Chasse au trésor high tech au barrage Zola



Tout a commencé le jour où mon GPS de randonnée est tombé en panne. Je l’ai échangé sans difficulté contre un GPS d’une autre marque et là , dans le mode d’emploi, je lis un chapitre sur les geocaches. Intriguée je m’informe davantage sur le site anglais de * geocaching puis sur le * site geocaching France où tout n’est pas traduit encore mais cela suffit à comprendre.

La météo aujourd’hui à cet endroit :
Direction du vent et température ressentie

L’aventure démarre sur Internet et m’embarque en pleine nature.

La planète est un vaste terrain de jeu… En guise de trésor, il s’agit le plus souvent d’un récipient imperméable contenant quelques babioles et un carnet, le logbook, pour enregistrer son passage et laisser un mot à l’attention des suivants et du propriétaire de la cache, celui qui l’a choisie […] Et la récompense n’est pas forcément dans la boîte, mais autour : les géoplaceurs ont à cœur de faire découvrir à leurs alter ego trouveurs un beau point de vue, une cascade, une clairière… Le géocaching, quand il est pratiqué en vacances, devient une façon de faire du tourisme hors des sentiers battus.
Pour jouer au géocaching, où l’on est tour à tour chercheur et cacheur, il ne faut qu’un seul outil, c’est un appareil GPS portable. Il vous dit où vous êtes et dans quelle direction partir pour rejoindre un point donné. Comment ? Grâce aux informations combinées de 24 satellites qui tournent à 19 000 kilomètres au-dessus de nos têtes, en émettant des signaux radio à basse fréquence.

Extrait de Les nouveaux chasseurs de trésors léa delpont L’Express, 23/02/2006

medium_img_0615.jpgMe voilà donc partie à la recherche d’une multi-cache1 appelée Bibémus par son propriétaire Serge Robert. Je prépare la randonnée : je repère le parking, évalue largement la durée de la randonnée et de la recherche elle-même ; j’imprime la carte IGN du lieu et les points de la route qui me mèneront jusqu’au barrage Zola mais cela s’avèrera une précaution inutile car le chemin est clairement balisé. Je dispose des coordonnées en longitude et latitude d’un premier lieu sur lequel je trouverai les informations nécessaires pour résoudre l’énigme suivante et calculer les coordonnées de la vraie micro cache.

Coordonnées à compléter :N(Nord) 43°32’0A.A »
E(st) 005°30’BC.D »A = deux fois la surface du plan d’au en hectare ou A = C+D
B = unité de l’année (196B) au débuta les travaux du Canal de Provence
C = chiffre des unités ou des dizaines de la longueur de la crête
ou C = B*D
D = le chiffre des dizaines de la hauteur du barrage D=A/D

medium_img_0616.jpgRésoudre l’énigme n’est pas un problème si l’on s’est vraiment rendu sur les lieux ; j’ai d’abord triché, essayant de trouver les renseignements sur internet mais manifestement, les informations trouvées étaient erronées.

Munie d’un crayon, après quelques calculs arithmétiques simples, je trouve les coordonnées que je saisis dans mon GPS (note : un GPS premier prix coûte un peu plus de 100 euros). Y aller en ligne droite est impossible. Il va donc falloir s’en approcher au plus près par un sentier balisé. J’en profite pour admirer les points de vue sur la Sainte-Victoire. Quand le GPS m’indique que je suis suffisamment proche, je commence à chercher un sentier qui me rapprochera du point. Un randonneur est sur le même chemin. Un autre geocacheur ?
Pas évident ! je dois d’abord m’éloigner puis me revenir sur mes pas sur un sentier parallèle. La distance au point cherché diminue ; mon cœur bat. Je m’approche. Quand il ne reste que quelques mètres, je m’avance plus lentement mais quelle que soit la direction, je m’éloigne. Je n’y comprends plus rien. Etre si près et ne pas trouver. Pourtant les satellites sont nombreux et la position est donc fiable à 4 mètres près. Du haut de mon rocher, j’observe les alentours et je comprends. La distance qui me sépare de la cachette n’est pas en longueur mais en altitude !

medium_img_0614.jpgJe redescends de mon perchoir et contourne le gros rocher. 5m, 4m, 2m ! je m’arrête. Je pose le GPS sur une pierre voisine. Sur place, il faut se mettre dans la peau du cacheur et se demander Où aurais-je bien pu dissimuler quelque chose, derrière cette grosse pierre, sous cette racine, dans ce trou profond, dans ce tronc creux…?, explique Christian Villemin. Forte du conseil de ce geocacheur expérimenté, je regarde le rocher sur lequel j’étais grimpée tout à l’heure. Et là , cela me parait évident. Je bouge une pierre : la cache, de la taille d’une boîte de pellicule de photos, est là !
Je l’ouvre. Il n’y a qu’une pièce de monnaie et un logbook2. Je déroule le rouleau de papier et, fièrement, j’y inscris un petit mot qui signale mon passage. Je n’échangerai aucun objet aujourd’hui mais dans la cache traditionnelle qui était à Cabrières près du mur de la peste, j’ai échangé un livre et un marque-pages contre un porte-clef. Le plus important n’est sûrement pas dans la valeur des objets.

