Etang de Bolmon, coucher de soleil sur le Jaï

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Marignane, 1ère partie, étang de Bolmon : endroit bien peu connu, peu engageant au départ à cause de sa proximité avec la décharge. Avec le parking Patafloux souillé de déchets, et à l’autre bout de l’étang les bruits incessants de l’aéroport de Marseille Provence, ça ne donne pas envie d’initier une balade. Il faut persévérer…

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La particularité de cet étang situé dans une zone industrialisé – d’où une pollution du sous-sol aux métaux lourds -, c’est qu’il est fermé par l’étroit cordon dunaire du Jaï mais communique avec l’étang de Berre par des chenaux qu’on appelle bourdigues ; la bourdigue de Châteauneuf, la plus grande, est encore fonctionnelle. Les deux autres sont colmatées. Au moyen âge, on y pratiquait une technique de pêche particulièrement piégeuse. Pêcheurs et bourdigaliers de l’étang de Berre au Moyen-âge, Yves Grava, Gazette des Archives, 1996

En 1448, Gabriel Valory, alors seigneur de Marignane, obtint de René d’Anjou la permission de creuser un canal entre les deux étangs. Ces canaux, les bourdigues (SCHOLASTIQUE PITTON, 1666), […] ont été associés à une technique de pêche consistant à canaliser les poissons vers des chambres de capture à l’aide d’un ensemble de palissades fixes. Les bourdigues permettaient de pêcher 4000 kg de poissons entre juillet et mars.

Les échanges entre les étangs peuvent avoir lieu dans les deux sens, bien que le sens d’écoulement soit la plupart du temps de l’étang de Bolmon vers l’étang de Berre. Etant alimenté en eau douce par la Cadière et le Raumartin, sa salinité varie.

Nous entrons dans une zone boisée qui débouche sur les bords de l’étang ; nous y apprenons que la chasse à la grive est autorisée  ainsi que la chasse nocturne au gibier d’eau depuis des huttes ; en échange les chasseurs participent à la gestion du site. Nous rejoignons l’étang ; à part la digue du canal de Marseille au Rhône qui n’est qu’à soixante mètres de distance, que du bleu et des nuages blancs qui se reflètent dans l’eau. Au loin Sainte-Victoire.

Le canal de Caronte, mis en eau en 1863, relie les eaux du golfe de Fos à l’étang de Berre. L’idée de le prolonger pour atteindre Marseille et son port, […] est avancée dès 1820. Les travaux débutent en 1907. Il est nécessaire de revoir la morphologie des canaux existants (pas assez profonds) et de moderniser leurs équipements […]. L’étang de Berre, endigué dans sa partie sud, rallie Marignane et l’éperon rocheux de l’Estaque, qui sépare la ville de Marseille. En 1927, le tunnel de Rove termine les travaux du canal. […] Mais le 17 juin 1963, un effondrement obstrue l’ouvrage. Jugé dangereux, le tunnel est fermé par deux murs de béton. Le trafic est depuis détourné par la mer, comme à l’origine. Selon le dossier inventaire

Nous photographions un arbre remarquable… en largeur. Avant de rejoindre le sentier, nous remarquons des piquets de bois à peu de hauteur au dessus de l’eau ; serait-ce les supports de quelques nids de ponte pour les canards confectionnés par les chasseurs marignanais ? Quelques piquets, du grillage, quelques clous et de la paille ont suffi à fabriquer ces nids.

Quelques oiseaux que nous aurons du mal à identifier malgré le recours au smartphone mais qu’importe, ils sont là ; beaucoup de canards différents, des mouettes, un cormoran qui étale ses ailes pour sécher au soleil. Nous nous arrêtons à l’observatoire du Barlatier. Nous repérons l’entrée du terrier des ragondins. Nous y apprenons que l’on pêche des daurades, et des muges (appelés mulets ailleurs que dans le sud) qui naviguent entre l’eau de mer et l’eau douce dans une faible profondeur. Au loin les installations industrielles de l’étang de Berre brillent au soleil…

Nous continuons jusqu’à la limite de communes que nous allons suivre ; les Paluns de Marignane sont un ensemble de zones humides inondées l’hiver qui s’assèchent l’été. Après les plots de bois végétalisés plantés dans l’eau (perchoir ou chemin déplacement pour l’entretien du canal ?), un ancien canal en pierres restauré, précédé d’une porte métallique amovible, permet peut-être de réguler les apports d’eau.

