*** Les formes insolites des rochers des Mourres

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img_0090.jpgimg_0099.jpgimg_0103.jpgimg_0110.jpg

img_0129.jpgtypes_de_formes_Mourres.jpgCinq formes de rochers, cinq curiosités : ondulations, monticules, meules de foin, cylindres, vasques. Balade insolite sur le territoire de Forcalquier et qui serait probablement peu rassurante sous les faibles rayons de la lune : des personnages ou animaux surgissent de tous côtés. Que voyez-vous à gauche ? un pingouin ?

img_0115.jpg Partis des Payans sur la D16, nous avons atteint les Mourres1  après une longue montée dans les vallons entre la campagne2 ‘les Souillons’ et ‘le Moulin’ ; le paysage est désertique, seules quelques touffes de végétation img_0113.jpgéparses poussent sur les flancs de la colline ; jusqu’à ce que nous apercevions le premier rocher en forme de champignon, nous doutions être sur la bonne voie. Dans un premier temps, nous montons vers le nord, passant sous les ponts naturels ou jetant un oeil à travers les rochers troués ; des cavaliers traversent le site et s’étonnent : du haut de leur monture, ils voient mieux que nous les chapeaux massifs de ces champignons géants, formés de petites couches entrecroisées, inclinées et fendues.

img_0127.jpgDécouvrir la France par la géologie, François Michel, BRGM, quelques lignes sur les Mourres dont une photo avec légende traduite en anglais
Livret guide des 4èmes journées nationales du patrimoine géologiqué 2008 (ARCHIVE), à télécharger en bas de page (une page sur les Mourres, document pdf 4Mo)

Je ne saurai expliquer facilement comment ces rochers se sont formés : j’ai essayé de faire la synthèse de tous les documents rédigés sur le Net par des géologues. Grâce à Marie-Jo Soncini, géologue à la réserve Géologique de Haute-Provence, j’ai pu apporter quelques corrections à cet essai de vulgarisation scientifique. Stéphane Legal du parc du Lubéron, m’a fourni deux documents de recherche. Qu’ils en soient remerciés tous deux !

Notez bien que vous êtes devant une
rareté géologique !

En savoir plus, l’article la formation des Mourres sur randomania plus

C’était à l’époque où la région était occupée par un lac marécageux (25 millions d’années, Oligocène supérieur).

  1. Phase de changement du niveau du lac3 : des îlots d’herbiers aquatiques dont la nature n’est pas encore identifiée, croissent en surface du plan de l’eau. « Si le niveau d’eau s’élève assez au-dessus de ces associations que l’on peut baptiser des herbiers, elles meurent, puis s’indurent. Croissent alors «sur leur dos» de nouveaux herbiers, et ainsi de suite, suivant les fluctuations du niveau d’eau »
    • Les rochers grandissent rapidement verticalement ; 
    • puis l’ilot central se nécrose, ce qui favorise son envasement par une vase calcaire alors même que les végétaux croissent sur la périphérie et en hauteur, formant des structures annulaires  ; 
    • consécutivement à l’envasement, le calcaire se fixe autour des végétaux, dans les zones profondes et au coeur des structures puis s’indurent progressivement.

Ce régime de sédimentation singulier a donc stabilisé et durci les masses calcaires mais à la différence des récifs de coraux, cela a dû se produire alors que l’herbier n’était plus vivant.

  1. Phase de baisse du niveau du lac4, l’eau se retire, les mouvements tectoniques, les pressions entrainent la déformation des strates à la périphérie du massif alpin ; le lac se redresse en oblique sous la poussée des Pyrénées puis des Alpes ; l’érosion décape les terrains argileux de préférence aux roches calcaires.

Les jeux de l’érosion actuelle dégagent progressivement les rochers de ce site en entraînant vers le bas les marnes tendres de leur assise. 

  • quand les eaux de ruissellement commencent à emporter la marne friable, l’érosion laisse émerger des rochers grisâtres (image 1),
  • quand l’érosion a enlevé complètement la marne, apparaissent des rochers de différentes formes, gris en haut sur du calcaire blanc plus tendre en bas (image 2),
  • en dessous de la D12, enfin, quand l’assise blanche est érodée, le rocher gris qui était suspendu, se retrouve au sol (image 3).

