Mais qui donc est tombé dans la marmite de la Traconnade ?

Publié le Catégories ----- * Aix et Durance, 13 Bouches-du-RhôneMots-clés ,
 

Par ordre alphabétique, je vous présente la bande de dix chercheurs passionnés par l’aqueduc romain de la Traconnade (aqueduc romain passant par Jouques, Peyrolles, Meyrargues, Venelles, Aix-en-Provence, 30km environ). Voir l’article ci-contre paru dans la Provence le 25/02/2012, rubrique Pays d’Aix, Venelles. De gauche à droite sur la photo : Daniel, Nicole, Alain et son épouse.

J’ai connu Alain B. par mon blog ; il me signalait avec tant d’aplomb une erreur dans le nom d’un oratoire que je me suis demandée à qui j’avais affaire. J’ai vite compris que ce n’était pas un homme ordinaire… Un puits profond comme ceux de l’aqueduc souterrain de Venelles : il argumente aussi bien autour de la religion, de l’Ukraine, ou de la loi pénalisant le génocide arménien ! Il respecte et défend le patrimoine avec passion : écoutez-le parler de la chapelle Saint-Sépulcre à Peyrolles. Je ne peux que lui pardonner avec le sourire quelques propos parfois extrapolés tant il fait avancer les choses. Sous forme d’un véritable dossier de presse, il collecte depuis de nombreuses années toutes les informations concernant la Traconnade. Il connait tout, et tout le monde.

Bernard F., arrivé dans l’équipe par mon blog, court sans cesse sur le terrain ; c’est l’homme des contacts avec les archéologues et toute personne susceptible d’apporter des informations sur l’aqueduc. Aimable et persuasif, il essaie de rassembler les pièces des puzzles romains. Parlez-lui des arbres déracinés, de la méthode de la fonte des neiges ou du noeud des Pinchinats où il a organisé la prochaine visite de notre groupe ; c’est lui aussi qui me rappelle gentiment de mettre à jour la carte google map des vestiges recensés au fur et à mesure de leur découverte. Je ne parviens plus à le suivre…

Daniel D. a partagé quelques expéditions à vélo avec Alain. Il a toujours été passionné d’histoire surtout Rome et le Moyen-Âge, la mythologie grecque et romaine…  il y a quelques années il a découvert Chabaud et l’aqueduc de la Traconnade, Violaine et St Hippolyte.

Sur mon blog [13770.org] j’ai servi de relais à Jean-Marc Héry pour informer les Venellois de ses recherches sur Chabaud et la villa romaine. (Daniel)

Après plusieurs mois de simples échanges de mails, j’ai enfin rencontré Daniel, le formidable grand-père qu’il est ; l’occasion nous a été offerte par une journaliste de la Provence, sur le thème de la Traconnade à Venelles.

Alain me parle souvent de Jean R., hydrologue, mémoire vive de tous les vestiges aujourd’hui disparus sous les bulldozers. Jean a reporté à la main sur une carte IGN le tracé supposé de l’aqueduc. Après avoir consciencieusement reporté ce tracé sur une carte numérique, j’ai pu vérifier que tous les vestiges trouvés se trouvent parfaitement sur cette ligne ou proches de celle-ci. Un travail de fond qui nous est toujours utile et nous aidera sans doute à en trouver d’autres bien cachés.

Avec ses amis Henri et André, Jean-Claude L. (de l’association archéologique Jarez-Forez) est descendu voir nos découvertes. Sur le terrain, il nous a appris plein de choses (enduits, actus, épaulement sont enfin des mots devenus familiers). De loin, il a continué à nous guider et nous conseiller. Son sujet préféré : les regards, romains bien sûr ! Il travaille depuis des années sur l’aqueduc du Gier et découvre encore aujourd’hui des choses qu’il ne connaissait pas.

Après une demi-douzaine de chantiers de fouilles, une trentaine de sondages […] et de diagnostics, j’ai toujours faim d’apprendre et de comparer ; comparer, voilà le mot-clé; […] La finalité devant être la mise en commun et à disposition ensuite à tout le monde des résultats acquis… (Jean-Claude)

Je n’ai fait qu’une visite de terrain avec Jean-Pierre G. mais il a immédiatement accepté de partager ses connaissances, stimulant ma curiosité par l’envoi de la photo de l’aqueduc à Fontbelle, coupé par l’autoroute ; grâce à lui, la semaine suivante, j’ai pu le retrouver. Il s’intéresse aussi bien au fort de St-Eutrope et les boulets de canon du duc d’Epernon qu’aux dessous de la fontaine d’Aix. Spécialiste des montages vidéos, je parie qu’il assemblera bientôt les photos de tous les morceaux d’aqueduc retrouvés pour n’en faire qu’un de Jouques à Aix.

Marc F., au discret accent étranger, est le plus jeune de l’équipe. Il n’hésite pas à s’enfoncer dans le canal en rampant, à descendre par une échelle dans un regard profond, à prendre des mesures et élaborer des hypothèses dignes des ingénieurs romains. A l’aide d’un logiciel spécialisé, il construit des reconstitutions des lieux qui ont impressionné non seulement le public des journées du patrimoine 2011 à Aix-en-Provence, mais aussi Jean-Claude.