De retour à la maison, je me connecte sur le site de geocaching et enregistre fièrement mon log « found it » (je l’ai trouvé). J’y ajoute quelques photos.medium_img_0621.jpg J’envoie un petit mot au propriétaire de la cache pour lui demander quelques conseils pour la prochaine cache qui contient un Travel Bug3. Il me répondra avec beaucoup de gentillesse. Avec 88 caches trouvées et 11 placées, c’est un vrai professionnel du geocaching !
De par son fonctionnement, ce jeu fédère une communauté virtuelle de géocacheurs qui s’entretiennent par mails et forums interposés mais ils ne sont pas collés derrière leur écran toute la journée.
Pour moi, l’intérêt de ce jeu est multiple :

  • plaisir de découvrir de nouveaux buts de promenade ou randonnée partout dans le monde
  • plaisir de jouer, y compris en famille, tout en faisant du sport sans s’en apercevoir
  • plaisir de faire de nouvelles connaissances grâce à la communauté de geocacheurs dans le monde entier

Depuis, j’ai découvert deux autres caches ; j’ai mis presque une heure pour trouver la dernière, mon GPS ayant eu un comportement pour le moins contradictoire. Mais cela fait partie des aléas du jeu et donc représente un défi stimulant à relever…

Profile for nicoulina

1Multi-cache implique dans la recherche au moins un point de passage (wpt = waypoint en anglais), l’endroit final étant un vrai récipient. La plupart des multi-caches donnent une indication pour trouver le premier point, qui donne une indication pour le deuxième, et ainsi de suite.
2Logbook : petit carnet dans lequel les geotrouveurs inscrivent la date de leur passage, leurs commentaires, les objets qu’ils déposent dans la cache et ceux qu’ils enlèvent
3Travel Bug : C’est un objet qui voyage de cache en cache. Cet objet a un numéro unique (assigné par www.geocaching.com), qui permet de suivre son trajet.

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L’aqueduc et la meunerie romaine de Barbegal



Voila une randonnée familiale par excellence. Pas de difficulté de dénivelée, un balisage régulier qui peut constituer un véritable jeu de pistes pour les enfants (le balisage se situe au sol, sur les arbres, sur les panneaux mais il est toujours présent) et la découverte d’un ancien aqueduc romain, tout cela parmi des paysages variés qui rompent la monotonie.

* La météo de ce jour à cet endroit :
Direction du vent et température ressentie

* Je vous propose un itinéraire de 3h environ, sur carte IGN réalisé à partir de CartoExplorer
Je débute depuis le parking aménagé tout près du moulin de Daudet que l’on peut visiter. Construit enmedium_maquette_meunerie.jpg 1814, il fut acquis en 1923 par Hyacinthe Bellon et transformé en musée Alphonse Daudet. Il a cessé de moudre en 1915. Je traverse une belle forêt aux arbres hauts puis je longe la route tout en reconnaissant un champ d’oliviers de l’autre côté, caractéristique des Alpilles. La promenade se poursuit en terrain plus sec, passe au-dessus d’un petit canal, longe quelques maisons et se poursuit dans un paysage plat typique de la Crau. Là on arrive au pied de la meunerie du grand Barbegal. Impossible de concevoir ce qu’elle était si on n’a pas vu une maquette auparavant au musée d’Arles (dessins et croquis de la maquette réalisés par Jean-Louis PAILLET, Architecte dplg – Docteur en Histoire et Archéologue Institut de Recherche sur l’Architecture Antique et Vice-Président du GAM).
le site aujourd'hui, vu d'en hautAu début du second siècle, l’aqueduc fait l’objet d’une modification pour compenser le transfert d’une partie de l’eau à l’usage industriel des moulins de Barbegal. Il déversait ses eaux sur une double batterie de moulins hydrauliques, seize en tout,medium_img_0292.jpg établis sur la pente, destinés à moudre le grain. Le travail fait, les eaux allaient se perdre dans la zone marécageuse, en contrebas. Chaque roue entraînait une paire de meules ; le blé était moulu à la demande pour les besoins des 12000 habitants de la cité d’Arles. Quand les murs d’un aqueduc dépassaient 2m, on allégeait la construction avec des arches comme à Barbegal.
Je remonte la pente de la meunerie, là où se situaient les chambres de mouture et l’escalier central. Celui-ci desservait les chambres de mouture ; un traîneau, glissant sur plan incliné, montait et descendait les charges grâce à un mécanisme hydraulique. Attention aux passages délicats pour les jeunes enfants. En haut, une plaque commémorative nous rappelle que c’est l’archéologue Fernand Benoit qui a découvert ce lieu. Je déambule dans le canal où circulait l’eau. Et là , quelle surprise ! sur plusieursmedium_img_0282.jpg dizaines de mètres, des vestiges du grand aqueduc, comme un légo, permettent d’imaginer ce qu’il était à l’époque romaine.
Ce monument, partielllement classé Monument historique, (1937) est inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco (1981)
img_3434.JPGAprès une petite discussion avec un amateur de VTT et deux randonneurs tout aussi intrigués que moi par ce double aqueduc romain, j’entame le chemin du retour. Le vent a renversé deux arbres et je dois m’écarter quelque peu du tracé. Je repasse devant le musée qui est encore fermé mais déjà parents et enfants attendent pour pouvoir le visiter. Chaque dimanche, ce lieu attire beaucoup de monde ; sur le chemin du retour vers Aix, à quelques kilomètres de là , je passe devant l’abbaye de Montmajour qui m’impressionne toujours, et m’arrête quelques instants devant les taureaux que son propriétaire est en train de nourrir.
* Voir l’article sur Montmajour dans ce blog

