Ollioules, l’oppidum de la Courtine

 

C‘était un mercredi après-midi pour une réunion de travail associative avec Sylvaine et Bernard ; mais avant de travailler, nous profitons du beau temps de décembre ; ils m’emmènent marcher dans la forêt d’Ollioules toute proche de Toulon. Suite à un problème avec mon appareil photo, je n’ai que peu de souvenirs des lieux à vous proposer ; si un internaute en a d’autres, je suis prête à les intégrer ici en le citant.
Mes photos à l’oppidum et au Croupatier, Les photos de Monique au Croupatier avec son groupe de marche
Chateau Vallon, qui n’en a pas entendu parler ? Site officiel Chateau Vallon, une scène nationale avec théâtre, musique, danse.
Dans les années 1970, des artistes et des musiciens célèbres, des penseurs ont forgé une réputation internationale au lieu grâce au premier festival de jazz, retransmis en direct à la télévision et à la radio. Tous les musiciens légendaires s’y sont côtoyés, Paul McCartney, Joan Baez ou Maria Casarès.

Dans les années 1980, des célébrités y présentent leurs spectacles […]
En 1996, le maire Front National de Toulon Jean-Marie Le Chevallier et le préfet du Var Jean-Charles Marchiani exigent du directeur du Théâtre de déprogrammer un spectacle de Rap du groupe Suprême NTM2. À la suite de cette affaire et du refus de Gérard Paquet des subventions de la mairie Front National, la procédure judiciaire aboutit à la dissolution de l’Association Châteauvallon et au licenciement de son Directeur/Fondateur.
En 1998, une nouvelle association est créée sous le nom de Centre national de création et de diffusion culturelles (CNCDC) et placée sous la direction de Christian Tamet […] La ville d’Ollioules assume la gestion du site. Le projet de Christian Tamet affirme le caractère résolument pluridisciplinaire et international d’une programmation centrée sur le spectacle vivant.
En 2003, la gestion passe à la Communauté d’agglomération Toulon Provence Méditerranée.
En 2015, l’association Centre National de Création et de Diffusion Culturelles a 17 ans d’existence, avec près de 50 000 spectateurs et environ 90 représentations par an. Elle affiche un taux de fréquentation annuel de plus de 90%. Châteauvallon fête cette année ses 50 ans. Selon wikipedia, Chateauvallon scène nationale

Vers l’Oppidum de la Courtine 1, sylberfil

Disposant de peu de temps avant la tombée du jour, nous rejoignons en voiture la table d’orientation posée sur un énorme réservoir d’eau ; le point de vue sur Toulon s’étale sur la rade et les îles.

Vers l’Oppidum de la Courtine 3, sylberfil

L’oppidum de la Courtine celto ligure, établi sur un banc de basalte, est tout proche. Un panneau rouillé nous mène par un sentier étroit et humide sur une muraille de pierre où il est facile de se tordre les pieds. Ce premier rempart barre le site au nord, dominant la vallée du Détras ; ce mur continu était flanqué de tours carrées ; des falaises de plus de 10 m le limitent au sud, permettant une défense naturelle efficace.  Selon le rapport de présentation du PLU d’Ollioules. Défense cependant insuffisante puisqu’une bataille contre les romains y est attestée par des restes de projectiles. Y ont été retrouvés des monnaies, des bijoux, des céramiques, des statues,… Leur étude détaillée permet de dater l’abandon du site vers 110-100 avant J.-C. L’oppidum protohistorique de La Courtine (Ollioules, Var). Les collections anciennesArcelin Patrice, Bérato Jacques, Brien-Poitevin Françoise, Documents d’Archéologie Méridionale, vol. 11, 1988. pp. 29-69

La fouille a mis au jour une série d’habitations qui se sont succédées du début du IVe siècle jusqu’aux environs de 140 av. J.-C., […] puis du sud au nord, des unités d’habitation juxtaposées appuyées à un mur maître qui les sépare à l’ouest de la ruelle. Neuf phases d’occupation ont été reconnues, huit pour la Protohistoire, une pour l’époque moderne. D’après L’oppidum protohistorique de la Courtine d’Ollioules, Centre archéologique du Var, Edition du Foyer P. Singal, Sanary-sur-Mer, 1996, les Cahiers de l’Ouest varois n°1 repris par le site ollioules.eu

En avant des maisons à l’est il y a un espace ouvert que nous traversons. La curiosité nous pousse sur un axe de circulation est-ouest qui marque la limite nord de l’habitat ; on présume qu’il est privé mais de toutes façons l’oppidum est sur une propriété privée où notre présence n’est que tolérée  ; une meule de moulin est posée debout contre un mur de pierre, d’autres gisent au sol, cassées, ou n’ont pas été extraites. Je reconnais une carrière de meules de moulin creusées dans le basalte, ce qui m’étonne. La grecque Olbia (Hyères) importait des meules d’Agde plutôt que de la Courtine pourtant plus proche, sans doute parce qu’elle était dépendante de Marseille. L’importation des meules domestiques dans la forteresse grecque d’Olbia (Hyères, Var) entre le IIe s. av. n. è. et le Haut EmpireJean-Louis REILLE à lire dans Documents d’archéologie méridionale

Aux temps protohistoriques et dans l’Antiquité, l’extraction de ces laves en vue de la confection de meules (essentiellement rotatives) est archéologiquement bien attestée, spécialement sur les sites de la Courtine (Layet 1950 ; Arcelin et al. 1988) et des Rochers de l’Aïgue (Bottin 1905).

Vers l’Oppidum de la Courtine 4, sylberfil

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Artigues, Mont-Major

 

Enveloppée d’une brume d’huile essentielle de thym à Linalol projetée toutes les minutes depuis le port USB de mon micro, j’écris, peu inspirée, en profitant de ses vertus désinfectantes (merci à Clodex, Majolir, Marie-Françoise et Vegalyre). Que puis-je raconter alors que nous n’avons pas trouvé la grotte de Roquerousse et que je n’ai pas rien identifié de l’oppidum ? Mais ce circuit reste l’occasion d’une balade nature avec de nombreux points de vue.

