Le rocher des deux trous, le prieuré de Saint-Paul de Mausole


IMG_7973.jpgDépart du parking de Glanum, payant en saison. Ville romaine abandonnée au moment des invasions barbares, le site de Glanum est progressivement  recouvert d’alluvions au fil des siècles sauf l’antique porte d’entrée de la ville et le mausolée, tombeau monumental élevé à la gloire des membres de l’élite indigène.

IMG_7962.jpgIMG_7964.jpgLe mausolée s’élevait à l’entrée de la nécropole de Glanum. Il a été érigé par les descendants d’un notable qui s’était illustré dans les armées de César. Il devint citoyen romain sous le nom de Julius. Le bas-relief nord représente une scène guerrière : admirez la précision des détails des chevaux.

IMG_7966.JPGIMG_7965.JPGL’arc de triomphe, placé à l’entrée de la ville, délimite l’espace urbain et commémore la gloire de Rome (10-25 après J.C.). Les reliefs des piles latérales montrent des gaulois enchaînés à un trophée, poteau de bois où sont accrochées les dépouilles guerrières. Que de fruits et de fleurs sous la voûte !

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Et une cache pour les joueurs les Antiques GC122FJ, par Nighthawk

IMG_7987.jpgIMG_7992.jpgEn 1921, Jules Formigé sort de la carrière une stèle en pierre, un caisson funéraire. J’entre dans la carrière Saint-Paul par hasard, en errant dans le coin au fil des sentiers. Je me ferai une belle frayeur lorsque je découvrai une falaise à mes pieds. Lieu taggé, mélange d’habitations troglodytiques, blocs équarris et falaises abruptes parfois bien cachées sous la végétation, lieu interdit d’accès dont je n’aurai connaissance qu’en sortant.

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Partout où l’on se tourne, ce ne sont qu’oliviers et arbres de Judée, aux fleurs rose vif, donnant un air de gaieté à l’environnement. Le cabestan de la carrière Saint-Paul trône fièrement après sa restauration ; beaucoup de personnes s’y arrêtent, se demandant comment cela fonctionnait. Il servait à remonter des charges lourdes du fond de la carrière comme en témoigne le schéma.

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La chapelle Saint-André aux Orris de la Roquebrussanne


Ce circuit vers la chapelle Saint-André peut compléter le circuit des Orris à la Roquebrussanne. Nous partons du chemin des baumes et rejoignons sans difficulté le premier carrefour de chemin (PT1 de la fiche d’Elia’s). Pour rejoindre la source, c’est à droite, pour la chapelle c’est la montée devant vous.

IMG_6604.JPGUn peu plus loin sur la gauche, à peine visible, quelques marches de pierre partiellement écroulées précèdent un sentier étroit qui s’enfonce vers un ancien hameau en ruines. Si vous ne le savez pas, vous ne les verrez pas. Nous passons à côté de quelques arbousiers. En novembre, les fruits de l’arbousier sont bien rouges et mûrs ; après en avoir dégusté quelques uns à la peau dure, je tombe sur un fruit doux et tendre sous la peau granuleuse. C’est un des rares fruits à mûrir en hiver, alors, profitez-en !

IMG_6625.JPGLe sentier sinue et se perd sous les broussailles. Quelques marches d’escalier aménagées en pleine forêt, sont bizarrement matérialisées par des branches de bois ou des pitons métalliques. C’est donc un itinéraire qui fut largement emprunté par de nombreux pélerins pour se rendre sur ce lieu de culte déserté.

IMG_6608.JPGIMG_6616.JPG IMG_6610.JPGL’arrivée face à la chapelle Saint-André nous met en face d’un trou béant  : plus de porte, juste une haute et large arche de pierres délabrées, des murs intérieurs couverts de mousse et percés, des bancs de bois posés sur des pierres. Par contraste, de nombreux objets religieux et sans valeur selon le panneau à l’entrée, trônent dans la chapelle : un autel, un crucifix, des représentations religieuses, quelques bougies et chandeliers, une statuette, etc. Nul doute que certains villageois continuent à y venir et honorer saint-André.

