Esparron de Verdon… autrement



Avec Claude à la manœuvre, on sort forcément des sentiers battus : du hors balisage, des raccourcis dans la garrigue basse où l’on circule à vue assez aisément. Nous sommes trois filles pas très sportives, et notre guide.

Dès le départ, la tour carrée du château d’Esparron émerge du village ; la piste est facile, bordée d’argeiras, à la floraison précoce. Les touffes de lavande grisâtres bien alignées n’ont pas encore pris leur couleur d’été.
Sur le sentier caillouteux, coincées entre les cailloux, de jolies fleurs jaunes parviennent à pousser : du lin jaune reconnaissables à ses fines nervures.

Claude tente une descente vers le ravin d’Albiosc au sud en mode sanglier puis se ravise pour un sentier plus facile… qui nous mène à la propriété privée de la Colle. Face à l’issue incertaine, nous préférons sagement continuer sur la piste balisée et faire un grand détour par l’Est.

Arrivés au camping de la Baume par le petit pont de bois, nous le traversons en suivant le ravin à courte distance. Au fond du terrain, on se trouve un petit coin tranquille dans un champ pour le repas. Claude régale avec sa boisson préférée…

Nous longeons le ruisseau sous les arbres, en petites montées et descentes ; pour raccourcir le trajet, il faut traverser le ruisseau à gué mais il y a pas mal d’eau : soit on traverse à pieds nus, soit on trouve un endroit plus facile. Claude qui a de grandes jambes, se retrouve rapidement sur l’autre rive après avoir vaincu les lianes épineuses ; pour les petites jambes c’est plus problématique. Julie, elle, choisit l’option d’enlever ses chaussures. Puis, à travers champs, au feeling, nous récupérons la piste ; en haut du talus, une croix de bois plantée sur la D82 nous sert de point de repère.

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** Riez la romaine



Riez la romaine, c’est évident qu’une rando à cet endroit ne pouvait que m’intéresser après la passion éprouvée il y a quelques années pour l’aqueduc de la Traconnade et celui du Gier. Grâce à Yves Provence qui y organise une rando avec promesse d’un aqueduc romain, je me rends pour la première fois à Riez. Il fait froid sur le grand parking le long de l’Auvestre, entre le chemin du relais et la rue du faubourg Saint-Sébastien mais les efforts qu’exigent les courtes montées vont nous réchauffer rapidement…

La ville de Riez n’est plus aujourd’hui qu’un chef-lieu de canton de moins de deux mille habitants. Elle fut pourtant, à l’époque romaine, l’une des métropoles de la province Narbonnaise [Colonia Julia Augusta Apollinaris Reiorum, fondée par l’empereur Auguste]. A son apogée, dans le courant du IIe siècle, l’agglomération […] possédait une importante parure monumentale. A la fin de l’Antiquité, elle devint le siège d’un évêché. Elle conservera cette fonction jusqu’à la Révolution […]. Infos patrimoine PACA

En déambulant dans le centre ville, nous passons sous la porte Saint-Sols, devant laquelle trône la fontaine Benoîte, attestée depuis le XVè mais celle-ci date de 1819. Elle servait à tous les habitants, à l’intérieur et à l’extérieur de la ville et même à la monture des voyageurs. Quelques années plus tard, c’est le lavoir qui a été construit ; c’est dans la rivière le Colostre que les lavandières rinçaient leur linge.

Nous poursuivons la montée à la tour de l’Horloge par un long escalier. Au pied de la tour, on se rend mieux compte de sa hauteur impressionnante et de ses défauts de construction : le mur côté rue n’est pas à la verticale jusqu’en bas. Un des derniers vestige des remparts qui protégeaient le village, il abrite une horlogerie vieille de plusieurs siècles, probablement du xvie siècle, et qu’aujourd’hui encore les employés communaux remontent chaque samedi matin.

