Les grès d’Annot par le train des pignes



Il y a bien longtemps qu’estoublon m’encourageait à faire cette randonnée ; alors, un week-end, j’ai décidé de me rendre à par le train des chemins de fer de Provence qui fait arrêt à Annot. Allure paisible, paysages traversés sauvages, horaires ajustés pour pouvoir faire un aller-retour sur la journée. L’originalité de ce train c’est que pour les petits  arrêts facultatifs, il suffit de faire signe au conducteur pour qu’il s’arrête. Le plus souvent, ce sont des randonneurs ou des touristes qui l’utilisent. J’ai passé la nuit à Digne-les-Bains à l’hôtel Saint-Michel et quitté l’hôtel au petit matin, pour prendre le train de 7h29. Arrivée 1h30 plus tard environ, j’entame la randonnée par le sentier des oratoires, dans le sens contraire de celui indiqué dans Les Alpes de Haute-Provence à pied, De l’Ubaye au Verdon et au Luberon, FFR/ADRI, FFR/ADRI, 2002

Chemins de fer de Provence, histoire du train des pignes avec les origines possibles de ce surnom

A peine après avoir quitté la gare, je traverse les rails de chemin de fer. Je commence par la promenade de Sigumanna, vers la chapelle de Vers-la-Ville et ses jardins suspendus.  Des oratoires sûrement très anciens, construits en moellons de grès taillés à l’aiguille avec bossages en relief, ponctuent le trajet ; certains de ces édifices portent le nom des familles ayant participé aux travaux de restauration. Située au milieu des maisons,  l’église de Notre Dame de Vers-la-Ville, située à l’emplacement primitif du village, remonte au 12è siècle. Accolée au rocher, une maison qui fut peut-être un ermitage. Une citerne taillée dans la pierre, des entailles dans les rochers, des traces d’aménagement sous les abris, sont bien la preuve que le lieu était habité depuis longtemps. Le chemin qui passe derrière la chapelle n’est pas évident à trouver.

Dans le quartier des Espaluns, l’eau est abondante ; les pentes rocheuses suintent abondamment, le sentier n’est qu’un ruisseau ; un peu plus loin, les roches portent la marque des vagues. Datant de 40 à 38 millions d’années, il dénote d’un milieu littoral agité d’où la mer s’est ensuite retirée.

Plusieurs arbres sont tombés en chemin ; je fais un petit détour pour le point de vue annnoncé. Progressivement, sous le couvert végétal, j’entre dans la zone des blocs cyclopéens, aux formes bizarres qu’on dirait tout récemment arrivés dans le secteur. L’étude des pierres, des grès et des conglomérats a montré que ce matériel a été transporté depuis l’ensemble Corse-Sardaigne. Le terme de ‘grès d’Annot’ ne s’applique pas qu’aux grès de ce village mais à tout un modèle géologique du massif de l’Argentera et du Mercantour.

D’un point de vue géologique, c’est le mode de dépôt de cette formation […] qui en fait sa spécificité, et en particulier le fait qu’elle ait été déposée par des courants de gravité, c’est à dire des glissements, des coulées boueuses ou sableuses, et des turbidites1 (avalanches de sables et d’argiles), pièges à eau où ont été trouvées de nombreuses sources. Extrait de Philippe Audra La région d’Annot. Relief, structure géologique et géomorphologie

‘Annot à blocs’ a donné rendez-vous les 19 et 20 mai pour un grand rassemblement d’escalade sur blocs naturels. De cette manifestation, il reste une pancarte clouée sur un arbre. Et si, comme moi, la curiosité vous incite à quitter le sentier balisé, vous aurez sans doute du mal à le retrouver sans GPS.

Aux Portettes, j’accepte le détour proposé par un petit panneau indicateur qui nous emmène sur la surface pentue d’un immense bloc dominant la vallée. Il ne permet de voir que la montagne d’en face. Je reprends le sentier, passe près d’un habitat troglodytique moderne et sous de nombreux abris sous roche.

J’arrive enfin dans le secteur de la chambre du Roi, étroit goulet protecteur, son jardin secret et son banc de pierre. Un roi ? non, selon la légende, plutôt un grand seigneur.

C’était du temps où les Sarrasins écumaient la Basse-Provence. Un jour, un Seigneur chrétien de Basse-Provence, accompagné de sa douce princesse et de quelques vassaux, poursuivi par une horde d’infidèles, demanda asile au Seigneur de Sigummana, Hermérincus2.
Il se vit octroyer une grotte à l’entrée d’un cirque rocheux naturel, dont l’étroit passage permet, au moyen de branches et de roches, de le dissimuler aux envahisseurs.
Nos hôtes vécurent ainsi quelques temps sous notre ciel, avant qu’un traître ne vînt dévoiler la cachette à quelque émissaire hérétique. Le lendemain, les infidèles découvrirent le royal repaire et mirent à mort le prince, sa tendre compagne et toute leur Cour.
Ils n’eurent que le temps d’achever leur forfait, qu’ils s’éparpillèrent dans Sigummana, pour y pourfendre les malheureux habitants. C’est alors que la peste se déclara dans les rangs des Sarrasins ; ceux d’entre eux qui n’étaient pas encore atteints se seraient enfuis avant de mettre leur projet à exécution.
C’est par les nuits de pleine lune que l’âme du serviteur félon vient, par punition de Dieu, errer dans les ruines et les rochers de la montagne, jetant aux échos de lourds sanglots de repentir et de remords. L’étrange vision lumineuse disparaît au lever du jour.

La légende de la chambre du roy et l’histoire d’Annot bien documentée

Autour de la chambre du Roi, ce ne sont que blocs de grès très hauts, qui se penchent les uns contre les autres, formant des arches ou des failles comblées de petits blocs rocheux. On se demande comment ils se maintiennent. Les assemblages hasardeux rivalisent entre eux. Impressionnant !

Après ce passage marquant dans lequel les voix résonnent comme dans une église, je descends sur un sentier sableux parfois un peu glissant mais fort agréable dans une forêt de châtaigniers. Le sentier passe derrière la gare. Je vois arriver un train pour Entrevaux à ce moment là. Vu l’heure de retour pour Digne, j’aurai même le temps de visiter le village.

7km600, 332m dénivelée, 3h (4h30 avec la visite du village)

Une balade qui mériterait d’être refaite dans l’autre sens : je suis persuadée que je découvrirai d’autres choses que je n’avais pas remarquées la première fois.

