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Du château de la Barben à la chapelle de Sufferchoix


Départ du parking près du château de La Barben, château que je n’ai jamais visité, me contentant d’un arrêt au zoo juste avant. Le parking du départ de la randonnée se trouve après le zoo et le pont du château sur la Touloubre ; quand j’y suis retournée deux semaines plus tard, le parking était marqué ‘privé’. Ce changement précède sans doute les travaux d’aménagement pour le projet de parc d’attractions ‘le Rocher Mistral’. Le nouveau propriétaire Vianney d’Alançon compte développer des spectacles vivants inspirés de l’histoire du site et d’œuvres d’écrivains et poètes comme Frédéric Mistral, Alphonse Daudet, Jean Giono, Marcel Pagnol. Comme au Puy du Fou, il fera appel à des bénévoles pour les spectacles.

Projet Rocher Mistral sur le journal 20-minutes

La météo ce jour à cet endroit :
Avec le vent et la température ressentie

Notre randonnée débute le long du Lavaldenan, une rivière bordée de hauts arbres garantissant la fraicheur ; les abords sont dominés par les classiques chênes pubescents et chênes verts mais plutôt de grande taille. En 1813, le Lavaldenan s’appelait le Vabre : comment est-on passé de l’un à l’autre ? A mi-distance entre deux boucles de la rivière, une petite mais massive construction carrée attise notre curiosité. Ce pourrait être un abri  rustique pour garde assermenté – il en existe encore un à la Barben ou un poste de chasse.

La montée jusqu’au quartier de l’Homme Mort commence raide sur le rocher ; au premier carrefour de pistes, nous continuons vers le nord puis, sur le plateau, en sous-bois, nous prenons le sentier sous la chapelle de Sufferchoix, notre objectif. Bien avant de la voir en grand, on reconnait au loin sa forme ronde et son clocher en forme de pyramide. Dans cet endroit bien isolé, curieuse découverte que cette chapelle moderne, construite sur une butte, dans une ancienne propriété rurale ;  c’est une propriété privée mais toutefois l’autorisation de visiter la chapelle est accordée facilement auprès de la direction .

Selon les périodes, sur les cartes, j’ai trouvé Sufrechon, Sufrachoix ou Sufrechoix, Sufrechoy, Sufferchoix. Peut-on rapprocher ce toponyme du provençal soufrachou (=souffreteux) ou du bailli de Suffren, né dans la commune limitrophe de Saint-Cannat ? au début du XIXe cet ancien domaine rural appartenait à la famille d’André Balthasard Ricard ; à sa mort, le domaine est démantelé entre tous les héritiers (Jérôme, Gilles, Adélaïde fille de Gilles, Louis, Gaspard, André, Jean-Baptiste) ; Gaspard obtient le premier étage d’une maison, Jérôme l’étage d’une seconde, Gilles les deux étages d’une troisième. A côté du bâtiment rural, l’écurie, à côté d’un autre une cour murée et un four qui, d’après le plan, devait se trouver dans la tour ronde devenue pigeonnier. Dans ce contexte le domaine ne pouvait garder longtemps sa vocation agricole.
Depuis 1980, c’est le Foyer de Charité de Marseille qui s’y est installé ; de nombreuses constructions autour du noyau ancien ont transformé le domaine rural en lieu de retraite spirituelle, éloignée de la civilisation et dans le calme de la nature environnante.

La mission principale des Foyers de Charité est de participer à la nouvelle évangélisation par la prédication de retraites spirituelles ouvertes à tous.

Les foyers de la charité au bord de l’implosion

Juste en face de l’oratoire sur la petite route allant vers Lambesc [L’oratoire de la Vierge Marie] date de 1986 et se situe à Sufferchoix. Il fut dessiné par Pierre Gazhanes, construit par Jean Boyer et quelques bénévoles des Amis du Vieux Lambesc. Fait de pierres sèches, sa toiture ressemble à un ancien four à pain. Route des oratoires ,  se trouve un ancien puits dont l’eau alimente toujours le foyer… Manou a trouvé un ancien rouleau servant à dépiquer1 le grain, bien loin de l’aire de battage qui se trouvait derrière la chapelle. Photos dans la bulle de Manou

Autour de la maison, une vaste étendue de pinèdes et de garrigue offre de nombreux sentiers pour la promenade ou la détente, dans un calme absolu… sauf quand passe le TGV, 20 m en dessous du foyer.

