Découverte du Colorado provençal


medium_img_0525.jpgNous sommes dans le petit village de Rustrel, un des villages des Ocres1 du Lubéron, réplique du très célèbre canyon du Colorado aux Etats-Unis ; il est 10h mais le parking est déjà bien rempli. Plusieurs sentiers balisés permettent de découvrir l’originalité du site mais, parce qu’ils sont balisés et sécurisés, ils sont très fréquentés. Néanmoins, comme je ne les connais pas, je décide de faire deux boucles classiques « Les cheminées de fée » (circuit F du plan), « le Sahara » (circuit G du plan), puis le cirque de Barriès dont le parcours chemine en pleine forêt. Je conseille vivement de visiter ce site un jour de ciel bleu.
* Télécharger le plan des randonnées du Colorado Provençal

Vidéo de Carnets de rando, le colorado provençal, David Genestal

Le Colorado provençal, par le site Luberon.fr (avec quelques belles photos)

* La météo aujourd’hui à cet endroit :
Direction du vent et température ressentie

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L’ocre est un mélange de sable et d’argile colorée par des oxydes de fer. Pigment naturel et inaltérable, l’ocre est principalement utilisée dans la fabrication des peintures et badigeons, remplacée aujourd’hui par des colorants artificiels. Le gisement a été exploité de 1780 au XXème siècle. L’exploitation se fait à ciel ouvert ou en galeries souterraines dont certaines, abandonnées, sont utilisées pour la culture des champignons de Paris.

Le traitement des ocres, site du parc du Lubéron

Bryce Canyon USABryce Canyon (photo ci-contre à gauche extraite du site Voyage Magazine USA) au sud ouest des Etats-Unis où les structures géologiques extraordinaires, formées par érosion et le soulèvement de couches de grès de couleurs différentes, donnent comme ici des couleurs exceptionnelles allant du rouge au blanc. A Rustrel, en plus de l’ocre, le minerai de fer était également exploité : il reste quelques vestiges de la dernière usine près de la rivière Doa. En me promenant en dehors des sentiers balisés, j’ai retrouvé entre Istrane et le camping, les ruines d’un mur en briques et une tour métallique dont je ne connais pas la fonction.
Pour marcher dans ce Colorado provençal, mieux vaut se munir de chaussures et de tenues ne craignant pas d’être teintées !

Les sentiers thématiques :

A : Sentier Morenas : départ du camping du Colorado. La croix de Muset, Istrane. 5,5 km (2 h), dénivellation 150 m.
B : Sentier des Blaces : départ du camping du Colorado. Les Blaces, La croix de Christol, Istrane, 11,5 km (3 h 30), dénivellation 350 M.
C : Sentier des Crêtes : départ d’Istrane. La croix de Christol, Barriès. 13 km (4 h), dénivellation 200 m.
D : Sentier de la Combe Étroite : départ du parking municipal de Bouvène. Anciennes carrières d’ocres. 3,4 km (I h 30), dénivellation 100 m.
E : Sentier des Maîtres de Forges : départ du camping du Colorado. Chapelle Notre-dame des anges. 2,2 km (1 h30), dénivellation 350 m.
F : Sentier des Cheminées de Fées : départ du parking municipal de Bouvène. Les cheminées de fées. 1 km (30 min), dénivellation 40 m. Balisé en bleu.
G : Sentier du Sahara : départ du parking municipal de Bouvène. 1,5 km (45 min), dénivellation 10 m. Balisé en rouge. Issu du site http://rustrel.free.fr/plancolorado.htm

* Photos de Rustrel et des 2 sentiers classiques
medium_img_0538.jpg* Télécharger un document word succinct sur le traitement des ocres
medium_img_0543.jpgPour aller jusqu’au cirque de Barriès (grossier balisage blanc), je me gare sur le parking entre la D30A et la D22. A peine garée, je suis accostée par un monsieur qui, manifestement, guette le client. Il se présente comme représentant des propriétaires des terrains du colorado et veut me vendre un plan des sentiers de randonnée à plus de 3€ pièce. Cette manière un peu agressive me déplait et je décline son offre. medium_img_0546.jpg

La Doa se passe à gué. Le parcours ici est presque totalement en forêt, à la fraîche, et se termine par une cascade à l’ombre d’un haut rocher. Après la traversée du désert blanc (sable blanc lavé lors de la première étape du traitement des ocres), je peux dire que j’en ai vu de toutes les couleurs !