[Ces opérations de restauration] consistent à supprimer ou recalibrer les canaux ou drains artificiels créés par l’homme afin de retrouver un fonctionnement naturel des marais (circulation naturelle des eaux, assec estival et réduction des zones profondes à eaux croupies). Selon le Conservatoire du littoral, mars 2009, diagnostic Bolmon

Depuis l’observatoire des Paluns, nous ne parvenons à observer les oiseaux cachés par les herbiers aquatiques. Nous rebroussons chemin et continuons en direction de la station d’épuration de Marignane. Sur le côté gauche de la piste, une plateforme surélevée d’environ 1m50 permet aux visiteurs de prendre de la hauteur pour observer le paysage et la faune sur un site particulièrement plat.

Une piste parallèle à la première, sur laquelle trotte une cavalière, longe les  grands espaces incultes destinés au pâturage (coussous en Provence). Sur le site de Bolmon, ces pelouses steppiques rases sont en partie pâturés par un troupeau de bovins : il n’y en avait pas aujourd’hui.

Lors du retour en ligne droite, un couple d’oies blanches volant bas, passe au dessus de nos têtes. Elles peuvent se nourrir ponctuellement dans l’étang et le canal du Rove comme les canards, les cormorans et balbuzards pêcheurs. Mais elles sont sans doute peu nombreuses. Pas eu le temps de faire une photo.

2e partie, crèche de la chapelle Notre Dame de Pitié : après le repas, direction la colline Notre Dame, seul îlot de verdure au centre de Marignane. Sont exposés des santons grandeur nature qui attirent beaucoup de monde. Depuis le parking, une courte balade mène d’abord à l’oppidum dont les fouilles sont protégées par un grillage.

Habitat fortifié du deuxième âge du fer. Edifié dans le courant du 4e siècle avant J.-C., le site est abandonné au début du 2e siècle avant J.-C. Il se compose de diverses unités d’habitation regroupées en trois îlots représentant quatre phases d’occupation. L’ensemble est ceint d’un rempart flanqué de tours. Le mobilier archéologique comprend surtout des restes de céramique, notamment pseudo attique, amphores massaliètes, vases à vernis noir de l’atelier du Latium. Extrait de Monumentum

La chapelle a été construite en 1636. Sa cloche gravée trône sur l’esplanade. Sa crèche est mise en place par des bénévoles de l’association des Amis du Vieux Marignane qui nous accueillent avec le sourire. Les décors sont installés dès la Toussaint. Les mannequins (1m60) sont habillés de costumes traditionnels par les femmes de l’atelier couture de l’association : couture soignée, visages expressifs à tel point que sur le banc, j’ai cru un bref instant que c’était un homme, un vrai ! Au total, une dizaine de tableaux de la vie rurale marignanaise ou provençale, et une cinquantaine de personnages et animaux grandeur nature. Reconnaitrez-vous le pistachier – valet de ferme à la réputation de coureur de jupon -, le rémouleur, le pêcheur du Bolmon, le meunier, la cardeuse, le berger ? Quant aux rois mages, je ne peux qu’admirer leurs riches habits cousus d’or.
Ouverture du 20 décembre 2019 au mercredi 8 janvier 2020, tous les jours de 14h à 18h.

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Istres entre terre et mer

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Organisées par la Fédération Française des Sports Populaires, les premières marches populaires internationales m’emmènent à Istres que je connais mal. Je n’ai rien préparé sur mon GPS : je n’aurais donc que le marquage sur le terrain ; le temps est couvert, la matinée a commencé par la pluie et pas de copines pour m’accompagner. Trouver une place de parking gratuite devant la mairie demandera de la patience.

J’arrive vers 10h à l’office de tourisme et il n’y a que moi pour l’inscription. Le temps incertain a dû en faire fuir quelques uns. Les deux personnes qui m’accueillent me remettent un plan et un descriptif dont le parcours est représenté au gros marqueur jaune. Le principe des marches populaires est conservé : je trouverai en cours de route deux stands de ravitaillement qui ne figurent pas sur le plan.

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Au pied de la porte d’Arles, deux fontaines basses dites de Saint-Eloi, abreuvoirs pour animaux et approvisionnement d’eau des habitants du Vieil Istres. Les bergers transhumants y passaient autrefois.

