*** Jeu de piste dans les grottes troglodytiques de Calès à Lamanon


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img_5309r.JPGLassociation Calès-Saint-Denis nous préparait cette fête du patrimoine depuis un an. Les costumes faits main à partir de modèles du moyen-âge, des scénettes jouées à divers points de rendez-vous, un jeu de piste bien ficelé avec sa version pour enfants, une remise de récompense en fin de journée, un repas, tout cela pour notre plus grand plaisir.

La météo aujourd’hui à cet endroit :
Direction du vent et température ressentie

details-grottes.jpgimg_0057r.JPGMais ce qui m’a le plus intéressé c’est la visite guidée que je rêvais de faire depuis la découverte de ce site lors d’une randonnée dans le Defens. 58 grottes troglodytiques à l’intérieur du cirque, 116 au total, occupées surtout au Moyen-Age ! Nous empruntons la calade (photo de droite) qui mène à l’ilôt. Sur le côté, un creux permet à l’eau de s’écouler vers le canal de drainage. Yolande parle du site avec passion, et nous prouve que chaque détail des grottes a été pensé avec soin pour permettre aux habitants de bien vivre au quotidien. Niches pour poser de petits objets tels que lampes à huile, couteaux ; trous dans le mur où venaient se fixer des rondins de bois dont l’extrémité était supportée par un poteau, anneaux de suspension pour des lampes ou des berceaux, larmiers1, etc. Dans la première grotte de l’îlot, les eaux de pluie se déversaient dans un trou du mur sous lequel on plaçait une amphore. Dans une autre, des traces de saignées verticales témoignent de la manière dont les carriers ont extrait les pierres pour construire le chateau.

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img_5321r.JPGimg_0032r.JPGimg_0026r.JPGLes grottes alimentaires sont formées de cuves taillées dans le rocher. Elles pouvaient servir de silos à grains ou de citernes.

img_5330r.JPGLa plus remarquable des salles est à ciel ouvert aujourd’hui  ; les encoches servaient à encastrer des claveaux2 supports d’un système de couverture. On reconnait l’emplacement de la cheminée. C’est là que se réglaient les conflits et différentes affaires de la communauté. Le bloc des cuves à côté a pu servir à presser le raisin, la petite cuve recueillant le jus, ou à fouler3 les étoffes.

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Enfin je sais à quoi servait « ma » grotte (les geocacheurs qui y sont passés entre sept. 2006 et mars. 2008 comprendront…) ; elle est presque totalement fermée. A l’intérieur du mur nord, l’emplacement du foyer ; au sud un pentagramme grossièrement gravé dans le mur, figure géométrique construite suivant le nombre d’or (voir géométrie sacrée). J’y vois même un pentacle inversé puisqu’il est entouré d’un cercle et qu’il pointe vers le bas. Depuis le moyen-âge, son énergie serait négative et satanique ; aurions-nous affaire à un autel pour le culte de Satan ?… J’en doute quand même puisque selon notre guide, cette communauté était paisible et sans histoire.

Sur le côté droit un escalier emprunté par les ouvriers pour jeter le raisin qui y sera pressé, conclusion à laquelle sont  parvenus les archéologues par comparaison avec d’autres sites troglodytiques et grâce à l’aide M. Bizot du Service Régional d’Archéologie.

Le nombre d’or des astronomes
… si l’on considère une période de dix-neuf années, il y entre un nombre entier de lunaisons […] Il en résulte que, tous les dix-neuf ans, les phases de la lune reviennent aux mêmes dates. On conçoit l’importance d’une telle découverte qui a servi de fait à perfectionner le calendrier […]. Par la suite, désignation de nombre d’or fut attribuée à la période de dix-neuf années elle-même.
Le nombre d’or des mathématiciens ou la « Divine proportion » de Huntley : Il s’agit d’un nombre irrationnel dont la valeur exacte est égale à 1/2 (1+?5). Ce n’est ni une mesure, ni une dimension, c’est un rapport entre deux grandeurs homogènes, un rapport arithmétique.

