Carcès, les chutes du Caramy



Une route en rive droite, une piste en rive gauche : c’est cette dernière qu’emprunte le classique chemin de randonnée publié dans le topoguide Le Var à pied qui ne passe plus dans la zone résidentielle ‘le village du lac’ ; à chaque extrémité, un pont franchit la queue de retenue. Elizabeth et moi partons du centre du village ; Carcès me rappelle le récit de cruauté des guerres de religion.

Le comte de Carcès, Jean de Pontevès, à la tête des catholiques combattait les Razats du maréchal de Retz qui s’appuyaient sur les seigneurs d’Oppède, d’Oraison et le baron d’Allemagne. Les deux camps ravagèrent la Provence, brûlant, violant et perpétrant d’autres cruautés. Une partie de la Provence prit les armes et, en peu de jours, soixante-six ‘carcistes’ périrent devant Cuers, quatre cents furent sabrés à Cabasse et autant trouvèrent la mort devant Lorgues. Toute la garnison du château de Trans fut passée au fil de l’épée et Carcès ne dut son salut qu’à l’arrivée, en Provence, de Catherine de Médicis.

Nous nous sommes garées en face de la maison de retraite ; entre le 29 et le 31 de rue Florentin Giraud, il y a une ruelle qui passe derrière la maison de retraite et longe un petit canal le long des jardins des propriétés privées. Quand nous retrouvons la route, c’est pour découvrir la chapelle Saint-Jaume du XIe siècle (Jacques) dont il ne reste que les murs massifs ; le chemin de Saint-Jacques de Compostelle GR653A y passe bien sûr.

La chapelle saint Jaume, Leloulou et Tem77

La seconde chapelle – Notre Dame de Carami – était entourée d’un cimetière pour les habitants ; pendant la révolution, douze familles l’achètent pour la préserver de la profonation. Elle appartient aujourd’hui à la commune. Quelques photos

Chapelle Notre Dame du Carami, Papounet83

Nous descendons maintenant la route qui mène aux bords du lac, en passant devant un mur exposé au soleil : il s’agit d’un apié (XVIIe) – mur à abeilles en pierre sèche dans lequel des niches étaient destinées à recevoir des ruches.

Une flèche orange rustique au sol, indique la direction des chutes du Caramy. Plus on s’enfonce dans les bois et plus on capte le bruit de l’eau ; le sentier s’éloigne, se rapproche de l’eau jusqu’au chutes du Caramy qui dégringole en plusieurs cascades bien difficiles à photographier derrière les arbres. Nous longeons toujours le canal jusqu’à une martelière derrière laquelle quelques pêcheurs sont installés sur les bords du Caramy. Nous en verrons peu au bord du lac, surtout en cette saison. Que pêche-t-on dans le lac Sainte-Suzanne, seule activité autorisée ?

[2008] L’absence de juvéniles [perches] de 1 et 2 étés laisse présager comme pour le gardon des problèmes de survie […] en lien notamment avec les niveaux d’eau de la retenue.
En ce qui concerne le sandre, […], aucun alevin de l’année n’a été capturé et la population est dominée par les individus âgés de plus de 2 étés. Au vu des résultats de l’échantillonnage, le peuplement piscicole de la retenue de Carcès témoigne du mauvais état général du plan d’eau. Le peuplement est déséquilibré et nettement dominé par la brème bordelière, le poisson-chat et le gardon dans une moindre mesure. Suivi des plans d’eau des bassins RhôneMéditerranée et Corse en application de la Directive Cadre sur l’Eau : lac de Carcès

En vue du barrage de Carcès destiné à alimenter en eau la ville de Toulon, je repère les vannes clapets (26,5 m de longueur chacune) avec d’énormes vérins hydrauliques (merci Zabeth d’avoir trouvé le nom !) destinées à l’évacuation des crues. Derrière, une autre vanne permet de vider complètement le barrage.

Le barrage du lac, Papounet83

Le barrage de Carcès est un ouvrage rectiligne en terre, de 14 mètres de hauteur pour 160 mètres de longueur en crête, construit en 1933-1934 […] dès la construction (1933-1934), apparition de tassements du remblai ayant nécessité de modifier le profil amont du barrage ; […] Crue du 25 mars 1956 : 320 m3/s, la plus forte connue depuis 1907 […]. Erosion de la berge rive droite, au débouché de l’évacuateur, conduisant à renforcer les gabions de protection et à réaliser un épi en béton ; […] ; Mai 1993 : visite d’inspection des vannes-toit de l’évacuateur. Constat d’une importante corrosion des structures métalliques ; de juillet 1995 à octobre 1995 : travaux de renforcement définitif de la galerie de vidange de fond. Barrage de Carcès sur le Caramy, CEMAGREF