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1ocre : argile friable, de couleur jaune, rouge ou brune selon la nature des oxydes qu’elle contient

Les bories d’Eguilles


Voila une longue promenade jusqu’aux bories de 6,200km aller et retour, se partageant entre forêt et villas sur le chemin du Rastel. Je me gare hors du centre d’Eguilles pour ne pas connaitre le crucial problème de stationnement. A quelques mètres de la voie romaine, le parking du stade offre assez de places en ce samedi matin.

* Le temps qu’il fait aujourd’hui, à cet endroit :
Direction du vent et température ressentie

medium_img_0434.jpgRien de difficile pour cette promenade ; avant d’entrer dans la pinède, il faut parcourir plus d’un kilomètre. Sur le côté droit de la route, dans une propriété privée, une borie est accolée à une villa toute neuve : voilà une remise à outils plutôt originale et dans le pur style rural provençal !
Quelques véhicules 4×4 entrent également en forêt, si bien qu’on n’est pas tout à fait tranquille. Sur la droite, une tombe attire mon attention : c’est celle de chiens enterrés là par des maîtres aimants.
medium_img_0435.jpgmedium_img_0443.jpgLe tout petit circuit des bories est fléché par le conseil général des Bouches du Rhône. à un carrefour près d’un champ d’oliviers. Je retrouve là plusieurs promeneuses (et oui ! ce samedi là , je n’ai croisé que des femmes…), les unes en grande conversation, les autres posant pour la photo souvenir.
* Je vous propose un itinéraire de 6,200km A/R (bories) avec variante 1,100km A/R (fontaine de Fabrègues)
* Photo de bories dans la région d’Aix en Provence

Réservées autrefois à un usage agricole, les bories1 sont l’oeuvre de bergers ou de paysans, composées de pierres locales extraites du sol et agencées sans aucun liant. Elles sont faites de pierres plates. La coupole en encorbellement tient par la pression de son propre poids. De fait, ni poutre, ni coffrage, n’étaient nécessaires. Chaque rangée de pierres avance sur la rangée inférieure de la moitié de son épaisseur environ. Pas de porte, une seule fenêtre. Voilà qui est sommaire mais les hommes ne vivaient pas dans les bories. « Pour construire en pierre sèche, il faut de la patience, un bon coup d’oeil, assorti d’un bon coup de mains qui savent sentir si la pierre est à sa meilleure place, et une bonne résistance physique. Une borie peut peser entre 30 et 200 tonnes et utilise de 200.000 à 300.000 pierres. »

(Extrait du site les saute-collines)
Quelle différence y-a-til entre borie, cabanon, cadole, gariote, baraque, clède ou pagliaddu ? aucune, ce sont toutes des constructions en pierres sèches qui changent de nom selon les régions !
* Voir aussi dans ce blog le circuit des bories de Tallagard, à Salon
Au retour, je fais un écart vers la fontaine de Fabrègues marquée sur les cartes IGN. Je passe devant le Refuge dont le parking est plein. Pourquoi cet endroit perdu sur le chemin de la fontaine de Fabrègues attire-t-il tant de monde ? J’ai l’impression que les gens y sont attablés. Y mangerait-on de la bonne cuisine ? La curiosité m’incite à prendre quelques renseignements. Et j’ai tout faux. Le refuge est un centre bouddhique d’études et de méditation. C’est du Centre de  » Yoga  » du Maître vietnamien N’guyen Qué, formé dans la tradition des moines errants du centre du Vietnam et de la frontière birmane, que sont sortis les pionniers du Bouddhisme Tibétain en Provence. C’est aussi à l’initiative de ce Maître que commence la construction à Eguilles d’un petit Centre qu’il baptise « Le Refuge ». Le Refuge, qui a maintenant renoué avec ses origines » les Maîtres de l’Ecole de la Forêt – accueille principalement les moines et nonnes de cette tradition contemplative qui, depuis quelques années, y sont de plus en plus présents. (Extrait du site Le Refuge) Le Refuge reste ouvert toute la journée pour tous ceux, qui désirent y faire une pause méditation ou une prière.
medium_img_0457.jpgLa fontaine de Fabrègues, couverte de mousse, est cachée à l’ombre des arbres. Des fougères et des plantes tombantes aux multiples couleurs pastel la protègent. Elle suinte de gouttes d’eau de partout. Un villageois y a déposé un petit seau d’eau qui se remplit peu à peu. Sans nul doute, elle doit couler toute l’année. Je m’y rafraichis avec grand plaisir avant de repartir.