Michel R. l’humour en permanence au coin des lèvres, nous a rendu visite deux fois le même jour que Jean-Claude ; c’est l’homme de l’aqueduc de Fréjus, même sous l’eau où il a observé le trajet de l’aqueduc romain dans sa partie habituellement immergée par le lac de retenue E.D.F. de Saint-Cassien. J’ai tellement aimé ses photos prises à la source Neissoun que je me suis promis de revenir à Mons aux beaux jours. Vous le retrouverez sûrement au détour d’une page Wikipedia ou d’un réseau social. Un parcours atypique, des talents variés, un curieux probablement.

Nicoulina (Nicole)

Tu as présenté notre bande hétéroclite de joyeux « traconniers » passionnés autant que toi par cet aqueduc impressionnant et pourtant à l’abandon dans nos collines… mais tu as oublié de te présenter. Bien sûr, tes lecteurs connaissent les nombreuses randonnées que tu leur as décrites et dans lesquelles tu cherches toujours à allier le plaisir de se promener à la joie d’apprécier les vestiges du passé, […]. Mais ils n’ont pas le plaisir d’apprécier également ton sourire, ta gentillesse, ton dynamisme, ta pugnacité, ta bonne humeur et ton souci constant de faire partager tes découvertes. Il faut ajouter que tu as créé et que tu enrichis constamment la carte des vestiges de l’aqueduc qui présente efficacement la synthèse de tout le travail effectué. […] (portrait collectif)

Partenaire de mes premières expéditions sur la Traconnade avec Alain, Serge R., co-auteur du blog randomania plus,  a pour activités préférées la randonnée et la photographie mais il se passionne aussi pour la géologie, l’archéologie, l’histoire et l’astronomie. Sur le terrain, il observe, étudie puis immortalise les vestiges de la Traconnade sous forme de photos.

Son dernier article : Aqueduc de la Traconnade : plus… de photos

Le point commun de tous les membres de cette équipe ? ils sont marcheurs, copains, bénévoles, donnent de leur temps, se soutiennent, offrent leurs compétences et surtout partagent leurs travaux de manière désintéressée. Une aventure archéologique et humaine.

A méditer :

En archéologie, la vérité d’aujourd’hui n’est pas forcément celle de demain. (Jean-Claude)

©copyright randomania.fr

3 thoughts on “Mais qui donc est tombé dans la marmite de la Traconnade ?”

  1. Admirable travail de sauvegarde d’un véritable monument du passé qui se délite si fortement que sa trace même était déjà bien effacée. C’était sans compter sur de véritables passionnés !
    Félicitations et bon courage pour la suite.
    [ndlr] mail perso

  2. JPP :

    Je viens de découvrir l’article sur la Traconnade dans la Provence ce samedi, pour ma part je souhaite vous faire part des recherches que j’avais faites pour le compte de la ville d’Aix en Provence.

    Etant plongeur NIII et passionné d’archéologie sous marine et terrestre, j’ai été sollicité par le Directeur des Eaux et de l’Assainissement pour répondre à leurs inquiétudes lors de chantier permettant la découverte de puits ou galeries immergées. A cette occasion nous faisions en équipe des reconnaissances visuelles et topographique en immersion.
    Pour ce qui concerne la Traconnade le Directeur m’avait demandé de monter une expédition à partir d’une galerie en activité au carrefour Pinchinats/Route des Alpes. Il avait une hypothèse concernant l’arrivée de la galerie à cet endroit.

    Une équipe a pu remonter vers le nord en croisant le Chemin Mouret en surface jusqu’à un puits débouchant dans une cour de ferme tenue par un homonyme. La présence de chiens dangereux a coupé court au retour en surface. En poursuivant les reconnaissances l’équipe a été arrêtée par un éboulement.

    A la suite de quoi une autre hypothèse a été émise car je connaissais la présence de galeries dans le sous-sol du très vieil hopital devenu un EPAD et également de découverte dans le parking Pasteur situé à côté. Ces derniers vestiges ont été relevés par des archéologues officiels.

    Aucune recherche n’a été faite dans ces deux directions. La présence des thermes romains pourraient accréditer l’arrivée de la Traconnade en ces lieux.

    Fort des résultats la mairie d’Eguilles m’a contacté pour faire le même travail dans le sous-sol du village, nous avons remis le résultat au Maire.

    Puis la réglementation imposant d’être qualifié par l’INPP plongeur professionnel nous a coupé nos élans.

    Cela dit en plongée spéléo, j’ai eu l’occasion de plonger dans la Fontaine de Vaucluse à 60 m en période de basses eaux, sous le Mont Faron et dans la vasque romaine de Bourg Saint Andéol. Poussée d’adrénaline garantie.

    Mais d’autres plongeurs spéléo ont fait beaucoup mieux que moi
    [ndlr] réponse par mail perso. Merci : je vous recontacte pour RV

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