Paléogenèse des Mourres, site des professeurs de SVT de l’académie d’Aix-Marseille, avec petite animation sur la formation des Mourres par les herbiers. En observant bien, vous reconnaitrez trois étapes successives de cette érosion :

img_0124.jpgimg_0112.jpgimg_0138.jpg

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La calanque de l’Escu… et vue sur la sortie des égoûts de Marseille

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img_0011.jpgimg_0014.jpgDépart du  col de Sormiou à 9h précises ; nous sommes tous emmitouflés avec gants, bonnet et écharpe et pourtant deux irréductibles forumeurs marseillais se distinguent : l’un en T-shirt, l’autre en short. Ce sont stoko et titidegun.
Nous commençons par longer l’extrémité ouest de la crête de Sormiou sur une arête étroite ; au loin, au bas du vallon du pignet, le baou Trouca, laisse filtrer un rayon de IMG_0013.jpgsoleil. Plus près de nous, un autre rocher troué n’a pas de nom : et si on le baptisait « la fenêtre du Pignet » ? Stoko, spécialiste des plantes des calanques, nous parle de plein de plantes mais je n’en ai retenu que deux ! faudra que je révise lors d’une prochaine randonnée.

  • Quercus coccifera : « au début du XIXème siècle, vingt tonnes de cochenilles du chêne kermès étaient ramassées chaque année dans tout le département pour fabriquer le «rouge» des teinturiers (couleur vermillon). Les tans – écorces pulvérisées – les plus recherchés par les tanneries proviennent essentiellement du kermès et du chêne yeuse. L’écorce de pin était aussi utilisée dans ce but par les pêcheurs sur les filets ». Extrait du site du GIP des calanques.
  • Le genévrier cade, lui, servait à fournir l’huile de cade utilisée en dermatologie humaine et animale (pour plus de précision voir la note sur l’arche d’alliance dans le Var). « Le bois de cade brûlé passait aussi pour être un excellent désinfectant, il a pu ainsi être utilisé, sans effet néanmoins, lors de la grande peste de 1720 à Marseille, où de grands feux avaient été ainsi allumés en ville pour l’enfumer, sur les conseils désastreux d’un médecin ». (Stoko)

IMG_0026.jpgDans la descente, l’odeur d’égoût monte aux narines. Au loin la calanque de Cortiou vomit un flot de couleur brune qui détonne au milieu de l’eau si bleue. C’est la sortie des eaux usées du grand émissaire de Marseille. Un sentier de pêcheurs à peine visible y mène : c’est sûr, les pêcheurs ramenaient du poisson de cette calanque. Avait-il le même goût qu’un poisson pêché au large ?…

L’état sanitaire de Marseille était déplorable au début du XIXème siècle. Après deux épidémies de choléra en 1834 puis 1884 ; 1899, mise en service du grand émissaire de Marseille pour les eaux usées et eaux pluviales ; le Vieux Port cesse d’être le dépotoir de toutes les eaux usées. De 1973 à 1976, ce sont les travaux du second émissaire.

Cortiou la promenade la plus TRASH

Le projet qui veut expédier nos égoûts loin de Marseille, La Provence, 21 janvier 2008
La plus grande station d’épuration souterraine au monde fonctionne à Marseille, MSN Actualités, la chaîne Verte, 21 février 2008
La station d’épuration Géolide (180 millions d’euros) peut traiter beaucoup plus efficacement les eaux usées de 1,6 million d’habitants.

img_0037.jpgimg_0049.jpgLa descente n’est pas facile ; raide, elle s’apparente parfois à de l’escalade. Plus nous avançons, plus le paysage devient sauvage. Le large et sauvage cirque des Walkyries nous domine. Stoko nous signale qu’y vit le molosse de Cestoni de 50cm d’envergure (dis Stoko, tu n’exagerais pas un peu ? 40cm serait déjà bien grand).

molosse_cestoni_museum_bourges.jpgLe molosse de Cestoni (Tadarida, Teniotis), la plus grande chauve-souris d’Europe, espèce protégée, est présente dans le cirque des Walkyries (pas étonnant, ici, elle a peu de chances d’être dérangée…). Depuis 1980, 9 sites d’observation ont été repérés dans les Bouches-du-Rhône (source : Faune de Provence, Conservatoire d’Etudes des Ecosystèmes de Provence, 1997). J’ai mis côte à côte deux doubles décimètres pour imaginer ce que ça ferait si elle m’arrivait de face : je crois que je ne serais pas rassurée du tout… Le molosse de Cestoni, fiche du parc national du Mercantour

img_0051.jpgLe long du sentier, le premier de cordée repère un nid de chenilles processionnaires ; le téléphone arabe fonctionne bien et se transmet jusqu’au dernier ; tout le monde pourra faire une photo. Elles causent de très importants dégâts en broutant les aiguilles sur les arbres, qui s’en trouvent fortement affaiblis. N’y touchez pas : ces chenilles sont urticantes.

