque de Bezaure, Mallemoisson (Alpes-de-Haute-Provence) : Editions de Provence, 1996 : c’est l’auteur qui milite pour Limans en tant que commanderie.

Comme les restaurations de cette grande bastide tendent à masquer certaines informations nécessaires à la compréhension du bâtiment, il a été décidé de réaliser une étude monumentale avec l’accord des propriétaires.

La maison est un grand édifice à trois corps de bâtiment qui s’inscrivent dans un carré de 25 m de côté environ, avec trois périodes de construction ; appartiendrait au premier état (XIVe siècle vraisemblablement) le corps central orienté, terminé à l’ouest par une tour transformée ultérieurement en pigeonnier […].  Le dispositif d’échafaudage est encore bien visible avec des trous de boulins maçonnés, disposés régulièrement sur les façades plutôt austères : seule la façade sud est largement ouverte sur l’extérieur par trois grandes fenêtres à meneau ; avec le percement de longues archères sur les faces ouest et nord de la tour, la fonction originale de la bâtisse est incertaine : résidence seigneuriale, édifice à vocation agricole, ou château défensif ?
L’évêque de Sisteron récupère l’église des Ybourgues et l’hôpital de Lurs par échange avec le monastère de Cruis à la fin du XIIIè. Quelques dizaines d’années plus tard, l’évêché récupère la totalité du castrum des Ybourgues. Peut-être cet évêque a-t-il voulu consolider sa présence par une résidence d’été à la hauteur de son prestige ?

Limans, hameau des Ybourgues, C. Michel d’Annoville, DRAC, 2000
Espace religieux et espace politique en pays provençal au Moyen Age (IXe-XIIIe siècles). L’exemple de Forcalquier et de sa région, Mariacristina Varano, Laboratoire d’archéologie médiévale méditerranéenne, 2012
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Dernière modification le 30 Mar 2016

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** De la colline Sainte-Propice au domaine de Meynes et au jas des vaches

Publié le Catégories ----- * Aix et Durance, 13 Bouches-du-Rhône, Geocaching et jeux, Inédit, Rando familialeMots-clés , , 2 commentaires sur ** De la colline Sainte-Propice au domaine de Meynes et au jas des vaches
 

Sur une bonne idée de A. Roubaud, fidèle lecteur de randomania – et chanteur dans la chorale acantari, j’ai tenté ce circuit. Autant le dire tout de suite, je pense avoir traversé bien involontairement deux propriétés privées : l’une en bas de la descente de la colline Sainte-Propice côté est, l’autre au Val des Vignes ; dans le premier cas, j’ai débouché sur un carré de vignes que j’ai longé avant de rejoindre la route par un chemin d’exploitation ; je vous propose un itinéraire de contournement sans être tout à fait certaine qu’il soit entièrement public ; dans le second cas, ne sachant si cette partie du Val des Vignes appartenait au département ou à un propriétaire privé, j’ai trouvé un itinéraire de contournement.

La randonnée n’est pas si facile que cela, pas longue mais avec plusieurs descentes un peu raides et caillouteuses dans lesquelles on a tendance à glisser avec les cailloux. Vous passerez plusieurs fois à côté ou sous les pylônes à haute tension mais pour une fois, l’un d’eux vous réservera une surprise plutôt agréable.

L’ensemble des photos de la randonnée

La météo à cet endroit aujourd’hui

Début du sentierDépart sur le chemin du moulin à Velaux, en bordure de forêt. Première étape : la colline Sainte-Propice dont le nom a été déformé puisqu’il s’agit de Sainte-Eutropie, martyre du IIIè siècle, torturée pour avoir refusé de renier le Christ. La piste monte doucement, passe devant la bastide de Pépé, longe les vignes. L’AREMS – Association pour le Reboisement et l’Entretien du Massif de Ste-Propice – restaure les restanques dans les vignes, partie intégrante, et particulièrement esthétique, de nos paysages calcaires. Mur de soutènement pierre sècheBancaus restaurés par ARCEMSIl vaudrait mieux utiliser le terme bancau, terrasse soutenue par un mur. La restanque est à l’origine  un mur transversal construit dans une zone d’écoulement, comme le lit d’un torrent. Fait de pierres sèches – donc non liées –, il laisse passer l’eau tout en retenant en grande partie la terre, en amont. Paul Colombier, secrétaire du Ròdo de Velaurs Restanque dans le vallon de MionExtrait du Bulletin de liaison de Velaux, juillet 2013. J’en ai vu de beaux exemplaires dans le vallon de Mion.