Une fois tout le monde rassemblé à Artigues, le parking est plein ; Artigues est un tout petit village de 240 habitants. ll est temps de trouver l’unique cache près de la fontaine entourée de bancs et d’arbustes taillés en forme d’arche : un endroit idéal l’été. L’église et sa façade toute plate, comme une pièce rapportée, semble bien grande pour un si petit village.

Artigues, tineochris

Photos de Yves, Photos de DanielMes photos
Nous redescendons d’une centaine de mètres de dénivelée par une route étroite en passant devant le lavoir. C’est donc qu’il faudra les remonter en fin de randonnée…
Je reconnais la taille en cordon de Royat de la vigne typique des Coteaux d’Aix ; Artigues fait partie avec Rians des communes du Var autorisées à produire cet AOC.

Nous traversons la route Rians-Esparron et plutôt que de marcher sur la chaussée, certains ont repéré l’ancienne voie de chemin en contre-bas ; nous sommes à 1km300 environ de l’ancienne halte de chemin de fer du Train des Pignes Central-Var. Il fallait plus d’une heure pour relier la gare de Meyrargues à celle d’Artigues là où nous avons mis 35 mn en voiture. Et quand le voyageur était déposé à la station le long de la route, il lui fallait encore remonter jusqu’au centre du village à pied !

Quand nous tournons à gauche vers la Modeste, Yves demande au groupe de se montrer discret pour ne pas gêner ses habitants. Sur le ruisseau de la Plaine, un ancien réservoir de pierre et une fontaine apportaient l’eau aux habitants. La Modeste est une belle maison de maître d’un seul tenant avec la partie habitation (le maître, le fermier et les ouvriers) et la partie activités agricoles (hangar, cochonniers, pigeonnier). D’après Maisons rurales et vie paysanne en Provence, J.-L. Massot, berger-Levrault, 1995

Par un sentier d’exploitation en contre-bas de la maison, nous rejoignons le petit Adret. C’est là que débute la longue montée vers le Mont-Major ; le groupe se disloque, les bavardages s’éteignent. Chemin caillouteux. A mi-distance une courte pause. Je me retourne sur la montagne d’Artigues qui me rappelle un pique-nique mémorable un jour de Nouvel-An, par grand mistral : Majo avait apporté du foie gras, des toasts et du chutney de figues. Oratoires et croix entre Esparron de Pallières et Artigues
Dans le bois de Montmajor, des champs de pierre et le substrat rocheux apparent surprennent dans une partie boisée. Majo repère entre les pierres les premiers et frêles crocus.
Quand nous apercevons au loin une cabane de pierre sèche, sans doute poste d’observation idéal pour les chasseurs, Yves nous invite à chercher la grotte de Rigabe appartenant à la famille Magne ; le groupe se disperse, circule en mode sanglier, avec peine, sous la végétation mais ne trouve rien ; Daniel et Yves élargissent le périmètre tandis que le groupe, sagement, attend le long du sentier. Les spéléos et l’IGN déjà, ne la placent pas au même endroit. Comme elle s’ouvre vers l’ouest et que nous arrivons par l’est, nous ne l’avons pas repérée ; pourtant certains randonneurs l’ont trouvée, aidés sans doute par quelque personne du coin. En arrivant par la Marquise, nous aurions probablement repéré son porche d’entrée un peu sous le plateau. D’après la vidéo qu’on trouve sur internet, on y circule debout assez facilement (on peut se passer des commentaires du vidéaste en coupant le son…)

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La montagne de Vautubière à partir de Rians

 

Aujourd’hui nous partons à l’assaut de la montagne de Vautubière orienté NO-SE, entaillée par la cluse de la Durance. De là haut, les points de vue sur la vallée et les montagnes environnantes sont exceptionnels : pratiquement toutes les montagnes provençales sont visibles à moins de 100 km à vol d’oiseau.
Les photos de Yves Provence
Mes photos
Les photos d’Emotion
Les photos de David

Nous partons du chemin de Saint-André qui traverse les Espargades et nous stationnons à l’angle du chemin de Langouste et du chemin de Simiane. Après le ruisseau de Saint-Paul dont la surface est gelée, j’enfile mes gants car le froid est mordant. Un virage en épingle à gauche et la montée commence, longeant bientôt le vallon de Vaudet. Au niveau du lieu-dit Guentié, Daniel nous montre Cadarache dans la vallée de la Durance et son impressionnante ferme de panneaux solaires. Par intervalle, une trouée laissant passer le soleil, nous ne serons jamais totalement à l’ombre.

A la cote 632, Yves propose d’aller à la recherche d’un ancien point géodésique ; le sentier est étroit mais visible. Au sol des centaines de pois blancs, ronds et lisses tapissent le sol. Ressemblant de loin à des petites billes de polystyrène, ils sont enveloppés d’une petite peau comme les pois chiches. Nous n’en verrons qu’à cet endroit là. UndeBaumugnes est venu une nouvelle fois à mon secours : il a reconnu la boviste plombée, champignon sans pied, blanc quand il est jeune, reliée au sol par une masse de fibres qui se rompent à maturité exposant l’enveloppe interne blanchâtre qui prendra plus tard la couleur du plomb.
Les pieds se tordent sur un pierrier en arc de cercle dont on devine le reste d’un mur bas. Classé comme oppidum de la Vautubière 1 d’âge du fer par le service d’archéologie, cette enceinte ovale (32 m x 42 m) serait un ancien lieu de culte gaulois.

Les gaulois possédaient des enceintes sacrées (téménos) où ils avaient commerce avec leurs divinités au travers d’offrandes. Culte pratiqué par des guerriers, riches propriétaires, druides : seuls les druides pouvaient comprendre la volonté des dieux. la Gaule une redécouverte, Documentation Photographique 8105

Ne ne trouverons pas le point géodésique mais une vue plongeante sur la métairie de Simiane coincée entre des champs cultivés ; nous passons insensiblement du Var aux Bouches-du-Rhône, de Rians à Jouques.

