Boucle de la Luynes


Une bonne surprise dans la commune de Gardanne souvent plus connue pour ses terrils de mine, sa centrale, sa haute cheminée visible de tous les coins du département. Un effort a été fait pour que l’on marche le plus souvent possible dans la nature. Ceci est une version actualisée de celle de 2020 Gardanne, entre monde moderne et monde rural qui part d’un autre parking. Nous sommes garées près de l’étang de Fontvenelle1.

La météo ce jour à gardanne/13 :
Avec le vent et la température ressentie

Ce plan d’eau de 11000m2 environ est apprécié pour la pêche à la carpe. Un banc permet de s’asseoir pour observer les pêcheurs bien peu nombreux ; au moment de la vidange du barrage de Bimont, l’étang a bénéficié d’une pêche de sauvetage. Suite à la publication en 2024 par Alteo du diagnostic environnemental des eaux souterraines, la consommation des produits de la pêche issus de l’étang de Fontvenelle est interdit par Arrêté Municipal (Arrêté n°2022-212P du 28 juillet 2022). Note : l’usine Alteo est proche de l’étang…

L’usine Alteo de Gardanne, une menace pour les cours d’eau.
Ce risque de pollution était connu des autorités depuis au moins 2008. « Il existe des relations entre l’impact des eaux de l’étang de Fontvenelle et l’activité du site », indique notamment une fiche Infosols publiée sur le site gouvernemental Géorisques. Reporterre

En bordure de l’étang , une tour porte un cadran solaire.

Je pense qu’il s’agit d’une noria restaurée à cause de la présence d’un long canal rectiligne prenant l’eau dans le vallat de Cauvet et longeant notre chemin sur le côté droit du sentier.

En 1830 un peu au sud, une écluse appartenant à Augustin Bourrely, maire de Gardanne depuis 1817, par une autre dérivation, recevait l’eau nécessaire au remplissage de l’écluse d’un moulin à eau ne se trouvant donc pas en bord de rivière (sur la carte IGN de 1950 on voit bien ces deux canaux) ; le moulin, l’écluse, les terres autour, sont de première catégorie, donc offrant de bons rendements. ; je pense que le moulin n’existe plus ; merci à celui qui me dira où je peux me renseigner.

Le sentier descend dans les prés sous le stade puis retrouve le chemin de Saint-André et la Luynes ; croisement avec la ligne de chemin de fer ; plus loin à gauche, un sentier traverse des champs exploités par le lycée agricole, ponctués de quelques norias (explication de leur fonctionnement dans l’article de 2010), très nombreuses à Gardanne. Nous empruntons un petit raidillon et pénétrons dans la pinède près du lycée agricole. 

Nous retrouvons la rivière Luynes quelques mètres plus bas ; je remarque qu’en 1830, la Luynes s’appelait ruisseau de Saint-Pierre sur Gardanne, Luynes au-delà sur Aix dans l’ancien hameau de Luynes. Luynes était jadis la propriété privée de la famille de Ségur et lorsque Jeanne, héritière des terres de Luynes, épousa Léon d’Albert, en 1535, c’est lui qui en hérita. Luynes devient ainsi le berceau des seigneurs d’Albert. Leur fils, Charles d’Albert page d’Henri IV puis favori de Louis XIII, pair et connétable de France, devint duc de Luynes en 1619. Il amena en Touraine son titre aixois. Selon la Provence du 31/05/2026. Un tour du côté de Luynes en Indre-et-Loire : De Fondettes à Luynes : parcours champêtre et patrimoine).

Un seuil de taille impressionnante se situe à l’emplacement de l’ancien moulin à eau – dit moulin du Fort puis moulin de Valabre (meunier Gaspard Lion marié à Marie Virginie SIBILLE en 1826) – un autre moulin à vent dit de Valabre se trouvait de l’autre côté de la route – tous deux appartenaient à la famille de Gueydan, Louis Alphonse au moment du cadastre napoléonien. Errement au niveau du carrefour en haut du chemin du moulin du Fort : le topoguide n’est pas clair, il faut se diriger vers le parking privé en face et tourner dans un sentier à droite qui retrouve la rivière Luynes sur l’autre rive. Partie fraîche et bien agréable, avec une eau mouvementée.

