Oraison, le bois de Saint-Martin

Publié le Catégories 04 Alpes-de-Hte-Provence, Geocaching et jeux, Inédit, Rando familialeMots-clés , ,
 

Départ sur le parking du terrain de sport à Oraison, près du camping les Oliviers où les Geocacheurs de Provence avaient organisé une rencontre en 2014. La randonnée est organisée par Yves dans le bois de Saint-Martin et reprend partiellement le circuit n°5 proposé par l’office du tourisme de la commune.

Le long du contre-fosséTêtards

Nous marchons tranquillement pendant un bon moment sur le chemin des plaines de Saint-Martin en contre-bas du canal ; les champs d’oliviers bordent le côté gauche ; dans le fond d’eau du fossé, des milliers de têtards gigotent. Nous profitons de la vue sur la plaine colorée et le village perché de Lurs.

Canal EDFVue sur LursNous passons au-dessus du contre-fossé pour grimper jusqu’au large canal EDF et rejoindre le bois de Saint-Martin, marchant sur le pas des bergers par une des drailles1 qui partaient de la plaine pour rejoindre probablement la voie de transhumance des troupeaux d’Arles dans les plaines de la Basse Montagne aux Mées. Je suis assez surprise de constater qu’il y avait dans ce bois trois drayes1 différentes et presque parallèles (celle du Pont de Mme Marin du Bosquet, celle de la Partie, celle de Saint-Martin). Bois de Saint-MartinLa piste est d’abord confortable puis, sans qu’on s’y attende, Yves la quitte pour un sentier étroit vers le nord, bien à l’ombre, sous les chênes. Petit arrêt après 120 m de dénivelée : il fait chaud ! Nous traversons à gué un modeste affluent de la Font de la Baume.

La Baume est une ancienne et importante ferme du XVII ou XVIIIe siècle qui figure déjà sur la carte de Cassini (1778). Sous la première voûte, une chaise vous attend. Cinq unités d’habitation contiguës y étaient bâties, tout en galets transportés par la Durance d’autrefois ; l’une des habitations prend appui sur le rocher, à l’endroit d’une grotte, d’où le nom de la Baume. Sur les hauteurs, une ancienne voûte a pu protéger une source.

Saint-Joseph à la BaumeNous contournons la Baume jusqu’à l’oratoire Saint-Joseph et son chapelet bleu, dont la statue n’a pas été volée contrairement à celle de Saint-Sébastien, heureusement retrouvée. Il faut dire que pour venir jusque là, ce n’est pas si facile. Il témoigne de la ferveur de nos ancêtres qui sans doute cherchaient la protection du saint. Après avoir déambulé dans le sous-bois, nous retrouvons la large piste de Malhivert2 extrêmement caillouteuse, qui longe les crêtes du Tholonet à découvert. Malivert2 comme l’oratoire du même nom à la Sainte-Victoire.

Reboisement de pinsA la citerne DFCI, le décor change ; les pins ont pris la relève, signes sans doute du vaste reboisement du XIXè ; l’utilisation du bois comme combustible, le surcroît d’exploitation dû aux troupeaux transhumants, expliquent le déboisement puis la nécessité de reboiser suite aux catastrophes naturelles. Après la descente dans les galets, nous visitons le village abandonné de Ville-Vieille, enfin ce qu’il en reste, et qui serait le village primitif du Castellet, pourtant plus proche d’Oraison que du Castellet.

GdP04-40 Villevieille, sylberfil adopté par Yves Provence

Ruines de Ville-VieilleLes archives les plus anciennes connues faisant référence au Castellet datent du XIIe siècle. Ce fief a porté plusieurs noms au fil des siècles : Castellet-des-Mées, Castellet d’Entrevennes (XIIIe siècle, famille Isnard, seigneurs d’Entrevennes), Castellet d’Oraison tout simplement au fur et à mesure de son appartenance au seigneur du lieu. Au XVIe, la communauté s’est installée sur la rive droite d’un bras du Rancure, peut-être pour se rapprocher de la voie reliant Puimichel à Oraison le long de laquelle un moulin à eau et à foulon de drap avaient été construits et parce que les meilleurs terrains agricoles étaient en fond de vallée.

Selon les historiens du XIXè, le Castellet d’Oraison aurait reçu son nom d’un vaste château situé à Ville-Vieille, dont il ne resterait que des ruines peu imposantes ; mais on n’a jamais trouvé à ce jour une trace de château.
La tour à Ville-VieilleLa tour qui domine de 100 m le village d’Oraison, n’est peut-être qu’une tour de guet… L’existence d’un château est probable de par les armes parlantes du Castellet mais peut-être dans la plaine :

Blason_LeCastellet.svgporte d’azur à un château d’or […] fermé d’une porte d’argent. Armorial des communes de Provence, ou Dictionnaire géographique et héraldique [&c.]…., Louis J S. de Bresc, 1866

Histoire du Castellet d’Oraison

Vallée (photo Laetitia)Coquelicots chemin des escaranchesLa descente raide et risquée jusqu’au village, plus facile avec une paire de bâtons de randonnée, n’empêche pas quelques dérapages ! Profitez du point de vue sur les deux vallées (Rancure et Durance). Parvenus dans le haut du village, nous profitons du  chemin des Escaranches, fleuri et odorant. chemin des escaranches fleur de pissenlitlarousseQui n’a pas soufflé sur la fleur de pissenlit pour que s’envolent ses aigrettes blanches ? Vers 1895, Émile-Auguste Reiber invente « la fleur de pissenlit » associé à la devise Je sème à tout vent que l’on retrouvera sur les dictionnaires Larousse ; celui qui me fut remis lors de mon passage au collège portait ce symbole gravé en relief sur la couverture cartonnée.

Observez les petits parachutes de plus près : chacun d’eux est formé d’un fruit sec minuscule couvert de petits ergots (un akène), provenant de l’ovaire transformé après fécondation. L’akène est surmonté d’une aigrette légère, servant de voile (le pappus) et permettant la dissémination du fruit par le vent. Il y a autant de fruits à aigrette qu’il y avait de fleurs fertiles sur le capitule. Des fleurs à notre porte

Chemin des Escaranches, sylberfil adopté par Yves Provence

Un circuit pas très long mais cependant physique surtout s’il fait chaud. Pour les amateurs de geocaching, notez qu’il y a bien plus de caches à découvrir que celles citées dans cette note.

Oraison Villevieille traceimage de l’itinéraire 11km700, 3h15 déplacement (5h30 au total), 271 m dénivelée (+402, -402)

1draye, draille : désigne en Provence une voie de transhumance entre les Bouches du Rhône et les Alpes
2malivert, malhiver : mal hiver = mauvais hiver ; lieu où il faisait probablement très froid l’hiver.

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Dernière modification le 06 Nov 2016

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