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J’ai tellement apprécié ce site que j’ai visité le musée de l’Arles Antique ; j’ai également placé une cache à énigmes l’aqueduc de Barbegal pour les amateurs de chasse aux trésors high tech, désactivée depuis, mais un autre geocacheur en a placé une. Voir l’article les moulins de Fontvieille

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La Quille



Jour de mistral. Il y en a beaucoup cet hiver mais il n’est pas assez fort pour me décourager. Je pars pour la colline de la Quille (Quilho en provençal), 19 hectares de verdure et de bois de chênes, sur la commune du Puy Ste Réparade, après la traversée du hameau de la Cride. Attention ! route bien étroite où on ne passe pas toujours à deux véhicules de front. Le parking se trouve à côté d’une grande maison en ruines, l’ancienne boulangerie probablement.

* Je vous propose un itinéraire de 2h environ, réalisé à partir de CartoExplorer
* Très belles photos de cette randonnée, sur le site Week end et tourisme en Provence
* Photos de la Quille, site Balades en Provence

* La météo de ce jour à cet endroit :
Direction du vent et température ressentie

medium_img_0174.jpgLa randonnée ne présente aucune difficulté mais plutôt quelques curiosités. D’abord, cette colline que l’on reconnait de loin : on dirait qu’elle a été taillée au sabre. Ensuite, les moutons. Une politique volontariste a permis le maintien d’un berger qui fait ici paître son troupeau qui participe ainsi à l’entretien du site en débroussaillant de façon naturelle…

Au moment où je longe l’enclos pour aller jusqu’à la chapelle, le chien du berger s’assure que je ne vais pas entrer dans l’enclos. Une mère vient juste de mettre au monde un agneau. Cliquer sur le lien pour voir la Naissance d’un mouton. Le placenta n’est pas totalement expulsé ; elle lèche le petit qui tente de se mettre sur ses pattes. Mais il est encore trop maladroit et se retrouve bientôt sur les genoux. Spectacle naturel toujours aussi merveilleux.
medium_img_0166.jpgLa chapelle Sainte-Réparade est malheureusement fermée ; fort bien restaurée, elle était autrefois une des trois églises paroissiales. Elle est le but d’un pèlerinage annuel : autrefois on y partageait les premiers pois chiches de l’année. Chapelles de Provence, E.Bousquet-Duquesne, Editions Ouest-France, 2009

Le nom de Réparade est celui d’une jeune fille qui a vécu au 5ème siècle après J.C., à Césarée de Palestine, et a été martyrisée. « Tout d’abord, on aurait tenté de la brûler vive mais elle fut sauvée par une averse opportune. On lui fit ensuite boire de la poix bouillante, mais une fois de plus elle survécut. Finalement, elle fut décapitée et son corps placé dans une barque qu’on laissa dériver sur la Méditerranée. » Cette sainte est en grande vénération à Nice dont la cathédrale porte le nom, légèrement modifié, de Ste Réparate. »

Quand je reviens au point de départ pour entamer le tour de la colline, je croise quelques moutons qui se sont évadés de leur enclos. Durant la boucle, rapide, sur terrain herbeux, je passe devant une étable, jette un coup d’oeil au large paysage qui m’est offert, puis découvre les ruines de l’ancien village, ruines nombreuses et qui ont presque toutes en commun d’être adossées à des “bancaù”2 et d’avoir une cave voûtée qui pouvait servir de bergerie. Malheureusement, impossible de s’en approcher à cause d’une ligne électrifiée.
* L’histoire du Puy Ste Réparade, par le club de VTT de la Quille
medium_img_0195.jpgLa végétation a pris possession de certaines habitations. Je suis surprise de découvrir parmi les ruines, une maison en excellent état : une propriété privée parmi les ruines. Ce n’est pas la première fois que je constate ce phénomène : ce qui par le passé a été abandonné, est maintenant réhabilité par des amoureux de la campagne.
A la fin de la boucle, je monte jusqu’à l’angle du mur imposant resté debout durant des siècles, au sommet de la colline. Ce vestige a en effet la forme d’une quille1. Sans doute est-ce là l’origine de son nom. Difficile d’imaginer une forteresse à cet endroit. Il ne reste que ce pan de mur, et encore at-il été restauré en 1994 lorsqu’il s’est écroulé suite à la foudre en 1980.

Ce n’est qu’au VIIIè siècle que les populations, pour se protéger des invasions sarrasines, construisent le château. Les archevêques d’Aix deviennent seigneurs du Puy au XIIè siècle et le fortifient. Il éveille bien des convoitises ; en janvier 1579, deux chefs Carcistes (partisans du comté de Carcès qui désolèrent la Provence, de 1578 à 1589, dans les guerres civiles) s’en emparent. C’est de cette forteresse que partent des bandes de cavaliers qui pillent la région et rançonnent les voyageurs. medium_img_0193.jpgL’archevêque reprend possession de ses biens au mois de juin de la même année. Six ans plus tard, ce sont les troupes du baron de Vins qui l’assiégent. L’année suivante, les habitants de Saint-Canadet essaient en vain ! Le Duc de Guise3, au nom de Henri IV, ordonne la destruction des forteresses et des villages fortifiés qui ne sera effective qu’en 1612. Après sa démolition, le calme revenu, les habitants peu à peu désertent le village pour se rapprocher des terres cultivables et fertiles dans la vallée.