Des algues filamenteuses blanchâtres prolifèrent sur les berges entraînant l’eutrophisation de l’eau – son appauvrissement en oxygène – et donc la mort des espèces. Elles ne sont pas dangereuses pour l’homme et d’ailleurs ne sentent pas mauvais. Diagnostic de plan d’eau : Comprendre l’apparition des proliférations algales – Application au lac de Carces (83), Dufrèneix S., Dechesne M., Rapport d’étude VERI, 59p., 2010. En été, le marnage1 est important.
Un autre risque c’est la jussied’origine sud américaine – aux belles fleurs jaunes, qui n’altère pas la qualité de l’eau, mais déséquilibre l’écosystème. A Carcès comme dans les Landes, la Vendée, le Poitou… on a opté pour un arrachage manuel, le seul vraiment efficace. Les plans arrachés sont incinérés. Nettoyage du lac de Carcès, FR3-Régions : la jussie qui prolifère dans le lac de Carcès

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Sur le chemin de Compostelle entre Eguilles et Pélissanne



Cette rando du [cf-shortcode plugin= »generic » field= »Date_rando »] est un test pour nous les aixois qui randonnons ensemble depuis longtemps ; si les filles veulent parcourir le chemin de Compostelle du côté de Cahors et Rocamadour, il leur faut tester leurs compétences en matière d’endurance ; c’est donc le GR653A entre Eguilles et Pélissanne que j’ai choisi ; j’en ai déjà parcouru plusieurs portions sur Eguilles lors de randonnées en boucle dont celle du circuit qui passe par deux bornes milliaires proches de Aquae Sextiae.
L’organisation est prévue avec deux voitures dont l’une est déposée sur un parking chasseurs près de la borne milliaire de Bidoussanne (Pélissanne). Pour ne pas répéter ce que j’ai déjà écrit, je vous cite les articles correspondant au descriptif des portions de GR déjà effectuées ; le début est marqué par [GR653A] et la fin par [/GR653A].

Nous partons du centre du village d’Eguilles où le GR653A est d’abord bien indiqué puis nous perdons la marque, ce qui n’a pas d’importance tant que nous gardons la direction sud-ouest vers La Bastidasse, Bouillidous. Les routes ne sont généralement pas très fréquentées et sont bordées de belles habitations comme le chemin des sauriers1 que j’ai suivi en partie dans cet article Sur le chemin poissonnier à Eguilles et Coudoux.
Le chemin du Bouillidou suit le ruisseau du même nom, passe devant les arbres en fleur et les troncs noircis par le terrible incendie de 2017 – que je voyais évoluer avec inquiétude depuis ma fenêtre -, l’éolienne de pompage dans une propriété privée ; à la bastide Prêcheur (partie décrite dans l’autre sens dans l’article Les collines d’Eguilles des Ponteils à la plaine), la route se mue en sentier ; au puits, il vire à gauche et part à l’assaut de la colline par un classique chemin pierreux ; nous traversons le pont au dessus des rails de TGV ; le GR suit la voie de chemin de fer mais nous préférons un autre sentier bien visible en face. Il longe sur 200 m la limite entre les communes d’Eguilles et Ventabren. La piste est large, bordée de quelques pins.

La cabane de pierre sèche se trouve près de l’élevage de chèvres, loin de toute autre habitation. Le GR va suivre à  nouveau la frontière entre les communes : de petites bornes la matérialisent. Nous entendons les coups de feu du balltrap Artemis.

Nous arrivons maintenant à une vaste étendue dénudée, tout en longueur : l’empreinte de l’oléoduc de la société SAGESS Société anonyme de Gestion des Stocks de Sécurité (merci André pour l’info en commentaire) déclaré d’utilité publique en 2006, entre Manosque et Fos. La servitude de protection est large de 18 m, sans doute pour permettre l’implantation future de nouveaux pipelines… Pourquoi ce transport d’hydrocarbures, produits dangereux, n’est-il pas signalé clairement sur le terrain ?

Sur des chemins caillouteux et sans ombre, nous nous dirigeons en direction des ruines du Mazet (Lire Les bergeries des terres gastes, les Brulades à Eguilles) d’où nous avons une vue dominante sur Sainte-Victoire. Le classique mûrier trône devant la bâtisse ; le long abreuvoir alimenté par un puits est toujours là. Il y a quelques années, un berger emmenant un millier de moutons en transhumance, y faisait halte : nous avions échangé sur le travail des chiens. Sous les arbres en contre-bas, nous prenons notre déjeuner. Nous sommes presque à la moitié du parcours.

