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Dans les collines farenques


Temps couvert pour cette randonnée qui peut se faire sur une demie journée ou être associée à celle déjà présentée Le castellas de La Fare pour une grande boucle à la journée de 11km600 environ.
La carte des randos à la Fare en pdf.

La météo ce jour à cet endroit :
Avec le vent et la température ressentie

Départ au pied de la chapelle sainte-Rosalie à côté des terrains de tennis, chapelle qui n’est ouverte que le jour de sa fête le 4 septembre. Il est dit que la sainte a sauvé le village de la peste de 1720.

Sa renommée en tant que protectrice de la peste date de 1624 quand ce fléau s’abattit sur la Sicile (elle est fille d’un noble sicilien). Le jour de la fête de la sainte, le 4 septembre 1624, l’archevêque et le Sénat de Palerme mirent la ville sous la protection de sainte Rosalie et aussitôt le nombre de morts commença à baisser, ce fut le miracle de la sainte, créant un véritable culte autour de ses reliques. Une Paroisse Provençale Du XVIe Siècle à La Révolution. Le Prieuré De La Fare, Mireille Bourgey, Editions Sciences et Culture, 1984

L’oratoire de Sainte-Rosalie tout proche, date de 1722, a été restauré récemment. Il porte l’inscription : « Ici la peste s’arrêta en 1720.  Sancta Rosalia ora pro nobis »

Dans Pièces historiques sur la peste de Marseille et d’une partie de la Provence en 1720, 1721 et 1722,…, Volume 1, 1820, nous apprenons que le père jésuite de La Fare, qui, n’avait pas fui, confessait les moribonds ; il tomba malade alors qu’il était chez le premier président du parlement à Marseille, mais guérit..

Je remonte la piste du vallon des Pérussiers, autrefois chemin de Pélissanne, aujourd’hui empruntée par le GR de pays 2013 Marseille-Provence-Métropole ; elle est jalonnée de panneaux sur la botanique comme le chêne vert, excellent bois de chauffage et hôte des truffes. Plus je monte, plus l’étang de Berre montre ses installations pétrochimiques. Au premier carrefour de pistes, celle de droite mène à la vigie et ses panneaux solaires, dans le quartier de la Pile du Renard (+600m A/R). C’est par là qu’il faut arriver pour ceux qui feront la grande boucle reliant les deux itinéraires signalés au premier paragraphe.

Comme l’écrit Florence Verdin (topoguide GR 2013), dans la chaîne de La Fare, juste derrière la frontière avec Lançon, nous sommes en territoire celte : ferme-grenier de Coudounèu (5e av. J.-C.), oppidum de Constantine, site de château-Virant (6e av. J.-C.). Dans La Fare-les-Oliviers, Michel Millet & Félix Laffé, Ed. Equinoxe, coll. Le Temps Retrouvé, 2002, les auteurs citent à La Garanne la découverte de vases de plomb contenant cendres et ossements, et une mosaïque aux Emeric.

Au grand carrefour de pistes suivant (citerne), l’oratoire saint-Jacques m’indique le chemin. De quoi s’asseoir ou déposer sa pierre comme le font les pèlerins en route pour Compostelle. Au loin la vigie André Chauvin d’où le comité des feux de forêts surveille les débuts d’incendie. J’ai cherché qui était cet André Chauvin né à Apt en 1928, mort le 1er avril 2008 d’après le bulletin communal ; c’est Loris, de la Réserve Communale de la Sécurité Civile qui a répondu vite et bien, et que je remercie :

André CHAUVIN est un des premiers bénévoles du CCFF La Fare Les Oliviers, créé en 1980. Il est décédé en 2008 (aux alentours de 80 ans) la vigie a donc été nommée en son hommage.
La piste est large et agréable et emprunte le GR de Pays 2013. Vignes et oliviers sont cultivés sur ce versant sud.

A la borne de pierre (ne dirait-on pas une borne de transhumance ?…) marquée des numéros de pistes DFCI LA103, LA107, je prends le chemin de Lançon puis le sentier des limites séparant les communes de La Fare et Lançon. Ne restent de cette limite communale que des pierres éparses le long du chemin.

En 1891, au prétexte que le territoire de Lançon est plus grand que le sien, la commune de La Fare revendique le territoire à l’extrémité sud-est de Lançon : les Baïsses, la Baumetane depuis 1657 ; certes les habitants du village voisin y font leurs provisions et même s’y font enterrer. Mais aucun titre de propriété ne permet de valider cette demande. Ce serait une histoire de vengeance concoctée par le maire pour une haute personnalité marseillaise s’étant vu refuser l’achat d’un terrain communal lançonnais… L’Echo salonnais, 26/08/1891

Petit aller-retour en direction de la table d’orientation, près de la borne-limite communale n°12, quartier Génie de vassal (?) ; bien placée en hauteur et dominant l’étang de Berre, elle aurait besoin d’être restaurée !

Puis je redescends par une piste de terre fraîchement aplanie au bulldozer. En bas de la pente, l’association forêt farenque a replanté des arbres, un arbre par naissance depuis 20 ans.
Je longe les cultures d’oliviers au pied des rochers ; de manière assez inattendue, le sentier remonte de façon raide dans le vallon du Petit Toni, puis un peu plus loin, par un aller-retour, remonte encore jusqu’à la stèle Charles Galland (panneau directionnel). Un banc bienvenu permet de faire une pause avant ou après la montée. Chef FFI, il fut tué par l’ennemi le 27 août 1944, lendemain de la libération de Marseille. Au pied de l’olivier, je redresse la plaque déposée à côté, tombée par le vent. Cérémonie du souvenir, 2015, La Provence, 4 septembre 2015. Extrait ci-dessous :

Un groupe de 15 soldats allemands, dont un officier, avait quitté Marseille libérée (de nuit) et essayait sans doute de rejoindre le terrain d’aviation de Salon. Leur présence dans une colline farenque ayant été découverte par un groupe de cinq FFI, dont Charles Galland, leur chef, celui-ci s’est dirigé vers l’officier, l’a visé, mais son revolver s’est enrayé, ce qui a permis à l’Allemand de le descendre avec son pistolet. Alfred Braun.
En infériorité numérique, face à des ennemis bien entraînés et bien armés (dont un fusil-mitrailleur), c’est grâce à l’intervention orale d’Alfred Braun (qui parlait la langue de Goethe) que les Allemands se sont finalement rendus.

En pied de vallon un curieux aménagement : une vanne mécanique bleue à volant installé sur un portique, permet sans doute d’évacuer le trop plein d’eau dans cette zone inondable. Il faut remonter à nouveau ce vallon et passer au pied des rochers. Les premiers gros buissons de fleurs jaunes et bleues annoncent le printemps.

Un sentier sur la gauche invite à monter encore jusqu’à la cabane d’Aimé Gariglio ; ne l’ayant pas identifié sur la carte aérienne, j’y ai renoncé : cette troisième incursion tout en dénivelée n’a qu’un intérêt sportif. Puis c’est la redescente dans le vallon de Maxime.

En bas les arbres fruitiers sont en fleurs. Je passe derrière le terrain de tennis puis rejoint ma voiture, près de la chapelle sainte-Rosalie.

Une randonnée sans difficulté, avec une succession de montées et descentes ; à effectuer dans l’autre sens pour avoir les montées les plus raides au début.

Image de l’itinéraire 7km600 2h déplacement seul (2h30 au total), 110m (+302, -302)
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©copyright randomania.fr

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