--- Saisie d'un commentaire en bas de page ---

Le vieux village de Chateauneuf-Val-Saint-Donat depuis la chapelle Sainte-Madeleine


Le but était de (re)découvrir le vieux village de Chateauneuf-Val-Saint-Donat, en commençant par la visite de la chapelle La Madeleine. Le seul moyen de se garer sur cette petite route étroite et sinueuse D951, sans bas-côté, c’est à l’entrée du chemin partant du virage et du pont sur le ravin du Bouy ou de Sainte-Madeleine (44.083321N, 5.929473E) ; descendre à pied la route sur 330m environ pour retrouver le sentier balisé venant de Mallefougasse.

Chateauneuf-Val-Saint-Donat : une colline sous le beau vent de Lure, février 2013
D’Aubignosc au vieux village de Chateauneuf-Val-Saint-Donat, mars 2013

Nous n’avons pas eu le temps de partir de la chapelle Sainte-Madeleine comme prévu ; ce départ était un prétexte pour une variante de 500m environ jusqu’à la chapelle située en plein bois et totalement cachée à notre vue à partir de la route ; indication de direction au départ puis plus rien ; mais il est difficile de se tromper ; l’un des sentiers arrive par derrière la chapelle, l’autre en face ; dans le sous-bois, de nombreux pierriers jalonnent le sentier, si bien alignés et si longs parfois, que je jurerais y reconnaitre une enceinte ou un oppidum. C’est l’endroit idéal pour une pause.

1997/06/30 : inscrite sur la liste des Monuments historiques ; elle est de construction très soignée (fin du 12e ou du 13e siècle), assemblage de pierres de taille dont la surface présente des sillons parallèles et très réguliers, murs de plus d’un mètre d’épaisseur ; un gros oeil de boeuf à l’extérieur et tout petit vu de dedans ; un caveau à l’intérieur ; quand j’en fais le tour, je tombe sur les ruines du couvent accolé ; elle ne ressemble pas aux petites chapelles rurales que l’on voit habituellement ; la toiture en lauzes a été refaite. Une citerne à quelques mètres de là procurait de l’eau et les jardins cultivés des moyens de subsistance.


En 1663, abandonnée, elle servait d’abri à bestiaux ; profanée , après quelques réparations, elle dut être bénie. En 1686, un ermite, frère Balthazar s’y installe après que le conseil de la communauté lui ait construit une cellule. En 1694, c’est Jacques Corbon qui prend la relève puis en 1716, c’est Etienne Amic ; la Révolution trouve frère Bernard sur les lieux en 1792.

Suivre la direction de ‘Chateauneuf-Val-Saint-Donat 3km’ en suivant le balisage jaune à travers la forêt ; sur internet, seule une personne du club decathlon outdoor y est passée ; la bory1 de Barbarin et celle de Corbon2 sont sur le chemin ; en s’approchant du hameau principal des Chabannes, on arrive dans un espace de prairies puis au terrain de sport. En route pour le vieux village. Cette fois, j’ai récupéré le plan du cadastre napoléonien et les informations de la section D aux archives départementales du 04 : j’espère m’y repérer plus facilement, d’autant plus que le village n’est totalement abandonné que depuis le XVIIIe.

A côté de la fontaine, ô surprise, des toilettes, ce qui est rare mais bienvenu. Le sentier traverse les champs, fixe l’ambiance rurale que j’aime beaucoup.

La montée s’effectue sur des terres noires (marnes), paysage érodé et raviné parfois glissant, d’où un escalier de bois facilitateur ; après un passage caillouteux, nous atteignons le vieux village de Chateauneuf-le-Charbonnier par le nord.

De la tour ronde du vieux moulin sur notre droite, s’étend un vaste panorama sur la montagne de Gache et sur la centrale photovoltaïque d’environ 10 hectares rapportant un revenu locatif annuel à la commune ; un projet d’extension nécessite une modification du Plu et fait débat. Projet de modification

Première difficulté : escalader la butte rocheuse pour se trouver face au mur nord qui n’est pas l’entrée officielle du château ; nous trouvons le puits qui communique avec la citerne du même côté, nous marchons avec précaution sur quelques caves dont le sol, un jour, s’écroulera. Quand il n’est plus possible d’avancer sans risque, nous tombons sur une ruine que je suppose être l’église romane Notre-Dame-de-l’Etoile, ancien prieuré dépendant du chapitre cathédral de Digne-les-Bains ; en effet, Raymond Collier, La Haute-Provence monumentale et artistique, Digne, 1986, évoquent des murs latéraux avec un arc de décharge. Elle servait encore au dernier quart du XIXe pour les messes d’enterrement.