Nous repartons vers la vigie de la Vautubière en commençant par une longue descente caillouteuse qui en met mal à l’aise plus d’une. La dernière montée vers la vigie est dure mais sur large piste ; à peine arrivés, nous nous installons au soleil pour le pique-nique. Pas de pompiers pour nous offrir la protection du bâtiment de la vigie.

Après le repas, un groupe se détache pour sinuer sur la crête de Vautubière, ses arêtes anguleuses et ses passages légèrement escarpés qui lui donne des allures de petite Sainte-Victoire ; depuis cette ligne, les points de vue sont multiples ; en partant de Sainte-Victoire que vous reconnaîtrez par sa silhouette en dentelle irrégulière, en tournant sur vous-mêmes vers la gauche (boussole et jumelles recommandées) :

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Lardiers, le Chastellard

 

Quand c’est Claude qui mène la randonnée, on est sûr qu’il y aura un peu de difficulté et quelques surprises. Majo, Julie, notre guide et moi stationnons à Lardiers, petit village des Alpes de Haute-Provence au pied de la montagne de Lure.
Lardiers : rien à voir avec la mésange charbonnière (provençal lardié) ou le sol brûlé (occitan ardre = brûler) selon la toponymie provençale de B et J.-J. Fénié ; UnDeBaumugnes propose une origine latine (Lardarium = cellier), qui, en vieux français, désignait le garde-manger ; personnellement, je pense plutôt que Lardiers vient de ladrerie, dénomination de léproserie au moyen âge. Créée par les Hospitaliers à l’origine du village, elle est indiquée dans une charte de 1226, puis peut-être, transférée à l’Hospitalet au moment de la construction de la commanderie.
En passant, nous repérons le bistrot de pays qui nous désaltérera au retour : l’après rando est toujours un moment convivial et réparateur. Le soleil printanier et ses premières fleurs sont au rendez-vous.

Lien vers mon album

Album facebook de Jean-Pierre Alpes : Lardiers

Nous démarrons peinardement sur la route sur laquelle nous croisons les organisateurs du prochain trail de Lure qui démarre de Forcalquier, passe par Lardiers, Saint-Etienne-les-Orgues, monte vers Fontienne et les Mourres.

Face au champ de lavande, l’oratoire Saint-Joseph (sans statue de Joseph) marque le croisement de deux routes. A partir de maintenant, nous attaquons la montée, qui sera de moins en moins évidente, un peu sauvage dirons-nous. Claude nous offre les premiers tapis de fleurs jaunes. La montée est continue mais heureusement pour nous pas directement dans la pente.  Nous nous enfonçons maintenant dans un sous-bois ponctué de quelques clairières. Nous longeons la limite entre Ongles et Lardiers. A 850 m d’altitude, le paysage plein sud se découvre : je reconnais bien le pic de Bertagne avec sa face abrupte, la montagne Sainte-Victoire et tous ses baous en dentelle irrégulière.

Là, Claude décide de rejoindre en mode sanglier la combe de Gamby ; chacun choisit le passage qui lui convient dans la végétation basse et dégringole deux ou trois courbes de niveau. Sur quelques mètres seulement, nous marquons notre étonnement : ici et pas ailleurs, quelques plants de narcisses reconnaissables à leur longue tige plane, leur coronule en forme de coupe orangée, leurs fleurs groupées en ombelle penchées en arrière  ; après le sous-bois d’arbres dénudés, nous quittons la piste – dommage –  pour un sous-bois moussu avec le muguet qui n’a pas encore de clochettes. Encore un clapier puis une zone découverte : c’est à partir de là qu’il n’y a plus guère de passage visible ; il faut veiller à maintenir une direction NO-N de 347°. 200 m avant l’arrivée au sommet, c’est la vue sur la vallée du Largue.

Tandis que Claude cherche le fameux mur d’enceinte dont il a gardé le souvenir, je me dirige à la boussole sur le waypoint associé dont il m’a donné les coordonnées ; passage ardu dans les broussailles, et par une pente raide : il est toujours là ! Bien qu’en partie écroulé, on devine encore son épaisseur. Un immense pierrier s’est accumulé à son pied. Les fortifications de l’oppidum des Sogiontiques du Ve avant J.-C. à l’ère chrétienne, étaient constituées de deux voire trois murs d’enceinte en pierre sèche avec en son centre le village indigène.
Après une bonne suée et quelques mètres en mode sanglier nous atteignons fièrement le petit plateau du Castellar de Lardiers, situé à presque 1000 m d’altitude en avant de la montagne de Lure. De gros buissons d’anthyllis rendent le lieu désert plus accueillant.

Après abandon du site, un sanctuaire très fréquenté s’installa sur l’emplacement de l’habitat jusqu’à la fin du IVe siècle. Le sanctuaire est formé de trois carrés concentriques ; celui du centre (cella) de 5 m, les deux plus grands encadrent une galerie couverte (peribole) dont les murs intérieurs étaient couverts d’un enduit polychrome à motifs géométriques. Mais aussi un portique direction nord-sud et des constructions exigues.

Vous ne reconnaîtrez pas grand chose car les fouilles ont été recouvertes ; vous devinerez sans doute la voie sacrée grâce aux murs qui la bordent.

Dès 1913 H. de Gérin-Ricard signale des milliers de lampes votives dont certaines portent des signatures connues, d’autres rudimentaires indiquant un pélerinage populaire ; A. Grenier considère ce lieu comme  un exemple de culte des sommets.
Suite aux sondages de 1955 à 1967, on sait que c’est un centre religieux important enseveli sous une montagne de pierres de 5 m de haut, un grand marché, un lieu d’assemblées fréquenté de la fin de la Tène au IIIe, détruit vers 260-270 au temps des empereurs romains Galien et Postume.
Sur la voie sacrée montant au sommet  de l’oppidum, bordée de murs en petit appareil, ont été trouvés 10000 anneaux de bronze, 3000 petites plaques percées d’un trou, des monnaies gauloises ou massaliotes des IIe et Ier siècles, des monnaies impériales de Néron à Constantin.
On trouve de nombreuses études sur ces objets, les uns s’étant penchés sur les dépôts métalliques1 (fragments d’armure, passoires, râpes, mais aussi les anneaux de toute taille, fibules, métaux cloués), les autres sur les lampes ou les monnaies. Un projet collectif de recherches devrait synthétiser tout cela et peut-être répondre à quelques questions telles que : quelle divinité était honorée ici ? belado dont le nom a été retrouvé sur un autel de la voie sacrée ?