IMG_0562.jpgphoto aérienne motte castrale des BaumesNous montons maintenant par un sentier raide et glissant au-dessus des rochers proches de la chapelle, là où se trouve la cache les orris médiévaux. Ti’Mars… grimpe près des ruines d’une ancienne tour de gué appartenant sans doute à la motte castrale1 des Baumes. Selon La Roque-Brussanne (Var) Notice historiqueJ.E. BrémondRobert Reboul, Latil, Draguignan, 1874, écrit en 1787, cette tour était alors de facture récente : elle doit donc dater du début ou de la moitié du XVIIIè siècle.

IMG_6659.JPGAu retour, nous passons devant le jardin d’Elie Alexis, ‘jardin sans eau’ dont nous avons entendu parler grâce au geocaching. Il est fermé mais une personne de l’association du jardin d’Elie qui s’en occupe depuis la mort de son propriétaire, est en train de soigner des oliviers malades parce que mal taillés les années précédentes. Je lui explique que nous venons de loin ; elle accepte de nous laisser visiter le jardin après nous avoir donné quelques explications sur Elie, son créateur, qui n’avait ni eau courante (mais il savait récupérer l’eau de pluie dans des réservoirs) ni électricité.

IMG_0583.jpgIMG_0609.jpgIMG_6635.JPGIMG_0632.jpgIMG_6632.JPG

IMG_0637.jpgIMG_0620.jpgPlusieurs espaces ont été aménagés : les cistes qui nous accueillent dès l’entrée, la rocaille, la rocaille exotique, les oliviers et figuiers, le verger dans les restanques qui suffisait à nourrir Elie toute l’année, la serre et ses nombreux cactus, les noisetiers, les plantes tinctoriales. Dans le jardin aromatique, nous pourrons même voir de près le crocus sativus. La fleur comporte 6 pétales violets, trois étamines jaune d’or et un pistil rouge. C’est ce fameux pistil composé de trois stigmates (filaments) qui, une fois séché, donne l’épice safran. Il faut 150 000 fleurs de crocus sativus pour  un kilo de stigmates frais.
Une bien agréable promenade dépaysante dans un jardin remarquable. A revoir en d’autres saisons.
Attention aux horaires d’ouverture en hiver : du 01 Novembre au 28 Février de 14 h à 17 h, fermeture hebdomadaire le Lundi
Téléphone 04.94.86.90.28contact@lejardindelie.fr
le site de l’association Le jardin d’Elie, avec toutes les informations utiles

Image de l’itinéraire chapelle Saint-André depuis le chemin des Baumes 2km200, 1h30 avec visite et recherche de la cache, 131m dénivelée

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1La motte castrale est un ouvrage de défense médiéval ancien, composé d’un rehaussement important de terre rapportée de forme circulaire, la motte. Un fortin de bois y était aménagé avec une tour de guet analogue à un donjon.

De Céreste à Monjustin par les crêtes et la plaine


Après deux semaines sans bouger à cause de la pénurie d’essence dans les pompes, je reprends la marche vers un petit village que j’ai découvert il y a quelques années (voir Montjustin, village fortifié autrefois, village d’artistes aujourd’hui). Mais cette fois, je pars de Céreste où j’espère voir les fouilles du pont romain, premiers vestiges de la pile fortuitement mise au jour par une crue du torrent de l’Aiguebelle au cours de l’hiver 1998/1999. IMG_6340.JPGNous passons devant la chapelle Notre-Dame de Piété ; au-dessus de la niche de la façade, une coquille Saint-Jacques rappelle sans doute que nous sommes sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle à Rome.

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Le GR4/GR9 est bien balisé rouge-blanc. IMG_6344.JPG IMG_6346.JPGQuelque peu envahi par la végétation, il longe d’abord les villas, traverse des sous-bois puis s’élève sur les crêtes. Au sud, près de la route, quelques fermes isolées près de l’Aiguebelle au pied des collines. Nous marchons sur le socle calcaire et la marche est un peu moins agréable. Nous ne découvrirons les premières maisons de Montjustin qu’à la dernière minute.