1Le mot borie vient de l’occitan bària, désignant une ferme, une métairie, éventuellement un domaine rural.

L’abbaye de Carluc


medium_img_0429.jpgCéreste est un petit village à la limite du Vaucluse. Les plus anciens éléments de patrimoine conservés se trouvent à Carluc (de kar=calcaire et locus=lieu) où je me rends, profitant d’un déplacement professionnel non loin de là. Après la traversée du pont roman (ni roman ni romain…, voir l’article de Céreste à Montjustin par les crêtes et la plaine), je prends le GR4 qui n’est pas difficile, sur une chaussée défoncée, dans un paysage dégagé, en montée douce jusqu’au prieuré, et dessert quelques propriétés. Seule la dernière partie est en sous-bois. On peut donc s’y rendre en voiture également, si on ne craint pas pour ses amortisseurs.

* La météo aujourd’hui à cet endroit :
Direction du vent et température ressentie

Dès l’arrivée, je sens l’humidité des lieux : un étang, un ruisseau, une prairie, des arbres et des pierres couverts de mousse. J’embrasse d’abord du regard l’ensemble du site qui ne ressemble à aucun autre de ma connaissance. C’est l’église Notre Dame que je vois en premier, construite en pierre de taille à joints fins et qui imite à échelle réduite les grands édifices de son temps. Les oiseaux dans les feuilles d’acanthe de la petite colonne sur le côté sont d’une finesse étonnante pour un travail si petit dans la pierre.

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L’abside pentagonale parait de la première moitié du XIIème siècle ; elle possède 3 fenêtres à l’instar des églises monastiques majeures. Deux sveltes colonnettes ornent les retours des murs de la nef. La contradiction viendrait plutôt de la voûte avec ses six nervures rayonnantes qui ne sont pas de la même époque, sans doute reconstruite.

medium_img_0396.jpgmedium_img_0393.jpgDépendant de l’abbaye de Montamajour (* Voir la note sur Montmajour dans ce blog) depuis le début du XIIè siècle, elle avait elle-même une douzaine de prieurés sous son obédience. Elle prospère grâce aux largesses de la haute artistocratie locale, en particulier à la famille de Reillanne dont était issu l’archevêque d’Arles : Raimbaud. Une seule église sur les trois reste debout. Les fouilles entreprises vers 1960 ont démontré l’existence d’une nécropole datant des premiers chrétiens.2 Elle constituait un lieu de pèlerinage où les premiers chrétiens cherchaient le repos près de saints martyrs locaux. D’où peut-être des tombes anthropomorphes d’enfants taillées dans le roc ?

img_4141r.JPGComme à Montmajour, un cloître reliait entre elles les trois chapelles du monastère, et recouvrait la nécropole. L’emprunter donne l’impression de traverser un cimetière profané. Au nord de la chapelle, une partie du site est creusée dans le roc. Quel travail cela a dû représenter !

C’est un lieu particulier, dans le calme et la verdure, incontestablement proprice à la réflexion et au repos.

Visites guidées du Prieuré de Carluc à CERESTE – HAUTE-PROVENCE
du 01/03/2007 au 31/12/2007
Descriptif : Découverte du Prieuré roman de Carluc, ouverture de la chapelle et commentaires autour des tombes anthropomorphes et des aménagements rupestres.
Horaires : Lundi à 16h30 , le mercredi et le samedi à 10h00
ATTENTION: l’inscription est obligatoire par téléphone au 04.92.79.09.84 ou à l’Office de Tourisme de Céreste. Contact : Office De Tourisme – Cereste – Tél : 0492790984 – Email : otcereste@club-internet.fr – Site internet : www.cereste.fr

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* Je vous propose un itinéraire de 1h50 environ, 6km600

Blog de slca04 avec de belles et grandes photos

img_0063r.JPGSuite à une deuxième visite en juin 2007, Ti’Mars… a pu faire des photos de l’intérieur de la chapelle.

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1Eglises et chapelles romanes de Provence, Andréas Hartmann-Virnich, Les éditions du huitième jour, 2001

2Les fouilles de 1960 à l’abbaye de Carluc, Bulletin de la société scientifique et littéraire des basses Alpes, t.XXXVI, n°227-228