Le Chastelard du Lardiers : de l’oppidum gaulois au sanctuaire gallo-romain, Objets de cultes gaulois et romains entre Rhône et Alpes, Paris, 2016, B. Girard, Cl. Malagoli, J. Roussel-Ode, L. Roux, N. Rouzeau
La Haute Provence monumentale et artistique, Raymond Collier, Digne, 1987
Carte archéologique de la Gaule CAG, n° 101, p. 238-252

Après avoir imaginé des milliers de pèlerins venus de toute la Gaule, nous nous installons autour de la grosse pierre plate qui nous servira de table de pique-nique.

Télécharger une excellente synthèse sur le Chastelard, Clodex

Nous reprenons notre route vers le pic Bouine et non pas Pébouine comme l’IGN l’écrit aujourd’hui. De bouina, borner en provençal car, si on regarde bien, le flanc ouest de ce pic sert de limite avec la commune de Saumane, et ses flancs nord et est servent de limites avec l’Hospitalet et Lardiers.

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Quinson et les deux sources

 

Quinson, ce sera ma troisième visite ; cette seconde randonnée, 7 ans après celle du vieux village de Quinson par la Quille, se termine de façon identique (mais dans l’autre sens), par une descente ardue qui n’est pas facile surtout en cette saison, mais elle est mieux balisée qu’en 2009. parking du muséeNous stationnons sur le parking du musée de la Préhistoire et attendons la dernière voiture tout en espérant que le brouillard se dissipera.

Les photos de Yves Provence
Mes photos

A l'assaut de la falaisechemin de la falaiseNous allons monter sur le plateau du Meyas par un sentier raide qui affronte la falaise pourtant sans difficulté particulière ; à mi-hauteur, il se faufile dans une faille rocheuse avant de rejoindre la piste. C’est ce tracé que l’on prend lorsqu’on visite la grotte de la Baume Bonne avec un guide.

Quinson depuis le plateau de Meyas depuis le plateau de MeyasSur le plateau, les panneaux explicatifs ne sont pas tous lisibles mais la vue sur le village à un peu moins de 500m d’altitude, vaut le déplacement. On se rend compte de ce que l’on vient de grimper. Yves renonce à descendre au bord du Verdon pour voir la grotte : de toutes façons elle est grillagée et incompréhensible sans les explications des archéologues.

La table d’orientation où se trouve la cache Quinson #1, la table d’orientation de bob_13, n’est plus entretenue.

ChampGR vers VaudaudurdeDemi-tour pour rejoindre l’imprononçable source de Vaudauduerde ; au bout du plateau de Meyas commencent les grandes étendues ; après la traversée de la route de Riez, la piste grimpe sans arrêt en longeant le lit d’un ravin où s’évacuent les eaux de pluie ; sur la droite, quelques marcheurs ont visité les ruines de Durde datant du XVè ou XVIè. C’est ce hameau qui explique sans doute le toponyme Vau dau Duerde, soit la vallée de Duerde (nom d’un propriétaire ?).

Source de vaudauduerdeLe réservoirUn peu plus loin, à la source de Vaudaudurde aménagée, Yves pose une cache. Un abreuvoir à deux bassins creusé dans la masse, un réservoir voûté et un arbre tout courbaturé, voilà le décor champêtre. Sur le cadastre napoléonien, on voit bien que la source est captée à partir d’un petit affluent du côté de la Bourre.

La source de Vaudoudurde, Yves Provence

Les Mongesvers Poiraque entre deux champsNous revenons sur la piste et la montée continue ; au nord le Chiran et la crête enneigée du Mourre de Chanier. La piste de terre humide traverse des champs à perte de vue, entre lavandes et terres fraîchement labourées. A la Vudèle, Yves attend les retardataires pour rejoindre la source de la Poiraque1, dans un creux, complètement cachée par la végétation. Ensemble complet d’utilisation de l’eau : une fontaine à noria à chaîne et piston (fin XIXè), un lavoir, un réservoir qui recueille le surplus d’eau pour l’arrosage. L’ensemble a été restauré en 2012-2013, grâce aux efforts du Parc du Verdon, de la commune et de l’association Quinson histoire et devenir dont le président n’est autre que l’auteur du livre ci-dessous. S’il n’avait fait si froid, c’est là que nous aurions pris notre pique-nique.

Quinson sur Verdon – Découverte d’un village en Haute-Provence, François Warin, Les Alpes de Lumière, 2002

La source de Poiraque, Yves Provence

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De la chapelle Saint-Estève à la chapelle Saint-Pierre à Rians

 

J‘étais déjà allée à la chapelle Saint-Pierre située au sommet d’une colline (552 m), en partant du village de Rians à l’est ; cette fois, je pars de la chapelle Saint-Estève située à l’ouest, à la frontière avec Jouques.

chapelle saint-EstèveLe cadre de la chapelle Saint-Estève1 est désormais aménagé pour les pique-niques avec quelques places de parking ; bien avant la christianisation, a été retrouvé puis perdu un autel dédié aux déesses-mères Gerudiatae : Matribus Gerudatiabus, Julia Minia v(otum) s(olvit) l(ibens) m(eritis). D’après le corpus inscriptionum latinarum XII, 505 et Ralph Haeussler, Pouvoir et religion dans un paysage gallo-romain : les cités d’Apt et d’Aix-en Provence. Romanisation et épigraphie, Lattes, 2001. Traversant les frondaisons, les rayons du soleil mettent en valeur la pierre jaune. Intérieur chapelle st estèveEloignée du village, d’architecture romane, avec une nef et une abside semi-circulaire, elle daterait du XIIè siècle ; la porte est couverte d’un larmier mouluré. Il s’agit d’une ancienne possession templière dont on ne sait à qui elle a été attribuée quand les templiers ont été arrêtés. Le notaire Barthélémy de Vaurelhas y était passé en 1308 lorsqu’il faisait l’inventaire des biens de la commanderie d’Aix.

