Sentier du petit patrimoine rural du Paty

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Après la visite du manoir hanté de la Pré Fantasti (esperit fantasti en provençal), j’enchaîne avec le sentier du petit patrimoine rural du Paty1 ; la voiture reste garée au parking du Lauron.
Jusqu’au début du XXè, les collines étaient cultivées ou réservées aux troupeaux. C’est à la recherche de ces témoignages que nous partons.

L’ensemble des photos

Le début et la fin de la boucle se rejoignent près d’un mur de soutènement en pierre sèche ; au carrefour vers la première variante, je tombe sur un petit ouvrage en pierre sèche qui ressemble aux guérites ayant servi d’abri aux sentinelles en faction le long du mur de la peste ; puis une belle cabane en pierre sèche située près d’un ancien parc à moutons devant laquelle on devine un jardin ; un grand pierrier témoigne sans doute d’une ancienne construction aujourd’hui écroulée.

Le sentier va maintenant monter dans les bois ; je ne repérerai pas la totalité des curiosités annoncées sur le panneau mais n’y pense plus dès que je suis en vue du lac du Paty.
Espérant pouvoir m’approcher du bord, je descends dans une pente un peu raide mais surprise, un grillage ferme l’accès au barrage. Je remonte, doublée bientôt par un chien fougueux qui rejoint son maître. Sur l’autre rive, trois personnes installées pour une partie de pêche. A l’une des extrémités du lac, la fameuse écluse conçue par le père jésuite Morand pour alimenter les quatre moulins de Caromb, le plus haut ouvrage maçonné de France à l’époque (1773), aussi lourd que la tour Eiffel. Les pierres de taille n’en sont que l’habillage : l’intérieur est en terre et tout-venant, construit comme une restanque ; l’eau entrait dans le mur pour s’écouler ensuite à travers le plafond crépiné de la galerie du bas. Le lac de Paty n’est désormais utilisé que pour les loisirs et la pêche.
En 1999, le service municipal du barrage est créé et assure l’entretien régulier de cette construction particulière, encore unique en France.

Les archives municipales précisent qu’en juin 1762, on décide de faire dresser un devis pour établir cette écluse au Paty, qui retiendrait toutes les eaux de source. […] Le vice-légat, pour l’exécution d’un tel ouvrage, accordera son autorisation à la condition que le père Morand, ingénieur expérimenté, soit l’auteur du projet.
En octobre 1762 […] : Le projet du père Morand prévoyait trois vannes mobiles superposées pour la distribution de l’eau en été, et celle du fond, la plus basse, pour effectuer les vidanges et faire évacuer les boues.
En août 1763, on va poser des affiches dans les villes du Comtat pour la mise aux enchères de l’écluse. On nomme un inspecteur des travaux, payé trente sols par jour.
[…] On fait élever un jas sur la montagne du Paty et on fait mettre aux enchères, à concurrence de cinquante livres, la construction d’un four au-devant du jas.
Les travaux durent deux ans (de 1764 à 1766). En juillet 1764, le travail de l’écluse a commencé et il y a aussitôt contestation avec l’entrepreneur sur la solidité des pierres de taille des revêtements intérieurs et extérieurs. […]
En novembre 1766, l’entrepreneur de l’écluse du Paty réclame une augmentation pour agrandir une guérite et réparer des dégâts causés par les eaux. L’écluse du Paty a été mal construite (juin 1767) et l’eau se perd dans les jointures et fentes de la muraille : le retard de sa construction cause un grand préjudice.
La dépense prévue au devis initial était de 36000 livres, elle atteignit alors le double, soit 60000 francs.
En juin 1768, la communauté intente un procès à l’entrepreneur de l’écluse pour malfaçon des travaux. On décide de surélever l’écluse du Paty, le 19 mars 1769.
En janvier 1772, un chaudronnier spécialiste […] place une «palette» ou «soupape» que l’on peut ouvrir ou fermer aisément par serrure. [..;]
En mai 1773, les consuls vont sur les lieux de l’écluse pour surveiller et hâter les travaux de surélévation du massif, pour alimenter les moulins. […]
En septembre 1784, des vandales forcent la serrure ou palette de l’écluse et l’eau se répand au préjudice de la ville. Le mois suivant, on constate un fort envasement de l’écluse, car on a négligé de réserver un puits (“coup perdu”) à la base de l’ouvrage et l’eau a fortement diminué. […] On dépense 1000 livres à cet indispensable ouvrage.
On élèvera une statue à la mémoire du père Morand. Extrait de l’histoire de Caromb par J. Gallian

Autour du Paty 2 : la grimpette, ilagaris

Pratiquement arrivée au sommet de la randonnée, un paysage noir, tristement consumé par le feu, s’étale devant moi ; les branches noircies et dénudées sont telles des bras maigres qui appelleraient au secours, les arbres sont déracinés. L’incendie n’est pas vieux ; en effet, c’est en août 2016 qu’il s’est déclaré. Dans quelques années, une autre formation végétale constituée de chênes kermès, d’arbustes aux feuilles persistantes et ou coriaces viendra remplacer la forêt primitive de chênes verts dégradée par des incendies.