IMG_0017.jpgIMG_6354.JPGLa commune de Montjustin, commune du parc naturel régional du Luberon, ne compte que 53 habitants (recensement 2006) ; presque toutes les maisons sont fermées en cette fin d’octobre. Juste après l’entrée du village, signalée par un panneau sens interdit où les chiens doivent être tenus en laisse, un puits qui a conservé sa vieille manivelle fixée sur une roue qui permettait de remonter l’eau sans effort. Après le premier virage, un escalier de pierre nous invite à monter dans la forteresse protégée par une tour ronde et un long mur d’enceinte restauré, sans doute le château de Luzerne. Les rues étroites tournent et retournent, découvrant de nouvelles maisons de pierres. IMG_6362.JPGRien de IMG_0022.jpgmoderne :  le village est resté authentique. Nous nous posons souvent la question de la violation de la propriété privée : aucun portail, aucune interdiction, nous circulons dans les jardins ou sur les places fleuries, sans distinguer ce qui est public de ce qui est privé, découvrant là une fontaine, un cadran solaire ou une statue bi-céphale.

Jean Ailhaud, né le 6 janvier 1675 à Lourmarin, […] acquit alors de la maison de Brancas les domaines importants de Castellet, de Vitrolles et de Montjustin et fut pourvu en 1745 de la charge anoblissante de secrétaire du Roi. […] Il en eut deux fils, Jean Gaspard, qui continua la descendance, et Louis, qui fut évêque de Carpentras. Jean Gaspard Ailhaud, Sgr de Castellet, de Vitrolles et de Montjustin, embrassa comme son père la profession de médecin. Ses deux fils, Jean Gaspard et Louis Théophile Gaspard, furent les auteurs de deux rameaux. L’auteur du second rameau, Louis-Théophile-Gaspard Ailhaud de Luzerne, né en 1756, épousa Mlle Mercier, dont il eut deux fils. Extrait du site de Gilles Dubois

Eglise en 2010IMG_0026.jpgJe retrouve l’église Notre Dame des Neiges à l’emplacement du village primitif, qui a quelque peu changé. Datant de la fin du XVIè, elle est contemporaine de la reconstruction du village qui avait été démolie en 1589 par le duc de la Valette parce que ses habitants avaient osé lui refusé le passage. On aperçoit encore un chevet à 5 pans, une partie de la nef. Je n’ai pas trouvé la pierre romaine réemployée dans l’édifice (voir site de la DRAC) mais il est difficile de contourner le monument et impossible d’entrer dans l’édifice par les escaliers. Histoire de Montjustin d’après Raymond Collier, dans la Haute Provence monumentale et artistique, Digne, 1986

IMG_0029.jpgPar un escalier le long du bâtiment affecté aux toilettes (bien entretenues !), nous atteignons la mairie qui a posé sur sa façade l’affiche des deux otages français en Afghanistan. Nous nous rendons au cimetière en suivant le sentier (PR jaune : Céreste par la plaine) où deux artistes célèbres ont été enterrés. Nous contemplons les crêtes du Luberon, la plaine de Reillanne et d’Apt, le Ventoux au lointain.

IMG_6370.JPGA peine visible sous les frondaisons, le cimetière éloigné du village, semble abandonné. Nous ne voyons aucune croix, aucun monument de marbre. La tombe du célèbre photographe Henri Cartier-Bresson, est simplement plantée de pieds de lavandes et massif de bruyère, avec un jeune olivier protecteur à son pied. Un contraste saisissant avec la célébrité de l’homme. http://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Cartier-Bresson

« En fin de compte, la photo en soi ne m´intéresse absolument pas. La seule chose que je veux, c´est retenir une fraction de seconde de réalité ». Pour Cartier-Bresson, l’image naît d’un instant, sous l’œil attentif du photographe qui déclenche spontanément. Légende vivante de la photographie, il témoigne de l’histoire d’un siècle au travers d’images prises sur le vif, instinctives et parfois prémonitoires. l’Express

Centenaire de la naissance de H. Cartier-Bresson Fondation HCB

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