Le Portail d’Arles a été édifiée entre 1771 et 1773 à l’emplacement de l’ancienne porte des remparts écroulés. […] De forme légèrement concave, sa face antérieure d’une grande sobriété, est décorée de deux guirlandes fleuries. […] sa clef de voûte est ornée d’un écusson de style Louis XV. D’après l’office de tourisme d’Istres

La chapelle Saint Sulpice datée sans doute du Xe-XIe siècle est fermée à cause des intempéries ; d’art roman provençal, Saint-Sulpice passa sous différents vocables, ceux de la Vierge, de l’Annonciation, de Sainte-Catherine, de la Mère de Dieu et de Notre-Dame.  La chapelle aujourd’hui a pour mission de promouvoir les artistes et les pratiques amateurs. C’est un des trois monuments du département à posséder une lanterne des morts, qui ne ressemble pas aux tours élancées du sud-ouest de la France. La lanterne des morts se situait à l’extérieur, sur la façade à droite de l’entrée actuelle de la chapelle. Sur cette façade, il reste un « trou rond » dans lequel la lanterne reposait. Merci à Luc Fabre, de l’association Les Amis du Vieil Istres pour sa réponse rapide Une randonnée autour de l’étang de l’Olivier, Luc Fabre, 2014, Actilia Multimedia

[…] la chapelle Saint-Sulpice, ne pourra plus tard que renouer avec sa vocation principale […] : celle des veillées funèbres avant l’inhumation. Une lanterne des morts en témoigne. […] Un fanal funéraire brûlait la nuit précédant l’enterrement et signalait la présence d’un mort. […] Un gros cierge au feu purificateur remplaçait les bougies que les premiers chrétiens posaient sur les tombes. Les Amis du Vieil Istres

Le ruban de balisage est identique pour la version courte  ‘Istres, cœur de ville’ et la version longue ‘Istres entre terre et mer’ : c’est à la chapelle que les deux circuits se séparent ; je vais longer l’étang de l’olivier – depuis le XIIIe siècle des cultures d’oliviers bordaient son rivage – surprise par le jet d’eau qui lui donne un petit air de Genève. Le plus haut de France, jaillissant à 50 m de haut.

[…] installé sur un châssis de 6 mètres de côté, immergé à 50 cm sous le niveau de l’eau pour une meilleure intégration dans l’étang. Cette structure métallique, en acier inoxydable, pèse 2200 kilos. La colonne d’eau est alimentée par une pompe […] située à 3,5 mètres sous l’eau. De plus, le jet d’eau est éclairé la nuit par un faisceau de 14 projecteurs. Istres tourisme

Je croise quelques dinosaures dans le jardin méditerranéen, Dinosaur’Istres, inauguré en 2017 pour le plus grand plaisir des enfants. Les quatre dinosaures du bord de l’étang sont vraiment des spécimens aquatiques ; placés dans l’ordre chronologique de leur apparition, accompagnés de textes du paléotonlogue Stéphane Jouve, les dinosaures de l’exposition ont aussi un rôle pédagogique. Pliosaurus, adotodentapus, nothosaurus, tanystropheus n’auront presque plus de secrets pour vous.

Le tour de la colline du Castellan m’amène dans une autre anse de l’étang de l’Olivier où canards et cygnes se dandinent tranquillement ; j’arrive sur le parking privé de la résidence Les Arnavaux : là il faut suivre avec attention le descriptif. [GR2013] La rue Prouvent (et non Proment) porte le nom de l’ingénieur Johan Prouvent qui a creusé le canal de Cascavèu1 (du provençal : grelot, en français : Cascaveau) entre 1650 et 1667 pour mettre en relation les étangs de l’Olivier et de Berre.

Ce fut autrefois un étang salé et fermé où l’on retirait du sel. […] La première récolte connue est datée du 1er août 1540.  […] Mais revenons au XVIe siècle où le sel récolté était chargé au Cargadou […] avant d’être expédié à l’étranger. Suite à l’arrivée du canal de Craponne, les eaux s’adoucirent et la production devint confidentielle […]. Les eaux douces et supplémentaires de Craponne engendrèrent alors des débordements, inondant les bas quartiers et créant des marécages malsains. On prit alors la décision de creuser un canal de 600 mètres pour relier l’étang à celui de Berre dont 400 mètres en souterrain. […] Face à une demande d’irrigation croissante […] on creusa alors le canal de Boisgelin (aujourd’hui des Alpines), toujours alimenté par la Durance. En 1787, il se déversa […] à la plage de la Romaniquette. Suivant vents et courants, la circulation de l’eau entre les deux étangs s’inversait. Les Amis du Vieil Istres, le patrimoine istréen, l’étang de l’Olivier

André qui m’avait emmenée ici en 2018 m’avait indiqué que l’on circulait autrefois en barque dans le tunnel de Cascavèu, reliant les deux étangs. Carte postale extraite de la collection Amis du Vieil Istres