Le panache de fumée est visible depuis tout le Comtat venaissin. Sept aéronefs (Canadair, Tracker et Dash) sont à pied d’oeuvre dans les airs pour aider le travail des pompiers au sol, déployés en grand nombre et venus de tout le département. Près de 10 hectares sont déjà partis en fumée. La Provence, 27/08/2016

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Dernière modification le 25 Mai 2017

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Le chemin de l’eau de Gaude

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Départ sur le tout nouveau parking près de Géométhane qui s’agrandit, rendant impossible l’accès à la mine de Gaude dont Claude m’a parlé.

La mine de Gaude, Clodex
Site photographique et documentaire, mine de Gaude

Elle est citée dans le livre de Bagnis que j’ai lu lorsque j’ai parcouru le circuit des puits de mine à Gréasque.

L’ensemble des photos (version courte), les photos de Yves (version longue)

Elle appartient au bassin de Manosque dont les grès calcaires et friables du miocène renfermaient plus de 30 veines [p. 804]. 7 concessions. Le charbon était d’un noir brillant peu cendreux mais quelque peu sulfureux ; malheureusement il s’effritait au contact de l’air et ne supportait pas le stockage. D’après Des compagnies minières… aux Houillères de Provence, Gilbert Bagnis, Presses du service d’arts graphiques gardannais, 1980

Je démarre donc la randonnée sur les traces de l’aqueduc de Gaude ; sa source, inaccessible, est désormais en amont de l’usine Geométhane. Il va falloir ouvrir les yeux car le canal est à peine visible, se présentant comme un caniveau à section rectangulaire couvert de pierres plates. De temps à autre de vieilles bornes, éloignées de 150 à 200m, repèrent son tracé. Quelques ouvertures béantes dans le canal qui n’est plus entretenu, laissent place à des terriers.

Les consuls de Manosque envisagèrent d’amener en ville des eaux du vallon de Gaude, dès 1445. Le prix-fait (devis) de [janvier] 1451 ne fut suivi de travaux qu’après 1491. Ce retard était dû aux contributions extraordinaires pour les troupes royales, que le roi René prélevait sur les communautés pour guerroyer en Italie.
Les eaux de la source de Gaude n’alimenteront la ville qu’en 1497. Selon le comité du patrimoine manosquin

Le chemin passe dans les bois, ondulant en longues bosses ; il longe un champ d’oliviers ; au niveau du clos de Portalès, je passe près d’une propriété privée bien gardée par un chien genre doberman en liberté ; je le sens derrière moi, à quelques mètres et ne suis pas rassurée ; j’accélère, mais il me suivra sur plusieurs centaines de mètres.

Sur le chemin des 4 pans1, des jalons de grès blond local matérialisent le chemin ; une borne un peu moins usée par les intempéries, laisse deviner une paume de main, symbole de Manosque. La plus ancienne représentation de ce blason date de 1559.

Ecartelé d’azur et de gueules, à quatre mains appaumées d’argent, deux dextres, posées une dans chacun des quartiers, les pouces affrontés. Devise Omnia in manu dei sunt [toutes choses sont entre les mains de Dieu]. […] La proximité entre le terme latin manus (la main) et le nom de la ville au Moyen âge, Manuesca, est l’hypothèse la plus souvent envisagée pour expliquer l’utilisation de ces mains. Et pourquoi quatre ? Peut-être est-ce une allusion aux quatre quartiers du centre ancien (Palais, Martels, Payans et Hébréards) ou aux quatre portes de la ville (Saunerie, Soubeyran, Aubette et Guilhempierre). Bulletin municipal de la commune de Manosque

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Forcalquier, découverte de son aqueduc de plus de 500 ans

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22 octobre 2016

Je refais le parcours avec Yves Provence (qui a posé deux nouvelles caches…) et un petit groupe de la communauté Onvasortir. Pour ne pas me répéter, je ne vous signale que ce qui a changé depuis 2009 ou ce que je sais de plus.
* Les photos de 2016 *
Option de départ : au lieu de prendre le GR, j’ai pris le « chemin du milieu », espérant trouver des vestiges de l’aqueduc de Forcalquier ; je n’ai trouvé que quelques vieilles pierres équarries et un tunnel de pierres sous un profond couvert végétal : est-ce lui ?… quand le chemin se termine face à une maison, passer sur la droite à la barrière, dans le champ, et remonter jusqu’au GR6.
Point 3B du livre : les Mourres. Le balisage du GR 6 a été effectué ; un panneau d’information explique la formation des Mourres : il y a 25 millions d’années, sur les rives d’un lac, des îlots de végétation ont incrusté du calcaire ; les « formes » (souvent des champignons) ont un pied en calcaire marneux blanc friable, un chapeau en calcaire gris dur.

Et si on s’éloigne du site spectaculaire des Mourres de quelques kilomètres […] On retrouve cette alternance des couches blanches tendres et dures grises. […] Gabriel Conte propose de lier ces formations alternées à l’arrivée progressive de la mer, tantôt ouverte, tantôt par l’intermédiaire de lacs côtiers. P. Coste

UN PAYSAGE LUNAIRE EN HAUTEPROVENCE AVEC UNE VUE, Thierry9076

Les Mourres, earthcache de fredevils

GR6 au nord de Forcalquier : au point N 43.98629°, E 005.76940° le GR6 traverse une propriété privée ; il faut passer sous la barrière de fils souples.

Entre les points 6 et 7 du livre, cheminement peu visible en sous-bois, guetter les cairns !