Le sentier menant à l'oppidumLe sentier s’enfonce par un étroit sentier dans la végétation faite de genêts odorants et de cistes cotonneux. D’en bas on peut encore voir un large morceau du mur d’enceinte, les autres côtés de l’oppidum étant protégés par des falaises. J’arrive à l’entrée du site archéologique.

De l’oppidum préromain (Ier siècle av. J.-C.) il ne restait que des traces. Du Ve au VIIe siècle, un habitat se met en place. La plupart des objets trouvés sur le site sont profondément brûlés, même déformés.

Chapelle Ste Eutropie

Abside chapelle

A l’époque romaine ou paléochrétienne, la chapelle Sainte-Eutropie a été implantée : autrefois un haut lieu de pèlerinage, aujourd’hui, une ruine oubliée ; c’est elle que vous pouvez voir au sommet ; 12,60m par 7,40m, constituée d’une abside en cul-de-four s’ouvrant sur la nef unique. Histoire de Velaux, période antique. Vue sur VentabrenUn tour de la colline offre deux points de vue : celui au nord vers Ventabren et le plateau avec l’aqueduc de Roquefavour en fond ; au sud, celui sur Velaux, la tour de guet de l’Arbois.

L’oppidum Sainte-Propice, bob_13

Deuxième étape en sortant de l’oppidum par l’est, d’abord sur la crête puis dans une descente caillouteuse que je redoute toujours. Lorsque j’atteins une piste, en quelques lacets et un raccourci que je n’ose vous recommander, j’atteins une propriété sur laquelle des travaux d’irrigation sont en cours ; je longe les vignes, descends du talus pour rejoindre le sentier d’exploitation qui mène sans barrière jusqu’au chemin en contrebas.

Une pente à 15% !De là, par un sentier autrefois barré, je rejoins le point à 151m d’altitude : une montée particulièrement raide qui n’a rien à voir avec un sentier : j’ai préféré rallonger grâce à un petit détour par la gauche pour que la pente (entre 10 et 16% !) soit moins raide et moins dangereuse.

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Dernière modification le 22 Nov 2015

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** L’oppidum des Blaques à Céreste et autres curiosités

Publié le Catégories ----- * Luberon 84, ----- * Parc Luberon 04, 04 Alpes-de-Hte-Provence, 84 Vaucluse, En voiture ou en train ou en bateau, et à pied, Geocaching et jeux, InéditMots-clés , , , 2 commentaires sur ** L’oppidum des Blaques à Céreste et autres curiosités
 

levée de terreQuand trois amateurs d’histoire se retrouvent pour une randonnée, devinez ce qu’ils vont voir ? une ligne de plus de 400m de long, représentée par une arête de poisson sur la carte IGN ; la légende : ‘levée de terre’.
Le programme que nous a préparé estoublon ne manque ni de surprise, ni d’intérêt. Il conjugue circuits à pied et en voiture sur une journée.

medium_img_0429.jpgDépart de Céreste près de la chapelle ; nous passons sur le pont de la Baou ni roman ni romain (pas même situé sur la voie domitienne), bien que ce nom figure toujours sur les cartes IGN et  les cartes postales ! le panneau d’information le confirme : il date du milieu du XVIIIè siècle. Un devis est établi par Georges Vallon, ingénieur de la Province, les travaux sont confiés par acte du 4 janvier 1740 à Pierre Terras, maçon de la ville de Reillanne (A.D. des A.-H.-P. C84).