Entrée de la chapelle saint-EstèveC’est ainsi qu’on les [les membres chargés de faire l’inventaire des biens templiers] voit successivement à Saint-Estève du Val de Rians où l’ordre possède une petite exploitation rurale, puis à Rians où, à la suite d’une criée publique, quelques tenanciers font acte de présence.[…] Une fois la dévolution faite, les hospitaliers, […] ont procédé à une fusion des biens du Temple avec les leurs ; […] les granges de la Galinière et de Saint-Étienne du Val de Rians, [sont] absentes du procès-verbal. Dans le premier cas il s’agit sans doute d’un oubli ou de l’utilisation d’une autre désignation […]. Quant à l’autre, certes plus petite [saint-Estève], on ne sait ce qu’il en est advenu. La fin des Templiers en Provence : l’exemple de la viguerie d’Aix, Benoît Bocage, Provence historique, 1999

Les moutons ont trop chaud !Direction la ferme de la Grande Bastide ; les moutons qui ont déjà chaud, se sont regroupés sous les arbres au fond du pré. Je reconnais sur la gauche un pont typique du XIXè appartenant à l’ancien canal du Verdon. Cette route est classée ‘sentier d’exploitation’, voie privée rurale dont l’usage est commun à tous les riverains.

Oratoire saint-FiacreL’oratoire Saint-Fiacre est placé à l’entrée du chemin qui mène à cette ferme de la Grande Bastide ; gravées sous la statue, les dates probables de sa mort et de son décès : 610-670. Dans le premier temps de sa fondation, Fiacre accueille les pèlerins de passage ; durant la seconde étape, Faron accorde à Fiacre la quantité de terre et de bois qu’il sera capable de délimiter, tout autour de sa maison, par un fossé creusé de sa propre main en une journée de travail. Le saint se met en prière, puis marche en traînant derrière lui son bâton qui creuse le sol d’un sillon large et profond tandis que s’abattent de part et d’autre les arbres qu’il touche. C’est le patron des jardiniers, guérisseur des hémorroïdes, chancres et cancers. D’après Fiacre (saint) wikipedia

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Les Caisses de JeanJean, Mouriès

 

Inspirée de la randonnée 34 publiée dans le topo-guide Les Bouches-du-Rhône à pied, FFR, FFR, 2002, elle s’est transformée, grâce à Majo qui a l’art de débusquer ce que je ne vois pas, en véritable découverte d’un oppidum bien caché !

Nous avons stationné sur un des parkings aménagés par le CG13, au croisement de la D24 (qui traverse les Alpilles du nord au sud) et de la D24A. Le panneau d’information sur la nouvelle réglementation 2016 d’accès aux massifs forestiers a été mis à jour : il est désormais possible de randonner toute la journée en niveau orange et rouge.

Champ d'oliviersonopordonLa balade commence tranquillement le long des champs d’oliviers. Majo m’offre pour la photo quelques fragiles œillets sauvages qui n’arrêtent pas de bouger avec le vent. Quand elle a eu écrasé le globe rouge de l’ail sauvage, elle en a convenu : ça sens l’ail ! et ce que Mireille croit être un chardon laiteux pourrait-il être un onopordon d’Illyrie avec des ailes en forme d’épine sur sa tige épaisse ?

canal des BauxLe canal des Baux que nous allons suivre très régulièrement, coule abondamment ; nous sommes dans la période de plus fort débit pour l’irrigation. Son parcours, d’une longueur de 53 kms [ndlr : 7 siphons, 3 superbes aqueducs, 7 tunnels dont celui des clapiers], danse dans les Alpilles, tantôt au cœur, tantôt à ses pieds. Sans lui, il est probable que les agriculteurs auraient été ruinés, la sécheresse ayant sévi pendant plusieurs années. Il a fêté ses 100 ans en 2014 ; ce canal prend sa source à Eyguières, via le canal Boisgelin Craponne alimenté lui-même par les eaux de la Durance, et la transporte jusqu’à Fontvieille. Il peut servir aussi aux pompiers en cas d’incendie.

[22 juin 1873] C’est donc poussés par une impérieuse nécessité que les populations (+/- 12000 habitants), […] de leur initiative privée, se sont formés le 8 juin courant en association syndicale libre comprenant 760 adhérents qui ont engagé 1430 hectares à l’arrosage, 4000 hectares pourront être arrosés par la suite… Historique du canal

Nous abordons maintenant la longue partie sur la route de Servanes2, passant devant le château qui se cache au bout d’une longue allée. Nous délaissons le GR653A pour continuer sur la variante du Cagalou. Strates qui émergentAu carrefour avec le sentier rural, nous sommes attirées par un haut mur de pierre, tout seul sur le talus à côté de quelques arbres, comme planté là par l’homme ; mais non, ce sont trois strates redressées mises à nu sans doute par l’érosion.

Piste le long du GaudreFenouil sauvageLa piste suit le Gaudre de Malaga ; Majo me montre le fenouil sauvage que j’ai bien envie de goûter ; la racine semble profondément enfoncée dans la terre et je n’arriverai pas à la déterrer sans les outils appropriés. Celui-là n’a pas de bulbe mais on consomme ses feuilles et ses tiges anisées : à l’intérieur d’un poisson grillé par exemple. Une imposante construction sur le Gaudre nous fait penser que Ancien réservoir sur le Gaudre (?)le ruisseau alimentait un grand réservoir avant de continuer son chemin. Le bleu du ciel, les arêtes découpées de la montagne, le vert des oliviers, le jaune des argeiras constituent le paysage typique des Alpilles. Nous aimons.