Mère des FontainesMère des fontaines : elle se trouve en bordure de route ; l’ancien captage bouché du XVIè se trouve à gauche du nouveau captage fermé par une porte en fer. Il réunissait les puits Saraire et Avril, la source des Templiers, le captage des Pénitents. C’est là que démarre l’aqueduc que l’on retrouve côté gauche du chemin. Il a fonctionné pendant 250 ans, c’est à dire plus longtemps que la plupart des grands aqueducs romains. Extrait du panneau d'informationIl traverse les ravins en souterrain sur des gués appareillés de très grosses pierres. Recherche sur l’aqueduc de la Mère des Fontaines, à Forcalquier, J. Bourvéau-Ravoux, Bulletin n°10, 2007, Patrimoine du pays de Forcalquier
Association Patrimoine de Forcalquier

Merci à Jeanine B. et Janette Q. de m’avoir permis de récupérer en un temps record le numéro 10 du bulletin de l’association Patrimoine du pays de Forcalquier

L’aqueduc de la Mère des Fontaines, Yves Provence

Regard d'entretien (zoom)500 m après la Mère des Fontaines, en levant les yeux vers la colline, vous verrez au loin l’aqueduc dans un bancaù avec un regard d’entretien latéral.

Ce circuit autour de la pierre sèche méritait bien d’être parcouru une seconde fois. L’automne ne porte-t-il pas de belles couleurs ?

Paysage automnal

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Dernière modification le 09 Déc 2016

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De la chapelle Saint-Estève à la chapelle Saint-Pierre à Rians

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J‘étais déjà allée à la chapelle Saint-Pierre située au sommet d’une colline (552 m), en partant du village de Rians à l’est ; cette fois, je pars de la chapelle Saint-Estève située à l’ouest, à la frontière avec Jouques.

chapelle saint-EstèveLe cadre de la chapelle Saint-Estève1 est désormais aménagé pour les pique-niques avec quelques places de parking ; bien avant la christianisation, a été retrouvé puis perdu un autel dédié aux déesses-mères Gerudiatae : Matribus Gerudatiabus, Julia Minia v(otum) s(olvit) l(ibens) m(eritis). D’après le corpus inscriptionum latinarum XII, 505 et Ralph Haeussler, Pouvoir et religion dans un paysage gallo-romain : les cités d’Apt et d’Aix-en Provence. Romanisation et épigraphie, Lattes, 2001. Traversant les frondaisons, les rayons du soleil mettent en valeur la pierre jaune. Intérieur chapelle st estèveEloignée du village, d’architecture romane, avec une nef et une abside semi-circulaire, elle daterait du XIIè siècle ; la porte est couverte d’un larmier mouluré. Il s’agit d’une ancienne possession templière dont on ne sait à qui elle a été attribuée quand les templiers ont été arrêtés. Le notaire Barthélémy de Vaurelhas y était passé en 1308 lorsqu’il faisait l’inventaire des biens de la commanderie d’Aix.

Entrée de la chapelle saint-EstèveC’est ainsi qu’on les [les membres chargés de faire l’inventaire des biens templiers] voit successivement à Saint-Estève du Val de Rians où l’ordre possède une petite exploitation rurale, puis à Rians où, à la suite d’une criée publique, quelques tenanciers font acte de présence.[…] Une fois la dévolution faite, les hospitaliers, […] ont procédé à une fusion des biens du Temple avec les leurs ; […] les granges de la Galinière et de Saint-Étienne du Val de Rians, [sont] absentes du procès-verbal. Dans le premier cas il s’agit sans doute d’un oubli ou de l’utilisation d’une autre désignation […]. Quant à l’autre, certes plus petite [saint-Estève], on ne sait ce qu’il en est advenu. La fin des Templiers en Provence : l’exemple de la viguerie d’Aix, Benoît Bocage, Provence historique, 1999

Les moutons ont trop chaud !Direction la ferme de la Grande Bastide ; les moutons qui ont déjà chaud, se sont regroupés sous les arbres au fond du pré. Je reconnais sur la gauche un pont typique du XIXè appartenant à l’ancien canal du Verdon. Cette route est classée ‘sentier d’exploitation’, voie privée rurale dont l’usage est commun à tous les riverains.

Oratoire saint-FiacreL’oratoire Saint-Fiacre est placé à l’entrée du chemin qui mène à cette ferme de la Grande Bastide ; gravées sous la statue, les dates probables de sa mort et de son décès : 610-670. Dans le premier temps de sa fondation, Fiacre accueille les pèlerins de passage ; durant la seconde étape, Faron accorde à Fiacre la quantité de terre et de bois qu’il sera capable de délimiter, tout autour de sa maison, par un fossé creusé de sa propre main en une journée de travail. Le saint se met en prière, puis marche en traînant derrière lui son bâton qui creuse le sol d’un sillon large et profond tandis que s’abattent de part et d’autre les arbres qu’il touche. C’est le patron des jardiniers, guérisseur des hémorroïdes, chancres et cancers. D’après Fiacre (saint) wikipedia

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Circuit du canyon à Simiane-Collongue

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J‘ai changé mon programme de randonnée hier soir quand je me suis aperçue que l’espace forestier des Quatre-Termes était en niveau noir, donc interdit à la circulation. Pas très loin, j’ai trouvé le circuit permanent de la FFSP baptisé « circuit du canyon » qui a l’avantage de faire deux boucles qui se rejoignent au milieu et que l’on peut donc adapter aux marcheurs ou au temps dont on dispose. L’espace forestier est celui de l’Etoile.

Pylônes haute tensionCette randonnée ne correspond pas à ce que je recherche : peu de patrimoine, des points de vue enveloppés dans des lignes à haute tension qui se croisent et sous lesquelles on passe sans arrêt, des longues pistes forestières sans intérêt, une montée en fin de parcours qu’il vaut mieux éviter aux heures chaudes. Le plus intéressant et le plus aventureux, c’était de parcourir la ligne de crête d’une colline sans nom, contrefort du massif de l’Etoile, entre la Galère et l’Oasis puis les sentiers variés qui terminent le parcours sur la colline de Peycaï.

Chemin du château de GuiHaute falaise derrière les arbresDépart du parking le long de la D59 en centre ville. Je retrouve le chemin de Bedouffe que j’avais déjà emprunté lors d’une précédente randonnée (la colline Peycaï) puis le chemin du château de Gui : de hautes barrières rocheuses font penser à un canyon ; une grotte puis un pont-aqueduc du canal de Marseille. Le trajet continue en sous-bois jusqu’au carrefour de Jean Le Maitre. Asphodeline ? Piste coupe-feuUn raccourci à points verts permet par une sente de rejoindre la piste forestière coupe-feu dont les hauteurs sont bordées de pins penchés par le vent. Tout le long de celle-ci, desséchées, de longues tiges dressées portaient de belles fleurs jaunes (asphodèle ?) à l’époque de leur floraison.

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Le Trou du Loup

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L‘idée, je l’ai prise sur le site de YvesProvence qui aime autant que moi le département des Alpes de Haute Provence. La fontaine de CorbièresJe pars de Corbières, petit village des Alpes de Haute-Provence, près de Manosque. Le fait historique marquant ici, c’est celui de la peste de 1720 contre laquelle les habitants ont combattu avec de bien faibles moyens.

Dans ce village, la peste fut meurtrière surtout entre le 25 septembre 1720 et le 14 avril 1721, en tout, elle fit 140 victimes  sur une population de 400 habitants. Parmi elles, il y eut un des deux consuls qui étaient à la tête du bourg, il fut un des premiers à succomber. Le survivant fit entourer d’une muraille de buissons le cimetière [ndlr : Le bacille étant résistant au froid, les cadavres non enterrés, cas fréquent à l’époque – restent contagieux]. C’est une des mesures prophylactiques qui fut prises à cette époque. Lorsque la maladie se déclara à Corbières et à Sainte Tulle, un blocus allant de Manosque à Beaumont de Pertuis, gardé par 80 hommes, fut ordonné par le marquis d’Argenson. Ils rejoignirent les hommes du régiment de Provence qui avaient pour mission, entre autres, de faire subir une sévère quarantaine à ceux qui revenaient des villages contaminés. Extrait du site Basses-Alpes

Une belle grappe de raisin noirRapidement je longe un champ de vignes où un chasseur fait le gué ; aimablement, il me recommande de rester sur les sentiers. Celui que j’ai choisi est comme je les aime : pas large mais bien marqué, tranquille ; les coups de feu s’intensifient, me laissant penser que le gibier n’est pas loin. Un sentier étroit de chasseursPlus j’avance, plus je me sens seule et plus le sentier disparaît sous l’épaisse frondaison des arbres. Bientôt ça ne ressemble plus à un sentier mais à une sente de sangliers. Et pour couronner le tout, sur la fin, il tourne sans arrêt en larges épingles à cheveux, semblant ne jamais vouloir atteindre la piste du haut. Que de fois je me suis demandée ce qu’il fallait faire si je me retrouvais face à un sanglier ! Là, je stresse un peu et j’accélère ; quand j’arrive sur la large piste, un chasseur m’accueille, prêt à tirer si j’étais un sanglier : « faut pas passer par là ! prenez la piste ! ».

Chiran Mourre de Chanier cime de Barbin Grand MargèsChangement de programme ; je resterai sur la piste du trou du Loup, large, dégagée qui continue à monter. Toujours des coups de feu et progressivement l’apparition à l’Est du Chiran qui forme un V cassé avec le Mourre de Chanier, la cime de Barbin et Grand Margès ; j’atteins 428 m d’altitude, au croisement avec la piste qui rejoint le Trou du Loup (c’est un raccourci possible) et m’y arrête pour déjeuner.

Cairn Sud 04Cairn Sud 04 et témoignageLa piste caillouteuse LUB H03 m’amène au sommet avec le cairn 04 construit par l’association Sainte-Tulle rando qui fêtait ses 20 ans d’existence ; les randonneurs qui viennent jusque là laissent un témoignage de leur passage, une pierre gravée le plus souvent comme au cairn 2000 sur la montagne de Lure ; l’association a aussi participé à la réhabilitation de l’espace incendié. Un des personnages de Le TexierLe plasticien Jacques Le Tixier a réalisé une oeuvre « Et la colline reverdira ». 92 totems de bois taillés à la tronçonneuse, plus ou moins peints en vert, semblent converger en ligne vers le cairn, figures symbolisant des couples, des familles amenées à disparaître un jour. L’artiste ne s’inquiète pas de la disparation progressive de son oeuvre. Sur Calaméo Sainte-Tulle info n°4 janvier-février 2013.