* Site complet sur la Quille par Yves Venturini
Sur la carte de Cassini, datant de fin du XVIIIè siècle, vous pouvez voir la colline à peu près au centre, le village des Vaux (je suppose qu’il s’agit du village de la Quille en ruines), la chapelle Sainte Réparade, le village du Puy actuel et les nouveaux hameaux construits par les villageois. medium_le_puy_cassini.png Le tremblement de terre du 11 juin 1909 achève le travail de démolition. Voir l’article sur * Tremblement de terre à Vernègues, 100 ans après…
De la table d’orientation, toute la campagne environnante : je reconnais distinctement la Sainte-Victoire, le canal de la Durance et les petits villages comme des touches claires au milieu de la verdure.
medium_img_0187.jpgLe village, situé sur le versant ouest, au pied de la forteresse, était alimenté par la source de Gacharelle. Pour la trouver, il faut chercher à descendre vers les ruines en longeant la grille électrifiée. Les anciennes cultures en terrasse ont été rénovées et rendues praticables pour le pique-nique. La fontaine d’eau non potable a été transformée récemment en fontaine d’agrément.
Sur la route qui traverse le massif de la Trévaresse entre Puyricard et le Puy-Sainte-Réparade, quand on vient d’Aix, le nom de quelques domaines viticoles d’appellation coteaux d’Aix me rappellent quelques souvenirs culinaires. Ils peuvent être surprenants, ces coteaux d’Aix : je me souviens en avoir goûté un, vieux, que les invités avaient pris pour un bordeaux. Il fait merveille avec les plats méditerranéens comme la tagine, les beignets d’aubergine, le risotto par exemple.

img_3398r.JPGDeuxième visite le 4 avril 2007 pour une partie de geocaching proposé par Audeclar qui avait préparé avec brio sa première cache. Beaucoup de jeunes sur le site pour une course d’orientation ; beaucoup de crottes de moutons aussi ! dur de trouver un endroit pour pique niquer…

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1quilho = quille en provençal
2bancaù=mur de soutènement
3Duc de Guise : il mène la Ligue pour la défense de la religion catholique. Elle est constituée de catholiques indignés des concessions accordées aux protestants

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*** Le fort de Niolon surveille les côtes près de Marseille



Après les pluies de ces derniers jours, pas question d’aller faire une randonnée en forêt qui doit être détrempée. Je choisis donc le bord de mer, le fort de Niolon sur la commune du Rove.

Séparée des villages voisins par des collines escarpées, des vallons étroits qui courent jusqu’à la mer, Le Rove autrefois n’était accessible que par des sentiers rudes qui l’isolaient complètement ; la population profita de cet isolement pour accueillir de nombreux proscrits de la religion catholique au XVIIIème siècle. L’abbé Constantin raconte, dans Les paroisses du diocèse d’Aix, leurs souvenirs et leurs monuments, 1890, combien les habitants ont été courageux et malins puisqu’aucun fugitif n’a été repris par les autorités de l’époque.

* Je vous propose l’itinéraire, 2h, réalisé à partir de CartoExplorer

* La météo de ce jour à cet endroit :
La direction du vent et le calcul de la température ressentie

viaduc de JonquierAprès un coup d’oeil sur le viaduc de Jonquier dont un pilier est construit dans la mer, je suis un chemin caillouteux entre falaises à gauche et vallon à droite. Je ne m’y connais pas en architecture militaire mais l’existence de trois batteries1 (une basse au niveau du rivage, une haute, plus une annexe à peu de distance), à Niolon, est sûrement caractéristique de l’importance du fort. De tout temps, les côtes soumises aux attaques barbaresques, ont fait l’objet d’une surveillance maritime. Colbert, en 1681, oblige les paroisses proches de la mer à organiser un service de garde-côtes. Les paysans étaient transformés contre leur gré en militaires ! En 1890, ce sont des militaires qui se chargent de la garde de ces fortifications : bon nombre de batteries de la côte ont été délaissées au profit de celles des îles du Frioul dont le tir repoussait d’autant plus loin un éventuel assaillant. Je monte vers celle du haut qui se situe à 193 m d’altitude. J’aperçois de loin les bâtiments qui me paraissent grands, nombreux, de construction géométrique et bicolore. Le fort est en bon état, ne datant que 1881-1884. medium_img_0135.jpgmedium_img_0143.jpg« Ses maçonneries de moellons clairs rehaussés par des parties en briques de terre cuite valent le déplacement… Quel dommage que ce soit à l’abandon ! » Je suis bien d’accord avec l’auteur de ces lignes. Face à la mer, on pouvait mettre 4 canons à longue portée (10500m) de calibre 24cm. A l’arrière, la gorge était défendue par une caponnière à deux niveaux de feux de mousqueterie (un casematé, l’autre à ciel ouvert)2. Mais Jean Puelinck a pris des photos pour vous que vous retrouverez dans l’* Index des fortifications françaises 1874-1914.
Visite guidée par l’adjoint à la culture de la commune du Rove. De là haut, la vue sur l’Estaque et les îles du Frioul est parfaitement dégagée, ce qui explique sans doute le choix de ce lieu pour la construction du fort. Pour en savoir plus De l’Estaque à Pounent, Gérard Chevé, Les Editions de la Nerthe, 2003