Les geocacheurs trouveront en chemin : les oubliettes d’Annot, la chambre du Roy, les boites à lettres troglodytes, de dlfif. Au jour de la publication de ma note, ces caches n’ont toujours pas été trouvées…

1Turbidites : Couches de sédiments détritiques déposées par un courant turbiditique, c’est à dire une masse d’eau contenant des matériaux en suspension qui augmentent ainsi sa densité et lui permet de s’écouler par gravité, ce qui s’assimile à une avalanche sous-aquatique.
2hermerincus : foxyfive, dans son commentaire, souligne l’invraisemblance du contexte historique ; ce seigneur vivait en 1042 et les sarrasins ont été chassés de Provence par Guillaume le libérateur en 973…

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Romanin et les Alpilles



Point de départ : la chapelle de Romanin près de l’aérodrome éponyme, sur la voie Aurélia. Le circuit passe en sous-bois au pied de la chaîne des Alpilles puis redescend dans la plaine à travers les vignes.

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Je longe la piste de l’aérodrome jusqu’au croisement avec le GR6 ; j’ai déjà croisé six VTT ; au loin, j’aperçois les ruines du château de Romanin. Frédéric Mistral originaire de Maillane (1830-1914), se disait descendant des seigneurs de Mondragon et de Romanin . Stéphanette de Romanin, de la maison des Gantelme, tenait de son temps cour d’amour1 ouverte et plénière en son château. La légende ci-dessous témoigne de sa réputation.

Pierre de Chateauneuf, jeune troubadour rêve à sa dame tout en chevauchant dans le défilé de Vallongue tout proche. Il se dirigie vers où l’attendent 12 femmes de haut lignage. Tout à coup, de l’épaisse forêt de chênes, surgissent des brigands. Ils le désarçonnent, le dépouillent de ses habits, de sa bourse, de son luth. Le voici à terre, nu comme un ver, tandis qu’on s’apprête à le rouer de coups. […] Soudain une idée traverse son esprit : humblement, il prie les brigands de lui permettre de chanter une dernière fois avant de mourir. Sa prière est exaucée. […] il improvise un chant à la gloire de ses détrousseurs. Miracle ! les poignards s’abaissent, et on reprend le chant avec lui. Pourpoint, chemise, bourse, cheval lui sont rendus dans l’allégresse générale. Tous chantent et l’escortent jusqu’à Romanin qui se profile dans la lumière dorée. […]
La Provence et l’Amour, Maurice Pezet, Editions F.Sorlot, F.Lanore, 1984

Le quartier des Pins du Sinsarre est probablement une zone de chasse : traces de sanglier, champs d’agrainage tout en longueur entre deux zones boisées. A Camini Luen, c’est une vingtaine de VTT que je croise : un VTTiste me suggère d’éviter le chemin sur lequel dévalent les coureurs. Vers 11h une jeune femme s’arrête en plein bois ; elle est partie un peu tard, m’avoue-t-elle ; « vous n’avez pas peur toute seule dans les bois ? Justement je suis la dernière de la course et vous ne rencontrerez plus personne ». Je la rassure : j’ai tout ce qu’il faut : du téléphone portable à la trousse de pharmacie en passant par la couverture de survie.

Des affleurements discontinus de marnes rouges, dans un massif karstifié, peuvent paraitre surprenants mais nous ne sommes pas loin du pays de la bauxite (minerai dont on tire l’aluminium) et des Baux de Provence.

En me rapprochant du massif rocheux, j’aperçois au loin une grotte dont je ne trouve pas l’accès. Je tenterai cependant d’en découvrir une autre, traversant une végétation hostile, dérapant dans un pierrier long et pénible ; après de nombreux allers et retours pour m’infiltrer entre les arbustes, quelques pas d’escalade, j’ai trouvé une grotte largement ouverte sur l’extérieur ; elle sent fort l’animal sauvage, ce qui me fait craindre d’y trouver une colonie de chauve-souris géantes !  je m’installerai sur le parvis pentu le temps d’un pique-nique. J’aurais préféré trouver la grotte ornée d’Otello…

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*** Cabasse : entre légendes et histoire, entre falaises et sous-bois



Ce circuit est tiré du Rando Malin VarBruno Ribant, Frédéric Boyermémoires millénaires éditions, 2010 ; le guide sous le coude dans la montée vers le pylône et dans les sous-bois en direction de la Gastée, avec la description, et quelques hésitations, j’ai réussi à m’en sortir mais ce n’est pas facile : des indications de distances ou de durées entre deux croisements auraient été bien utiles.

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Partie d’un parking non loin de l’église, je suis montée sur route bitumée pendant un certain temps puis progressivement par le chemin des résistants et des parachutages. Piste DFCI M132 le Défens. La piste « le pylône » mène à une antenne que l’on voit de loin.  Un monument marqué de l’Association Nationale des Combattants Volontaires de la Résistance précède de quelques mètres celle-ci : ce plateau servit de lieu de parachutage durant la seconde guerre mondiale.

Le problème crucial à résoudre est celui de l’armement du maquis. Il faut prévoir des parachutages d’armes et de munitions […]. Pour ce faire, on a créé à Londres la S.A.P. (Section Atterrissage et Parachutage) dont la responsabilité pour le Var est confiée au Commandant Berthe. Le sud du département étant trop surveillé par les allemands, les parachutages ne seront possibles que dans le centre et dans le nord. […]. Dans la nuit du 27 au 28 mai, quinze conteneurs et dix paquets sont largués sur le plateau du Défends près de Cabasse. L’équipe de Vins récupère armes, munitions et matériel divers et le transporte […] dans la grotte de la Baume de Savoye. Extrait du site officiel de la commune de Vins sur Caramy

Avant de quitter les lieux, n’oubliez pas Belvédère, par papounet83 : d’un côté, un ciel festonné en dégradés de gris, de l’autre, une vue sur la falaise de Cabasse que j’atteindrai un peu plus tard.

La piste continue le long de la crête en s’en éloignant plus ou moins jusqu’à la citerne, là où serait l’oppidum de Castéou Sarrin.

Oppidum de Cabasse papounet83

Je quitte la crête et pénètre en forêt. Après un bout de piste bien rouge, ressemblant étrangement à la latérite des pays tropicaux (Si vous en êtes là, c’est que vous avez raté comme moi, le cairn et la piste de droite 250m après la citerne), la piste forestière devient plus classique. Des coups de feu retentissent ;n’ayant pas mon gilet fluo,  j’appréhende de devoir emprunter une piste à sangliers.  Je marche longtemps avant de trouver le petit cairn qui balise l’étroit sentier en direction de Combecave. Là, je ne suis pas rassurée : les chasseurs ne sont pas loin. On dirait que le sentier a été retourné, fouillé tant les pierres se dressent, indisciplinées, au milieu du sentier.