IMG_0102.jpgimg_0034.jpgAprès le col de Cortiou, nous délaissons le pas inférieur de la Melette pour se rapprocher de l’anse de la Melette et son ilot ; au loin d’île de Riou aux formes découpées si caractéristiques, était autrefois reliée au rivage. Elle l’est toujours mais la mer a envahi le plateau des chèvres depuis des milliers d’années. C’est au large de cette île qu’a été retrouvé l’avion de Saint-Exupéry (vous trouverez un lien vers cette découverte dans la note sur la calanque de Marseilleveyre).

Quelques photos du coin sur Marseille forum
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Les pigeonniers de Limans

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IMG_0703b.JPGLimans : cela surprend de découvrir autant de pigeonniers(16) dans un si petit village (73 maisons en 1698, 534 habitants en 1851, 345 en 2006 ; 14 habitants au km2), et en plus en bon état. La plupart datent des XVIème et XVIIème siècles et comportent des corniches à gorge soigneusement taillées. Les chambres des pigeons sont tapissées d’alvéoles superposées, les boulins, où pondent les oiseaux. Les plus pauvres sont en osier ou en bois ; dans les constructions les plus soignées, ils sont en terre cuite ou plâtre. C’est Joseph Palamède de Forbin qui était seigneur de Limans, comme il l’était de Janson, Villelaure ou Mane. « Pour les pigeonniers d’époque féodale, l’on peut lire le rang du seigneur en fonction de la forme de la girouette ».

Le plus remarquable est celui du Curé-Martin, à quatre niveaux superposés sur quinze mètres de haut, avec le deuxième étage accessible par un escalier externe (date 1553 sur le porche), le troisième par un escalier à vis intérieur, et le dernier par une échelle. Pays de Lure, Forcalquier, Manosque Et de Giono, P. Ollivier-Elliott, edisud, 2000

Les pigeonniers provençaux, Claude Mesnil avec un plan de Limans et les points de visite

C’est sur la page de l’Histoire de Limans, site bassesalpes.fr, que j’ai appris comment était rémunéré l’ instituteur par les parents au XVIII °s. « l’on faisait une distinction entre les enfants debout (3 sous) et ceux qui pouvaient s’assoir (5 sous) ».

Conseillés par l’office du tourisme de Forcalquier, nous choisissons le ’18 : tour des Ybourgues’ (image de l’itinéraire des pigeonniers), 8km (et non 5) de 3h00 avec les arrêts (et non 2) avec une belle dénivelée de presque 300m (pas si facile), et que j’aurais plutôt appeler « La boucle des pigeonniers ».

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Histoire :

IMG_0187.jpgSelon les coutumes féodales, il fallait être seigneur d’un fief et exploitant d’un domaine pour avoir droit de colombier, les pigeonniers « sur pied » ou indépendants des autres constructions étant l’apanage des grands fiefs. En haute Provence au contraire, ils étaient exclus des privilèges seigneuriaux depuis les lettres patentes de 1685 : « on tient que si le seigneur n’est point fondé en droit ou possession de prohiber à ses habitans de construire des colombiers de toute espèce, que dans le pays on appelle colombiers à pié ou à cheval, […], les habitans peuvent en faire construire sans son consentement, pourvu que ces colombiers n’ayent ni crénaux ni meurtrieres, qui sont des marques de noblesse. » (Encyclopédie Diderot, 1ère édition, Tome III). En 1736 pourtant, l’économe de l’Ordre Saint-Jean de Jérusalem essaya de faire détruire le pigeonnier de M. Eymar à Lardiers mais il ne réussit pas (Département des Bouches du Rhône : Inventaire sommaire des archives départementales antérieures à 1790 série Crédigé par M. BlancardP.Dupont, 1865-1892). Avec le nouveau code rural en 1791, il est autorisé de tirer le pigeon durant les périodes de moisson. Au XVIIème siècle on estimait le nombre des colombiers en France à 42 000.

