Balade en boucle dans la chaîne de Lançon-Provence


Une balade familiale, un jour de temps incertain, proche d’Aix-en-Provence, pour gens fatigués, pressés ou qui veulent reprendre progressivement le sport après une période d’inactivité forcée. Vous l’aurez compris, je n’ai pas été emballée ; le tracé n’inclut pas la borne romaine de Bidoussane, mais la signale tout de même.

La météo à cet endroit
avec le vent et à 3 jours
  • Balisage d’un vert clair fade correctement posé sauf à l’endroit où il faut contourner par la gauche la propriété privée de Saint-Savournin
  • Le circuit suit le GR 2013 dans sa première partie : le début du parcours mis en ligne sur le site de la FFR est donc erroné Topo Rando Chaine de Lancon.
  • Pratiquement pas d’ombre en chemin (à faire en automne ou au printemps)
  • Proche de l’autoroute : donc le bruit de la circulation est toujours présent.

le parkingLes vignesLe petit parking prévu se trouve à l’entrée du chemin de départ balisé de plusieurs couleurs dont celle du célèbre GR 2013. La presque totalité du parcours s’effectue le long des vignes ou des oliviers.

Dalles de la voie romaineEn tournant sur la voie aurélienne, cette grande voie romaine qui va de l’Italie à la Gaule, avec un peu d’attention, vous reconnaîtrez quelques pierres plates taillées et le milieu de la chaussée qui est un peu bombée. Contrairement à une idée répandue, la surface de la voie romaine est plus souvent constituée de graviers que de dalles, sauf dans les parties à forte circulation, près des agglomérations.

Abri avion ?La borne milliaire de BidoussanneSur la gauche, des murs haut et épais attirent mon attention : serait-ce un des abris pour avion qui subsistent, car les murs n’ont pas de propriété à protéger ici. Selon Michel, la photo de gauche montre l’entrée  arrière (entrée pour les personnels) d’un U constitué de 3 murs pare-éclats et destinés au stationnement des bombardiers allemands du terrain de Salon de Provence pendant la guerre. Je pense que le U photographié est le dernier de l’aire de dispersion  orientale du terrain. En poursuivant d’une bonne centaine de mètres au carrefour où il faut normalement tourner à droite, vous découvrirez, bien cachée sous un chêne vert aux feuilles piquantes, à gauche, la borne milliaire de Bidoussanne. Ne vous laissez pas impressionner par les deux chiens en face qui n’arrêtent pas d’aboyer !

Via Aurelia #1 : la borne milliaire de Bidoussanne, par liodan13

Batterie de LoyneBatterie de LoyneJe traverse ensuite une zone de vestiges militaires, situés à 4km700 à vol d’oiseau, de l’aérodrome de Salon. Je ne sais pas encore quelle était la fonction de ces bâtiments appartenant sans doute à la batterie de Loyne : ce sont des vues intérieures des encuvements pour canons lourds de Flak  de la batterie du quartier de la Loyne (batterie à 4 canons de 88 mm). Merci Michel (pseudo P38-13) du forum sudwall

La défense des terrains occupés par la Luftwaffe comportait deux ceintures de batteries anti-aériennes : une première composée de batteries de calibres légers et moyens installées aux abords des pistes et des aires de dispersion des appareils […] et une seconde, beaucoup plus éloignée, composée de batteries dites lourdes.
[…]
3/ La batterie de la Loyne, à l’est du terrain[d’aviation], dans un verger d’oliviers ; actuellement il reste 4 encuvements, abris personnels, soutes et un bâtiment qui a pu supporter un projecteur. P38-13 du Forum Sudwall

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La chapelle Saint-André et le vieux village de Roquefort


Le parking du grand Caunet est plein, à cause d’une manifestation de VTT ; je me gare sur le parking de l’autre côté de la D3, départ pour le télégraphe.
Le double nom de la commune Roquefort – la Bédoule s’explique par le fait qu’elle est constituée par la réunion de plusieurs communautés ou fiefs parmi lesquels le territoire de Julhans (1789) et La Bédoule (1837) ; l’appellation Roquefort-La Bédoule est définitive en 1918. Carnoux-en-Provence est détachée de Roquefort-la-Bedoule en 1966.