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*** Le tour du Dromon par la crypte, visite à la sentinelle et la mystérieuse Pierre Ecrite



2018 : les nouveaux horaires de visite.
19 avril 2016 : la mairie de Saint-Geniez informe que la chapelle de Dromont est définitivement fermée à cause de l’état dégradé des escaliers.

IMG_0443.jpgVenant de 3 départements différents, nous nous sommes donné rendez-vous sur la place du village de Saint-Geniez, village situé à 1110m d’altitude. Posées par estoublon depuis peu, s’y trouvent 5 caches qui, je l’espère, contribueront à faire connaitre les lieux. GC2DMBR Saint-Geniez la cité de Dieu. Beaucoup de vent froid. C’est moi qui ai préparé la randonnée grâce au guide de la FFR Les Alpes de haute Provence… à pied – de l’Ubaye au Verdon et au Lubéron, Association Départementale des Relais et Itinéraires, FFRandonnée, FFR, 2002. Première étape : essayer d’obtenir la clé de la chapelle de Dromon et visiter la crypte qui fait couler beaucoup d’encre.

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Site de Saint-Geniez

IMG_0543.jpgLe chemin herbeux bordé de saules et de peupliers, balisé ‘chapelle de Dromon, monte doucement jusqu’au hameau de Chabert en traversant les terres agricoles ; la clef est détenue par Mr et Mme PALOMBA qui accompagneront impérativement les visiteurs. Nous nous présentons, pas vraiment attendus mais M. Palomba est disponible et nous accompagne jusqu’à la chapelle Notre Dame, implantée à l’ubac du rocher. IMG_0499.jpgEdifiée au XVIIe siècle, s’inscrivant dans un carré parfait [selon Guy Barruol], elle garde des vestiges de l’art roman primitif ; elle a perdu son clocheton au XXe. Il l’aime cette chapelle ! il a constitué un dossier historique réunissant tous les documents sérieux qu’il présente sur un chevalet. Il nous fait remarquer l’entrée qui a été bouchée, les fossiles dans la pierre des marches, le retable qu’il faudrait repeindre, et la crypte.

Lors du décès du curé de la paroisse – l’Abbé Jourdan Sébastien -, la statue ‘la vierge à l’enfant‘ n’était plus dans la cure. Après recherches, le conseil municipal délègue son Premier Magistrat en la personne de Donnadieu pour se rendre dans la vallée du Jabron afin de « récupérer » celle-ci chez l’un des héritiers. Le retour de ce bien précieux se fera en moto, moyen moderne de l’époque, mais risqué pour la statuette ; c’est sans encombre qu’elle rejoint Saint-Geniez où maintenant elle est conservée en lieu sûr pour n’être visible qu’une fois l’an lors de la messe solennelle qui a lieu à la Chapelle de Dromon  le 2è dimanche de juillet de chaque année.
Deux cloches ont été volées dans les années 1965/1966. Effectivement je les cherche toujours […]. Toujours est-il que même les « cloches » apportent leur lot d’interrogations  en ce lieu si paisible ordinairement mais tellement chargé en histoire(s). M. Palomba

IMG_0519.jpgIMG_0522.jpgNous descendons dans la crypte par un étroit escalier en colimaçon. Elle aurait été édifiée autour de l’an mille. La chapelle latérale de la crypte a presque disparu, il ne reste que l’abside. De chaque côté deux absidioles formant des niches. Raymond Collier, dans la Haute Provence monumentale et artistique, Digne, 1986

Les IMG_0516.jpgarcs sont soutenus par des impostes en grès qui reposent sur des chapiteaux d’albâtre sculptés. Le premier représente un paon et un bélier, le second des gerbes de blé ; la pierre de la fécondité au fond de la crypte complète peut-être ces deux symboles : le bélier (symbole de la fécondité des troupeaux) et le blé (symbole de la fécondité des moissons). Là où F.Benoit voit des motifs de l’art carolingien ou mérovingien tel que des lobes en forme de grains de café, certains y voient des testicules1 de bélier ! Au XVIIè siècle, un pèlerinage avait lieu ici pour l’arrivée des troupeaux. Le plan en trois parties de cette crypte a laissé supposer qu’elle était conçue pour conserver des reliques. On a alors pensé à celles de saint-Geniez, dont une partie des ossements auraient été transférés depuis Arles jusqu’ici au XIè siècle, par les bénédictins de l’abbaye de Saint-Victor.

Pour joindre M. Palomba écrire à Marcel Palomba. Ne pas modifier l’objet du mail proposé par défaut : PATRIMOINE.

Réouverture du Café-Restaurant le Dromon à Saint-Geniez depuis le 19/06/2010. Le restaurant le Dromon est fermé pour la saison hivernale et rouvrira ses portes au printemps. Pensez-y si vous passez par là !

GC2DMBE La chapelle Notre-Dame de Dromon

Après une heure de visite au cours de laquelle nous avons discuté des citoyens acteurs de la préservation du patrimoine et ceux qui font des fouilles sauvages, nous partons pour le tour du Dromon, entourant le trapu Rocher de Dromon (1285m), le Sabot (1306m) pointu, tous deux pointant fièrement vers le ciel. Direction la Grange Neuve par le sentier jaune. Soudain Ti’Mars…IMG_0456.jpg s’immobilise, surpris et fier de sa trouvaille : là, parfaitement immobile et redressé, l’œil fixe, aussi vert que le feuillage qui l’entoure, un lézard, un gros lézard vert si rare dans notre région. Tellement confondu avec son milieu que je mettrai 2 minutes à le voir.