Construction :

  • Toujours à côté des champ de céréales
  • Corniches, murs lisses afin de prévenir l’intrusion de prédateurs (rats, belettes…)
  • En Provence, l’orientation au sud et les murs surélevés au niveau du toit protègent les oiseaux du mistral
  • Plan circulaire pour les structures intérieures du pigeonnier, forme la plus rationnelle pour l’exploitation qui demande une visite régulière des nids, le nettoyage, le prélevement des pigeonneaux ou des œufs
  • A l’intérieur, trémies à grains et abreuvoirs ; sol dallé pour recueillir la fiente

Le plus grand pigeonnier du monde, Palomar de la Breña (7770 boulins), Espagne

IMG_0688.JPGIMG_0194.jpgLa balade commence fort : depuis le village, une montée continue pratiquement sur la moitié du parcours, mène au point culminant  de la randonnée à 816m. Au loin les eaux du barrage de la Laye (1959 à 1974) miroitent au soleil. Les vaches sont sorties pour la première fois dans les prés. Au lieu dit Tècle, je ne peux qu’admirer la grande bergerie en pièrre sèche (ou étable ?), aux pierres admirablement alignées sur les plans vertical et horizontal. Un travail de pro pour un bâtiment aussi grand.

Utilité du pigeonnier :

  • Engrais : Les déjections des pigeons appelées colombine, riches en azote et en acide phosphorique, servaient d’engrais, et à la production de salpêtre pour faire de la poudre à fusil.
  • Nourriture : « Ainsi un pigeonnier de cinq cents nids pouvait donner 160 pigeonneaux par semaine. C’est aussi une viande disponible toute l’année, les pigeons pouvant être facilement nourris avec du grain lorsque les conditions atmosphériques empêchent leur alimentation dans les champs. C’est une viande facilement conservable et transportable sous forme de pigeons vivants, dans des cages en l’absence de système frigorifique. Les pigeons sont vendus vivants au marché, tués et consommés au fur et à mesure des besoins » . Source : histoire des pigeonniers, de P. Cousin
  • Mèdecine : Pour garder que les cheveux tombent, de la fiente de Colombe desséché fera merveille”. Pierre de Bourgarel, Seigneur du Colombier à Vachères vers 1650, dans « Remèdes tant pour les bêtes que pour les gens, de feu mon père que Dieu absolve » ; Celse recommande le foie de pigeon, récent et cru, mangé pendant longtemps, contre l’ictère . Source : mini eco musée des pigeonniers de Haute-Provence

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IMG_0692.JPGLes premiers arbres en fleurs et les première fleurs de printemps sont enfin sorties de terre (crocus). A travers les sous-bois, nous cherchons le balisage jaune ; il nous faut passer sous la cloture électrifiée d’un propriétaire.

IMG_0695.JPGIMG_0697.JPGAprès une raide descente jusqu’au hameau d’Ybourgues, nous cherchons les pigeonniers. Ce qui frappe, c’est la qualité des constructions de pierre, leur caractère authentique, leur restauration dans l’esprit du passé, sans ajout de ciment ou matériau moderne. La ferme fortifiée classée monument historique, a été soigneusement remaniée : citerne couverte, ruines d’un four, resserre à outils, cuisine. Le pigeonnier proprement dit se gagne par un escalier construit dans l’épaisseur même du mur. En haut de cette tour, des archères laissent supposer que le bâtiment a pu avoir un rôle défensif. Un mixte entre manoir rural et maison forte. Les fondations remonteraient au XIIIème siècle, selon le site Belvédair  qui a depuis supprimé l’article.

IMG_0696.JPGAprès un petit rafraichissement près de la fontaine du hameau, nous rejoignons le GR6 qui nous ramènera au village par un sentier plus facile qui longent les prés. Après la cache d’estoublon les pigeonniers de Limans, la petite visite de la tour de guêt à côté de la calade qui servait d’aire de battage, nous repartons pour Ongles et le village abandonné de Vière.

Cette surface plane recouverte d’une calade servait à faire sortir le grain de l’épi. En Provence, ce procédé consistait à faire piétiner les gerbes par des juments, chevaux, boeufs,… Elle se trouve dans un endroit dégagé et exposé au vent dominant pour faciliter la ventilation du grain.

