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De l’Arc au moulin sur la crête de Campbernard


Deuxième randonnée sur Rousset pour voir de près le moulin que nous avions aperçu d’en bas dans Rousset de la colline de Campbernard à la rivière de l’Arc ; le plan IGN mentionne en pointillés un sentier qui part de la crête de Campbernard et rejoint celui qui sinue entre le bas de la colline et les vignes. Il n’est pas balisé bien sûr mais ça se tente pour faire une boucle. Départ du parking de la promenade de Manéou à la Cairanne.

La météo ce jour à rousset/13 :
Avec le vent et la température ressentie

Cette fois, j’ai longé l’Arc dans le sens amont-aval ; le premier gué de pas japonais m’a impressionnée moins que la première fois ; certes il faut faire de longues enjambées mais aidée du bâton de randonnée, ce n’est pas difficile ; en courant, avec un bon sens de l’équilibre, c’est sans doute plutôt pour les sportifs.

Plus de pollen blanc cette fois. Une eau encore abondante près d’un banc, puis dans une trouée d’arbres, le moulin à vent de Rousset sur la colline de Camp-Bernard. Un autre gué détérioré permet de passer sur l’autre rive.

Avant de rejoindre la route, je passe près des pontons réservés aux pêcheurs, où a eu lieu le 23 mai dernier le concours de pêche organisé par l’AAPPMA (fédération d’Associations Agréées de Pêche et de Protection du Milieu Aquatique) Rousset-Fuveau.

La route du bassin (station d’épuration ?) circule entre les champs ; un cabanon garde encore son attrait grâce à sa terrasse mais l’intérieur commence à se dégrader. Un moulin à eau aurait-il été construit sur la rivière l’Aigue-Vive comme l’indique la carte IGN de 1950 ? J’en doute car je n’en trouve pas trace sur le cadastre napoléonien.

Au bout d’un virage serré, je rejoins la route de la sablière (D56C) et remonte jusqu’au village ; en passant devant la mairie et le marché, j’atteins la rue du Barry, juste au-dessus de l’avenue Paul-Marie Couton, qui évoque les remparts de l’ancien château. A gauche, un pigeonnier en pied ; au fur et à mesure de la montée, les quartiers résidentiels récents s’accumulent. Incroyable progression du nombre d’habitants dans ce bourg (700 habitants en 1906. 100 ans après 2600, 5400 en 2023) dont le coeur est coincé entre deux grosses artères de circulation la D7, ancienne et célèbre route nationale 7, et l’autoroute A8.

Enfin chemin de Campbernard et panneau Le moulin ; il continue à monter raide. Dans un premier temps, j’ai raté le sentier de terre à droite qui monte en diagonale jusqu’au moulin à vent ; il a fière allure avec sa toiture et ses ailes en bon état ; une petite fenêtre éclaire un peu l’intérieur ; j’y glisse un oeil : un escalier en colimaçon mène au mécanisme des ailes. La porte est digne d’un édifice bourgeois : arc clavé avec une clé de voûte au milieu – qui a dû porter l’écusson de son propriétaire – et pierres de taille pour les piédroits ; devant, un seuil de pierres plates. A quelques mètres, une borne IGN à 338m27 d’altitude : quelle précision !

En 1825, il appartenait à Gaspard Edouard de Coriolis, sous-préfet d’Aix-en-Provence et fonctionnait encore ; ensuite, propriété de Jean-Baptiste Borde, le domaine de Rousset est vendu avec surenchères (Mémorial d’Aix, 20 juin 1880) : le moulin est dit « vieux » et donc abandonné.
On peut imaginer que le moulin faisant partie du domaine, a appartenu aux propriétaires successifs (dates approximatives) : De Coriolis (1769), Jean-Baptiste Borde, ingénieur (1866-1880), Amanda Hart de Kieting (donation, 1883), Augustin Guirand, avoué (1890), la ville de Rousset (1913).

Le moulin de Rousset résurrection, uqal056

Généalogie Amanda Hart de Keating, Portrait de Paul Borde (association aspr)

Maintenant le long de la crête, c’est du plat avec vue sur la Z.I. et sur les montagnes au sud, Regagnas et Sainte-Baume, Sainte-Victoire au nord. Seuls quelques bosquets d’arbres apportent de l’ombre. Citerne 382. Comment repérer cet ancien chemin discontinu, non entretenu, qui joint la crête au chemin en contre-bas ? Un étrange panneau indicateur blanc rayé de bandes rouges en diagonale m’incite à tenter de le suivre.

D’abord un sentier bien visible glissant de terre poudreuse puis un sentier profondément raviné par les pluies, parfois entrecoupé de grosses pierres transversales comme un escalier et des chênes kermès qui laissent des souvenirs sur la peau ; sportif et inconfortable ; cependant avec prudence et persévérance j’atteins le sentier du bas dans le quartier du Ribas que nous avions pris avec Anne.

Plein de sentiers en tous sens ; attention de ne pas descendre trop bas mais de rester parallèle à la route. Je passe la barrière jaune et rejoins la route de la Vallée. Après le pont sur l’autoroute, je traverse (prudence), chemin de la Cairanne puis à droite, chemin de Favary jusqu’au parking.

Au bout de la route de Favary, du côté de Lidl, un chantier de fouilles en 2013-2014 a livré des vestiges d’occupations humaines qui s’échelonnent sur plus de 5000 ans. 

[…] Pour l’Antiquité tardive, les deux zones funéraires donnent à voir une implantation rurale dont l’habitat nous échappe à ce jour. Enfin, pour le Moyen-Age, ce chantier ouvre une fenêtre sur le prieuré de Favary, connu jusqu’à présent surtout par les sources textuelles. Paleotime, opérateur d’archéologie préventive

Favary est aussi connu pour son milliaire d’Antonin sur la via Aurelia ; il porte le chiffre VII. Mais il avait certainement été déplacé puis retaillé au moment de sa découverte en 1889, dans la propriété de M. Aninard, avocat à la Cour d’Aix. C’est en creusant pour construire un lavoir que la pierre a été trouvée, aplanie puis retaillée en forme d’auge pour servir de sarcophage, renfermant un squelette humain. Où était-il situé à l’origine ? à 7 milles romains du milliaire I, soit à 10km300 environ d’Aix. Ne le cherchez pas, il a disparu depuis longtemps !

Milliaire de Favary

Deux trajets de la via Aurelia ont été identifiés : l’un escarpé sous le Cengle (reconnu par l’abbé Chaillan), l’autre par la chapelle de Chateauneuf-le-Rouge, la Galinière et la chapelle Saint-Privat à Rousset. La mention du rétablissement (restituit en latin) inscrite sur le milliaire d’Antonin, milite pour la seconde voie ; le milliaire se trouverait à mi-chemin entre Beaurecueil et Chateauneuf le Rouge, à 4 km de Favary. Découverte d’un milliaire d’Antonin près d’Aix-en-Provence, Honoré Gibert, Bulletin archéologique du Comité des Travaux Historiques et Scientifiques, Numéros 1-3, 1891

Un circuit inédit pour les marcheurs qui oseront la descente de la colline Campbernard. Sinon, une courte boucle est possible sur la colline pour les familles.

Image de l’itinéraire 6km950 2h déplacement (3h au total), 86m dénivelée (+128, -128m)

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