Rians : la colline Saint-Pierre et sa chapelle

Format En passantPublié le Catégories 83 VarMots-clés
 

Aujourd’hui le mistral souffle dans toute la région. Je choisis un lieu où, selon météo France, les rafales sont moins violentes mais ça s’avérera faux : les premières heures seront donc désagréables.
Après m’être inspirée d’un vieux guide sur les randonnées pédestres dans Sainte-Victoire, et de la randonnée de Yves en Provence déposée sur le site randogps.net, j’ai concocté mon propre parcours : dans le premier guide, la balade était trop courte ; celle sur internet avait trop de partie commune à l’aller et au retour. Je vous propose donc une boucle qui commence par la Louvière, descend la colline de Saint-Pierre à l’est du vallon des Vacons puis rejoint Rians par une large piste forestière très aimée des chasseurs.

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Parking du Faraillon bien situé dans le centre ville. La balade commence sur une route revêtue qui s’engage vers le domaine agricole de la Louvière ; je passe devant le lavoir décoré de peintures champêtres : un berger et son troupeau avec plein de petits détails tels que la fenêtre en trompe l’oeil ou le garçonnet qui se cache derrière la paysanne ; un vieil oratoire caché derrière un arbre ponctue sans doute ce qui fut un chemin religieux.

La piste étroite, empruntée par les chevaux, sinue entre des champs à droite et un bois à gauche. Près des maisons du hameau, je m’interroge : tous les accès sont annoncés ‘privés’ mais en longeant les constructions après un passage dissuasif envahi de végétation, je trouve un sentier dont la chaîne a été coupée ; buis, yeuses et touffes de thym m’accompagnent jusqu’au chemin plus officiel dessiné sur la carte IGN.

Un simple cairn sur la grande piste m’alerte : il faut tourner à gauche pour atteindre la chapelle. Sentier bientôt raide, humide (nous sommes à quelques jours des inondations dans le Var) ; c’est maintenant qu’on s’amuse : dénivelée 105m sur une distance de 320m environ soit une pente à plus de 30% sous un bois plus dense avec quelques marches un peu hautes ! mieux valait que je ne prenne pas le même chemin au retour.

Ce n’est que quelques mètres avant d’arriver au sommet (554m) que je découvre les ruines imposantes de la chapelle Saint-Pierre. Il ne reste pas grand chose debout ; les murs ont beaucoup travaillé et la ligne de pierres ondule. On reconnait encore une corniche et la voûte. Quelques traces d’anciennes habitations subsistent sur la crête : comment pouvait-on construire dans cet endroit si éloigné de Rians et si difficile d’accès ? De tous côtés, la vue porte loin : j’ai toujours une préférence pour les Alpes enneigées plutôt que les collines.

On sait que la colline était occupée dès l’âge du fer mais sur cette chapelle je n’ai pratiquement trouvé aucune information ; selon certains, elle recèlerait une cache contenant des archives des Templiers ; la balade passe par le quartier Saint-Maurin à Rians  : il y a peut-être confusion avec le Saint-Maurin de Régusse, importante commanderie sur la route de Quinson. En tous cas, la chapelle est assez importante en taille pour avoir joué un rôle religieux notable dans la commune. La revue Gallia du C.N.R.S. parle d’une chapelle connue depuis le XIè près de laquelle on aurait retrouvé des céramiques gallo-romaines. La déléguée à la communication de la mairie de Rians, que je remercie, a bien voulu me fournir quelques informations : Chapelle Saint-Pierre dite « Templière » d’art roman du XIIè siècle. Orientée Est-Ouest, sa superficie est de 13 m de long sur 4,60m de large, sa hauteur est de 12 m environ sous voûte. La totalité de cette construction est en pierres appareillées.


Traces jaunes sur la crête rocheusePour rejoindre le sentier en pointillé par la crête, il faut être attentif et suivre d’abord la crête rocheuse que l’on repère des yeux au loin ; on marche sur quelques lapiaz creusés par l’eau ; de vagues traces de peinture jaune peuvent vous y aider. C’est le seul passage qui demande un peu de vigilance et sens de l’orientation.

Le sentier se suit sans grande difficulté avec des passages moussus, d’autres pierreux, toujours identifiable ; par trois fois, une perdrix grise cachée dans les fourrés, s’envole bruyamment à mon approche ; au domaine de Bas-Vacon, je n’ai pas trouvé comment rejoindre la piste qui longe le Vacon sans passer par un petit bout de chemin privé : probablement n’était-il pas nécessaire de descendre jusqu’au pied de la propriété (voir la carte IGN en bas de l’article).

La piste longe le ruisseau ; sur la droite, de l’autre côté de l’eau, deux panneaux attirent mon attention : chemin de l’Aigle à droite, chemin des Blaconnes à gauche. Il faut donc traverser à gué le ruisseau (il me semble pourtant qu’il y avait un pont à peine visible sous la végétation) et abandonner la piste qui descend du vallon des Vacons. La surprise viendra du sol argileux fort glissant, dans lequel on peut déraper facilement : même les abords ne seront pas toujours très praticables et j’en serai quitte pour des chaussures qui changeront de couleur.

De nombreux panneaux préviennent le promeneur qu’une battue aux sangliers est en cours. Je croise un premier chasseur en gilet fluo orange qui attend ses chiens ; il n’a rien tué : le mistral c’est mauvais pour la chasse et pour la pêche !; le second ne me parle pas ; le troisième sourit d’un air entendu ; le quatrième reconnait qu’il est sorti pour les chiens, pas pour le gibier ; le dernier attend les autres. Quand je rencontre des chasseurs, je me pose systématiquement la question sur ce l’attitude à adopter si je me trouvais face à un sanglier…

Et voilà qu’un peu de dénivelée réapparait, toujours sur une belle piste ; sur la fin du parcours, ça se corse car de nombreux sentiers plus étroits parasitent l’orientation ; il est facile de se tromper (ce qui m’est arrivé mais j’ai rectifié grâce au GPS). Je retrouve la route là où un oratoire curieusement (dé)placé fait face au carrefour. Deux ânes dans un pré s’approchent attendant de moi quelque chose à manger. Un espace de vignes me rappelle deux choses :

  • Vignes à Riansc’est à Rians (les Toulons)  qu’a été découvert une des plus importantes zones de stockage de chais romains de 200 dolia. Échelles d’anthropisation et archéologie des campagnes de Gaule du Sud à l’époque romaine, P. Leveau, Méditerranée, vol. 90, 1998
  • Rians est la seule commune du Var ayant une appellation Coteaux d’Aix-en-Provence

Je rejoins le centre du village en passant par la porte Saint-Jean, ancien vestige du rempart de l’époque ; au-dessus, dans une niche, une statue polychrome du XVIIè semble veiller sur tous ceux qui entrent par cette porte dans le village.

Au retour, je m’arrêterai à la chapelle Saint-Estève située dans le domaine du château de Vignelaure ; dans un cadre rustique près d’un grand champ, sa petite entrée avec larmier mouluré, est tournée vers le domaine de la Grande Bastide ; avec sa nef unique, son abside semi-circulaire, sa voûte en berceau brisé, elle a été maintenue en état et protégée par arrêté du 23 juin 1993.

La difficulté de cette boucle réside dans les nombreux problèmes d’orientation ; dans le sens indiqué, la randonnée est plus facile que dans l’autre sens.

chapelle stpierre trace_panoImage de l’itinéraire 14km100, 3h35 déplacement seul (4h30 au total), dénivelée 227m (+822, -801)

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