Rognes est une ville active sur le plan sportif ; avec les copines, nous parcourons régulièrement le sentier vigneron et la randonnée de la courge, occasion de faire le marché toujours bien achalandé.
La météo ce jour à rognes/13 : Avec le vent et la température ressentie
Chaque année, il y a de plus en plus de monde, que ce soit pour le sentier vigneron ou la rando de la courge ; cette année, pour la 12e, il y a tellement de personnes inscrites qu’un parking a été réservé, sur le chemin de la Fanée, près du jardin d’enfants. Nous faisons la queue au stand d’inscription. Avant de démarrer la rando, nous passons par le marché, histoire pour Majo de réserver une courge et pour moi quelques pots de confiture.
Route des Mauvares, nous passons devant l’oratoire Sainte-Thérèse d’Avila dont l’influence spirituelle a été forte au XVIIe. La religieuse, peinte par Rubens, est habituellement représentée avec son habit de carmélite et ses attributs (livre et plume). Biographie.
Il [L’oratoire] date du début du XVIIe siècle, il est dédié à Ste Thérèse d’Avila, mais la statue actuelle est celle de Ste Thérèse de Lisieux… selon l’association Les Amis de Rognes
Sainte-Thérèse de Lisieux, carmélite également, est née plus tard, après la date de construction de l’oratoire…
Nous passons devant le château Bonisson, un des nombreux domaines viticoles. Puis chemin de Saint-Paulin où l’on retrouve la route des Mauvares.
Après un chemin à travers vignes entre Saint-Paulin et le Grand Saint-Paul, nous arrivons au premier poste de contrôle et de ravitaillement, l’occasion de boire un verre. Un seul ! Il doit y en avoir pour tous !
Insensiblement nous passons sur le territoire de Saint-Cannat, dans la chaîne de la Trévaresse ; nous entrons dans les bois où s’est installé le 2e poste de contrôle, débordé, avec les pompiers des Bouches-du-Rhône dans un camion aux couleurs de l’Ukraine. C’est qu’ils ont repeint leur camion pour leur mission en Ukraine. Les gens font la queue, beaucoup abandonnent ou se montrent de méchante humeur ; nous persistons pour le fromage de chèvre de la ferme de Brégalon puis nous pique-niquons.
Direction le vaste domaine privé de l’Etape qui a autorisé notre passage sur un sentier qui le contourne en sous-bois. Passage au dessus d’un tronc d’arbre, le long d’un long grillage, puis au-dessus de l’ancien canal du Verdon(on ne s’en est même pas aperçu !).
A la citerne, je reconnais la longue ligne droite à la sortie du circuit de la fontaine de Doudonne qui rejoint la D18 que nous traverserons un peu plus loin pour rejoindre, sur la commune de Lambesc, le domaine de Saint-Suffren qui réserve quelques surprises.
Les bords de l’Arc ne m’ont pas laissé un bon souvenir mais cela date de vingt ans ; je sais que la commune a aménagé et entretenu les bords de la rivière ; j’y retourne après un épisode pluvieux, d’où la couleur de l’eau… Stationnement au Pont de l’Arc sur le parking face au parc Indian Forest, payant désormais en semaine.
Je rejoins rapidement le sentier après avoir traversé le pont menant au parking Krypton puis passé en dessous où un couple a installé gite et couvert ; le sentier suit désormais la rivière dont la couleur est peu engageante. Cette première partie est assez bruyante car elle longe plusieurs voies de circulation dont l’autoroute A8.
Le seuil sur l’Arc a peut-être été bâti pour fournir de l’énergie au moulin du Pont de l’Arc ; de l’autre côté de la rive, un mur a été taggué. Le béal du moulin qui longeait la rivière jusqu’au delà de la frontière avec Meyreuil, passait-t-il derrière ce mur ?
Quelques canards tentent de remonter la rivière. Dans le premier méandre, entre l’Arc et le béal, début XIXe, il y avait un autre moulin et un peu plus loin, un pilier de pierre qui pourrait être, d’après la carte de 1950, un ancien pilier de passerelle pour traverser l’Arc vers le chemin du coton rouge.
Passant sous le viaduc de l’Arc de Meyran, je pense au nom que lui donnaient les habitants du quartier de la faculté rue Gaston Berger : viaduc du Coton Rouge en référence à une ancienne petite usine de filature et de teinture en rouge du coton. Ce pont ferroviaire de la ligne Lyon-Perrache-Marseille-Saint-Charles terminé en 1876 montre sa courbe élégante de 38 arches d’une vingtaine de mètres de hauteur qui passe au-dessus de l’autoroute et franchit l’Arc ; nous sommes à son extrémité sud, là où deux arches ont été dynamitées en 1944.
Le viaduc et la guerre en août 1944 :
… le viaduc de l’Arc de Meyran fut dynamité par les soldats allemands, lors de leur retraite, en août 1944 (photo National Museum of Health and Medicine). Afin de remettre le pont en état provisoirement, les soldat américains du 343e régiment du génie réfléchirent à plusieurs solutions. Celle retenue, la plus rapide à mettre en œuvre, fut de bricoler une voie grâce à un canon sur rail qui se trouvait dans les environs. Dix jours plus tard, soit le 29 août, le problème était réglé. Le viaduc était de nouveau praticable. Damien Pachot dans Le viaduc ferroviaire de l’Arc de Meyran (contenus sous licence Creative Commons CC-BY-NC-SA 4.0)
Bientôt il y aura deux manières proches de cheminer : un sentier étroit proche de la rivière et une piste plus large et facile sur la droite mais parfois boueuse : le premier à l’aller, la seconde au retour ; à la passerelle je ne change pas de rive.