img_0056.JPGimg_5344r.JPGLa visite se termine par la chapelle Saint-Denis que je n’avais pas bien regardée lors de ma dernière visite en septembre 2006. Sur son mur sud, trois cadrans solaires canoniaux y sont gravés : le soleil permettait au curé de l’époque de sonner l’heure des messes et aux paysans de repérer les heures des travaux de la terre ; deux sont encore visibles. Autrefois dédiée à Saint-Marcellin (XIIème siècle), elle est restaurée par la famille de Roux de Lamanon au XVe, abandonnée après le siège d’Hubert de Vins (qui fit aussi celui du chateau de Forcalqueiret dans le Var), à nouveau restaurée, à nouveau abandonnée car trop éloignée du nouveau chateau. L’association l’a admirablement restaurée pendant presque 10 ans. On y célébrait mariages, baptêmes ou enterrements. C’est à ce moment qu’il ne fallait pas se mélanger les pinceaux dans les familles d’Alamanon, de Beauvezer, de Tripoli de Panisse et autres nobles de l’époque, le questionnaire final étant fortement inspiré de la généalogie de ces familles à l’origine de Calès et du village (Note : le village que nous connaissons ne date que de 1745). Quand mon compagnon de jeu eut terminé de lire les questions, il se délesta rapidement du papier et du crayon pour que je remplisse la fiche moi-même ! Généalogiste amateur, j’y suis (presque) arrivée complètement grâce aux panneaux d’information préparés par les membres de l’association.

img_5351r.JPGimg_5369r.JPGRetour par les ruines du château pour les volontaires. Dans la montée de l’escalier de pierre, passant sous la porte du XIIe siècle, personne n’a remarqué la sculpture pas encore totalement usée par le temps : une tête de félin, évoquant le souvenir d’une croisade. Là encore, les encoches de chaque côté prouvent que l’accès a dû être couvert. Les grottes sur la droite devaient servir aux gardiens du château. Sur la plate-forme, deux autres servaient de cuisine. Devant les vestiges du rempart, deux silos ronds sont creusés dans le sol. Au travers de la grotte, la vue sur le cirque naturel (grés safreux) de Calès, la Crau et Salon, est curieusement encadrée. A la place de l’ancienne demeure seigneuriale, la statue de la Vierge à l’enfant a été érigée par le marquis de Panisse-Passis en 1866.

img_0068r.JPGimg_5359.JPGVite, rejoignons le jardin du Cabaret où a lieu la remise des prix ; notre note : 19 sur 20 ! pas si mal quand on sait qu’on jouait avec de nombreux Lamanonais. Nous avons gagné un gros livre sur les Histoires et légendes de la Provence mystérieuse, textes recueilis par J.P. Clébert, Edition Tchou, 1968, et une petite brochure sur Calès qui compensera mes habituels trous de mémoire. De Calès à Lamanon – les sentiers de l’Histoire, ACSD Lamanon, Association Calès-Saint-Denis, 2000. (Les photos sont de Ti’Mars , 2007, et Nicoulina, 2006, 2007)

J’adresse mes remerciements à Yolande Proutière qui a accepté de relire et apporté quelques corrections à cette note.

Bravo à l’Association Calès-Saint-Denis
Rue du Canal 13113 Lamanon
Courriel : calessaintdenis@free.fr
Tél : Yolande Proutière, présidente : 06 76 51 76 22

Cette deuxième visite avait une saveur particulière : guidée par la personne qui connait le mieux le site, elle a décuplé l’intérêt de l’auditoire attentif, permettant de mieux comprendre comment vivaient  les gens de l’époque. N’hésitez pas à demander vous aussi une visite guidée.

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Musée Calès-Saint-Denis Lamanon

place du Cabaret

13113 Lamanon

Tél : 04-90-59-56-07

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1larmier : moulure, élément en saillie, dont la face inférieure est creusée d’une rigole qui collecte les gouttes de ruissellement et les fait tomber sur le sol, avant qu’elles n’aient pu glisser le long du mur.
2claveau : pierre taillée en forme de coin, élément de l’appareil d’un arc, d’une voûte.
3foulon : artisan qui pressait les étoffes ou le raison avec les pieds, les mains ou un outil ; le moulin lui-même (voir note sur le parc Saint-Pons à Gémenos

L’île de l’Oiselet au bord du Rhône


 

IMG_0037.JPGimg_3533r.JPGimg_3532.JPGDes canaux, le Rhône dont les rives ont été aménagées, un début de sentier prometteur, tout y est pour une balade agréable. Dès le début du sentier écologique de l’Oiselay, les oiseaux sont si nombreux dans la forêt qu’ils font un réel vacarme ! La peupleraie blanche tire son  nom des nombreux peupliers au tronc blanc présents sur les berges du bras des Arméniers. Le robinier faux acacia, plutôt envahissant, peut vivre jusqu’à 300 ans, pousse vite, se régénère après la coupe (une quarantaine de fois) ; le saule limite l’érosion des berges et participe à l’épuration des eaux. Nous sommes sur l’île d’Oiselet, entre le Rhône et le bras mort des Arméniers. Le pont suspendu des Arméniens (monument historique protégé) permettait autrefois de rejoindre cette île depuis Sorgues.

