** De Barjols à Pontevès par le site des Carmes (2)



    Deuxième venue à Barjols ; mon but est de visiter le site des Carmes qui était fermé lors de ma dernière visite thématique en février Barjols, sur le thème de l’eau.

    Le temps qu’il fait aujourd’hui à cet endroit :
    Direction du vent et température ressentie

    Nous, André et moi, stationnons sur la grande place de la Rouguière ; la statue de la fontaine Raynoard est depuis longtemps cachée sous le calcaire et les dépôts de travertin ; plus rare dans les villages, un monument a été dressé en hommage aux  hommes de l’insurrection de 1851.

    En 1848, la France avait choisi la République.[…]
    Le 2 décembre 1851, Louis Napoléon Bonaparte, qui avait été élu président de la République en 1848, exécutait un coup d’État pour se maintenir au pouvoir et rétablir l’Empire. Dans une vingtaine de départements, notamment les Basses-Alpes […], le Var et le Vaucluse, la protestation républicaine prit la forme d’une insurrection populaire « pour le Droit et la Légalité républicaine ». Selon le LDH Toulon

    Devant l’ancien hospice Saint-Joseph, le lavoir et sa lessiveuse, tradition pas si ancienne que cela ; dans la cour fermée, un autre lavoir était réservé au lavage du linge des pestiférés : pas question de laver le linge des malades avec celui des bien portants !

    Nous passons devant la fontaine-lavoir de Saint-Marc, dans un quartier un peu éloigné du centre et construite suite à une pétition des habitants en 1856.
    La toiture vernissée de la collégiale, et son campanile comme posé dessus, semble protéger les maisons. Nous passons sous la porte, près des habitations partiellement troglodytiques dont certaines ont su aménager une agréable terrasse qui domine le village.

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Colorado de Rustrel



Le parking du Colorado provençal est désert en ce jour de décembre où le mistral souffle fort avec une température ressentie de -2° ; personne à l’accueil : donc pas de paiement, pensons-nous. Le Colorado est un site privé d’anciennes carrières d’ocre aux multiples couleurs, géré par une association regroupant des propriétaires et des bénévoles. Sur le plan de 2017, orienté vers le sud (?), il n’y a plus que 2 circuits au lieu de 7 en 2006 (l’ancien plan est disponible dans Découverte du Colorado Provençal) : le bleu (Sahara, autrefois G) et le circuit du belvédère (orange) empruntant une partie de G et F (Cheminées de fées). Yves nous propose un peu des deux avec en plus le cirque de Barriès (C) dont l’altitude est un plus élevée que les deux autres.
Visite en Vidéo Carnets de rando

Mon album photos, les photos de Yves Provence

L’industrie de l’ocre est considérée comme l’une des plus anciennes. Elle servait à parer les vivants et les morts ; contrairement à une idée répandue, il existait d’autres sites ocriers en France : l’ocre de Saint-George-sur-la-Prée (Cher), au nord-est de Bourges, était déjà employée du temps des Romains ; dans la Nièvre, sur la commune de Bitry, où l’ocre extraite était transportée par bateaux jusqu’à la Loire ; dans l’Yonne, sur les communes limitrophes de Pourrain, Diges, Toucy et Parly. L’industrie de l’ocre en pays d’Apt est le plus important.

La passerelle sur la Doa, la rivière qui traverse le Colorado provençal, est praticable aujourd’hui. Nous arrivons sur un site comportant du matériel autrefois dédié au traitement de l’ocre. Probablement une ancienne station de pompage de l’eau de la Doa actionnée par un moteur à gaz et protégé dans un cabanon de brique (des briques sont éparpillées au sol). On faisait un barrage sur la Doa pour détourner l’eau dans un puisard qui se remplissait toute la nuit. Les pompes fonctionnaient au bois, puis à l’huile et enfin à l’électricité.

Un peu plus loin dans la forêt, un long aqueduc amenait l’eau jusqu’au moulin sur la Doa dont on a aperçu les ruines cachées derrière les arbres.