La rue du Redon (du prov. redoun : grosse sonnaille suspendue au cou des béliers conducteurs) traverse le petit parc de la Romaniquette avec sa gloriette jusqu’à la route où le moulin de Cascavèu (1834) domine l’étang de Berre. Il fonctionnait avec le canal de Boisgelin. Pour rester dans le ton, la commune a nommé les allées de ce quartier avec d’autres bruits : allée de la Claparde (du prov. clapardo : grande sonnaille suspendue au cou des chevaux et mulets), de la Clarine (la plus petite des sonnettes à moutons). 200 m à gauche, détour vers le belvédère de Suffren.

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* L’ermitage de Cucuron par Vaugines

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Inspirée d’une page pleine de grandes photos, trouvée sur le site de belrando (merci Muriel), cette randonnée a toutes les caractéristiques que j’apprécie : des tronçons variés en terrain et paysages, des centres d’intérêts nombreux et provisoirement, de faibles difficultés techniques.

J’ai eu un peu de mal à trouver une place de parking en ce dernier dimanche de janvier. Je commence par une petite boucle à l’intérieur du village, côté sud-est.

Near Cucuron village, Serge Robert

Fontaine de l'obélisqueTour de l'HorlogeBeaucoup de ruelles anciennes ; les fontaines portent toutes la mention « eau d’agrément non potable » ; l’horloge et la cloche de la ville ont été ajoutées vers 1540 sur une tour de la première enceinte médiévale ; le beffroi d’aujourd’hui à trois étages est surmonté d’un campanile du XVIIè dont le clocheton sert de support à une croix. Sous cette croix, un ornement en forme d’insecte, un charançon, était sensé protéger les récoltes de céréales. D’après Cucuron-Luberon.com. La fontaine de l’obélisque au bassin hexagonal, porte six mascarons, six têtes féminines dont la bouche recrache l’eau. Une pancarte rappelle qu’il était interdit de salir l’eau de cette fontaine, en y lavant son linge par exemple. Place de l'arbre de maiEglise ND de BeaulieuAprès la belle place caladée qui accueillait l’arbre de mai, j’entrevois l’église Notre Dame de Beaulieu : énorme portail orné d’un tympan à décor géométrique, nef romane, chapelles ajoutées au XVIè. A l’intérieur, un bas-relief en marbre de l’Assomption attribué au sculpteur Pierre Puget et le reliquaire de Sainte-Tulle, patronne du village.

Le Mai à Cucuron, Pierre CrouxLe Mai de Sainte Tulle […] est la fête la plus traditionnelle du village : […] elle résulte d’un vœu que la population du village a fait lors de la grande peste de 1720. Pour supprimer ce fléau […], les habitants promirent à Sainte Tulle de lui consacrer […] un peuplier aussi haut que l’église. Illustration de Pierre Croux dans son ouvrage Rebelote

L’orgue Marchand très ancien et rare, dont il ne reste que 4 jeux (1614, restauré plusieurs fois) a attiré le grand organiste Gustav Leonhardt en 2001 lorsque le directeur du prestigieux Festival International de la Roque d’Anthéron y organisa son concert annuel.

Portail GinouxLavoirJe passerai devant deux des six anciens lavoirs de Cucuron alimentés par les sources du Luberon. Le premier du XIXe siècle est situé sous l’angle Sud-Est de la deuxième enceinte, couvert par un appentis porté par trois piliers de pierre ; le second à l’angle de la rue de l’Annonciade et du moulin à huile ; ils possèdent encore leur barre de suspension pour le linge. enceinte médiévaleFace au portail Ginoux, les enseignants ont de quoi faire un cours sur les fortifications médiévales ! Au pied de la rue du moulin à Huile, en levant la tête, vous verrez l’enceinte et les ruines du village primitif.

GR97 sentier des vignesJe quitte maintenant le village par la route de Vaugines puis rapidement par le chemin Sourd qu’emprunte également le sentier balisé des vignes. Entre champs et résidence, au calme, je rejoins le village de Vaugines ; GR97un couple s’arrête brusquement pour observer un faisan sautiller devant eux. Je tenterai en vain de le capturer avec mon appareil photo tout en prêtant un peu d’attention aux racines et aux bosses rocheuses du sentier ; Le village de Vaugines depuis le sentier champêtredu sentier champêtre, le village de Vaugines apparaît sur son piédestal. Au carrefour suivant, un vaste bassin recueille l’eau du ruisseau de Laval.

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