Il est limité en France au sud de la Seine mais pas en Corse. [Il] est dépendant d’un couvert végétal assez épais. On le trouve en lisière des bois et forêts, dans les clairières ainsi que dans les prairies, bords des chemins et talus.
IMG_0460.jpg[…] Cet animal mord fortement quand on le manipule. C’est un animal très sensible à la température […] 15° C avec un optimum autour de 32-33°C. Il hiverne2 d’octobre à avril dans un terrier de rongeur sous une roche ou un amas de végétaux. Sa nourriture se compose principalement d’arthropodes et d’insectes, notamment de coléoptères. Il boit chaque jour en lêchant les gouttes de rosée une à une. Extrait du portail de l’ONF reptiles : lézard vert

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Le chateau du Castellet depuis Saint-Jeannet, porte des baous



IMG_4312.JPGC’est en pensant à vous, lecteurs de randomania, que  je suis allée chercher des idées de randonnées à Nice à l’occasion du lancement des guides de randonnée de la collection « rando malin ». Les auteurs sont jeunes mais enthousiastes ; ils réussissent à donner envie de les suivre sur les chemins de découverte de notre patrimoine. Le soir même; j’essaie d’identifier l’itinéraire sur une carte IGN, sans succès. Le lendemain, c’est donc le guide à la main, que me rends au château du Castelet qui ne figure pas sur la carte IGN. Serait-il indigne d’y figurer ? Le rando malin Côte d’Azur Alpes du sud, Frédéric Boyer, Mémoires millénaires Editions, 2010

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IMG_4325.JPGIMG_4327.JPGA partir du village, j’emprunte le chemin du Baou de Saint-Jeannet, élément caractéristique des paysages calcaires. Des quatre baous1 de la région vençoise, celui de Saint-Jeannet est le plus remarquable par l’ampleur exceptionnelle de ses faces, de 300m à 350m de dénivelée ; on y monte doucement mais de façon continue. Au premier carrefour, j’entends sans les voir les moutons de la ferme voisine. A l’embranchement d’un étroit sentier, un arbre enroulé d’une bande de gaze bleu vif, semble repérer la montée vers le sommet du baou. Sur le versant du baou de la Gaude, des cultures en terrasse ressemblent à de grandes marches de verdure. Parvenue sur le plateau, c’est la surprise : des milliers de pierre jonchent le sol, parfois rassemblées en tas, rarement constructions telles que cette cabane en pierre sèche. On dirait qu’un cataclysme est passé par là. Où sont les anciennes faïces2 dans lesquelles les anciens cultivaient toutes sortes de céréales ?

Randonnées

Une fois sur le plateau, un sentier sur la gauche mène au baou de Saint-Jeannet, où le varois didrip a placé une cache ; ne le sachant pas, je n’ai pu y aller mais si vous êtes geocacheur, courage ! GCX74N baou de Saint-Jeannet : il parait que le panorama est exceptionnel.

Le sentier continue sur le plateau puis descend dans le vallon. Sur le mamelon juste en face, je vois la tour du donjon que je dois rejoindre. Pourquoi des ruines si imposantes ne figurent-elles pas sur la carte IGN ?

IMG_4376.JPGLe Castelet apparaît dans l’Histoire en 1250, grâce au testament du légendaire Romée de Villeneuve, premier baron de Vence et sénéchal de la Provence (dès 1236). […] il désigne comme héritier direct et universel son fils Paul. Il lui lègue la seigneurie de la Gaude, Saint-Jeannet, le Castellet et la co-seigneurerie de Vence. […] A la lecture de ces actes, il apparaît qu’au XIIIè siècle la seigneurie du Castellet est tout aussi importante que ses voisines de La Gaude ou Saint-Jeannet. Le Castellet sera encore cité en 1309.

IMG_4338.JPGAvant d’arriver au chateau du Castelet, je traverse un sous-bois frais où de nombreux blocs rocheux sont tombés. La remontée est rude mais l’arrivée sur les lieux est une récompense, le sentiment d’avoir découvert quelque chose d’important. Un mur d’enceinte, des contreforts, sont les restes d’un château de guerre. Certes il a été abandonné  pendant plusieurs  dizaines d’années puis les descendants de Romée réutilisent les matériaux pour en faire un logis à côté d’une vaste bergerie.  Les poutres de bois tiennent à peine mais la voûte de la bergerie est encore en bon état. Des échauguettes d’angle prouvent que les lieux étaient surveillés et qu’ils ne devaient pas être très sûrs au moyen-âge.  Occupé jusqu’à la dernière guerre, le château, où se sont réfugiés des maquisards, est dynamité par les allemands. De là je peux voir les cultures en terrasse en arcs de cercle joliment concentriques. Devant le château, une esplanade inclinerait au pique-nique, si le temps n’était pas aussi menaçant.

IMG_4348.JPGIMG_4354.JPGIMG_4359.JPGIMG_4363.JPG

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Le circuit des chapelles par la colline de Paracol



IMG_3904.JPGIMG_3908.JPGMes deux acolytes ont renoncé à cette balade parce que la météo annonçait des pluies éparses partout en région PACA. Equipée contre la pluie, j’ai décidé de faire plusieurs balades courtes au cas où… je suis retournée près de Brignoles, dans le village du Val, à la découverte du riche patrimoine religieux. Un arbre en fleurs, enfin, annonce l’arrivée du printemps.

Site personnel, le chemin de Paracol

La météo aujourd’hui et à 3 jours
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IMG_3906.JPGIMG_3958.JPGLa première chapelle Saint-Jacques n’a pratiquement plus rien qui permette d’identifier un monument religieux. L’oratoire Saint-Jacques, rebaptisé Saint-Etienne par Etienne Marie qui l’a remis en état, a meilleure allure à l’entrée du chemin de la Coualo de l’oulo

Le Val et la religion

IMG_3913.JPGIMG_3910.JPGL’oratoire Saint-Cyriaque à l’entrée du chemin qui s’écarte vers la droite annonce la montée vers la chapelle du  nom d’un diacre martyr, second patron du Val. « En 1793, […], la chapelle de saint-Cyriaque fut vendue comme bien national.[…] En 1827, par décret du 21 septembre, elle fut érigée en chapelle de secours.  […] A la procession solennelle, les jeunes gens portaient triomphalement la statue du Saint-Patron. La chapelle rurale ne pouvant contenir la foule, on avait dû élever un hangar pour abriter les pèlerins. »

IMG_3928.JPGIMG_3931.JPGJe poursuis la montée sur une large piste forestière, tantôt à découvert, tantôt en sous-bois, tantôt dans une zone incendiée. Au loin la croix de Paracol domine le Val : c’est là que je vais. En bois autrefois, elle existe depuis au moins 1678 mais a été remplacée par une croix en métal. Le castrum de Paracol, lieu de refuge, y a existé jusqu’au XIIIe. La vue donne sur des ondulations de collines aujourd’hui sous un voile de pluie.