L’aqueduc de Couloubrier1 circule au cœur des anciennes carrières d’ocre de Rustrel […]. Datant vraisemblablement de la fin du XIXè siècle ou du tout début du XXè, il était utilisé pour acheminer l’eau d’un ruisseau du massif des ocres vers le moulin implanté au bord de la rivière Doa, et permettait de canaliser les eaux de ruissellement sur ce terrain fragile. Il est constitué de chenaux en pierre de taille, reposant sur des poteaux et murets de moellons maçonnés.

Un chien décide de nous accompagner ; en poursuivant sur le sentier balisé bleu et orange, nous arrivons au pied d’une colline rouge, ce pigment minéral de l’art pariétal ou des indiens Peaux-Rouges ou de l’EDF qui marque ainsi ses tranchées de câbles électriques.

Les photographes montent sur la colline voisine le temps d’une photo. A droite, la couleur est plutôt orangée tandis que celle de derrière, sur une bosse striée, tend vers le violet lie de vin.

L’arête #8, Dr NO 007

Si les couleurs sont l’oeuvre des altérations de la roche durant la seconde phase géologique de formation des ocres (la mer est repoussée, les dépôts marins soulevés, la roche s’altère en kaolinite ou goethite), les formes et les sculptures sont l’oeuvre des hommes. Ici, tel un vaisseau de pierre, des sables siliceux blancs, la troisième couche de ces terrains au-dessus de la base de grès verts et de la couche de sables ocreux.

Orangina #7, Dr NO 007

Des tuyaux au sol encore visibles, amenaient l’eau directement sur les blocs, les entraînant vers un malaxeur à hélice où ils étaient délayés. Le courant d’eau passait ensuite dans les batardeaux ; la photo ci-contre à gauche est extraite du livre Ocres, ocres et ocriers du pays d’Apt, parc naturel régional du Luberon, Edisud,1986 (ce livre raconte l’histoire de l’ocre mais il reste à écrire la partie contemporaine avec la dernière entreprise la Société des ocres de France); le sable grossier se déposant tandis que les particules fines se déposaient dans des bassins qui se trouvaient à Istrane. Quelques arbres tentent de s’accrocher à ces collines artificielles instables.

En forêt le sentier sinue jusqu’à la cascade du vallat des Gorgues, à l’ouest du lieu-dit Sahara ; l’eau dégringole depuis le haut de la falaise au dessus d’une grotte où personne n’ose s’aventurer.

En passant non loin d’une colline pointue de couleur blanche, impossible de savoir si c’est un reste de neige ou du sable : je dois vérifier de près.

C’est du pur blanc maman #6, Dr NO 007

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Trésors des Dentelles



En mai 2017, nous fêtions les 10 ans de l’association des Geocacheurs de Provence, chasseurs de trésors avec GPS ; à cette occasion, l’événement Apérocache Provence 2017 à Pernes-les-Fontaines rassemblait les anciens geocacheurs et de nombreux nouveaux. ilagaris a accepté de poser 18 caches dans les Dentelles de Montmirail ; c’est un circuit de randonnée varié qui allie avec talent le sport, les points de vue, et le geocaching pour ceux qui aiment jouer. Les caches sont préfixées [AP10] et numérotées de 1 à 18. Deux groupes de joueurs partent à l’aventure ce dimanche matin. Notre groupe est accompagné d’Eric, le concepteur des caches.

Album photo

Partie un peu en retard pour une paire de chaussettes oubliées…, je rejoins le groupe sur le lieu de la première cache déjà trouvée par l’équipe.

Trésor des dentelles #1, ilagaris

Ciel bleu, genêts en fleur, piste facile : voilà qui commence bien.
Nous sommes entre Beaumes de Venise et Gigondas réputés pour leur AOC et leur côte du Rhône mais aussi pour leur muscat.

Trésor des dentelles #2, ilagaris

Nous longeons donc les vignes plantées sur les coteaux ensoleillés tournés vers Montmirail, à presque 300 m d’altitude.

Trésor des dentelles #3, ilagaris

Quand on quitte la piste, le sentier du Grand Vallat plutôt humide nous oblige à jouer les équilibristes pour ne pas se mouiller les pieds. Nous rejoignons le GR de Pays du Tour des Dentelles de Montmirail.