Riez – La tour de l’Horloge, lapinblanc

La montée continue sur le sentier des oliviers, bordé de panneaux d’information sur l’histoire de cette culture. Enfin nous arrivons au sommet de la colline Saint-Maxime où l’occupation urbaine s’est déplacée entre le IVe et le Ve siècle. La ville romaine avait à gérer des crues très violentes ; l’étude des épaisses couches de galets alluviaux qui recouvrent les niveaux abandonnés de la ville romaine montre que ce repli s’est effectivement produit au moment où les conditions de l’écoulement se sont fortement détériorées. D’après une Etude de géomorphologie.
Du haut de la colline, Claude me montre les colonnes romaines isolées dans le pré mais qui autrefois se trouvaient au milieu d’un complexe romain important.

Saint-Maxime a été évêque de Riez ; Riez, siège d’une évêché, voilà qui peut paraître étonnant quand on la regarde aujourd’hui. Cette chapelle Saint-Maxime, mi-lieu de culte, mi-habitation, construite de 1653 à 1655 en souvenir de la basilique carolingienne détruite en 1596, renferme un chœur bâti sur d’anciennes colonnes antiques. Depuis 1975, les sœurs Clarisse s’y sont établies.

Sur le GR4, des champs à perte de vue, des bouquets de lavande bien taillés sur fond de montagnes au nord-est ; tandis que les geocacheurs sont partis en chasse, je détaille le cabanon des champs, véritable petite maison construite avec des galets ; elle abrite les outils des ouvriers. Nous traversons le plateau puis descendons le chemin de Bontarru sur une bonne centaine de mètres de dénivelée.

Le plateau de Bontaru, julitch

Le château de Campagne (2e moitié 17e siècle ; 18e siècle) dont on remarque les toits de faïences colorées – plutôt caractéristiques de la Bourgogne -, domine la vallée du Colostre. Avec son bâtiment rectangulaire pris entre deux corps, flanqué de deux tours rondes, c’était au XVIIIè l’agréable résidence de Pierre Clérissy, seigneur de Saint-Martin d’Alignosc (anciennement saint-Martin de Rimat) où il possédait également un château. Les Clérissy sont connus pour  être à l’origine  de la production  de  faïence  à  Moustiers  et  à  Marseille. Le portrait de Pierre 1er serait toujours au château. Histoire des faïences à Moustiers.
Certains éléments de ce château sont protégés : les deux escaliers, le salon et son décor, les façades et toitures de l’ensemble des bâtiments de ferme, le pigeonnier, etc. En 1452, la commune de Riez a passé un accord avec le propriétaire Florent II de Castellane pour alimenter la fontaine de la Colonne par un aqueduc en rive gauche du Colostre, à partir des eaux de ce château.

Le pigeonnier situé de l’autre côté de la route a été restauré avec une (fausse) génoise à trois rangs ; les carreaux vernissés ne sont pas là pour la décoration mais pour empêcher les prédateurs tels que les rats, de grimper et pénétrer dans le pigeonnier. Les pigeonniers provençaux, Clodex

Riez – le pigeonnier du château de Campagne, lapinblanc

Après être descendus, il nous faut remonter doucement, sur un sentier parallèle à la route, traverser la route de Riez pour se retrouver au sud : Yves a prévu de rejoindre la piste balisée de Peyronnet. Mais c’était sans connaître les propriétés privées bien protégées par un grillage. Au pied du terrain de motocross, nous sommes contraints de remonter brutalement la piste forestière horriblement raide et caillouteuse ; dur, dur ! au sommet, nous enjambons la barrière souple qui est au sol pour nous retrouver dans la plaine de Milharas. On se croit sauvé mais le plateau n’est que champs protégés. Au loin, le centre émetteur de Roumoules qui diffuse sur grandes ondes le programme de Radio Monte-Carlo (RMC) et sur ondes moyennes les programmes religieux de Trans World Radio (TWR). Ses trois pylônes alignés constituent l’antenne principale qui rayonne vers Brest.