Auparavant elle était reliée par un bac à traille qui ne pouvait fonctionner durant les intempéries. C’est pourquoi les familles de l’île se sont groupées en association syndicale pour présenter le projet de construction d’un pont ; celle-ci prendra en charge une partie des dépenses de construction (Passages d’une rive à l’autre, archives départementales du Vaucluse, P. 17)

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Avec la température ressentie

pont_des_arm__niers_DRAC_PACA.jpgEssentiellement agricole, l’île produisait au XIXème siècle des céréales, du fourrage, de la betterave sucrière. Cependant au début du XXème siècle l’activité agricole stagnait à cause des difficultés du transport assuré par trois bacs à traille.[…] Les crues du Rhône empêchaient le bon fonctionnement du bac de l’Oiselet… Aussi, le 28 novembre 1922, les îliens demandent l’autorisation de créer « une association syndicale libre pour la construction d’un pont sur le Rhône ». Ouvert à la circulation le 26 août 1926, … l’ouvrage consiste en une passerelle suspendue semi-rigide à une seule travée de 157,50 mètres de portée. La chaussée, en madriers de chêne boulonnés, est revêtue d’un platelage jointif en planches de sapin. Les trottoirs sont également en planche de sapin. Les pylônes, en béton, sont d’une hauteur d’environ 20 mètres. Pour en savoir plus : le site du ministère de la culture (Photo du pont extraite de ce site)

img_3538r.JPGimg_3542.JPGimg_3543.JPG

Nous allons jusqu’au gué emprunté par des voitures et qui est à peine couvert d’eau en ce mois d’avril. Quelques promeneurs se sont déjà installés sur les berges rafraîchissantes de la rivière. Une dame pêche non loin du panneau d’information sur les poissons. Tellement enthousiasmés par cette première balade, nous décidons après le repas de partir à pied jusqu’aux ruines du chateau de Hers, à Chateauneuf du Pape.

img_3562r.JPGDes kilomètres de sentiers plats, l’idéal pour le vélo. Nous longeons des champs de colza en bordure de route, puis les berges du Rhône, ou celles des canaux qui le jouxtent. En chemin, nous trouvons quelques ponts autorisant le passage d’une rive à l’autre.

img_3567.JPGIMG_0045.JPGLa tour de l’Hers et le donjon carré sont les plus anciens vestiges de ce chateau fort qui commandait le passage du Rhône (XIIè siècle – photo de la tour Ti’Mars…). On peut y voir aussi les restes du mur d’enceinte et un peu plus loin celui d’un ancien péage fortifié. Un viticulteur y a établi sa résidence en 1795, après avoir enlevé les anciennes fortifications.

Pour le retour, nous nous trouvons presque malgré nous le long du bras des Arméniers, avec pour seul moyen de repérage notre GPS de randonnée. Confiants, nous partons à l’aventure. img_3569.JPGimg_3570r.JPGL’environnement est plutôt inattendu, très vert, des prairies mamelonnées et perdues au milieu de quelques buissons ou bouquets d’arbres. On suit une piste pour les chevaux. J’aperçois le bout de l’îlon Saint-Luc qu’il est impossible de rejoindre à cet endroit. Après la traversée du petit et du grand St-Marc, nous longeons un champ et parvenons enfin à retrouver la trace de l’aller. Nous sommes donc sur le bon chemin mais marcher sur une route n’ayant rien d’agréable, nous décidons de nous rapprocher du Rhône, à l’affût de quelques oiseaux ou mammifères.  Hélas ! l’idée n’est pas bonne ! non seulement, nous nous éloignons mais en plus il  n’y a plus de pont pour traverser le canal ! Nous n’avons pas de carte IGN. Il est presque 19h et nous sommes fatigués. Je ne verrai finalement qu’un couple de canards sauvages s’envoler.
IMG_3576r.JPGimg_3573r.JPGNous arrivons finalement à l’usine-barrage de Sauveterre qui  dérive les eaux vers le bras de Villeneuve,  et il y a un pont, pour notre plus grand soulagement. Le pollen est tellement tombé qu’on dirait de la neige. Nous rejoignons finalement le sentier écologique emprunté ce matin ; la pêcheuse est toujours là mais n’a pas fait de pêche miraculeuse.