Nous redescendons vers les Quatre-termes, coupons l’ancienne voie de transhumance des troupeaux d’Arles (impossible à reconnaître si on ne la connait pas) puis la D17 très fréquentée ; peu après, le GR de la carte IGN s’interrompt par un énorme bloc rocheux en travers du sentier : son tracé a donc changé. Nous le retrouvons peu avant de traverser la D67E. La piste est facile et un peu ennuyeuse ; Majo commence à avoir mal aux pieds et nous essayons de l’encourager ; au passage, nous observons quelques curieuses toiles d’araignée suspendues aux herbes, une toile caractéristique en nappe et entonnoir. Ces toiles ne sont pas refaites régulièrement mais raccommodées et elles peuvent durer plusieurs années dans les lieux protégés. De la famille des Agelenidae mais en l’absence de photos de l’araignée elle-même, je ne peux en dire plus (agélène ou tégénaire ?). Identification des araignées à toiles irrégulières en PACA

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Saint-Laurent du Verdon : de Notre Dame au lac de Montpezat en passant par coteau Chiron



Départ de Saint-Laurent du Verdon pour une version conjuguée de deux randonnées du topoguide de la FFR, Gorges, lacs et plateaux du Verdon… à pied : premier circuit Notre-Dame sur Verdon pp. 52-52 et le second coteau Chiron pp. 52-53. J’avais parcouru Coteau Chiron en 2009, gardant le souvenir d’une arrivée au bord du lac dans la glaise collante.  Aujourd’hui le temps caniculaire nous réservera d’autres surprises : température minimale 18°, maximale 36° mais comme Yves a promis un moment de baignade, cela m’a semblé envisageable.

L’album photos

Départ du château ; avec ses quatre tours d’angle et ses deux étages aux fenêtres cintrées, on le date de la fin du XVIIe, ce qui se trouve confirmé par un document rare sur  l’historique de la seigneurie du lieu ; il a appartenu à Claude de Castellane, le second. Tandis que le groupe se prépare, avec quelques geocacheuses, nous débusquons la cache, qui attire la curiosité des voisins.

Saint-Laurent du Verdon (le château), PAPOUNET83

L’eau de la fontaine-lavoir-abreuvoir aménagée en 1647 jaillit à quelques mètres de là, au milieu de la rue qui descend du village ; elle alimente par une vanne le château et les potagers des villageois.
Le mur en retour et l’auvent protègent du vent l’hiver ; les lavandières s’agenouillaient sur les caisses de bois qui les isolaient du sol froid (elles ont été reconstituées à l’identique).

En direction du sud vers le plan Pelissier, après le ravin endigué de la Font de Saint-Pierre, nous atteignons la rustique chapelle Notre-Dame : les seules photos que j’ai pu trouver avant et après la restauration se trouvent sur le site dignois.fr.
Petite découverte des ruines de l’ancienne bastide Bagarris (selon le cadastre napoléonien, 1825) et sa belle voûte. Nous avons tous chaud et la température extérieure continue de grimper.

La chapelle Notre-DameYvesProvence

Au loin le fil du Verdon coule au pied de la colline de Marin Bertoua à Artignosc, côté Var. Le niveau de l’eau est déjà bien bas, alors que nous ne sommes qu’en juin.

Vue sur le Verdon, YvesProvence

Sol caillouteux, garrigue basse qui ne nous protège pas du soleil. Nous longeons la rive droite du Verdon et les gorges dans un parcours sinueux qu’il faut veiller à ne pas quitter. Si le sentier s’approche trop de la falaise, c’est que vous vous êtes trompé.

Belvédère sur le Verdon, YvesProvence

Face à la crique, YvesProvence

Au pont sur le Verdon, Yves me fait remarquer la curieuse forme d’un ancien repère géodésique dont les coordonnées imprécises le plaçaient sur le mauvais côté de la route. La chaleur est telle que les geocacheurs n’ont pas envie de parcourir 100 m de plus pour aller chercher la cache de l’autre côté du pont !

Nous quittons bientôt le premier circuit pour rejoindre le second. Petite discussion en chemin avec un couple de joueurs. Nous nous approchons du plan d’eau d’Artignosc par la route  : je ne vois que trop tard le petit sentier que nous aurions pu emprunter sur notre droite. Pourquoi lac d’Artignosc alors que le plus grand de sa surface se situe sur la commune de Saint-Laurent ?…
Les blés d’or ont souffert de la chaleur et il ne reste que quelques coquelicot flétris.

Le lac d’Artignosc, YvesProvence

Progressivement nous montons sur le coteau Chiron – un nom bien provençal –  par un sentier rocheux, étroit et sec dominant la rivière ; les gorges sont plus hautes que tout à l’heure ; Yves vous propose trois points de vue successifs.

Point de vue sur les gorges 01, YvesProvence

Point de vue sur les gorges 02, YvesProvence

Point de vue sur les gorges 03YvesProvence

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