Paysage typique des Alpilles

Au niveau de Cagalou, un ancien puits puis la belle propriété d’Entremonts. Nous envisageons de nous rendre à l’oppidum des caisses de JeanJean, sans savoir si ce sera indiqué mais il y a une étoile sur la carte : ça vaut donc le coup d’essayer.

balisage zone d'escaladeAprès un rapide coup d’œil à la carte IGN, sur la droite du chemin de Cagalou, deux hommes descendent d’un chemin non balisé ; ça pourrait être celui-là ; nous suivons les icônes bleues représentant un escaladeur mais bientôt ce sentier nous éloigne : nous sommes sur les Petites Caisses où se trouvait autrefois un faubourg allongé de l’oppidum ; après un demi-tour de quelques dizaines de mètres, Majo décide de rejoindre le bon chemin par un raccourci glissant et en pente.

Les Caisses de JeanJean, quel drôle de nom ! attesté en 1791 par le “cadastre” de l’Assemblée constituante, il ne désigne que les terres du piémont méridional, limitées au sud par le “vieux chemin de Maussane à Eyguières” et à l’est par celui de Cagalou. Jehan fils de Jehan [JeanJean], est le premier propriétaire connu de cette partie de Mouriès ; quant à l’origine toponymique de ‘Caisses’, certains pensent à une origine pré-celtique (cal, car, cr = pierre), à moins qu’il ne s’agisse du provençal cais (pluriel caisses), la mâchoire, par analogie avec la forme du lieu, et les dents par analogie aux barres rocheuses découpées qui se font face comme les dents d’une mâchoire. la mâchoire (photo-aerienne-5 GAM)les dents (photo-aerienne-2 GAM)Les photos aériennes d’Alain Laforest du GAM pourraient vous convaincre de cette ressemblance… Des Caisses, il y en a plusieurs : les Petites Caisses et les Caisses de Servane2 sur le piémont sud des Caisses de JeanJean.

Vue sur Sainte-VictoireBorne 10 du parcours d'interprétationAprès un coup d’œil sur Sainte-Victoire au loin, et la tour des Opies, nous entrons par la partie haute de l’oppidum (l’acropole) et découvrons la borne 10 du sentier de découverte (à télécharger) établi par les élèves de SEGPA du collège René Cassin de Tarascon et les écoles de Mouriès, avec l’aide de l’association “Chemin Faisan” et le PNR des Alpilles. Puis nous entrons par ce qui fut la ‘porte‘ de l’oppidum (photo Mireille Laforest) ; Espace entre les deux barres rocheusescaisses-7-10-12-5 porte en cours de fouilles Mireille Laforest GAMquelle surprise ! une vaste prairie dans un espace plutôt plat coincé entre deux barres rocheuses et qu’il est impossible de deviner quand on est à ses pieds.

La zone archéologique comprend un habitat de hauteur, l’oppidum des Caisses, et en contrebas, du côté sud, le site de Tericiae, dans la plaine. Le site est connu depuis le début du XIXe siècle. […] Chacune des deux extrémités de cet espace est constituée d’un rempart, de telle sorte que le village, protégé par ces deux murs, se trouve dans une position quasi imprenable.

Les archéologues ont identifié cinq périodes d’occupation, entre le 8e-7è siècle avant J.-C. et  le 3e siècle après J.-C. où il est définitivement abandonné soit presque 1000 ans d’occupation.
stele CAI.85.02 fragment de futAu cours de ces périodes, les pierres ont été réemployées, comme par exemple les stèles gravées du rempart R1 réutilisées en boutisses1 dans les remparts plus tardifs. Schéma extrait de l’article  de Marcadal Yves, Paillet Jean-Louis, « Blocs architecturaux de tradition hellénistique de l’oppidum des Caisses de Jean-Jean (Mouriès, Bouches-du-Rhône) », Revue archéologique 1/2011 (n° 51) , p. 27-62 ; URL : www.cairn.info/revue-archeologique-2011-1-page-27.htm
DOI : 10.3917/arch.111.0027.

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Revest des Brousses, oppidum Saint-Pierre et Majargues

 

Paysage typiqueNous retournons à l’oppidum Saint-Pierre et au lieu-dit les Pierres Percées mais en partant du village du Revest1 des Brousses au lieu de Limans (Limans, les Ybourgues et l’oppidum Saint-Pierre). Mêmes paysages : sentier caillouteux, collines ravinées et sous-bois clairsemés.

Le villagecroix au carrefour du chemin Saint-JeanAu premier carrefour, celui de la croix de bois, Yves s’est discrètement absenté pour son travail de geocacheur-poseur. Sur le chemin de Saint-Jean, je regarde en arrière le village concentré autour de son église.

Oppidum Saint-Pierre : la croix de Saint-Jean, Yves Provence

Sur la carte IGN le quartier se nomme Fautriers, du nom d’une ancienne famille de Revest-des-Brousses ayant possédé une grande propriété à cet endroit ; connue depuis le XVIè siècle au moins, cette famille y a toujours des descendants.

Oppidum de Saint-Pierre, l’entre-deux, Yves Provence

pierre percéeC’est là que nous tournons à gauche pour rejoindre le lieu-dit Pierres Percées : je ne suis pas encore certaine de l’origine de ses trous, parfois de part en part, dont la direction ne correspond pas toujours au sens d’écoulement des eaux. Le parc du Luberon contacté par mail, confirme seulement l’environnement karstique ; mais en surface, à l’air libre, c’est la première fois que je vois une telle quantité de pierres percées. Ces morceaux de roches proviennent de calcaires compacts fins et durs. L’eau acide va ronger la roche pour la transformer en véritable gruyère. Je suppose que les eaux de surface ne s’infiltrant pas sur une couche imperméable ont tout loisir d’agir sur la roche calcaire.

Oppidum de Saint-Pierre : les Pierres Percées, Yves Provence

champ de lavandeRuine d'un mur d'oppidumAu champ de lavande, le chemin de Majargues nous mène à l’oppidum dont nous approfondissons la visite : il y a vraiment beaucoup de murs écroulés et des pierres partout que nous devons parfois escalader.