Vestiges lors des fouilles (photo Lecauranec)La trace du vrai pont romain a d’abord été retrouvé sur papier, aux archives en 1989 puis confirmé sur le terrain le long de la RN100, à la faveur d’une crue d’orage. La 4ème campagne de sondage, en 2001, révèle que faute de rocher solide pour asseoir le pont, les constructeurs l’ont bâti sur un socle de pierres taillées de grand appareil à joints fins liées par des agrafes scellées au plomb. Son architecture est à ce jour unique dans le monde romain. par mesure de protection, ses vestiges sont maintenant recouverts. Voir photos des fouilles

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Dernière modification le 28 Juil 2017

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Le grand et le petit Laoucien

Publié le Catégories ----- * Provence Verte 83, 83 Var, Rando familialeMots-clés , , , Un commentaire sur Le grand et le petit Laoucien
 

Nous nous arrêtons sur l’aire d’accueil au départ d’une boucle autour du plus grand lac à la Roquebrussanne. estoublon m’en avait parlé avec tant d’enthousiasme que j’ai profité de la conférence de l’ASER à Méounes-les-Montrieux (« Histoire de la Provence Verte ») pour aller le visiter.

Un peu d’étymologie sur ce terme de laoucien ou laoutien : sur le cadastre napoléonien (1830), laoucien est écrit avec la lettre « c » et non la lettre « t ». L’origine poétique proposée par papyfred de geoforum me semble plus juste que celle trouvée habituellement sur les sites internet (loucioun = lavabo, cuvette)Lau (diphtongue : *laou) : c’est le lac ; cien-ciencho est le qualificatif : contenu(e), enclos(e). D’où un lac enclos. Même origine laou que la villa du Loou-Sambuc, geocache archéologique toute proche, que jcoud nous invitera à visiter.

le_grand_laoutien09.jpgLes laouciens (ils sont deux : le petit et le grand) présentent l’aspect de cratère mais n’ont rien de volcanique ; leurs eaux sont turquoises comme celles du Verdon, leurs berges abruptes et instables. Leur niveau d’eau peut varier de plusieurs mètres selon les saisons, le petit se trouvant le plus souvent à sec. C’est sans doute pour cela que la végétation n’est pas celle des eaux dormantes, immergée ou flottante. Au mileu d’une plaine  et cultures de vignes, ils ne doivent leur formation qu’à des effondrements successifs au niveau de la nappe phréatique.

Légendes autour des Laouciens, site merveilles du Var

Chroniques souterraines, P. Courbon, revue Speluca 127

En savoir plus sur le grand et le petit Laoucien, blog randomania Plus

La météo à cet endroit, aujourd’hui et à 3 jours
avec le vent

IMG_3851r.JPGNous descendons jusqu’au bord du lac du grand Laoucien, d’abord par un escalier aménagé puis en dérapant sur les feuilles mortes de la pente raide. L’eau est calme, à peine frissonnante par le vent. Quelques arbres, à d’autres moments hors de l’eau, sont totalement immergés aujourd’hui. Si vous regardez alors les bords du cratère, vous verrez que les risques d’effrondrement ne sont pas nuls.
Nous remontons jusqu’en haut pour faire le tour du lac. IMG_3864r.JPGPar endroit, les bords sont abrupts ; les strates inclinées fort apparentes se reflètent comme dans un miroir. estoublon me présente un amadouvier, un jeune et un vieux desséché.

IMG_3859r.JPGAmadouvier (extrait du site botanique.org) : « nom familier donné à un champignon polypore (Fomes fomentarius) qui pousse en parasite sur les troncs de feuillus vivants ou morts comme le chêne et le peuplier, mais aussi sur le frêne, le saule et le hêtre. […] Une coupe transversale de ce polypore montre la présence d’une croûte… sous laquelle on trouve la chair, douce au toucher, dont la consistance a celle de la ouate et d’où l’on tire l’amadou. L’amadou a été utilisé à la fin de la préhistoire pour produire du feu ; les hommes de cette époque l’amorçaient grâce à des étincelles provenant de la percussion d’un morceau de pyrite contre une roche dure (silex) qu’ils dirigeaient sur un morceau d’amadou qui se consumait alors et qui était tout à fait capable d’enflammer de petites brindilles bien sèches. »

Un mur large de 2m au moins, a été construit à quelques mètres du précipice et semble se poursuivre sur la moitié du lac. Murs d’un oppidum ou de protection pour les troupeaux ? C’est en cherchant la cache de papounet83 le grand laoutien que je me suis posé la question… sans trouver de réponse.