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Juste en dessous, la galerie souterraine des Rifflards, a été construite sur les exigences du ministère de la guerre, pour protéger la ligne de chemin de fer d’un éventuel obus trop court tiré de la batterie haute. Avait-il si peu confiance en ses tireurs ou ses armes ?
Si vous y venez une nuit d’été, peut-être y verrez-vous un groupe de plongeurs de l’UCPA devant un barbecue. Le fort sert également de lieu d’entrainement pour la formation des agents de sécurité.
Je quitte le fort et continue ma boucle balisée de jaune. Curieusement une rangée de pins à gauche du chemin, puis une grotte qui pourrait servir d’abri lors d’un orage. A droite, les fleurs jaunes de l’ajonc. A un carrefour, je tourne à droite dans un vallon mamelonné et verdoyant. Dans le dernier virage à angle droit qui s’approche d’un éperon rocheux, un couple d’oiseaux qui nichent là , fuient dans un vol lourd et bruyant qui a réussi à me faire peur.
Le retour par la départementale D48c est plus problématique car il n’y a pas de trottoir. En passant devant la petite gare de Niolon, je constate qu’il n’y a que 5 places de parking. Mieux vaut donc se garer sur le parking plus haut, juste avant la barrière qui ferme l’accès à la calanque l’été.

Les pêcheurs de Niolon, au siècle dernier, exploitaient la madrague qui a été la dernière à l’être sur les côtes françaises (voir l’article sur la calanque des eaux salées dans ce blog). Quel que soit le temps, le curé de cette paroisse, (la plus petite, la plus récente et la plus pauvre de tout le diocèse d’Aix) venait de l’Estaque à pied par le chemin de la douane. Inscrit comme matelot de l’équipage de la Madrague, il en tenait les écritures et touchait chaque jour sa part de poisson.

Vous pouvez emprunter ce chemin connu sous le nom de chemin des douaniers.
Chèvre du RoveC’est le Rove qui a donné son nom à cette race de chèvres esthétiques et rustiques, peu nombreuses, au rendement faible, et que son fromage a rendu célèbre : la Brousse du Rove. Présentée dans un moule de forme conique, elle était le dessert favori des marseillais de toutes conditions. La recette est jalousement gardée par les 3 ou 4 derniers producteurs mais un seul berger parcourt encore les collines à la recherche des plantes parfumées qui donnent un si bon goût au lait de chèvre. (* La recette de croustillant de brousse du Rove). Certains restaurants de Marseille la servent en dessert.
Cette calanque attire beaucoup d’amateurs de plongée, randonnée et même cinéma. Elle a été le lieu de tournage du feuilleton télévisé « La calanque » (1987), du film français « Crustacés et Coquillages » (2004).

L’histoire véridique des chèvres sauvages du Rove sauvées par B. Bardot

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1Batterie : un fort à batterie basse est un fort dont l’artillerie est placée en avant d’un massif central, par delà une rue du rempart. Un fort à batterie haute se dit d’un fort dont le casernement est surmonté d’une crête d’artillerie.

2Les informations de la partie strictement militaire ont été apportées par Luc Malchair, guide nature, ex-conservateur de réserve naturelle et… spécialiste des fortifications françaises * Index des fortifications françaises 1874-1914

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L’abbaye de Montmajour



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M O N T M A J O U R

MontMajour

La météo aujourd’hui à cet endroit :
La direction du vent et la température ressentie

Rien que le nom Montmajour1 évoquait pour moi noblesse, grandeur, mystère ; bien que non croyante, j’apprécie les édifices religieux, j’imagine le travail de construction, l’histoire, je m’imprègne de l’ambiance sereine des lieux. Comme elle accueille l’été des expositions dans le cadre des Rencontres Internationales de la Photographie d’Arles, j’ai pu profiter de l’exposition et de la visite du monument avec un seul billet d’entrée. La balade, pour une fois, n’aura pas lieu dans la nature mais dans les différents monuments d’Arles servant de lieux d’exposition. Sur les cartes, vous verrez parfois indiqué « Ruines » à cet endroit : terme bien mal choisi vu l’état des bâtiments.

* Randonnée Abbaye de Montmajour-Moulin de Daudet, site Balade en Provence, avec photos
* De la communauté Provence de Expédia, album photos sur Montmajour

medium_100_0033.jpgLe nom de Montmajour est lié à l’éminence rocheuse qui émerge des marais à cet endroit… Selon la légende, la fondation de Montmajour est attribuée à Saint-Trophime, premier évêque d’Arles (début du Ve siècle)… Une première chapelle de taille réduite est construite au XIe siècle. L’abbaye croît rapidement grâce à la protection des comtes de Provence et au culte de la Vraie Croix.

Le monument est impressionnant et je me pose déjà quelques questions : est-ce une forteresse, un édifice religieux, un chateau ? elle est tout à la fois. Plusieurs fois détruite, reconstruite, elle porte des traces de construction de toutes les époques depuis le Xème siècle.