IMG_3929.JPGNotrIMG_3935.JPGe Dame de Paracol, qui date du IXe siècle, représente un exemple d’architecture romane, trapue. Il abrite encore la statue de ND de Paracol achetée aux Pères Augustins de Brignoles en 1751. Chaque année, par le chemin des pèlerins, les villageois ramènent l’effigie de la sainte habillée et couverte de bijoux, à la paroisse où elle elle reste le temps des festivités. Recouverte d’or, elle brille au soleil, semblant les guider de loin jusqu’à elle. Deux paires de statuettes porte-flambeau en bois peint ont été classées MH au titre d’objet en 1996.

Durant les pélerinages, la coutume est de jeter un caillou dans la niche de chaque oratoire. Si l’on vise juste, on a des chances que les voeux soient exaucés…  Chapelles de Provence, E.Bousquet-Duquesne, Editions Ouest-France, 2009

IMG_3945.JPGIMG_3943.JPGEn léger contre-bas de celle-ci, je découvre la chapelle Saint-Blaise. « Avant de devenir chapelle, Saint-Blaise fut une église [Saint-Jean] construite par les seigneurs de Chateaurenard. […] ce très joli ermitage du XIe siècle, restauré au XVIIe siècle, est précédé par un jardin très soigné : yeuses, genêts, lilas, cyprès… dans lequel ont été installés des points de repos pour les pèlerins. » La grosse pierre devant sert d’autel lors des messes en plein air. Une petite fontaine accolée à la façade devait désaltérer les pélerins appelés par la cloche à entamer leur ascension.

Histoire du val

IMG_3951.JPGLe chemin des pèlerins qui redescend au Val  est caillouteux et désagréable tant les pierres ont été remuées par le passage probable de moto-cross ; il a dû autrefois être entretenu : des marches aménagées grossièrement dans le sol sont encore visibles. Je salue des randonneurs qui montent à l’ermitage : ce seront les seules personnes que je croiserai. Par moment, la terre rouge riche en alumine et fer qui s’est autrefois sous des conditions tropicales, rappelle qu’au Val était exploitée la bauxite.

Durant les pélerinages, la coutume est de jeter un caillou dans la niche de chaque oratoire. Si l’on vise juste, on a des chances que les voeux soient exaucés.

En tout j’ai compté une dizaine de témoignages religieux sur ce circuit et je ne vous parle pas de ceux que vous trouverez au village et en bordure des autres routes !

le Val circuit chapelles 6km 2h déplacement (2h15 au total) 238m dénivelée

Quand je suis rentrée de ma journée, j’ai loggué la cache GC1JJ7E le dolmen des Adrets (il s’agit du dolmen I, il y a aussi le II, le III et le IV) que j’avais cherchée l’après-midi et je me suis rendue compte qu’il y en avait deux sur la colline de Paracol ! GC1KH59 les 4 rocs, jcoud team et GC1KXQ7 Paracol, jcoud team

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1paracol : pares colles = collines pareilles

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*** De Notre Dame de Grâces au monastère Saint-Joseph à Cotignac



IMG_0114.jpgIMG_0121.jpgParcours sur les traces de deux miracles ayant eu lieu à Cotignac1. Nous prenons le chemin qui démarre à l’oratoire Sainte-Anne. En haut de  l’impasse, nous traversons la route et montons sur le chemin des Pélerins, large escalier qui mène à Notre Dame des Grâces de Cotignac.

Dès le début, un chat s’approche de nous et se frotte à nos jambes. Il fait froid et nous nous étonnons qu’il ne recherche pas la chaleur. Nous montons, il monte ; nous nous arrêtons pour faire une photo, il nous attend ; même quand nous sinuons, il ne nous perd pas ; nous entrons dans le diorama2, il nous suit.

Un chat qui agit comme un chien ! Il nous accompagne jusqu’à la cache de carfantin. mais le ne la trouve pas Cotignac #4 : Notre Dame de Grâces par carfantin.

La météo à cet endroit aujourd’hui et à 3 jours

IMG_0133.jpgIMG_0113.jpgBien que seuls visiteurs en ce jour de janvier, nous devinons qu’en période d’été, le site doit être très fréquenté : un magasin de souvenirs, un distributeur de boissons, un parking aménagé, tout indique qu’un large public y est accueilli, et depuis longtemps. En 1660, la présence de cabarets sur les deux lieux de pélerinage Notre Dame et Saint-Joseph, fournissaient de gros revenus à la commune ; le seigneur du lieu – le comte de Carcès – fit un procès à la commune pour les récupérer. Qui devait conserver la juridiction de ces sanctuaires et toucher les bénéfices ? la commune s’en sortit par un stratagème ingénieux.  Elle céda ses droits à la communauté des Pères de l’Oratoire de Notre Dame des Grâces (moyennant quelques arrangements), à charge pour eux d’ester en justice. Le comte se trouvant maintenant devant une communauté indépendante  sachant faire valoir ses droits, dut s’incliner. Le récit entier

IMG_0157.jpgLe 10 août 1519, un bûcheron, Jean de la Baume, gravit le mont Verdaille. Comme d’accoutumée, il commence sa journée par prier. A peine s’est-il relevé qu’une nuée lui apparaît, découvrant la Vierge Marie, et l’Enfant Jésus dans ses bras, qu’entourent Saint Bernard de Clairvaux, Sainte Catherine martyre, et l’Archange Saint Michel. […] Elle s’adresse alors à Jean « Allez dire au clergé et aux Consuls de Cotignac de me bâtir ici même une église, sous le vocable de Notre Dame des Grâces et qu’on y vienne en procession pour recevoir les dons que je veux y répandre. Jean garda pour lui le message… ce qui lui valut une seconde apparition de la Mère de Dieu et des Grâces ! Cette fois, il s’y résolut et redescendit au village sans attendre.

IMG_0139.jpgIMG_0130.jpgEn 1637, le Frère Fiacre a une soudaine révélation intérieure : pour que la reine ait un enfant, elle devait demander publiquement qu’on fasse en son nom trois neuvaines de prières, dont la première à Cotignac, à Notre-Dame-de-Grâces. Le 5 septembre 1638, Louis XIV naît. En 1638, Louis XIII consacre la France à la Vierge Marie, ce qui nous vaut un jour de fête le 15 août de chaque année. En 1660, Louis XIV, accompagné de sa mère, fait un pèlerinage à Notre-Dame-de-Grâces. C’est ce que racontent les scènes du diorama2. Dans les comptes de la commune, on peut voir les dépenses faites pour leurs majestés, lors de cette visite : 24 pots de confiture dite coutignac1, 20 boîtes de fruits secs divers, des raisins de Marseille, pommes et poires royales, 24 douzaines de galettes, 70 bouteilles de vin muscat de pays pour un total de 53 livres 24 sols. J’aimerais bien savoir ce que ça représente en euros aujourd’hui…

Notre Dame de Grâce, site officiel de Cotignac
Dans le Bulletin de la Société d’études scientifiques et archéologiques de la ville de DraguignanSociété d’études scientifiques et archéologiques de Draguignan et du Var, Draguignan, 1855-1955, je vois que la procession a eu quelques difficultés à se maintenir au long des années. En cette période de guerre et de famine, pour inciter les plus pauvres à quitter leur travail durant une journée, on a même payé les gens pour qu’ils participent à la procession !

