Inspirée d’une partie du GR Sentiers de l’eau en Provence, La Métropole Aix-Marseille, Editions FFrandonnée, 2026, j’ai cherché à faire une boucle en évitant les routes et la proximité de l’autoroute. C’est un circuit inédit dont la grande inconnue, est la colline de Campbernard qui ne possède aucun sentier balisé mais des chemins en pointillés, uniquement visibles sur Plan IGN, donc sans garantie de continuité.
Anne est toujours partante dans ce genre d’expédition. Nous stationnons sur le parking de la promenade de Manéou à la Cairanne.
La météo ce jour à rousset/13 :
Avec le vent et la température ressentie
Direction nord, nous suivons la route jusqu’à repérer en face un genre de barrière DFCI : c’est là qu’il faut traverser et chercher le sentier tout d’abord un peu touffu ensuite bien plus lisible ; il circule entre des blocs rocheux qui semblent s’être décrochés il y a longtemps de la Barre du Cengle, monte et descend sans arrêt. Des traces de VTT indiquent que le sentier est bien fréquenté. Quelques passages glissants de terre poudreuse, des pas hauts puis c’est la jungle, plus de trace de VTT, plus de sentier ; je pars en tête pour repérer la suite mais il nous faire demi-tour et trouver où redescendre.
Enfin, je trouve un cairn de pierre posé sur un rocher un peu plus bas : par un sentier escarpé que j’emprunte plutôt sur les fesses que sur les pieds, nous atteignons le bas du coteau et les vignes dans lesquelles pousse du genêt d’Espagne. A partir de là, nous circulerons en lisière de bois, toujours à l’ombre, toujours en courtes montées et descentes successives.
Après le Ribas1, entre deux champs de vignes, nous rejoignons la route de la vallée par un sentier d’exploitation ; regard en arrière : des vignes s’étalent devant une belle maison et son pigeonnier ; le moulin de Rousset là haut sur la colline de Campbernard (Camp-Bernard serait plus juste) montre fièrement ses ailes même s’il ne fonctionne plus depuis longtemps.
Le moulin à vent de Rousset semble avoir été construit au XVIIIe (il figure sur la carte de Cassini, vers 1760) ; lors de l’établissement du cadastre napoléonien, il est encore taxé donc il fonctionne. Il appartenait alors à Gaspard Edouard de Coriolis (°1770, +1847), sous-préfet d’Aix ; il était le fils de Edouard Laurent, président en la cour des comptes aides et finances d’Aix-en-Provence2 qui avait acquis le château de Rousset en 1769 ; il s’agit de la branche cadette des barons Coriolis de Limaye3.
Note : l’hôtel de Coriolis de Rousset se trouve rue Cardinale à Aix-en-Provence
L’oncle de Gaspard Edouard, Gabriel Pierre Xavier (°1750, +1834), très endetté, sera exilé par sa famille à l’île Saint-Domingue, colonie française depuis 1697, aujourd’hui Haïti. On retrouve les aventures d’un Cadet de Grande famille provençal, aux multiples rebondissements, dans le bulletin des Annales des Basses-Alpes, mars 1936 !
Nous rejoignons le village ; au carrefour, chemin de Larciano, la route se termine en sentier. Le circuit tourne au carrefour suivant, dans la rue de la Sablière à droite.
Variante : nous avons fait un arrêt pique-nique au Bio-coop en passant sur le vieux pont d’Aigue-Vive sur laquelle passait autrefois la route d’Aix à Trets. Le ruisseau coule en faisant de nombreux lacets. De cet endroit, un petit barrage captait l’eau du ruisseau et l’amenait par un canal au moulin des Coriolis de Rousset deux kilomètres plus loin à l’est. Carte de l’Association pour la Sauvegarde du patrimoine roussétain.
Fin variante
Après le pique-nique pris sur le vieux pont de l’Aigue-vive, nous reprenons notre chemin vers le fleuve Arc, fleuve parce qu’il se jette dans la mer de Berre.
Nous passons au-dessus de l’autoroute – ne manquez pas la vue sur Sainte-Victoire pratiquement sans ligne électrique parasite ! – puis quelques dizaines plus loin nous traversons la route pour circuler sur le chemin du bassin, parallèle à l’A8, bordé de champs dont un champ d’artichauts ; la découverte des rives de l’Arc promet d’être bien agréable selon Gérard D., grand spécialiste des sentiers et itinéraires.
Nous cherchons donc le balisage du GR nouvellement créé puis nous longeons la rivière ; pas de panneaux « Pollution de l’Arc, accès interdit » comme en juillet 2024. Ombragé, peu fréquenté, il réserve une petite surprise : avant d’être un sentier de randonnée, c’est un parcours sportif avec deux passages à gué sur des pas japonnais en pierre, espacés et à fleur d’eau, que l’on installe généralement dans l’herbe d’un jardin : pas sans risque pour les enfants et personnes de petite taille surtout quand ça déborde.
Depuis le 10 juillet 2024, un arrêté préfectoral interdisait l’accès aux rives de l’Arc sur la commune de Rousset en raison de la présence d’un polluant déversé dans le fleuve. La Provence, juillet 2024
Le vent se lève légèrement ; j’ai l’impression qu’il neige : des flocons blancs virevoltent puis se posent en un tapis blanc qui change totalement la couleur du sol ; c’est du pollen de bouleau, qui se disperse en mars-avril et particulièrement redouté des allergiques au printemps.
Arrivées à la fin du parcours, nous tergiversons face au gué de pas japonais où l’eau s’agite, nous renonçons à la traversée ; nous longeons le champ pour une remontée raide à côté du pont. Anne finalement estime que ce n’est pas tout à fait une balade familiale. Nous repartons sans même nous être rendu compte que la bière de la brasserie artisanale de Provence que nous apprécions tant, est fabriquée dans la zone industrielle de Rousset, juste à côté… Je sais pas bon pour les sportifs…
Une boucle conjuguant bois et rivière sans trop de route ; le parcours dans la colline nécessite vigilance pour ne pas se diriger vers la crête. Le vieux guide de randonnée de Lucchesi en 1992, propose l’itinéraire G1 Crête de Campbernard, probablement encore praticable. J’essaierai prochainement.
Image de l’itinéraire 6km625, 2h10 déplacement (3h30 avec tâtonnements et pause pique-nique), 64m dénivelée (+126, -126)
7.5km si vous pique-niquez dans le champ près du pont de l’Aigue-Vive

1 Ribas : en provençal penchant d’un coteau, talus
2 Archives Grande Chancellerie (sous-série V/1). Lettres de provision d’office : années 1767-1768)
3 Que d’erreurs sur les sites internet et les documents anciens concernant la lignée De Coriolis : ils ont souvent les mêmes prénoms de père en fils, et leur prénom d’usage n’est pas forcément le premier ; seuls les actes d’état civil m’ont permis d’établir une petite partie de leur génalogie.



