  • Forteresse par sa tour de défense construite par l’abbé Pons de l’Orme qui dirigeait la communauté. Une garnison y sera maintenue jusqu’à 1700 environ. De cette tour, on peut découvrir le cloître et un panorama qui embrasse Arles, Tarascon, la Crau et les Alpilles.
  • Edifice religieux grâce à saint Trophime qui a évangélisé la Provence ; saint Cézaire qui a posé la première pierre de l’ermitage de Saint-Pierre ; aux moines bénédictins qui ont assaini les marécages pour pouvoir s’y installer puis à la congrégation de Saint-Maur choisie pour relever le monastère et qui dut le reprendre de force. Pendant la seconde guerre mondiale, l’église abbatiale a servi d’entrepôt d’armes confisquées par les Allemands qui y mirent le feu. La chapelle de Sainte-Croix (1180 environ), un peu plus loin, servait lors des pélerinages organisés par l’abbaye. Ils sont de nouveau organisés.
  • Chateau car sur l’emplacement de la vieille abbaye, on a bâti cent ans plus tard une habitation spacieuse, avec des larges corridors, d’élégantes salles, des escaliers de pierre, une charmante terrasse.

* Site sur l’art roman
* L’histoire de l’abbaye par la revue l’Agenais, 1875, site de la France Pittoresque

Vendus en 1791, les bâtiments sont en partie achetés par la ville d’Arles. Prosper Mérimée fait classer l’édifice comme monument historique en 1840. De premières restaurations sont effectuées en 1872 (architecte Henri Revoil). En 1943, l’état fait l’acquisition de l’abbaye qui figure depuis 1968 au patrimoine mondial de l’humanité de l’UNESCO

medium_100_0036_r1.jpg Je me perds dans ce dédale de couloirs et d’escaliers, je suis surprise par bien des choses insolites. Le site est construit sur un ancien cimetière dont on voit encore les tombes creusées à même le roc. Contrairement à ce que pensent beaucoup de gens, les plus petites ne sont pas des tombes d’enfants mais des « réceptacles » pour les restes épars des morts les plus anciens.

La crypte est une véritable église basse. Son plan, unique en Provence, comprend en particulier une rotonde, un déambulatoire et des chapelles rayonnantes. (* site du Centre des monuments nationaux)

medium_100_0049.jpgIl ne reste de l’édifice du XIIIe siècle que le cloître avec ses tombeaux (seul celui de Geoffroy 1er de Provence a été conservé) et ses inscriptions. « Es à Mount-Majour que dormon, souto li bard di clastro, nosti rèi arlaten » (F. Mistral)2. Sculpté sur les chapiteaux, un bestiaire fabuleux : la Tarasque dévorant un homme (mur ouest), une tête de bélier (galerie nord), un chevalier luttant contre une chimère (galerie sud), etc. Van Gogh a consacré de nombreux dessins à Montmajour, lors de son année à Arles à partir de février 1888. « … par ce vent impossible de rien faire… Mais néanmoins j’ai vu des belles choses, une ruine d’abbaye sur une colline plantée de houx de pins d’oliviers gris… » (lettre de Van Gogh à son frère Théo)la plaine de la Crau avec la ruine de MontmajourMoisson avec Montmajour
Le prieuré de Carluc, rattaché à Montmajour, sera le but d’une prochaine randonnée. Rendez-vous donc ici dans quelque temps…

En attendant, ne manquez pas de visiter la grotte-dolmen du Castelet (hypogée), à un peu plus de 1km sur la IMG_1335.JPGgauche en allant vers Fontvieille. Le toit de l’hypogée est formé par de grandes et épaisses dalles de calcaires. La construction de cette tombe se situe vers 2500-2000 avant J-C. C’est la seule que l’on puisse visiter, les 4 autres se situant sur des propriétés privées.

Seconde visite le 29 septembre 2007 pour voir l’abbaye d’un autre angle et y trouver la cache de f5pvj l’abbaye de Montmajour II. Que de frayeurs ! un gros animal qui déboule lourdement du vallon à quelques pas de nous, des gros oiseaux qui s’envolent des bosquets, une meute de chiens, on s’est dépêché de grimper malgré les difficultés certaines pour atteindre l’objectif.

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1Majour, du latin major « majeur, plus grand » d’où Montmajour = grande montagne (40m de haut mais le seul relief dans cette région !) à moins que ce ne soit l’abbaye, monument majeur, qui ait donné son nom à ce mont… Montmajour a donné son nom à un rapace : le grand-duc de Montmajour.
2« C’est à Mont-Majour que dorment, sous les dalles du cloître, nos vieux rois arlésiens« 

L’abbaye de Montmajour, jean maurice rouquette, aldo bastié, Monum, Editions du patrimoine, coll. itinéraires

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Le pic des mouches par le sentier de Malivert



L intérêt de la randonnée de ce matin était autant due aux personnes que j’ai observées qu’au plaisir de redécouvrir le point culminant de la Sainte-Victoire.

* Je vous propose l’itinéraire sur carte IGN, 11,900km, 3h45 environ, réalisé à partir de CartoExplorer

* Itinéraire le plus rapide au pic des mouches

La météo aujourd’hui à cet endroit :
La direction du vent et la température ressentie

La première difficulté : trouver l’entrée du chemin de Malivert bien mal indiquée. Le mieux est de repérer le panneau qui annonce qu’on quitte les Bouches-du-Rhône pour entrer dans le Vaucluse : le parking se situe 200m avant, sur la droite quand on vient d’Aix. Le chemin traverse le bois de la Pallière, offrant une progression régulière jusqu’à la crête ; la route est longue (2h05) mais pas vraiment difficile. Sans doute au printemps offrirait-elle une végétation plus colorée.