En 1714, pouvoir est donné au consul de rétribuer ceux qui assisteraient à la procession,
En 1735, le premier consul de Cotignac propose à ceux qui assisteront à la procession à notre dame de Grâces de Cotignac de leur donner les 10 écus distribués habituellement pour acheter la poudre de guerre lors de la bravade de Saint-Gervais,
En 1745, monsieur d’Abeille se charge de rétablir la procession si le conseil le dispense de payer la taille de sa terre roturière de Ponton (cela ressemble à de la corruption de fonctionnaires !)

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** Au fil de l’eau à Cotignac



Que d’eau, que d’eau sur le site de Cotignac !

Que l’on se promène sur le chemin du haut par le chemin des Verdares ou celui du bas par le vallon Gai, le bruit de l’eau guide nos pas. Alimentée par la source Saint-Martin, l’eau de la Cassole chute de cascade en cascade jusqu’au gouffre Rigaud (mais pourquoi ce nom ?). Même en été, la Cassole, alimentée par cette source pérenne, coule toujours dans le village de Cotignac. En toutes saisons, ce parcours thématique sur l’eau – que j’ai conçu également pour les geocacheurs et grâce à deux geocacheurs, permettra de découvrir Cotignac d’une bien agréable manière ! Site officiel de la commune de Cotignac

« A l’ère quaternaire, la rivière La Cassole coulait par dessus le rocher. » Extrait du site de l’office du tourisme de la Provence Verte

La météo à cet endroit aujourd’hui et à 3 jours

IMG_0059.jpgAprès son passage dans les dolomies souterraines, la source de la Cassole est très minéralisée, ce qui favorise les concrétions, surtout au printemps où la température favorise « l’évaporation, le dégazage du CO2 et l’activité végétale ». Le travail de l’eau explique donc toutes les anfractuosités, les stalactites et les stalagmites que l’on aperçoit quand on est au pied du Rocher de Cotignac. Autour du rocher de Cotignac, A. Acovitsioti-Hameau2, J.J. Blanc, C. Chopin, G. Godefroid, Cahiers de l’ASER, suppl. 6, 1999
Selon J.Nicod, Barrages de tufs calcaires et cascades dans le centre Var, Cahier de l’ASER n°16, 2009,

« il semble que des voiles de tuf aient pu continuer de se construire jusqu’au début du XVIIIe car la cascade inondait encore en crue une partie du site ».

Il situe donc le détournement de la rivière  à cette époque, – je dirai plutôt le barrage anti-débordement empêchant la Cassole d’inonder Cotignac par le haut (ce qui est plutôt rare, convenez-en !) – confirmé par l’extrait du rapport Cartographie hydrogéomorphologique des zones inondables du haut bassin versant de l’Argens, IPSEAU-DIREN PACA, 2006

La singularité de la Cassole réside dans l’immense barrage de travertins qui domine le centre de Cotignac, [..]. Ce barrage comblé constitue un plateau duquel les eaux peuvent se déverser sur le village depuis la corniche rocheuse en cas de crue importante de la Cassole. […] En 1702, la Cassole a quitté son lit sur le plateau de Cotignac et s’est répandue à l’aval du plateau sur le centre ville. Il y eut deux morts. Suite à cette crue, en 1703, un mur a été construit sur le plateau pour contenir la Cassole en cas de crue exceptionnelle. Ce mur de 1,5 à 2 mètres est peu entretenu et présente des brèches. Annexes techniques sur les crues, direction régionale de l’environnement

barrage de travertins à Cotignac

Dès le XVè siècle, les eaux circulant autour de cette vaste barre de tuf arrosent champs, priairies et jardins et, canalisées vers l’aval, font tourner des moulins et autres fabriques. Plusieurs indices prouvent que si Cotignac est transféré en aval de l’entablement au XIIIe siècle, la majorité des aménagements actuellement visibles dans le Rocher ne sont pas antérieurs au XVIIIe siècle. Extrait de Présentation du patrimoine artistique, historique et linguistique de ce département, de sa littérature, de ses traditions, de son milieu naturel et de son économie, Dominique Legenne, Ada Acovitsióti-Hameau2, Philippe Blanchet, Tony Marmottans, Jean Nicod, Franck Auriac, Christine Bonneton, 2008

IMG_0082.jpgCe sont les canaux et conduits souterrains qui s’encroûtent désormais : nous avons pu en faire une photo sur le chemin du Derroc. Vers 1900, on comptait à Cotignac 1 moulin à vent, 3 moulins à huile, 4 moulins à tan1 . En descendant dans le village par le chemin des Tours, on suit le trajet de l’eau le long des canaux et gouttières naturelles.
IMG_3240R.JPGLa cascade du Derroc, est en limite de propriétés privées mais un étroit sentier permet d’aller la contempler d’en bas en longeantla cascade vue du haut de la chute une clôture sur 80m à partir du chemin. « A la cascade du Déroc quand il y a beaucoup d’eau, il y a deux cascades parrallèles et celle qui tombe dans un cuvette s’appelle La Trompine. Par contre l’endroit est dangereux car il y a parfois des éboulements », me signale carfantin.
Une cache balade du petit poucet (1) GC1NCEF, y a été placée par papounet83. Dans la direction opposée, vous êtes sur le haut d’une autre chute (photo de gauche Ti’Mars…) : mieux vaut ne pas s’y aventurer et se contenter du bruit de la chute.