Zigzaguant dans la plaine, longeant les clôtures, nous ne sommes bientôt qu’à 300m de la piste mais plus de sentier ! Yves alors décide de s’en approcher en mode sanglier, à travers un bois un peu dense et des arbustes épineux ; les premiers arrivés se moquent gentiment des derniers qui doivent fournir un dernier effort pour sortir du bois. Ouf ! nous sommes maintenant en bordure d’un champ immense que nous couperons jusqu’à la piste. Cette partie dans la plaine n’est donc pas garantie 100% espace public… – je vous propose un circuit de contournement sur la carte – mais que de sérénité dans cette nature immense, déserte et calme !

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Quinson et les deux sources



Quinson, ce sera ma troisième visite ; cette seconde randonnée, 7 ans après celle du vieux village de Quinson par la Quille, se termine de façon identique (mais dans l’autre sens), par une descente ardue qui n’est pas facile surtout en cette saison, mais elle est mieux balisée qu’en 2009. parking du muséeNous stationnons sur le parking du musée de la Préhistoire et attendons la dernière voiture tout en espérant que le brouillard se dissipera.

Les photos de Yves Provence
Mes photos

A l'assaut de la falaisechemin de la falaiseNous allons monter sur le plateau du Meyas par un sentier raide qui affronte la falaise pourtant sans difficulté particulière ; à mi-hauteur, il se faufile dans une faille rocheuse avant de rejoindre la piste. C’est ce tracé que l’on prend lorsqu’on visite la grotte de la Baume Bonne avec un guide.

Quinson depuis le plateau de Meyas depuis le plateau de MeyasSur le plateau, les panneaux explicatifs ne sont pas tous lisibles mais la vue sur le village à un peu moins de 500m d’altitude, vaut le déplacement. On se rend compte de ce que l’on vient de grimper. Yves renonce à descendre au bord du Verdon pour voir la grotte : de toutes façons elle est grillagée et incompréhensible sans les explications des archéologues.

La table d’orientation où se trouve la cache Quinson #1, la table d’orientation de bob_13, n’est plus entretenue.

ChampGR vers VaudaudurdeDemi-tour pour rejoindre l’imprononçable source de Vaudauduerde ; au bout du plateau de Meyas commencent les grandes étendues ; après la traversée de la route de Riez, la piste grimpe sans arrêt en longeant le lit d’un ravin où s’évacuent les eaux de pluie ; sur la droite, quelques marcheurs ont visité les ruines de Durde datant du XVè ou XVIè. C’est ce hameau qui explique sans doute le toponyme Vau dau Duerde, soit la vallée de Duerde (nom d’un propriétaire ?).

Source de vaudauduerdeLe réservoirUn peu plus loin, à la source de Vaudaudurde aménagée, Yves pose une cache. Un abreuvoir à deux bassins creusé dans la masse, un réservoir voûté et un arbre tout courbaturé, voilà le décor champêtre. Sur le cadastre napoléonien, on voit bien que la source est captée à partir d’un petit affluent du côté de la Bourre.

La source de Vaudoudurde, Yves Provence

Les Mongesvers Poiraque entre deux champsNous revenons sur la piste et la montée continue ; au nord le Chiran et la crête enneigée du Mourre de Chanier. La piste de terre humide traverse des champs à perte de vue, entre lavandes et terres fraîchement labourées. A la Vudèle, Yves attend les retardataires pour rejoindre la source de la Poiraque1, dans un creux, complètement cachée par la végétation. Ensemble complet d’utilisation de l’eau : une fontaine à noria à chaîne et piston (fin XIXè), un lavoir, un réservoir qui recueille le surplus d’eau pour l’arrosage. L’ensemble a été restauré en 2012-2013, grâce aux efforts du Parc du Verdon, de la commune et de l’association Quinson histoire et devenir dont le président n’est autre que l’auteur du livre ci-dessous. S’il n’avait fait si froid, c’est là que nous aurions pris notre pique-nique.

Quinson sur Verdon – Découverte d’un village en Haute-Provence, François Warin, Les Alpes de Lumière, 2002

La source de Poiraque, Yves Provence

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