Oliviers le long de la pisteLa ferme de Beaumont sur la piste LUB04Retour par une belle piste le long de champs d’oliviers ; elle traverse un hameau au bout duquel se dévoilent la ferme de Beaumont et sa vieille éolienne. Puis c’est la forêt de Corbières. Les terrains de chaque côté de la descente se désagrègent : Un rocher récemment écrouléUn rocher récemment écrouléon reconnait facilement des conglomérats de galets et roches diverses soudés entre eux. Un gros bloc s’est récemment écroulé, laissant béante une plaie de terre rouge.

Le Trou du LoupLa réserve d'eau derrière le barrageLe torrent de CorbièresL’eau de la retenue du Trou du Loup sur le torrent de Corbières est d’une drôle de couleur vert olive (présence d’algues ?) ; sa surface frisotte avec le vent. Le torrent a un régime hydrologique méditerranéen, c’est à dire avec un étiage sévère pouvant subir des crues éclairs. Je n’ai rien trouvé sur ce modeste barrage. De l’autre côté, les plages rocheuses du torrent invitent à la baignade.

Fontaine creusée dans un troncSource du TarnaudN’ayant pas regardé avec assez attention les photos de Yves Provence sur le Trou du Loup, je suis passée à côté de la source du Tarnaud et de sa rustique fontaine creusée dans un tronc d’arbre. Quand on est au barrage, il suffit de descendre 3 marches qui descendent vers des feuillages, coté sud. Ce sont donc ses photos que je vous propose.

Pont aqueducregard d'entretien d'un aqueducPassage raviné au dessus du videLe sentier longe une canalisation plus ou moins mise à nu par l’érosion ; d’abord un pont-aqueduc, puis quelques regards d’entretien confirment l’existence d’une adduction d’eau : exutoire du canal de Manosque ? le sentier, utilisé probablement  pour l’entretien du canal, s’élève progressivement au dessus du torrent ; l’un des passages au dessus du vide est réduit à sa plus simple expression. Prudence !

Eglise de CorbièresJe mets les mains dans un dernier passage en pente raide dégradé par les pluies ; en quelques sinuosités, et un tâtonnement, je retrouve les champs de vignes de Corbières.

Une randonnée sur des entiers variés sur lesquels on ne s’ennuie pas. En période de chasse, préférez la piste du Trou du Loup dès le départ de Corbières.

Image de l'itinéraire14km800, 180m dénivelée (+700, -700), 5h40 au total, 4h déplacement seul

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Les moulins de Fontvieille

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Je teste aujourd’hui un circuit décrit dans le livret de la collection testLes plus belles balades & randonnées en France, à la campagne, Coll., Glénat, 2013 – 5€. J’avais été fortement impressionnée par les promesses de ce guide mais déçue par la première balade sur le terrain le jas d’Estelle et celui de Simon ; aujourd’hui je découvre celle des moulins de Fontvieille1, dont je connais une partie des centres d’intérêt.

J’ai choisi de me garer sur un parking public près du château de Montauban ; j’aurais pu choisir celui qui est à l’intérieur du château mais n’ai pas trop aimé la contrainte de l’heure de fermeture (17h30 en hiver et 19h en été). Le circuit Daudet longe le mur de pierres du château par une voie charretière (borne 7), romaine assurément, sur laquelle on reconnait nettement le passage des chariots transportant les pierres ou le blé. A ne pas confondre avec une voie à ornières qui peut être comparée à des rails de tram : le guidage des roues des chariots se fait au moyen de rainures que l’on a taillées dans le sol rocheux (un bel exemplaire se trouve à Pélissanne). La coquille Saint-Jacques du panneau rappelle que le chemin de Saint-Jacques de Compostelle passe par ici ; quelques points numérotés du parcours Daudet signalent des points d’intérêt (borne avec un numéro et le symbole d’un moulin) dont je n’ai pas le descriptif ; par exemple la borne 8 est placée près d’un canal d’irrigation. L’office du tourisme, que je remercie vivement, a accepté de me donner quelques indications sur ce parcours qui n’est pas encore édité officiellement. Je vous en dévoile quelques unes.

La piste forestière monte progressivement sur les crêtes en traversant une forêt de pins assez clairsemée. De multiples chemins de traverse sont autant d’erreurs possibles mais le guide précise bien la couleur du balisage qu’il faut bien chercher parfois. Au sommet, le point de vue annoncé n’est pas très spectaculaire ; à la citerne, je tourne à droite comme indiqué et traverse une première oliveraie. Là où il peut y avoir confusion c’est quand l’auteur écrit …elle coupe une autre piste puis longe une seconde oliveraie à droite ; si l’oliveraie est à droite, il faut tourner à gauche ; peu importe la piste que vous prendrez, les deux chemins mènent au même endroit. Presque toutes les olives noires des champs d’oliviers ont été ramassées ; grimpés sur un escarasson, quelques travailleurs terminent la cueillette à la main.

A la descente, au niveau du canal, la piste longe la route en larges zigzags ; au carrefour de pistes, je rejoins la route en traversant un petit pont sur lequel sont peints des traces de balisage. Après quelques centaines de mètres sur la route, l’aqueduc romain, plutôt les deux aqueducs romains, offrent une belle ligne de vestiges : des morceaux de piliers, le radier, des arches écroulées ou encore en place. En le suivant sur la droite, j’arrive dans le radier, entouré de deux piédroits gardant les traces d’escoude à l’endroit de la pierre percée. Dominant le vallon, à mes pieds sur une pente raide, les ruines des moulins de Barbegal, une véritable usine romaine composée de deux séries de 8 moulins séparées par un escalier central.
Un visiteur termine la visite guidée qu’il a offert à ses amis ; il me laisse une carte des aqueducs ainsi que la photo de la maquette des moulins, visible au musée de l’Arles Antique. C’est vraiment plus facile de décoder le site avec ces documents en main. Ce musée abrite désormais un trésor national : la barge romaine restaurée.