IMG_0703.JPGLimans c’est aussi :

  • Radio Zinzine, radio autogérée, libre, créée en 1981, sans aucune publicité, 24h/24 et 365 jours par an, dont le principal studio est à Limans.
  • le lieu d’implantation de la première communauté Longo Maï

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Dernière modification le 21 Nov 2016

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Les sentiers de Bellevue à partir du col de la mort d’Imbert

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Si vous entendez la sirène ou un bruit équivalent à un réacteur d’avion, ou en cas de feu ou de fumée, n’allez pas sur les lieux de l’accident… vous iriez au devant du danger… Quittez la zone immédiatement.

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Quel effet croyez-vous que cela m’a fait quand, me promenant tranquillement sur les sentiers de Bellevue dans la forêt de Pelissier à Manosque, je découvre ce panneau à un carrefour de chemins ? dans ce département rural dont on n’entend jamais parler, serait-il possible que nous soyons dans une zone à risques ?

Une  lecture attentive du panneau m’apprend que sous mes pieds, à plusieurs centaines de mètres sous terre, des millions de m3 de pétrole brut venant de Berre, sont stockés dans des cavités souterraines.

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Stockages d’hydrocarbures et de gaz en cavités salines

Ce système original d’utilisation du sous-sol est lié à l’histoire géologique locale de l’Oligocène inférieur : au fond du fossé subsident de Forcalquier-Manosque, en bordure de la faille de la Durance, d’énormes couches de sels se concentrèrent par diapirisme1 sur plus de 800 mètres d’épaisseur. C’est un matériau facile à extraire par dissolution à l’eau (lessivage) permettant ainsi la réalisation de vastes cavités souterraines artificielles, situées à des profondeurs comprises entre 200 et 2000 mètres. Dans 28 cavités souterraines, la société GEOSEL-MANOSQUE stocke 6 millions de m3 de pétrole brut et des produits raffinés amenés du complexe industriel de l’étang de Berre par oléoducs. Dans 8 autres cavités sont stockés plus de deux millions de m3 de gaz naturel sous pression (Géométhane).

Ces cavités profondes (entre 1000 et 1700 m) ont été creusées par dissolution du sel à l’eau douce […]. La grande homogénéité de ces roches salines autorise une excellente étanchéité, toutefois, pour éviter leur effondrement, ces cavités ne sont jamais vides : un système de pompes maintient la pression en équilibre par injection de saumure en fonction des volumes de gaz ou pétrole stockés.

Stockage souterrain de gaz naturel et pétrole

geosel_puits.jpgAu retour, nous découvrirons les têtes de puits réparties dans la forêt de Pélissier, et une zone de regroupement de taille impressionnante. Ce sont des réserves stratégiques au plan national (pétrole) et des stocks de base pour les raffineries de l’étang de Berre (gaz). Depuis 1999, ce lieu est classé SEVEZO II comme l’usine AZF de Toulouse ou Cadarache.

img_0087.jpgimg_0072.jpgCela n’empêche pas de reconnaitre que les sentiers de Bellevue sont aménagés et fort agréables ; d’après le site GénéProvence, c’est là qu’en 1163 serait mort assassiné Imbert de Forcalquier ; n’ayant trouvé aucune trace de cet individu, je préfère adopter l’histoire d’Eugène Plauchudla mort d’Imbert – qui raconte comment est mort Imbert, jaloux d’Audifred qui s’était marié avec Laure dont il était tombé éperdument amoureux. On accède à un parking offrant une vue sur la montagne de Lure et les massifs subalpins. Un étroit passage macadamisé (ça doit être drôlement bien pour les rollers) conduit aux tables de pique-nique. C’est un parcours adapté aux personnes à mobilité réduite ; c’est assez rare pour être signalé. La deuxième édition de la grande course Bike and Run est organisée aujourd’hui sur notre parcours : 120 équipes composées d’un VTT et d’un marcheur se ravitaillent sur le parking. Au passage, les organisateurs ne sont pas avares d’encouragements. Le compte rendu de la manifestation dans la Provence

IMG_0598.JPGNous passons devant une aire de culture à gibier, juste à côté d’un panneau Geosel-Geométhane. « Ces espaces [De bons gagnages herbacés pour le grand gibier] peuvent être aussi plantés de cultures à gibier, comme le maïs, pour tenir le gibier éloigné des cultures agricoles périphériques » (Lire l’aménagement des territoires préconisés sur le site de la fédération des chasseurs). Au moment où nous quittons le balisage jaune, nous traversons un sous-bois de chênes pour rejoindre le rocher de Bellevue GC1N8H4 où nous emmène le geocacheur Estoublon, rare bloc rocheux dans cette vaste forêt. De là, la vue est large sur la Durance, la Sainte-Baume et le massif de Sainte-Victoire.

