*** Le fort de Niolon surveille les côtes près de Marseille


Après les pluies de ces derniers jours, pas question d’aller faire une randonnée en forêt qui doit être détrempée. Je choisis donc le bord de mer, le fort de Niolon sur la commune du Rove.

Séparée des villages voisins par des collines escarpées, des vallons étroits qui courent jusqu’à la mer, Le Rove autrefois n’était accessible que par des sentiers rudes qui l’isolaient complètement ; la population profita de cet isolement pour accueillir de nombreux proscrits de la religion catholique au XVIIIème siècle. L’abbé Constantin raconte, dans Les paroisses du diocèse d’Aix, leurs souvenirs et leurs monuments, 1890, combien les habitants ont été courageux et malins puisqu’aucun fugitif n’a été repris par les autorités de l’époque.

* Je vous propose l’itinéraire, 2h, réalisé à partir de CartoExplorer

* La météo de ce jour à cet endroit :
La direction du vent et le calcul de la température ressentie

viaduc de JonquierAprès un coup d’oeil sur le viaduc de Jonquier dont un pilier est construit dans la mer, je suis un chemin caillouteux entre falaises à gauche et vallon à droite. Je ne m’y connais pas en architecture militaire mais l’existence de trois batteries1 (une basse au niveau du rivage, une haute, plus une annexe à peu de distance), à Niolon, est sûrement caractéristique de l’importance du fort. De tout temps, les côtes soumises aux attaques barbaresques, ont fait l’objet d’une surveillance maritime. Colbert, en 1681, oblige les paroisses proches de la mer à organiser un service de garde-côtes. Les paysans étaient transformés contre leur gré en militaires ! En 1890, ce sont des militaires qui se chargent de la garde de ces fortifications : bon nombre de batteries de la côte ont été délaissées au profit de celles des îles du Frioul dont le tir repoussait d’autant plus loin un éventuel assaillant. Je monte vers celle du haut qui se situe à 193 m d’altitude. J’aperçois de loin les bâtiments qui me paraissent grands, nombreux, de construction géométrique et bicolore. Le fort est en bon état, ne datant que 1881-1884. medium_img_0135.jpgmedium_img_0143.jpg« Ses maçonneries de moellons clairs rehaussés par des parties en briques de terre cuite valent le déplacement… Quel dommage que ce soit à l’abandon ! » Je suis bien d’accord avec l’auteur de ces lignes. Face à la mer, on pouvait mettre 4 canons à longue portée (10500m) de calibre 24cm. A l’arrière, la gorge était défendue par une caponnière à deux niveaux de feux de mousqueterie (un casematé, l’autre à ciel ouvert)2. Mais Jean Puelinck a pris des photos pour vous que vous retrouverez dans l’* Index des fortifications françaises 1874-1914.
Visite guidée par l’adjoint à la culture de la commune du Rove. De là haut, la vue sur l’Estaque et les îles du Frioul est parfaitement dégagée, ce qui explique sans doute le choix de ce lieu pour la construction du fort. Pour en savoir plus De l’Estaque à Pounent, Gérard Chevé, Les Editions de la Nerthe, 2003

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Juste en dessous, la galerie souterraine des Rifflards, a été construite sur les exigences du ministère de la guerre, pour protéger la ligne de chemin de fer d’un éventuel obus trop court tiré de la batterie haute. Avait-il si peu confiance en ses tireurs ou ses armes ?
Si vous y venez une nuit d’été, peut-être y verrez-vous un groupe de plongeurs de l’UCPA devant un barbecue. Le fort sert également de lieu d’entrainement pour la formation des agents de sécurité.
Je quitte le fort et continue ma boucle balisée de jaune. Curieusement une rangée de pins à gauche du chemin, puis une grotte qui pourrait servir d’abri lors d’un orage. A droite, les fleurs jaunes de l’ajonc. A un carrefour, je tourne à droite dans un vallon mamelonné et verdoyant. Dans le dernier virage à angle droit qui s’approche d’un éperon rocheux, un couple d’oiseaux qui nichent là , fuient dans un vol lourd et bruyant qui a réussi à me faire peur.
Le retour par la départementale D48c est plus problématique car il n’y a pas de trottoir. En passant devant la petite gare de Niolon, je constate qu’il n’y a que 5 places de parking. Mieux vaut donc se garer sur le parking plus haut, juste avant la barrière qui ferme l’accès à la calanque l’été.

Les pêcheurs de Niolon, au siècle dernier, exploitaient la madrague qui a été la dernière à l’être sur les côtes françaises (voir l’article sur la calanque des eaux salées dans ce blog). Quel que soit le temps, le curé de cette paroisse, (la plus petite, la plus récente et la plus pauvre de tout le diocèse d’Aix) venait de l’Estaque à pied par le chemin de la douane. Inscrit comme matelot de l’équipage de la Madrague, il en tenait les écritures et touchait chaque jour sa part de poisson.