En savoir plus sur la barge romaine Arles-Rhône 3

Les aqueducs et moulins de Barbegal, theFunCouple

La meunerie romaine de Barbegal : 61m de long, 21m de large, sur une pente inclinée à 30°. Construits probablement sous le règne de Trajan (vers 100 après J.-C.), pendant l’apogée d’Arles, les moulins ont produit la farine dont la ville avait besoin. Fin de son utilisation : 260/270.

Le bassin de convergence, découvert en 1990, assurait la convergence de deux branches de l’aqueduc d’Arles, avant la construction des moulins.
Le bâtiment de la meunerie était enfermé dans une enceinte. Tout en bas de la pente, le mur sud délimitait une avant-cour où aboutissaient les émissaires évacuant les eaux qui avaient actionné les roues des moulins.
De chaque côté, vers l’extérieur, huit biefs2 étaient aménagés l’un au-dessous de l’autre, […] actionnant seize roues. Entre l’escalier central et chaque bief étaient édifiées les chambres3 abritant les mécanismes de mouture. Selon les niveaux, la meule se trouvait à l’étage supérieur ou inférieur de la chambre. Dans les chambres inférieures, le fond du bief était au niveau de la fosse du moulin et les meules étaient placées sur un étage supérieur ; la transmission se faisait de bas en haut. Les biefs étant en surélévation dans les chambres supérieures, la transmission se faisait de haut en bas et les meules se trouvaient au-dessous de l’engrenage. […] Une goulotte de bois amenait l’eau en avant de la roue. Elle tombait dans les augets4 (« par en dessus »), qui, une fois remplis, faisaient tourner la roue par leur poids ; la rotation s’effectuait dans le sens du courant. Selon P. Leveau site Traianus.net

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Dernière modification le 22 Juin 2016

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La Candolle par le GR 2013

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Autrefois le parcours passait par le monument romain, le Pennelus, en haut de l’escalier qui débute près de l’église de la Penne sur Huveaune, dont la construction remonterait à la fin du Ier siècle av. J.-C. Le Pennelus a été inscrit le 12 juillet 1886 à l’inventaire des Monuments historiques de France. Notice Patrimages. Le sentier désormais inclus dans une propriété privée, est piétiné désormais par un troupeau de chèvres du Rove.

Au dire des gens du pays et même de plusieurs écrivains, ce monument appelé Pennelle est un tombeau élevé à la mémoire d’un général romain, mort pendant le siège de Marseille par Jules César. Extrait de Répertoire des travaux de la Société de statistique de Marseille…, Société de statistique de Marseille, Éditeur : [s.n.?] (Marseille, puis : Valence), 1872.

Elle aurait servi ensuite de vigie, de fortification militaire. Sa fonction n’est pas clairement connue. Pour certains il s’agirait d’un ancien tombeau, pour d’autres un monument érigé pour célébrer une bataille romaine ou un mausolée. La cuve anépigraphe du mausolée de la Penelle a été transportée au prieuré Saint-Jean de Garguier. Gallia, 1964, vol. 22.

Je passe sous l’aqueduc de la Candolle, un des nombreux édifices du canal de Marseille. Il se compose de seize arches, mesure 122 mètres de long et jusqu’à 12 mètres de haut. Il a été construit à La Penne-sur-Huveaune en 1866 et sa mise en eau eut lieu en 1873 ; il conduisait l’eau de la Durance sur les terres agricoles de la Commune.  L’aqueduc de la Candolle, d’après l’office du tourisme.

Départ sur une piste forestière large et facile puis le sentier s’échappe sur la gauche, étroit et pierreux. Quand le tracé jaune se sépare en deux, un Y peint sur la roche invite à accéder par la droite à un spectaculaire surplomb au-dessus du vallon des Escourtines. Mais moi je vais à gauche vers la Candolle, croisant alors le GR 2013.

Pendant toute la montée, les bruits de la ville et de la vallée m’accompagnent : peut-être est-ce tout simplement parce que le sommet de la Candolle n’est pas très élevé (404m). Le sentier grimpe et vire sur les cailloux ou entre les rochers de calcaire blanc. Dépassée par un animateur qui prépare une grande randonnée pour ses adhérents, je m’aperçois qu’il a la même bible que moi : le GR 2013 Marseille-Provence, sentier métropolitain autour de la mer de Berre et du massif de l’Etoile, Cercle des marcheurs, excursionnistes marseillais, comité départemental de la randonnée pédestre des Bouches-du-Rhône, Editions Wildproject et FFR, 2013 ; nous discutons de son projet : aller de la gare de Saint-Marcel à la gare d’Aubagne par le GR 2013 puis revenir en train sur Marseille. Cela lui permettra de faire ses 21 km dans la journée. Sous la barre calcaire, le sentier se rétrécit, passe en corniche, puis semble s’interrompre sans que je trouve de traces à suivre. J’escalade les rochers (que faire d’autre ?) puis cherche vainement le GR 2013 ; intuitivement, je passe là où ça me semble le plus facile et le retrouve jusqu’au plateau près du sommet. Curieux de trouver là un endroit presque plat avec quelques arbres, un petit aiguier et la possibilité d’escalader la Candolle moyennant quelques mètres de dénivelée supplémentaire. Pause repas avant la redescente.