geai.jpgimg_0077.jpgLe geai des chênes (du moins je suppose que c’est lui) a perdu deux plumes de son plumage postnuptial (10 à 12 barres) rayé de bleu chatoyant et de noir.  Le geai des chênes, vidéo d’un observateur attentif C. Segonne

Itinéraire du parking les Gipières2 au rocher de Bellevue 5.100km A/R, dénivelée 115m, 1h20mn

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1Le diapirisme est le phénomène tectonique par lequel des roches profondes s’élèvent, souvent jusqu’à la surface du sol, à travers (racine : dia) celles qui les recouvraient. Un diapir est donc un corps rocheux, étranger à son environnement, souvent cylindrique et de diamètre kilométrique, qui a percé, comme à l’emporte-pièce, les roches qui l’entourent. Les dômes de sel sont les plus connues des structures diapiriques.
2gipières : de l’occitan gipièra, plâtrerie ; sur cette piste il y avait un site d’extraction du gypse ou pierre à plâtre

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Dernière modification le 06 Juin 2017

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* Le dolmen de Gaoutabry

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img_0224.jpgAprès la grande rando du matin aux menhirs du plateau Lambert, je n’avais pas trop le courage de rejoindre le dolmen de Gaoutabry1 par la piste la plus longue. C’est là que le GPS voiture a eu la bonne idée de nous mener au début de la piste notre dame des Maures à Ginouviers, en bordure de la D88. 1h30 aller et retour. On peut même l’emprunter en voiture hors saison. Nous longeons les vignes dont les rangées sont parcourues de nombreuses touffes de marguerites. Un joli spectacle de couleurs printanières qui semble orchestré tant les alignements sont réguliers.

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img_0226.jpgimg_0554.jpgNous arrivons face au dolmen allongé de Gaoutabry, haut perché sur la colline, comme souvent dans le Var. La tombe est collective de 6m de long et 1.5m de large. On reconnait bien la chambre, l’anti-chambre et le couloir d’accès. Le tumulus d’une quinzaine de mètres de circonférence a été emporté par l’érosion. Les parois du dolmen ont été taillées dans des dalles de schiste trouvées à img_0231.jpgproximité du site. Un peu plus loin d’ailleurs, on trouve encore de grosses plaques rocheuses qui ressemblent à celles utilisées pour le dolmen. Il était probablement recouvert d’une armature en bois. Si l’entrée est exactement située au sud ouest, ce n’est pas un hasard ; vers l’ouest, c’est le soleil couchant ou la mort. « Les populations du néolithique, grands agriculteurs, éleveurs et pacifiques avaient des rites propres et des connaissances poussées pour leur époque ». Extrait du site Coeur du Var

Durant les fouilles 1876 et 1975, on a retrouvé les ossements de 34 individus brûlés avant inhumation img_0235.jpg(même mode funéraire qu’à la tholos de la Lauve à Salernes et au dolmen de la Gastée à Cabasse), poignard en silex, pointes de flèches, perles, tessons de vases, fragment de hache polie. Ce qui le date du néolthique, soit 2500 avant JC. Informations extraites du Guide des sites préhistoriques PACA, Frédéric Boyer, mémoires millénaires, 2006
Comment nos ancêtres transportaient-ils des pierres aussi lourdes avec pour matériel des cordes, du bois et la force des hommes ? Réponse dans le document du conseil général du Var sur les mégalithes du Var.

[ndlr] Selon Catherine qui y est allée en 2017 le site a été aménagé, protégé et des panneaux explicatifs installés.

Tout à fait d’accord avec le geocacheur actarus83 qui écrit dans la fiche de sa cache GC19W35 qu’il faut prendre le temps de lire le panneau explicatif ; j’ajouterai même qu’il faut aussi décoder ce monument historique à l’attention des enfants. Cela pourrait éviter qu’ils y jouent et le détériorent.

Itinéraire Gaoutabry 4km700, 1h30 A/R, 162m dénivelée

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1gaoutabry : selon l’office du tourisme de La Londe des Maures, du provençal caud (= chaud) ou bien gaouto (= la joue [ndlr] partie du visage), et abri (lieu où on est à couvert), le toponyme peut se traduire par abri se trouvant dans un endroit chaud ou sur une colline. L’abri funéraire se trouve en effet au sommet d’une petite colline bien ensoleillée.

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