IMG_3244r.JPGDIMG_0109.jpge là vous pouvez faire un petit crochet vers la chapelle Saint-Martin (cache balade du petit poucet (2) GC1P7KP de papounet83 d’un côté et celle de carfantin Cotignac #1 la chapelle Saint-Martin GC1RQ78 de l’autre), autrefois église paroissiale du village. Au sud de la chapelle a été trouvé du matériel de l’époque romaine. Dans le soubassement de l’angle du bâtiment accolé à la chapelle se trouve un contrepoids de treuil (pressoir) de cette époque. Puis direction la source Saint-Martin (cache Cotignac #2 : la source Saint-Martin GC1RQ9C de carfantin) et son lavoir. « Le lieu présente un aménagement complexe de plusieurs bassins communiquant par des martelières, suite de la faille rocheuse d’où sourd l’eau ». Extrait de Côté colline, Ada Acovitsioti-Hameau, Publications de l’Université de Provence, 2005. Les lieux Saint Martin sont souvent liés à des fontaines ou sources aux propriétés miraculeuses : Continuer la lecture de ** Au fil de l’eau à Cotignac

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Le sentier des douaniers de Cap Couronne à Carry le Rouet



img_1821.jpgJ‘ai tiré cette randonnée du livre Sentiers du littoral méditerranéen : randonnées de Marseille à Saint-Tropez, P. Garcin et Nicolas Lacroix, Glénat, 2008. Partis de Carry le Rouet, nous avons rejoint la Couronne (commune de Martigues) par le train de la Côte Bleue (départ : 10h03), vieux et poussiéreux. Pas de chef de gare : on prend son billet au distributeur sur le quai, on monte dans le train (que le marche-pied est haut !) sans contrôle. En quelques minutes, nous arrivons à la Couronne.

* Les horaires 2016-2017 de la ligne 7 Marseille-Miramas

Nous descendons jusqu’au cap Couronne d’où nous emprunterons le sentier du littoral, mais on peut partir du port de Carro. Le phare rouge et blanc se détache sur le bleu du ciel. Inventaire général du patrimoine culturel

  • 1er phare :
    • 01 janvier 1867 : allumage sur une tourelle carrée et corps de logis de 11,60 m de hauteur ; feu à éclipses se succédant de 20 en 20 secondes ; focale 0,1875 m ; combustible : huile végétale
    • 1873 : combustible : huile minérale
    • 1904 : combustible : vapeur pétrole
  • Le phare est reconstruit en 1958-1959. Hauteur au dessus de la mer : 36 m, hauteur de la focale : 29,15 m.img_1823.jpg
    • 20 août 1904 : feu à éclats rouges toutes les 5 secondes, focale 0,25 m ; Cuve à mercure
    • 1937 : feu à éclats réguliers rouges toutes les 2,5 secondes.
    • 1959 : feu à éclat rouge toutes les 3 secondes, focale 0,325 m.
    • Automatisation : 2001. Coupole en cuivre avec radar au sommet. Cuve à mercure. Lampe halo 650w. Feu tournant à éclats réguliers rouges 3 sec. Portée 18,5 milles.

img_1830.jpgDéjà du monde sur les plages de juillet ; le sentier, en plein soleil, longe la mer ; nous découvrons grâce aux panneaux d’information qu’il y a eu là une carrière à fleur d’eau, exploitée depuis l’Antiquité pour de grands monuments de la ville de Marseille. Le sol de la Beaumaderie est quadrillé dans des directions différentes, preuve que plusieurs équipes y travaillaient en même temps. Il était possible d’embarquer directement les pierres à partir d’une marge rocheuse servant de digue et de quai d’embarquement. Le niveau de la mer était à l’époque 50cm plus bas qu’aujourd’hui.

img_1834.jpgschema_interpretation_beaumaderie.jpgNous essayons de comprendre ce qu’est une méga brèche, blocs de calcaire anguleux de deux périodes géologiques différentes et qui se sont naturellement soudés ensemble. Puis la mer du miocène transporte les dépôts et les accumule horizontalement. Sur la photo, on voit bien la faille, la formation en éventail et sur le dessus le dépôt marin avec ses nombreux fossiles (coquilles de bivalves, creusement d’oursins). Beaumaderie, brèche.

img_0248.jpgimg_0253.jpgLa petite chapelle Sainte-Croix précédée d’un calvaire surveille l’anse de Sainte-Croix. Sans doute est-ce une chapelle de marins car une ancre de bateau est accrochée sur sa façade. 
Selon une légende moins connue (Georges A D Martin, Le Graal en Provence, Mission secrète en Occident, Cheminements, 1999 ou sur le site Arcadia), cette chapelle serait construite à l’endroit où, suite à une tempête, accostent Marie Jacobée, Marie Salomé, Sarah la servante, Lazare, Marthe et Marie Magdeleine. Un jeune berger sourd-muet leur indique l’emplacement d’une source au pied d’un figuier. Il est guéri miraculeusement. De là, ils partiront ensuite pour les Saintes-Maries de la Mer d’où ils évangéliseront la Provence. « elle [la chapelle] est bien connue des marins et saluée par eux du nom de Sainte-Terre, «Santo Terro». Elle est déjà signalée dans des actes de 1636. Deux pèlerinages importants durant plusieurs siècles amènent le 3 mai (souvenir de la découverte de la croix du Christ), et le 14 septembre (exaltation de la Sainte-Croix), les pêcheurs, paysans, bergers et carriers du terroir, à la Sainte-Terre ».  La plage de Sainte-Croix, site cote-bleue.eu

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*** A l’ombre du rocher de Roquebrune



La journée est organisée par l’ASER (Association de Sauvegarde, d’Etude et de Recherche pour le patrimoine culturel et naturel) que j’apprécie énormément tant elle propose des journées qui correspondent à ce que j’attends : de la marche, des découvertes de notre patrimoine local souvent riche mais peu connu, de la convivialité. Et des visites gratuites de plus ! Je peux alors poser des questions et y trouver de quoi vous faire partager mes découvertes. J’adresse mes remerciements à Philippe Hameau de l’ASER, qui a accepté de relire cet article.

La première visite prévue est pour la glacière située à l’intérieur de la Maison du Patrimoine, dans l’impasse Barbacane, sans doute l’ancienne rue de la glacière, comme dans beaucoup de villages provençaux. La communauté a racheté tôt le droit de faire de la glace. Des travaux de restauration du bâtiment municipal ont permis la découverte de cette glacière du XVIIème siècle exploitée par l’évêché de Fréjus qui en assumait l’entretien (On sait qu’en 1664-65 elle avait fait l’objet de réparations). Mais c’est devant une maison fermée qu’Ada nous expose ce qu’elle a découvert dans les archives. Sur le thème de la glace, visitez le musée de la glace !