Une colonie de champignons blancs empilés sur un arbre mort va participer à la dégradation du bois : d’autres organismes dont une foule d’arthropodes vont trouver une source de nourriture en consommant les débris ou le bois en partie digéré.
J’ai visité la poudrerie en 2018 avec un ancien ouvrier ; on y fabriquait depuis la fin du XVIIe de la poudre de guerre pour les canons, les fusils et pistolets (composition : 75% de salpêtre, 12.5% de soufre, 12.5% de charbon de bois) ; j’y retourne parce que beaucoup de panneaux explicatifs et maquettes ont été installés issus du projet poudrerie lancé en 2011, ce qui permet de faire une visite non accompagnée et de (presque) tout comprendre ; j’ai récupéré un plan avec 19 points d’intérêt numérotés de 1 à 19 que nous allons essayer de suivre. Télécharger le plan
La météo ce jour à saint-chamas/13 : Avec le vent et la température ressentie
Il n’y a pas que la poudre de guerre qui était fabriquée à Saint-Chamas mais aussi la poudre de chasse vendue en flacon que nos (arrière)-grands-pères ont pu acheter. Une mesurette à deux positions (photo ci-contre à droite) dont le fond s’allonge permet de remplir avec précision le fond de cartouche. A chaque type de poudre (ordinaire, forte ou extra-fine) un indice N est ajouté indiquant la grosseur des grains : plus N est élevé, plus le grain est fin. Une poudre forte ou superfine produit moins de fumée et encrasse moins les fusils qu’une poudre ordinaire. Merci Julien V. pour les photos du flacon.
Passé l’entrée officielle de la poudrerie –1– puis celle du parc -2–, à droite, légèrement en surélévation, quelques bâtiments d’habitation demeurent, dont l’un avec un pigeonnier. Y habitaient les maîtres poudriers, charpentiers, tonneliers et le corps de garde. Le 2e projet d’agrandissement de la poudrerie de 1823 prévoit 10 maisons, un moulin à blé et dix usines par groupe de 2 étagées sur la colline. Nous y arrivons en repérant d’abord la tour de safre -3-.
À partir du XVIIIe siècle, le « code des poudres et salpêtres » dispense les personnels attachés à ses usines de certaines contraintes : certaines taxes par exemple, certains impôts, ainsi que des privilèges spécifiques aux salpêtriers à qui l’on doit ouvrir sa maison sans contestation et sans contrepartie financière. Le gîte doit, en outre, leur être offert par les communes dans lesquelles ils se rendent pour leur récolte.
Cette tour de guet en partie intégrée dans la colline, en partie en élévation, était équipée d’une sirène et d’un observatoire :
pour anticiper la météo ; en effet, en cas de pluie, il fallait mettre à l’abri les draps sur lesquels la poudre noire séchait à l’air libre,
pour surveiller le site et les ouvriers,
et la moindre fumée pouvant être synonyme de catastrophe.
Nous prenons la grande rampe qui donne accès à la zone des moulins -4- (8 usines autrefois). Ils étaient construits par paires, de part et d’autre d’une grande roue verticale, au pied d’une falaise, sur deux niveaux. Une roue identique à celle qui actionnait les moulins à poudre du temps de Louis XIV a été inaugurée en 2022 : une roue à augets de 6 m diamètre, pesant 4 tonnes, réalisée grâce à un chantier ACTA VISTA en partenariat avec le ferronnier Roland Pinon de l’Atelier du fer d’argens.
Quelle est la différence entre une roue à aubes et roue à augets ? La première est actionnée seulement par une eau courante, sans chute, la seconde nécessite une chute d’eau.
Les rondes de nuit étaient contrôlées grâce à un contrôleur de rondes, boîte en fonte placée à chaque poste que l’on souhaite faire visiter. Un mécanisme d’horloge avec disque de pointage permet aux rondiers de pointer.
Le contrôleur de ronde renferme un poinçon dernière une porte fermée. Chaque poinçon porte une lettre différente.Si le veilleur a bien fait la totalité de son travail dans l’ordre, en fin de ronde un mot convenu à l’avance sera imprimé, sinon le mot sera inscrit sur plusieurs lignes.
Le réseau hydraulique présent sur tout le site de la Poudrerie, par de nombreux canaux, permet d’amener l’eau aux martinets, puis aux usines. A l’intérieur des bâtiments de nombreuses maquettes permettent de comprendre le fonctionnement : maquette d’un moulin à meules servant à la trituration de la poudre, maquette de l’ensemble du secteur des Moulins tel qu’il était à sa création. Ci-dessus une photo de la trituration du mélange vers 1916. Site image de la défense
Après un long moment de lecture et découverte des maquettes, nous passons devant le nouveau séchoir à vapeur-5- (1883) qui remplace le séchage à l’air libre ; en effet, le mélange a été humidifié pour qu’il ne détonne pas mais le danger est présent tout de même durant cette phase.
La cascade-6- provenant de la surverse du canal de Boisgelin, n’est pas toujours alimentée ; de nos jours elle régule le débit du canal, c’est le cas aujourd’hui. Nous nous dirigeons vers les jardins, l’étang, et les espèces exotiques (dont un sequoia de 30 m de haut) ; la maison du directeur n’existe plus mais le pilier d’entrée en témoigne.
Cette zone humide remarquable-7- a été créée en 1850 lorsque le directeur du site industriel aménage un jardin à la française, un jardin à l’anglaise et des étangs embellis d’essences exotiques ramenés grâce aux échanges de poudres. Site mesinfos.fr