Vous pouvez emprunter ce chemin connu sous le nom de chemin des douaniers.
Chèvre du RoveC’est le Rove qui a donné son nom à cette race de chèvres esthétiques et rustiques, peu nombreuses, au rendement faible, et que son fromage a rendu célèbre : la Brousse du Rove. Présentée dans un moule de forme conique, elle était le dessert favori des marseillais de toutes conditions. La recette est jalousement gardée par les 3 ou 4 derniers producteurs mais un seul berger parcourt encore les collines à la recherche des plantes parfumées qui donnent un si bon goût au lait de chèvre. (* La recette de croustillant de brousse du Rove). Certains restaurants de Marseille la servent en dessert.
Cette calanque attire beaucoup d’amateurs de plongée, randonnée et même cinéma. Elle a été le lieu de tournage du feuilleton télévisé « La calanque » (1987), du film français « Crustacés et Coquillages » (2004).

L’histoire véridique des chèvres sauvages du Rove sauvées par B. Bardot

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1Batterie : un fort à batterie basse est un fort dont l’artillerie est placée en avant d’un massif central, par delà une rue du rempart. Un fort à batterie haute se dit d’un fort dont le casernement est surmonté d’une crête d’artillerie.

2Les informations de la partie strictement militaire ont été apportées par Luc Malchair, guide nature, ex-conservateur de réserve naturelle et… spécialiste des fortifications françaises * Index des fortifications françaises 1874-1914

On monte au prieuré par le pas de l’Escalette ?


Itinéraire un peu technique (Pour randonneur moyen averti), il permet d’accéder au prieuré et à la Croix en passant par le refuge Cézanne grâce à un itinéraire varié.

* Description de l’itinéraire (n°3) et accès
* Autre description de l’itinéraire et accès – Site Montagne photos

La météo aujourd’hui à cet endroit :
Direction du vent et température ressentie

Ce tracé part du Parking du Plan d’Enchois, sur la route du Tholonet à Puyloubier. Il passe au refuge Cézanne où j’ai pu m’asseoir et consulter la carte. On se trouve dans le hameau du Trou déserté depuis le début du XXè siècle.

Pour en savoir plus une recherche sur le hameau du Trou

Plusieurs chemins partent de là , dans toutes les directions. Vous trouverez sur le site Week end et tourisme en Provence, quelques photos qui vous donneront l’envie d’aller voir. La balade est assez courte.

115_1583_r.3.jpgLe tracé rouge, rocailleux, après le pas des dinosaures, permet de découvrir le plateau des Roques Hautes ; La falaise des Costes Chaudes, toute plissée, fait partie des terrains les plus anciens de la Ste Victoire. Le fait que cette couche géologique se trouve au-dessus des autres plus récentes, prouve que les mouvements qui ont eu lieu ont mis la montagne « sens dessus dessous ». J’ai l’impression d’être dans un passage, coincée entre deux mondes, celui prieuréd’en bas avec le refuge qu’on ne voit plus, et celui d’en haut, dominé par la crête qu’il va falloir rejoindre. A ma gauche, le plateau de Bau Roux, légèrement incliné, est la surface d’une brèche1. La marche à flanc de coteau sur des dalles rocheuses inclinées parsemées de cailloux, est nettement plus facile que par le pas du Berger (variante de l’itinéraire) mais il faut quand même oser y poser les pieds sans regarder derrière soi. Je rejoins le tracé bleu du sentier Imoucha. IMOUCHA H. ,Sainte-Victoire. Guide des excursions. Editions DGDL , Marseille, 1980.

La découverte du prieuré, accroché au flanc nord de la Sainte-Victoire, est la récompense suprême. Point besoin de parler. Le stress disparait. Lieu de paix, lieu de rencontres aussi. « Les amis de la Sainte-Victoire » étaient présents ce jour là et j’ai eu droit à une petite explication privée sur l’histoire des moines, l’accès à leur jardin, les travaux en cours et le programme du concert annoncé.

 

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Je prends mon pique-nique assise face au point de vue sur l’ensemble de la Provence : le fameux pan bagnat arrosé d’un verre de coteau d’Aix, a bien meilleur goût que sur terre. Il réunit tous les ingrédients de la salade niçoise dans un pain de campagne rond dont les deux moitiés sont imbibées d’huile d’olive.

Préparation : pan bagnat

– Séparer le pain en deux dans le sens de la longueur

– Frotter chaque moitié avec une gousse d’ail, mouiller légèrement de vinaigre, largement d’huile d’olives, saler et poivrer

– Disposer les ingrédients suivants tranchés finement : salade verte, tomates, oeufs durs, thon, anchois, concombres, poivrons verts, petits oignons frais, feuilles de basilic et olives noires de Provence

Une autre recette de pan bagnat en cliquant ici

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1Brèche : du point de vue géologique, écroulement d’une crête de plus en plus surplombante