Descriptif de la randonnée par Loulou la Cigale

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La réserve de Fondurane

Publié le Catégories ----- * Pays de Fayence 83, 83 Var, Rando familialeMots-clés , , Laisser un commentaire sur La réserve de Fondurane
 

Le matin j’étais au castrum de Pibresson ; cet après-midi, je profite d’être dans le coin pour visiter la réserve de Fondurane1 (Montauroux), zone humide artificielle située au fond d’un des bras du lac de Saint-Cassien, où il devrait être possible d’observer des oiseaux. Du moins c’est qu’affirme mon topo-guide le Var … à pied, FFR, 2005. Grâce au barrage construit en 1964, l’eau alimente les communes du littoral et fournit l’énergie à l’usine hydroélectrique.

Je pars du parking de l’américain déjà bien plein : il fait chaud, la plupart des promeneurs rejoignent le bord du lac. Je reprends la route par laquelle je suis arrivée puis le PR qui passe devant le parking de la réserve. C’est peut-être mieux de se garer là, d’ailleurs. Je découvre sur un des panneaux qu’il existe un parcours numérique accessible aux possesseurs de smartphone ; cet outil, habituellement associé aux forcenés du travail qui veulent être joignables partout et ne rien rater de leurs rendez-vous, peut se révéler être un outil de loisirs (j’y consacrerai un article prochainement) ; j’en profite pour lire le QR-code de l’affiche qui m’ouvre une page web du pôle touristique Estérel-Côte d’Azur baladazur : Cap nature à Fondurane m’est proposé en téléchargement ; moyennant que le GPS de mon smartphone soit en fonctionnement, je disposerai des informations sur les points du parcours prévus. Pour se rendre d’un poste à l’autre, il faut suivre les balises numérotées, placées à chaque intersection de sentiers.

Ce sentier numérique environnemental vous permettra de découvrir la réserve biologique de Fondurane, située en pays de Fayence, au bord du lac de Saint-Cassien. Au travers de 12 postes thématiques disséminés sur ce sentier, vous découvrirez la faune, la flore, la pêche et les différents milieux de cette réserve ornithologique, grâce à des vidéos et des bandes-audio. baladazur

Très rapidement du côté où la rivière Biançon se jette dans le lac, une zone humide bien calme apparait : aucun oiseau en vue. En été, seuls le crépuscule et le coucher du soleil sont favorables à l’observation. A nouveau un bout de route puis une piste DFCI dans le vallon de la Carpenée. Je tombe sur la première borne la numéro 5 « les chênes » (hum ! je ne vais pas dans le bon ordre…). Là j’apprends que le rare chêne crenata est un hybride entre le chêne liège et le chêne chevelu. Son écorce est moins épaisse que celle du chêne liège et légèrement crevassé. Le reconnaîtrez-vous ? Parmi les autres plantes remarquables, Potentilla micrantha, Tilia cordata, et Genista sagittalis, selon le compte rendu de la sortie ABMS

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Mais qui donc est tombé dans la marmite de la Traconnade ?

Publié le Catégories ----- * Aix et Durance, 13 Bouches-du-RhôneMots-clés , 3 commentaires sur Mais qui donc est tombé dans la marmite de la Traconnade ?
 

Par ordre alphabétique, je vous présente la bande de dix chercheurs passionnés par l’aqueduc romain de la Traconnade (aqueduc romain passant par Jouques, Peyrolles, Meyrargues, Venelles, Aix-en-Provence, 30km environ). Voir l’article ci-contre paru dans la Provence le 25/02/2012, rubrique Pays d’Aix, Venelles. De gauche à droite sur la photo : Daniel, Nicole, Alain et son épouse.

J’ai connu Alain B. par mon blog ; il me signalait avec tant d’aplomb une erreur dans le nom d’un oratoire que je me suis demandée à qui j’avais affaire. J’ai vite compris que ce n’était pas un homme ordinaire… Un puits profond comme ceux de l’aqueduc souterrain de Venelles : il argumente aussi bien autour de la religion, de l’Ukraine, ou de la loi pénalisant le génocide arménien ! Il respecte et défend le patrimoine avec passion : écoutez-le parler de la chapelle Saint-Sépulcre à Peyrolles. Je ne peux que lui pardonner avec le sourire quelques propos parfois extrapolés tant il fait avancer les choses. Sous forme d’un véritable dossier de presse, il collecte depuis de nombreuses années toutes les informations concernant la Traconnade. Il connait tout, et tout le monde.

Bernard F., arrivé dans l’équipe par mon blog, court sans cesse sur le terrain ; c’est l’homme des contacts avec les archéologues et toute personne susceptible d’apporter des informations sur l’aqueduc. Aimable et persuasif, il essaie de rassembler les pièces des puzzles romains. Parlez-lui des arbres déracinés, de la méthode de la fonte des neiges ou du noeud des Pinchinats où il a organisé la prochaine visite de notre groupe ; c’est lui aussi qui me rappelle gentiment de mettre à jour la carte google map des vestiges recensés au fur et à mesure de leur découverte. Je ne parviens plus à le suivre…

Daniel D. a partagé quelques expéditions à vélo avec Alain. Il a toujours été passionné d’histoire surtout Rome et le Moyen-Âge, la mythologie grecque et romaine…  il y a quelques années il a découvert Chabaud et l’aqueduc de la Traconnade, Violaine et St Hippolyte.