Oppidum de Saint-Pierre, Yves Provence

Borne IGN non recenséevue aerienne st pierrePrès du lieu du pique-nique, nous retrouvons la fameuse borne géodésique que l’IGN n’a pas recensée dans sa base de données géodésie ; j’aurai l’explication en contactant un administrateur du site : il s’agit probablement d’une borne posée par les élèves de l’IGN lors de leur stage de formation à Forcalquier.

Oppidum de Saint-Pierre : la borne IGN perdue, Yves Provence

Cabane de pierre sèche au sommet de la colline St-PierreToit de la cabane de pierre sèchePierre percée posée sur le murA quelques mètres, la belle cabane de pierre sèche est entourée d’un modeste jardin ; sur le muret trône une énorme pierre percée ; derrière, se trouve l’ancien village de Majargues dont il ne reste que des ruines de maisons, un lieu pour les chasseurs de pièces et autres objets abandonnés. Ruine de maison MajarguesCependant, sous la végétation, nous repérons une ancienne cave (?) mais pas de trace de l’église Saint-Pierre qui constituait au Moyen Âge, un des trois pôles religieux de ce secteur le long de la Laye, aux côtés de l’église du village actuel de Limans et de l’église Saint-Vincent, située en plaine et désormais disparue.

L’église de Majargues apparut encore à l’époque moderne, attestant au moins de sa longévité. […].
En revanche, l’éminence de Majargues abrita sans doute une fortification médiévale associée à un sanctuaire. Espace religieux et espace politique en pays provençal au Moyen Age (IXe-XIIIe siècles). L’exemple de Forcalquier et de sa région, Mariacristina Varano, Archeologie et Prehistoire. Universite de Provence – Aix-Marseille I, 2011

Vue sur Lure, Yves Provence

LureVéhicule abandonné...Après le pique-nique, nous reprenons notre chemin par Vironges sans oublier de nous arrêter pour le point de vue sur la montagne de Lure. Rencontre avec les champs de lavande, la retenue de la Laye qui brille au soleil, puis, plus incongrue, avec un vieux véhicule abandonné et rouillé.

Ferme des Hautes PlainesAu niveau du domaine des Hautes-Plaines, Yves coupe à travers champs pour retrouver un carrefour de pistes qui me rappelle un lieu que j’ai déjà vu en 2012, lors d’une randonnée à thème sur la résistance : sur les traces de René Char. Yves auréoléDu point de vue dominant la vallée, je me rappelle bien qu’à l’ouest, sur la commune de Simiane-la-Rotonde, un avion anglais avait pris feu en mai 1944 : ses débris s’y trouvent toujours (pour s’y rendre : le crash de l’avion anglais). J’immortalise Yves, tout auréolé de branches, tel le phénix des accompagnateurs.

Point de vue depuis les Hautes-Plaines

Qui s’est aperçu que nous n’étions pas loin d’une cache ?

Laissant le groupe se reposer, nous rejoignons rapidement la crête de Jacques, posée par Whitedogs qui souhaitait que nous admirions le point de vue.

Revest-des-Brousses, village pauvre des Basses-Alpes, a ouvert très tôt sa première école (1601) ; sans doute ses habitants souhaitaient-ils à leurs enfants une vie moins difficile que la leur, eux qui étaient obligés d’émigrer durant plusieurs semaines, à Marseille, Aix ou leurs environs, le temps des moissons, pour gagner leur vie.

Le ViguierPigeonnier du ViguierRetour par le même chemin mais arrêt au lieu dit le Viguier ; la toponymie nous aide : c’est sans doute dans cette maison qu’habitait le juge qui rendait la justice au nom des comtes, puis du roi. En bien mauvais état, mais je peux identifier un  pigeonnier. Selon le site genobco. Pierre de Mathieu du Revest, seigneur de Le Revest des Brousses vers 1450-1531, marié avec Dauphine de Vachères du Revest vers 1450, était viguier. La famille Mathieu est toujours représentée au village.

Coup d’oeil sur le château de Pontevès avant de rejoindre le parking.

oppidum majargues_traceImage de l’itinéraire 13km940, 405m dénivelée (+560, -560), 2h30 déplacement (6h au total)

1Revest : versant d’une montagne privée de soleil

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Dernière modification le 30 Sep 2018

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Limans, les Ybourgues et l’oppidum Saint-Pierre

 

Limans est un petit village des Alpes de Haute Provence agréable à découvrir et connu surtout pour ses nombreux pigeonniers. Pigeonnier de la terre du curé MartinUne rue du villageNous nous garons devant le plus ancien, le pigeonnier de la Terre du Curé Martin : 1553, 15m de haut, 4 niveaux, avec un escalier extérieur permettant d’atteindre le second niveau sans couper la voûte en berceau.

Après la lecture du panneau d’information du parc du Luberon, nous quittons Limans par le GR6 au sud. D’autres pigeonniers en pied sont construits au milieu des champs.

Le sentier circule dans les champs puis monte doucement les dominant bientôt ; à l’approche des Ybourgues, sur le sentier des Vignes, nous saluons les ânes de Provence. Le détour vers le logis seigneurial des  Ybourgues est incontournable ; rétablissons d’abord la vérité sur une confusion fréquente : Limans ne serait pas une commanderie ; la plupart des historiens spécialistes des Templiers en conviennent aujourd’hui, c’est une confusion avec Limaye où Yves nous a emmené en 2015 (Grambois, regarde-moi-venir).
Les Templiers en Provence – Formation des Commanderies et répartition géographique de leurs biens, J.-A. Durbec, Provence historique vol.9, no 35, 1959.
Sur les traces des templiers des Alpes-de- Haute-Provence, Bernard Falque de Bezaure, Mallemoisson (Alpes-de-Haute-Provence) : Editions de Provence, 1996 : c’est l’auteur qui milite pour Limans en tant que commanderie.

Comme les restaurations de cette grande bastide tendent à masquer certaines informations nécessaires à la compréhension du bâtiment, il a été décidé de réaliser une étude monumentale avec l’accord des propriétaires.

