De Bibémus à Bimont



Un classique facile et typique, à partir du plateau de Bibemus, que je parcours avec Tatooine, le chien de ma fille. Depuis Aix-en-Provence, on monte par une petite route, le chemin de Bibémus, qui est aussi le GR653A, chemin de Compostelle. Le parking est presque toujours plein car le lieu attire non seulement les randonneurs mais aussi les joggers, les promeneurs de chiens, les  amateurs de Qi Gong et de yoga, etc.

La piste large passe devant les carrières de Bibémus exploitées pour les monuments aixois jusqu’au XVIIIe siècle (visite sur réservation auprès de l’office du tourisme) ; elles ont fait la renommée du peintre Cézanne qui découvre les lieux à l’abandon : il fait naître entre 1895 et 1904 des œuvres de renommée mondiale, telle Le rocher rouge. Extrait du site cezanne-en-provence.com. Les méthodes d’extraction de la molasse à Bibémus par les Romains sont très inspirées des techniques employées à Carthage à la même époque ; le nom de Bibemus a d’ailleurs une consonance latine.

Le premier sentier sur la droite mène au barrage Zola après une belle descente ; les piliers de chaque côté et le mur de pierre sèche rappellent qu’au début du XIXe, le lieu était privé, cultivé par la famille de Charles Venture du Tholonet (Curieux : il porte l’ancien nom de la montagne et de la chapelle sur Sainte-Victoire…) : vignes, pâture, bâtiment rural figurent sur le cadastre napoléonien.

Je continue vers l’est sur le plateau, sous les pins ; dans les flaques d’eau qu’ont laissé les pluies abondantes d’hier, une auréole jaune-vert fluo s’est déposée comme une dentelle. C’est le pollen de pin. En avril et mai, dans les villes, le pollen des pins prend la forme d’une poussière jaune envahissante : dans les rues, sur les voitures, sur les terrasses, sur les toits et sur le linge étendu dehors !

Variante : sous cette piste large, sur la frontière Aix-Le Tholonet, se cachent quelques grottes qui ont servi de terrain de jeux à bon nombre d’enfants ; ouvertes sur les Infernets et le barrage Zola, elles offrent quelques vues sans obstacle, bien meilleures que depuis la piste. Merci André.

Sur une petite esplanade à découvert, le barrage Zola en contre-bas, apparaît ; les jours de pleine lune, il paraît que le spectacle des reflets de l’astre nocturne sur l’eau vaut le déplacement… Merci Domi pour l’information.

Le plus souvent en sous-bois, le sentier offre néanmoins à l’œil attentif quelques trouées avec vue sur la Sainte-Victoire, aujourd’hui encore dans les nuages. Un arbre déraciné rappelle que le mistral peut être plus fort que la nature. Sur une aire plane près de la falaise, deux cabanes en forme de tipi ont été construites à l’aide de branchages, soigneusement entourées d’un chemin délimité par des cailloux. Elles dominent les Infernets, toponyme que l’on retrouve aussi à Vitrolles et Vauvenargues, et qui désigne un lieu d’accès difficile ou… les enfers.

Aux deux tiers du trajet, une variante s’éloigne en large boucle dans les bois tandis qu’une autre reste sur le bord de la falaise. Je prends la plus proche du bord, que l’on identifie par une petite esplanade de cairns en tout genre construits sans doute par les randonneurs à la manière du rituel des pélerins de Compostelle. De multiples petits sentiers sont possibles et tous mèneront au barrage du Bimont. Le parking est vaste et les touristes nombreux ; on ne peut toujours pas traverser le barrage à pied à cause des travaux mais bientôt, en juin, le passage sera rétabli.

La rénovation du barrage du Bimont (inauguré en 1952) a pour but d’anticiper les besoins en eau de la région : c’est une réserve de sécurité de 14 millions de m3, soit l’équivalent de la consommation d’Aix pendant un an (après les travaux, 25 millions m3) ; un dispositif de pompage-turbinage peut être utilisé pour renvoyer de l’eau en amont du barrage. Depuis 2016 d’importants travaux de rénovation ont été entrepris :

  • 2016 : création d’une conduite de dérivation pour assurer la continuité d’alimentation en eau ; travaux de modernisation du suivi ; évacuation des chauves-souris du système de drainage ;
  • 2017 : vidange du plan d’eau jusqu’à sa consommation complète ; pêche de sauvegarde ;
  • 2017-2019 : travaux de sécurisation pour stabiliser le phénomène de gonflement et de fissuration du béton dans certaines zones ;
  • dernier trimestre 2019 : remise en eau progressive ; recolonisation du site par les chauves-souris.

Bimont fait peau neuve

Quand la remise en eau aura commencé, il ne sera plus possible de traverser le lac à pied et de le voir comme je l’ai photographié dans cet article : lac de Bimont à sec.
Je m’arrête au kiosque d’information pour savoir quand seront terminés les travaux ; l’hôtesse m’annonce que la fête d’inauguration aura lieu fin juin et le remplissage à partir de septembre 2019.

Un touriste me questionne sur le barrage qui est encore inaccessible aux marcheurs, cherche d’où peut arriver l’eau, apprécie la prairie qui domine les gorges puis repart, visiblement impressionné. Sur le chemin du retour, je vois mieux en contre-bas les cultures en terrasse dans les terres rouges du Tholonet si caractéristiques, et les marques de balisage sur le tronc d’un arbre : rouge-blanc pour le GR, jaune pour le PR et la coquille pour le chemin de Compostelle.

Une balade familiale, souvent en sous-bois, pour découvrir la Sainte-Victoire de loin. Un seul court passage à mi-distance où il faut faire un peu plus attention dans une mini descente rocheuse.

8km230, 2h déplacement (2h30 au total), 39 m dénivelée.
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