Sur mon blog [13770.org] j’ai servi de relais à Jean-Marc Héry pour informer les Venellois de ses recherches sur Chabaud et la villa romaine. (Daniel)

Après plusieurs mois de simples échanges de mails, j’ai enfin rencontré Daniel, le formidable grand-père qu’il est ; l’occasion nous a été offerte par une journaliste de la Provence, sur le thème de la Traconnade à Venelles.

Alain me parle souvent de Jean R., hydrologue, mémoire vive de tous les vestiges aujourd’hui disparus sous les bulldozers. Jean a reporté à la main sur une carte IGN le tracé supposé de l’aqueduc. Après avoir consciencieusement reporté ce tracé sur une carte numérique, j’ai pu vérifier que tous les vestiges trouvés se trouvent parfaitement sur cette ligne ou proches de celle-ci. Un travail de fond qui nous est toujours utile et nous aidera sans doute à en trouver d’autres bien cachés.

Avec ses amis Henri et André, Jean-Claude L. (de l’association archéologique Jarez-Forez) est descendu voir nos découvertes. Sur le terrain, il nous a appris plein de choses (enduits, actus, épaulement sont enfin des mots devenus familiers). De loin, il a continué à nous guider et nous conseiller. Son sujet préféré : les regards, romains bien sûr ! Il travaille depuis des années sur l’aqueduc du Gier et découvre encore aujourd’hui des choses qu’il ne connaissait pas.

Après une demi-douzaine de chantiers de fouilles, une trentaine de sondages […] et de diagnostics, j’ai toujours faim d’apprendre et de comparer ; comparer, voilà le mot-clé; […] La finalité devant être la mise en commun et à disposition ensuite à tout le monde des résultats acquis… (Jean-Claude)

Je n’ai fait qu’une visite de terrain avec Jean-Pierre G. mais il a immédiatement accepté de partager ses connaissances, stimulant ma curiosité par l’envoi de la photo de l’aqueduc à Fontbelle, coupé par l’autoroute ; grâce à lui, la semaine suivante, j’ai pu le retrouver. Il s’intéresse aussi bien au fort de St-Eutrope et les boulets de canon du duc d’Epernon qu’aux dessous de la fontaine d’Aix. Spécialiste des montages vidéos, je parie qu’il assemblera bientôt les photos de tous les morceaux d’aqueduc retrouvés pour n’en faire qu’un de Jouques à Aix.

Marc F., au discret accent étranger, est le plus jeune de l’équipe. Il n’hésite pas à s’enfoncer dans le canal en rampant, à descendre par une échelle dans un regard profond, à prendre des mesures et élaborer des hypothèses dignes des ingénieurs romains. A l’aide d’un logiciel spécialisé, il construit des reconstitutions des lieux qui ont impressionné non seulement le public des journées du patrimoine 2011 à Aix-en-Provence, mais aussi Jean-Claude.

Michel R. l’humour en permanence au coin des lèvres, nous a rendu visite deux fois le même jour que Jean-Claude ; c’est l’homme de l’aqueduc de Fréjus, même sous l’eau où il a observé le trajet de l’aqueduc romain dans sa partie habituellement immergée par le lac de retenue E.D.F. de Saint-Cassien. J’ai tellement aimé ses photos prises à la source Neissoun que je me suis promis de revenir à Mons aux beaux jours. Vous le retrouverez sûrement au détour d’une page Wikipedia ou d’un réseau social. Un parcours atypique, des talents variés, un curieux probablement.

Nicoulina (Nicole)

Tu as présenté notre bande hétéroclite de joyeux « traconniers » passionnés autant que toi par cet aqueduc impressionnant et pourtant à l’abandon dans nos collines… mais tu as oublié de te présenter. Bien sûr, tes lecteurs connaissent les nombreuses randonnées que tu leur as décrites et dans lesquelles tu cherches toujours à allier le plaisir de se promener à la joie d’apprécier les vestiges du passé, […]. Mais ils n’ont pas le plaisir d’apprécier également ton sourire, ta gentillesse, ton dynamisme, ta pugnacité, ta bonne humeur et ton souci constant de faire partager tes découvertes. Il faut ajouter que tu as créé et que tu enrichis constamment la carte des vestiges de l’aqueduc qui présente efficacement la synthèse de tout le travail effectué. […] (portrait collectif)

Partenaire de mes premières expéditions sur la Traconnade avec Alain, Serge R., co-auteur du blog randomania plus,  a pour activités préférées la randonnée et la photographie mais il se passionne aussi pour la géologie, l’archéologie, l’histoire et l’astronomie. Sur le terrain, il observe, étudie puis immortalise les vestiges de la Traconnade sous forme de photos.

Son dernier article : Aqueduc de la Traconnade : plus… de photos

Le point commun de tous les membres de cette équipe ? ils sont marcheurs, copains, bénévoles, donnent de leur temps, se soutiennent, offrent leurs compétences et surtout partagent leurs travaux de manière désintéressée. Une aventure archéologique et humaine.

A méditer :

En archéologie, la vérité d’aujourd’hui n’est pas forcément celle de demain. (Jean-Claude)

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