Le premier groupe que je croise vient du Puits d’Auzon ; c’est une famille avec deux adolescents et un chien. Le garçon et la fille, probablement contraints et forcés par leurs parents, maugréent ouvertement et se plaignent de la difficile montée. Le père essaie de les motiver, leur promettant un bon pique-nique (d’ailleurs les baguettes de pain qui dépassent du sac à dos, menacent de tomber) et une vue superbe depuis la crête. Mère et fille décident de faire une pause tandis que le chien fait des allers et retours entre tous les membres de la famille. Je ne peux que comprendre le désespoir du père qui veut initier ses enfants à la randonnée car les adolescents d’aujourd’hui préfèrent sûrement les jeux vidéos ou la télévision. J’ai moi-même essayé avec ma fille, sans succès.

medium_img_0072.jpgA l’oratoire de Mal Ivert, nous retrouvons ceux partis de Puyloubier ou Rians. Tout le monde s’arrête. Les réactions sont diverses : entre les plus âgés qui prient à voix basse, les enfants qui jouent au ballon autour de l’oratoire, celui qui lit à voix haute la prière laissée par un randonneur, celui qui téléphone, je me sens « à part », silencieuse avec mon appareil photo.

Une vierge à l’enfant de simple stuc blanc, dans une niche ouverte au sud est, au sommet d’une sorte de borie. (Yves Paccalet, Terre sauvage, mars 1997)
C’est maintenant que l’ascension commence véritablement. Je rejoins bientôt un couple de retraités qui a perdu le balisage rouge. Je les rassure et les étonne : « Mon GPS va nous dire où est le chemin ! ». Ebahi mais ravi, ce couple qui n’a ni télévision, ni téléphone portable se demande comment ça marche. Je leur explique qu’il faut un ordinateur, un logiciel de cartographie et une carte IGN. « Pas question d’avoir un ordinateur ! » répliquent-t-ils. Je souris gentiment quand ils m’avouent s’être un jour perdus à la Sainte-Victoire et avoir effectué la descente à la lueur des étoiles, sans pleine lune, arrivant finalement vers 1h du matin chez eux…
medium_img_0076.jpgLe chemin étroit et caillouteux, cachant parfois son balisage aux regards attentifs, est plus difficilemedium_img_0082.jpg que tout à l’heure. Parvenue sur la crête repérée par un cairn très visible, la neige a laissé quelques plaques et le vent souffle plus fort. Plusieurs groupes installés sur les flancs de la montagne pique-niquent, savourant autant leur repas que le plaisir d’être tous là, tout là haut. Au croisement avec le chemin qui monte depuis le col des Portes, plusieurs parapentistes bien chargés, se dirigent vers l’aire de décollage.

Arrivée au pic des Mouches (pas de mouches en cette période mais beaucoup de medium_img_0085.jpgmoucherons en été), c’est une victoire. Deux étrangers me demandent d’immortaliser leur passage au sommet. Ensuite, je m’assois et me remplis les yeux de la vue sur la crête, vers la croix de Provence que l’on devine à peine dans la brume de ce temps hivernal. La descente se fait par le col des Portes : descente un peu risquée car les pierres sont humides et la terre glissante. Le plus désagréable reste à faire : 3,5km de route pour rejoindre le parking. Je ne serai dépassée par aucune voiture et donc aucune occasion de faire du stop. Sur cette CD10, plusieurs stèles en hommage aux résistants et un élevage caprin couperont la monotonie du trajet.

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Jeff s’était promis d’y aller aussi. Voici une des photos qu’il a prise ce jour là au pic des Mouches dont la hauteur a été récemment réévaluée à 1010m.

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*** Tremblement de terre à Vernègues : 100 ans après



Voici une randonnée un peu particulière en ce jour de début janvier. Le mistral souffle fort ; les rafales de vent dans les arbres font craquer les branches sèches et toutes sortes de bruits lugubres m’entourent. Pas un seul promeneur dans les ruines du village.

On se croirait presque au lendemain du tremblement de terre du 11 juin 1909, d’une magnitude 6, qui a détruit la quasi totalité du vieux château seigneurial qui s’est effondré sur les maisons du village. 46 morts (dont 2 à Vernègues) et 250 blessés dans les villages alentour. Vernègues se relèvera difficilement de ce drame qui oblige les habitants à reconstruire leur village au quartier du Jas, en contrebas. Voir le site GénéProvence

* Je vous propose l’itinéraire (6km100 2h environ) sur carte IGN 1:25000 – le Vieux Vernègues depuis la chapelle St Martin réalisé à partir de CartoExplorer
* Le site Mediterranee France propose un itinéraire d’une journée
La Barben par Vernègues

* Le site officiel de la commune de Vernègues
* Témoignages du tremblement de terre, avant-propos du rapport de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques

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Orientation du vent et température ressentie

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La vie a repris. A côté des ruines, le dernier témoignage de modernité : le viaduc du TGV Méditerranée et la plaine de Cazan.
medium_img_2343.jpg Nul ne peut se douter en voyant cette architecture moderne, des conflits qui ont opposé le maire de Vernègues et le négociateur désigné pour les expropriations.