Quand nous parvenons au parking, les pronostics sur les kilomètres effectués vont bon train ; mon coéquipier les évalue à plus de 20km ; plus scientifiquement, compte tenu de notre vitesse moyenne, j’évalue l’itinéraire à 17km. Finalement, nous n’aurons parcouru que 15km à peine l’après-midi, comme quoi le facteur psychologique joue un rôle important dans ce cas…

Idées de balade à Sorgues

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Merci Renard84 de nous avoir fait découvrir ce lieu grâce au geocaching

Le Castellas à Forcalqueiret, la plus importante forteresse du Var


Attention, selon un commentaire laissé en août 2017, le site du castellas n’est plus visitable et on risque une amende de 160 €.

img_3095.JPGplan-chateau-forcalqueiret-oriente.jpgLe Castellas à Forcalqueiret. Une des plus importantes forteresses médiévales du Var, avec Rougiers (voir note sur le site de Rougiers dans ce blog) et de Pontevès.  Elle fut construite au XIIIème siècle, fortement remanié au XVe siècle, abandonné définitivement au cours du XVIIème siècle. Ce château n’est pas seul sur sa butte : l’ancien village s’étage sur la pente sud où l’on peut voir les vestiges des maisons et des remparts. Pour une vue complète et de loin, voir la photo prise lors de la randonnée à Puget-Ville, dans le blog de Fouchepate. 

Au XVIIIe siècle, en 1721, un sergent vint acheter des moutons à Forcalqueiret et y apporta la peste. On séquestra les habitants et on enferma le sergent chez lui (On ne savait pas guérir la maladie à l’époque). Trouvant qu’on empiétait sur ses droits, l’officier libéra les habitants et ordonna au curé de faire les enterrements comme à l’accoutumée. Mais la peste se déclara avec fureur et le sergent fut obligé de fuir. Le village de Forcalqueiret perdit 180 habitants sur les 230 qu’il comptait (sur le même thème dans ce blog La malédiction du Grand Saint-Antoine).

La météo aujourd’hui à cet endroit :
Avec la température ressentie

blason-agoult.jpgLa seigneurie de Forcalqueiret demeure 320 ans dans la famille d’Agoult. Isnard III d’Agoult d’Entrevennes, seigneur de Sault, épouse Béatrix de Marseille, dame de Forcalqueiret (merci à Jean Gallian pour son aide : voir son site consacré à la généalogie et l’héraldique). Sa soeur Mabile d’Agoult  avait épousé le premier seigneur de Roquefeuil Burgondion que nous avons rencontré dans le chateau de Roquefeuil. Puis Forcalqueiret devient le fief militaire d’Hubert de Vins (aujourd’hui Vins-sur-Caramy, la rivière s’écrivant parfois Carami), chef du parti catholique, pourchassé par les protestants. Avec les seigneurs de Vins, c’est l’époque des aménagements pour la guerre mais il n’en reste pas de trace.

Arrivée par le sudLe chemin empierré qui  y monte est court mais pas toujours facile. A partir de la plate-forme avec la citerne et du panneau dissuasif (la commune décline toute responsabilité en cas d’accident), je contourne le chateau par le sud. La découverte est à la mesure de la taille de l’édifice : impressionnante. Je n’arrive pas par la porte d’entrée, mais par la grande salle sud béante de 25m de long (voir photo ci-contre), à deux étages ; je passe sous l’une des deux portes en ogive qui permettaient normalement d’y accéder depuis la cour intérieure (22m de long, 6m de large, l’idéal pour une réception !). On voit de distance en distance les corbeaux à triple rang soutenant le départ des arcs. Quel évènement a tant endonmmagé cette partie de l’édifice ?
Côté ChapellesA l’angle sud-est (A1) la chapelle Saint-Jean et ses deux absides, est accolée aux salles périphériques de la cour. La plus spacieuse à l’est était destinée à l’ensemble du personnel du château, celle plus petite et privée, au châtelain et sa famille qui y accédaient latéralement par un très curieux escalier en colimaçon. Dernière bizarrerie, l’extérieur de cet escalier, devient semi-hexagonal en s’élevant vers le haut du bâtiment.

Cour et entrée salle de serviceVue sur cour depuis l’ouestLa cour intérieure est vaste. Sur les photos ci-contre, on voit bien les portes d’accès aux différentes salles Nord et Est (photo de gauche) et l’accès à la salle de service (A1 photo de droite), pièce à partir de laquelle on servait les boissons. Un escalier en gradins permettait d’accéder au cellier. Deux rangées de crochets ont pu supporter une toiture intérieure en pente pour récolter l’eau de pluie dans la citerne. L’école de Roc-Baron a fait un reportage photo dans lequel vous pourrez voir l’escalier de service que je n’ai pas photographié. Continuer la lecture de Le Castellas à Forcalqueiret, la plus importante forteresse du Var