Pour le retour, André propose un sentier qui passe sur l’ancien domaine de chasse des seigneurs de Forbin.

Ils sont propriétaires du château de la Barben depuis le XVe siècle. C’est la femme de Claude Melchior de Forbin la Barben – pour un mariage de raison, il était allé la chercher dans les Alpes-Maritimes – qui hérite des terres en 1854 : elle s’appelait Marie Pauline Véronique du Creps de Saint-Césaire (cadastre napoléonien état de section B). Généalogie de la famille Forbin.

Dans cette garrigue ouverte vous êtes susceptibles de voir cinq espèces avérées qui y recherchent de quoi se nourrir : le Circaète Jean-le-Blanc, la Bondrée apivore, le Milan noir, le Faucon crécerelle et l’Hirondelle rustique. Malheureusement l’Aigle de Bonelli n’a plus été observé depuis que le dernier couple a disparu au moment de la construction de la voie ferrée.
Le groupe de perdrix à quelques pas devant nous sur le sentier, ce n’est pas naturel : il vient probablement d’un lâcher effectué par les chasseurs. Des distributeurs de graines nourrissent et attirent le gibier. Un couple avec un âne bâté et plusieurs chiens semble guetter quelque chose et attend que nous ayons quitté les lieux.

Dans une barre rocheuse, nous repérons une cavité, inaccessible et non référencée dans l’inventaire des cavités naturelles. Le plateau est suffisamment élevé pour un large point de vue sur Sainte-Victoire, le mont Aurélien, le petit triangle du mont Olympe et la sainte-Baume. A nos pieds la vallée de la Touloubre que l’on devine derrière un rideau d’arbres zigzagant.

Lors de ce retour plutôt improvisé, on a failli descendre vers la Touloubre ; au carrefour suivant, on a failli rejoindre un plateau sans issue au-dessus du château. C’est là qu’on apprécie d’avoir un smartphone avec une carte Ign et qui capte les signaux GPS ! Il ne reste qu’une solution : une piste caillouteuse en très forte pente, manifestement avec risques non négligeables de glissade ou chute. Mais si l’on y renonce, il faut faire demi-tour et probablement reprendre le même trajet qu’à aller. Nous la descendons lentement, si possible en marchant sur le bas-côté, en zigzagant pour repérer les meilleures accroches au sol. Quand nous retrouvons la piste, nous sommes soulagés.

Le reste semblera facile jusqu’au parking. Je m’approche du château de la Barben où flotte le drapeau de la Provence ; il m’impressionne. Un château de Belle-au-bois-dormant !

Au xve siècle, il appartient au roi René ; ce dernier le vend en 1474 à Jean II de Forbin, frère de Palamède de Forbin. En 1963, le nouveau propriétaire, André Pons, ingénieur agricole, l’habite avec sa famille et l’ouvre au public dès 1965. Il crée en 1971 le zoo de La Barben. […] Les jardins du château sont, dit-on, ‘les plus beaux de Provence’, dessinés par Le Nôtre, créateur des jardins de Versailles. […] Le château et le jardin ont été classés monument historique le 21 décembre 1984 (extrait de Wikipédia).

Marius Granet, peintre Aixois renommé, a séjourné au château de la Barben (et dans celui de Valmousse) en janvier 1842. Il le décrit comme  le plus pittoresque et le plus ancien château de Provence . Des peintures murales signées Granet s’effritent à cause du mauvais entretien du château.

Lors de l’expertise écologique réalisée sur le site du projet ‘Rocher Mistral’ […] un gîte d’importance pour le Murin à oreilles échancrées (Myotis emarginatus) a été trouvé dans la salle d’armes du château.

Le porteur de projet a mis en place des partenariats avec des associations de protection de l’environnement, et notamment avec la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO), avec laquelle une convention a été signée. […] l’adaptation du projet, l’évitement des secteurs les plus sensibles et surtout l’aménagement volontaire des surfaces associées au projet permettront de minimiser l’incidence environnementale globale du projet. Synthèse pré-diagnostic

Prochaine découverte à programmer mais pas un jour de chasse (j’ai dû faire demi tour tant il y avait de chasseurs et de chiens sur le plateau de Boulery) : la source d’Adane, source mystérieuse dont on a du mal à identifier l’origine.

Image de l’itinéraire 6km800, 87 m (+232, -232), 2h déplacement (2h30 au total sans nos errements)
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1dépiquage : séparation du grain de la paille des céréales par le piétinement des animaux

©copyright randomania.fr

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