La maison est un grand édifice à trois corps de bâtiment qui s’inscrivent dans un carré de 25 m de côté environ, avec trois périodes de construction ; appartiendrait au premier état (XIVe siècle vraisemblablement) le corps central orienté, terminé à l’ouest par une tour transformée ultérieurement en pigeonnier […].  Le dispositif d’échafaudage est encore bien visible avec des trous de boulins maçonnés, disposés régulièrement sur les façades plutôt austères : seule la façade sud est largement ouverte sur l’extérieur par trois grandes fenêtres à meneau ; avec le percement de longues archères sur les faces ouest et nord de la tour, la fonction originale de la bâtisse est incertaine : résidence seigneuriale, édifice à vocation agricole, ou château défensif ?
L’évêque de Sisteron récupère l’église des Ybourgues et l’hôpital de Lurs par échange avec le monastère de Cruis à la fin du XIIIè. Quelques dizaines d’années plus tard, l’évêché récupère la totalité du castrum des Ybourgues. Peut-être cet évêque a-t-il voulu consolider sa présence par une résidence d’été à la hauteur de son prestige ?

Limans, hameau des Ybourgues, C. Michel d’Annoville, DRAC, 2000
Espace religieux et espace politique en pays provençal au Moyen Age (IXe-XIIIe siècles). L’exemple de Forcalquier et de sa région, Mariacristina Varano, Laboratoire d’archéologie médiévale méditerranéenne, 2012
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Dernière modification le 30 Mar 2016

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** De la colline Sainte-Propice au domaine de Meynes et au jas des vaches

 

Sur une bonne idée de A. Roubaud, fidèle lecteur de randomania – et chanteur dans la chorale acantari, j’ai tenté ce circuit. Autant le dire tout de suite, je pense avoir traversé bien involontairement deux propriétés privées : l’une en bas de la descente de la colline Sainte-Propice côté est, l’autre au Val des Vignes ; dans le premier cas, j’ai débouché sur un carré de vignes que j’ai longé avant de rejoindre la route par un chemin d’exploitation ; je vous propose un itinéraire de contournement sans être tout à fait certaine qu’il soit entièrement public ; dans le second cas, ne sachant si cette partie du Val des Vignes appartenait au département ou à un propriétaire privé, j’ai trouvé un itinéraire de contournement.

La randonnée n’est pas si facile que cela, pas longue mais avec plusieurs descentes un peu raides et caillouteuses dans lesquelles on a tendance à glisser avec les cailloux. Vous passerez plusieurs fois à côté ou sous les pylônes à haute tension mais pour une fois, l’un d’eux vous réservera une surprise plutôt agréable.

L’ensemble des photos de la randonnée

La météo à cet endroit aujourd’hui

Début du sentierDépart sur le chemin du moulin à Velaux, en bordure de forêt. Première étape : la colline Sainte-Propice dont le nom a été déformé puisqu’il s’agit de Sainte-Eutropie, martyre du IIIè siècle, torturée pour avoir refusé de renier le Christ. La piste monte doucement, passe devant la bastide de Pépé, longe les vignes. L’AREMS – Association pour le Reboisement et l’Entretien du Massif de Ste-Propice – restaure les restanques dans les vignes, partie intégrante, et particulièrement esthétique, de nos paysages calcaires. Mur de soutènement pierre sècheBancaus restaurés par ARCEMSIl vaudrait mieux utiliser le terme bancau, terrasse soutenue par un mur. La restanque est à l’origine  un mur transversal construit dans une zone d’écoulement, comme le lit d’un torrent. Fait de pierres sèches – donc non liées –, il laisse passer l’eau tout en retenant en grande partie la terre, en amont. Paul Colombier, secrétaire du Ròdo de Velaurs Restanque dans le vallon de MionExtrait du Bulletin de liaison de Velaux, juillet 2013. J’en ai vu de beaux exemplaires dans le vallon de Mion.

Le sentier menant à l'oppidumLe sentier s’enfonce par un étroit sentier dans la végétation faite de genêts odorants et de cistes cotonneux. D’en bas on peut encore voir un large morceau du mur d’enceinte, les autres côtés de l’oppidum étant protégés par des falaises. J’arrive à l’entrée du site archéologique.

De l’oppidum préromain (Ier siècle av. J.-C.) il ne restait que des traces. Du Ve au VIIe siècle, un habitat se met en place. La plupart des objets trouvés sur le site sont profondément brûlés, même déformés.

Chapelle Ste Eutropie

Abside chapelle

A l’époque romaine ou paléochrétienne, la chapelle Sainte-Eutropie a été implantée : autrefois un haut lieu de pèlerinage, aujourd’hui, une ruine oubliée ; c’est elle que vous pouvez voir au sommet ; 12,60m par 7,40m, constituée d’une abside en cul-de-four s’ouvrant sur la nef unique. Histoire de Velaux, période antique. Vue sur VentabrenUn tour de la colline offre deux points de vue : celui au nord vers Ventabren et le plateau avec l’aqueduc de Roquefavour en fond ; au sud, celui sur Velaux, la tour de guet de l’Arbois.

L’oppidum Sainte-Propice, bob_13

Deuxième étape en sortant de l’oppidum par l’est, d’abord sur la crête puis dans une descente caillouteuse que je redoute toujours. Lorsque j’atteins une piste, en quelques lacets et un raccourci que je n’ose vous recommander, j’atteins une propriété sur laquelle des travaux d’irrigation sont en cours ; je longe les vignes, descends du talus pour rejoindre le sentier d’exploitation qui mène sans barrière jusqu’au chemin en contrebas.

Une pente à 15% !De là, par un sentier autrefois barré, je rejoins le point à 151m d’altitude : une montée particulièrement raide qui n’a rien à voir avec un sentier : j’ai préféré rallonger grâce à un petit détour par la gauche pour que la pente (entre 10 et 16% !) soit moins raide et moins dangereuse.

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Dernière modification le 30 Sep 2018

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