Circuit inédit en forêt de Peyrolles à partir de Trempasse


Peyrolles, si près de chez moi et pourtant que je connais si peu ! Accompagnés de M. Balalas, grand connaisseur du village, nous partons sur des chemins non balisés du côté de Trempasse1. Attention ! sans connaître la forêt et sans GPS, ce circuit me paraît difficile à suivre !

IMG_7749.JPGCabane de l'AïUne seule place de parking à Trempasse pour un départ tout proche sur un terrain caillouteux. En haut de la montée, une très belle cabane de pierre sèche surnommée cabane de l’ai2 par M. Balalas. Les pierres disponibles à Peyrolles ne ressemblent pas du tout à celles de Mane : grosses, irrégulières ce qui rend la cabane trapue mais le linteau monolithe reste un classique de construction.

IMG_7756.JPGDemi-tour jusqu’à un croisement de chemin. Nous traversons la forêt sur des sentiers probablement utilisés par nos lointains ancêtres et par ceux qui exploitaient la forêt : il reste des traces de vie telles qu’une aire noircie de charbonniers, ou une cabane en ruine en forme d’hémicycle étêté 10mn après le repère 110+ rouge sur fond blanc (ancien balisage d’une variante de GR menant au Concors ?).

IMG_7765.JPGUne grande partie du chemin du retour sert de frontière aux deux communes de Jouques et Peyrolles ; il passe devant la tombe de marbre, sur sol dallé, d’un membre de la famille Grawitz, à Jouques puisque située du côté droit de la route, et curieusement parfaitement accessible ; IMG_7764.JPGsi Raymond (1912-1958) enterré ici est bien le fils de Auguste Grawitz et Mathilde Rouvière (voir généalogies de M. Buffenoir et C. Drie sur geneanet), alors il est le petit-fils  de Alexis Grawitz et Marie de Tournadre ; l’ascendance de Marie Tournadre compte Bernard Amable, ingénieur ordinaire du roi, et Aimé, capitaine de frégate. Mais avant lui, c’est un homme illustre3 qui était propriétaire des terrains le long du chemin de Blanchon : Joseph Charles d’Arbaud Jouques, sous-préfet d’Aix, puis préfet des Hautes-Pyrénées, du Gard, de la Côte d’Or et finalement des Bouches-du-Rhône en 1829. Sa mère Anne de Citrany a d’ailleurs donné son nom à tout un canton du cadastre napoléonien ! Cette tombe était-elle autrefois à l’intérieur d’une propriété privée ? A-t-on le droit aujourd’hui de se faire enterrer dans son jardin et non dans un cimetière ?

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La montagne Vautubière


IMG_8946.JPGC’est au départ du hameau de Bèdes, sur la fameuse D11 aux buissons taillés en formes multiples en hommage à un groupe de résistants tombés courageusement là, que l’on ressent l’appel de la fière élévation. La campagne ici a des airs de Toscane. Paul Teisseire

Course fauve sur la Vautubière, CG13, une description bien poétique de l’itinéraire

Les buissons taillés en forme d’animal ou d’allégorie sont sculptés chaque année par les descendants de deux cantonniers (Vallier et Courras) qui, dès 1946, s’étaient livrés à cette tâche pour rendre hommage aux quinze résistants tués deux ans plus tôt sur le plateau de Bèdes (selon la revue Accents). Itinéraire peu ou pas balisé (jaune). Sur le retour notamment, de nombreux sentiers qui se ressemblent mènent vers des propriétés privées non signalées. Un GPS de randonnée est donc bienvenu. L’alternance de passages en sous-bois, de jeux d’ombres et de lumières, dans la garrigue, dans la forêt de chênes, rend le parcours agréable quand il fait chaud.

IMG_8913.JPGhuppe fasciée photo site J. Fouargeestoublon m’en avait parlé, il fallait que j’aille voir. A Bèdes, juste avant de tourner dans le chemin de Notre Dame, deux oiseaux colorés à la nuque orange et aux ailes doublement rayées – c’est la première fois que j’en vois de tels -, s’envolent sous mes yeux : deux huppes fasciées à la huppe à peine visible en vol (merci Arnaud, guide nature au parc de Marquenterre, pour l’identification). IMG_8954.JPGJe  me gare face au champ d’oliviers, au bout du chemin de Notre Dame au hameau la Mixte à Bèdes IMG_8949.JPG(Jouques). Le chemin de terre prolonge la route, longeant un muret de pierres sèches grossièrement construit. Lorsqu’il fait mine de tourner à gauche, la chapelle tombeau promise par mon vieux guide de randonnée, apparaît sous les pins, à peine visible ; toute petite, très dégradée, l’oculus posé au niveau d’une fissure, elle ne doit pas mesurer plus d’1.20m de côté ; à l’intérieur, juste une couronne mortuaire accrochée au mur. Je n’en ai pas trouvé trace sur internet. Peut-être est-ce une chapelle privée élevée à la mémoire d’un ancien propriétaire du domaine de Lingouste ? la chapelle de Pitié construite en 1168, elle, dépendait de l’archevêché. Aussi étonnant que cela puisse paraître, les archevêques d’Aix vont s’installer à Jouques dès le XIIIè siècle et y construire leur résidence d’été au XVIè ce qui valut un statut spécial aux curés de Jouques et Peyrolles.

Les curés de Jouques et Peyrolles étaient inamovibles parce qu’ils relevaient directement de l’archevêque ; en 1582, l’archevêque oblige même le chanoine de Cavaillon à résider à Jouques. Les paroisses du diocèse d’Aix, leurs souvenirs et leurs monuments. Tome 1, Constantin M. , Impr. de A. Makaire (Aix), 1890-1898

Pour en voir plus au printemps La montagne de Vautubière : galerie photos

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** L’oppidum des Blaques à Céreste et autres curiosités


levée de terreQuand trois amateurs d’histoire se retrouvent pour une randonnée, devinez ce qu’ils vont voir ? une ligne de plus de 400m de long, représentée par une arête de poisson sur la carte IGN ; la légende : ‘levée de terre’.
Le programme que nous a préparé estoublon ne manque ni de surprise, ni d’intérêt. Il conjugue circuits à pied et en voiture sur une journée.

medium_img_0429.jpgDépart de Céreste près de la chapelle ; nous passons sur le pont de la Baou ni roman ni romain (pas même situé sur la voie domitienne), bien que ce nom figure toujours sur les cartes IGN et  les cartes postales ! le panneau d’information le confirme : il date du milieu du XVIIIè siècle. Un devis est établi par Georges Vallon, ingénieur de la Province, les travaux sont confiés par acte du 4 janvier 1740 à Pierre Terras, maçon de la ville de Reillanne (A.D. des A.-H.-P. C84).

Vestiges lors des fouilles (photo Lecauranec)La trace du vrai pont romain a d’abord été retrouvé sur papier, aux archives en 1989 puis confirmé sur le terrain le long de la RN100, à la faveur d’une crue d’orage. La 4ème campagne de sondage, en 2001, révèle que faute de rocher solide pour asseoir le pont, les constructeurs l’ont bâti sur un socle de pierres taillées de grand appareil à joints fins liées par des agrafes scellées au plomb. Son architecture est à ce jour unique dans le monde romain. par mesure de protection, ses vestiges sont maintenant recouverts. Voir photos des fouilles

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