Nous passons devant le cadran solaire créé en 2005, situé en bas de la rue Grande André Cabasse  (ci-contre carte postale ancienne de la rue) : certains s’essaient au calcul de l’heure légale à partir des indications fournies mais ça paraît bien compliqué. Le temps solaire n’est pas aussi uniforme que le temps de nos montres : il faudra donc ajuster par rapport au temps moyen, en fonction de la saison. Contrairement à l’heure solaire qui dépend du lieu, l’heure légale est identique sur tout le territoire : il faudra donc apporter une seconde correction due à la longitude de Roquebrune. Je dirais (simplement ?) de faire le calcul en 4 étapes :

  • Lire l’heure locale de Roquebrune au soleil grâce à l’ombre du style sur le cadran ;
  • img_0863.jpgcorriger ce temps solaire : c’est l’équation du temps (site de l’Institut de mécanique céleste et calcul des éphémérides)  ; en été la terre se déplace moins vite qu’en moyenne : pour le 19 avril à peine -1mn de correction ;
  • Roquebrune étant à l’est du méridien de Greenwich, ajouter les 26mn de décalage (on trouve les coordonnées dans un atlas géographique), calculée à partir de la correspondance 24h correspond à 360° (rotation de la terre en 1 journée) ;img_0864.jpg
  • L’heure légale en France l’été étant égale à UT (Temps Universel) +2, ajouter ces deux heures

Il était 9h40 au soleil quand nous avons quitté le centre du village ; l’heure légale était donc : 9h40-0h1′-0h26’+2h=11h13 à nos montres. Il est temps de partir pour la chapelle Saint-Roch.

img_0874.jpgSaint-Roch s’arrêta dans plusieurs villes d’Italie atteintes par la peste ; il s’employa à servir les malades dans les hôpitaux. Pendant 3 ans il s’occupa des malades à Rome. Il finit par attraper lui-même la maladie et se retira dans une forêt près de Plaisance pour ne pas infecter les autres. Seul un chien vint le nourrir en lui apportant chaque jour un pain dérobé à la table de son maître. Ce dernier, intrigué par le manège de l’animal, le suivit en forêt et découvrit le saint blessé, qu’il put ainsi secourir. D’où l’expression, pour parler de deux personnes inséparables : c’est saint Roch et son chien. Extrait de Wikipedia.

C’est pour cela que dans les villes et villages de Provence qui ont été touchés par la peste, il y a presque toujours un oratoire ou une chapelle dédiée à Saint-Roch que l’on invoquait pour être protégé de la peste. Par exemple aux Mées, à Fontvieille, sur la route de Saint-Cannat, à Cazan, Saint-Rémy, le Beausset, etc.

La météo aujourd’hui à cet endroit :
Avec la température ressentie

img_0870.jpgimg_0872.jpgPetit arrêt à la chapelle Saint-Roch, restaurée par le Comité pour la Protection des Monuments Historiques et des Sites de la Commune de Roquebrune-sur-Argens.

img_0875.jpgimg_0878.jpgDevinette ensuite face à un gros bloc rocheux abandonné sur la rive du lac Arena, à l’emplacement du bras de l’Argens. A quoi servait-il ? personne ne trouve qu’il s’agit d’une bigue, c’est à dire le point d’amarrage de la grosse corde à laquelle était arrimée la barque qui traversait l’Argens avant la construction du pont.

« Les seigneurs et les grands monastères possédaient des terres de chaque côté de l’eau et les échanges étaient intenses. La communauté dut se doter d’une barque pour permettre le transport d’une rive à l’autre des habitants et des animaux. Cette barque devait être assez large pour faire passer des charrettes. […] ; pour que la barque lourdement chargée ne dérive pas ([ndlr] à cause du courant), on l’arrima à une grosse corde qui était tendue, d’une rive à l’autre entre deux gros blocs de maçonnerie (l’un deux a été retrouvé, enfoui dans la sablière Perrin). Le point d’accostage s’appelait alors le capoul. »

Pour se rendre au pélerinage à la chapelle de la Roquette, soit les pélerins traversaient à gué, soit ils empruntaient le bac. La fonction de barquier était obtenue par adjudication. Sur le recensement de 1826, figurait encore Peyrin Sauveur, barquier.

Cassini_le_Muy_Roquebrune.jpeg« Ce bac devint, pour la cité, un véritable service public, affermé dès 1546 par la communauté pour ‘passer chacun, tant allant que retournant, franc et sans faire payer personne, étrangère ou privée’. En fait, les étrangers et les animaux payaient une redevance par homme ou par tête de bétail.
Il fallait souvent réparer ou changer la barque malmenée par les troncs d’arbres charriés par le fleuve en temps d’inondation, et « nourrir » la corde avec du goudron ou la changer. […] Les ouvriers agricoles perdaient beaucoup de temps pour franchir la rivière ; il fallait parfois toute une journée pour faire passer un troupeau d’une rive à l’autre ; il n’était pas rare de voir des bêtes effrayées tomber à l’eau et se noyer. »

Sur la carte de Cassini (1778), le bac y figure bien à côté de la chapelle Saint-Roch. La solution fut la construction d’un pont. Ce n’est qu’en 1829 que l’Argens cessa d’être pour la cité un obstacle à l’ouverture au monde. L’Argens et le vieux pont par le Comité pour la Protection des Monuments Historiques et des Sites de la Commune de Roquebrune-sur-Argens.

img_0881.jpgPetit cours de géologie avec M. Blanc qui a amené son graphique sur le terrain. J’entends pour la première fois le terme d’arkose. « Le rocher de Roquebrune est constitué de granites et gneiss vieux de 560 millions d’années […] ; et si la surrection de ce relief est très récente (environ 30 millions d’années) le granite est un reste du socle hercynien ». Extrait de Geoforum. L’arkose est la roche issue de l’altération et de l’érosion de ces granites et gneiss.

IMG_0883r.JPGExtrait du site ifrance, le rocher de Roquebrune :
« A l’ère tertiaire, des mouvements tectoniques […] font remonter le conglomérat à la surface. Sa couleur caractéristique est due à une quantité inhabituelle d’oxyde de fer ». Selon notre géologue, le soulèvement continue, les reliefs s’élèvent de 2 à img_0890.jpg3mm par an. Avant de IMG_0894r.JPGrepartir après le pique-nique pris en commun, alors que je m’apprêtais à marcher bien involontairement sur une fleur poussant au ras du sol, une dame de l’association me crie « stop ! vous allez écraser une orchidée ! ».

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