« …Vingt minutes avant minuit, c’est enfin signé. Mais avec un viaduc traité façon camouflage, une tranchée couverte, un tunnel de 400 mètres. Pour 2 kilomètres de voies, 15 secondes de TGV, un chèque de 700 millions de francs… » Voir l’article paru dans l’Expansion le 27 avril 2000 et le site GénéProvence

Du haut de l’ancien moulin sur le plateau du Grand Puech, là où est installée la table d’orientation, je vois la campagne de tous côtés ; mais prendre des photos sans bouger est quasiment impossible : le mistral me bouscule, mon bonnet s’envole.

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Je rejoins le chemin balisé par un étroit sentier qui longe la propriété privée de Vacaresse avec plusieurs panneaux « interdiction d’entrée ».
Presque arrivée dans la plaine du Sonnailler(1), je fais une rencontre assez imprévue mais qui m’enchante car elle témoigne de la persistance de la campagne dans un des départements français les plus urbains : un berger et son chien conduisent leur troupeau de moutons avec assurance : pas un cri, pas un aboiement. Je salue le rude campagnard, uniquement vêtu d’un pull, puis continue ma route d’un pas rapide. J’ai bien plus froid que lui avec mon bonnet, mes gants et mon coupe-vent !

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Après avoir photographié deux ânes dans leur enclos, je rejoins finalement la chapelle romane de Saint-Martin, fort bien restaurée, qui semble garder l’entrée de la plaine du petit et du grand Sonnailler (1). * Voir le site de Wulfran Barthélémy sur les chapelles rurales en Provence

1SONNAILLER. L’animal qui, dans un troupeau ou dans un attelage, va le premier avec la clochette.

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Le mur de Gueidan



Petite randonnée balisée de jaune au départ de l’écomusée de la forêt à Gardanne. Je longe des pistes de motocross mais sans motard, dommage ! De multiples chemins parcourent les bois et il faut être attentif pour ne pas se tromper, surtout à l’approche des croisements avec les larges chemins.

* Je vous propose l’itinéraire (8km700, 2h45 environ) balisé de jaune réalisé à partir de CartoExplorer
* Les Gueidan, p.30 du livret sur Gardanne

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Quand je tourne à gauche dans le pré, je suis impatiente de découvrir le fameux mur de Gueidan. Avant, je découvre une voiture les quatre fers en l’air ; je longe la falaise avec plusieurs panneaux de mise en garde. medium_121_2167_r1.jpgQuand enfin j’arrive près du mur, je le découvre en très mauvais état mais son vieil âge explique sans doute cela : il date du XVIIIème siècle. Je suppose que c’est Pierre de Gueidan qui l’a fait construire lorsqu’il a fait agrandir sa propriété.

« Pierre DE GUEIDAN président à la cour des Comptes de Provence, achète le domaine de Valabre près de Gardanne pour 19.000 livres, transforme la bastide en château et agrandit le domaine… Gaspard DE GUEIDAN avocat général puis président au parlement de Provence, marquis de Gueydan… fait ériger en fief le domaine de Valabre,… et rénove le château qui prend parfois le nom de château de Gueidan. » Joséphine Sibillot, née à Aix en 1797, épouse en 1823 le marquis Alphonse de Gueidan, troisième du nom. A sa mort, elle gère le domaine qu’elle lègue à la commune de Gardanne en 1882.

* Les grandes familles de Provence
Quelques panneaux du genre de celui-ci commencent à me faire peur. y aurait-il réellement un danger ? medium_121_2169.jpgUn arbre a été abattu, probablement la semaine dernière, par le mistral qui a été particulièrement violent. Non je ne passerai pas en dessous mais au-dessus. medium_121_2170.jpg Je renonce à poursuivre vers l’ancienne bergerie et un autre morceau du mur.
J’aperçois à mes pieds la route qui me ramènera au parking. Elle semble si près et pourtant je ne trouve pas celle qui est décrite dans mon guide (ça arrive assez souvent : sur le papier, c’est toujours simple, sur le terrain, c’est autre chose…). Je prends donc la plus probable, celle qui y descend. Je passe devant un parking puis un chenil : deux gros chiens aboient furieusement. J’accélère. Une tour, une grande cour : un drapeau tricolore flotte à l’entrée de la grille qui est fermée. Aucune âme qui vive. Défense d’entrer. Places de parking réservées. Accueil avec barrière mais personne ne la garde. Je longe les bâtiments avec un vague sentiment d’inquiétude : tout est fermé, tout est mort, et je ne trouve pas de sortie. Après avoir longé les bâtiments sur plus de 200 mètres (de gauche à droite sur la photo du site de l’école), je me trouve devant une vieille grille en fer forgé : cadenassée. Pourtant, derrière, c’est la liberté. Pendant quelques minutes, je songe à repartir dans la colline pour trouver une autre sortie. Finalement, fatiguée après deux heures de marche, je me décide à enjamber le mur.
J’étais enfermée dans le chateau de Valabre (jour de Noël), maintenant occupé par le Centre Interrégional de Formation de la Sécurité Civile. Tellement soulagée d’en être sortie, je n’ai pas pris le temps de l’admirer…

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Le 8 mai 2006, Coralie (ma dernière fille de 15 ans) et moi avons caché un « trésor » près de la partie supérieure du mur de Gueidan. Avis aux amateurs de chasse aux trésors !
—– Voir la carte d’identité de la cache GCVY78 pour amateurs de geocaching —–
How to play ?
Comment jouer ?
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