limnolegeria_longesita.jpgIl serait aussi l’unique endroit en France (et non au monde) où vit un acarien d’eau (et non une plante subaquatique…) Hydrachnidia Limnolegeria longiseta découvert par Motas en 1928. VonTasha a mené l’enquête et révélé la méprise sur ce forum de biologie ; l’erreur a été reproduite sur tous les sites de tourisme de la région ! Un exemple courant d’erreur à grande échelle sur internet où il est nécessaire de vérifier ses sources auprès d’organismes ou personnes compétentes sur le sujet. Depuis 2006, cet acarien a été découvert également en Sicile. Il se caractérise par de longues pattes et des rangées de longs cheveux qui lui permettent de nager. European Water Mites Research et ce journal de zoologie l’université de Turquie (d’où est extrait le schéma de droite).

Les ruissellements et écoulements naturels ont été organisés de façon à alimenter les laoutiens. Ce lac et une vingtaine de sources majeures alimentent les communes environnantes. Il faut donc les protéger. C’est ce que tente de faire l’Association CLIP de Garéoult

Panorama_Laoutien.jpg
Panorama du grand Laoucien – photo estoublon

Le lac du grand laoutien, fiche DIREN-PACA, site classé mais pas protégé : « Motivation de la protection : L’aspect incongru des deux petits lacs karstiques au milieu d’une vaste plaine cultivée, dont l’un des deux seulement est protégé ».

Papyfred (forum français dédié aux sciences de la terre), que je remercie chaleureusement, explique ainsi leur formation :

le_grand_laoutien01.jpgBeaucoup de gypses dans tout ce secteur sédimentaire… Donc, des évaporites hydrosolubles ! Il s’en suit la présence (souterraine) de nombreuses poches de dissolution… celles des deux Laoutiens, lorsque les terrains (trop minés) qui les recouvraient se sont effondrés, ont atteint la surface.  » […] Ce qui fait la différence ici, c’est que le « cratère » ouvre sur la nappe phréatique.

Lors de forte sécheresse, on peut apercevoir une pierre gravée en provençal que l’on peut traduire par « me voir, c’est pleurer de soif ». IMG_3880r.JPGNous rejoignons le petit Laoucien, lac temporaire, que nous avons la surprise de trouver rempli. « Autrefois, lorsque le petit lac se trouvait à sec en période de sécheresse, on descendait un âne attelé à une charrue pour en labourer le fond, très riche en humus végétal. On y semait des haricots que l’on récoltait avant les pluies ». Espace presse de la Provence Verte. Sur le cadastre napoléonien, il est d’ailleurs découpé en 4 parcelles de terre, tandis que le grand est représenté par une surface bleue.

Itinéraire de découverte grand et petit Laoucien, 2km env., 1h, dénivelée 40m env.

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Dernière modification le 18 Juil 2017

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Du refuge Cézanne à l’oppidum d’Untinos par le tracé marron

Publié le Catégories ----- * Sainte-Victoire 13, 13 Bouches-du-Rhône, Geocaching et jeux, Rando familialeMots-clés , , , Un commentaire sur Du refuge Cézanne à l’oppidum d’Untinos par le tracé marron
 

Une boucle classique dans le massif de la Sainte-Victoire par un temps « couvert, avec quelques éclaircies et un  vent à 10km/h ». Les photos s’en ressentent, forcément. Mais je retrouve « ma » montagne avec plaisir.

La météo à cet endroit aujourd’hui et à 3 jours

IMG_0325b.jpgIMG_3308r.JPGPour monter au refuge Cézanne, deux possibilités : une longue et facile par une large piste à l’ouest, l’autre à l’est, ravinée (encore plus aujourd’hui car il a neigé et plu ces derniers jours), rocailleuse et parfois pénible : c’est celle-là que nous prenons.  De gros rondins de bois tentent de limiter le ravinement. L’arrivée sur le plan du refuge se signale par un plan herbeux, quelques murs de restanques et un puits à sec. IMG_3311b.JPGLe refuge Cézanne a été construit dans les années 1980 par les excursionnistes provençaux puis restauré par l’O.N.F. en 1986. Je l’ai toujours vu fermé. A côté du refuge des pierres ont appartenu à une ancienne ferme. Au nord une ancienne aire de battage que l’on repère grâce à la calade. Devant, la table de pique-nique est une invitation à boire un café chaud avant de continuer le tracé brun sur la corniche sud qui nous mènera au collet de l’oppidum.