Que de murs en ruine dont nous ne savons définir l’appartenance ! Alors que je croyais que la consultation des archives me donnerait des explications, je n’ai pu identifier que les maisons (en ruine ou pas) mais pas les pièces du château ; de plus le plan est mal orienté, la description extraite du document du curé de Puimoisson, J.-M. Maurel, Monographie du village de Chateauneuf-Val-Saint-Donat, Forcalquier, 1891 est parfois insuffisante.

Nous rejoignons le sentier oriental par une descente improvisée qu’il faut mieux effectuer en marche arrière ou sur les fesses. La ruelle est bien tracée, longe un immense mur d’enceinte (?) derrière lequel se trouvaient l’écurie et les caves. Près de la placette où a été planté un arbre de la Fraternité, se trouve peut-être l’avant-cour et derrière l’entrée du château. Les ruelles figurent encore clairement sur le plan IGN ; je regrette que nous n’ayons pas tenté d’en suivre une vers l’intérieur, ni celle contournant le site à l’ouest ; nous l’avons tout simplement ignorée.

Nous quittons le vieux village ; avant de retrouver le chemin du Plan, nous faisons un bref détour jusqu’à la chapelle Saint-Antoine, à côté du cimetière, autrefois couverte de lauzes ; Monseigneur Toussaint de Glandevès ordonna sa réparation en 1638 suite à sa visite puis le transfèrement des droits paroissiaux à Saint-Antoine ; ce n’est qu’en 1677 qu’il eut lieu après que le seigneur eut vendu son consentement.

Coup d’oeil sur les ruines du vieux village avant de découvrir la bergerie de La Bourride ; au carrefour avec le sentier menant à La Peyrouse, nous tournons à droite, passons devant l’oratoire dédié à saint-Antoine, le plus gentil des saints, Saints des miracles, restauré en 2003.

Commence alors avec André un échange au sujet d’un cabanon dans les champs, plus haut qu’à l’ordinaire – il y avait donc un étage – et qu’il nomme bastidon3 ; il en est sûr, il y a un pigeonnier ; nous traversons le champ pour vérifier ; j’ai beaucoup douté mais il a raison : c’est un cabanon-pigeonnier qui se veut coquet avec ses trois rangées de génoises ; on en voit parfois en Provence, en particulier à Valensole. Mérite-t-il le nom de bastidon ?…

Le rez-de-chaussée sert de remise, de débarras pour les travaux des champs. Les combles accueillent le pigeonnier proprement dit, reconnaissable à ses boulins (nichoirs) et à sa grille d’envol. Autrefois indispensables pour l’élevage des pigeons fournissant viande et fiente pour fertiliser les cultures, ces petits édifices font l’objet de programmes de sauvegarde et de restauration par certaines communes.

Dans la plaine, les champs sont pontués de puits associés à leur cabanon souvent réparé, et de cabanon-pigeonniers dont l’un d’eux a même son panneau solaire.

Au croisement avec le chemin de Selicon nous échangeons avec une marcheuse venant de Montfort et qui semble bien fatiguée ; elle nous suggère d’aller jusqu’au lavoir de Pleidieu au milieu des champs mais ce ne sera pas pour aujourd’hui.

Nous retrouvons la fontaine, la route principale et donc le GR653D de Compostelle, le terrain de sport et le sentier du retour vers la chapelle La Madeleine pour ceux ayant choisi de partir de là.

Avec quelques risques maîtrisés tout de même, ces ‘belles ruines’ du vieux Chateauneuf-Val-Saint-Donat continuent de m’attirer : elles restent un mystère d’autant que je constate que nous n’avons vu que le plus évident…

Image de l’itinéraire : total avec variante visite Madeleine 11km160, 4h déplacement (4h20 déplacement, 4h50 au total)

Télécharger trace PK – Les Chabannes aller et retour : 3.08km x 2 = 6km160 – dénivelée 109 m – 1h aller, 1h retour
Variante : visite la Madeleine aller et retour : 0.230 km x 2 soit 0km460 ou en boucle 0.590km, 20 mn A/R
Télécharger trace Boucle Vieux village : 4.540 km avec visite chapelle Saint-Antoine et cabanons, 2h déplacement (2h30 au total), dénivelée 111m

1 bory ou borie : cabanon en pierre sèche, plus récemment en dur

2 Corbon : patronyme ancien que j’ai retrouvé dans le premier cadastre de la commune vers 1593 ; ci-contre jaumette corbone (une ancêtre à André ?), féminin de Corbon, avec la description des biens possédés (transcription : forum paléographie geneanet :
Et primo une meyson et jardin
joignent ensemble dicte la meyson de
Jehainellete confrontant avec maison
et jardin de Jehan Bertrand et avec le chemin
alentour et autres apréciée à ? florains
)

Les Corbon sont souvent ensuite présents dans diverses fonctions communales au cours des siècles.

3 bastidon : petite bastide ; généralement, espace utilitaire en bas avec étage habitable

Partager sur FacebookPartager par mail

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *