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Les moulins de Régusse


Une courte boucle à faire de bon matin l’été, pour découvrir les deux moulins à vent dont les habitants de Régusse sont si fiers. Je suis partie du camping Les lacs du Verdon mais vous pouvez partir de n’importe quel point du circuit : panneau de la carraire de l’Eouvière (43 .652336, 6.142353), parcours sportif, parking dans le village.

La météo ce jour à regusse/83 :
Avec le vent et la température ressentie

Prête à 6h30, je rejoins le village par les petites routes désertes à cette heure là. Beaucoup de murs en pierre sèche, de grosses pierres calcaires, sombres ; je me demande pourquoi celui-là semble doublé d’un autre mur moins haut formant banquette…

Au croisement avec le chemin de Paouvès, l’oratoire saint-Roch, souvent bâti dans les villages de Provence au moment des épidémies, comme celle de la grande peste de 1720 ; un ancien puits communal maintenant couvert. Dans la rue Pasteur, je vois au loin l’église Saint-Laurent avec son clocher en tuiles vernissées (XVIIe) et le haut campanile construit au XVIIIe s avec sa cloche de 1537 provenant de la chapelle Saint-Jean-Baptiste. De là le parcours sportif circule dans le bois de la chapelle, ancien défends de Régusse servant au gros bétail antérieurement à 1400. Henry Blanc, Le défends de Régusse, 1956 dans Les Paysages forestiers de Haute-Provence et des Alpes Maritimes, Annick Douguedroit, Edisud, 1976

Rue de la paix un puits octogonal porte les armoiries de Régusse qui font penser à celles de la famille Grimaldi de Monaco. Y-a-t-il donc un lien légitime ?

Pourtant c’est un Grimaud qui est seigneur de Régusse vers 1615 ; Charles Grimaud est le premier à se réclamer d’une filiation avec les Grimaldi (de Monaco) ; les généalogistes (baron de Roure, Monique Cubells) n’ont pu établir ce lien : les Grimaud sont une famille de marins et de commerçants. Sa fille Françoise épouse en 1646 Honoré de Grimaldi (de Monaco) : dans leur contrat tout le monde s’appelle Grimaldi et les notaires par la suite garderont cette dénomination. Charles est conseiller au Parlement de Provence (1633) puis président à mortier (1643) : nul n’ose contester. Au XVIIIe les Grimaud de Régusse sont définitivement désignés du nom de GrimaldiMémoires de Charles de Grimaldi, Charles de Grimaldi marquis de Régusse, ‎Monique Cubells, Presses universitaires de Bordeaux, 2008

Je traverse le village par une ruelle étroite et montante ; dans la descente sur l’ancienne route de Régusse à Barjols (D560), les deux moulins à blé parfaitement alignés semblent ne faire qu’un sur la butte, entourée de champs. Les aires de battage se trouvaient au pied des moulins. C’est en 1565, dans l’acte d’évaluation des terres de la Seigneurie demandé par Antoine d’Albert, que l’on trouve la mention d’un moulin [en ruine] à Régusse. M. Marcel JEAN, Moulins de Provence, bulletin n°7 du 1991 à lire sur Les Amis des moulins de Régusse, l’histoire. Mais pas de date de construction des moulins d’origine : le plus vieux avant 1500 (?), l’autre 20 m plus loin sur une voûte en remblai, existait au XVIIe. Je doute que sa position fut plus favorable par rapport au vent…

Le mécanisme du moulin ailé a été restauré en 1995, selon le plan des moulins provençaux de 1640 : une tour de six mètres de haut et de six mètres de diamètre extérieur. L’épaisseur des murs est de l’ordre de un mètre. Sur cette tour est fixée une couronne fixe en chêne. Visite guidée possible en été.

Fonctionnement d’un moulin à vent

Posée contre le vieux moulin, la meule tournante – celle qui bouge – dans laquelle on peut voir la taille des sillons faits par le meunier pour que le grain accroche et avance entre les meules pour être broyé. Le jour où elle fut retournée pour montrer cette face aux visiteurs, certains villageois, pensant qu’elle allait être volée, ont averti le maire et la police… Petite histoire de meule

Je repasse par le village, où une mini fontaine devait désaltérer l’âne ou le cheval attaché au crochet encore en place. L’oratoire Saint-François d’Asisse se trouve dans la Grand’Rue ; l’avenue Frédéric Mistral est bordée de pavillons récents. Après le chemin de la Font y avait-il à cet endroit la fontaine et le lavoir du cadastre napoléonien section C3 ? – je tourne à gauche en direction de la carraire de l’Eouvière1 qui promet la traversée d’un espace naturel boisé. Au carrefour en face, l’oratoire Saint-Eloi, le troisième de ma petite boucle.

La carraire est une ancienne voie de transhumance à pied ; depuis la carraire de l’Eouvière, les bergers pouvaient rejoindre une des quatres voies générales, pour les varois, celle menant des plaines de la Crau en Ubaye en passant par Riez et Digne.

Au fond de l’impasse, en effet, la petite route devient chemin puis sentier. Elle zigzague dans un petit bois communal et rejoint la route par une voie caillouteuse assez désagréable. La boucle est bouclée.

Conçue pour marcher tôt par temps de canicule, cette petite boucle peut être facilement prolongée vers La Colle. Son intérêt réside dans les nombreux témoignages de petit patrimoine.

Image de l’itinéraire 4 km 1h30, dénivelée 56m (+75,-75)

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1 éouvière : du provençal éuse, éuve : chêne vert donc lieu planté de chênes verts.

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