La baie de la Ciotat depuis le GR 51Le pic de Bertagne, les antennes depuis le GR 51Ayant récupéré la partie de trace qui m’intéresse sur le site tracegps.com, entre la chapelle Saint-André et le vieux Roquefort, je pars confiante. La piste est large, monte doucement, offrant côté mer quelques belles échappées sur la baie de la Ciotat, côté terre sur le pic de Bertagne. Le premier carrefour de pistes porte une indication des plus tentantes : « GR51 – les Balcons de la Méditerranée ». buste comte H de Villeneuve Flayosc pèreMonument en l'honneur de Léonce de Villeneuve Flayosc filsJe passe devant le cabanon du Marquis fermé pour l’instant ; quelques  sièges invitent au repos ou au pique-nique. De quel marquis s’agit-il ? sans doute celui de Villeneuve-Trans ; le comte Hippolyte, polytechnicien ou le marquis Léonce, fils du premier ?

Le cabanon du marquis, baragatti

Léonce, qui fit la campagne de Crimée, est créateur en 1889 du syndicat agricole Union des Alpes et de Provence ; c’est Jules Cantini qui a réalisé le monument en bronze inaugurée en mai 1913.

[Benoît-Hippolyte comte] de VILLENEUVE (promotion de 1822 de Polytechnique), est né le 19 août 1803, mort le 11 mai 1874 ; il est l’auteur d’une Carte géologique du Var. […] En 1848, Villeneuve […] introduisit ainsi, dans la pratique des constructions, l’emploi de la chaux livrée en poudre par sacs plombés. […] La pratique nouvelle introduite par de Villeneuve a été réputée être un des progrès les plus considérables de l’industrie des chaux hydrauliques. Extrait du LIVRE DU CENTENAIRE DE L’ECOLE POLYTECHNIQUE, tome III

Le calcaire de la Bédoule qui sert à fabriquer la chaux et le ciment a donné son nom à un étage géologique du crétacé inférieur : le Bédoulien (1888), comme le calcaire d’Orgon avait donné son nom aux calcaires urgoniens. Cette strate [bédoulien] est composée de calcaires en plaquettes à Heteroceras, de calcaires beiges à silex, de calcaires marneux exploités et de marnes. La couche géologique renferme des fossiles marins, principalement des ammonites, qui témoignent en faveur d’un climat chaud avec des précipitations comparables à celles d’aujourd’hui. Extrait du site Roquefort-la-Bédoule, notre patrimoine géologique

La plaine de Roquefort et le piton du vieux RoquefortUne falaise sur le chemin d'accès à la chapelleLa piste est toujours bien large, sans difficulté mais sans indication de la chapelle Saint-André. Face à moi, le piton rocheux sur lequel on aperçoit un bout de mur du château du vieux Roquefort ; entre lui et moi, la plaine viticole de Roquefort. Je longe une barre rocheuse qui annonce l’environnement cahotique de la chapelle.

Arrivée à la chapelle Saint-André (Bertagne dans le fond)Cette chapelle romane Saint-André aux murs hauts, à la porte en pierres taillées, au chaînage d’angle soigné, est admirablement restaurée par l’association « Les Amis de la Chapelle Saint-André » à partir de septembre 1983 puis achevée par le Conseil Général qui en est propriétaire. Trônant sur son piton rocheux, cernée de remparts, elle se dévoile d’un coup au détour du dernier virage ; ses belles pierres blanches scintillent au soleil. Elle est fermée mais l’étroite fenêtre me permettra quand même d’y jeter un œil. Le surnom de Notre Dame de Sècheresse fait référence aux pèlerinages effectués pour lutter contre ce fléau. Non loin du château de Julhans, elle est mentionnée en 1143 sous l’appellation Notre Dame de Julhans (la chapelle Saint-André sur le site des chapelles et églises rurales de Provence). Elle était entourée au Moyen Age de quelques habitations abandonnées au XVIIè siècle. Et je comprends pourquoi : le chemin d’accès à partir des Bastides est étroit, raide et rocailleux, risqué, surtout en descente.

Intérieur de la chapelle (croix de Saint-André posée au sol à gauche)Porte d'entrée en pierre tailléeRempart Chapelle Saint-André et son clocheton

La chapelle Saint-André, baragatti

Je l’emprunte quelque temps pour trouver le sentier qui me mènera au vieux village de Roquefort mais ne le trouve pas. Manifestement il y a une erreur dans le tracé qui suit le relief, impraticable à pied. Je reprends le chemin de l’aller et décide de questionner quelques promeneurs pour trouver un autre chemin d’accès ; Ruine du vieux château avant depuis le sentieraucun panneau indicateur, juste parfois un cairn à un carrefour ; j’en trouve un qui mène au vieux village. De loin, au travers des arbres du sous-bois, j’aperçois le haut mur du château en équilibre sur le bord de la falaise.

