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Que d’eau à la source de la ferme de Vautubière !


Tout a commencé de manière inattendue par un échange entre Emmanuel et moi sur Messenger.

mardi 23:13, E. : Si tu veux voir la source de la ferme de Vautubière c’est peut-être le moment
mercredi 9:54, moi : pas assez en forme pour envisager d’y aller.
mercredi 9:55, E. : je te prends une photo si ça coule

[ndlr : Entre temps Anne, qui m’a rapporté quelques kiwis cultivés non loin d’ici, m’annonce qu’elle est partante pour la balade. Beaucoup de pluie ces dernières semaines, donc il y aura sûrement de l’eau].

mercredi 11:59, moi : tu m’as motivée ; je vais essayer d’y aller en début d’après-midi.

[ndlr : mercredi 12:20, E. part en VTT ; il nous rejoindra au parking du Parc départemental de l’Arbois vers 14h.]

Je suis allée à la ferme de la Vautubière au moins trois fois (Les fermes de l’Arbois, les fermes et bergeries de l’Arbois, Sentier du Badaïre) et je n’y ai jamais vu d’eau. La source, difficilement accessible, était toujours à sec. D’un ruisseau intermittent à un ruisseau abondant, c’est presque incroyable et ça vaut le déplacement !

Nous entamons la montée, passons au dessus de la ligne TGV puis d’un des nombreux tunnels du canal de Marseille ; bien avant d’arriver à la ferme, on entend le bruit de l’eau en contre-bas ; un premier passage à gué, une mare bien pleine aménagée pour abreuver le gibier, puis un second passage à gué : plus difficile de ne pas se mouiller les pieds mais des grosses pierres feront l’affaire. Je ne doute plus qu’il y aura beaucoup d’eau à la source.

La ferme de Vautubière était une métaierie1 dépendant du domaine de la Tour d’Arbois ; figurant sur le cadastre napoléonien de 1828, on peut supposer qu’elle date de la fin du XVIIIe, peut-être avant (pas vu de date sur la façade). Sur certains textes anciens, comme dans l’adjudication de 1898, elle est dite Valoubière2: 45 ha au prix 15000 Frs.

J’admire à nouveau le pont de pierre qui traverse le ruisseau, permettant d’atteindre le domaine de la Tour d’Arbois ou rejoindre la grande voie de transhumance sur le plateau du Grand Arbois. Rappelons que plusieurs bergeries proches existaient dès le XVIIIe à Mion, la Garenne et la Bastide Neuve.

Le site de la source est enchanteur : nettoyé, débroussaillé ; son puits contient de l’eau jusqu’au niveau du sol ; un petit abreuvoir y est accolé. Une eau claire sourd des strates rocheuses, s’écoulant abondamment en formant une mare près du pont ; un autre ruisseau intermittent descendant du plateau s’ajoute à l’eau de la source. Je suis tout simplement émerveillée par un spectacle naturel si simple.

Nous grimpons jusqu’à la ferme par un escalier taillé dans la pierre, bien praticable. Anne retrouve l’aire de battage (parcelle 742 feuille H8 Arbois), l’enclos pour les moutons. Après une petite pause goûter, Emmanuel m’accompagne pour la visite de l’intérieur : on reconnait l’écurie et sa mangeoire, l’échelle rustique d’accès à un étage désormais sans toiture, les poutres calcinées léchées par l’incendie de 2006, les traditionnelles tomettes rouges au sol ; à l’extérieur, deux réservoirs (dont une citerne en cas d’incendie peut-être). Où pouvait se trouver le chenil ?

Nous repartons par l’entrée grillagée toujours ouverte ; en se penchant par dessus le pont, Emmanuel me montre que l’eau sort par un aqueduc souterrain sous le pont, aménagé sans doute pour canaliser l’eau et protéger les cultures dans l’espace entre le chemin et le ruisseau (vignes en 1828, parcelle 367 section E7). Ensuite, chacun rentre chez soi.

Nous croisons quelques chasseurs qui apposent un panneau sur leur territoire de chasse ; ils prévoient dans l’année deux cultures à gibier : des graminées diverses ou herbacées pour les lapins en hiver, des graines ou pois chiches pour les perdrix au printemps. Ils réutilisent souvent des espaces de culture abandonnés. 

Au retour, nous nous prêtons au jeu des photos dans le Rocher, structure en bois de forme insolite ; inauguré en 2019 sur le sentier du Badaïre, c’est la première construction du programme “Les hospitalités du GR2013”. Jetez un oeil par les ouvertures prévues à cet effet.

La ligne TGV est désormais protégée par de grands panneaux verts incurvés : nous supposons qu’ils empêchent la faune sauvage de traverser. La dernière descente finement caillouteuse avant de remonter au parking est propice au dérapage.

Un rapide aller-retour qui valait la peine : il correspond au trajet aller du sentier du Badaïre édité par le Département ; merci à Emmanuel de m’avoir montré ce que je n’avais pas vu et à Anne, toujours partante, de m’avoir accompagnée au pied levé.

Image de l’itinéraire 5km700 1h30 déplacement seul (bien plus pour la visite et les photos) 87m dénivelée (+137, -127)
Télécharger la trace

1 Métaierie : association d’un propriétaire qui apporte le capital et d’un métayer qui propose son travail
2valoubière : du provençal vau : vallon et loubiero : la tanière du loup. Fin XIXe le métayer de Myon a tué un loup qui s’était attaqué à ses brebis

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Une réflexion sur « Que d’eau à la source de la ferme de Vautubière ! »

  1. C’est toujours un plaisir de découvrir tes aventures. Merci beaucoup pour ces partages.

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