Le très long chemin du moulin du Fort, partant de Valabre, mène jusqu’au centre de Gardanne : Fort, nom propre d’un consul en 1490, ou petit fort ? Appelé pavillon-des-Quatre-Tours, construit vers 1575, à une époque troublée, ce fortin a pu défendre le moulin et le chemin (selon Michel Deleuil, patrimoine) ; avant son embellissement, le bâtiment était austère, les tours étaient aveugles, pas de balcon ni porte-fenêtres, ni colonnettes. Le moulin et le quartier de la clue ont été acquis d’abord par Barthélemy de Thomas-Milhaud qui a construit le fortin puis rachetés par Fabri.

A l’entrée du parc qui accueille aujourd’hui des collégiens, une vieille tour bien dégradée, fut probablement une fontaine (bassin rond au sol). Des platanes majestueux de plus de 30m de haut et 1m de circonférence sont classés à juste titre comme remarquables. Un puits, d’anciennes restanques témoignent de l’ancien et important domaine agricole.
Aménagement forêt communale Gardanne

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Rousset, de la colline de Campbernard à la rivière de l’Arc


Inspirée d’une partie du GR Sentiers de l’eau en Provence, La Métropole Aix-Marseille, Editions FFrandonnée, 2026, j’ai cherché à faire une boucle en évitant les routes et la proximité de l’autoroute. C’est un circuit inédit dont la grande inconnue, est la colline de Campbernard qui ne possède aucun sentier balisé mais des chemins en pointillés, uniquement visibles sur Plan IGN, donc sans garantie de continuité.

Anne est toujours partante dans ce genre d’expédition. Nous stationnons sur le parking de la promenade de Manéou à la Cairanne.

La météo ce jour à rousset/13 :
Avec le vent et la température ressentie

Direction nord, nous suivons la route jusqu’à repérer en face un genre de barrière DFCI : c’est là qu’il faut traverser et chercher le sentier tout d’abord un peu touffu ensuite bien plus lisible ; il circule entre des blocs rocheux qui semblent s’être décrochés il y a longtemps de la Barre du Cengle, monte et descend sans arrêt. Des traces de VTT indiquent que le sentier est bien fréquenté. Quelques passages glissants de terre poudreuse, des pas hauts puis c’est la jungle, plus de trace de VTT, plus de sentier ; je pars en tête pour repérer la suite mais il nous faire demi-tour et trouver où redescendre (meilleur point repère descente : altitude 235m N 43.48120° E 005.60116°).

Enfin, je trouve un cairn de pierre posé sur un rocher un peu plus bas : par un sentier escarpé que j’emprunte plutôt sur les fesses que sur les pieds, nous atteignons le bas du coteau et les vignes dans lesquelles pousse du genêt d’Espagne. A partir de là, nous circulerons en lisière de bois, toujours à l’ombre, toujours en courtes montées et descentes successives.

Après le Ribas1, entre deux champs de vignes, nous rejoignons la route de la vallée par un sentier d’exploitation ; regard en arrière : des vignes s’étalent devant une belle maison et son pigeonnier ; le moulin de Rousset là haut sur la colline de Campbernard (Camp-Bernard serait plus juste) montre fièrement ses ailes même s’il ne fonctionne plus depuis longtemps.

Le moulin à vent de Rousset semble avoir été construit au XVIIIe (il figure sur la carte de Cassini, vers 1760) ; lors de l’établissement du cadastre napoléonien, il est encore taxé donc il fonctionne. Il appartenait alors à Gaspard Edouard de Coriolis (°1770, +1847), sous-préfet d’Aix ; il était le fils de Edouard Laurent, président en la cour des comptes aides et finances d’Aix-en-Provence2 qui avait acquis le château de Rousset en 1769 ; il s’agit de la branche cadette des barons Coriolis de Limaye3.
Note : l’hôtel de Coriolis de Rousset se trouve rue Cardinale à Aix-en-Provence

L’oncle de Gaspard Edouard, Gabriel Pierre Xavier (°1750, +1834), très endetté, sera exilé par sa famille à l’île Saint-Domingue, colonie française depuis 1697, aujourd’hui Haïti. On retrouve les aventures d’un Cadet de Grande famille provençal, aux multiples rebondissements, dans le bulletin des Annales des Basses-Alpes, mars 1936 !

Nous rejoignons le village ; au carrefour, chemin de Larciano, la route se termine en sentier. Le circuit tourne au carrefour suivant, dans la rue de la Sablière à droite.

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Sentier botanique de Rognes


Courte promenade dans le quartier des Garrigues, sur un sentier délaissé par les marcheurs, qui traverse les bois et les vignes dans la campagne rognenque. Nous, André et moi, nous sommes garés en bordure de route mais sans doute se mettre sur le parking officiel (Coordonnées : 43.65929 5.314509) ou près du terrain de sport du collège est plus facile.

La surface des deux premiers panneaux du parcours est craquelée, affadie et donc peu lisible ; deux bancs de bois invitent au repos : trop tôt pour s’asseoir, nous arrivons à une vaste ruine qui m’intrigue depuis longtemps et que j’ai identifiée comme étant la ferme Pataconit grâce au cadastre napoléonien (1836). Lire son histoire complète PATACONIT, UNE BASTIDE OUBLIÉE, Corinne RENAUX DOMENGE, Annales 48, 2024, Amis du Patrimoine de Rognes.
Merci André d’avoir déniché ce précieux document.

Toujours pas trouvé l’origine de ce curieux toponyme (surnom du propriétaire Elzéar RIAS fils d’Antoine, Livre terrier et censier général de la seigneurie du lieu de Rognes, 1770). A la différence de 2015, la ferme est clôturée, abandonnée depuis longtemps : les photos de 2015 (lire 4e rando de la courge) ont été prises alors qu’elle n’était pas encore protégée. En 1836, la maison numéro 1234 du plan (feuille F3 du cadastre napoléonien) appartenant à Sylvi André, est vacante. L’autre maison contigue appartient aux héritiers de Denis RIAS mort en 1817. La propriété est entourée de pâtures, vignes et autres terres. Elle possède un jardin, une écurie, une crotte (cave en sous-sol), un puits, un four (cadastre de 1627).

D’après les annales de l’association Les Amis du patrimoine de Rognes et le manuscrit de l’abbé Joseph Mathieu MARTIN (°1750, +1823), fils de Louis et de Françoise SILVY, les familles RIAS sont présentes à Rognes depuis plusieurs siècles. Certains ont exercé des fonctions communales ou ecclésiastiques : en 1517, Boniffont Rias est membre de la confrérie Saint-Denis ; en 1602 Jean Rias est curé de Rognes (il sera un temps propriétaire de la bastide) ; 1652 Barthélémy Rias est vicaire ; en 1662 Augustin est conseiller de la communauté.

Denis RIAS (°1773, +1817) est le fils aîné de (Jean) Joseph RIAS et Marguerite SAINT-ETIENNE ; ensuite, presque tous ses frères et soeurs sont morts jeunes. Sa cousine germaine Marie Rose Claire RIAS (fille de Jean Nicolas x Rose LAURENT) hérite et habite avec son mari SYLVI André dans la maison contigue à celle de Denis. Quand elle se marie, ses parents sont morts. Pas trouvé d’héritiers masculins. Plusieurs ascendants de Denis RIAS se prénomment Antoine, information que je rapproche de celles données par l’abbé MARTIN qui dit qu’en 1568 Peyron Rias possède une partie des Garrigues […], Antoine en 1589 une bastide (AD 13 133 ECC 13). Cette bastide est donc bien Pataconit.
Plus personne n’y habite en 1859 ; le tremblement de terre de 1909 achève le délabrement de la bastide.
En 1995 la commune s’en porte acquéreur.

Nous arrivons au parking sableux sur lequel est stationné un camping-car. Aucune indication sur les centres d’intérêt numérotés du circuit, ni ici ni sur internet. Des traces de chariot creusés au sol sont peut-être celles du sentier saunier (transport du sel à une époque lointaine) puis un premier modeste pont en pierre sur l’ancien canal du Verdon envahi par la végétation.

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