Trésor des dentelles #4, ilagaris

Au lieu-dit « Mon Rêve », nous le quittons à nouveau pour le Grand Vallat, dénomination classique du plus grand ruisseau du coin, avant de poursuivre sur un sentier en sous-bois particulièrement humide.

Trésor des dentelles #5, ilagaris

Quelle belle fleur mauve ! Avant d’être les plantes ornementales qui décorent nos jardins depuis le XVIIe, les pois de senteur étaient des fleurs sauvages. On en fait même aujourd’hui des bouquets de mariés composés d’une quarantaine de tiges de couleurs différentes dans les tons pastels.

Au carrefour matérialisé par une grosse pierre plate, nous retrouvons le GR de pays. C’est là qu’un choix se pose : qui montera la pente raide, caillouteuse et dégradée qui mène à la tour sarrasine ?
Datant du XIIe siècle, elle est un ancien poste de garde. De là haut, à 410 m d’altitude, la vue au sud s’étend sur les Alpilles au fond, la vallée de l’Ouvèze à l’ouest, et plus prés sur les carrés de vignes de Beaumes de Venise. La cache, qui se mérite, a déjà récolté pas mal de points favoris.

Trésor des dentelles #6, ilagaris

Une courte pause, une belle piste, un regard en arrière pour apercevoir, haut perchée, la tour. Avez-vous remarqué que de nombreuses tours sans âge sont appelées « sarrasines » ? Certes Charlemagne se serait arrêté à Notre Dame d’Aubugne avant d’attaquer les Sarrasins. Le nom serait-il souvenir de leur passage comme en témoignent d’autres toponymes tels que Dentelles sarrasines, chambre du Turc ?

Dans un virage de la piste en pleine forêt, l’équipe de chercheurs s’affaire, sûre de ses talents. Le propriétaire de la cache, l’air narquois, nous regarde sans rien dire. Les geocacheurs observent, fouillent, grattent, s’échangent des coups d’œil et des suggestions, puis commencent à douter de leurs talents ;  non ce n’est pas possible que la cache ait disparu. Amusée, je prends quelques photos des chercheurs. Et quand après plusieurs minutes de recherche infructueuse, l’une d’entre nous brandit l’objet de convoitise, nous nous esclaffons de rire en félicitant le poseur.

Trésor des dentelles #7, ilagaris

La tour est toujours visible au loin ; bientôt nous longeons les vignes qui courent vers l’horizon. Une vieillle brouette à feu rouillée servant au brûlage des sarments a été abandonnée dans les vignes. Posée sur des rails, elle laisse entrevoir l’ouverture destinée à l’allumage.

Les fumées occasionnent cependant une gêne pour le voisinage et s’avèrent très chargées en particules fines. Dans certaines régions, le brûlage est interdit ; des études visent à recycler les sarments sous forme de compost, ou pour alimenter une chaudière individuelle.

Trésor des dentelles #8, ilagaris

A la fin novembre, c’est le moment d’une activité qui consiste à brûler les bois dans des charrettes (brûlots ou brouettes à feu), au fur et à mesure de la taille.

Autrefois, brûler les sarments de vignes avait au moins deux usages :

  • en cuisine :
    Pour bien déguster la poularde, il faut la mettre à la rôtissoire […] devant une claire flamme de sarments ; elle rôtit ainsi lentement pendant quatre heures, […]. Aucune chair n’est plus fine ni plus savoureuse.
  • en médecine :
    On a vu des succès merveilleux d’un remède très simple même dans les différents états des panaris […] Le remède consiste à mettre tremper la partie affligée dans une lessive chaude de cendres de sarment ; cette lessive […] fait couler en-dehors toute l’humeur : il ne reste plus qu’à appliquer les onguents ordinaires […] Dictionnaire de l’industrie ou Collection raisonnée des procédés utiles dans les sciences et les arts,…. Tome cinquième, par une Société de gens de lettres [dirigée par H.-G. Duchesne], Paris, chez Rémont libraire, 1795

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