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Rians : la colline Saint-Pierre et sa chapelle


Aujourd’hui le mistral souffle dans toute la région. Je choisis un lieu où, selon météo France, les rafales sont moins violentes mais ça s’avérera faux : les premières heures seront donc désagréables.
Après m’être inspirée d’un vieux guide sur les randonnées pédestres dans Sainte-Victoire, et de la randonnée de Yves en Provence déposée sur le site randogps.net, j’ai concocté mon propre parcours : dans le premier guide, la balade était trop courte ; celle sur internet avait trop de partie commune à l’aller et au retour. Je vous propose donc une boucle qui commence par la Louvière, descend la colline de Saint-Pierre à l’est du vallon des Vacons puis rejoint Rians par une large piste forestière très aimée des chasseurs.

La météo à Rians
à 3 jours avec la vitesse du vent

Parking du Faraillon bien situé dans le centre ville. La balade commence sur une route revêtue qui s’engage vers le domaine agricole de la Louvière ; je passe devant le lavoir décoré de peintures champêtres : un berger et son troupeau avec plein de petits détails tels que la fenêtre en trompe l’oeil ou le garçonnet qui se cache derrière la paysanne ; un vieil oratoire caché derrière un arbre ponctue sans doute ce qui fut un chemin religieux.

La piste étroite, empruntée par les chevaux, sinue entre des champs à droite et un bois à gauche. Près des maisons du hameau, je m’interroge : tous les accès sont annoncés ‘privés’ mais en longeant les constructions après un passage dissuasif envahi de végétation, je trouve un sentier dont la chaîne a été coupée ; buis, yeuses et touffes de thym m’accompagnent jusqu’au chemin plus officiel dessiné sur la carte IGN.

Un simple cairn sur la grande piste m’alerte : il faut tourner à gauche pour atteindre la chapelle. Sentier bientôt raide, humide (nous sommes à quelques jours des inondations dans le Var) ; c’est maintenant qu’on s’amuse : dénivelée 105m sur une distance de 320m environ soit une pente à plus de 30% sous un bois plus dense avec quelques marches un peu hautes ! mieux valait que je ne prenne pas le même chemin au retour.

Ce n’est que quelques mètres avant d’arriver au sommet (554m) que je découvre les ruines imposantes de la chapelle Saint-Pierre. Il ne reste pas grand chose debout ; les murs ont beaucoup travaillé et la ligne de pierres ondule. On reconnait encore une corniche et la voûte. Quelques traces d’anciennes habitations subsistent sur la crête : comment pouvait-on construire dans cet endroit si éloigné de Rians et si difficile d’accès ? De tous côtés, la vue porte loin : j’ai toujours une préférence pour les Alpes enneigées plutôt que les collines.

On sait que la colline était occupée dès l’âge du fer mais sur cette chapelle je n’ai pratiquement trouvé aucune information ; selon certains, elle recèlerait une cache contenant des archives des Templiers ; la balade passe par le quartier Saint-Maurin à Rians  : il y a peut-être confusion avec le Saint-Maurin de Régusse, importante commanderie sur la route de Quinson. En tous cas, la chapelle est assez importante en taille pour avoir joué un rôle religieux notable dans la commune. La revue Gallia du C.N.R.S. parle d’une chapelle connue depuis le XIè près de laquelle on aurait retrouvé des céramiques gallo-romaines. La déléguée à la communication de la mairie de Rians, que je remercie, a bien voulu me fournir quelques informations : Chapelle Saint-Pierre dite « Templière » d’art roman du XIIè siècle. Orientée Est-Ouest, sa superficie est de 13 m de long sur 4,60m de large, sa hauteur est de 12 m environ sous voûte. La totalité de cette construction est en pierres appareillées.


Traces jaunes sur la crête rocheusePour rejoindre le sentier en pointillé par la crête, il faut être attentif et suivre d’abord la crête rocheuse que l’on repère des yeux au loin ; on marche sur quelques lapiaz creusés par l’eau ; de vagues traces de peinture jaune peuvent vous y aider. C’est le seul passage qui demande un peu de vigilance et sens de l’orientation.

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