IMG_3310r.JPGCarte de Cassini 1778 le Trou lieu saintLe rocher en équilibre sur le piton rocheux semble bien menaçant : d’ailleurs l’accès à l’ermitage du Trou, maison de pierre coincée contre le rocher, est désormais interdit ; au début du XXème siècle, il y avait encore là une chapelle dédiée à Notre Dame des sept douleurs, que l’on a longtemps cru construite par l’abbé Aubert, fondateur du prieuré de Sainte-Victoire. « Le Père Rousset en fut longtemps le gardien. IMG_0333r.jpgIl y accueillit, après 1875, les pèlerins de la Croix de Provence au retour de leur excursion ». En 1778, la carte établie par Cassini indique « le Trou, lieu Saint ». Le calvaire, symbole de cet édifice religieux, tient toujours au sommet du rocher. Un puits alimenté par une source, alimentait en eau le hameau du Trou mais ce n’est pas celui devant lequel nous sommes passés en arrivant. Site des Amis de la Sainte-Victoire sur la chapelle du Trou (historique de la chapelle reconstituée et photos)

Pour en savoir plus une recherche sur le hameau du Trou

2010, le hameau du Trou : les fermes, le puits, l’aire de battage, le four à pain sont remis en valeur sous le contrôle de l’architecte Xavier Boutin. Le site sera bientôt réouvert au public. Extrait du bulletin n°31, octobre 2010, Les Amis de Sainte-Victoire.

IMG_0400r.jpgNous continuons sur le tracé brun qui mène jusqu’à l’ermitage de Saint-Ser mais nous n’irons pas jusque là. Le chemin monte et descend sans cesse. Sur le côté gauche le tracé noir se faufile dans le couloir des Libellules. Pas pour nous. Puis le tracé Forcioli. Pas pour nous. Les escarpements de poudingues couleur lie de vin à droite tranchent fortement avec la couleur blanche du calcaire à gauche. Que de choses ont dû se passer d’un point de vue géologique ! Pas étonnant que Paul Cézanne ait tant aimé les couleurs de cette montagne.

IMG_0349r.jpgIMG_3325r.JPGL’oratoire de l’amitié a été construit par deux artisans aixois Charles Troump et Louis Merlin, passionnés de cette montagne : ils ont signé de leurs initiales la pancarte du piédestal. De là, on voit même la cheminée de Gardanne et le pilon du Roy ! Nous continuons vers le collet de l’oppidum. Sur le site d’escalade des deux Aiguilles, quelques sportifs s’exercent malgré le froid. Le vent s’est levé. GC1GPNK, La croix du point 532 par pp34

IMG_3327r.JPGUn groupe de randonneurs courageux écoutent sagement leur guide ; nous rejoignons le site de l’oppidum d’Untinos qu’il vaut mieux appeler oppidum du Bayon, daté du second âge du fer, parce qu’il y en a plusieurs à Saint-Antonin (oppida de la Roque Vaoutade, des Masques, du Pas de Magnan). A nos pieds, le village de Saint-Antonin et la maison de Sainte-Victoire. Au loin les sommets de l’Etoile. Après la cache de Bob_13 l’oppidum d’Untinos GC22EF3, bien près du bord de la falaise, nous revenons sur nos pas en contournant les vestiges d’un mur de pierres. Difficile de se représenter un oppidum à cet endroit. Dans Excursions aux environs d’Aix, A.-M. de La Tour-Keyrié, Makaire, 1899, l’auteur nous apprend que les habitants de Saint-Antonin appelait ce mur de moellons taillés  « la dent » (on comprend pourquoi quand on regarde de loin ce débris de castelas). Il y a ramassé des débris de poterie de différents âges, preuve que le lieu a été habité durant plusieurs siècles.

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Dernière modification le 12 Nov 2015

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